Sables émouvants, de Jean-Luc Luciani

Histoires de sentiments…

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Sables émouvants est un recueil de sept histoires dans lesquelles les personnages se trouvent dans des situations qui vont les bousculer, les ébranler émotionnellement. Ils se trouvent confrontés à des moments de vie difficiles, instables et imprévus qu’ils vont devoir affronter seuls. Leur unique arme : leur sensibilité et leur humanité.

Ce recueil qui s’adresse aux adolescents traite de sujets variés tels que la difficulté des jeunes à trouver leur place dans la société, leur mal-être, la mort, la manipulation, l’homosexualité. Des histoires très différentes avec des chutes surprenantes.

Et pour en savoir plus sur chacune des nouvelles, voici les résumés proposés par l’éditeur, les éditions Le Muscadier, en 4ème de couverture :

« Voici un recueil de sept nouvelles – toutes plus subversives les unes que les autres – dont les protagonistes évoluent sur des territoires instables. Des sables émouvants.

• Burn(es) out •
Une écrivaine vient parler de sexualité avec les jeunes d’un centre social. La rencontre prend vite une tournure inattendue.

• Daesh everywhere •
Un journaliste interviewe le responsable d’une communauté où le suicide est de mise. Est-il aussi neutre qu’il le prétend ?

• Positif •
Un adolescent attend le résultat d’un test qui peut changer sa vie. Lorsqu’il apprend qu’il est positif, tout bascule.

• Pauline se pose des questions •
Pauline pose beaucoup de questions à son ami de toujours. Trop selon lui. Mais derrière ses questions, se cache quelque chose de beaucoup plus important.

• Des débuts prometteurs •
Un collégien se lance dans un concours d’écriture qui transforme son entourage. Toute sa famille se sent plus concernée que lui-même.

• Un si doux secret •
Au cours d’une soirée, Fabrice cherche à savoir avec qui sa petite amie le trompe. Ce qu’il va apprendre va le bouleverser à tout jamais.

• Dinde de Noël •
Hector se glisse dans la peau du père Noël, histoire de gagner un peu d’argent en cette période de fête. Mais l’entreprise vire à la catastrophe.

Mémé, de Philippe Torreton

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

L‘auteur, Philippe Torreton, adorait sa «mémé», le personnage central de son enfance aujourd’hui décédée. Quarante ans après, l’auteur, dans cet ouvrage, rend hommage à sa mémé qui habitait en face de chez lui et chez qui il se rendait très régulièrement. C’était une femme des campagnes qui vivait simplement et modestement dans sa maison de Normandie. L’auteur y décrit avec une tendresse amusée son quotidien banal : le travail laborieux, vécu sans plainte, l’esprit de famille qui rassemble autour d’une tablée, les drames familiaux mais aussi un intérieur humide et vieillot rempli d’autant de bibelots et d’anciens meubles que pouvaient contenir cette petite maison étouffante accumulant les souvenirs.

Pour Philippe Torreton, il doit ce qu’il est devenu à sa grand-mère dont il parle avec nostalgie durant ces presque 150 pages. Pour lui sa grand mère était un exemple.

Notre avis :

C’est un livre autobiographique assez triste et émouvant qui nous parle des choses simples de la vie. Il décrit des habitudes mais aussi beaucoup de sentiments. Ce n’est pas un livre d’action et l’écoute du texte lu par l’auteur lui-même est lente et nous plonge dans cette ambiance réaliste et touchante même si certains élèves adeptes d’action n’ont pas accroché. Un récit de vie très poétique qui nous plonge dans des souvenirs d’enfance et dans la tristesse du deuil.

 -Silencieuse de mots mais bavarde en preuves d’amours.

-Je veillais sur ma grand-mère, pendant qu’elle veillait sur moi, ce fut mon premier emploi, gardien de nuit de mémé.

– Je ne voulais pas qu’elle meure avant mes vingt ans, car à vingt ans on est grand, on est un homme et un homme c’est dur à la peine, mémé il faut tenir ! A vingt ans, j’ai repoussé la « date de la mort acceptable » à trente. Quand elle a arrêté de respirer pour de bon, j’en avais quarante et je n’étais toujours pas devenu un homme.

Les élèves de 3ème du collège Arsène Fié

Jean de Florette, de Marcel Pagnol

La guerre de l’eau

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Marcel Pagnol signe là encore un livre fort, ayant toujours pour décor la Provence, si chère à son cœur, mais sur fond de tragédie familiale. Ne pénètre les terres du sud qui veut. Un homme de la ville, Jean Cadoret, un amoureux de la nature, descend dans les collines d’Aubagne, dans le village des Bastides blanches, pour prendre possession d’un terrain qu’il vient d’hériter. Il est parisien et digne descendant du vieux Pique-Bouffigue, associal, grossier et querelleur dont la mort n’est regrettée par personne au village. La terre qu’il laisse est très convoitée car elle est belle et arrosée par une source cachée. Un conflit d’intérêt va alors éclater entre Jean Cadoret et Ugolin, un voisin naïf et laid, qui rêve de s’approprier ce bien. En effet, celui-ci veut se lancer dans le commerce des fleurs qui peut lui rapporter gros mais qui est trop coûteux en eau. Il possède bien des terres mais elles sont arides donc peu appropriées à ce qu’il veut entreprendre. Cette parcelle serait une aubaine pour lui. Jean Cadoret installe toute sa petite famille et se lance dans l’élevage de lapins. Ce projet est mal vu surtout par Ugolin et son oncle « le papet », un homme cupide, qui décident de tout mettre en œuvre pour faire tomber le Parisien, notamment en bouchant la source … Ils sont prêts à tout pour que Jean sombre dans le désespoir, pour qu’il reparte à la ville … Mais le citadin s’obstine malgré les obstacles et la méchanceté des deux hommes. Il se tue à la tâche. Ne renonçant pas, il continue à planter et compte sur ses cultures pour vivre. Il ignore tout de la présence de cette source, il ne sait pas ce que cache sa propriété. Quand l’eau commence à manquer, c’est le début du drame. L’étranger va tomber, pris au piège dans un véritable complot. La nature décidera elle-même de tout au final.

Ne cherchez pas à être bercés par les belles couleurs de la Provence, le chant des cigales, le bel accent du sud qui nous fait tant rêver. Oh je mentirais bien sûr si je vous dis que tout ceci n’apparaît pas ! Mais la perversité des hommes met tout cela au second plan. Pagnol met l’accent sur le dur travail des paysans, la vie difficile, la vie de labeur qui use les corps. Il dépeint l’Homme avec ses bons et ses mauvais côtés. L’ambiance est douloureuse, pesante.

Jean de Florette est une tragédie touchante tant par l’opposition des caractères des personnages que par la cruauté du récit.

Là encore, il faut souligner la magnifique adaptation cinématographique de Claude Berri, en 1986, avec des acteurs prodigieux qui ont porté haut l’oeuvre de Pagnol. Un pur bijou emmené par Yves Montant, Daniel Auteuil et Gérard Depardieu.

A suivre Manon des sources.

La gloire de mon père, de Marcel Pagnol

« Ce n’est pas de moi que je parle, mais de l’enfant que je ne suis plus…. »

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La gloire de mon père est une autobiographie romancée de Marcel Pagnol. Des souvenirs d’enfance qui débutent dès la naissance de l’auteur. Marcel Pagnol né en 1895, décrit ses années à l’école, sa vie à Aubagne puis à Marseille. Plus exactement, il parle de ceux qui l’ont entouré. Son père Joseph, son héros, est instituteur et sa mère Augustine, qu’il aime plus que tout, est couturière.

Et puis il y a les vacances dans le village de La Treille en 1904 . Des vacances en Provence avec ses parents, ses deux frères et sa sœur, sa tante et son oncle, dans une maison de campagne la «Bastide neuve». Augustine étant de santé fragile, la famille a décidé, par la suite, de s’installer dans ce bourg pour qu’elle vive dans un endroit calme et agréable. La maison est vide et l’installation donne lieu à des situations cocasses. Elle deviendra vite la maison du bonheur, Marcel Pagnol y passera les plus belles années de sa vie.

Arrivés sur les lieux, Marcel et son frère vont tomber amoureux des paysages, des collines. Ils passent leur temps à observer la nature, à jouer aux Indiens. Ces vacances vont marquer à jamais le petit Marcel, notamment le jour de l’ouverture de la chasse. Son père, piètre chasseur, réussira à tuer un couple de Bartavelles. Un doublé qui sera fêté par tout le village et qui fera de son père un héros. De cet événement découlera le titre de l’ouvrage.

Marcel Pagnol a eu une enfance sans souci, attrayante car il n’y avait pas cette peur du lendemain. La vie est rude mais il y a du travail et chacun arrive à s’en sortir. La famille est unie. Le père prend une grande place dans ses souvenirs, un père qu’il admire tant, auquel il voue un amour si fort. Un père qui a quelques défauts mais qui le rendent si humain. La plume de l’auteur est légère et nous fait ressentir toute cette douceur, cette harmonie qui lie cette famille. C’est le point de vue d’un enfant aventureux sur le monde adulte qui fait de ce roman un pur régal. L’auteur a su nous transmettre son innocence, ses découvertes, ses émotions en gardant des mots d’enfant. C’est l’enfant qu’il a été qui parle et non l’adulte qu’il est devenu. Un tableau presque irréel tant tout respire la joie, la simplicité, la quiétude.

Quand j’ai lu pour la première fois ce roman, je suis partie en Provence avec Marcel Pagnol. J’ai emprunté les mêmes chemins escarpés, j’ai été éblouie par les mêmes paysages, j’ai senti les mêmes odeurs, j’ai pleuré, j’ai ri… Un récit émouvant, rempli d’émotions. Marcel Pagnol découvre son père, l’amour, le savoir. C’est un beau parcours initiatique de l’amour avec son père. L’adaptation cinématographique de Yves Robert, en 1990, m’a extrêmement charmée tant la restitution des couleurs et de la musique de Pagnol était forte.

A suivre le château de ma mère et le temps des secrets.

Petites histoires des expressions de la mythologie, de Brigitte Heller

Petites histoires des expressions de la mythologieDécouvrons avec plaisir l’histoire de certaines expressions de la langue française à travers les mythes grecs dont ils sont à l’origine. C’est notre richesse, c’est notre histoire. Cet ouvrage est divisé en quatre parties (expressions issues de récits sur les dieux ; expressionstirées des textes d’Homère ; les expressions tirées tirées d’histoires de simples mortels : et quelques autres expressions). En tout, 22 petites histoires qui nous font mieux apprécier les mots que l’on utilise parfois souvent et qui prennent leur source dans l’héritage grec. Comme le nom même de notre continent « Europe » qui se révèle être le nom d’une jeune princesse dont était amoureux Zeus et qu’il enleva après avoir pris l’apparence d’un taureau blanc. « Sortir de la cuisse de Jupiter », « être paniqué », « être riche comme Crésus », « être médusé », « la pomme de discorde » ou le « talon d’Achille », « tomber de Charybde en Scylla » ou « poursuivre une chimère »… Toutes ces expressions n’auront plus de secret pour vous. Sous forme d’histoires et d’aventures extraordinaires de quelques pages seulement à chaque fois, ce livre nous transporte dans un voyage merveilleux dans le passé et dans la langue.

Un ouvrage vraiment plaisant et très instructif au format poche.

Le chat, série de Philippe Geluck

Chat alors !

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Le chat est une série de dessins humoristiques de presse et de bandes dessinées, créée par Philippe Geluck, artiste belge. Le 22 mars 1983, ce personnage fait sa première apparition dans un journal belge dont il deviendra vite la mascotte. En octobre 1986, le premier album du Chat paraît aux éditions Gallimard. Un succès immédiat en Belgique, un peu plus discret en France. Trente ans après et 21ème album plus tard, Le Chat est en pleine forme et fait toujours un carton.

Cest un chat gris, aux oreilles pointues, au gros nez, vêtu et ayant les mêmes comportements qu’un homme : il conduit une voiture, va au bistrot et s’adresse directement au lecteur. Sa bouche reste toujours fermée, sa gestuelle simple.

Geluck s’est inspiré d’un chat qu’il avait dessiné sur les faire-parts de son mariage, il lui a ajouté une cravate, un manteau et lui a fait commenter l’actualité. Voilà comment est né le personnage. Ce anti-héros par excellence se nourrit du quotidien qu’il commente avec un humour décapant, jouant parfois avec le feu. Il porte également un regard tranchant sur les dérives de la société. C’est un gros matou dont les griffes très aiguisées n’hésitent pas à égratigner les bonnes manières. Geluck s’amuse, manie le gag et les jeux de mots à la perfection. Le chat est tellement célèbre qu’un musée va être construit à Bruxelles en 2020.

Le CDI possède 5 titres de la série :

Le Chat / Le top du chat / La vengeance du chat / Le 4e chat / Le retour du chat

Signe particulier : Transparente, de Nathalie Stragier

Esther est une jeune lycéenne très discrète. Tellement discrète qu’elle en devient même transparente aux yeux de tous… Pas au sens figuré, non ! Au sens propre ! Bien sûr, cela peut être amusant et excitant par moment, mais n’est-ce pas aussi dangereux ! Sortira-t-elle de cette invisibilité ou au contraire en profitera-t-elle ? Ce roman nous plonge dans l’univers de l’adolescence où on a tous chercher un jour à exister aux yeux des autres.

Ce roman pour adolescent écrit par l’auteur de la très appréciée trilogie La fille du Futur utilise des thématiques  chères  à l’adolescence (le regard des autres, la popularité, le mal-être, l’exclusion) et le détourne en un roman de genre fantastique. Un livre qui se lit très vite et dans lequel on ne s’ennuie pas. L’idée de départ est excellente mais elle aurait peut-être mérité un traitement plus profond.