Dorothy Counts -affronter la haine raciale- de Elise Fontenaille

Le courage contre l’injustice…

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1957 dans l’état de Caroline du sud, aux Etats-Unis. Dorothy Counts, une adolescente noire âgée de 15 ans, va faire sa rentrée dans un collège de Blancs. C’est l’une des premières étudiantes noires admise dans une université ségrégationniste. Dès le premier jour, le collège devient pour elle un lieu de souffrance, de maltraitance physique et morale. Une haine indescriptible va se déchaîner sur Dorothy et sa famille. Comment une Noire peut-elle fréquenter la même école qu’un Blanc, partager les mêmes repas, assister aux mêmes cours. Impensable, inimaginable, on ne se mélange pas et gare à ceux qui voudraient l’aider… Et pourtant, malgré sa souffrance, Dorothy ne va pas flancher. Il lui faut trouver la force de tenir, de résister. Mais à quel prix et pendant combien de temps ?

Elise Fontenaille nous livre le portrait poignant d’une adolescente courageuse et obstinée, qui gardera toujours la tête haute, impassible malgré les brimades, les menaces et les mauvais traitements. Sa persévérance portera ses fruits et lui permettra de tenir tête à tous ceux qui voulaient perpétuer la ségrégation.

Dorothy Counts rejoint les Harriet Tubman, les Rosa Parks qui se sont toutes battues pour que les Noirs aient leur place dans une société blanche qui le leur refusait. L’image de couverture du roman est la photographie qui a fait la uUe des journaux du monde entier : l’entrée de Dorothy au collège. Un témoignage fort, le courage contre la haine.

Toufdepoil et La folle cavale de Toufdepoil, de Claude Gutman

Toufdepoil, de Claude Gutman

Quand la belle-doche débarque….

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Bastien est un jeune garçon qui vit avec son père. Sa mère les a laissés pour partir vivre dans le midi. Bastien ne la voit presque plus. Le quotidien s’organise alors à deux. Le père et le fils font beaucoup de choses ensemble, partagent tout. A chacun de ses anniversaires, Bastien reçoit un cadeau de sa mère. Un jour, un colis énorme arrive et quelle n’est pas sa surprise de voir sortir un chien plein de poils ! Le jeune garçon est fou de joie et lui donne immédiatement comme nom « Toufdepoil ». Tout semble respirer le bonheur jusqu’à l’arrivée de Céline, la nouvelle copine de son père.

Toufdepoil est un roman jeunesse touchant et attendrissant, comme notre petit héros Bastien. Une histoire d’amitié entre un jeune garçon et son chien, qui essaie de trouver la lumière au beau milieu de querelles d’adultes. Toufdepoil c’est aussi le divorce des parents, la présence d’une belle-mère qui va vite devenir une ennemie, un père dépassé par la situation. Il est nécessaire de lire la folle cavale de Toufdepoil qui est la suite des aventures de Bastien.

La folle cavale de Toufdepoil,  de Claude Gutman

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L’ambiance à la maison est toujours aussi tendue avec une belle-mère qui ne fait toujours pas de concessions et qui ne cessent d’imposer ses choix et ses  volontés.

 

Contes pour enfants pas sages, de Jacques Prévert

Et si les animaux prenaient le pouvoir ?

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Contes pour enfants pas sages est un recueil de petites histoires d’animaux. Jacques Prévert met en scène des animaux qui n’ont pas peur de parler. Ils crient haut et fort pour dénoncer la cruauté du monde adulte et défendre les enfants. Chaque conte fait réfléchir et malgré un ton léger, le lecteur découvrira des sujets graves et sérieux comme l’esclavage, l’abandon des enfants, le racisme… Jacques Prévert attaque les hommes à travers la parole des bêtes. L’humour et la fantaisie restent néanmoins présent pour dresser le tableau d’un monde de folie, un monde pas sage du tout !

Qui veut jouer au foot ? de Myriam Gallot

Comme les garçons !

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Quand on regarde ce qui se passe pendant la récréation, en primaire, il est très fréquent d’y observer les garçons jouant au foot. En général, ils investissent les ¾ de la cour, au grand dam des filles, qui sont « condamnées » à se partager le ¼ restant. Pourquoi les filles ne participeraient-elles pas, elles aussi, à ces parties de ballon ? Pourquoi une différence aussi marquée ? C’est trop injuste. Margot n’en peut plus, il faut que ça change mais comment ? Les filles vont faire preuve de finesse et de ruse, pour arriver à leur fin et faire plier les garçons.

Un petit roman très sympathique qui met en avant les idées reçues sur les filles et les garçons. Pourquoi une fille ne pourrait-elle pas jouer au foot ? Est-ce seulement réservé aux garçons? Myriam Gallot arrive parfaitement et simplement à cerner le problème, tout en y apportant des solutions. Le but est que les choses avancent. Les discussions sont nécessaires pour casser les préjugés et démontrer qu’une cohabitation est possible si tout le monde fait un effort. Faire prendre conscience aux enfants que les filles et les garçons peuvent aimer et faire les mêmes choses, c’est préparer aussi l’adulte qu’ils seront à être plus tolérant.

Qui veut jouer au foot ? est une histoire qui suscitera de nombreux débats sur les différences filles/garçons, les inégalités hommes/femmes. Cette lecture prouvera également à nos jeunes lecteurs, qu’il faut parler quand un problème nous tient à cœur. Partager les états d’âme c’est trouver ensemble des solutions.

C’est écrit sur ses lèvres, de Brigitte Aubonnet

Maman, laisse moi vivre…

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C’est écrit sur ses lèvres est une belle rencontre. C’est l’histoire de Valériane et Ludo, deux adolescents de quinze ans, fous amoureux. Banale comme histoire ! Ah oui mais j’oubliais, ils sont sourds. Et alors ? Ils font avec et s’en sortent très bien. Mais pour la mère de Valériane, ce handicap est un obstacle au bonheur. C’est en grande partie la source des conflits qui opposent Valériane et sa mère. La jeune fille veut vivre, ne pas avoir de chaînes aux pieds, la surdité étant déjà un enfermement en soi. Les deux ados s’aiment, ils ne font qu’un. Leurs mères respectives, qui ne s’entendent pas, s’opposent à cette relation. Mais les adolescents plein de ressources n’ont pas dit leur dernier mot.

Etre parents n’est pas toujours chose facile. Il faut composer avec les caractères, gérer les conflits et malgré l’éducation qu’on essaie de transmettre à nos enfants, on n’est à l’abri de rien. Un dérapage, de mauvaises fréquentations et tout peut basculer … sans même parler de la période de l’adolescence !

Mais quand on est parents d’enfants à handicap, la vie est bouleversée, on se demande que sera leur avenir, leur place dans une société qui a du mal avec le «vivre ensemble», avec la différence. Alors on veut les protéger et parfois on dresse un mur tout autour d’eux en pensant que c’est mieux ainsi. C’est humain, car le regard des autres qui jugent une différence qu’ils ne connaissent pas, peut faire beaucoup de dégâts.

Le point commun à ces deux situations est qu’on veut toujours le meilleur pour nos enfants, on veut qu’ils réussissent, qu’ils se construisent, qu’ils soient heureux tout simplement. Mais faut-il pour autant les «enfermer» dans une bulle, les isoler pour mieux les protéger ?

A travers le regard de Valériane, le lecteur part à la découverte du monde des sourds. Détermination et combat sont les mots clefs de ce roman. Ce livre fort et émouvant nous parle de l’adolescence, de l’exclusion, des doutes, des relations humaines et de la vie. Souffrance et acceptation de soi cohabitent mais là encore, pour exister, il faut persévérer, ne pas lâcher prise. Une dure bataille pour pouvoir voler de ses propres ailes… Et puis il y a tous les autres, ceux qui jugent, qui regardent la personne à handicap avec mépris, qui la snobent. La différence naît dans le regard des autres, de ceux qui ne savent pas, qui ignorent toute la difficulté à être différent. Mais heureusement, il y a encore des gens qui font preuve d’empathie et de tolérance, qui acceptent que la personne à handicap puisse vivre, travailler. Le chemin vers l’égalité des droits et des chances est encore bien long…

Un hymne à la tolérance, à lire !

20 ans pour devenir … Louise Michel, de Rolande Causse et Nane Vézinet

Au nom des femmes

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Louise Michel, née en 1830, est fille d’une femme de chambre et de père inconnu. Sa mère est au service d’une famille de châtelain, les Demahis, et même si elle tait l’identité du père, tout porte à croire que le géniteur soit le fils de cette famille. Louise grandit auprès de sa mère au château de Vroncourt-la-Côte, en Champagne. Elle reçoit une bonne éducation, égaie la maison pour le bonheur du maître et de la maîtresse du château. Chacun de ses anniversaires donne lieu à une fête. Louise est élevée comme une princesse, elle est curieuse et apprend vite. Dès son plus jeune âge, elle se tourne vers les autres et s’insurge contre l’injustice. Adolescente et consciente de son confort, elle consacre déjà son argent de poche à nourrir les plus démunis. Elle ne supporte pas la méchanceté, la sottise. A la mort des Demahis, Louise et sa mère sont contraintes de partir, elles hériteront d’un petit pécule. En 1851, Louise réussit le brevet de capacité qui va lui permettre de devenir institutrice. Elle ouvre de nombreuses écoles où elle exerce ses fonctions avec une passion sans bornes. Elle fonde l’école libre selon les principes républicains. C’est elle qui crée la première école pour filles. Louise adore écrire. Ainsi, elle met sa plume au service de journaux d’opposition. Elle écrit de nombreuses œuvres engagées. Elle aide les femmes à vivre par le travail, une sorte d’émancipation. Très engagée dans une politique radicale, elle intervient lors de meetings, défend les ouvriers, les chômeurs, s’insurge contre la peine de mort. Elle devient anarchiste, est acclamée par le peuple de Paris. Elle s’installe un temps à Londres, jugeant que la France prend en otage la liberté d’expression. Ses prises de positions font l’objet de nombreuses arrestations. Elle finit par être emprisonnée. Elle en sort au bout de trois ans, grâce à Clémenceau. Elle décède d’une pneumonie en 1905. Toute sa vie, elle restera fidèle à ses convictions, livrera ses batailles jusqu’à son dernier souffle.

« Sans l’autorité d’un seul, il y aurait la lumière, il y aurait la vérité, il y aurait la justice. L’autorité d’un seul, c’est un crime. »
Louise Michel – 1830-1905 – Extrait d’une Plaidoirie – 22 Juin 1883

« La tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter. »
Louise Michel – 1830-1905 – Mémoires – 1886

Le nom de Louise Michel est associé dans notre mémoire au combat pour les femmes et la Commune. Cet engagement va d’ailleurs causer sa déportation en Nouvelle Calédonie. Grande militante, elle a consacré sa vie à défendre l’éducation et les plus pauvres. Une station de métro parisien porte d’ailleurs son nom ainsi que de nombreuses écoles. Ce fut une femme généreuse, ouverte aux autres, cultivée qui prônait l’école pour tous. Comme Louise Michel à son époque, une autre grande dame, ancienne déportée, très engagée politiquement, défendant la cause des femmes, a marqué l’Histoire de son nom : Simone Veil qui a fait son entrée au Panthéon dimanche 1er juillet 2018. S’ajoutent à elles, Marie Curie ( une scientifique XIXème siècle), Rosa Park (lutte contre la ségrégation XXème siècle), Lucy Stone (féministe engagée XIXème siècle), et bien d’autres, qui ont marqué l’Histoire dans différents domaines, qui ont écrit l’Histoire. Par leur courage, elles ont combattu les clichés et forcent l’admiration.

Rolande Causse et Nane Vézinet ont su parfaitement montrer la forte personnalité de Louise Michel, en un texte court et accessible. L’essentiel est dit, on mesure la grandeur de son engagement.

 

Ma place dans le puzzle, de Didier JEAN & ZAD

Moi Benjamin, quatrième B !

Benjamin, 13 ans,  a une petite vie bien tranquille de collégien, entre sa bande de copains, son cours de hip-hop, ses amours naissantes . Il a toujours vécu seul en appartement avec sa mère, artiste, et voit régulièrement son père qui, même s’il est parti à sa naissance et s’en occupe assez peu, l’a reconnu, et garde des liens sains et sereins avec eux. Pourtant, ce quotidien bien réglé (et c’est vraiment le cas de le dire car la mère de Benjamin a dressé une série de règles numérotées sur les bonnes manières à appliquer au quotidien) va être totalement chamboulé lorsque celle-ci va tomber amoureuse d’un ingénieur veuf, père de deux adolescents… Comment ne pas être jaloux de devoir partager sa mère, comment construire le puzzle familiale d’une nouvelle vie… Déménagement, changement de collège, changement de copains, des demi-frère et soeur, rien ne sera vraiment facile…

« Mes années collège », est une collection des éditions Nathan, qui « invite des écrivains à donner, à la première personne, la parole et une voix intime à des personnages de collégiens ». Ici, ce roman sur la famille recomposée, sur la difficulté de reconstruire un quotidien au milieu d’étrangers sonne vraiment juste. Un récit de vie qui se lit d’une traite, un peu à la manière d’un roman policier, aux multiples rebondissements, et où l’on veut forcément savoir le dénouement. Les personnages sonnent juste et les thèmes abordés parleront forcément aux adolescents.