Au nom du roi , de Annie Jay

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Au nom du roi , de Annie Jay

A Paris en 1671 , Exupère Lecoq , fils du policier Benoît Lecoq, est amoureux de Camille Adam, demoiselle de compagnie chez Madame de la Fayette.C’est une très belle jeune fille , instruite, sage et issue d’une bonne famille , mais qui est très nombreuses. Madame de la Fayette , elle, est bien triste, car sa fille est partie rejoindre son mari en Provence. Madame de Sévigné, une bonne amie vient alors la réconforter, mais , elle aussi a des craintes pour son fils. En effet, de nombreuses disparitions ont lieu sur des hommes jeunes et riches . Grâce à Basile, l’oncle d’Exupère qui vante ses compétences, Exupère devient le garde du corps du fils de Madame de Sévigné.

Alors les questions à se poser sont :

  • Que se passera t-il entre Camille et Exupère ?
  • Qui est l’auteur de ces disparitions ?
  • Et qu’arrivera t-il au fils de Madame de Sévigné ?

Un livre à la fois roman policier et historique, inspiré de faits réels. Ce livre est vraiment très bien.  Il y a tellement de suspense qu’à la fin de chaque chapitre, on continue l’histoire ! Mais la fin nous donne qu’une envie :  lire le tome 2 « La vengeance de Marie » … que nous ne possédons, hélas, pas (encore) au CDI !

Je conseille ce livre à tout le monde ( mais attention , un passage assez sanglant  !) car il y a dedans de l’amour, du policier  du suspense et de l’aventure.

Chloé, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Prisonnière des dessins

Emilie et le crayon magique, de Henriette Bichonnier

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Emilie adore les histoires de châteaux forts, de chevaliers. D’ailleurs, elle doit inventer la suite d’une histoire médiévale que la maîtresse a commencé de lire en classe. Elle est excitée et s’empresse de rentrer à la maison pour se mettre au travail. En chemin, elle glisse sur quelque chose de rond….OH un crayon ! Elle le ramasse et le met dans sa poche. Au bout de quelques pas, elle entend une petite voix… Mais ce n’est pas possible, c’est le crayon qui l’interpelle ! Ce crayon est magique, non seulement il parle, mais les dessins qu’il réalise deviennent vivants. Curieuse, Emilie se lance dans des croquis qui prennent tout de suite vie. Le crayon la met en garde et essaie de freiner la petite fille mais celle-ci fascinée, ne s’arrête plus. Elle veut tester les pouvoirs de son crayon et dessine des châteaux, des chevaliers, une porte ……Le château se matérialise et Emilie n’a plus qu’une envie, c’est d’y entrer. Tout simplement, elle franchit la porte et prend place dans l’histoire. Emilie va se retrouver dans des situations très rocambolesques. Mais il faudra aussi penser à revenir. Et là, un obstacle de taille va se dresser devant elle.

Emilie est une jeune fille très intrépide, indépendante et un peu têtue mais qui arrive toujours à trouver une solution pour se sortir du pétrin. Une histoire drôle qui charmera nos jeunes lecteurs et qui ne regarderont plus leurs crayons  de la même façon ! Elle en a de la chance Emilie !

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Le diable et son valet, d’Anthony Horowitz

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le diable et son valet, d’Anthony Horowitz

le-diable-et-son-valet-bisCette histoire se passe au XVIème siècle en Angleterre. Tom, un garçon du peuple, travaille dans l’auberge « La tête de cochon », un lieu misérable où Tom est battu par les Slope, les aubergistes. Un jour, son destin va changer, grâce à un mystérieux voyageur nommé William Hawkins. Tom va bientôt se retrouver dans une troupe de théâtre, mais l’ambiance y est étrange. Le soir de la première, devant la reine, le danger est tout proche…

Un récit d’aventure au contexte historique bien décrit, qui mêle faits réels et fiction. Ce livre m’a plu, il y a plein de rebondissements, les émotions sont bien décrites et des passages font frissonner…

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Un fabuleux destin…

Angleterre, 1593. Tom, orphelin, travaille dur pour des aubergistes qui, malgré les pénibles labeurs accomplis, le considèrent comme un bon à rien. Un voyageur venant de Londres s’arrête à l’auberge. Très vite, il remarque le jeune garçon. Il a l’air de s’intéresser à Tom. Il informe les aubergistes de son intention d’emmener Tom mais ceux-ci s’y opposent. Une violente bagarre éclate, l’étranger empoigne alors le jeune garçon, le met sur son cheval et part. En chemin, le voyageur tombé en embuscade, est tué, laissant Tom seul face à son sort. La fuite du jeune garçon l’entraîne au Lion Rouge, une taverne de Enfield. Le soir de sa venue, une troupe de comédiens donnent une représentation. Le lendemain, le groupe reprend la route pour Londres emportant Tom avec lui. Tom va devoir se débrouiller dans une ville où il faut se méfier de tout le monde mais où il pourrait aussi devenir ce qu’il voudrait. Le rêve de ce garçon est de devenir acteur, il veut faire du théâtre. Une rencontre va lui donner la chance de sa vie mais va aussi l’entraîner dans des histoires pour le moins surprenantes.

Ce roman nous entraîne dans l’Angleterre du XVIème siècle, dans l’Angleterre de la reine Elisabeth. Il fait référence à des personnages ayant existé. On va même y croiser Shakespeare dans ses débuts. Les premières pages du récit nous font penser aux Ténardier dans les Misérables de Victor Hugo, un couple d’aubergistes qui exploite Cosette. L’auteur nous fait des descriptions très nettes de Londres à cette époque. Le lecteur trouvera même un plan de Londres en 1558, à l’arrière de la couverture. Les images, les odeurs sont si précises que nous n’avons pas de peine à les imaginer.

…Des chevaux caracolaient dans la boue. Des carrioles cahotaient en grinçant. Des chiens aboyaient, des vaches meuglaient, fâchées d’être menées au marché. Dans les ateliers ouverts sur la rue, des ferronniers à demi nus jouaient du marteau et beuglaient leurs instructions à des apprentis empressés. Des menuisiers en tablier de cuir sciaient et coupaient du bois. Un groupe de marins déjà à moitié ivres passa en zigzaguant, riant et chantant à tue-tête.

Et puis il y avait l’odeur. L’odeur des légumes et des épices du marché. Des fruits, frais ou avariés. L’odeur des gens, sales et suant. L’odeur des animaux.

La construction de ce roman est intéressante car le dernier chapitre apporte la réponse aux interrogations du premier chapitre et en milieu de lecture on comprend le titre donné à cette histoire. L’auteur énonce les problèmes de société de cette époque comme le travail des enfants adoptés, les maladies, les inégalités… Les chapitres sont courts et accessibles.

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L’Egypte des pharaons

Les pilleurs de sarcophages, d’Odile Weulersse

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En 1550 avant J.C, Tétiki, un jeune garçon égyptien, habite sur l’île d’Eléphantine. Son père Ramose est le nomarque d’Eléphantine. Un jour, les Hyksos, qu,i à cette époque contrôlent environ la moitié de l’Egypte, viennent voir le père de Tétiki pour lever une armée contre le Pharaon en échange d’or. Ils veulent piller la tombe de Taa (un ancien pharaon).

Tétiki, accompagné de Penou ( un nain), son compagnon depuis longtemps, et de Didiphor (le singe) tente le tout pour le tout pour mettre le trésor de Taa à l’abri des Hyksos.

Kanefer (scribe), un homme qui les avait accompagnés, les a trahis : il a tué un homme faisant partie de la mission, a volé une partie des trésors et accusé Tétiki devant le grand vizir d’avoir pillé le sarcophage.

A partir de ce moment, Tétiki est recherché, retrouvé et mis en prison alors qu’il est pourtant innocent. Tétiki va-t-il résister au chantage, aux menaces ? Va-t-il dévoiler l’endroit où il a caché le sarcophage de Taa? Va-t-il retrouver son père ? Est-il un pilleur de tombe ?

Ce livre est une belle aventure historique, qui nous plonge dans l’Egypte ancienne des Pharaons. L’auteure nous fait part de nombreux points culturels : les temples et leurs trésors, l’embaumement des morts, le « ka » ( à découvrir dans le livre), la danse du Soleil …  Elle nous montre aussi la différence entre l’île d’Eléphantine et Thèbes, différence dûe a des croyances liées aux différents dieux. Odile Weulersse maîtrise le sujet et nous embarque au pays des pharaons.

Pour ceux intéressés et à qui ce roman aura plu, il y a encore deux tomes qui suivent les périples de Tétiki et ses amis.

A découvrir dès le CM2 !

 

 

 

 

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Apprendre à aimer lire et écrire

La bibliothécaire, de Gudule.

Guillaume, un jeune garçon qui est souvent endormi en classe, se retrouve interrogé par son maître pour raconter le sujet de ses rêveries.

gudule

Il raconte que tous les soirs, il regarde une vieille dame écrire et écrire encore et encore et que quand elle éteint la lumière, il voit, sortir de l’immeuble, une belle jeune fille. Le professeur, épaté par son histoire, lui dit, avec humour, qu’il devrait faire autant d’efforts à l’écrit qu’à l’oral.

Après la classe, Doudou, son meilleur ami, lui fait de nombreuses éloges sur son histoire, et Guillaume lui répond que ce ne sont pas des histoires mais ce qu’il vit tous les soirs.

Alors intrigué, une nuit, il décide de suivre la jeune fille dans la rue et de voir ce qu’elle fait. Elle se rend dans la bibliothèque pour trouver « LE GRIMOIRE ». La jeune fille n’est autre que… la vieille dame, Ida, qui veut écrire ses mémoires.

Guillaume et Doudou vont aider Ida à retrouver le grimoire en partant dans un long voyage dans les livres de la bibliothèque, en croisant Alice aux pays des Merveilles, Poil de Carotte, le Petit Prince etc… Vont-ils le retrouver?

Ce livre est vraiment passionnant et nous entraîne dans une aventure un peu spéciale, puisque nous entrons dans l’univers des livres et des auteurs. Les enfants discutent avec des personnages inventés et leur demande conseil. Il est plein d’humour et de fraîcheur.

Il pourra plaire aux élèves qui sont réticents à la lecture, comme Guillaume, et qui ne trouve pas d’intérêt à cela. Car il ne faut pas l’oublier, la lecture est un vrai voyage…

 

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Fifi la rebelle

Fifi Brindacier, de Astrid Lindgren

Elle a deux nattes, elle est rousse, elle a des taches de rousseur, des chaussures trop grandes, des vêtements originaux, elle est joyeuse, spontanée… trop spontanée ! Je vous présente Fifi Brindacier. Elle a 9 ans et habite seule dans une villa, délabrée appelée Drôlederepos. Pas de père ni de mère, elle vit avec un cheval et un singe, monsieur Nilsson. Son père, ancien marin, a péri en mer mais elle préfère penser qu’il a échoué sur une île et qu’il est devenu un pirate cannibale et sa maman, quant à elle, est devenue un ange du ciel. Elle va faire la connaissance de Annika et de son frère Tommy, ses jeunes voisins. Fifi va entraîner ses nouveaux amis dans 11 aventures trépidantes.

Fifi est super drôle, une imagination débordante, ne connaît pas les bonnes manières et n’a peur de rien. Super dégourdie, elle sait cuisiner, grimper aux arbres, faire du feu ! Elle a le sens de la justice et donne le tournis tant elle ne tient pas en place. A 9 ans et grâce à son père elle a fait le tour du monde et aime raconter à ses amis les anecdotes de ses voyages. Elle est très indépendante et donc ne se formalise avec aucune règle puisque personne est derrière elle. Elle ne va pas à l’école, contrairement à Annika et Tommy qui ont reçu une éducation et qui ne peuvent pas toujours faire ce qu’ils veulent. Les enfants sont surpris et émerveillés par sa façon de vivre et quelque part l’envient car elle est plus libre qu’eux. Fifi incarne l’enfance joyeuse, insouciante, innocente.

On s’attend toujours au pire avec Fifi qui fait beaucoup de bêtises et c’est ce qui la rend drôle. Jamais punie, très aventurière et délurée, elle plaira à nos jeunes lecteurs.

Mon enfance a été bercée par le personnage de Fifi Brindacier et je n’ai jamais lu le livre !Je n’en connaissais que la série télévisée que j’avais adorée. Aujourd’hui, grâce à cette lectur,e j’ai retrouvé la magie qui opérait en moi.

Le visage de la haine

Vipère au poing, de Hervé Bazin

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Jean et Ferdinand Rezeau sont élevés par leur grand-mère paternelle, dans le domaine familial. Leur père, enseignant dans une université à Shanghai, vit avec sa femme et mère des enfants, en Chine. Le décès de l’aïeule contraint le couple à revenir vivre en France. Les garçons sont impatients de retrouver leurs parents surtout depuis qu’ils savent qu’ils ont un petit frère, Marcel qu’ils ne connaissent pas encore. Mais les retrouvailles ne vont pas être à la hauteur de leurs espérances. L’accueil de leur mère et de leur petit frère est glacial, seul le père manifestera un geste tendre. A ce moment, leur vie va prendre un nouveau visage, le visage de la haine et de la tyrannie. Jean qui est le narrateur sera le plus détesté des trois. La mère sera surnommée Folcoche, la contraction de folle et cochonne. Elle va faire vivre un véritable enfer à ses progénitures devant un père démissionnaire et dominé par son épouse. Elle veut tout gérer, tout imposer d’une main de fer. Un rapport de force va naître entre Jean et Folcoche, une guerre impitoyable va commencer.

Comment imaginer qu’une mère puisse se comporter comme un monstre. Sous prétexte de représenter l’autorité, jusqu’où peut-elle aller ? On reste pantois devant l’enfant qui subit mais qui reste debout. La haine entre une mère et son fils est si forte qu’elle nous transperce. La cruauté de cette génitrice dépasse l’entendement. Les enfants vont lutter, espérant en secret que leur marâtre meure et pouvoir en être enfin débarrassés. C’est une enfance privée de tendresse, marquée par les coups et les brimades. Au fil du temps, Jean va s ‘endurcir, il ne faut pas fléchir et tenir tête même dans la souffrance. Vipère au poing est avant tout un cri poussé contre l’éducation du moment. La souffrance, le désamour, les atrocités des actes sont ressentis d’une manière très forte par le lecteur. Un livre poignant qui fait partie des classiques, un incontournable. Pour moi c’est un coup de cœur qui date de mes années collège. J’ai vraiment été transportée par ce récit qu’on dit autobiographique. Cette histoire est violente mais reste d’actualité. La maltraitance, la cruauté de parents à l’égard de leurs enfants alimentent beaucoup trop de faits divers.

Il y a une suite, la mort du petit cheval où nous retrouvons Jean, adulte.

La mort du petit cheval, de Hervé Bazin

Madame mère a perdu…

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Jean a grandi, il a dix huit ans, mais reste marqué par tant d’années de tyrannie. Il va vivre loin des siens, chez un parent éloigné, où il découvrira ce qu’est l’affection. Mais Folcoche n’est jamais loin pour pourrir sa vie. Elle ne veut pas qu’il soit heureux. Jean va donc couper les liens avec sa famille et se lancer dans l’existence. Malgré des périodes difficiles, il est libre. Il va faire seul son apprentissage, découvrir l’amour, essayer de se construire une vie. Difficile quand les traces de violence sont encore là, quand l’esprit et le corps souffrent encore. Mais Jean se bat et résiste devant une Folcoche qui continue à montrer les crocs. Jean est adulte maintenant donc plus armé pour répondre aux bas coups de sa mère. Il va néanmoins se rendre compte qu’il est comme « elle », agressif et haineux parfois. Ceci va le bouleverser et lui faire peur donc il va réagir pour ne pas se forger un avenir véreux. Les portraits dressés par Hervé Bazin restent encore très acerbes mais on sent que Folcoche perd de sa puissance. La mort du petit cheval nous montre également qu’à l’âge adulte, l’être humain ne va pas forcément reproduire ce qu’il a vécu. Jean va savoir aimer, donner de l’affection.

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