Esprits maléfiques, 1. la maison des possédés, d’Ellen Oh

 

Harper, jeune collégienne de 12 ans, vient de quitter New-York pour emménager à Washington… Ses parents ont acheté une très vieille maison au « charme gothique » indéniable qu’ils sont en train de retaper : une ambiance propre à un véritable film d’horreur… Et quand des faits étranges commencent à se produire, que des accidents  se succèdent, que son petit frère de 5 ans change de comportement et se montre de plus en plus agressif, il y a de quoi se poser des questions.  Aidée de sa nouvelle amie Dayo, Harper va tenter de percer le mystère de cette maison hantée, mais également revenir sur des faits étranges et inexpliqués, des secrets et mystères de son propre passé.

 

 

Un récit sur les fantômes et la possession qui utilise toutes les ficelles du genre pour happer le lecteur.  Entre le récit à la troisième personne s’insère judicieusement le journal intime (« débile »comme elle l’appelle elle-même) de Harper.  Bien dosé entre passé et présent, quotidien et surnaturel,  cultures américaine et coréenne, amitié et liens familiaux, ce roman plein de rebondissements se laisse lire sans difficultés.

Un personnage principal attachant et crédible, qui dévoile peu à peu ses atout mais aussi ses failles. La tension est palpable tout au long du roman qui est le premier tome d’une série mais qui peut aussi se lire seul puisque ce premier volet comporte une fin à lui-même (ce qui ne nous empêche pas d’être impatient de suivre avec l’héroïne de nouvelles aventures au pays des morts).

Dans le monde pestaculaire et terrib’de ma sœur Minnie et de son vilain lapin, de Lissa Evans

Il faut sauver les Doubidous !

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Nos chères petites têtes blondes adorent qu’on leur lise en boucle leurs histoires préférées. Même s’ils les connaissent par cœur et qu’il n’y a plus de surprise, nos chérubins prennent toujours le même plaisir à les écouter. Mais qu’en est-il de celui qui doit s’y coller ? Eh bien, demandez à Fidge qui ne supporte plus le livre fétiche de sa soeur Minnie, les Woos Wimbley. Minnie qui a quatre ans, en redemande tous les soirs ! Elle traîne également partout, Lapirouze, un grand lapin en velours, un doudou bien encombrant que Fidge déteste. Les deux sœurs ne partagent pas le même univers et pourtant un concours de circonstances fera que Fidge va se retrouver coincée à l’intérieur de l’album préféré de sa petite sœur. Un monde farfelu, plein de couleurs, de féerie que Fidge ne pourra quitter qu’après avoir résolu des énigmes plus bizarres les unes que les autres. Mais elle n’est pas seule dans cette aventure qui va changer le sens de sa vie et l’amener à réfléchir sur ses émotions et ses comportements.

Un roman acidulé, un merveilleux voyage dans un monde imaginaire, un monde étrange et fantastique à la fois où se mêlent l’humour, la fantaisie, le suspens. Mais malgré la magie des histoires d’enfant et ce côté Alice au pays des merveilles, Lissa Evans va plus loin et appelle à la réflexion sur la tolérance, la différence, l’amitié, l’entraide. Une sorte de voyage initiatique pour les personnages.

La couverture, les illustrations font de ce conte, un très beau livre. La plume de l’auteur est légère et très agréable. Un récit amusant et bien rythmé. Un vrai régal !

Anastasia connaît la réponse, de Lois Lowry

Anastasia, l’apprentie journaliste

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Anastasia, 13 ans, souhaite devenir journaliste et chaque petit événement de la vie quotidienne est sujet à un jeu d’écriture. Elle a également quelques challenges à relever : d’abord, elle doit arriver coûte que coûte à monter à la corde en cours de gym, son ennemie de toujours, ensuite elle doit convaincre son prof d’anglais de mettre «Autant en emporte le vent» au programme et au final, elle doit s’entraîner à devenir journaliste ! Mais à toutes ces missions s’ajoute une préoccupation des plus urgentes : Anastasia constate qu’il y a beaucoup de femmes seules autour d’elle, sa voisine, sa prof d’EPS, la mère de son amie Daphné. Toutes ont un cœur à prendre ! Mais où sont les hommes ? Elle a peut-être une solution… Son oncle George, veuf depuis peu, va venir passer quelques jours chez ses parents. C’est une chance inespérée qui s’offre à elle. En plus, George ressemble comme deux gouttes d’eau à Clark Gable, le héros de ce film mythique ! Anastasia a donc beaucoup à faire, le temps presse !

Anastasia est une jeune adolescente très attachante, avec une imagination qui lui permet d’écrire avec facilité. Elle se confie beaucoup à son poisson rouge qui est un précieux confident. Elle n’aime pas trop l’image que lui renvoie son corps, elle se trouve à l’étroit au sein de sa famille, son petit frère prenant beaucoup de place. Elle est fascinée par sa prof d’EPS, une fascination sans borne puisqu’elle la trouve si magnifique, si intelligente qu’elle voudrait lui ressembler et, pourquoi pas, vivre avec elle quand elle serait adulte. L’adolescence est une période pas toujours facile à traverser, Anastasia se pose beaucoup de questions. L’auteure aborde les thèmes sur la vie, les rapports humains, l’identité avec simplicité et beaucoup de fraîcheur emmenées par une héroïne, dont le dynamisme et la réflexion plairont aux jeunes lecteurs.

Anastasia est l’héroîne d’autres tomes qui peuvent se lire indépendamment, mais que le CDI ne possède pas… encore.

Les mascarades d’Arlequin, de Pierre Crooks – ill. Nicolas Lacombe

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Arlequin est tout coloré, joyeux et un peu menteur et imposteur. Quand il  voit Pierrot tout triste dans son habit très sombre, il décide de l’aider à chercher Colombine, une jeune fille que voudrait bien épouser Pierrot… et qu’Arlequin décide de séduire le premier !

-Je viens avec toi. Nous sommes amis, mais aujourd’hui, je vais m’amuser à conquérir son coeur. Je serais ton rival le plus beau, le plus fort et le plus intelligent.

Tout au long de leur périple, Arlequin va chercher à se débarrasser de Pierrot : il décide de le confier à un médecin… mais c’est loupé, Pierrot continue  à chercher Colombine avec Arlequin, qui essaie ensuite de le faire soldat puis ministre ou encore lui donner rendez-vous avec la Mort… Arlequin va-t-il arriver à ses fins et réussir à conquérir Colombine et se débarrasser d’Arlequin ?

Un magnifique album, avec de très belles, colorées  et originales illustrations faites avec la technique du scotch.

Pour tout âge et toute expérience !

Judith, 6ème

Une aventure qui a pour cadre Venise et  qui emmène le lecteur, à travers les pérégrinations de nos deux héros, à la rencontre des plus emblématiques personnages de la Comedia Dell’ Arte : le docteur Cassandre, le général Matamore, Scaramouche, le roi Pantalon. La technique du scotch pour les illustrations donne un rendu qui oscille entre rêve et réalité et qui vous pouvez découvrir en visitant le site de l’illustrateur, Nicolas Lacombe

Sables émouvants, de Jean-Luc Luciani

Histoires de sentiments…

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Sables émouvants est un recueil de sept histoires dans lesquelles les personnages se trouvent dans des situations qui vont les bousculer, les ébranler émotionnellement. Ils se trouvent confrontés à des moments de vie difficiles, instables et imprévus qu’ils vont devoir affronter seuls. Leur unique arme : leur sensibilité et leur humanité.

Ce recueil qui s’adresse aux adolescents traite de sujets variés tels que la difficulté des jeunes à trouver leur place dans la société, leur mal-être, la mort, la manipulation, l’homosexualité. Des histoires très différentes avec des chutes surprenantes.

Et pour en savoir plus sur chacune des nouvelles, voici les résumés proposés par l’éditeur, les éditions Le Muscadier, en 4ème de couverture :

« Voici un recueil de sept nouvelles – toutes plus subversives les unes que les autres – dont les protagonistes évoluent sur des territoires instables. Des sables émouvants.

• Burn(es) out •
Une écrivaine vient parler de sexualité avec les jeunes d’un centre social. La rencontre prend vite une tournure inattendue.

• Daesh everywhere •
Un journaliste interviewe le responsable d’une communauté où le suicide est de mise. Est-il aussi neutre qu’il le prétend ?

• Positif •
Un adolescent attend le résultat d’un test qui peut changer sa vie. Lorsqu’il apprend qu’il est positif, tout bascule.

• Pauline se pose des questions •
Pauline pose beaucoup de questions à son ami de toujours. Trop selon lui. Mais derrière ses questions, se cache quelque chose de beaucoup plus important.

• Des débuts prometteurs •
Un collégien se lance dans un concours d’écriture qui transforme son entourage. Toute sa famille se sent plus concernée que lui-même.

• Un si doux secret •
Au cours d’une soirée, Fabrice cherche à savoir avec qui sa petite amie le trompe. Ce qu’il va apprendre va le bouleverser à tout jamais.

• Dinde de Noël •
Hector se glisse dans la peau du père Noël, histoire de gagner un peu d’argent en cette période de fête. Mais l’entreprise vire à la catastrophe.

Mémé, de Philippe Torreton

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

L‘auteur, Philippe Torreton, adorait sa «mémé», le personnage central de son enfance aujourd’hui décédée. Quarante ans après, l’auteur, dans cet ouvrage, rend hommage à sa mémé qui habitait en face de chez lui et chez qui il se rendait très régulièrement. C’était une femme des campagnes qui vivait simplement et modestement dans sa maison de Normandie. L’auteur y décrit avec une tendresse amusée son quotidien banal : le travail laborieux, vécu sans plainte, l’esprit de famille qui rassemble autour d’une tablée, les drames familiaux mais aussi un intérieur humide et vieillot rempli d’autant de bibelots et d’anciens meubles que pouvaient contenir cette petite maison étouffante accumulant les souvenirs.

Pour Philippe Torreton, il doit ce qu’il est devenu à sa grand-mère dont il parle avec nostalgie durant ces presque 150 pages. Pour lui sa grand mère était un exemple.

Notre avis :

C’est un livre autobiographique assez triste et émouvant qui nous parle des choses simples de la vie. Il décrit des habitudes mais aussi beaucoup de sentiments. Ce n’est pas un livre d’action et l’écoute du texte lu par l’auteur lui-même est lente et nous plonge dans cette ambiance réaliste et touchante même si certains élèves adeptes d’action n’ont pas accroché. Un récit de vie très poétique qui nous plonge dans des souvenirs d’enfance et dans la tristesse du deuil.

 -Silencieuse de mots mais bavarde en preuves d’amours.

-Je veillais sur ma grand-mère, pendant qu’elle veillait sur moi, ce fut mon premier emploi, gardien de nuit de mémé.

– Je ne voulais pas qu’elle meure avant mes vingt ans, car à vingt ans on est grand, on est un homme et un homme c’est dur à la peine, mémé il faut tenir ! A vingt ans, j’ai repoussé la « date de la mort acceptable » à trente. Quand elle a arrêté de respirer pour de bon, j’en avais quarante et je n’étais toujours pas devenu un homme.

Les élèves de 3ème du collège Arsène Fié

Les murs bleus, de Cathy Ytak

Des âmes abîmées…

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Paris 1969. Antoine déambule dans les rues de la capitale, tenant par la main un petit brésilien de 5 ans, Loirinho. Antoine est un déserteur. Il y 7 ans, il a intégré les convois de réservistes, en partance pour l’Algérie. Condamné à mort pour avoir désobéi, il s’exile au Brésil où il a fait la rencontre d’une jeune femme, Jerusa, devenue sa compagne. Antoine a maintenant 38 ans et revient en France, son pays d’origine pour régler un divorce et parce que ce petit garçon presque aveugle, doit subir une greffe de cornée. Mais ce retour est amer. Il ne reconnaît plus son pays. Antoine est un écorché vif, poursuivi par les horreurs de la guerre, rattrapé par un passé sanglant. Il souhaiterait retrouver sa vie d’avant, sa vie d’instituteur. Il rend visite à son ami Louis, déserteur également, hanté par les mêmes images cinglantes, assassines. Antoine, considéré tel un traître, est un rescapé qui a été puni parce qu’il a refusé de tuer, de violer. Il a assisté à des scènes horribles qui ne cessent de le torturer. L’enfant est le fruit d’un viol et c’est Jerusa qui l’a accueilli car sa mère, une jeune adolescente de 14 ans l’a rejeté. Lui aussi est hanté par un cauchemar. Il voit des ânes partout. On apprendra un peu plus tard la signification de ce tourment …. Au Brésil, la pauvreté côtoie la violence. Antoine ne veut pas y retourner malgré une femme aimante qui l’attend. Il est F, il veut revenir chez lui, se construire une vie. Tout recommencer. Mais que va lui apporter une France qu’il ne reconnaît plus ?

Les murs bleus est l’histoire d’une renaissance portée par les liens très forts qui vont unir le petit garçon et Antoine. Sous la plume pleine d’émotion et de sensibilité de Cathy Ytak, on voit évoluer leur relation. C’est tout un symbole. Loirinho a un voile sur les yeux, le même qu’Antoine, lorsqu’il regarde autour de lui et qu’il ne trouve plus sa place dans le pays qui est le sien. Il a laissé au Brésil la femme qu’il aime, il a peur de la décevoir, de la faire souffrir car le passé l’emprisonne. Il faut qu’il fasse des choix qui seront pour beaucoup influencés par Loirinho.

Le récit à la fois dur et touchant aborde le sujet de la guerre d’Algérie et de ce qu’elle laisse comme traces dans la mémoire. Des hommes meurtris, incompris, des femmes qui ont souffert, qui ont été brutalisées, violées, des reconstructions difficiles, voire impossibles. Ils sont seuls face à leurs démons, avec dans la tête et sur le cœur, des plaies béantes qui jamais ne se refermeront. L’amour est également très présent dans cette histoire : l’amour d’un pays, d’un enfant, d’une femme. Et c’est par amour qu’Antoine fera ses choix.