Mémoire de Sénégalais

Verdun 1916 : un tirailleur en enfer, de Yves Pinguilly

tirailleur.jpg

Tierno, un jeune Africain originaire de Guinée. Il va partir pour Dakar intégrer l’école des Blancs. Il est enthousiaste à cette idée. Il quitte sa famille, il fait ses adieux à ses amis et à ses proches. Il se rend à la gare et après une halte chez un oncle, le voilà parti… Mais arrivé à destination, il se rend compte qu’il n’intégrera jamais l’école des blancs, il va être embarqué de force à bord d’un grand bateau pour la ville du Havre en France comme tirailleur. on est en 1916, c’est la première guerre mondiale. Tierno va faire la connaissance d’Aboubakar avec qui il va vite sympathiser. Ensemble, ils vont suivre une formation de cinq mois. Eux qui n’ont jamais tenu un fusil vont être jetés en pâture dans une guerre qui ne les concerne pas, dont ils ne savent rien. Ils vont faire l’expérience de la rigueur militaire, ils sont arrachés à leurs racines et devront saluer le drapeau d’un autre pays. En février 1916, ils seront à Verdun où ils vont côtoyer la mort, la peur. C’est l’enfer. Il y a la perte des camarades mais aussi la mort des hommes qu’il faudra tuer pour survivre. Habitués à la chaleur équatoriale, ils vont connaître la dureté d’un climat de l’Est de la France trop froid pour eux.

Le lecteur vit la guerre de l’intérieur à travers des personnages qui sont dignes, qui se battent. On a vraiment l’impression d’être dans les tranchées aux cotés des soldats. C’est un autre aspect de la guerre de Verdun qui est relaté, du côté des tirailleurs sénégalais qui se battent avec acharnement face à un ennemi mieux équipé. Ces mêmes Sénégalais méprisés par les Blancs.

L’horreur de la guerre est la même que vous soyez blancs ou noirs. Tous ces soldats souffrent, jouent leur vie, se sacrifient. Yves Pinguilly rend ici un vibrant hommage à tous ces tirailleurs sénégalais morts pour la France.

Un avenir à reconstruire

Le journal de ma nouvelle vie, de Yves-Marie Clément

Ambre-Océane est une joyeuse adolescente, élève enclasse de  4ème au collège Jean Moulin de Saint-Maur. Elle pratique le judo et plus tard elle voudrait en faire sa profession. Elle a tout pour être heureuse mais le destin va en décider autrement… C’est l’accident, le trou noir. Une vie brisée, des espoirs qui s’effondrent, une adolescence qui s’effrite. Ne pas pouvoir revenir en arrière, un horizon qui s’obscurcit, faire le deuil de son ancienne vie. Comment remonter la pente quand son existence a basculé ?

Un journal intime où se mêlent émotion et colère, culpabilité et pardon. C’est le choc quand le diagnostic tombe. Tout s’écroule. Le désarroi des parents, des amis soudés, une jeune fille qui doute. Cette histoire est touchante. Le récit ne se veut pas larmoyant mais il dégage des émotions qui nous submergent au fil des pages. Il nous fait relativiser les petits bobos du quotidien et nous donne une leçon de vie.

Moi Benjamin, quatrième B

Ma place dans le puzzle, de Didier JEAN & ZAD

Benjamin, 13 ans,  a une petite vie bien tranquille de collégien, entre sa bande de copains, son cours de hip-hop, ses amours naissantes . Il a toujours vécu seul en appartement avec sa mère, artiste, et voit régulièrement son père qui, même s’il est parti à sa naissance et s’en occupe assez peu, l’a reconnu, et garde des liens sains et sereins avec eux. Pourtant, ce quotidien bien réglé (et c’est vraiment le cas de le dire car la mère de Benjamin a dressé une série de règles numérotées sur les bonnes manières à appliquer au quotidien) va être totalement chamboulé lorsque celle-ci va tomber amoureuse d’un ingénieur veuf, père de deux adolescents… Comment ne pas être jaloux de devoir partager sa mère, comment construire le puzzle familiale d’une nouvelle vie… Déménagement, changement de collège, changement de copains, des demi-frère et soeur, rien ne sera vraiment facile…

« Mes années collège », est une collection des éditions Nathan, qui « invite des écrivains à donner, à la première personne, la parole et une voix intime à des personnages de collégiens ». Ici, ce roman sur la famille recomposée, sur la difficulté de reconstruire un quotidien au milieu d’étrangers sonne vraiment juste. Un récit de vie qui se lit d’une traite, un peu à la manière d’un roman policier, aux multiples rebondissements, et où l’on veut forcément savoir le dénouement. Les personnages sonnent juste et les thèmes abordés parleront forcément aux adolescents.

 

Homo trouillardus

Bouh ! Aaaaaa ! Iiiiiiiiiih !, de Delphine Godard et Nathalie Weil, ill. par Nicolas Trève

Un livre documentaire sur la peur, ça vous tente ? Cet ouvrage va répondre à toutes vos interrogations sur cette émotion qui n’est étrangère à personne… L’homme a-t-il toujours été peureux ? A-t-on les mêmes peurs partout dans le monde ? Les animaux connaissent-ils aussi la peur ? Comment notre corps réagit-il face à la peur ? C’est quoi une phobie ? Comment réagir lorsque la peur est telle qu’elle nous paralyse ? Pourquoi lit-on des histoires qui font peur ? Pourquoi certains recherchent-ils constamment les poussées d’adrénaline ? Comment vit-on lorsque l’on a choisi un métier dangereux ?  Pourquoi fait-on des cauchemars ? Peur d’être seul ou peur des autres ?

Un livre très coloré, abondamment illustré (et la page sur les cauchemars, avec le panneau gauche intitulé « L’enfer » du triptyque de Jérôme Bosch « Le jardin des délices » choisi particulièrement à propos !), agrémenté de multitudes de rabats qui font le bonheur des lecteurs… et une première de couverture qui n’incite qu’à une chose… ouvrir le livre et trembler un peu. Mais après sa lecture, aurez-vous plus ou moins peur de tout ? A vous de nous le dire !

Un hôtel dans une rue oubliée…

Hôtel des frissons, 1. Le collectionneur, de Vincent Villeminot

Un  nouveau client vient d’arriver… Avec ses innombrables boîtes  à chapeau, il a investi tout le deuxième étage de l’hôtel. Et d’après ce qu’ont compris Margaux, 9 ans, la fille du propriétaire et son ami Tristan, 10 ans,  le fils du cuisinier, mieux vaut ne pas s’y aventurer… Mais que faire de la boîte tombée du chariot ?

Hôtel des frissons, 2. La chambre froide, de Vincent Villeminot

Tristan a piqué le trousseau de clé de son père et emmène Margaux dans la chambre froide pour un goûter mémorable. Mais des bruits bizarres se font entendre, et tous ces animaux morts suspendus à leurs crochets, ce n’est pas très engageant ! Il lui montre même un passage secret qui leur permettent de quitter la pièce, ni vu ni connu,  en lui faisant bien promettre d’oublier ce qu’il vient de lui montrer… Mais la curiosité de Margaux est piquée au vif !

Les jeunes lecteurs avides de frissons seront servis ! L’endroit qui sert de décor à l’histoire, cet hôtel sordide dans une rue oubliée, est vraiment fait pour vous mettre dans l’ambiance… Car pour adhérer à l’histoire, il faut accepter le côté un peu sordide, qui, même si on arrive à bloquer un peu notre imagination, nous est renvoyé par les illustrations ! En effet, le petit résumé de présentation ne dévoile pas le fond de l’histoire, qui tend vers le conte ou le fantastique avec des histoires de loup-garou ou d’ogre… et le lecteur n’est pas au bout de ses surprises. J’avoue que personnellement, ça m’a laissé un peu perplexe, mais j’attends avec impatience de connaître le retour de mes lecteurs ! Original… mais on ne pouvait en attendre moins de l’auteur, Vincent Villeminot.

Toutes les maisons des alentours sont fermées. Leurs fenêtres ont été murées. Un vent méchant bat l’endroit toute l’année. S’il doivent passer par là, les habitants de la ville pressent le pas. […]. Pourtant, l’hôtel, lui, semble intact. La nuit, la façade est dorée, brillamment éclairée.

 

 

Les filles au chocolat, 3. Coeur mandarine, de Cathy Cassidy

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Les filles au chocolat, 3. Cœur Mandarine, de Cathy Cassidy

Summer a 13 ans. Elle est passionnée par la danse classique. Un jour, une dame vient voir le cours de danse. Que veut cette dame ? Pourquoi est-elle là ? C’est là que Summer apprend qu’elle est sélectionnée pour passer des examens d’entrée pour entrer dans une prestigieuse école de danse. Summer veut à tout prix réussir cet examen et même perdre quelques kilos pour être mieux.
Mais elle est déjà mince lorsqu’elle commence son régime et elle commence à avoir des vertiges…
Et personne n’est au courant de ce qu’elle fait…

Une histoire qui avance bien, un livre qui  se lit vite. On n’est pas obligé de lire les premiers livres  mais c’est quand même mieux ( Coeur cerise et Coeur guimauve). De plus, on apprend des choses sur ce qu’est l’anorexie.

Vivement le tome 4 !

Alicia, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Une série au succès jamais démenti au CDI, disponible aussi en bande dessinée (avec tout autant de succès !)

Chagrins d’amitié

Les 5 lettres du mot cœur, de Cathy Cassidy

 

les-5-lettres-du-mot-coeurOn a tous rencontré de vrais amis, des amis pour toujours à qui on a promis fidélité quoiqu’il arrive. Le plus souvent, ça commence à l’école, les années passent, les liens se resserrent. On a fait un pacte, l’amitié plus forte que tout. L’amitié qu’on veut éternelle jusqu’au jour où … tout vole en éclats. C’est la claque, tout s’écroule. On vit alors avec des souvenirs qui nous écrasent, qui nous étouffent. L’indifférence, la haine parfois nous submergent parce que la souffrance nous envahit. Comment en est-on arrivé là ? Des amis sortis de notre vie mais pas de notre cœur. Nous voilà inconsolables…

Les 5 lettres du mot coeur nous entraîne dans ce tourbillon de l’amitié perdue. Est-il possible de renouer des liens, de tout reprendre à zéro ? Cathy Cassidy évoque de belle manière la rupture amicale et ses effets. L’amitié est source de bonheur, elle peut être fragile et déstabilisante aussi. Parfois, ça peut être plus destructeur qu’un chagrin d’amour. Etonnant ? Je ne pense pas. On aime imaginer que les liens seront indestructibles mais la réalité est quelquefois bien différente. Faut-il accepter la fin d’une amitié ou se persuader que tout peut reprendre ?

Dans Les 5 lettres du mot cœur, on suit une bande de cinq ados très unis. Mais en l’espace d’une soirée tout va basculer. Il n’y aura plus d’échanges, plus de contacts. Chacun partira de son côté sans plus donner de nouvelles. Petit à petit, le récit va se resserrer autour de deux anciens de la bande qui seront les narrateurs et dont on partagera les ressentis, les douleurs. Le passé les hante, les emprisonne et les égratigne. Pourquoi tant de distance, pourquoi autant de non-dits ? Ils n’arrivent pas à avancer, à se faire de nouveaux amis car ils craignent de souffrir une nouvelle fois. Mais l’histoire a quelque chose de plus profond qu’une banale rupture amicale, elle a un côté dramatique révélé par une fin inattendue.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer