Deux graines de cacao, de Evelyne Brisou-Pellen

La révélation…

Alors qu’il apprend qu’il a été adopté à Haïti, Julien, jeune Breton de 12 ans, se met en tête de retrouver ses parents biologiques. Il va alors fuguer de l’internat aidé par Gabriel, un élève aide-infirmier. Tous deux décident  de se faire engager sur un bateau de marchandises, direction Haïti. Julien laisse tout derrière lui, bien décidé à découvrir ses origines.

Julien est violoniste. A bord, il est chargé de divertir des hommes, des femmes et des enfants. Mais quel effroi quand il apprend que tous vont être vendus. Triste destin pour ceux qu’on traite comme du bétail. Gabriel, lui, doit veiller que les esclaves arrivent à bon port en forme. Les deux adolescents ne s’attendaient pas du tout à ce genre de traversée.

Une traite d’esclaves noirs cruelle, des conditions de captivité indignes. Julien et Gabriel vont prendre  conscience de la tragique réalité endurée par le peuple noir et de la cruauté d’hommes, qui n’ont de cesse de pratiquer ce commerce de malheureux subissant maltraitance et humiliation.

Deux graines de cacao est un roman à la fois initiatique et historique :

– Historique car il nous dévoile l’horreur vécue par tous ces esclaves noirs qui essaient de survivre aux atrocités infligées par des hommes qui se croient supérieurs. Le récit se passe en 1819 alors que la traite négrière est abolie en France depuis 1815. Julien, témoin de cette époque, va nous embarquer dans une longue et triste traversée.

– Initiatique car le jeune héros est en quête d’une identité.

Evelyne Brisou-Pellen nous emmène au plus près de la réalité des faits en employant notamment du vocabulaire de l’époque.

Karaoké in London- Jeanne chante for the climate- de Stéphanie Benson et Claudine Aubrun

Chanson pour le climat

Nous retrouvons avec plaisir  Jeanne, prête à partir pour Londres avec sa meilleure amie Agathe. Elles souhaitent se rendre dans la capitale anglaise afin de participer à un grand rassemblement pour le climat, dont l’ambassadrice sera Freja Wilmsberg, la célèbre et  jeune activiste norvégienne. Mais il faut penser d’abord à l’hébergement et peut être aussi réviser un peu son anglais !

Nous allons partir pour un périple amusant et mouvementé, qui va se décliner sous la forme d’un journal intime tenu par Jeanne et Agathe.

Une lecture qui va lier l’utile à l’agréable puisque nos jeunes lecteurs vont pouvoir s’initier de façon ludique à la langue de Shakespeare.

Un début en douceur en français, avec au fil des pages l’apparition du vocabulaire anglais, des notions de grammaire, mais toujours de façon amusante.

Les illustrations colorées, pétillantes et pleines de fantaisie donnent le rythme au récit.

Tip Tongue journal est un bon moyen pour aborder et comprendre l’anglais. A tester sans modération !

Danger sur la route de la soie, de Florence Lamy

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Au pays des vers à soie

Nous sommes au Ier siècle avant J.C, en Chine. L’empereur sent sa fin proche.Que laissera-t-il derrière lui ? Quel héritage lui survivra ? Sa seconde épouse, Yun,  est inquiète du sort qui lui sera réservé  au décès de son époux. Elle craint d’être malmenée par les autres femmes ou concubines, elle a peur pour ses enfants. Mais l’impératrice est tellement jalouse qu’elle souhaite les voir morts. La fuite reste la seule échappatoire. Yun se réfugie alors chez son frère qui s’occupe du commerce de la soie.

 Li Cheng rêve depuis longtemps de voyages lointains. Au palais, il voyait souvent arriver de riches négociants qui le faisaient voyager à travers leurs récits. Alors, quand son oncle lui propose de le prendre pour l’aider dans ses affaires, Li Cheng est sur un petit nuage. Lui aussi va pouvoir partir sur la route de la soie, mais si il semble heureux de ce changement de vie, il va vite réaliser que la soie attire beaucoup de convoitises.

Un joli récit historique avec en prime un dossier complet sur la période décrite.Très riche en descriptions des lieux, des personnages, cette histoire nous apprend beaucoup sur la culture chinoise. Une belle aventure, une intrigue bien menée, un bon moment de lecture.

Jusqu'à la dernière dernière page, de Laura Ferracioli – ill. Alice Coppini

Un écrivain, totalement dévoué à son travail, ne sortant que très rarement de chez lui, rencontre un jour au supermarché, une vilaine fée qui lui jette un sort : « tant que vous serez écrivain, vous perdrez toujours la dernière page de chaque histoire que vous écrirez ! »

Plus personne ne s’intéressant à ses histoires, notre écrivain, ruiné, part à l’aventure autour du monde. Un univers nouveau, riche et peuplé de belles rencontres s’offre alors à lui.

A lire dès 5 ans.

Découvrez également aux éditions Balivernes un livre cartonné pour les plus jeunes, adaptation des Trois mousquetaires d’après Alexandre Dumas, aux illustrations vives et colorées de Frédéric Laurent.

Moi, détective in London -Nouvelle star in Hollywood – Love ? in New-York- de Stéphanie Benson et Claudine Aubrun

English trip

Quoi de plus palpitant que d’apprendre l’anglais tout en s’amusant ! Voici trois petits romans sous forme de journal, pour se familiariser avec la langue de Shakespeare. Une sorte de carnet de voyage mêlant  français et anglais dans lesquels on suit Jeanne, Alex et Callie dans leur périple anglais. De l’humour, de la fraîcheur, des mots simples pour aborder l’anglais de manière ludique.

Sur le dos de chaque roman figurent des émoticônes qui indiquent le niveau de difficulté. Les illustrations font parties intégrantes des textes , les deux combinés permettent une compréhension plus facile.

Moi, détective in London- le journal de Jeanne-

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Jeanne est invitée par une amie écrivaine très célèbre qui célèbre son anniversaire. Elle part avec Agathe sa meilleure amie. Les filles vont  en profiter pour visiter Londres mais elles vont devoir affronter un évènement imprévu.

Nouvelle star in Hollywood -Alex’s journal-

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Alex est invité à Hollywood par sa meilleure amie, une chanteuse célèbre qui sort son dernier album. Elle souhaite avoir son avis notamment sur un refrain qu’elle composé en français. Alex est tout exité de passer quelques semaines dans la ville des stars et du cinéma. Mais son séjour va être perturbé par un évènement inattendu.

Love? in New-York -Callie’s journal-

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Callie part à New-York pour ses études, elle va donc dans une famille d’accueil. Et là, elle est tout suite attirée par le fils aîné, mais il semble que ce ne soit pas réciproque. Comment Callie va -t-elle passer son séjour avec ce secret impossible. Pourra-t-elle compter sur les autres membres de la famille pour lui changer les idées?

 

 

 

Les surprenantes et extraordinaires aventures du baron de Münchhausen, de Pierre Crooks – d’après Rudolf Erich Raspe, ill. Federico Combi

 

Le baron de Münchhausen a entendu dire que l’on doutait de la véracité de ses aventures. Il décide alors de défendre son honneur en rétablissant la vérité et en nous contant, à nous, lecteur, les faits qui ont jalonné sa vie : un cerf sur lequel un cerisier a poussé au milieu de ses bois, sa fuite sur un boulet de canon lors de la guerre contre les Turcs, sa hache plantée sur la Lune qu’il récupéra en plantant un haricot s’élevant jusqu’au ciel, le sauvetage d’un homme perdu dans sa nacelle entre ciel et terre, sa survie au pôle nord grâce à une peau d’ours dans laquelle il s’enveloppa, la réconciliation de Vulcain et des cyclopes et l’amour que Vénus lui porta, son refus de participer à une guerre contre le soleil, armé d’une asperge en guise de lance et d’un champignon comme bouclier, sa rencontre avec le peuple de la Lune, naissant à partir des fruits des arbres. 

Des aventures rocambolesques, farfelues et bourrées d’imagination illustrées magnifiquement dans ce très bel album. Le baron de Münchhausen, officier allemand, a réellement existé au 18ème siècle. Ses exploits ont été repris et très très très largement romancés pour en faire un personnage phare très populaire de la littérature allemande. 

Ses aventures ont été relatées pour la première fois par Rudolf Erich Raspe en 1785, un écrivain allemand qui connut le véritable baron de Münchhausen qui lui raconta ses exploits à son retour de Russie. Une adaptation cinématographique a été réalisée en 1988 par le réalisateur Terry Gilliam.

Le crime de l’Orient-Express, d’Agatha Christie

Les Dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Hercule Poirot traverse l’Europe en 3 jours dans l’Orient-Express, avec comme compagnons de voyage, quinze voyageurs de nationalités différentes. La nuit, un riche passager est assassiné de douze coups de couteaux. Tous les voyageurs ont des alibis. On découvre également que le mort n’était pas un personnage irréprochable… 

Intrigue, une touche d’amour et beaucoup de vengeance. Qui est l’assassin ? Vous le découvrirez en lisant ce roman haletant !

 

J’ai beaucoup aimé ce livre car il y a de l’intrigue (même beaucoup !). Il se lit d’une traite et je le conseille vivement ( comme tous les Agatha Christie). Il y a toujours ce sentiment de mystère que l’on retrouve par exemple dans « Dix petits nègres ».

Eléa, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

L’alchimiste, de Paulo Coelho

Quête perpétuelle du bonheur

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Santiago est un jeune berger espagnol. Il est solitaire et adore la lecture. Sa vie n’a rien d’extraordinaire. Un jour, il décide de tout quitter, sa famille, son métier, son pays. Pourquoi ce départ si soudain ? Tout part d’un rêve qu’il a fait deux fois. Santiago a rêvé d’un trésor qui serait enfoui au pied des pyramides. Il part à sa recherche et commence alors pour lui un véritable pèlerinage semé d’épreuves. Il va faire des rencontres très instructives qui vont lui permettre de se remettre en question, de réfléchir sur ce qui est important dans l’existence et d’écarter toutes les futilités. Il apprend qui il est. Santiago va beaucoup voyager et c’est plus une quête de soi que la recherche d’un trésor. Toute sa richesse sera en fait dans son cœur. Et puis un jour, alors qu’il est dans le désert il va faire la connaissance de l’Alchimiste qui va l’aider à aller au bout de son rêve.

Beaucoup de spiritualité dans ce récit que j’apparenterais à un conte philosophique. Le parcours de ce berger est un peu celui des pèlerins qui empruntent le chemin de Compostelle. Un retour sur soi, être à l’écoute des autres, être attentif aux signes que peut nous donner la vie. Un peu simpliste pour moi et naïf aussi. Le message est d’aller à l’essentiel, partir, changer de vie en écartant tout ce côté matériel imposé par la société. La religion reste aussi en toile de fond. L’auteur évoque beaucoup Dieu. Paulo Coelho nous invite à suivre nos rêves sans hésitation, à écouter notre cœur. Pour lui ce qui freine l’humain, c’est la peur de l’échec. Personnellement, j’aurais du mal à tout quitter, à partir en écoutant simplement mon cœur sans savoir où tout cela me mènerait. La prise de risques doit être calculée, je pense. Et puis attendre un signe du ciel, oui …pourquoi pas… mais là encore ça risque d’être long ! Tout ça n’engage que moi, je précise ! Serais-je passé à côté de quelque chose ? Et vous, chers lecteurs, pourriez-vous me laisser des commentaires pour me donner votre avis ?

Le crayon qui voulait voir la lune – Le crayon qui voulait voir la mer, de Eric Simard et Africa Fanla

Le voyage d’un crayon

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Le crayon de Lulu rêve de s’envoler pour aller sur la lune. Mais il a un souci, il n’a pas d’ailes et personne ne veut lui en prêter. Lulu va donc tout mettre en œuvre pour lui offrir le plus beau des voyages.

Une histoire mignonne qui va charmer les tous petits. Elle va attirer l’attention des plus jeunes sur l’utilisation de la lettre «L» qui seule ou en binôme n’aura de cesse de rendre service.

Vogue, vogue petit crayon

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Nous retrouvons Lulu et son crayon qui souhaiterait voir la mer. Un parcours semé d’embûches qui va mettre à mal le projet des deux amis.

Les lettres vont servir de décor à cette petite histoire qu’apprécieront les plus jeunes de nos lecteurs.

Ces deux petits ouvrages démontrent que la lecture et l’écriture sont de bons moyens d’évasion et d’imagination. C’est un beau voyage à travers les mots. A lire dès le CE1 en autonomie.

A noter les très jolies illustrations très colorées qui accompagnent merveilleusement le texte.

Russian express, d’Alain Bellet

Youri Serkovitch, jeune adolescent délinquant, gamin des rues « victime de la pauvreté endémique et de l’abandon familial » est poursuivi par la police moscovite. Il est accusé à tort de meurtre, coup monté de la bande organisée du puissant clan des Tataianov avec qui il s’était acoquiné. Il n’a d’autre choix, pour espérer survivre, que de s’enfuir. Il choisira de traverser la Russie, par le Transsibérien jusqu’à Vladivostok aux confins de la Sibérie, dans l’espoir de retrouver peut-être sa mère qui l’a abandonné. Mais ce ne sera sûrement pas dans un wagon de 1ère classe, ni même de troisième qu’il voyagera, mais sous un wagon,  blotti contre les boggies des roues. Il faut qu’il tienne dans des conditions physiques insoutenables, sans nourriture ni eau, le corps meurtri, luttant contre le sommeil pour ne pas tomber. Au détour d’une gare, sa décision de monter à bord, malgré les dangers que cela implique risque de changer son destin…

Un roman qui traverse la Sibérie comme un destin… Les pensées de Youri, à la typographie différente dans le texte, sous le wagon, se mèlent aux paroles des voyageurs au-dessus de lui : réflexions sur ce qu’est devenu cette Russie post-soviétique, instable, qui ne sait que faire de ses enfants des rues, le quotidien du peuple travailleur ou le folklore des trains russes, apartés littéraires sur Pasternak ou Tchékhov, rappels de la période soviétique avec les Russes blancs ou l’Armée rouge. Quelques fantaisies typographiques également nous rappellent l’alphabet cyrillique : KpacHbIe BopoTa (lisez : krasnié varota, nom d’une station de métro à Moscou ) ou Mockba (lisez : Moskva, nom de la ville de Moscou en russe) ou quelques mots aux consonnances  exotiques égrènent le texte : provodnitsa ( la responsable du wagon dans le train) ou babouchka (la grand-mère, la vieille dame) et en font un thriller documentaire à travers la Sibérie, en découvrant l’Oural, la Volga et  les bulbes de ces églises typiques de la Russie.