Tu voyages dans notre coeur

Tu vois, on pense à toi ! de Cathy Ytak

tu vois.jpg

Suite à un accident de voiture, Alwena est hospitalisée. Ses amis d’enfance, Clément et Nolan, vont passer une semaine en classe verte sur l’île Scobier, en Charente maritime. Alwena est triste, elle se faisait une telle joie de partir ! Les deux garçons vont alors avoir une idée géniale pour que leur amie fasse partie du voyage. Tous les jours, ils vont lui envoyer un mail pour lui raconter leur journée, lui décrire les paysages. Une belle carte postale virtuelle pour celle qui reste clouée sur son lit d’hôpital. Avant leur départ, Alwena va leur confier une boîte pleine de cailloux que Clément et Nolan devront transporter durant tout le voyage. Beaucoup de mystère autour de cet étrange colis. Pourquoi cette boîte ? Quel message Alwena veut-elle faire passer ?

Une belle histoire d’amitié entre trois amis qui vont se trouver séparés géographiquement mais qui vont rester quotidiennement en contact. On sent immédiatement qu’Alwena est le centre de ce trio. Elle ne sera jamais totalement isolée. Le lecteur rentre tout de suite dans l’histoire, l’auteur campe, dès le début, le décor, le temps, les événements. Cet échange de mails plus ou moins longs donne le ton et le rythme au roman. En fait, ces trois enfants sont sur deux îles, pour Alwena, c’est sa chambre d’hôpital. Les mails représentent un pont qui transmet de la joie à la jeune fille prisonnière d’un quotidien fait de traumatismes et de douleurs. On suit trois histoires en une. Il y a le long rétablissement d’Alwena, le séjour de la classe de primaire et cette boîte confiée aux garçons en lien très étroit avec leur amitié. Chacun apporte quelque chose à l’autre. L’amitié reste le thème principal de ce récit.

Disparition d’un prince

Le secret du quai 13, de Eva Ibbotson

quai.jpg

Londres, la gare de King’s Cross,  quai numéro 13… Dans la salle d’attente se trouve une porte secrète qui donne accès à un tunnel qui mène à une île fantastique, le pays des brumes soudaines où vivent fées, lutins, sorcières. Une vie parallèle à celle des humains, une vie qui peut changer tous les neuf ans, pendant neuf jours …. En effet, le tunnel s’ouvre et laisse entrer ces créatures fantastiques qui peuvent visiter Londres, s’y installer. Mais il faut être vigilant et revenir dans les délais, passés ces neuf jours c’est trop tard !

Cette île est gouvernée par un roi et une reine qui ont un bébé. Alors qu’il n’a que trois mois, ses trois nounous décident de l’emmener à la découverte du monde « réel » et de profiter de l’ouverture du tunnel pour partir à l’aventure. Mais le séjour tourne mal car le prince disparaît. Il est kidnappé par une riche et détestable femme en manque d’enfants. Le tunnel se referme pendant neuf ans… Le pays des Brumes Soudaines est inconsolable. Les parents accablés de chagrin, décident de préparer une opération sauvetage pour la prochaine ouverture du tunnel et nommer une équipe de sauveteurs dont la mission sera de ramener le prince dans son royaume.

Plein de fantaisie et d’humour pour un merveilleux conte. Eva Ibbotson a su créer un univers plein de magie et de légèreté dans lequel on se laisse doucement emporter. De gentils monstres, une adorable sorcière dont le caractère bien trempé la rend particulièrement attachante, voilà tous les éléments d’un bon moment de lecture. Un roman magique qui lie réel et fantastique.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Piet Mondrian ?

Mister Orange de Truus Matti.

mister_orange_RVB

New-York, 1943.

    Tout commence avec une paire de chaussures : le frère aîné de Linus part combattre en France et reçoit donc une paire de bottes neuves. Le garçon récupère alors les souliers de son aîné et lègue les siens à son cadet, et ainsi de suite dans la grande fratrie. Aussi, avec le départ du plus grand, chacun chausse également un autre rôle et doit se débrouiller comme il le peut pour marcher du bon pas et endosser ses nouvelles responsabilités.

     Linus, lui, est désormais chargé des livraisons des fruits vendus par ses parents et fait ainsi de nouvelles rencontres, comme par exemple avec celui qu’il surnomme « Mister Orange », peintre européen qui lui fait entrevoir un monde plein de couleurs brutes et de boogie-woogie. Les sens du héros s’éveillent, sa raison également.

______________________________

     Un très beau texte, poétique et empli de symboles, et qui fait constamment appel à l’imagination. Une histoire visuelle et colorée qui joue sur tous les sens (« Pourquoi ne pas donner de nom aux odeurs ? » demande Linus) et surtout très rythmée. Ce roman fait merveilleusement revivre une époque et un lieu très souvent inconnus de nos jeunes lecteurs. 

Lecture vivement conseillée, à réserver aux bons lecteurs. 

« Tchèquématte ! »

Le fils de l’Ursari de Xavier-Laurent Petit

téléchargement (1)

 

     Fils d’un montreur d’ours, Ciprian, petit Rom fraîchement débarqué à Paris avec sa famille, passe ses journées à observer Mme Baleine et M. Énorme dans les jardins du « Lusquenbour ». Pas pour les détrousser – au grand dam de Karoly, le « chef » du bidonville, qui attend son argent – mais pour suivre leurs parties d’échecs.

     Remarqué pour sa mémoire prodigieuse et son talent pour ce jeu, le garçon entre dans un nouveau monde, bien différent de celui auquel il était habitué depuis son arrivée.

__________________________________

     Raconté à la première personne, ce roman nous donne à voir le quotidien du héros à travers ses propres yeux d’enfant : regard léger mais honnête sur les réalités cruelles de notre monde et du sien. Grâce à une belle écriture et au travail fait sur les mots, l’empathie avec le narrateur est garantie, ce qui amène le lecteur à partager ses réflexions sur le déracinement, la langue, le sens des mots et leur poids, la liberté…

A lire absolument.

Médiateur scolaire… pas si facile !

La bande des pommiers : Pierrick mène l’enquête, de Chantal Cahour

Pierrick a bien le trac en arrivant ce matin-là à l’école. Il a une nouvelle fonction à tenir, celui de médiateur scolaire. Avec quelques autres camarades, il a suivi la formation proposée aux élèves de CM volontaires et aujourd’hui, c’est le grand saut. Avec leurs gilets jaunes fluo, ils circulent dans la cour, au milieu des élèves afin de désamorcer des conflits… Mais la réalité, ce n’est pas juste un exercice en condition ! Et si Pierrick n’était pas à la hauteur ? Et si des jaloux lui menaient la vie dure ? Et si ça l’amenait à découvrir des choses qu’il n’aurait peut-être pas dû savoir, où cela va-t-il le mener ?

Une série qui permet aux jeunes élèves de s’identifier à une situation qui peut être vécue au sein de leur établissement scolaire. Nous avions déjà présenté sur ce blog Votez Pauline de la même série, qui expliquait les rouages des élections et la démocratie. Ici, il s’agit d’un petit guide à l’usage des élèves pour comprendre comment se crée un conflit et comment le désamorcer, que vous ayez ou non dans votre établissement des médiateurs scolaires ! Une série où chacun des livres peut se lire indépendamment, avec toujours comme personnages les huit copains de la Bande des Pommiers  : Magali, Maxime, Pierrick, Pauline, Romain, Clément, Lucie et Myrtille !

Court, vite lu et facile à lire, cette histoire  se lit un peu comme un petit roman policier. Idéal pour les élèves dès la fin du primaire.

Le diable et son valet, d’Anthony Horowitz

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le diable et son valet, d’Anthony Horowitz

le-diable-et-son-valet-bisCette histoire se passe au XVIème siècle en Angleterre. Tom, un garçon du peuple, travaille dans l’auberge « La tête de cochon », un lieu misérable où Tom est battu par les Slope, les aubergistes. Un jour, son destin va changer, grâce à un mystérieux voyageur nommé William Hawkins. Tom va bientôt se retrouver dans une troupe de théâtre, mais l’ambiance y est étrange. Le soir de la première, devant la reine, le danger est tout proche…

Un récit d’aventure au contexte historique bien décrit, qui mêle faits réels et fiction. Ce livre m’a plu, il y a plein de rebondissements, les émotions sont bien décrites et des passages font frissonner…

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Un fabuleux destin…

Angleterre, 1593. Tom, orphelin, travaille dur pour des aubergistes qui, malgré les pénibles labeurs accomplis, le considèrent comme un bon à rien. Un voyageur venant de Londres s’arrête à l’auberge. Très vite, il remarque le jeune garçon. Il a l’air de s’intéresser à Tom. Il informe les aubergistes de son intention d’emmener Tom mais ceux-ci s’y opposent. Une violente bagarre éclate, l’étranger empoigne alors le jeune garçon, le met sur son cheval et part. En chemin, le voyageur tombé en embuscade, est tué, laissant Tom seul face à son sort. La fuite du jeune garçon l’entraîne au Lion Rouge, une taverne de Enfield. Le soir de sa venue, une troupe de comédiens donnent une représentation. Le lendemain, le groupe reprend la route pour Londres emportant Tom avec lui. Tom va devoir se débrouiller dans une ville où il faut se méfier de tout le monde mais où il pourrait aussi devenir ce qu’il voudrait. Le rêve de ce garçon est de devenir acteur, il veut faire du théâtre. Une rencontre va lui donner la chance de sa vie mais va aussi l’entraîner dans des histoires pour le moins surprenantes.

Ce roman nous entraîne dans l’Angleterre du XVIème siècle, dans l’Angleterre de la reine Elisabeth. Il fait référence à des personnages ayant existé. On va même y croiser Shakespeare dans ses débuts. Les premières pages du récit nous font penser aux Ténardier dans les Misérables de Victor Hugo, un couple d’aubergistes qui exploite Cosette. L’auteur nous fait des descriptions très nettes de Londres à cette époque. Le lecteur trouvera même un plan de Londres en 1558, à l’arrière de la couverture. Les images, les odeurs sont si précises que nous n’avons pas de peine à les imaginer.

…Des chevaux caracolaient dans la boue. Des carrioles cahotaient en grinçant. Des chiens aboyaient, des vaches meuglaient, fâchées d’être menées au marché. Dans les ateliers ouverts sur la rue, des ferronniers à demi nus jouaient du marteau et beuglaient leurs instructions à des apprentis empressés. Des menuisiers en tablier de cuir sciaient et coupaient du bois. Un groupe de marins déjà à moitié ivres passa en zigzaguant, riant et chantant à tue-tête.

Et puis il y avait l’odeur. L’odeur des légumes et des épices du marché. Des fruits, frais ou avariés. L’odeur des gens, sales et suant. L’odeur des animaux.

La construction de ce roman est intéressante car le dernier chapitre apporte la réponse aux interrogations du premier chapitre et en milieu de lecture on comprend le titre donné à cette histoire. L’auteur énonce les problèmes de société de cette époque comme le travail des enfants adoptés, les maladies, les inégalités… Les chapitres sont courts et accessibles.

Enregistrer

Des lauriers pour Momo, de Yaël Hassan

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Des lauriers pour Momo, de Yaël Hassan

Et voilà une nouvelle aventure pour Momo qui part dans un internat d’excellence grâce à son comportement sérieux et ses bons résultats. Mais il va devoir quitter sa famille et son quartier. Se fera-t-il les amis qu’il n’a jamais eu ?

Un livre vraiment très bien, et toujours très touchant, mais je trouve que le personnage d’Ahmed, le frère, est vraiment très violent.

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Momo est triste car sa meilleure amie Emilie va déménager à Nice. Il fera donc sa rentrée en 5ème sans elle. Dans un même temps, au vu des ses résultats, le principal du collège envisage d’orienter le jeune garçon dans un internat d’excellence qui offre toutes les conditions de travail des plus favorables et qui renforce les chances de réussite des élèves. Momo est un très bon élève, un élève surdoué même. Le fait de partir en internat provoque en lui de l’enthousiasme mais de la peur aussi. Aller vers l’inconnu, vers une liberté nouvelle, quitter les siens, changer de vie, Momo est envahi par des sentiments contradictoires. Il écrit dans son journal intime et s’adresse à Monsieur Edouard. Que lui aurait-il conseillé ? Après avoir bien réfléchi, Momo accepte. Ce sera la première fois qu’il part de chez lui. Que va-t-il advenir de son amitié avec Emilie ?

Momo continue à être un parfait enfant plein de sagesse et de compassion pour les autres. Il passe une étape importante de sa vie et tombe amoureux. Cet excès de qualités rend presque le héros trop idéaliste, avec trop de bons sentiments. Momo est un saint. Mais nos jeunes lecteurs resteront, je n’en doute pas , encore sous le charme d’un Momo qui grandit et qui doit apprendre à se débrouiller seul. Des lauriers pour Momo fait référence aux deux premiers tomes mais peut se lire indépendamment des deux autres.

Enregistrer