Piet Mondrian ?

Mister Orange de Truus Matti.

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New-York, 1943.

    Tout commence avec une paire de chaussures : le frère aîné de Linus part combattre en France et reçoit donc une paire de bottes neuves. Le garçon récupère alors les souliers de son aîné et lègue les siens à son cadet, et ainsi de suite dans la grande fratrie. Aussi, avec le départ du plus grand, chacun chausse également un autre rôle et doit se débrouiller comme il le peut pour marcher du bon pas et endosser ses nouvelles responsabilités.

     Linus, lui, est désormais chargé des livraisons des fruits vendus par ses parents et fait ainsi de nouvelles rencontres, comme par exemple avec celui qu’il surnomme « Mister Orange », peintre européen qui lui fait entrevoir un monde plein de couleurs brutes et de boogie-woogie. Les sens du héros s’éveillent, sa raison également.

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     Un très beau texte, poétique et empli de symboles, et qui fait constamment appel à l’imagination. Une histoire visuelle et colorée qui joue sur tous les sens (« Pourquoi ne pas donner de nom aux odeurs ? » demande Linus) et surtout très rythmée. Ce roman fait merveilleusement revivre une époque et un lieu très souvent inconnus de nos jeunes lecteurs. 

Lecture vivement conseillée, à réserver aux bons lecteurs. 

« Tchèquématte ! »

Le fils de l’Ursari de Xavier-Laurent Petit

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     Fils d’un montreur d’ours, Ciprian, petit Rom fraîchement débarqué à Paris avec sa famille, passe ses journées à observer Mme Baleine et M. Énorme dans les jardins du « Lusquenbour ». Pas pour les détrousser – au grand dam de Karoly, le « chef » du bidonville, qui attend son argent – mais pour suivre leurs parties d’échecs.

     Remarqué pour sa mémoire prodigieuse et son talent pour ce jeu, le garçon entre dans un nouveau monde, bien différent de celui auquel il était habitué depuis son arrivée.

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     Raconté à la première personne, ce roman nous donne à voir le quotidien du héros à travers ses propres yeux d’enfant : regard léger mais honnête sur les réalités cruelles de notre monde et du sien. Grâce à une belle écriture et au travail fait sur les mots, l’empathie avec le narrateur est garantie, ce qui amène le lecteur à partager ses réflexions sur le déracinement, la langue, le sens des mots et leur poids, la liberté…

A lire absolument.

La littérature comme vous ne l’avez jamais vue

A la recherche de grands écrivains français

 

A la rencontre des grands écrivains françaisPrésenté comme un coffret, ce livre est magnifique, d’une grande richesse. Des pages jaunies, des documents enveloppés de papier calque, des rabats sous forme de petits livres, des brouillons de lettres, de superbes photos en noir et blanc, tout y est pour nous plonger dans l’univers des écrivains français. Ce livre est une bible qui renferme le trésor de la littérature.

Avant de parvenir entre les mains du lecteur, le livre n’était que brouillon, avant d’être présentée au public, la pièce de théâtre n’était qu’une ébauche que l’auteur a travaillé et retravaillé. Les écrivains se sont succédés au fil des époques et leurs œuvres leur ont survécu. Les pensées se sont modifiées et le style a évolué.

On part du Moyen Age puis on traverse les siècles du XVIème jusqu’au XXème. Une véritable encyclopédie qui nous fait pénétrer dans l’intimité des auteurs. On n’a jamais l’occasion de lire des texte , des œuvres avec « l’écriture originale « et là c’est génial de découvrir la plume de l’écrivain, ses ratures, le produit brut. 80 auteurs sont ainsi présentés : Rousseau, Maupassant, Balzac, Hugo, Simenon, etc.

Un ouvrage qui sera très utile aux collégiens qui, je suis sûre, seront séduits par sa qualité et sa beauté… et qui convient à tout âge !

Repartir à zéro

 

Re:zero, de Nagatsuki Tappei.

Subaru Natsuki est un étudiant, ou plutôt est censé en être un, séchant la plupart des cours, passant ses journées à lire des mangas, jouer à des jeux-vidéos et manier un sabre d’entraînement. Alors, lorsqu’il est invoqué dans un étrange monde d’heroic-fantasy, il ne perd pas son sang froid et essaye de puiser dans ses connaissances pour s’en sortir, mais c’est sans compter sur une malheureuse coïncidence qui va lui faire découvrir les particularités bien étranges de ce nouveau monde…

Re:zero est incontestablement un succès, l’une des licenses les plus attendues d’Ofelbe. Si l’histoire sous une approche originale a une trame on ne peut plus classique et se trouve dans le sillage de SAO, il faut bien avouer que le style de l’auteur est sympathique bien que parfois maladroit. Le « reboot » de l’histoire est bien exploité et permet de rapidement se prendre de sympathie pour le héros (en se demandant tout de même à quel moment il va finir par rater son coup, à nouveau). Globalement l’ouvrage se lit bien, et vite, et sans que ça soit la série de l’année on reste curieux de connaître la suite une fois les dernières pages tournées. Assurément une série à suivre avec un bon potentiel.

TL;DR:

  • Points forts:
    • Une mise en forme de certains points classiques originale et bien exploitée.
    • Un style agréable.
    • Un début de série prometteur, en espérant que la suite nous montre tout son potentiel.
  • Points faibles:
    • Une histoire classique, qui lassera peut-être des lecteurs exigeants sur ce point.
    • Dans le sillage de SAO.
    • L’écriture est parfois maladroite, mais prometteuse, est-ce vraiment un point faible de voir un auteur évoluer ?

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Demain avec toi….

Jamais sans ma fille, de Betty Mahmoody

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Betty est mariée à Moody un médecin d’origine iranienne. Ils ont une fille. Mais au bout de quelques temps des crises conjugales éclatent, liées en partie par des tensions politiques qui naissent entre l’Iran et les Etats-Unis. Alors que leur couple est fragilisé, Moody demande à son épouse de venir avec lui en Iran pour faire connaissance avec sa famille. Méfiante, celle-ci hésite mais pour favoriser une réconciliation, elle accepte. Ils s’envolent tous les trois. Nous sommes en août 1984…

Je me dis que je suis en train de commettre une erreur, que je voudrais pouvoir sauter de cet avion à la minute. Je m’enferme dans le cabinet de toilette et jette un oeil dans le miroir, pour apercevoir une femme au dernier stade de la panique. Je viens tout juste d’avoir trente-neuf ans, et à cet âge une femme devrait avoir sa vie en main. Je me demande comment j’ai pu en perdre le contrôle…

Arrivée sur place, Betty ne peut que constater le changement d’attitude progressif de son époux qui lui annonce qu’elle ne partira jamais d’Iran, que sa vie est désormais là. Sa belle famille lui est hostile et influence Moody bien déterminée à la faire prisonnière. Devant sa résistance, le mari va devenir violent, l’enferme, la bat, la prive de sa fille. Pour avoir la paix et préparer sa fuite, elle joue la femme soumise subissant humiliations, séquestrations pendant deux ans. Betty va alors mener un combat incessant pour fuir ce pays où la femme, privée de libertés, n’est pas reconnue.

Chaque détail de ma vie quotidienne est axé sur le grand but. je suis déterminée à me montrer une épouse et une mère aussi exemplaire que possible. Pour trois raisons. La première est de consolider l’illusion de bonheur et de normalité, de façon à ôter tout soupçon de Moody. La seconde est de faire plaisir à Mahtob et d’éloigner de son esprit l’idée qu’elle est prisonnière.

Parfois elle demande :
– Est-ce qu’on pourra retourner en Amérique, maman ?
– Pas maintenant. Peut-être qu’un jour, dans l’avenir, papa changera d’idée, et nous irons tous les trois.
Ce genre de mensonge soulage un peu sa tristesse, mais pas la mienne.
Ma troisième raison de créer un foyer « heureux », c’est de me préserver moi-même, de ne pas devenir folle.

Jamais sans ma fille est un récit autobiographique bouleversant qui nous fait partager toutes les horreurs infligées à Betty, contrainte de respecter les règles imposées par son mari. Leur petite fille, Mahtob, fréquente une école qui la détourne de sa culture américaine. Betty est terrorisée et se rend coupable de la situation. Elle n’aurait jamais dû accepter de partir, elle aurait dû écouter les mises en garde qui lui avaient été faites. Ce qui est bouleversant est de se dire que cette histoire est vraie, qu’elle a été vécue par une femme qui n’a eu de cesse de se battre pour retrouver la liberté. Une liberté en demi teinte car encore aujourd’hui Betty vit sous un nom d’emprunt par peur de représailles. Jamais elle n’a pensé partir sans sa fille, elle a toujours persévéré pour s ‘en sortir à deux. Le lecteur se sent désarmé face à une telle souffrance et ne peut partager que la douleur et les angoisses d’une femme si combative.

Ce récit ne dénonce à aucun moment la façon de vivre des Iraniens, Betty n’émet aucune critique envers le peuple. D’ailleurs elle a pu s’évader grâce à l’aide d’hommes ou de femmes de Téhéran. Betty est une femme courageuse qui se bat pour elle, pour sa fille mais aussi pour sa famille notamment pour son père qui est mourant…

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Summerset Abbey, 1. Les héritières, de T.J. Brown

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Summerset Abbey, 1. Les héritières, de T.J. Brown

Angleterre, à l’aube de la première guerre mondiale. Rowana et Victoria enterrent leur père. Avec Prudence, la fille de la préceptrice, qui est comme une soeur pour elles, elles vont avoir du mal à surmonter cette épreuve. Les problèmes pulmonaires de Victoria ne facilitent pas la situation. Les trois jeunes filles sont alors envoyées à Summerset Abbey, dans la somptueuse demeure de leur oncle. C’est un coup dur pour elles, d’autant plus que là-bas, Prudence est reléguée au rang de femme de chambre ! Prudence souffre en silence et s’apprête à découvrir les lourds secrets de sa famille… Rowena, quant à elle, rencontre un jeune aviateur, et Victoria mène une vie secrète… Qu’adviendra-t-il des jeunes filles ?

Une histoire passionnante qui nous plonge dans l’univers aristocratique et ses privilèges. De nombreux rebondissements, du suspens, j’ai vraiment adoré cette histoire qui se lit en toute légereté, simple et agréable. Peut-être un peu long à démarrer, on se laisse ensuite entraîner avec grand plaisir  dans ce premier tome d’une trilogie historique et romanesque dont chaque tome peut se lire séparemment même si, lorsqu’on a accorché au premier, on veut absolument lire la suite… que le CDI ne possède hélas pas… encore !

Johanne, 3ème – 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Gothique…

Tizombi, 1. Toujours affamé, de Cazenove et William

Tizombi - Tizombi, T1Un jour, la jeune Margotik fugue de chez elle et trouve refuge dans un cimetière. C’est là que vit Tizombi et toute sa bande de zombies. Leur occupation principale : dévorer tout ceux qui se présente à eux, en particulier les cadavres du cimetière ! Comment Margotik va-t-elle faire pour les dissuader de l’engloutir ? En proposant d’écrire un livre sur Tizombi, tout simplement… car Tizombi c’est le dernier zombie à être né zombie  !

Une bande dessinée des plus gothiques, à l’humour  noir, écrit sous forme de plusieurs petits sketchs même si l’histoire elle-même se suit.   Les scènes de cadavres dévorés sont des plus parlantes ! Sanglant et divertissant avec des personnages haut en couleur… A destination d’un public averti pour les dessins.

Pour les amateurs du genre !