L’agenda du (presque) poète, de Bernard Friot

Un jour, un poème….

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365 pages pour voyager à travers les mots, 365 pages pour voyager au gré de notre imagination. L’agenda du (presque) poète est une sorte de bible pour les poètes en herbe. Ce livre regorge d’idées pour se lancer dans l’écriture. Chaque page comporte la citation d’un poète et les propositions de Bernard Friot pour s’essayer à la poésie. Un trésor d’activités qui montre que la poésie est avant tout un jeu d’écriture et qu’elle ne s’adresse pas forcément aux plus érudits d’entre nous. Elle est accessible à tous. Il faut savoir attendre l’inspiration, trouver ce petit quelque chose qui fera briller cette petite étincelle qui se trouve au fond de chacun de nous. Bernard Friot nous insuffle ce coup de pouce. Mais la poésie ce ne sont pas que des mots, des vers, ce sont des couleurs, des sons qui vont éveiller des émotions, des sensations transmises également par les dessins très colorés qui illustrent chaque page. Ce livre est un véritable mode d’emploi pour la poésie et souligne que pour être touchant, un texte n’a pas besoin d’être excellent, mais doit dégager avant tout quelque chose d’humain. On peut utiliser cet ouvrage lors d’ateliers d’écriture et pourquoi pas en classe pour démarrer des séquences sur la poésie.Un agenda à consulter au gré de ses envies et de ses humeurs. C’est certain, ce livre  a sa place dans les CDI.

Alors tous à vos crayons, oser, inventer, retrouvons le plaisir d’écrire! Je me lance…

Les mots sont des caresses

les mots sont des épines

les mots blessent

les mots égratignent

les mots sont des couleurs

les mots sont amour

les mots illuminent le cœur

les mots c’est pour toujours

Le Prévert, collage Natali

Le Prévert de NataliJe suis comme je suis…

Cet album de la collection Albums Dada des éditions Mango présente un florilège bien choisi de 19 poèmes de Prévert et complété, en fin d’ouvrage,  d’une petite biographie du poète, du photographe et de la graphiste en charge des illustrations. La mise en page  de l’album est très soignée et les illustrations originales sont faites de collages à partir de photographies du poète prise par le grand photographe Doisneau. Une réussite pour découvrir ce poète qui parle vraiment aux enfants et adolescents.

Retrouvez d’autres titres de cette collection au CDI :

Le Tardieu  / Le Rimbaud / La poésie médiévale / La poésie américaine / La poésie africaine

Gaston Lagaffe, de André Franquin

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M’enfin !

Personnage créé par le dessinateur belge André Franquin, apparu pour la première fois en 1957 dans Le journal de Spirou. Au départ, Gaston est une pure invention de l’auteur pour animer le journal et non pour créer une nouvelle bande dessinée. Une sorte de héros sans emploi, qui ne sait pas trop quel rôle il va jouer. Mais au fil du temps, Franquin se prend au jeu et Gaston deviendra un personnage majeur d’album.

A ses débuts, il est en costume et nœud papillon qu’il a vite troqué pour un jean, pull-over et espadrilles. Gaston a l’image d’un anti-héros, gaffeur par excellence, d’où son nom de famille. Gaston la Gaffe est employé à la rédaction de Spirou, il est mince, avec une tête ronde et un nez généreux. Ses cheveux sont très courts mais au fil du temps ils seront plus longs, son physique va évoluer, ses yeux et sa bouche seront plus expressifs. C’est un personnage qui a 18 ans, il est rêveur et timide, passionné de musique et grand défenseur de la nature. Franquin en a fait également un personnage engagé.

A chaque fois qu’il entreprend quelque chose, il déclenche une catastrophe. Les gags se succèdent à la fois comiques, burlesques, absurdes.

Les Editions Dupuis vont accueillir ce héros pendant 25 ans, avec 19 albums et sa réplique culte «M’enfin ?!?».

En 1996, le personnage disparaît avec la mort de son créateur et laisse un vide immense dans le milieu de la bande dessinée. En 2017, Gaston a fêté ses 60 ans et fait toujours autant délirer les lecteurs.

Le CDI possède 8 albums à découvrir !

Le secret des enfants d’Aumelys, de Véronique Petit

Suite au décès de Léna, la soeur aînée de Sarah, la famille quitte Lyon pour s’installer dans une maison héritée d’un lointain cousin et située dans petit hameau perdu, Aumelys. Aumelys, un lieu étrange où rien ne semble avoir bougé depuis des décennies. Le collège de Sarah se trouve dans la commune d’à côté, à environ 5 km… Pourtant, dès son arrivée, elle ressent une tension : les élèves venant d’Aumelys semblent la toiser, alors que ceux des communes environnantes l’évitent. Seuls les jumeaux, Gabriel et Faustine, récemment arrivés à Aumelys acceptent de l’intégrer dans leur cercle… Une visite du cimetière va mal tourner et Sarah a bien l’impression de sombrer dans la folie… Quel mystère, quelle malédiction plane donc sur ce village ? Qu’essaient de cacher ses habitants ? Est-elle en danger ? En qui peut-elle avoir confiance ?

Un roman fantastique dont l’ambiance m’a vaguement renvoyé au film Les innocents de Jack Clayton, adapté du roman d’Henry James Le Tour d’écrou, peut-être pour la place des enfants dans une malédiction…

Le roman utilise parfaitement les ficelles classiques du genre avec, en plus, une incursion réussie dans un cimetière ! Une situation initiale banale, un cadre bien posé, qui glissent doucement vers le fantastique… ou bien serait-ce seulement la folie du personnage ? La limite entre la réalité, le fantastique, la folie est floue et intrigue le lecteur tout au long de ces 150 pages qui se lisent vite. Le texte court n’empêche pourtant pas à cette histoire d’être suffisamment bien ficelée et construite pour rester compréhensible au lecteur sans effrayer les moins assidus par un nombre de pages trop importants.  Des retours dans le temps avec des passages se situant en 1345 entrecoupent le récit « moderne » et apportent une touche encore plus énigmatique à ce récit.

Une bonne entrée en matière pour les adolescents qui souhaitent découvrir le genre.

 

 

 

Lettre au président du monde, d’Eric Simard

« N’achetez plus le sang des enfants »

Lettre au président du mondeWondone, jeune sans-papier de 10 ans, est révolté par la condition des enfants à travers le monde. Sa propre vie est un exemple des exactions commises : pour quitter son pays très pauvre et suivre son oncle et sa tante en France, il a failli mourir noyer. Et même s’il va à l’école, rien ne garantit un avenir serein puisque légalement lui et sa famille n’ont aucun droit à rester en France. Tout quitter, risquer sa vie, vivre hors la loi en espérant que ce sera néanmoins moins pire que ce qu’ils vivaient dans leur propre pays, voilà le sort des sans-papier. Mais, la misère et l’exploitation des enfants à travers le monde ne s’arrête pas là : enfants-soldats, travailleurs-esclaves vendus par des parents trop pauvres, enfants victimes des conflits des adultes, estropiés, tués pour avoir sautés sur une mine anti-personnelle, enfants mourant de faim faute d’accéder au minimum vital…

Ce texte fort et court se présente sous forme d’une lettre ouverte écrite au « président du monde » par Wondone lui-même, l’enfant sans-papier. Ecrit à la première personne, il est un véritable plaidoyer pour alerter le lecteur sur les injustices dont sont victimes les enfants à travers le monde, malgré les lois censées les protéger. La lettre ne s’adresse pas à un président d’une nation en particulier et c’est ce qui en fait sa force : il s’adresse à un président imaginaire qui dirigerait l’ensemble des peuples, et par là-même, à chacun des lecteurs en particulier qui sort de sa lecture en souhaitant qu’une chose : que chacun d’entre nous s’engage pour un monde plus juste. A travers un cas particulier, des données réelles sont apportées au lecteur et à la fin de l’ouvrage, un petit lexique et un récapitulatif de articles de la Convention internationale des droits de l’enfant complète le texte.

Ce texte cite Iqbal Masih, jeune pakistanais vendu comme esclave à 4 ans et qui dès 10 ans lutta contre l’esclavage moderne. Il a été assassiné à à peine 12 ans.

A lire dès le CM2.

Le pays des contes, de Chris Colfer

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Le sortilège perdu

Les trois tomes de la série « Le pays des contes » retracent les aventures de  Conner et sa soeur Alex, des jumeaux de 12 ans. Pour leur anniversaire, leur grand-mère leur offre un livre ancien, Le pays des contes. Des histoires qu’elle leur lisait quand ils étaient petits. Mais quelques jours plus tard,  le livre semble s’animer et aspire les enfants dans un monde parallèle. A partir de ce moment, ils vont traverser un univers où les contes  vont devenir réalité. Mais à un détail près, les héros des histoires vont être détournés de  leur vraie nature, ils n’auront pas la vie qu’ils pensaient avoir. Ainsi, le chaperon rouge n’a plus peur du loup, Boucle d’or est une vraie peste… Alex et Conner vont rencontrer des personnages qui ont tous leurs problèmes comme n’importe quels humains. Ce monde féérique est aussi amical qu’impitoyable. Bien que le voyage semble plaisant, Alex et Conner vont devoir songer à rentrer. Mais pour espérer retourner auprès de leur mère, les enfants seront dans l’obligation de rassembler huit objets particuliers.

On reste dans la fiction  mais du coup, les protagonistes sont plus réels. Alex et Conner sont de grands fan de contes qu’on découvre à travers leurs yeux. Ils sont émerveillés et nous partageons sans retenue leur enthousiasme. La vie ne les a pas épargnés, leur père est décédé un an plus tôt et leur maman doit travailler dur pour les élever, donc cette évasion va chambouler leur vie de belle manière. Une grande aventure s’ouvre à eux, une aventure au cours de laquelle ils vont découvrir que leur père venait des pays des contes avant de se marier. Ils sont donc les enfants des deux mondes.

Chris Colfer respecte les « vrais contes », il en a fait quelque chose d’original  en écrivant ce qui arrive aux personnages après ce qu’on connaît déjà d’eux. Un récit enchanteur, un véritable retour en enfance.

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Le sortilège perdu est suivi de Le retour de l’Enchanteresse et de L’éveil du dragon disponibles au CDI.

 

Je ne suis pas ton esclave !, de Roland Godel

Les éditions Oskar proposent une collection très intéressante présentant des romans courts mettant en scène des situations permettant d’aborder des thématiques de la Convention internationale des droits de l’enfant des Nations Unies du 20 novembre 1989. Ici, le travail forcé des enfants.

Je ne suis pas ton esclaveLoïc a déjà redoublé deux fois et s’endort encore en cours de math… Aucun élève ne s’occupe plus trop de lui, n’ose lui parler, à lui qui a deux ans de retard.  A part la petite Flavie, douce, jolie, studieuse. Elle aimerait bien comprendre Loïc… Pourquoi a-t-il autant redoublé, pourquoi est-il toujours fatigué, pourquoi pique-t-il du pain à la cantine, pourquoi est-il souvent absent, pourquoi sa maman ne se déplace pas aux convocations du maître… Lorsqu’elle découvrira la vérité, il faudra bien qu’elle trouve un moyen de l’aider !

Un très joli texte qui traite du travail des enfants en adoptant un point de vue original. Où l’on attendrait plutôt un roman sur les conditions des enfants dans le monde, on se retrouve en fait dans un petit pavillon de banlieue parisienne. Loïc est le narrateur de cette histoire ce qui nous permet de se sentir très proche de lui. Ce roman parlera forcément aux jeunes lecteurs du fait justement de la proximité du sujet : pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour trouver des cas d’enfants exploités… parfois, il suffit juste d’être attentif à ce qu’il se passe autour de nous … Ici, le beau-père profite de l’alcoolisme de la mère pour exploiter son beau-fils dans ses trafics de contrebande.  Une belle histoire d’amitié enrobe le tout et fait de ce petit roman un texte au ton juste et émouvant prônant la solidarité et le respect des autres. Ca se lit très vite et met en avant de nombreux thèmes forts et intéressants. A proposer sans hésiter à nos jeunes lecteurs !

A la fin de l’ouvrage, un petit dossier nous explique dans les grandes lignes ce qu’est la Convention internationale des droits de l’enfant.