« Nous sommes faits de nos souvenirs »

La cité de l’Oubli, Sharon Cameron

Résultat de recherche d'images pour "la cité de l'Oubli"A Canaan, les habitants vivent dans une cité fermée par des murs et ne sont pas autorisés à aller au-delà. Dans cette cité particulière, tous les douze ans, un phénomène étrange et mystérieux se produit, l’Oubli. Tous les habitants perdent la mémoire et oublient qui ils sont, leurs familles, leurs amis, comme s’ils repartaient de zéro et commençaient une nouvelle vie. Pour se rappeler, ils écrivent régulièrement dans des livres conservés ensuite aux Archives. Sans leurs souvenirs, ils ne sont rien et si leur livre est perdu, le Conseil fait d’eux des Perdus. Car la ville est dirigée par un Conseil décidant des sanctions et du sort de chacun après l’Oubli. Cependant Nadia, fille de la teinturière, n’a pas oublié et l’Oubli n’agit pas sur elle. Elle se souvient de tout, notamment de son père qui a profité de l’Oubli pour l’abandonner mais n’en connait pas les raisons. Le nouvel Oubli approche, Nadia doit percer le mystère avant que sa famille oublie à nouveau. Avec Gray, le fils du souffleur du verre, les deux protagonistes vont prendre des risques dangereux pour découvrir et révéler les secrets de la Cité de Canaan. Nadia et Gray vont se rendre derrière le mur et découvrir ce qu’est véritablement Canaan et ce qui produit l’Oubli.

La cité de l’Oubli met en narration des personnages habitant dans une ville où l’époque n’est pas définie mais ne ressemble pas à la société dans laquelle nous vivons. Teinturière, souffleur de verre, archiviste, l’ensemble des habitants travaille pour être utile à la communauté. Il n’est jamais question d’argent et tous possèdent un objet précieux : leur livre constituant une partie d’eux et de leurs souvenirs. La règle d’or est de ne jamais l’abandonner, de le garder toujours attaché sur soi. Car quand l’Oubli arrivera, seul ce livre sera en mesure de déterminer qui ils sont et ce qu’ils deviendront. Depuis leur plus jeune âge, les habitants de Canaan apprennent une attitude fondamentale, celle de toujours écrire la vérité. A la fin de chaque chapitre de l’ouvrage, nous pouvons lire les écrits de Nadia inscrits dans son livre.

L’histoire est une dystopie où nombreux sont les rebondissements inattendus et le suspens à son comble. Au début de l’ouvrage, le lecteur s’interroge sans cesse sur la Cité de Canaan et cet Oubli qui approche ayant lieu tous les douze ans. Quel est ce mur que Nadia passe à l’abri des regards ? Pourquoi est-il interdit de sortir de cette Cité ? Qui sont les habitants de Canaan ? Où se situe cette Cité où il faut se reconstruire tous les douze ans ? Pourquoi Nadia n’oublie -t- elle pas comme les autres ? Une multitude de questions traverse l’esprit du lecteur n’étant pas au bout de ses surprises !

Nadia et Gray, les deux personnages principaux, traversent le mur et tentent de voler le Premier Livre de l’Oubli pour connaître la vérité. Plus ils avancent dans leur enquête, plus ils vont comprendre que la population de Canaan est manipulée depuis le début. Mais comment faire éclater la vérité et faire évoluer les choses alors que la population va bientôt tout oublier ? Le défi que se lancent Nadia et Gray ne sera pas sans conséquences et des vies seront en péril. L’impact de leurs déclarations sera violent et chacun devra faire un choix.

La Cité de l’Oubli raconte une histoire originale où il est difficile au départ de percevoir où l’auteure nous conduit. Sharon Cameron dépeint un monde nouveau, dresse un modèle de société différent de celle dans laquelle nous évoluons. Une cité fermée où la population se renouvelle tous les douze ans et oublie tout. Seuls les livres apparaissent garants de leur mémoire. Envoûtant, ce roman conduit surtout le lecteur à se questionner sur le monde, sur la vie. Renouveler les habitants de la planète ou d’une ville permettrait-il d’instaurer un ordre parfait dans une société ? Au profit de qui ? Parfois, vaut-il mieux oublier ou vivre avec ses souvenirs ? Et vous, si vous aviez le choix, oublieriez-vous pour renaître ?

Un roman intéressant au vue des réflexions qu’il suscite une fois le livre fermé que je conseille seulement  à partir de quinze ans. Il semble selon moi être un livre adressé plutôt aux jeunes adultes. Les plus jeunes lecteurs vont se trouver face à la complexité de l’histoire et ce roman peut perdre tout son intérêt s’il n’est pas compris. Surtout qu’il faut s’accrocher pour cerner les premiers éléments permettant de s’immerger dans la Cité de l’Oubli !

Merci aux éditions Nathan pour cette avant-première ! La Cité de l’Oubli paraîtra le 5 Octobre !

 

 

Licence to kill

The book of Ivy – Tome- 1 de Amy Engel

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Il y a cinquante ans, une guerre nucléaire a anéanti la population mondiale. Quelques hommes ont survécu et se sont regroupés derrière une grande barrière pour se protéger du monde extérieur, dévasté par l’arme atomique. Une ville, Westfall, a été fondée pour accueillir tous les survivants. Deux familles, les Lattimer et les Westfall, s’affrontent pour avoir le monopole et celle d’Ivy a perdu. La ville édifiée par son grand-père est tombée aux mains du Président Lattimer qui a pris le pouvoir de force. La cité est alors divisée en deux mais tous doivent cohabiter. Pour assurer l’unité du peuple et la paix, chaque année, des mariages arrangés sont organisés entre les enfants des perdants et les enfants des vainqueurs. Dès 16 ans, les filles sont en âge de se marier et de procréer. Tous doivent agir pour les besoins du groupe. Le but est que la population s’agrandisse pour palier à toutes ces pertes humaines. C’est au tour d’Ivy d’être choisie. Elle sera unie à Bishop, 18 ans, le fils du Président Lattimer. Poussée par son père, la jeune adolescente aura pour mission de tuer son mari pour venger sa famille. Ce crime permettrait de renverser le régime pour revenir à une démocratie. Depuis toute petite, elle est endoctrinée par son père, Justin Westfall, rempli de haine et par sa soeur Callie, sans cœur et manipulatrice. Elle sait depuis toujours que lorsqu’elle atteindra 16 ans, elle devra passer à l’acte et peu importe son ressenti. Elle est née pour tuer. Elle a toujours été au bas de l’échelle, la dernière à avoir la parole. Elle doit obéir.

Epouser Bishop Lattimer, ce n’est pas accomplir mon destin. Ma mission n’est pas de le rendre heureux, de porter ses enfants et d’être sa femme. Ma mission, c’est de l’assassiner.

En cohabitant avec Bishop elle va apprendre à le connaître. Arrivera-t-elle à aller au bout de sa mission ? Bishop doit mourir mais c’est Justin Westfall qui l’exige. Et Ivy dans tout ça ? Partage t-elle les mêmes idéaux que sa sœur et son père ?

Ivy est le personnage-clé de cette histoire. Le lecteur devient un confident qui va connaître ses moindres pensées, ses sentiments les plus secrets, qui va se sentir très proche d’elle. Il va découvrir derrière cette carapace, cette violence intérieure qu’elle exprime dès le début du roman, une fragilité, une sensibilité. Elle n’a jamais pu donner son avis, exprimer ses opinions, chacun de ses actes étant dicté par quelqu’un d’autre. Conditionnée par les siens, la jeune fille agira toujours en fonction de leurs désirs. En côtoyant Bishop, Ivy va apprendre à maîtriser ses émotions et à les exprimer. Elle va faire la connaissance de son beau-père, un personnage au lourd passé qui détient un secret lié directement à Ivy. Nous voilà face à deux adolescents formatés qui vont s’aider mutuellement à se poser les vraies questions, pour agir selon leurs propres choix. Ce sont des victimes.

Beaucoup d’intrigues dans The book of Ivy qui posent aussi la question de l’héritage que les parents donnent aux enfants. Peut-on évoluer en suivant des idées que nous ne partageons pas ? Il me semble que nous progressons tellement mieux quand nous pouvons suivre une voie que nous avons choisie et non qu’on nous impose. A-t-on le droit de dire non lorsque nous ne sommes pas d’accord ? Jusqu’au jour où nous faisons la rencontre de la personne qui nous permettra de nous questionner sur cette vie imposée, comme Bishop pour Ivy. Des personnages principaux qui évoluent, des protagonistes avec leur lot de mystères et de méchanceté, un récit qui nous emmène dans le futur, dans notre monde avec de nouvelles règles, de nouvelles lois. De quoi nous donner le tournis car ce roman nous fait découvrir une société qui peut exister, nous interrogeant sur la notion de liberté, de mort, sur la justice qui sanctionne d’une même peine le voleur de poule et le violeur, sur l’image de la femme qui n’est bonne qu’à faire des bébés et à être violentée. Une intrigue rondement menée par le style d’écriture de Amy Engel qui a su dès le début, installer une ambiance pleine de suspense. Surprise par les dernières pages, je me suis empressée de dévorer le tome 2, The revolution of Ivy que je vous dévoilerai succinctement pour ne pas gâcher l’épilogue du tome 1.

The revolution of Ivy – Tome 2- de Amy Engel

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Ce second et dernier volet de la saga est marqué par la renaissance des personnages. Le premier volume a habilement préparé les rebondissements du tome 2. Amy Engel nous embarque dès les premières pages dans une ambiance plus sombre, plus sauvage, avec de nouveaux protagonistes qui auront leur importance dans l’intrigue mais que j’aurai aimé mieux connaître. On ne sait pas grand chose d’eux au final. L’enchaînement est immédiat, l’auteur ne fait pas de retour en arrière. On retrouve une Ivy plus forte que jamais prête à tout mais qui reste cependant sur la défensive, ayant du mal à faire confiance aux gens qui l’aident. D’ailleurs, la couverture de The revolution of Ivy nous montre une Ivy plus déterminée, de face avec le poignard en avant. Ce tome 2 nous offre un peu plus d’action, explore d’autres lieux avec une émotion et une poésie qui restent omniprésentes. Surtout avec la dernière partie où on sent que le dénouement est proche sans soupçonner ce que l’auteur nous prépare. Deux petits bémols cependant : la fin est un peu trop rapide à mon goût, je l’aurai un peu plus approfondie et je m’attendais à un tome 2 un peu plus explosif. Dans l’ensemble, une saga réussie, attachante que j’ai pris grand plaisir à lire !

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« Etre en vie ne suffit pas, ce qui compte c’est de se sentir vivant »

Grupp, de Yves Grevet

le-gruppLorsque son frère aîné, Scott, est arrêté violemment  par une dizaine de policiers, puis emprisonné,  Stan n’en revient pas.  Scott est accusé de faire partie d’une organisation clandestine responsable du décès d’un adolescent ! Car dans cette société « idéale » dans laquelle ils vivent, un implant surveille chaque individu  et permet d’anticiper la plupart des décès. Les battements de coeur sont contrôlés et des milices interviennent lorsque quelque chose semble anormal, les mouvements et déplacements des jeunes sont également surveillés pour que ceux-ci évoluent dans un univers sans risque. Pourquoi son frère est-il contre cette société si protectrice ? Pourquoi est-il en quête de liberté, quitte à faire prendre des risques à autrui ? En effet, pour Scott, ce système sécuritaire, même s’il semble permettre de vivre plus longtemps et à l’abri du hasard, est une vive atteinte à la liberté et aimerait que la jeunesse ait le choix. Alors que Scott doit survivre dans l’univers ultra-violent de la prison, Stan, aidé de ses amis, va essayer de comprendre la démarche de son frère en tentant d’infiltrer « le Grupp ». Une enquête qui nous mène dans un tourbillon de vie et de mort, d’amitié et de violence, d’espionnage, d’aventure et de science-ficiton, pour essayer de nous faire prendre conscience  de la limite entre la répression, la  soumission,  la contestation, la liberté, la sécurité. C’est un roman à plusieurs voix qui nous est livré ici. Dans la première partie, c’est le point de vue du jeune frère qui est relaté. Ce récit s’arrête à un moment crucial pour un flash back donnant la parole au grand frère… qui va également s’arrêter à un moment crucial pour donner la parole à d’autres personnages, en particulier des membres du Grupp. Un roman choral plein de rebondissements, qui va à 100 à l’heure et ne nous laisse pas beaucoup de répit ! Les personnages sont forts et très variés. On veut toujours en savoir plus et on continue la lecture sans s’arrêter… dès le prologue, d’ailleurs, qui sait attiser la curiosité !

Messieurs, je crois que monsieur Thoir vient de nous quitter définitivement. Ce n’était pas un homme très avisé. Et avec son coeur fragile, il suffisait d’un rien pour que tout s’emballe. C’est dommage pour lui. Mais ce n’est pas si grave. D’ici quelques jours, quand les membres de sa famille l’auront pleuré et enterré, je reprendrai cette conversation avec l’un d’entre eux. J’espère que cette personne saura se montrer plus réaliste que le pauvre monsieur Thoir.

 

Primas contre Nihils

Entre chiens et loups, de Ian Edington et John Aggs – adaptation en bande dessinée du best-seller de Malorie Blackman

J’avais chroniqué il y a quelques mois le roman Entre chiens et loups de Malorie Blackman : cette histoire d’amour impossible et poignante entre Callum et Sephy. Callum est blanc, un « Nihil », Sephy est noire, une Prima, fille de ministre. Les Nihils sont opprimés par les Primas qui sont à tous les postes clés : éducation, travail. Une société de violence où le racisme et la discrimination, la révolte et le terrorisme en sont les piliers. Comment l’amour entre Callum et Sephy peut-il survivre au milieu de toute cette haine qui les poussent dans leur retranchement…

L’adaptation en bande dessinée de ce roman coup de poing est très fidèle. C’est un texte qui m’avait tellement touché et remué que je m’en souvenais parfaitement malgré le fait que je l’ai lu il y a plus d’un an et demi (et avec tout ce que je lis, c’est assez étonnant !). J’appréhendais un peu la lecture en images. Mais presque tout y est et on accroche à l’histoire dès les premières pages ! Les passages-clés sont parfaitement retranscrits et on suit l’histoire de Callum et Sephy avec toujours autant d’émotion. Leur point de vue alterne tout au long du récit et on se met successivement dans la peau de l’un puis de l’autre sans être capable de juger ou prendre partie. Le choix du noir et blanc  est un choix probablement délibéré pour montrer de manière plus intense la discrimination entre les  Blancs et les Noirs, mais dans l’ordre inversé de ce que vit notre société actuelle. Un roman graphique sur le racisme, l’apartheid, la violence et la haine, mais aussi sur l’amour qui ne peut laisser indifférent. Pour un public averti : malgré l’âge de lecture donné à la fin qui préconise à partir de 12 ans, je pense que les émotions contradictoires et denses que nous fait subir cette histoire sont difficilement assimilables avant 14-15 ans, même si en bande dessinée, la lecture est peut-être plus facile. Intense.

Et n’oubliez pas relire la chronique du roman éponyme et de venir l’emprunter au CDI !

Malorie Blackman a aussi écrit Boy’s don’t cry, un coup de coeur permanent pour mes élèves-lectrices.

Réseau clandestin et liberté.

La bonne couleur, de Yaël Hassan.

Max a 15 ans et vit dans un monde soumis à la dictature. L’entraide est bannie, des livres qui vont à l’encontre de la pensée actuelle ont écouleur300-1b4e3té détruits…
A l’école, des  couleurs d’uniformes différentes ont été choisies selon si l’on est considéré comme l’élite (violet) ou bien comme exclus de tous et « nul » (brun). Max, qui était excellent jusqu’à aujourd’hui, se retrouve avec un uniforme brun et est donc sujet à des humiliations et des exclusions. Il porte cet uniforme parce qu’il s’était lié d’amitié avec Félix, le vieil antiquaire qui habitait en dessous de chez lui et a été dénoncé.  Il s’intéressait à de nombreux objets qui étaient dans sa boutique mais surtout au récit du vieil homme sur la vie d’avant que Max trouvait bien mieux. Magda, sa maman, les surprend une nuit et Félix se fait arrêter. Il a juste le temps de glisser à Max Seul dans Berlin, un livre sur la résistance allemande antinazie. On apprend quelques temps plus tard que le vieux Félix est mort… un suicide, est-ce vraiment le cas ? En même temps on nous raconte la libération de Jo, le père de Max, qui fait partie du réseau de Félix.
Va-t-il poursuivre son travail, que vont-ils mettre en place? Reviendra-t-on à une démocratie ?
L’auteure de ce livre nous montre une société où tout le monde est surveillé et fiché : les élèves selon leur mérite sont classés par ordre de couleur. Le titre pourrait, si on ne lit pas le livre, nous faire directement penser à une histoire de couleur de peau. L’auteure crée un personnage, Max, qui est un enfant qui refuse de rentrer dans le moule, et qui réagit. D’un autre coté, un vieil homme, Félix, qui est présent pour transmettre son savoir sur le passé à une génération future pour que celle-ci puisse assurer la suite et amener à un monde plus serein.
Ce livre est un livre très intéressant et facile d’accès pour  les élèves. Même si par moment il est un peu compliqué de se situer dans l’histoire parce qu’il y a de nombreux retour en arrière.
Ce livre a obtenu le prix NRP en 2006.

 

Combat dans l’Arène 13

Arena 13 . tome 1, de Joseph Delaney

Vaincus par les créatures qu’ils avaient programmés, les hommes ont été repoussés au pays de Midgard, entouré d’une infranchissable Barrière de brume au-delà de laquelle vivent de monstrueuses créatures, avec à leur tête Hob, un djinn qui se nourrit de sang et plonge les hommes dans d’abominables souffrances… Leif ne le sait que trop, lui dont la mère a été tuée par Hob et le père poussé au suicide. Le jeune homme ne vit que dans l’espoir de débarrasser les hommes de ce monstre. Pour y parvenir, une seule issue : combattre dans l’Arène 13, car parfois Hob vient défier un combattant de la Roue. Toute la ville de Gindeen vit en effet pour et autour de ces combats qui ont lieu chaque saison et mettent en scène des combattants et leurs lacres qui risquent leur vie, suivant des scénarios et règles très codifiés….

Après un démarrage un peu lent et technique, on ne peut plus quitter ce livre de fantasy dont l’atmosphère, lourde de menaces,  pleine de tension, se construit au fil des pages. Ce monde a beau être celui du futur, il n’en évoque pas moins le passé des gladiateurs dans les arènes et fait naître une question : à quel degré de conscience peut-on être considéré comme humain et la souffrance reconnue ?

Qui est donc Leif, ce jeune homme arrivé tout droit des campagnes, qui ne rêve que d’une chose : affronter le cruel Hob ??? J’ai adoré ce livre de fantasy où le suspense est au rendez-vous. J’attends avec hâte le prochain tome.

Marion

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Amants maudits

Les amants du génome, Johan Heliot

004014388Dans un futur proche, Irdiss et son petit ami Orphée sont à la fois nerveux et surexcités. Ils doivent bientôt se présenter à la sélection qui sanctionne la fin de leurs études au lycée et qui permettra aux deux meilleurs élèves de la promotion d’intégrer l’Enclave, un petit paradis qui recrute les élèves les plus doués afin de chercher des solutions pour sauver la planète qui se dégrade de plus en plus vite : surpollution, détresse sociale…

A la fin des épreuves, les amoureux sont persuadés d’avoir très bien réussi. Mais qu’elle n’est pas la déception d’Irdiss lorsqu’elle apprend qu’elle n’est pas sélectionnée mais que c’est Yaelle, la meilleure amie d’Orphée, qui ira avec lui à sa place dans l’Enclave. Irdiss, elle, sera dégradée au plus bas de l’échelon social après que son père a tenté de soudoyer des membres de l’Enclave pour y faire entrer sa fille.

Alors que les amants souffrent de leur séparation de part et d’autre de la bulle protectrice de l’Enclave, qui préserve un air sain pour ses habitants, Orphée se porte volontaire pour tester le traitement de Vie Augmentée qui permettra de retarder le vieillissement et améliorera les capacités physiques et intellectuelles de ceux qui l’auront reçu. Mais dans le reste du monde, la colère grimpe chez les ouvriers qui voient leurs conditions de vie se dégrader de jour en jour tandis que les rares élus de l’Enclave savourent pleinement leur réussite…

Ce récit futuriste qui commence presque comme une utopie avec une ville idéale peuplée des plus grands esprits de l’époque sensés aider le reste de la planète tourne vite à la dystopie. En effet, l’auteur décrit un monde clivé entre quelques rares élus vivant au sein de l’Enclave, un havre paradisiaque, qui peuvent profiter de toutes les richesses et de la santé alors que le reste de l’humanité est voué à travailler dans des conditions horribles en suffoquant sous le permasmog, un épais brouillard de pollution qui recouvre les villes d’Europolis devenues l’enfer sur terre. A la critique de cette société à deux vitesses qui n’est qu’une représentation de notre monde actuel, s’ajoute celle de problèmes éthiques tels que le transhumanisme et l’eugénisme intellectuel (on pensera au film Bienvenue à Gattaca). Les questions de la vie augmentée ne tarderont pas à se poser à nous et malheureusement, comme beaucoup de nouvelles découvertes, seuls les plus fortunés pourront y avoir accès. Le roman pose aussi la question des risques associés à ces découvertes. Sont-elles réellement des avancées pour l’homme ?

Enfin, si c’est bien évidemment le côté science-fiction qui a surtout retenu mon attention, cette histoire d’amour impossible (on reconnaîtra l’allusion à peine déguisée au mythe d’Orphée et d’Eurydice) est parfaitement menée en alternant le récit de chacun des amants pour lesquels le temps s’écoule d’une manière bien différente. On retrouve tous les éléments de la tragédie avec des personnages contraints à la séparation et à des choix cornéliens, sans toutefois verser dans le larmoyant.

Pour conclure, Les amants du génome est un passionnant récit de science-fiction qui ravira les adolescents comme leurs parents. Je le conseille !

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