Mamie Ouate en Papoâsie de Joël Jouanneau et Marie-Claire Le Pavec

Une étoile pour Mamie Ouate

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Kadouma, noir, grand et fort a longtemps pensé qu’il était seul sur Blupblup, sa minuscule île de Papoâsie. Et bien non ! Une vieille dame, blanche et toute petite, a débarqué avec en tête, de capturer le Virginia, un papillon femelle très rare, si rare qu’il en existe qu’un. Elle s’appelle Mamie Ouate et elle ment tout le temps et de manière naturelle. Elle plante son laboratoire ambulant sur l’île, bien déterminée à mener à bien sa mission ou pas. Elle est la seule à savoir que le Virginia s’est réfugié sur Blupblup, ou pas. Elle se dit entomologiste, experte en papillons ou pas. Quelle est la vérité ? Avec Mamie Ouate on ne sait jamais à quoi s’en tenir ! Mais il faudra bien que ces deux spécimens cohabitent. Comment Kadouma va s’accommoder de la présence de cette intruse ? D’autant plus que la nourriture vient à manquer et que l’île n’est plus approvisionnée…

Une rencontre improbable… Tout oppose nos protagonistes et pourtant leur différence va les rapprocher, cette différence sera leur force. Ils vont devoir s’entraider, car réunis sur une île déserte. Kadouma deviendra même le bras droit de Mamie Ouate. Une amitié, une complicité va petit à petit les unir.

L’accent est mis aussi sur le mensonge définit par mamie Ouate comme une vision du monde, une manière culturelle de manipuler les pensées. La vie est toute tracée mais un mensonge peut quelque fois aider à survivre, à sortir d’une situation délicate, utiliser le mensonge parce qu’on ne peut pas faire autrement. A nous ensuite d’écrire la suite…

Joêl Jouanneau s’amuse également des stéréotypes, à travers le personnage de Kadouma qui n’est pas l’image du sauvage, cannibale avec un os dans le nez que les gens civilisés avaient l’habitude de se représenter. Mamie Ouate et Kadouma sont touchants, plein de tendresse , inséparables ou pas…

La rivière de satin, de Jean-François Chabas

Coup de foudre volcanique

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Sine, jeune orpheline de quinze ans, doit aller vivre chez sa grand-mère, Abigail. Elle quitte donc à regrets New-York pour s’installer à Hawaï, dans le village de Waikoloa, où sa grand-mère possède une somptueuse demeure. On ne peut pas dire que l’accueil soit chaleureux. Abigail est autoritaire, froide et met tout de suite de la distance avec Sine.

La jeune adolescente a une particularité. Elle souffre d’une maladie neurologique qui modifie la perception de l’espace, du temps et de soi-même. Elle est atteinte du syndrome d’Alice au pays des merveilles, qui se manifeste en cas de stress ou de grosse panique. Le village de Waikoloa est entouré de volcans, donc une zone à risques. Depuis quelques jours, des secousses se sont manifestées, ne laissant présager rien de bon. Sine va être vite confrontée à la colère de la nature, cette nature en sommeil qui brusquement va se réveiller et transformer ce paysage idyllique, en un véritable décor apocalyptique. Elle va devoir alors affronter cet environnement hostile, sauver sa vie et affronter tous ses démons pour survivre. Elle ne sera pas seule. Elle va faire la connaissance d’un jeune homme, Holokai, devant lequel elle va fondre immédiatement. Leur attirance réciproque va les unir dans un combat difficile contre les éléments déchaînés.

La rivière de satin est un roman qui suscite en moi un avis partagé. La quatrième de couverture m’a donné envie de le lire mais au fil des pages, je me suis étonnée d’être distante par rapport aux personnages. Des personnages que j’observais de loin sans réels sentiments. Ma lecture me paraissait fade et sans relief. Pourtant, je suis allée jusqu’au bout du récit car j’étais quand même curieuse de connaître leur destin. Un signe que mon indifférence n’était pas totale ! Je me suis donc passionnée pour la seconde partie du récit, là  où pour moi, commençait véritablement l’histoire. Sine m’a intriguée. Sa maladie m’a troublée. J’ai fait des recherches et j’ai constaté que ce syndrome bien réel, fut découvert par John Todd, un psychiatre, en 1955. Plus les personnages évoluaient dans ce chaos meurtrier, plus j’avais envie de les accompagner. Et puis Sine m’est apparue attachante, combattante. La grand-mère, au caractère détestable, a révélé un côté de sa personnalité que jamais on aurait soupçonné. Au final, je ne regrette pas mon voyage à Hawaï et j’attends de vous lecteurs, des retours sur ce que vous avez pensé de La rivière de satin.

J’ajoute que ce qui est troublant, est que Jean-François Chabas a écrit ce roman après avoir été sur l’île de Big Island, la grande île d’Hawaï, et quand il l’a terminé, les faits qu’il a imaginés (l’éruption du volcan en 2018), se sont produits.

Esprits maléfiques, 1. la maison des possédés, d’Ellen Oh

 

Harper, jeune collégienne de 12 ans, vient de quitter New-York pour emménager à Washington… Ses parents ont acheté une très vieille maison au « charme gothique » indéniable qu’ils sont en train de retaper : une ambiance propre à un véritable film d’horreur… Et quand des faits étranges commencent à se produire, que des accidents  se succèdent, que son petit frère de 5 ans change de comportement et se montre de plus en plus agressif, il y a de quoi se poser des questions.  Aidée de sa nouvelle amie Dayo, Harper va tenter de percer le mystère de cette maison hantée, mais également revenir sur des faits étranges et inexpliqués, des secrets et mystères de son propre passé.

 

 

Un récit sur les fantômes et la possession qui utilise toutes les ficelles du genre pour happer le lecteur.  Entre le récit à la troisième personne s’insère judicieusement le journal intime (« débile »comme elle l’appelle elle-même) de Harper.  Bien dosé entre passé et présent, quotidien et surnaturel,  cultures américaine et coréenne, amitié et liens familiaux, ce roman plein de rebondissements se laisse lire sans difficultés.

Un personnage principal attachant et crédible, qui dévoile peu à peu ses atout mais aussi ses failles. La tension est palpable tout au long du roman qui est le premier tome d’une série mais qui peut aussi se lire seul puisque ce premier volet comporte une fin à lui-même (ce qui ne nous empêche pas d’être impatient de suivre avec l’héroïne de nouvelles aventures au pays des morts).

Dans le monde pestaculaire et terrib’de ma sœur Minnie et de son vilain lapin, de Lissa Evans

Il faut sauver les Doubidous !

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Nos chères petites têtes blondes adorent qu’on leur lise en boucle leurs histoires préférées. Même s’ils les connaissent par cœur et qu’il n’y a plus de surprise, nos chérubins prennent toujours le même plaisir à les écouter. Mais qu’en est-il de celui qui doit s’y coller ? Eh bien, demandez à Fidge qui ne supporte plus le livre fétiche de sa soeur Minnie, les Woos Wimbley. Minnie qui a quatre ans, en redemande tous les soirs ! Elle traîne également partout, Lapirouze, un grand lapin en velours, un doudou bien encombrant que Fidge déteste. Les deux sœurs ne partagent pas le même univers et pourtant un concours de circonstances fera que Fidge va se retrouver coincée à l’intérieur de l’album préféré de sa petite sœur. Un monde farfelu, plein de couleurs, de féerie que Fidge ne pourra quitter qu’après avoir résolu des énigmes plus bizarres les unes que les autres. Mais elle n’est pas seule dans cette aventure qui va changer le sens de sa vie et l’amener à réfléchir sur ses émotions et ses comportements.

Un roman acidulé, un merveilleux voyage dans un monde imaginaire, un monde étrange et fantastique à la fois où se mêlent l’humour, la fantaisie, le suspens. Mais malgré la magie des histoires d’enfant et ce côté Alice au pays des merveilles, Lissa Evans va plus loin et appelle à la réflexion sur la tolérance, la différence, l’amitié, l’entraide. Une sorte de voyage initiatique pour les personnages.

La couverture, les illustrations font de ce conte, un très beau livre. La plume de l’auteur est légère et très agréable. Un récit amusant et bien rythmé. Un vrai régal !

Anastasia connaît la réponse, de Lois Lowry

Anastasia, l’apprentie journaliste

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Anastasia, 13 ans, souhaite devenir journaliste et chaque petit événement de la vie quotidienne est sujet à un jeu d’écriture. Elle a également quelques challenges à relever : d’abord, elle doit arriver coûte que coûte à monter à la corde en cours de gym, son ennemie de toujours, ensuite elle doit convaincre son prof d’anglais de mettre «Autant en emporte le vent» au programme et au final, elle doit s’entraîner à devenir journaliste ! Mais à toutes ces missions s’ajoute une préoccupation des plus urgentes : Anastasia constate qu’il y a beaucoup de femmes seules autour d’elle, sa voisine, sa prof d’EPS, la mère de son amie Daphné. Toutes ont un cœur à prendre ! Mais où sont les hommes ? Elle a peut-être une solution… Son oncle George, veuf depuis peu, va venir passer quelques jours chez ses parents. C’est une chance inespérée qui s’offre à elle. En plus, George ressemble comme deux gouttes d’eau à Clark Gable, le héros de ce film mythique ! Anastasia a donc beaucoup à faire, le temps presse !

Anastasia est une jeune adolescente très attachante, avec une imagination qui lui permet d’écrire avec facilité. Elle se confie beaucoup à son poisson rouge qui est un précieux confident. Elle n’aime pas trop l’image que lui renvoie son corps, elle se trouve à l’étroit au sein de sa famille, son petit frère prenant beaucoup de place. Elle est fascinée par sa prof d’EPS, une fascination sans borne puisqu’elle la trouve si magnifique, si intelligente qu’elle voudrait lui ressembler et, pourquoi pas, vivre avec elle quand elle serait adulte. L’adolescence est une période pas toujours facile à traverser, Anastasia se pose beaucoup de questions. L’auteure aborde les thèmes sur la vie, les rapports humains, l’identité avec simplicité et beaucoup de fraîcheur emmenées par une héroïne, dont le dynamisme et la réflexion plairont aux jeunes lecteurs.

Anastasia est l’héroîne d’autres tomes qui peuvent se lire indépendamment, mais que le CDI ne possède pas… encore.

Les mascarades d’Arlequin, de Pierre Crooks – ill. Nicolas Lacombe

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Arlequin est tout coloré, joyeux et un peu menteur et imposteur. Quand il  voit Pierrot tout triste dans son habit très sombre, il décide de l’aider à chercher Colombine, une jeune fille que voudrait bien épouser Pierrot… et qu’Arlequin décide de séduire le premier !

-Je viens avec toi. Nous sommes amis, mais aujourd’hui, je vais m’amuser à conquérir son coeur. Je serais ton rival le plus beau, le plus fort et le plus intelligent.

Tout au long de leur périple, Arlequin va chercher à se débarrasser de Pierrot : il décide de le confier à un médecin… mais c’est loupé, Pierrot continue  à chercher Colombine avec Arlequin, qui essaie ensuite de le faire soldat puis ministre ou encore lui donner rendez-vous avec la Mort… Arlequin va-t-il arriver à ses fins et réussir à conquérir Colombine et se débarrasser d’Arlequin ?

Un magnifique album, avec de très belles, colorées  et originales illustrations faites avec la technique du scotch.

Pour tout âge et toute expérience !

Judith, 6ème

Une aventure qui a pour cadre Venise et  qui emmène le lecteur, à travers les pérégrinations de nos deux héros, à la rencontre des plus emblématiques personnages de la Comedia Dell’ Arte : le docteur Cassandre, le général Matamore, Scaramouche, le roi Pantalon. La technique du scotch pour les illustrations donne un rendu qui oscille entre rêve et réalité et qui vous pouvez découvrir en visitant le site de l’illustrateur, Nicolas Lacombe

Sables émouvants, de Jean-Luc Luciani

Histoires de sentiments…

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Sables émouvants est un recueil de sept histoires dans lesquelles les personnages se trouvent dans des situations qui vont les bousculer, les ébranler émotionnellement. Ils se trouvent confrontés à des moments de vie difficiles, instables et imprévus qu’ils vont devoir affronter seuls. Leur unique arme : leur sensibilité et leur humanité.

Ce recueil qui s’adresse aux adolescents traite de sujets variés tels que la difficulté des jeunes à trouver leur place dans la société, leur mal-être, la mort, la manipulation, l’homosexualité. Des histoires très différentes avec des chutes surprenantes.

Et pour en savoir plus sur chacune des nouvelles, voici les résumés proposés par l’éditeur, les éditions Le Muscadier, en 4ème de couverture :

« Voici un recueil de sept nouvelles – toutes plus subversives les unes que les autres – dont les protagonistes évoluent sur des territoires instables. Des sables émouvants.

• Burn(es) out •
Une écrivaine vient parler de sexualité avec les jeunes d’un centre social. La rencontre prend vite une tournure inattendue.

• Daesh everywhere •
Un journaliste interviewe le responsable d’une communauté où le suicide est de mise. Est-il aussi neutre qu’il le prétend ?

• Positif •
Un adolescent attend le résultat d’un test qui peut changer sa vie. Lorsqu’il apprend qu’il est positif, tout bascule.

• Pauline se pose des questions •
Pauline pose beaucoup de questions à son ami de toujours. Trop selon lui. Mais derrière ses questions, se cache quelque chose de beaucoup plus important.

• Des débuts prometteurs •
Un collégien se lance dans un concours d’écriture qui transforme son entourage. Toute sa famille se sent plus concernée que lui-même.

• Un si doux secret •
Au cours d’une soirée, Fabrice cherche à savoir avec qui sa petite amie le trompe. Ce qu’il va apprendre va le bouleverser à tout jamais.

• Dinde de Noël •
Hector se glisse dans la peau du père Noël, histoire de gagner un peu d’argent en cette période de fête. Mais l’entreprise vire à la catastrophe.