Les infiltrés

Cherub, 2. Trafic, de Robert Muchamore

« Cherub est un département secret des services de renseignements britanniques composé d’agents âgés de dix à dix-sept ans recrutés dans les orphelinats du pays. »

Depuis un an, James en fait partie (voir le tome 1). Il se trouve en vacances sur une île de la Méditerranée où les agents qui ne sont pas en mission peuvent se ressourcer pendant cinq semaines… Enfin, se ressourcer est un grand mot : on ne peut pas oublier complètement que l’on est un agent des renseignements et ces vacances ne sont pas forcément de tout repos… Mais cela n’est rien comparé à ce qui attend James à son retour. Il va être envoyé en mission avec trois autres camarades et deux adultes pour infiltrer le gang d’un puissant trafiquant de drogue, en se rapprochant et se liant d’amitié avec ses enfants. C’est une mission à très haut risque qui va emmener notre groupe de jeunes agents à dépasser leurs limites.

Dès les premières pages, on entre dans l’action et cela ne s’arrête pas jusqu’à la fin. Rebondissements nombreux, avec des apartés sur les considérations plus adolescentes des jeunes agents (premiers amours, amitié,  homosexualité, abandon, fratrie, etc) , toutes les ficelles sont là pour une lecture addictive. On se croirait vraiment dans la série télévisée américaine des Soprano, qui mettait en scène un mafieux, trafiquant de drogue en proie à la justice et qui doit concilier sa vie de chef d’une organisation criminelle à celle d’un père de famille. Ici, les choses ne sont pas éludées : passage à tabac, drogue, meurtre, espionnage, tout y est noir et assez réaliste, même si l’âge des agents peut peut-être laisser perplexe quant à la réalisation de l’enquête : ils sont censé avoir une douzaine d’année mais semblent en avoir quelques unes de plus. En tout cas, on passe un bon moment de détente, entre une banlieue pauvre anglaise et les villa chics de Miami.  On se laisse entraîner dans cette histoire sans aucun temps mort et on ne serait pas contre lire un nouveau tome ! Une série qui plaît beaucoup au CDI. A réserver aux jeunes lecteurs avertis, vu le sujet traité.

 

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J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir, de Christine Arnothy

Le droit à la vie…

Afficher l'image d'origineChristine Arnothy a quinze ans en 1945. Elle est Hongroise, issue d’une famille bourgeoise, elle doit vivre dans une cave pour se protéger des nazis venus occuper la ville.

C’est le témoignage poignant et émouvant d’une adolescente qui ne veut pas mourir. Trop jeune pour que sa vie s’arrête, trop jeune pour vivre les atrocités d’une guerre. Elle a dû rester enfermée pendant deux longs mois. Les rares moments où elle pouvait sortir c’était pour aller chercher de la nourriture et là elle voyait la dure réalité des combats en marchant entre les cadavres de chevaux et d’hommes.

A la libération, le calvaire a continué puisque les sauveurs vont être plus cruels que les Allemands. Christine et sa famille vont devoir fuir leur pays quelques années après et trouveront asile en Autriche dans un camp de réfugiés. Christine trouvera son salut en travaillant en France comme nurse mais elle enchaînera les galères. D’ailleurs elle écrira une suite « il n’est pas si facile de vivre », où on sentira que sa reconstruction est difficile car marquée à jamais par toutes les atrocités qu’elle a vécues. Elle a vingt ans. Elle veut partir en France. Elle est étouffée par la présence de ses parents et elle décide de mener sa vie seule.

J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir raconte la guerre sans critique politique, le récit est dramatique et nous montre toute la cruauté des combats. Les scènes violentes ensanglantent la jeune fille qui s’accroche à ses lectures pour ne pas sombrer. Elle avait emporté un livre de Balzac et de Dickens. Elle n’a que quinze, elle ne peut pas mourir..Elle est jeune, la guerre ne peut pas l’arracher à la vie .. La guerre qui lui a volé son adolescence ne peut pas non plus la détruire..

Tout son témoignage repose sur ce qui se passe autour d’elle mais ne s’étend pas aux combats, c’est le récit de son quotidien dans cette cave.

Le lecteur va se rendre compte aussi que tout peut devenir malsain et désordonné après la guerre.Les gens souffrent et essaient de survivre en pillant, en devenant méchants à leur tour. Il n’y a plus de code moral, c’est l’instinct animal qui prend le dessus.

quelques passages :

….. »Dans l’intervalle, entre les coups directs atteignant la maison, je pensais à mon livre, me disant que, même s’il restait intact, je ne connaîtrais jamais la fin du roman, puisque tous en bas, dans cette cave, nous allions mourir «

« les jours se traînèrent. Nuits de cauchemars, combat contre un monde de fantômes. Mon pays de rêve s’était évanoui. Le sommeil ne me menait plus vers l’apaisement, mais vers les paysages lunaires du mal et de l’horreur »

« une âpre fierté m’envahit à l’idée qu’à quinze ans, j’allais mourir d’une mort de grande personne »

Là on sent que Christine grandit et mesure combien la situation est grave. Plus d’espoir de s’en sortir…

La première partie s’achève sur cette phrase de Christine :

« Comme ce serait bon de naître »

La jeune vie de l’adolescente n’est faite que d’angoisses, d’atrocités, de scènes d’horreur. Elle n’a que quinze ans et elle est fatiguée ….Fermer les yeux, faire comme si rien ne s’était passé, commencer à vivre…avoir l’esprit vide…

II faut savoir que Christine Arnothy a fui en emportant son journal cousu dans son manteau. J’imagine que si il avait été découvert elle n’aurait pas survévu à ces écrits..

Elle a eu une vie très dure mais elle a toujours affronté les difficultés pour pouvoir un jour réaliser son rêve: écrire son livre. Elle veut devenir écrivain donc elle doit s’en sortir et je pense que le but qu’elle s’est fixée va l’aider malgré tout à se battre et à espérer.

J’ai lu cette autobiographie quand j’avais l’âge de l’auteur et je dois dire que son histoire m’a émue, touchée. J’étais adolescente, j’avais le même âge que Christine donc je me suis identifiée totalement à elle . J’ai reçu son témoignage comme une confidente et je l’ai accompagnée pas à pas dans toute ses périodes de galères. On vit la guerre de l’intérieur, à travers une adolescente qui a toute l’innocence de son âge et qui va vite grandir . On peut faire un léger parallèle avec « le  journal d’Anne Frank » adolescente de treize ans, qui aura moins de chance car elle décèdera du typhus dans un camp de concentration.

Ces deux jeunes filles ont abordé l’atrocité de la guerre et leurs ouvrages constituent de précieux témoignages. Toutes les deux voulaient devenir écrivains.

Je conseille également de lire « il n’est pas si facile de vivre » qui se termine ainsi et résume l’état d’esprit de Christine qui a peut être enfin trouver la paix…

…. Moi je trouve que c’est naturel. Je voulais nourrir mon enfant, je voulais lui faire boire ma vie…. C’est l’accomplissement miraculeux. C’est le bonheur. Tout le bonheur ?….

Lisez ce livre sans modération…

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Le train d’El-Kantara, de Jacques Delval

Quand un train va nous embarquer bien plus loin que le quai….

Dans un contexte difficile et dangereux d’un conflit, Lakdar, un jeune garçon arabe, se retrouve malgré lui et contre sa volonté embarqué à bord d’un train bondé de soldats…. c’est le début pour lui d’aventures et d’expériences qui lui feront connaître la peur, les craintes, le soulagement, la solitude, la solidarité, l’amitié, la satisfaction, le racisme, la faim, la soif, la douleur, l’inquiétude, la reconnaissance…

Une histoire courte mais riche d’aventures et de sentiments qu’il est agréable de découvrir

Kamo, l’idée du siècle, de Daniel Pennac

Kamo et sa bande de copains sont en CM2… Et autour d’eux, tout le monde ne parle déjà plus que de ça : leur future entrée en 6ème… Tous, sauf M. Margerelle, leur « Instit Bien -Aimé ». Alors Kamo, suivi d’une délégation, décide d’aller lui parler et lui demander de les préparer comme il faut à cette épreuve… Et l’idée du siècle de Kamo ? Que M. Margerelle change de personnalité en fonction des matières enseignées, comme un collégien changerait de prof… Et si M. Margerelle acceptait ?

Un texte court mené tambour battant. On découvre ici la première histoire de la série des Kamo qui fonctionne sur le principe suivant : ce n’est pas Kamo le narrateur, mais son meilleur ami, qui raconte à travers toutes ces histoires sa relation d’amitié avec un Kamo plein de vie et d’idées saugrenues. Dans ce premier tome de la série se dessinent d’ailleurs les personnalités de chacun, et on y rencontre furtivement le personnage atypique de la mère, Tatiana. Malgré le fait qu’il ait été écrit en 1993,  ce texte n’a pas  pris de ride sous la belle plume d’un grand auteur, qui sait décrire le milieu scolaire avec tendresse et humour, lui qui se considérait comme un « mauvais élève ». Un texte qui peut tout à fait encore parler aux élèves de CM2 d’aujourd’hui afin de dédramatiser leur entrée au collège. Très plaisant et très vite lu.

Amazonia, la planète verte

Kerri et Mégane- Les Mange-Forêts, de Kim Aldany

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Les parents de Kerri, Géraud et Prisca Joï, ont disparu lors d’une expédition sur la planète Amazonia. Ils étaient persuadés que cette planète forestière pouvait être ouverte à la colonisation mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Seul Kerri s’en est sorti. Malgré son chagrin, le jeune garçon est sûr que son père et sa mère sont encore vivants. Il se confie à sa meilleure amie Mégane, qu’il considère comme sa sœur. Kerri a un don, il « sent les choses » et  fait toujours les mêmes cauchemars : l’image d’une falaise blanche le hante. Il est sûr que ses parents sont prisonniers de cette colline et qu’ils sont en danger. En effet, la planète Amazonia est habitée par des Mange-Forêts, des chenilles gigantesques. Kerri fait part de ses doutes au directeur du centre des astronautes. Celui- ci prend Kerri pour un fou. Mais le jeune garçon n’est pas au bout de ses peines car il va découvrir qu’un humanoïde a été ramené lors d’une précédente exploration sur Amazonia et enfermé secrètement dans un zoo. Il commence à se demander si ses parents n’auraient pas été témoins de choses qu’ils n’auraient pas dû voir. Qui aurait intérêt à les voir disparaître ? Peut-être Evrett, un collègue de Géraud et Joï, dont l’attitude et les propos sèment le doute dans l’esprit de kerri. Il était dans une navette différente de celle de ses parents et affirme avoir vu l’engin s’écraser au cours de leur mission. Il est bizarre et insiste trop auprès du jeune garçon pour que celui-ci abandonne l’idée que ses parents soient vivants. Kerri va tout tenter pour entamer les recherches même si les risques sont énormes. Que va-t-il découvrir ? Entre complots et machinations, la route sera longue et périlleuse.

Une histoire fantastique qui oppose le pouvoir et l’argent  à la lutte pour la sauvegarde de l’environnement. Un récit plein d’aventures qui plaira aux jeunes lecteurs. Alors accrochez-vous et soyez prêts à embarquer pour un voyage qui va vous entraîner dans une aventure inter-planétaire.

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Tempête au haras, de Chris Donner

Quand la passion permet de dépasser ses limites…

Parfois les conditions de notre naissance peuvent prédestiner notre vie…. c’est le cas de ce jeune garçon Jean-Philippe qui est né dans la paille d’un box le même jour et aux côtés d’un poulain. Au sein du haras de M Schmidt, le haras de Saint James dirigé par ses parents, Jean-Philippe développera pleinement cette passion pour les chevaux , ouvertement pour commencer puis secrètement  du jour où Tempête mettra un terme à presque tous ces projets le soir d’une terrible tempête….Malgré les obstacles et les difficultés rencontrées, il restera encore et toujours à la recherche du  crack du haras, ce fameux cheval extraordinaire recherché de tous dans ce monde si particulier, ce cercle si fermé de l’hippisme  et de ses courses. Des efforts qui ne resteront pas vains…

Une histoire facile, émouvante et agréable à lire avec un rebondissement vraiment inattendu qui réanime l’envie de terminer la lecture encore plus vite.

 

L’héritage des Darcer, tome 2. Allégeance, Marie Caillet.

Résultat de recherche d'images pour "l'héritage des darcer2"Kaegan est décédé (enfin, assassiné, mais ça seuls Orest, My, les jumeaux et Allian le savent). Kaegan venait tout juste de monter sur le trône et n’a pas de descendance directe. La ville de Liett se pense donc libérée du joug de la Déléane. Mais Welfendà (la reine de la Déléane) ne croit pas à la mort naturelle de l’usurpateur, elle penche plus pour le meurtre (et oui sans le savoir, elle a raison !). De ce fait, la reine envoie un batârd de son pays : le Sanreth accompagnée de quatre chimères qui sont assez…. SUPERPUISSANTES ! Et il compte bien devenir roi d’Edrillon… Mais en ce moment même, personne ne sait que Mydria, la dernière des descendantes des Darcer, ainsi que son amant, sont en train de voler quelques riches pour pouvoir subsister à Penthana. Le temps presse et Mydria doit absolument mettre des bâtons dans les roues du Sanreth pour éviter que le pire n’arrive…

Ce deuxième tome de la trilogie des Darcer m’a encore plu plus que le premier, c’est à dire énormément. Ici Mydria et Orest devront rester soudés du début jusqu’à la fin ainsi que dans les moments les plus durs qui sont omniprésents. La présence des Kmetts et des fauconniers qui sont des ennemis de toujours donne une ambiance assez électrique lorsqu’ils se rencontrent ! Ce second tome démarre plus rapidement que le premier. Ce qui est beau dans ce livre, c’est que même dans les moments les plus difficiles, les personnages restent toujours soudés pour mieux s’en sortir.

Guillaume, 3°-13 ans. Membre des dévoreurs de livres d’Arsène.