Un hôtel dans une rue oubliée…

Hôtel des frissons, 1. Le collectionneur, de Vincent Villeminot

Un  nouveau client vient d’arriver… Avec ses innombrables boîtes  à chapeau, il a investi tout le deuxième étage de l’hôtel. Et d’après ce qu’ont compris Margaux, 9 ans, la fille du propriétaire et son ami Tristan, 10 ans,  le fils du cuisinier, mieux vaut ne pas s’y aventurer… Mais que faire de la boîte tombée du chariot ?

Hôtel des frissons, 2. La chambre froide, de Vincent Villeminot

Tristan a piqué le trousseau de clé de son père et emmène Margaux dans la chambre froide pour un goûter mémorable. Mais des bruits bizarres se font entendre, et tous ces animaux morts suspendus à leurs crochets, ce n’est pas très engageant ! Il lui montre même un passage secret qui leur permettent de quitter la pièce, ni vu ni connu,  en lui faisant bien promettre d’oublier ce qu’il vient de lui montrer… Mais la curiosité de Margaux est piquée au vif !

Les jeunes lecteurs avides de frissons seront servis ! L’endroit qui sert de décor à l’histoire, cet hôtel sordide dans une rue oubliée, est vraiment fait pour vous mettre dans l’ambiance… Car pour adhérer à l’histoire, il faut accepter le côté un peu sordide, qui, même si on arrive à bloquer un peu notre imagination, nous est renvoyé par les illustrations ! En effet, le petit résumé de présentation ne dévoile pas le fond de l’histoire, qui tend vers le conte ou le fantastique avec des histoires de loup-garou ou d’ogre… et le lecteur n’est pas au bout de ses surprises. J’avoue que personnellement, ça m’a laissé un peu perplexe, mais j’attends avec impatience de connaître le retour de mes lecteurs ! Original… mais on ne pouvait en attendre moins de l’auteur, Vincent Villeminot.

Toutes les maisons des alentours sont fermées. Leurs fenêtres ont été murées. Un vent méchant bat l’endroit toute l’année. S’il doivent passer par là, les habitants de la ville pressent le pas. […]. Pourtant, l’hôtel, lui, semble intact. La nuit, la façade est dorée, brillamment éclairée.

 

 

Les filles au chocolat, 3. Coeur mandarine, de Cathy Cassidy

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Les filles au chocolat, 3. Cœur Mandarine, de Cathy Cassidy

Summer a 13 ans. Elle est passionnée par la danse classique. Un jour, une dame vient voir le cours de danse. Que veut cette dame ? Pourquoi est-elle là ? C’est là que Summer apprend qu’elle est sélectionnée pour passer des examens d’entrée pour entrer dans une prestigieuse école de danse. Summer veut à tout prix réussir cet examen et même perdre quelques kilos pour être mieux.
Mais elle est déjà mince lorsqu’elle commence son régime et elle commence à avoir des vertiges…
Et personne n’est au courant de ce qu’elle fait…

Une histoire qui avance bien, un livre qui  se lit vite. On n’est pas obligé de lire les premiers livres  mais c’est quand même mieux ( Coeur cerise et Coeur guimauve). De plus, on apprend des choses sur ce qu’est l’anorexie.

Vivement le tome 4 !

Alicia, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Une série au succès jamais démenti au CDI, disponible aussi en bande dessinée (avec tout autant de succès !)

Chagrins d’amitié

Les 5 lettres du mot cœur, de Cathy Cassidy

 

les-5-lettres-du-mot-coeurOn a tous rencontré de vrais amis, des amis pour toujours à qui on a promis fidélité quoiqu’il arrive. Le plus souvent, ça commence à l’école, les années passent, les liens se resserrent. On a fait un pacte, l’amitié plus forte que tout. L’amitié qu’on veut éternelle jusqu’au jour où … tout vole en éclats. C’est la claque, tout s’écroule. On vit alors avec des souvenirs qui nous écrasent, qui nous étouffent. L’indifférence, la haine parfois nous submergent parce que la souffrance nous envahit. Comment en est-on arrivé là ? Des amis sortis de notre vie mais pas de notre cœur. Nous voilà inconsolables…

Les 5 lettres du mot coeur nous entraîne dans ce tourbillon de l’amitié perdue. Est-il possible de renouer des liens, de tout reprendre à zéro ? Cathy Cassidy évoque de belle manière la rupture amicale et ses effets. L’amitié est source de bonheur, elle peut être fragile et déstabilisante aussi. Parfois, ça peut être plus destructeur qu’un chagrin d’amour. Etonnant ? Je ne pense pas. On aime imaginer que les liens seront indestructibles mais la réalité est quelquefois bien différente. Faut-il accepter la fin d’une amitié ou se persuader que tout peut reprendre ?

Dans Les 5 lettres du mot cœur, on suit une bande de cinq ados très unis. Mais en l’espace d’une soirée tout va basculer. Il n’y aura plus d’échanges, plus de contacts. Chacun partira de son côté sans plus donner de nouvelles. Petit à petit, le récit va se resserrer autour de deux anciens de la bande qui seront les narrateurs et dont on partagera les ressentis, les douleurs. Le passé les hante, les emprisonne et les égratigne. Pourquoi tant de distance, pourquoi autant de non-dits ? Ils n’arrivent pas à avancer, à se faire de nouveaux amis car ils craignent de souffrir une nouvelle fois. Mais l’histoire a quelque chose de plus profond qu’une banale rupture amicale, elle a un côté dramatique révélé par une fin inattendue.

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« Nous sommes faits de nos souvenirs »

La cité de l’Oubli, Sharon Cameron

Résultat de recherche d'images pour "la cité de l'Oubli"A Canaan, les habitants vivent dans une cité fermée par des murs et ne sont pas autorisés à aller au-delà. Dans cette cité particulière, tous les douze ans, un phénomène étrange et mystérieux se produit, l’Oubli. Tous les habitants perdent la mémoire et oublient qui ils sont, leurs familles, leurs amis, comme s’ils repartaient de zéro et commençaient une nouvelle vie. Pour se rappeler, ils écrivent régulièrement dans des livres conservés ensuite aux Archives. Sans leurs souvenirs, ils ne sont rien et si leur livre est perdu, le Conseil fait d’eux des Perdus. Car la ville est dirigée par un Conseil décidant des sanctions et du sort de chacun après l’Oubli. Cependant Nadia, fille de la teinturière, n’a pas oublié et l’Oubli n’agit pas sur elle. Elle se souvient de tout, notamment de son père qui a profité de l’Oubli pour l’abandonner mais n’en connait pas les raisons. Le nouvel Oubli approche, Nadia doit percer le mystère avant que sa famille oublie à nouveau. Avec Gray, le fils du souffleur du verre, les deux protagonistes vont prendre des risques dangereux pour découvrir et révéler les secrets de la Cité de Canaan. Nadia et Gray vont se rendre derrière le mur et découvrir ce qu’est véritablement Canaan et ce qui produit l’Oubli.

La cité de l’Oubli met en narration des personnages habitant dans une ville où l’époque n’est pas définie mais ne ressemble pas à la société dans laquelle nous vivons. Teinturière, souffleur de verre, archiviste, l’ensemble des habitants travaille pour être utile à la communauté. Il n’est jamais question d’argent et tous possèdent un objet précieux : leur livre constituant une partie d’eux et de leurs souvenirs. La règle d’or est de ne jamais l’abandonner, de le garder toujours attaché sur soi. Car quand l’Oubli arrivera, seul ce livre sera en mesure de déterminer qui ils sont et ce qu’ils deviendront. Depuis leur plus jeune âge, les habitants de Canaan apprennent une attitude fondamentale, celle de toujours écrire la vérité. A la fin de chaque chapitre de l’ouvrage, nous pouvons lire les écrits de Nadia inscrits dans son livre.

L’histoire est une dystopie où nombreux sont les rebondissements inattendus et le suspens à son comble. Au début de l’ouvrage, le lecteur s’interroge sans cesse sur la Cité de Canaan et cet Oubli qui approche ayant lieu tous les douze ans. Quel est ce mur que Nadia passe à l’abri des regards ? Pourquoi est-il interdit de sortir de cette Cité ? Qui sont les habitants de Canaan ? Où se situe cette Cité où il faut se reconstruire tous les douze ans ? Pourquoi Nadia n’oublie -t- elle pas comme les autres ? Une multitude de questions traverse l’esprit du lecteur n’étant pas au bout de ses surprises !

Nadia et Gray, les deux personnages principaux, traversent le mur et tentent de voler le Premier Livre de l’Oubli pour connaître la vérité. Plus ils avancent dans leur enquête, plus ils vont comprendre que la population de Canaan est manipulée depuis le début. Mais comment faire éclater la vérité et faire évoluer les choses alors que la population va bientôt tout oublier ? Le défi que se lancent Nadia et Gray ne sera pas sans conséquences et des vies seront en péril. L’impact de leurs déclarations sera violent et chacun devra faire un choix.

La Cité de l’Oubli raconte une histoire originale où il est difficile au départ de percevoir où l’auteure nous conduit. Sharon Cameron dépeint un monde nouveau, dresse un modèle de société différent de celle dans laquelle nous évoluons. Une cité fermée où la population se renouvelle tous les douze ans et oublie tout. Seuls les livres apparaissent garants de leur mémoire. Envoûtant, ce roman conduit surtout le lecteur à se questionner sur le monde, sur la vie. Renouveler les habitants de la planète ou d’une ville permettrait-il d’instaurer un ordre parfait dans une société ? Au profit de qui ? Parfois, vaut-il mieux oublier ou vivre avec ses souvenirs ? Et vous, si vous aviez le choix, oublieriez-vous pour renaître ?

Un roman intéressant au vue des réflexions qu’il suscite une fois le livre fermé que je conseille seulement  à partir de quinze ans. Il semble selon moi être un livre adressé plutôt aux jeunes adultes. Les plus jeunes lecteurs vont se trouver face à la complexité de l’histoire et ce roman peut perdre tout son intérêt s’il n’est pas compris. Surtout qu’il faut s’accrocher pour cerner les premiers éléments permettant de s’immerger dans la Cité de l’Oubli !

Merci aux éditions Nathan pour cette avant-première ! La Cité de l’Oubli paraîtra le 5 Octobre !

 

 

Qui est le coupable?

Trafic à la gare de Norvège, de Corinne Bouchard, Pierre Mezinski et Marcelino Truong.

gare norvège

Un meurtre a eu lieu à la gare de Norvège, le vieux Samsonnet, un homme peu aimé, a été retrouvé égorgé. Tout porte à croire que le coupable est la chienne Mikado, un berger nivernais à poils noir qu’Aladdin adorait. Aladdin est le personnage principal de l’histoire, un nouvel élève arrivé en milieu d’année scolaire et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.

Aladdin ne croit pas à la théorie du meurtre occasionné par la chienne même si tout laisse penser que c’est elle: on retrouve les marques de dents de la chienne sur le corps.

A l’aide de ses amis, Héloïse, Navigio et Moumouni,  Aladdin va mener l’enquête, trouver de nombreux indices, pistes et les amis vont être de vrais petits détectives.

Vont-ils trouver qui est le « vrai » coupable?

Ce livre pourra plaire à tout élève qui aime les petites enquêtes policières. L’intrigue est intéressante, l’écriture nous laisse assez longtemps le suspens et le livre se lit vraiment très bien.

Et pour tous les amateurs de roman policier, un petit documentaire ( feuille jaune à la fin) sur les enquêtes policières: la balistique, le portrait robot …

La tête dans les étoiles

L’inventeur, de René Escudié

inventeur.jpg

Le narrateur est un petit garçon passionné d’inventions. Il a déjà fabriqué un satellite, un sous-marin et bien d’autres choses. Sébastien c’est son copain mais il est moins passionné et quelquefois ils se disputent. Ce petit garçon vit dans un monde imaginaire où il s’est inventé un monstre, un extraterrestre qu’il va appeler Zorg mais qu’il n’a jamais vu. Il se réfugie dans cet univers où il peut se faire des amis. Il rêve d’atteindre les étoiles à la recherche de Zorg.

Un livre plaisant, un récit facile qui s’adresse à nos très jeunes lecteurs.

Criminel de papier

Créature contre créateur, de Sarah K

Professeur de français au prestigieux lycée Louis-le-Grand à Paris, Victor  croit devenir fou. Depuis cette séance de spiritisme lors d’un congrès auquel il a assisté durant l’été, des choses étranges se produisent : des meurtres sont commis qui semblent l’impliquer. Mais pour lui, le meurtrier ressemble trait pour trait au personnage qu’il avait créé lors d’une ébauche de roman mais dont personne ne connait l’existence. Et les mises en scène des crimes semblent directement tirées de son histoire… La rentrée s’annonce difficile. Qui est le coupable ? Un proche, selon la police, qui est sur les dents. Victor se met à douter de tout le monde, de son meilleur ami,  de ses trop brillants élèves…

Un titre pas très bien choisi et une couverture pas très réussie pour un roman haletant et rempli de suspens. Un roman policier bien écrit dont l’intrigue tient le lecteur jusqu’au bout, avec un coupable dévoilé tardivement et une fin totalement inattendue !

Et vous savez quoi ? Je viens d’apprendre que Sarah Cohen-Scali et Sarah K ne seraient qu’une seule et même personne ! Un écrivain de littérature de jeunesse très justement réputé qui signe d’un pseudonyme des textes de qualité (voir également la nouvelle Le choc dans le recueil Les dents de la nuit (écrite par Sarah K dans une anthologie présentée par Sarah Cohen-Scali, vous me suivez toujours ?), de quoi nous embrouiller ! Mais dommage qu’elle n’ait pas pensé à nous, pauvres documentalistes, qui devons étiqueter les ouvrages… Un nom de famille d’une seule lettre, ça perturbe notre classement  (oui, je sais, je suis parfois un peu psycho-rigide !) !!!

Une intrigue  qui aurait tout à fait pu être à destination des adultes, mais l’auteur a fait le choix d’en faire une oeuvre de littérature jeunesse (que les adultes peuvent tout à fait prendre plaisir à lire). Le roman débute dans un univers fantastique qui glisse doucement vers un quotidien plus banal d’intrigue policière pure (en général c’est plutôt l’inverse !). De nombreuses références littéraires égrainent le texte. Le meurtrier s’inspire directement de la littérature classique (Hamlet et Raskolnikov)

Eh bien, pour moi, Hamlet est un criminel. Si on y réfléchit bien, son crime est encore plus atroce que celui de Raskolnikov. Tu sais, quand j’avais des troisièmes […] Une année j’ai voulu étudier Hamlet. Comme je voyais que ça ne fonctionnait pas bien, je leur ai fait visionner une cassette du Roi Lion.

Quoi ?

Oui, t’as bien entendu, Le Roi Lion de Walt Disney. C’est quasiment la même histoire ! Scar, l’oncle de Simba, tue son frère pour s’emparer de son royaume. Pour cela, il utilise le petit Simba et lui fait croire que c’est lui-même qui a tué son père au cours d’un accident. Plus tard, alors qu’il est adulte, le jeune Simba voit en songe le fantôme de son père qui lui apprendla vérité, et il décide de se venger. […]

Petit bémol cependant pour le personnage de Grillon, élève brillant sortant de banlieue pour intégrer un lycée prestigieux… un peu trop cliché (il aurait mérité un traitement plus développé pour que le lecteur trouve un intérêt réel à la présence de ce personnage dans l’histoire).

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