Planète bleue en danger

Koboltz, tome 1- mission Uluru, de Benoit Grelaud

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Quels drôles de bonhommes, ces Koboltz. Pas plus de 8 cm de haut mais une volonté à toute épreuve ! Un petit peuple qui vit sous terre et qui s’est donné pour mission de protéger la planète. Entre leur vie souterraine et leurs missions de sauvetage, les Koblotz ont une vie trépidante. Ils ne mangent pas d’animaux et cultivent leurs fruits et leurs légumes sans produits chimiques et traitent leurs déchets. La surface de la terre est devenue invivable, les hommes n’ont de cesse d’inventer des machines et des produits qui polluent la planète ! Alors, quand les humains décident de créer un nouvel insecticide, c’est la révolution. Les Koboltz partent en guerre pour compromettre cette invention. Ils vont avoir besoin de l’aide de Rakiriko, un ancien Koboltz banni de son peuple depuis quelques années, mais qui sait comment se rendre invisible aux yeux des humains. Rakiriko qui a été rejeté, acceptera-t-il de les guider ? Vont-ils réussir à mettre leur plan d’attaque à exécution sans se faire voir ? Nous allons suivre Elmione, Alvyanne, Tammpo, Klayni et Mananann, de gentils petits défenseurs de la planète dans un périple plein de rebondissements !

Le fil conducteur de ce récit est la protection de l’environnement, sujet sensible qui est plus que d’actualité. Tout le monde doit se sentir concerné et adopter le bon comportement pour sauvegarder la planète. Koboltz nous apprend beaucoup de choses et nous fait réfléchir sur nos actes au quotidien.

Les personnages sont tous très différents, des grands, des gros, un mal-entendant, et ces particularités les rendent très attachants. A travers eux, l’auteur dénonce le mal que fait l’homme à la terre. Le lecteur est transporté dans un conte qui est à la fois un récit d’anticipation et un documentaire sur l’écologie. Un sujet sensible traité avec de l’humour sans leçon de morale. Les illustrations hautes en couleur sont magnifiques et nous donnent envie de partager le monde des Koboltz. Une couverture superbe qui invite au voyage.

Un espace vide plein de ressources

Le zéro d’Oxymoron, de Pierre Moessinger

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Oxymoron, mathématicien dans la Grèce Antique, fut le premier à additionner des loups et des chèvres. Jusqu’à présent, il n’était pas concevable d’additionner ce qui ne se ressemblait pas. Par exemple, un loup additionné à une chèvre n’était pas possible car le loup mangeant la chèvre il ne pouvait que faire un. Oxymoron ne se lassait pas de dire qu’additionner c’est assembler. Mais beaucoup avait du mal à le suivre. Alors, quand il fut question de soustraire ce fut encore une autre paire de manche… Surtout quand le zéro fit son apparition ! Effectivement, soustraire deux quantités égales donne rien… Mais, là encore, la notion de rien perturbe car pour beaucoup il y a toujours quelque chose quelque part. Oxymoron s’arrache les cheveux en entendant de telles « niaiseries ». Sa théorie est remise en cause et fait peur. Il sera même exclu de l’Académie. Quelques siècles plus tard, ses idées sont reprises et l’utilité du zéro est reconnue.

Les personnages sont pures fiction mais les réflexions sont bien réelles.

Il faut dire que c’est difficile de concevoir que rien c’est quand même quelque chose alors que le zéro non.

Ce livre est plutôt un conte philosophique alimenté de discussions de sages, chacun argumentant à sa façon. On s’aperçoit combien le zéro était source de tracasseries.

La lecture est facile malgré le sujet car le ton est léger sur fond d’une petite histoire très abordable avec de belles illustrations sur l’Antiquité.

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Des vacances au pays des vampires.

Le dernier des vampires, de Willis Hall

Image associéeEdgar, un jeune garçon, part quinze jours en vacances avec ses parents.  Nos touristes anglais, ne sachant pas lire une carte, se retrouvent perdus : où sont-ils  en Europe : France, Allemagne, Italie… ?

Bref, ils s’arrêtent non loin d’un château et montent leur tente. Voulant faire quelques provisions, ils descendent au village et se retrouvent confrontés à des continentaux peu bavards et très vite soupçonneux.

Edgar, quant à lui, va chercher de l’eau au château et sa curiosité le fait entrer dans la demeure, où il y rencontre le comte Alucard, qui affirme être le dernier des vampires, mais un vampire végétarien ! Euphémia, sa maman, nourrit des chiens errants qui ne sont autres que des loups mais elle ne s’en rend pas compte. Le livre est plein d’humour…

Les villageois se posent de nombreuses questions sur ces gens qui campent non loin du château, donnent à manger aux loups … et à force de discuter, pensent qu’ils sont également des vampires en puissance et veulent en finir avec ce genre d’individus. Il s’en suit toute une aventure … mais je vous laisse découvrir la suite et la fin qui est un peu surprenante.

Ce livre est assez surprenant et facile à lire. Edgar se lie d’amitié avec ce comte vampire végétarien : il ne faut donc pas se fier aux apparences. Le livre est agréable, les personnages bien choisis et les illustrations, toutes les 4-5 pages sont bien fidèles à l’histoire.

 

 

 

Il est né le divin enfant

L’Avatar, de Catherine Zarcate
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Il faut protéger la Terre pour la sauvegarder et pour qu’elle puisse vieillir dans de bonnes conditions. Il faut la respecter. En Inde, la Terre a été souillée par les guerres et elle s’est plainte aux Dieux qui l’ont entendue. L’un d’entre eux, Vishnou, a décidé de créer un Avatar et de naître parmi les Hommes pour détruire les démons. Cet Avatar sera invincible et bien entouré. La Terre est donc rassurée. Vishnou va se mettre en quête de combattre le pire des démons en la personne du prince Kamsa qui a pris le pouvoir avec violence. Il a fait enfermer son père le roi pour monter sur le trône. Il fait régner la terreur parmi les gens. Son âme est noire.

Ainsi naît l’Avatar nommé Krishna. En fait, Krishna est l’incarnation de Vishnou. Il est tout bleu et adorable, c’est un beau bébé qui rit tout le temps. On ne peut que l’aimer ! Mais gare à ceux qui voudront l’affronter ! Krishna doit cependant atteindre l’âge de l’adolescence pour combattre Kamsa. En attendant, ses parents l’ont emmené dans un endroit secret pour le protéger de ce roi maléfique. Tout au long de son parcours, bébé Krishna va s’amuser, rencontrer des ennemis, faire du bien autour de lui.

Arrive enfin le jour où il va devoir affronter Kamsa.

L’Avatar est un très joli conte plein de sagesse qui nous interroge sur les relations de l’homme à l’homme et de l’homme à la nature. Krishna est à la fois drôle, attachant, espiègle. Son trop plein d’amour balaie toutes les difficultés, tout n’est que sérénité. En Inde, ce mythe est très populaire. Krishna représente la divinité suprême dans la religion hindoue.

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La faute à pas de chance

Quelle chance ce manque de pot ! de Catherine Zarcate

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Ali Cogia est cordier dans une ville d’Orient. Il fabrique des cordes pour le matériel de pêche. Mais malgré un travail acharné, Ali est pauvre, il gagne difficilement sa vie. Il a une femme et beaucoup d’enfants. Mais malgré tout, il est heureux, sa maison est toujours remplie de rires, c’est le bonheur. Ali est un homme courageux, honnête et sérieux.

Un jour, deux marchands qui passent par là, s’arrêtent devant sa boutique et s’assoient. Ils sont en pleine discussion. Un sujet les oppose. Pour rendre riche un homme pauvre, il suffit de lui donner de l’argent. L’un est d’accord, l’autre pas. Ils décident alors d’en avoir le cœur net. Ils vont choisir un homme pauvre, lui donner de l’argent et voir ce qui va se passer. Ali est connu pour être un homme de condition modeste donc les marchands ne vont pas plus loin et s’adressent à lui. Fortement étonné par leur démarche, le cordier a un mouvement de recul, se méfie et refuse. Mais les deux hommes lui expliquent que c’est un pari et qu’il doit accepter. Ali finit par accepter l’argent et au bout de six mois, les marchands repasseront pour voir comment a évolué sa situation.

Mais Ali ne va pas avoir beaucoup de chances et commence pour lui une série de catastrophes plus cocasses les unes que les autres. Alors quelle va être maintenant la vie de cet homme ?

Quelle chance ce manque de pot ! est un conte sur le rapport des hommes à l’argent. Je devrais dire plutôt certains hommes. L’argent est le symbole de pouvoir mais perd on pour autant les valeurs qui ont pu être les nôtres, les valeurs que nos parents nous ont inculquées ? Avoir de l’argent est-ce devenir mauvais et insensible ? Catherine Zarcate nous montre avec ce récit que la richesse ne détruit pas tout et que l’on peut rester généreux et simple. Ici, les hommes riches sont merveilleux et ne pensent qu’à faire le bien autour d’eux. Ce conte est rassurant et nous donne confiance en l’être humain.

A souligner les illustrations en noir et blanc qui accompagnement d’une belle façon le texte.

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Doux comme la vapeur d’un bain chaud

Le bain de Miyu, bilingue français-japonais, de Jodël Grasset, ill. de Béatrice Testet

Miyu  a passé une bien mauvaise journée à l’école… « Tu ressemble à ces gens qui râlent sous la pluie comme sous le soleil ! », lui dit sa mère lorsqu’elle rentre chez elle… Ce qu’il lui faut ? Un bon bain chaud… Commence alors une douce rêverie dans les vapeurs de l’eau chaude.

Un livre aux illustrations toutes douces, en papier-collé qui nous emporte dans une sorte de fantaisie japonaise. On entre dans un bain de culture, où l’on découvre les mots magiques d’une autre langue : tanuki, shamisen, saké et les habitudes différentes : boulettes de riz et sauce soja, panier repas et idéogrammes.

N’ayant jamais appris le japonais, je ne peux pas juger de la traduction mais la version bilingue avec les idéogrammes japonais sur les pages, invite au voyage. Une première partie comme un simple récit de vie qui glisse doucement dans le surnaturel avec une fin étrange…

Des notes de bas de page et un petit texte explicatif sur le Japon clôturant l’ouvrage complète le récit.

A la redécouverte des contes des mille et une nuits avec Shéhérazade comme conteuse

Les mille et une nuits de Shéhérazade, de Hélène Kérillis

Le sultan, pour se venger d’une femme infidèle décide chaque jour de prendre une épouse pour  la tuer le lendemain matin. Shéhérazade, fille du vizir, accepte cependant de devenir son épouse. Aussi courageuse, intelligente que belle,  elle a en fait une idée pour faire cesser ce drame : chaque soir, elle racontera au sultan une histoire si passionnante qu’il sera bien obligé de la laisser en vie pour écouter la suite…

Cet ouvrage nous transporte dans les célèbres contes persans, « arrangés » pour l’occasion par Shéhérazade qui nous convie à une histoire emplie de contes parmi les plus célèbres des mille et une nuits. Le texte est agréable, de même que les illustrations d’Annette Marnat. Le mélange de rêve et de cruauté se termine bien grâce à l’intelligence de notre héroïne. Le mini-dico en fin d’ouvrage est facile et clair pour ceux rebutés par les mots difficiles. La fourchette d’âge proposée de 8/12 ans est tout à fait adaptée.

Un ouvrage qui rend abordable un texte  parfois complexe et difficile à suivre dans sa version originale.

 

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