L’horizon bleu, de Dorothée Piatek et Yoann Hamonic

La mort au bout du fusil…

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Elisabeth est mariée à Pierre, 20 ans, instituteur dans son village à Haubourdin, dans le Nord. Ils s’aiment et sont heureux. Pierre a promis à sa femme de l’emmener voir la mer, depuis le temps qu’elle en rêvait… Ce bonheur va être de courte durée. Nous sommes en juin 1914 ….L’Allemagne menace la France, l’angoisse monte. La population s’attend à tout moment à une déclaration de guerre. Un ordre de mobilisation générale est annoncé, les hommes de 18 à 48 ans sont réquisitionnés. Pierre doit partir, lui qui n’a jamais tenu une arme va devoir se battre.Nous sommes le 3 Août 1914. Pierre sera loin des siens, de ses élèves durant 4 années terribles. Jamais les époux n’ont cessé de s’écrire, de s’aimer. Leurs échanges de correspondance témoignent de l’atrocité des combats que supportent très mal Pierre.

L’auteur alterne le récit et les lettres des époux. Elisabeth nous raconte la période avant guerre et le départ déchirant de son mari. Puis les combats commencent …Le lecteur va basculer dans l’atrocité des batailles, partageant le ressenti, la crainte, l’effroi des soldats. Pierre est inquiet, souffre d’être séparé d’Elisabeth, il a peur de mourir et petit à petit on sent que la guerre le dépasse, il perd espoir de rentrer. La guerre le change, il écrit à sa femme qu’il n’est plus le même, il a l’impression de sombrer dans la folie et s’en excuse.

Trois ans et demi que j’ai quitté la maison. Trois ans et demi plongé dans un abîme de douleur, trois ans et demi sans la douceur de ta peau. Je ne suis plus un homme. Je crains que la folie ne se soit emparée de moi. L’espoir m’a quitté, il ne me reste plus que la résignation d’une vie gâchée. Je ne rentrerai pas, Élisabeth, cette guerre c’est pour la vie.

Si Dieu me permet un jour de regagner ma maison, sache que mon corps sera de retour, mais que Pierre, l’homme que tu as connu, demeurera au front pour toujours.

Il y a d’un côté les combats, les hommes qui ont dû laisser femmes et enfants pour s’empêtrer dans une guerre qui n’est pas la leur et de l’autre les familles abandonnées qui doivent s’organiser. Les femmes vont alors jouer un rôle important car elles vont devoir se débrouiller et s’occuper de toutes les tâches qui jusque-là incombaient aux hommes.

Ce récit marque parfaitement la progression de l’état d’âme de Pierre. Au début, il ne sait pas ce qui l’attend et pense revenir très vite. Au fil des pages, on se rend compte de sa désillusion, de sa crainte d’être tué . En parallèle, Elisabeth ne sait plus comment le soutenir et sent elle aussi que son mari lui échappe. Il est résigné. Ils s’accrochent tous les deux à leur amour sans faille à travers leurs écrits, ce qui les rend attachants, émouvants. Ils ne font pas la même guerre, lui se bat contre l’ennemi, elle, se bat pour survivre au quotidien, elle remplace même son mari pour que l’école ne meurt pas et que les enfants aient un semblant de vie « normale ».

L’entraide est importante aussi, chacun doit soutenir l’autre, autant sur le front que dans les villages.

Les illustrations sont magnifiques, sombres traduisant parfaitement l’état d’esprit des tranchées et de la difficulté des familles.

Les soldats sont envoyés à Verdun, guerre qui fut très sanglante.

Native de Lorraine, je suis tentée de faire un petit point d’histoire. Verdun se trouve dans le département de la Meuse et non loin de là se trouvent les Vosges. A l’époque relatée dans cet album, l’Alsace et une partie de la Lorraine avaient été conquises par les Allemands et se sont retrouvées derrière une frontière qu’on a appelé la ligne bleue des Vosges. Dans ce récit, l’uniforme des soldats étaient bleu gris. Le titre l’horizon bleu peut-il faire référence à ces deux faits ? Ou est-ce tout simplement tous ces soldats avec leurs uniformes bleus qui avancent dans un dédale d’horreur ?

Un très bel album, émouvant et sensible.

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La marraine de guerre, de Catherine Cuenca

Femme de l’ombre…

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Etienne a 22 ans. Il essaie de rester en vie, de sauver son pays, de survivre dans les tranchées. Nous sommes en novembre 1916 dans l’Est de la France. Les combats sont atroces, les hommes progressent dans la boue, dans le sang. Le moral est au plus bas. Essayer de résister sans dormir, en mangeant peu, au milieu des cadavres et de la saleté. Penser à ses proches qui souffrent et tremblent de les savoir à chaque instant aux portes de la mort …..Etienne tente de tenir et ne comprend pas toujours pourquoi il doit tuer, pourquoi cette guerre. Il voit mourir ses camarades, il n’en peut plus. Etienne est jeune, innocent, sa place n’est pas dans ces tranchées, au milieu de tant de barbarie !

Est-ce vraiment dans cette direction que je devrai envoyer mes balles, pour abattre tant d’hommes innocents?  » Oui, il le faudra « , pense Etienne. Pourquoi ? Parce que sinon, c’est moi qui mourrai. Pourquoi ne pas mourir ? Parce que l’espoir idiot me tient que la guerre finira un jour et que je pourrai encore profiter de la vie.

Et pourtant le quotidien est moins dur depuis qu’il échange une correspondance avec une femme qui a accepté de devenir sa marraine de guerre. Elle lui envoie des lettres de réconfort avec des colis qu’Etienne partage avec ses amis. Le jeune soldat s’est attaché à elle, il puise ses forces dans l’écriture. Il se fait gentiment chahuter par ses camarades mais qu’importe, Marie-Pierre l’apaise.

Cher Etienne,
Je vous envoie quelques provisions, en espérant qu’elles vous parviendront intactes. Comme j’aimerais que Noël soit une trêve qui vous redonne force et espoir ! Je prie chaque jour pour vous. Quoi qu’il advienne, écrivez moi. Je vous embrasse affectueusement.
Marie-Pierre

Il ne sait pas grand chose d’elle, elle habite Saint-Etienne et s’appelle Marie-Pierre. Son souhait le plus cher serait de la rencontrer. Mais cette saleté de guerre lui laissera-t- il le temps d’aller la voir ?

La marraine de guerre est un témoignage poignant du calvaire des soldats. Le lecteur est en immersion dans les tranchées avec ces hommes. C’est un roman très réaliste qui met en avant le ressenti des poilus de 14-18 exposés à de terribles combats. Une véritable « boucherie » …. la vision de l’horreur s’agrandit de jour en jour, c’est à la limite du supportable. Le récit est entrecoupé des lettres échangées entre Etienne et Marie-Pierre ce qui permet au jeune engagé, ainsi qu’au lecteur de souffler entre deux combats. Ce récit met en avant aussi le rôle important de toutes ces femmes qui ont soutenu les soldats. D’une certaine façon, elles aussi ont fait la guerre.

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Les beaux lendemains de Saint-Chanas, de Véronique Lesimple

Au revoir les fantômes…

1919…. La France encore meurtrie par des années de guerre essaie de renaître de ses cendres. Les hommes, des survivants de combats acharnés, meurtris par leurs blessures morales et physiques, errent dans une vie qui ne leur appartient plus, dans une vie pleine de fantômes et de cauchemars. Armand, jeune lieutenant, est de retour et trouve un poste de régisseur dans un château, dans la Drôme, grâce à un ami d’enfance. Un domaine qui perd pied depuis la mort du baron, délaissé par les occupants qui ont sombré dans la douleur et le chagrin. Seul, le personnel essaie tant bien que mal de s’occuper de la propriété. A son arrivée, Armand fait la connaissance de Louise, une veuve inconsolable, murée dans sa souffrance, qui ne quitte plus sa chambre et d’Hubert son frère, qui a perdu la vue dans les tranchées. Ce dernier végète dans un état dépressif depuis plus d’un an, attendant que la mort vienne le chercher. Tous deux n’ont plus la force d’affronter la réalité et se laissent aller dans leur malheur. Charles, le petit garçon de Louise émeut Armand. Du haut de ses quatre ans, ce pauvre petit bonhomme, orphelin d’un père et délaissé par sa mère est le seul qui anime les couloirs lugubres et sans âme de la bâtisse. Armand a le sentiment que son travail l’aidera à chasser ses angoisses, à surmonter son traumatisme et peut être à se reconstruire. Lui qui a vu tant d’hommes mourir, tant de compagnons tomber au front…Il pourra compter sur mamie Rose, la dévouée cuisinière, au service de la plus grande famille de la région depuis tellement d’années.La guerre l’a endurci, les combats ont brisé sa jeunesse. Il essaie d’entrevoir son avenir sans trop y croire. Mais là, à Saint-Chanas, il compte bien aider les châtelains à remonter la pente, à reprendre pied dans la vie. Malgré toute sa bonne volonté et sa détermination, réussira t-il à leur redonner le goût de vivre ?

Les beaux lendemains de Saint-Chanas est une merveilleuse histoire humaine. Sous la plume de Véronique Lesimple, les portraits d’hommes et de femmes brisés par les ravages d’une guerre se succèdent et nous font comprendre combien le quotidien de l’après-guerre a été éprouvant. La perte d’un père, d’un époux, d’un fils, la fin tragique pour de nombreux soldats, ont plongé les familles dans les entrailles d’une existence qui devait continuer malgré tout. Et que dire de tous ces mutilés, de tous ces survivants dont le retour dans les foyers ne fut pas simple. Ils reviennent mais ont du mal à retrouver leur place, à être compris par des proches qui paraissent si loin de la réalité de leur souffrance. Plus rien ne sera comme avant, le passé sera leur seul compagnon de route, un compagnon solitaire hanté à jamais par les horreurs des combats.
La reconstruction psychologique est le thème principal de ce roman. Les personnages sont attachants et émouvants, ils se dévoilent au fur à mesure que progresse l’histoire. Le lecteur se plonge vite dans cette ambiance d’après-guerre avec une population qui essaie d’avancer, avec un mode de vie qui se modernise. L’électricité fait son apparition ainsi que l’eau courante et le téléphone. On prend plaisir à partager les balades en automobile qui révolutionnent le quotidien. Un souffle nouveau comme une bouffée d’oxygène qui viendrait balayer les stigmates encore profonds des atrocités des quatre dernières années. Renaître pour faire vivre les souvenirs, renaître pour dire oui à la vie.

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Le passage des loups, de James Houston

Punik ou l’expérience d’une vie…

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Punik est un esquimau de treize ans qui vit dans un campement d’à peine trois igloos. Tous ceux qui vivent avec lui sont chasseurs de caribou. Au sud, il y avait des tribus d’indiens, à l’Est des chasseurs de morses et au nord des chasseurs de phoques. Depuis le décès de son père, Punik et son grand-père sont les seuls qui peuvent nourrir les femmes de la famille. La famine les guette, les caribous ne sont pas revenus. Punik décide alors de partir vers l’Ouest pour trouver du caribou ou du poisson. Sa grand-mère lui a inculqué une très grande connaissance du terrain donc Punik est bien préparé pour partir. Le froid est intense et peut à tout moment le tuer. Il se nourrit de crottes de lapin et d’oeufs pourris. Il lui arrive de délirer à cause de la faim, de la peur, de la solitude. Son périple est très éprouvant. Pendant six jours et six nuits, il marche à travers ce climat glacial jusqu’au moment où son chemin croise celui de deux loups. Punik est très effrayé, les loups sont là pour chasser. Que va-t-il se passer ? Quel va être le sort du jeune garçon ?

Une belle histoire touchante ayant pour décor le grand nord dont nous habitue James Houston. C’est un récit qui nous montre le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Le père est décédé et le fils se donne pour mission de le remplacer pour nourrir la famille. Beaucoup de souvenirs accompagnent Punik et l’aident à progresser. Ils lui donnent la force de poursuivre.

James Houston est un habitué des grands froids puisqu’il est parti vivre pendant 12 ans parmi les esquimaux. Il nous fait partager son expérience dans de merveilleux récits. Vous trouverez au CDI du même auteur, Akavak.

Mythomamie, de Gwladys Constant

Tatie Hortense…

mythomamieAlphonsine a seize ans lorsqu’elle décide d’arrêter l’école, du  jour au lendemain… Mais sa tante Violette ne l’entend pas de cette oreille. Elle qui dirige une société d’aide à la personne compte bien lui faire comprendre que, finalement, le lycée, c’est pas si mal ! A elle la responsabilité des chiens à promener, à faire manger… Mais un jour, on lui confie une nouvelle mission : devenir l’aide à domicile de Mme Signol, une vieille peau surnommée Tatie Danielle, en référence à un film d’Etienne Chatiliez mettant en scène une vieille dame détestable qui en fait baver à son entourage.  C’est ainsi que commence une amitié hors du commun entre la redoutable octogénaire et la naïve jeune fille.

Une histoire rythmée, belle leçon d’amitié intergénérationnelle. La construction un peu fouillie du roman, qui ne respecte pas forcément la chronologie, est à l’image de la jeune fille, narratrice de l’histoire. Ca sonne vrai, c’est rigolo parfois, touchant à d’autres moments. On passe un bon moment. Ce duo totalement improbable où la plus délurée et la plus énergique n’est pas forcément celle que l’on croit nous emmène dans un tourbillon de vie à l’orée de la mort. Une belle façon d’aborder les relations intergénérationnelles, la vie, la vieillesse, les rencontres, l’amitié, la mort, la famille et surtout, le pouvoir de l’imagination ! On apprend même des petites choses, l’air de rien,  sur la mythologie et la littérature !

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Vol 508 à la vie à la mort, de Pascale Perrier

Une marche miraculeuse…

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Le 24 décembre 1971 à la veille de Noël, Juliane, 17 ans, prend un avion de ligne avec sa mère à Lima, en direction de Pucallpa, en Amazonie péruvienne. Elle rejoint son père biologiste pour passer les fêtes. Le vol ne doit durer qu’une heure. Trente minutes après le décollage, l’appareil pris dans un orage, se disloque et s’écrase en pleine forêt. La jeune fille toujours attachée à son siège, part en chute libre avant de s’immobiliser sur le sol. Elle est la seule survivante des 92 passagers et membres de l’équipage. Pendant onze jours, elle erre dans la jungle pour trouver un village tout en cherchant de quoi se nourrir et se soigner. Une histoire inspirée de faits réels.

La jungle d’ordinaire hostile, va devenir une bulle de protection pour cette adolescente tombée du ciel. Alors qu’elle est seule, livrée à elle-même, cet environnement lui donne de l’eau, de l’ombre, lui sauve la vie. Juliane connaît cet endroit car ses parents, des chercheurs, y avaient installé une station biologique dans les années 60. Juliane est née au Pérou où toute la famille s’est installée.

Quand elle reprend conscience, après l’accident, elle se dit qu’attendre les secours lui sera fatal. Son père lui a toujours expliqué qu’il faut trouver un cours d’eau et le suivre quand on est perdu en pleine jungle. Elle décide alors de marcher. Elle est blessée, elle souffre psychologiquement et physiquement mais pourtant elle s’accroche. Au cours de sa progression, elle va tomber sur des restes de l’avion et va trouver des bonbons qui seront sa seule nourriture pendant ses 11 jours de dérive. Elle doit s’accrocher pour tenir, elle doit s’accrocher pour s’en sortir. Elle sait qu’elle ne doit pas s’arrêter, s’arrêter c’est mourir. Elle a ce sentiment troublant qu’il faut qu’elle fasse quelque chose. Et puis ce silence…Un silence pesant qui la poursuit, un silence qui contraste avec le fracas de la tempête, avec le vacarme étourdissant qui a précédé la catastrophe…Que dire de ces visions d’horreur, quand Juliane tombe sur des morceaux de l’avion, quand elle voit des cadavres.. Elle se résout à ne plus chercher de survivants, à arrêter de crier pour trouver quelqu’un. Elle est seule et ne peut compter que sur elle. Juliane fait aussi une promesse : si elle s’en sort, elle passera sa vie à défendre cette forêt qui la protège. Julianne est impressionnante de courage, de ressources. Elle fait preuve d’un sang froid indescriptible.Tout ce qu’elle a appris de son père lui permet de rester en vie. Elle se bat. Mais survivre c’est aussi être entre la douleur de la perte de tous ces passagers, en particulier sa maman et la culpabilité d’être en vie. Pourquoi elle et pas les autres ?

Une histoire vraie qui bouleverse. Un miracle dont Juliane ne sortira pas indemne. Sa culpabilité d’être en vie, les derniers mots de sa mère pendant le crash, les cauchemars qui ont accompagné sa reconstruction ont laissé des traces que le temps peut atténuer mais ne peut pas effacer. Pascale Perrier a écrit Vol 508 à la vie à la mort à la première personne donc tous les ressentis de Juliane sont percutants, le lecteur reste dans les pas de l’adolescente.

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Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais

Et si on se donnait rendez-vous dans 10 ans…

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Dans une banlieue parisienne feuillue, Tatiana, 14 ans, fait la connaissance de Eugène, 17 ans, garçon de bonne famille, benjamin de trois sœurs. Elle a une soeur Olga. Eugène est aussi l’ami du petit copain de Olga. Tout l’été, les jeunes garçons rendent visite aux deux sœurs. Au début, Eugène et Tatiana sont un peu maladroits mais peu à peu ils s’apprivoisent. Tatiana est obsédée par Eugène, elle n’en dort plus. Elle décide alors de lui écrire une lettre pour lui avouer ses sentiments. Depuis cette déclaration, Eugène ne donne plus de nouvelles. Un drame et dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard dans le métro.

Songe à la douceur est un roman déroutant, écrit en vers. Un formidable exercice d’écriture inspiré  par Eugène Onéguine de Alexandre Pouchkine et de l’opéra de P.I Tchaïkowski. Une double histoire d’amour séparée de dix ans. Le thème de l’amour-passion est abordé de belle manière alternant un style moderne et classique. Tatiana est tiraillée entre les compliments d’un homme qui est obsédé par elle mais qui dix ans auparavant l’a laissée, et le souhait de se protéger d’un amour qui peut encore lui faire mal. Les liens qui les unissent vont faire qu’ils se revoient. Tatiana veut des réponses sur le passé, Eugène veut construire quelque chose au présent. Il découvre l’adolescente devenue une femme mûre, confiante. Les relations amoureuses sont complexes. Deux personnages, deux êtres qui se tournent autour mais les rôles sont inversés. Il y a dix ans, Tatiana se mourait d’amour alors qu’Eugène la délaissait, aujourd’hui c’est lui qui se trouve à ne vivre que pour cet amour ressurgi du passé. La jeune femme a une vie professionnelle bien remplie, elle a des projets, lui ne vit que pour elle. L’auteur joue avec les mots en alternant les périodes dans le temps. Leur histoire est simple et le style de Clémentine Beauvais lui donne un côté poétique. Peut-on reconstruire une histoire d’amour dix ans après ? Peut-on rattraper le temps perdu ?Dix ans qui ont changé leur vie …

Je pense que Songe à la douceur s’adresse à de bons lecteurs. Attendons les réactions qu’il peut susciter sur les adolescents. Je dois avouer que par moment, j’ai eu du mal avec ce style d’écriture qui m’obligeait à faire des pauses. Attention, je ne remets pas en cause le talent de Clémentine Beauvais. Je m’explique. J’ai simplement eu l’impression d’être plus « envahie » par la forme d’écriture que par le sujet en lui -même,  bien que mettre en parallèle deux histoires d’amour à dix ans d’intervalle est original. Pour moi, le style a pris le dessus sur le contenu. Mon attention s’est portée d’avantage sur la façon d’ écrire de Clémentine Beauvais que sur le récit. Une fin surprenante qui me laisse un goût d’inachevé tout simplement parce que je ne suis pas fan de ce genre d’épilogue. Avec du recul, l’histoire reste belle. Bien que mon avis soit mitigé, j’espère que beaucoup seront tentés par ce roman… et feront des commentaires sur notre blog !

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