Caméléon- les filles Asperger déboulent- de Christine Deroin et Gilles Martinez

Je suis une fille et autiste … et alors ?cameleon.jpg

Alice est une adolescente de 13 ans, elle a une soeur qui entre au lycée. Toute la petite famille va déménager et il est certain que quitter les amis, un quotidien bien rôdé, n’est pas chose facile. Mais quand on est jeune, on s’adapte facilement et des camarades, on peut s’en faire partout. Oui mais pas quand on s’appelle Alice. Alice est timide, elle a un haut potentiel intellectuel certes, mais elle est toujours seule. C’est bien connu, on a tendance à trouver ça normal, la solitude, pour les « intellos »! Ses parents, les enseignants la disent à part. Personne ne s’en étonne, c’est sa personnalité après tout.

Alice fait sa rentrée et rencontre Fanny, une élève qui est dans la classe de sa soeur. Cette rencontre va être le début de grands bouleversements…

L’histoire d’Alice est l’histoire de beaucoup d’autres individus atteints de troubles du spectre autistique. Une histoire bouleversante et sensible qui montre la difficulté d’intégration pour les personnes souffrant de ce handicap. Malheureusement, le diagnostique est parfois difficile à établir notamment chez les filles car on pense d’avantage à de la timidité.

Une fois des mots posés sur le trouble, beaucoup de choses s’expliquent. En milieu scolaire, des aménagements sont effectués pour rendre moins difficile une intégration mais il reste encore beaucoup à faire..

Caméléon est un livre qui parle le plus simplement possible du trouble du spectre autistique.  Comme d’habitude dans la collection saison psy: une fiction et l’oeil averti d’un spécialiste pour nous aider à comprendre, des adresses utiles d’associations ou de lieux d’accueil.

 

Baby-sitter blues, de Marie-Aude Murail

1er tome de la série des Émilien.

Baby-sitter blues - Poche - Marie-Aude Murail - Achat Livre | fnac

Émilien voudrait bien s’acheter un magnétoscope*, comme ses copains. Mais son argent de poche ne suffira pas. Son amie Martine-Marie a la solution : faire du baby-sitting ! Grâce à elle, Émilien se retrouve baby-sitter et se découvre un vrai don avec les enfants. Grâce à Ranflanflan le lapin et ses histoires incroyables, il devient la star des nounous pour Martin et Axel, des frères pour le moins turbulents. Pour s’occuper du petit Anthony, 6 mois, Émilien décide de se renseigner sur les bébés et le livre Comprendre et aimer son enfant n’a plus de secret pour lui ! Ainsi va la vie d’un adolescent qui découvre les responsabilités des adultes. Et puis changement de programme : Émilien entre en 3ème et il doit se concentrer davantage sur ses études. Il trouve un nouveau job : professeur particulier de français. Comme toujours, il prend ses fonctions très à cœur. C’est ainsi qu’un sujet de rédaction le mène tout droit dans le grenier d’Amandine. Amandine, c’est la cousine de Martine-Marie. Émilien ne devrait-il pas se méfier de cette fille vraiment bizarre ? Attention, ennuis en vue !

Baby-sitter blues est donc le premier volet des aventures d’Émilien. C’est ici qu’on fait la connaissance de cet adolescent à la répartie vive et piquante, de ceux que Marie-Aude Murail sait si bien façonner. L’histoire d’Émilien a la saveur des années 80* : une époque où les ados rêvaient de s’acheter un magnétoscope pour visionner des cassettes VHS, et l’argent de poche se comptait en francs… Mais on retrouve aussi des ingrédients intemporels : les réflexions du jeune garçon sur la vie, sur les adultes, ses relations avec sa mère, l’humour toujours très présent… tout ce qui fait de la lecture de ce roman un moment très agréable. Bonne nouvelle, on peut retrouver Émilien dans d’autres aventures, puisque ce n’est que le premier volet !

*On ne trouve le magnétoscope que dans les ouvrages antérieurs à la réédition de 2006, où Émilien fait peau neuve : parce qu’il faut vivre avec son temps, le magnétoscope devient un ordinateur et le franc passe à l’euro. Sans nul doute le lecteur de 2020 appréciera cette attention de l’autrice à son égard.

Maman les p'tits bateaux, de Claire Mazard

Le jour où tout a basculé….

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Comment a-t-il pu me faire ça ? Comment un être si cher à mon coeur a pu me souiller, me meurtrir au plus profond de mes chairs ?

Je suis morte un 16 mai 2018, je suis debout mais mon corps est mort. Je hais tous ceux qui m’entourent, qui m’approchent, qui me touchent. Je veux crier ma douleur mais je n’y arrive pas, je veux qu’on comprenne mes souffrances, qu’on devine mon mal être. Je suis seule, honteuse, révoltée, perdue, en plein désarroi.

Pourquoi a-t-il fallu qu’il entre dans ma chambre…Je ne me suis pas méfiée, j’avais confiance en cet oncle avec qui j’ai passé des vacances formidables quand j’étais petite, un oncle que j’adorais…

Il a violé mon enfance, il m’a détruite, il m’a tuée…

Marie-Bénédicte a vécu un calvaire : un oncle trop entreprenant qui, un jour, au retour de l’école, se glisse dans sa  chambre, lui avoue ses sentiments..Ils sont seuls et le pire des cauchemars commence et va se répéter……le même « rituel », les mêmes mots, les mêmes gestes, la même souffrance….encore et encore….

La jeune fille n’en peut plus, son secret est trop lourd, un secret qu’elle ne peut plus gérer, qu’elle ne peut plus supporter. Elle a honte, elle n’ose pas parler. Elle est victime mais se sent coupable. Elle se sent coupable d’être « elle », de plaire à la mauvaise personne. Alors elle déteste son image, son corps, son prénom. Elle se saborde, ses parents ne la comprennent plus.

Claire Mazard nous offre un récit percutant sur un thème délicat avec un ton juste et plein de sensibilité. Une jeune fille en plein désarroi, une famille qui ne sait pas ou qui ne veut pas savoir. Là est toute la complexité de la situation. Sujet tabou, une victime en détresse  qui a peur du jugement des autres, un secret qui ronge. Comment aider quand on ne sait pas? Que faire pour que les victimes n’aient plus peur de parler ? La honte et la peur de ne pas être entendue, que leur parole soit remise en cause empêche bien souvent les victimes de raconter leur calvaire, de déposer plainte.

Ce roman peut aider à comprendre qu’il ne faut pas se taire, victime ou témoin, il faut parler, il faut dénoncer.

Je pense que pour les plus jeunes, cette lecture devrait être accompagnée car le témoignage de l’adolescente est assez dur.

 

Compte les étoiles, de Lois Lowry

Quand un peuple se mobilise pour les siens. Un très beau roman, poignant et plein d’espoir.

1943. Annemarie Johansen a 10 ans et vit à Copenhague avec ses parents et sa petite sœur Kirsti. Sa meilleure amie c’est Ellen Rosen, et elle habite le même immeuble, avec ses parents. Les soldats allemands font des patrouilles dans les rues et les deux fillettes ne sont jamais très rassurées de les croiser quand elles rentrent de l’école. Et puis un jour commencent les déportations. Les Rosen, qui sont juifs, sont en danger. La famille d’Annemarie met tout en œuvre pour les secourir : ils les aident à se cacher et recueillent Ellen en la faisant passer pour la sœur d’Annemarie. Tout le monde retient son souffle quand en pleine nuit, les Allemands perquisitionnent leur appartement. Ce danger surmonté, l’objectif est clair : ils devront faire passer Ellen et ses parents en zone libre. Commence une aventure dangereuse où l’enjeu est de survivre, où moins on en sait et mieux c’est pour tout le monde. Annemarie va basculer malgré elle dans le monde des adultes et découvrir la résistance. Elle va goûter aux saveurs amères de la peur mêlée au courage. Les Johansen pourront-ils sauver les Rosen des griffes nazies ? Au risque d’y laisser leur propre vie…

C’est une aventure qui sonne vrai. Et ce n’est pas pour rien, l’histoire d’Annemarie est vraie. C’est en réalité celle d’Annelise Platt, à qui ce livre est dédié. C’est aussi l’histoire de tous les enfants et leur famille qui ont vécu la guerre et l’occupation allemande. Le danger est là, en permanence, on le sent peser et rôder tout au long de la lecture de ce roman. Et quelle admiration pour le courage des gens de cette époque, véritables héros ordinaires ! La résistance était un acte humain qui semblait si naturel alors. Compte les étoiles est l’occasion de découvrir l’occupation allemande dans la région Nord de l’Europe. Et l’occasion d’apprendre que, pendant la seconde guerre mondiale, les Danois ont réussi à faire traverser le bras de mer séparant le Danemark et la Suède à la quasi-totalité de la communauté juive : près de sept mille personnes ! Total respect.

Le livre du temps, de Guillaume Prévost

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Il y a plusieurs jours que Samuel n’a plus de nouvelle de son père. Cela arrive fréquemment, mais jamais aussi longtemps. Depuis trois ans, depuis la mort de sa mère en fait, son père disparaît régulièrement. Mais là, 10 jours ! C’est alors que Samuel découvre une pierre sculptée dans la cave de la librairie de son père. Il est alors transporté dans le temps ! Et si son père était prisonnier dans le temps ?

J’ai adoré ce livre qui m’avait été conseillé par un bibliothécaire, et j’ai tellement aimé que j’ai demandé à Mme Dry, notre documentaliste, de l’acheter. J’ai beaucoup aimé le concept du voyage dans le temps, que l’on retrouve dans « Rouge Rubis ». Je le conseille. C’est le premier tome d’une trilogie qu’il faut vraiment lire dans son intégralité, vous ne serez pas déçus !

Six siècles plus tôt, au fin fond de sa cellule, Allan Faulkner avait écrit :

AIDE-MOI SAM.

Eléa, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Le jour où mon père a disparu, Benoît Séverac

15 ans. Le plus bel été de ma vie. Ou pas. Depuis que je suis tout petit, moi et mes parents avons toujours été des parias. Reniés par notre propre famille. Mais pourquoi me direz-vous ? Eh bien justement … mes parents n’ont jamais voulu me le dire. Alors, je faisais comme si de rien n’était. Je sais que mes parents ont milité au sein du Front de libération occitan, mais je ne vois pas en quoi c’est mal. Un ancien membre s’évade. Je ne me sentais pas concerné, jusqu’à ce que mon père disparaisse…

J’ai beaucoup aimé ce livre, qui est assez court, mais qui représente assez fidèlement les pensées d’un adolescent. Je le conseille, c’est un livre idéal pour des lecteurs qui n’ont pas l’habitude de lire de gros livres. C’est une véritable quête de vérité. L’adolescent va mener sa propre enquête et chercher des réponses à tous ces secrets de famille… Un cocktail qui mêle enquête, voyage, vengeance, secret, sacrifices et qui se lit d’une traite !

Je me suis dit qu’un jour, moi aussi, plus tard, dans très longtemps, quand nous serons adultes, avec nos vies, nos conjoints et nos enfants, je lui ferais signe comme elle venait de le faire, juste pour lui dire que cet été-là, je l’avais aimé pour de vrai et pour toujours, comme je n’avais jamais aimé.

Ou bien, peut-être que je deviendrai écrivain comme j’en rêvais, et j’écrirai un roman qui racontera notre histoire.

L’histoire du plus bel été de ma vie.

Eléa, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

La traversée du temps, de Yasutaka Tsutsui

Kasuko, élève de 3ème, est de corvée ménage après la classe, avec ses camarades Goro et Mazaru.

Alors qu’elle range le matériel dans la salle de travaux pratiques, elle voit surgir, des étagères de produits chimiques, une ombre noire qui disparaît. Une odeur de lavande flotte dans la pièce qui ravive des souvenirs passés qu’elle n’arrive pas à définir. Flacons et éprouvettes sont alignés sur une table… Bientôt, Kasuko s’effondre, inanimée sur le sol. A son réveil, aucune trace ne prouve ses dires : ni flacons, ni éprouvette, ni intrus… Que lui est-il arrivé ?

Des événements des plus mystérieux vont bientôt se produire qui lui permettront de voyager dans le passé et changer le cours des choses … Cela a-t-il un rapport avec ce qui lui est arrivé dans la salle de travaux pratiques ? Comment va-t-elle maîtriser ce pouvoir envahissant ? A qui va-t-elle pouvoir se confier pour trouver de l’aide ?

Un court roman qui se lit très vite, entre fantastique et science-fiction, et qui permet une introduction facile au genre. En effet, tout se concentre sur une intrigue unique et linéaire. La culture japonaise est présente mais pas suffisamment développée pour risquer de déstabiliser un lecteur non averti. Le roman, écrit en 1976 et qui n’a pas pris une ride, a fait l’objet d’une adaptation en film d’animation en 2007. A découvrir.