Tout ce que j’aurais dû savoir, de Claire Lazebnik

Maître de son destin…

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Chloé est une adolescente populaire et très sûre d’elle. Elle a une sœur de 21 ans, Ivy, qui est autiste. Chloé est très protectrice et ne veut pas que cet handicap soit un frein à tout lien social. Chloé se met en tête de trouver un petit ami pour sa soeur. Son choix va se porter sur Ethan qui n’est autre que  le frère de David, un élève de sa classe, peu aimé car très méprisant. Mais Ethan et Ivy ne sont pas à l’aise pour sortir seuls. Pour favoriser un éventuel début d’histoire, Chloé et David vont devoir les accompagner et donc passer beaucoup de temps ensemble.

Le fil conducteur de ce roman est le lien presque fusionnel entre les deux sœurs. Le sujet délicat qu’est l’autisme met en parallèle deux binômes , David et Ethan, Chloé et Ivy. Beaucoup de réalisme et d’émotions de part et d’autre, de jolies leçons de vie. S’en dégagent aussi la difficulté à affronter le regard des autres, les maladresses et les incompréhensions dont peuvent faire preuve les familles. D’où la difficulté pour les personnes autistes à trouver parfois leur place aussi bien dans la société qu’au milieu de leurs proches. Les personnages qui gravitent autour des protagonistes amènent leur lot de préjugés.

Une belle histoire qui prouve qu’on ne peut pas aller contre la nature des êtres et qu’il faut que chacun fasse son chemin en suivant ses propres convictions.

Garfield, de Jim Davis

C’est l’histoire d’un chat….

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Jim Davis a grandi dans une ferme, entouré de félins. Après s’être essayé à la création d’une première série qui fut un échec, Jim Davis se met alors à réfléchir à une bande dessinée qui pourrait plaire au public américain. C’est ainsi qu’en s’inspirant de son enfance, il crée Garfield avec les traits de caractère de son grand-père James A. Garfield. La bande dessinée sera publiée pour la première fois le 19 juin 1978.

Garfield est un chat roux, gros, gourmand et égoïste. Il adore manger, surtout les lasagnes. Mais ne lui présentez pas de la nourriture pour chat, il déteste ! Il est friand de ce qu’on appelle la «malbouffe», hamburgers, pizza, bonbons…Manger et dormir sont d’ailleurs ses activités préférées. C’est le félin le plus paresseux de l’histoire de la BD. Il est parfois à la limite de l’énervant et du politiquement incorrect.

Il fait souvent enrager son maître Jon, qui l’adule, et attaque souvent Odie, le chien de la maison. Garfield se sent supérieur à tout le monde, il a un humour cynique. Il a horreur du lundi, du facteur et des anniversaires. Eh oui, Garfield a peur de vieillir et chaque année c’est le drame.

La famille de ce gros chat qui compte près d’une quarantaine de membres est très délirante.

Jim Davis multiplie les gags qui tournent autour de ce chat orange et, à travers lui, critique nos modes de vie.

Garfield a fait l’objet d’adaptations au cinéma et en romans parus dans la bibliothèque rose. A ce jour, 63 albums ont été publiés. Grand succès pour Garfield qui est traduit en 28 langues, dans 111 pays. En France, il est publié chez Dargaud.

Le CDI possède 4 albums : Tiens bon la rampe ; Garfield est  un drôle de pistolet ; Garfield se prend au jeu ; Ma soupière préférée

 

 

Droneboy, de Hervé Jubert

Une guerre écologique

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Droneboy est l’histoire d’une querelle autour de la défense d’une zone humide, véritable réserve naturelle, menacée par un barrage. En effet, la zone risque d’être noyée sous une retenue d’eau commandée par le Conseil Régional. Les écologistes veulent la protéger alors que les paysans au contraire veulent l’exploiter pour irriguer leur terre. Mais la politique, la loi et l’argent vont s’immiscer entre les deux camps, interdisant tout dialogue entre les protagonistes. Les familles sont partagées, certaines jouent les gros bras et d’autres, comme celle de Paul dont les parents sont divorcés, vont se battre pour défendre la nature. Le père de Paul est garde forestier et sa mère vit en ville. Les parents vont faire front pour une bataille commune. Paul a une amie, Manon, dont la famille ne prend pas position, qui est en pleine révolution adolescente et qui se cherche politiquement.

Il y aussi les deux jeunes jumeaux, Jason et Kevin, qui sont en quelque sorte la milice des lieux et qui font marcher les muscles avant le cerveau, pour combattre les opposants au projet de barrage. Les générations s’opposent entre des jeunes, souvent provocateurs,  qui grandissent avec les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, et des adultes qui n’ont pas les mêmes intérêts.

Paul possède un drone qu’il pilote sans cesse à travers les bois et qui va devenir le témoin des querelles et controverses. Une arme redoutable qui peut devenir dangereuse.

Droneboy est un roman plein de suspens et d’action. L’auteur s’est inspiré de faits existants, ce qui rend l’histoire réaliste. Les personnages au fort caractère sont convaincants. L’auteur donne la parole à chacun sans jugement, ce qui permet au lecteur d’entendre tous les arguments. Mais il montre aussi les dérives des engagements, les excès pour défendre une cause que chacun pense juste. Ce genre de combat brûlant reste d’actualité.

Le prix de chaque jour, de Mireille Disdero

L’autre côté du miroir…

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Quelle que soit l’épreuve qu’il faille combattre dans notre vie, le traumatisme est présent et souvent difficile à surmonter. On pense au passé, on n’évoque pas l’avenir car c’est trop douloureux. Comment faire pour oublier, quand la blessure est toujours là pour nous rappeler que tout s’effondre.

Laurie, 16 ans, se souviendra à jamais de son retour de vacances. Elle avait des projets plein la tête, des rêves comme toutes les adolescentes de son âge. Elle était avec sa mère. Mais il y a eu ce choc, ces tôles froissées, ces cris, le sang, la peur, les larmes……

A l’hôpital, Laurie est face à ce miroir qui lui renvoie une image en demi-teinte, un visage dont un côté reste sans expression, comme figé. C’est le drame pour Laurie qui est abasourdie. Ce n’est plus elle. Comment va t-elle faire pour vivre avec cette figure cassée, une figure qui n’exprimera sans doute plus rien … comme laissée en veille.

Le prix de chaque jour est un beau roman tendre et émouvant. Il met en scène un moment important de la vie de Laurie. Un moment qui va bouleverser son existence sans la détruire, car une rencontre va l’aider à comprendre que, quoiqu’il arrive, la vie est belle et vaut la peine d’être vécue. Un moment ressenti de l’intérieur, avec les émotions d’une jeune victime qui trouve les mots pour exprimer ses doutes, ses angoisses mais aussi ses espoirs.

Les enfants de la résistance, tome 1. Premières actions / tome 2, Premières répressions – de Benoît Ers et Vincent Dugomier

Les enfants de la Résistance, tomes 1 & 2 - Benoît Ers - Vincent Dugomier Plongez au cœur de la Seconde guerre mondiale, dans une France occupée. Trois adolescents de 13 ans vont prendre leurs responsabilités. Puisque beaucoup de villageois vivent bien avec les Nazis, ils vont monter les habitants contre l’occupant en imprimant des tracts et en sabotant des installations militaires. Afin de contacter la résistance, de nombreux sacrifices seront néscessaires, auront-ils la force de continuer la lutte ?

 Bande dessinée intéressante qui convient à tous lecteurs dès  11 ans. Dommage que les tomes soient courts ! L’univers et l’ambiance sont amplifiés par des dessins plaisants et en couleurs. Je recommande ce livre pour tous les passionnés de la Seconde guerre mondiale.

Aymeric, 3ème – membre des dévoreurs de livres d’Arsène

Cette édition réunit en un volume les tomes 1 et 2

Les enfants de la résistanceLes enfants de la résistanceLes enfants de la résistancePremières répressions

Et l’avis de Mu :

22 juin 1940, l’armistice est signé entre le gouvernement du maréchal Pétain et le représentant de l’armée allemande, en présence d’Hitler. C’est le début de l’Occupation allemande. Dans un petit village français, deux  adolescents de 13 ans, François et Eusèbe, sont témoins de l’arrivée de troupes allemandes mais aussi de l’exode massif de populations. Ils voient surtout d’un très mauvais oeil la résignation des habitants. Ils décident de mener quelques petites actions contre l’ennemi. Bientôt rejoints par Lisa, une jeune orpheline qui se dit Belge de langue allemande, notre bien sympathique petit trio va faire montre de courage et ne reculera pas devant le danger pour aller au bout de ce qu’ils estiment juste.   Cette série est une très bonne entrée en matière pour mieux comprendre les mouvements de Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Ici, ceux qui paraissent gentils sont parfois méchants et inversement. Très subtilement, on se rend compte que dans la vie tout n’est pas tout blanc ou tout noir, les nuances existent aussi. Un dossier didactique de 7 pages clôt chaque tome pour donner toutes les informations importantes pour mieux comprendre le contexte.

Paris Afrique, de Yves Pinguilly

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Un billet pour l’inconnu…

Yves Pinguilly séjourne régulièrement en Afrique qui est devenu tout naturellement sa source d’inspiration, pour de nombreux romans. Dans Paris Afrique, Yves Pinguilly raconte l’histoire de Bo, un Africain blanc, qui va à Paris pour passer du temps avec sa mère, Solange, une statisticienne. L’adaptation est difficile, pour lui qui a toujours vécu en Afrique, avec son père Marcel. Il y a trop de béton, trop d’immeubles qui cachent le ciel, il fait froid, les gens sont toujours pressés, trop pressés. Bo a la nostalgie de son pays et l’écrit à sa meilleure amie, Ayoko, restée au pays. Il va dans une école multiculturelle dans laquelle beaucoup de choses le surprend. Il peut travailler sur un ordinateur, il va à la cantine, pour lui, c’est côtoyer le luxe, lui peu habitué à ce genre de vie à Batitingou. Sa correspondance avec Ayoko dévoile sa mélancolie mais Bo reconnaît qu’il est bien avec sa mère et son beau-père, qui mettent tout en oeuvre pour qu’il se sente comme chez lui…Mais les nouvelles du pays ne sont pas bonnes, un coup d’état se prépare, visant le président en place. Les vacances de Noël approchent. Bo va revenir avec sa mère et son beau-père à Batitingou, pendant quinze jours. Le retour au pays va être mouvementé, mettant en danger la vie des nouveaux arrivants.

Paris Afrique, une belle histoire qui met en opposition deux pays, des habitudes de vie différentes, ressenties de l’intérieur par un Africain blanc, un jeune garçon né d’un noir et d’une blanche. Deux civilisations peu semblables mais que Bo va rapprocher. Vivre avec deux cultures est une chance et un enrichissement. Le lecteur s’amuse en découvrant l’étonnement et la fascination de Bo en arrivant à Paris et part à la découverte de l’Afrique, de ses couleurs, de ses senteurs.

La rivière de satin, de Jean-François Chabas

Coup de foudre volcanique

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Sine, jeune orpheline de quinze ans, doit aller vivre chez sa grand-mère, Abigail. Elle quitte donc à regrets New-York pour s’installer à Hawaï, dans le village de Waikoloa, où sa grand-mère possède une somptueuse demeure. On ne peut pas dire que l’accueil soit chaleureux. Abigail est autoritaire, froide et met tout de suite de la distance avec Sine.

La jeune adolescente a une particularité. Elle souffre d’une maladie neurologique qui modifie la perception de l’espace, du temps et de soi-même. Elle est atteinte du syndrome d’Alice au pays des merveilles, qui se manifeste en cas de stress ou de grosse panique. Le village de Waikoloa est entouré de volcans, donc une zone à risques. Depuis quelques jours, des secousses se sont manifestées, ne laissant présager rien de bon. Sine va être vite confrontée à la colère de la nature, cette nature en sommeil qui brusquement va se réveiller et transformer ce paysage idyllique, en un véritable décor apocalyptique. Elle va devoir alors affronter cet environnement hostile, sauver sa vie et affronter tous ses démons pour survivre. Elle ne sera pas seule. Elle va faire la connaissance d’un jeune homme, Holokai, devant lequel elle va fondre immédiatement. Leur attirance réciproque va les unir dans un combat difficile contre les éléments déchaînés.

La rivière de satin est un roman qui suscite en moi un avis partagé. La quatrième de couverture m’a donné envie de le lire mais au fil des pages, je me suis étonnée d’être distante par rapport aux personnages. Des personnages que j’observais de loin sans réels sentiments. Ma lecture me paraissait fade et sans relief. Pourtant, je suis allée jusqu’au bout du récit car j’étais quand même curieuse de connaître leur destin. Un signe que mon indifférence n’était pas totale ! Je me suis donc passionnée pour la seconde partie du récit, là  où pour moi, commençait véritablement l’histoire. Sine m’a intriguée. Sa maladie m’a troublée. J’ai fait des recherches et j’ai constaté que ce syndrome bien réel, fut découvert par John Todd, un psychiatre, en 1955. Plus les personnages évoluaient dans ce chaos meurtrier, plus j’avais envie de les accompagner. Et puis Sine m’est apparue attachante, combattante. La grand-mère, au caractère détestable, a révélé un côté de sa personnalité que jamais on aurait soupçonné. Au final, je ne regrette pas mon voyage à Hawaï et j’attends de vous lecteurs, des retours sur ce que vous avez pensé de La rivière de satin.

J’ajoute que ce qui est troublant, est que Jean-François Chabas a écrit ce roman après avoir été sur l’île de Big Island, la grande île d’Hawaï, et quand il l’a terminé, les faits qu’il a imaginés (l’éruption du volcan en 2018), se sont produits.