Dur , dur d’être l’aîné

Le roi des casse-pieds, de Judy Blume

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Bonjour, je m’appelle Peter, j’ai dix ans et j’ai un petit frère Mousse, de quatre ans. Et la cerise sur le gâteau, mes parents viennent de m’apprendre que bientôt, dans cinq mois, un nouveau bébé va arriver. Quelle poisse ! Mousse est déjà insupportable, alors avoir encore nouveau bébé à la maison, je n’y tiens pas. Et puis, comme si cette nouvelle n’était déjà pas assez démoralisante, voilà que mes parents m’annoncent que nous allons habiter loin de New York !

Nous pénétrons dans le quotidien de la famille Hatcher. On s’amuse des querelles de Peter et Mousse et avec la venue de la petite sœur, rien ne va être facile. Mousse veut se débarrasser de cette petite intruse qui prend sa place, Peter veut partir de la maison… Bref un chamboulement dépeint avec humour avec des personnages colorés.

Changement d’habitation, changement d’école, premiers émois amoureux, nos jeunes lecteurs prendront plaisir à suivre Peter et Mousse.

Aurélie et son secret, Sabine du Faÿ

Aurélie et son secret, Sabine du Faÿ

Aurélie, jeune adolescente au côté garçon manqué, est pleine de vie, un peu trop, au goût de ses parents, farfelue, dynamique et très très maladroite. Quand Aurélie approche, la catastrophe n’est pas loin. Entre une mère psychologue et un père médecin, pas facile pour elle de se laisser aller. Elle a une sœur jumelle, Henriette, et un frère, François, qui la trouvent trop bizarre. Aurélie s’est toujours sentie en contradiction avec son entourage et ceci depuis son plus jeune âge. Ses parents ne comprennent pas toujours comment elle fonctionne et particulièrement sa maman qui s’arrache les cheveux à chacune de ses nouvelles élucubrations. Bref, une atmosphère très tendue règne à la maison occasionnant beaucoup de disputes au sein du couple.

Un jour, alors qu’elle est dans la salle de bain, Aurélie va faire une découverte qui va la rendre radicalement différente des autres. Elle ne peut pas en parler et doit porter un lourd secret qui la terrorise. Mais lors d’un séjour chez ses grands-parents, elle finit par se confier à sa grand-mère qui va lui révéler elle aussi partager le même fardeau. Celle-ci lui dit que le moment venu, quelqu’un lui montrera le chemin pour être délivrée. Que de mystère !

Sabine du Fay nous entraîne dans le merveilleux et le fantastique. Le sujet peut paraître intéressant mais le final m’a laissée un peu sur ma faim. En effet, on découvre ce qui arrive à Aurélie assez tôt. Surgissent beaucoup de mésaventures qui provoquent des phénomènes liés directement au secret d’Aurélie. Quelques chapitres avant la fin, la jeune fille commence à entrevoir la fin de ses interrogations puis plus rien. Il aurait été génial d’en connaître plus sur la particularité d’Aurélie, de savoir pourquoi sa vie va être bouleversée  et dans quel but.  C’est dommage. Notre petite héroïne est néanmoins très attachante, toujours de bonne humeur et prête à aider ceux qui en ont besoin. L’histoire reste originale et plaira aux jeunes lecteurs.

Disparition canine

Un chien dans un jeu de quilles, de Thierry Lenain

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Carole a pitié d’un chien errant qu’elle aimerait recueillir. Encore faut-il convaincre son père. Celui-ci ne veut pas en entendre parler. Carole est triste et craint que l’animal ne soit emmené par la fourrière s’il continue à arpenter ainsi les rues. Un jour n’y tenant plus, elle le ramène chez elle. Son père est furieux mais devant la tristesse de sa fille, il cède. Carole baptise son chien Dag. Mais un jour, Dag disparaît. La télévision parle de trafic d’animaux et Carole est persuadée que son animal court un danger. Elle va partir à sa recherche avec son ami Damien. Une course contre la montre va alors s’engager.

Un petit policier plaisant pour les adeptes des animaux.

Un amour en construction

L’amour fait maison, de Frédéric Kessler

Afficher l'image d'origineC’est le mois de mai. Dans le bus, Olivier, lycéen de 16 ans, tombe amoureux de Lan Chin mais n’ose lui déclarer sa flamme. Un jour, il découvre dans sa poche un billet doux : Olivier et Lan Chin décident alors de s’écrire des lettres, des vraies, qu’ils glisseront dans un tronc d’arbre… et se donnent rendez-vous à Noël…

Pendant ces mois d’attente , Lan Chin écrit un roman, et Olivier construit une petite maison-atelier.

Un joli petit roman pour les élèves adeptes d’histoire sentimentale. Ce n’est, bien sûr, pas très réaliste, surtout ces mois d’attente alors qu’ils habitent la même ville, sont dans le même lycée, ni la construction de la maison, ni les rendez-vous épistolaires dans le tronc de l’arbre, mais après tout, pourquoi ne pas rêver un peu ?

Opération R.AF.E

La 6ème la pire année de ma vie, de James Patterson et Chris Tebbetts

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La rentrée en 6ème est toujours source d’angoisse. Finie la primaire, au revoir maîtresse, au revoir maître. Bonjour les longs couloirs, les salles qui n’en finissent pas, des élèves partout, beaucoup trop de professeurs et dans la cour, de grosses brutes qui s’en donnent à cœur joie avec les petits nouveaux. Bref, une rentrée qui provoque cette boule au ventre qu’on connaît tous. Notre jeune héros, Rafe, entre aussi pour la première fois au collège et on ne peut vraiment pas dire que ce soit une réussite. C’est même un véritable cauchemar ! L’école ce n’est pas son truc, il n’y arrive pas et n’a pas envie non plus de travailler. Il faut dire qu’en plus il collectionne les boulettes et fait beaucoup de bêtises. Pour Rafe, il y a trop de règles, trop d’interdits donc il décide un jour d’enfreindre le règlement intérieur.  Il veut mettre de la fantaisie dans l’établissement. Pour réussir à accomplir sa mission, il va s’inventer un ami imaginaire. Mais le directeur du collège n’a pas l’intention de laisser le chaos s’installer et va déclarer la guerre à Rafe.

Un roman plein d’humour, aux illustrations déjantées, qui nous fait passer un très bon moment. Rafe, personnage très attachant, se confie aux lecteurs. Il est solitaire et son carnet de dessins est son refuge. Ce livre est en quelque sorte le journal intime d’un collégien. Si on creuse un peu, l’auteur délivre un petit message. Pour les enfants qui sont récalcitrants, qui n’aiment pas l’école comme Rafe, tout n’est pas perdu ! Une scolarité bancale n’est pas synonyme d’échec pour une vie future. La fin de cette histoire le prouve !

Une adaptation cinématographique de ce roman est sorti en 2016 : La 6ème, la pire année de ma vie, un film réalisé par Steve Carr

On a tous un peu de Jonathan Livingston….

Jonathan Livingston le goéland, de Richard Bach

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Dépasser ses limites, aller plus loin, oser… Oublier les contraintes, changer de vie, ne pas se laisser enfermer par la routine, découvrir autre chose. Jonathan l’a fait. Voler pour être libre, voilà ce que ce goéland a décidé. Il ne veut pas vivre comme ceux de son clan, résignés, selon des règles et des lois bien établies. Alors, jour après jour, il s’entraîne à voler plus vite, plus haut au désespoir de ses parents. Pour les autres goélands, voler n’est utile que pour se nourrir et rien d’autre. Ils décident de s’assembler en Grand Conseil et d’exclure Jonathan. Celui-ci est affligé, il se rend compte que ses semblables le rejettent sans comprendre. Il est ainsi condamné à vivre seul sur les falaises lointaines. Tous lui tournent le dos. Jonathan quitte donc ce clan.

Un soir alors qu’il se pense seul, deux majestueux oiseaux brillants viennent à lui et l’emmènent plus hauts dans les cieux. Il est loin de sa terre, de son ancienne vie. Jonathan change, devient majestueux, il a trouvé une nouvelle famille qui partage les mêmes idées que lui. Jonathan n’en finit pas d’apprendre et de se perfectionner. Il a trouvé son maître, Sullivan, qui est admiratif. Avec le plus ancien, Chiang, il va apprendre la confiance, l’amour, la liberté. Et puis, le jour vient où, à son tour, Jonathan le goéland transmet son savoir…Un éternel recommencement.

Ce récit est en trois parties, la première relate la soif de changement de Jonathan, la seconde son exil et dans la troisième on découvre le goéland en maître d’apprentissage.

Cette histoire peut largement s’adapter à l’homme.

C’est parce que des hommes veulent en savoir toujours plus que le monde mute et progresse. Rester à faire les mêmes choses, refuser d’évoluer fait stagner. Un petit bémol cependant car, pour pouvoir agir, il faut être libre mais la société ne nous offre pas toujours cette possibilité. Il y aura toujours des contraintes. Montrer à l’autre qu’il faut qu’il change ne plaît pas forcément. Cela peut attiser colère ou jalousie. Nous sommes responsables de nos vies que nous construisons aussi sur des savoirs, sur des manières d’être, transmises par nos parents, qui les ont reçus de leurs parents et que nous enseignons à notre tour à nos enfants…..Chacun veut léguer un savoir et c’est logique.  Mais avoir notre propre ouverture d’esprit, notre propre opinion est aussi une forme de liberté. Chacun doit vivre selon un idéal, nous sommes tous différents et il faut réussir à rester soi-même. Si on pousse le raisonnement, on peut préciser que tout progrès peut aussi donner du pouvoir et que le pouvoir mis entre les mains de gens mal intentionnés peut être dangereux …mais ceci est un autre débat….

Je trouve que Jonathan Livingston le goéland peut être comparé à un conte philosophique.

Le paradis, c’est simplement d’être soi-même parfait.

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« Nous sommes faits de nos souvenirs »

La cité de l’Oubli, Sharon Cameron

Résultat de recherche d'images pour "la cité de l'Oubli"A Canaan, les habitants vivent dans une cité fermée par des murs et ne sont pas autorisés à aller au-delà. Dans cette cité particulière, tous les douze ans, un phénomène étrange et mystérieux se produit, l’Oubli. Tous les habitants perdent la mémoire et oublient qui ils sont, leurs familles, leurs amis, comme s’ils repartaient de zéro et commençaient une nouvelle vie. Pour se rappeler, ils écrivent régulièrement dans des livres conservés ensuite aux Archives. Sans leurs souvenirs, ils ne sont rien et si leur livre est perdu, le Conseil fait d’eux des Perdus. Car la ville est dirigée par un Conseil décidant des sanctions et du sort de chacun après l’Oubli. Cependant Nadia, fille de la teinturière, n’a pas oublié et l’Oubli n’agit pas sur elle. Elle se souvient de tout, notamment de son père qui a profité de l’Oubli pour l’abandonner mais n’en connait pas les raisons. Le nouvel Oubli approche, Nadia doit percer le mystère avant que sa famille oublie à nouveau. Avec Gray, le fils du souffleur du verre, les deux protagonistes vont prendre des risques dangereux pour découvrir et révéler les secrets de la Cité de Canaan. Nadia et Gray vont se rendre derrière le mur et découvrir ce qu’est véritablement Canaan et ce qui produit l’Oubli.

La cité de l’Oubli met en narration des personnages habitant dans une ville où l’époque n’est pas définie mais ne ressemble pas à la société dans laquelle nous vivons. Teinturière, souffleur de verre, archiviste, l’ensemble des habitants travaille pour être utile à la communauté. Il n’est jamais question d’argent et tous possèdent un objet précieux : leur livre constituant une partie d’eux et de leurs souvenirs. La règle d’or est de ne jamais l’abandonner, de le garder toujours attaché sur soi. Car quand l’Oubli arrivera, seul ce livre sera en mesure de déterminer qui ils sont et ce qu’ils deviendront. Depuis leur plus jeune âge, les habitants de Canaan apprennent une attitude fondamentale, celle de toujours écrire la vérité. A la fin de chaque chapitre de l’ouvrage, nous pouvons lire les écrits de Nadia inscrits dans son livre.

L’histoire est une dystopie où nombreux sont les rebondissements inattendus et le suspens à son comble. Au début de l’ouvrage, le lecteur s’interroge sans cesse sur la Cité de Canaan et cet Oubli qui approche ayant lieu tous les douze ans. Quel est ce mur que Nadia passe à l’abri des regards ? Pourquoi est-il interdit de sortir de cette Cité ? Qui sont les habitants de Canaan ? Où se situe cette Cité où il faut se reconstruire tous les douze ans ? Pourquoi Nadia n’oublie -t- elle pas comme les autres ? Une multitude de questions traverse l’esprit du lecteur n’étant pas au bout de ses surprises !

Nadia et Gray, les deux personnages principaux, traversent le mur et tentent de voler le Premier Livre de l’Oubli pour connaître la vérité. Plus ils avancent dans leur enquête, plus ils vont comprendre que la population de Canaan est manipulée depuis le début. Mais comment faire éclater la vérité et faire évoluer les choses alors que la population va bientôt tout oublier ? Le défi que se lancent Nadia et Gray ne sera pas sans conséquences et des vies seront en péril. L’impact de leurs déclarations sera violent et chacun devra faire un choix.

La Cité de l’Oubli raconte une histoire originale où il est difficile au départ de percevoir où l’auteure nous conduit. Sharon Cameron dépeint un monde nouveau, dresse un modèle de société différent de celle dans laquelle nous évoluons. Une cité fermée où la population se renouvelle tous les douze ans et oublie tout. Seuls les livres apparaissent garants de leur mémoire. Envoûtant, ce roman conduit surtout le lecteur à se questionner sur le monde, sur la vie. Renouveler les habitants de la planète ou d’une ville permettrait-il d’instaurer un ordre parfait dans une société ? Au profit de qui ? Parfois, vaut-il mieux oublier ou vivre avec ses souvenirs ? Et vous, si vous aviez le choix, oublieriez-vous pour renaître ?

Un roman intéressant au vue des réflexions qu’il suscite une fois le livre fermé que je conseille seulement  à partir de quinze ans. Il semble selon moi être un livre adressé plutôt aux jeunes adultes. Les plus jeunes lecteurs vont se trouver face à la complexité de l’histoire et ce roman peut perdre tout son intérêt s’il n’est pas compris. Surtout qu’il faut s’accrocher pour cerner les premiers éléments permettant de s’immerger dans la Cité de l’Oubli !

Merci aux éditions Nathan pour cette avant-première ! La Cité de l’Oubli paraîtra le 5 Octobre !