Je ne suis pas ton esclave !, de Roland Godel

Les éditions Oskar proposent une collection très intéressante présentant des romans courts mettant en scène des situations permettant d’aborder des thématiques de la Convention internationale des droits de l’enfant des Nations Unies du 20 novembre 1989. Ici, le travail forcé des enfants.

Je ne suis pas ton esclaveLoïc a déjà redoublé deux fois et s’endort encore en cours de math… Aucun élève ne s’occupe plus trop de lui, n’ose lui parler, à lui qui a deux ans de retard.  A part la petite Flavie, douce, jolie, studieuse. Elle aimerait bien comprendre Loïc… Pourquoi a-t-il autant redoublé, pourquoi est-il toujours fatigué, pourquoi pique-t-il du pain à la cantine, pourquoi est-il souvent absent, pourquoi sa maman ne se déplace pas aux convocations du maître… Lorsqu’elle découvrira la vérité, il faudra bien qu’elle trouve un moyen de l’aider !

Un très joli texte qui traite du travail des enfants en adoptant un point de vue original. Où l’on attendrait plutôt un roman sur les conditions des enfants dans le monde, on se retrouve en fait dans un petit pavillon de banlieue parisienne. Loïc est le narrateur de cette histoire ce qui nous permet de se sentir très proche de lui. Ce roman parlera forcément aux jeunes lecteurs du fait justement de la proximité du sujet : pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour trouver des cas d’enfants exploités… parfois, il suffit juste d’être attentif à ce qu’il se passe autour de nous … Ici, le beau-père profite de l’alcoolisme de la mère pour exploiter son beau-fils dans ses trafics de contrebande.  Une belle histoire d’amitié enrobe le tout et fait de ce petit roman un texte au ton juste et émouvant prônant la solidarité et le respect des autres. Ca se lit très vite et met en avant de nombreux thèmes forts et intéressants. A proposer sans hésiter à nos jeunes lecteurs !

A la fin de l’ouvrage, un petit dossier nous explique dans les grandes lignes ce qu’est la Convention internationale des droits de l’enfant.

20 ans pour devenir … Louise Michel, de Rolande Causse et Nane Vézinet

Au nom des femmes

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Louise Michel, née en 1830, est fille d’une femme de chambre et de père inconnu. Sa mère est au service d’une famille de châtelain, les Demahis, et même si elle tait l’identité du père, tout porte à croire que le géniteur soit le fils de cette famille. Louise grandit auprès de sa mère au château de Vroncourt-la-Côte, en Champagne. Elle reçoit une bonne éducation, égaie la maison pour le bonheur du maître et de la maîtresse du château. Chacun de ses anniversaires donne lieu à une fête. Louise est élevée comme une princesse, elle est curieuse et apprend vite. Dès son plus jeune âge, elle se tourne vers les autres et s’insurge contre l’injustice. Adolescente et consciente de son confort, elle consacre déjà son argent de poche à nourrir les plus démunis. Elle ne supporte pas la méchanceté, la sottise. A la mort des Demahis, Louise et sa mère sont contraintes de partir, elles hériteront d’un petit pécule. En 1851, Louise réussit le brevet de capacité qui va lui permettre de devenir institutrice. Elle ouvre de nombreuses écoles où elle exerce ses fonctions avec une passion sans bornes. Elle fonde l’école libre selon les principes républicains. C’est elle qui crée la première école pour filles. Louise adore écrire. Ainsi, elle met sa plume au service de journaux d’opposition. Elle écrit de nombreuses œuvres engagées. Elle aide les femmes à vivre par le travail, une sorte d’émancipation. Très engagée dans une politique radicale, elle intervient lors de meetings, défend les ouvriers, les chômeurs, s’insurge contre la peine de mort. Elle devient anarchiste, est acclamée par le peuple de Paris. Elle s’installe un temps à Londres, jugeant que la France prend en otage la liberté d’expression. Ses prises de positions font l’objet de nombreuses arrestations. Elle finit par être emprisonnée. Elle en sort au bout de trois ans, grâce à Clémenceau. Elle décède d’une pneumonie en 1905. Toute sa vie, elle restera fidèle à ses convictions, livrera ses batailles jusqu’à son dernier souffle.

« Sans l’autorité d’un seul, il y aurait la lumière, il y aurait la vérité, il y aurait la justice. L’autorité d’un seul, c’est un crime. »
Louise Michel – 1830-1905 – Extrait d’une Plaidoirie – 22 Juin 1883

« La tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter. »
Louise Michel – 1830-1905 – Mémoires – 1886

Le nom de Louise Michel est associé dans notre mémoire au combat pour les femmes et la Commune. Cet engagement va d’ailleurs causer sa déportation en Nouvelle Calédonie. Grande militante, elle a consacré sa vie à défendre l’éducation et les plus pauvres. Une station de métro parisien porte d’ailleurs son nom ainsi que de nombreuses écoles. Ce fut une femme généreuse, ouverte aux autres, cultivée qui prônait l’école pour tous. Comme Louise Michel à son époque, une autre grande dame, ancienne déportée, très engagée politiquement, défendant la cause des femmes, a marqué l’Histoire de son nom : Simone Veil qui a fait son entrée au Panthéon dimanche 1er juillet 2018. S’ajoutent à elles, Marie Curie ( une scientifique XIXème siècle), Rosa Park (lutte contre la ségrégation XXème siècle), Lucy Stone (féministe engagée XIXème siècle), et bien d’autres, qui ont marqué l’Histoire dans différents domaines, qui ont écrit l’Histoire. Par leur courage, elles ont combattu les clichés et forcent l’admiration.

Rolande Causse et Nane Vézinet ont su parfaitement montrer la forte personnalité de Louise Michel, en un texte court et accessible. L’essentiel est dit, on mesure la grandeur de son engagement.

 

Classe de lune, de François Sautereau

A nous Cassandre et Pénélope !

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La classe de CM2 et leur institutrice madame Clapon préparent un voyage peu banal. Alors que d’autres partent simplement en classe verte, en classe de mer, ou en montagne, et bien là, les enfants vont se préparer pour une escapade lunaire de deux semaines ! Ils ont gagné le concours Kapok du meilleur magazine vidéo et ont choisi cette récompense. Mais leur sélection ne fait pas l’unanimité surtout pour les parents abasourdis et contrariés par une telle décision. Les journalistes se sont déplacés pour couvrir le scoop. Ce n’est pas tout, la classe doit maintenant s’atteler à organiser son départ. Les enfants vont suivre une petite formation pour savoir tout sur l’apesanteur, l’organisation de la vie sur la lune… Passés l’excitation et l’enthousiasme de cet événement historique, une panique commence à envahir les enfants. Et si ce voyage était sans retour ? Christophe, notre petit héros narrateur, pense même qu’il pourrait mourir pendant ce long voyage cosmique ! Mais il songe à Sonia, une fille de sa classe dont il est éperdument amoureux et se dit que ce voyage pourrait les rapprocher. Tout se précipite dans la tête de nos petits aventuriers. Le départ est imminent et ils savent déjà que leur fusée nommée Cassandre vibrera de tous ses feux vers le sol lunaire, vers la base Pénélope. Là-bas, ils seront accueillis par des scientifiques et des ingénieurs, sur place déjà depuis un moment. La lune va leur réserver son lot de surprises notamment à l’intérieur de la base. En effet, après des au revoir interminables, la classe de CM2 a pris son envol. Trop impressionnant ! Arrivés sur la lune, les enfants s’installent mais sont vite intrigués par une musique qui envahit la base. Intrigante, captivante,  elle bouleverse Christophe. C’est lui qui tient un cahier de bord pour relater tout ce qui s’est passé lors de leur escapade et ce qu’il entend le fascine. Il a l’impression que la musique s’adresse à lui, il y décode un message d’appel à l’aide. Il fait part à ses camarades de ses doutes. Sceptiques, ceux-ci l’écoutent néanmoins. Le jeune garçon leur dit qu’il doit trouver une porte rouge dans la navette puis sortir. Mais ses amis le comparent à Jeanne d’Arc, ce qui le vexe. Comme ils sont tous solidaires, ils décident de suivre leur ami. Qu’est-ce qui se cache derrière cette porte ? Pourquoi Christophe est-il attiré par elle ? Une voix les pousse irrémédiablement de l’autre côté. Ce qu’ils vont découvrir va être édifiant et changera le cours de leur vie.

Dans la mythologie grecque, Cassandre évoque le nom d’une princesse de Troie, fille du roi Priam. Elle a un don de prophétie mais personne ne l’écoute. Tiens, tiens n’y aurait-il pas des points communs avec Christophe ? Très troublant. Pénélope est la femme d’Ulysse parti faire la guerre de Troie. Elle guettera inlassablement son retour. Je ne peux pas vous dévoiler l’intrigue mais sachez que, là encore, il y a une similitude avec la fin du récit. L’auteur a utilisé ces deux prénoms et ce n’est pas anodin.

Une belle petite histoire, un sujet original qui séduira nos jeunes lecteurs. Une intrigue surprenante pour un récit jeunesse bien mené. En annexe, on retrouvera tout un panel de renseignements sur la lune, le système solaire et un historique sur les voyages dans l’espace.

Au bout du cerf-volant, de Hélène Montardre

l’espoir

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Mathieu est un petit garçon de 10 ans dont la vie a basculé. Son papa s’est suicidé et tout le quotidien de sa famille s’en est trouvé retourné : Déménagement, une maman qui traverse une grave dépression. Elle ne sort plus, ne peut plus s’occuper de Mathieu et de Julien son petit frère. Mathieu se fait beaucoup de souci pour elle et chaque soir quand il rentre de l’école c’est la peur au ventre. Comment va t-il retrouver sa maman ? Va t-elle le laisser comme son papa ? Mathieu est courageux, il prend en charge son frère, les courses après l’école. Un jour, il décide d’aller se promener en ville avec Julien. Au détour d’une rue, les enfants vont assister à un tournage de film, plus exactement à une scène mettant en opposition un groupe d’enfants qui se battent pour un cerf-volant. Mathieu tombe en admiration devant ce cerf-volant. Le metteur en scène l’invite à revenir le lendemain et plus encore. Le tournage va durer une semaine. Le jeune garçon en parle à sa maman un soir où celle-ci va un peu mieux. Son enthousiasme est contagieux et pour la première fois depuis longtemps, un rayon de soleil entre dans l’appartement. Mathieu va alors s’inventer un monde de fantaisie autour de ce cerf-volant.

Hélène Montardre nous présente des personnages blessés, meurtris, anéantis par la mort d’un proche. Ce petit garçon, Mathieu, est étonnant de courage prenant sous sa coupe un petit frère qui pense que son papa est parti et une mère éteinte par le chagrin. Si jeune et déjà face à de lourdes responsabilités. Et puis il y a la crainte que sa maman disparaisse à son tour.

Le récit va prendre une autre tournure avec l’apparition de ce cerf-volant. Au bout du cerf-volant la vie, une renaissance ?

Une belle histoire qui touchera tous nos lecteurs qui pourront aussi connaître l’origine des cerfs-volants, savoir comment en fabriquer. En effet, Hélène Montardre a constitué une petite documentation très instructive à la fin de son livre. On y découvre aussi comment se réalise un film et quelques renseignements sur l’écriture chinoise.

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Série Les grandes années, de Gaël Aymon

Une petite série à découvrir aux éditions Nathan, mettant en scène tout un petit groupe de copains. Ils partent tous à l’école ensemble, accompagné par le papa de notre narratrice, Ness. Le transport en commun est original : le pédibus ! Et tous les soirs, quelqu’un d’autre vient les chercher, toujours en groupe : la baby-sitter, la mamie de l’un, la maman d’une autre, etc… Et cette petit vie communautaire crée des liens forts d’amitié !

Ysée, l’une des jumelle a un secret : elle est amoureuse mais n’ose pas révéler sa flamme… De toute façon, ce serait inutile, jamais il ne l’aimera ! Qu’à cela ne tienne ! Nastia, la grand-mère d’Edvin a une idée. En pianotant sur Internet elle trouve la recette d’un philtre d’amour. A notre petite équipe maintenant de réunir les ingrédients !

Ness est jalouse : jalouse des baskets lumineuse des jumelles, jalouse de la télé d’Oscar, jalouse de l’appareil photo d’Edvin… Alors elle se fâche contre sa mère : ils sont pauvres, elle n’a que des jouets et des livres nuls.  Alors, sa mère lui propose de faire le tri dans ses affaires et donner ses affaires nulles de pauvre malheureuse à des enfants encore plus pauvre qu’elle. Ni une ni deux, Ness rameute sa troupe ! Ensemble, ils décident de faire un vide-grenier et de reverser l’argent à une association ! Mais est-ce que cela va être aussi facile qu’il n’y paraît ?

Après avoir assisté au concert de son idole, la jeune chanteuse Lisa Rosa, Ness a une idée : pour son anniversaire, elle va organiser un concert. Et bien entendu, ce sera elle la star, ses copines Luce et Ysée n’auront qu’à faire les choristes et Oscar et Edvin le présentateur et le technicien ! Mais il va falloir motiver sa troupe, et surtout répéter… L’amitié va-t-elle être vraiment plus forte que tout ?

 

 

Des petits livres pétillants de bonne humeur qui mettent en avant l’amitié, la solidarité, avec un groupe vraiment soudé malgré leurs différences qui donnerait presque envie de revenir à ses propres jeunes années ! Les personnages sont sympathiques et rafraîchissants. Une agréable petite collection à lire dès 7-8 ans car les textes sont courts et abondamment illustrés en couleur et avec peps ! Dommage que quelques accents circonflexes sont passés à la trappe de la relecture… mais peut-être la réforme de l’orthographe est-elle passée par là. En tout cas, je n’ai pas pu m’empêcher de les rajouter au crayon… Un moment passé le soir avec ma fille de 9 ans pour un partage de lecture à voix haute. Et je pense que je les prêterai à la rentrée à la BCD de l’école primaire voisine. Des thèmes simples de la vie de tous les jours qui parlent à nos enfants, peut-être un peu plus aux filles qu’aux garçons… à voir…

La cicatrice, de Bruce Lowery

L’autre moi

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Jeff, 13 ans, est un enfant heureux. En apparence seulement. Jeff est né avec un bec de lièvre. Certes, il s’est fait opérer mais il reste une cicatrice qui lui rappelle toujours qu’il est différent. Sa mère, une protestante croyante, s’est toujours interrogée sur ce qu’elle avait fait à Dieu pour avoir mérité ça. Elle se sent coupable. Son père dit simplement que « ce sont des choses qui arrivent». Jeff se demande également pourquoi lui. Si Dieu est si bon pour quelles raisons a-t-il laissé le destin en décider ainsi ? Jeff se persuade que s’il adresse des prières à Dieu, un miracle pourra surgir et faire disparaître cette marque disgracieuse. A l’école, ce ne sont que brimades et moqueries, l’adolescent a même un surnom : grosse-lèvre. Il est maltraité par les autres élèves qui n’hésitent pas à le dévaloriser, à le traiter comme un moins que rien. Il est humilié. Jeff n’arrive pas à s’imposer, il n’a pas le courage de faire face. Heureusement, il peut compter sur son nouvel ami, Willy, qui le rassure et qui l’aide à prendre confiance. Ils ont même une passion commune, la collection de timbres. Une amitié rare, inespérée. Mais voilà, la vie de Jeff va changer, les mensonges et les trahisons vont devenir pour lui le seul moyen de s’affirmer. Lui si droit, si honnête va basculer dans la spirale infernale du mal.

La cicatrice est un beau roman qui met en avant la différence, le rejet de l’autre, l’exclusion, la solitude, l’incompréhension. Pourquoi autant de cruauté face à quelqu’un qui ne rentre pas «dans le moule». Jeff est né dans une famille protestante où Dieu prend une place importante. Cette image sera écornée à la fin du roman au vu de toutes les épreuves qui vont toucher la famille. Jeff est torturé. Il a des remords car il a mal agi mais n’arrive plus à se sortir de cet engrenage qui le pousse à mal agir. Est-ce le seul moyen d’exister, de montrer qu’on est là quand on est différent ?

La fille du gangster, de Roger Judenne

Roger Judenne - La fille du gangster.Aujourd’hui, Pélagie va à l’école et comme tous les matins elle passe d’abord au garage de son père. De la cour de récréation, elle voit passer la police qui poursuit une voiture. Le lendemain, elle récupère ses rollers dans le coffre de la voiture de son père, elle y découvre un sac…

A la vue de ce sac, elle est effrayée, ça ne fait qu’un tour dans sa tête ! Elle pense avoir découvert le sac volé à la banque la veille.Son père serait-il un gangster ?

J’ai aimé cette histoire pleine de rebondissements, j’ai également apprécié cette mésaventure. Je conseille ce livre aux futurs détectives.

A partir de 9 ans

Judith, CM2 – une p’tite dévoreuse de livres de Salé Lou Potier

Une chronique des élèves de l’école primaire voisine, l’école Salé Lou Potier. Vous avez, vous aussi, lu le livre ? Alors,  chers lecteurs de ce blog, pour les encourager, n’hésitez pas à poster un commentaire en donnant votre avis !