Médiateur scolaire… pas si facile !

La bande des pommiers : Pierrick mène l’enquête, de Chantal Cahour

Pierrick a bien le trac en arrivant ce matin-là à l’école. Il a une nouvelle fonction à tenir, celui de médiateur scolaire. Avec quelques autres camarades, il a suivi la formation proposée aux élèves de CM volontaires et aujourd’hui, c’est le grand saut. Avec leurs gilets jaunes fluo, ils circulent dans la cour, au milieu des élèves afin de désamorcer des conflits… Mais la réalité, ce n’est pas juste un exercice en condition ! Et si Pierrick n’était pas à la hauteur ? Et si des jaloux lui menaient la vie dure ? Et si ça l’amenait à découvrir des choses qu’il n’aurait peut-être pas dû savoir, où cela va-t-il le mener ?

Une série qui permet aux jeunes élèves de s’identifier à une situation qui peut être vécue au sein de leur établissement scolaire. Nous avions déjà présenté sur ce blog Votez Pauline de la même série, qui expliquait les rouages des élections et la démocratie. Ici, il s’agit d’un petit guide à l’usage des élèves pour comprendre comment se crée un conflit et comment le désamorcer, que vous ayez ou non dans votre établissement des médiateurs scolaires ! Une série où chacun des livres peut se lire indépendamment, avec toujours comme personnages les huit copains de la Bande des Pommiers  : Magali, Maxime, Pierrick, Pauline, Romain, Clément, Lucie et Myrtille !

Court, vite lu et facile à lire, cette histoire  se lit un peu comme un petit roman policier. Idéal pour les élèves dès la fin du primaire.

Intrigue au cimetière

Une semaine au cimetière, de Yves Pinguilly

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Quatre amis, Didier, Ayaba, Béatrice et Armand ont l’habitude de se retrouver dans une casse autos pour se raconter des histoires. Mais ce soir, ils ne sont que trois à se rendre dans le cimetière pour voitures. Armand n’est pas là. Mais alors qu’ils arrivent parmi les carcasses de voitures, ils sont intrigués par une masse sombre allongée sur l’allée. Au début, ils pensent que c’est le gardien Antirouille qui fait semblant de dormir pour les piéger. Au bout d’un moment, ils avancent plus près mais ils ne reconnaissent pas la silhouette. Ils se penchent, du sang s’écoule du corps. Pas de doute, l’individu est mort… Didier allume alors sa lampe torche et reconnaît avec horreur monsieur Douvreleur, le père d’Armand. En un instant, ils se rappellent que leur ami avait prononcé cette phrase bien mystérieuse : « ça va finir par lui ou moi ». Armand a-t-il tué son père ? Un père souvent alcoolisé et violent. Pris de panique, les amis décident de cacher la dépouille. Ils rentrent alors chez eux en se promettant de ne rien dire sur ce qu’ils ont vu.. Mais le mort va être découvert et une enquête va être ouverte. C’est bien mal parti pour les amis poursuivis par le mystère du cadavre du cimetière.

Un récit bien mené où le mystère reste entier jusqu’à la fin.

Un « meurtre » bien intriguant

Coups de théâtre, de Christian Grenier.

Laure-Gisèle, surnommée Logicielle, est stagiaire au côté de l’inspecteur Germain. Alors qu’ils dînent tranquillement ensemble, Germain souhaite regarder une pièce de théâtre retransmise en direccoup de théâtret à la télévision. Logicielle prend donc congé et Germain s’installe pour regarder la pièce.  Celle-ci commence par un levé de rideau où l’on découvre une jeune femme, Matilda, qui gît, face contre terre, un poignard planté dans le dos. L’inspecteur trouve ce début original et donnant envie de connaître la suite.

Sauf que cette scène dure… bien trop longtemps et n’était donc pas prévue. A partir de cet instant, l’inspecteur est appelé pour aller enquêter sur le meurtre de la jeune femme. Il sera durant tout le livre accompagné par Logicielle.

Les deux policiers se rendent donc au Théâtre du Crime ( quel nom !) pour mener l’enquête : interrogations de tous les acteurs : Loulou (fille de Matilda) et Alfredo, personnel responsable de l’organisation ( pompier, régisseur, barman …) , directeur, auteur de la pièce … L’enquête va être pleines de rebondissements, de points à éclaircir, de moments qui ne coïncident pas pour trouver le coupable. Je m’arrêterai là pour que ceux qui veulent lire le livre ait encore du suspens.

L’auteur, Christian Grenier nous emmène dans son enquête policière d’une belle manière puisqu’il raconte celle-ci sous forme de pièce de théâtre en plusieurs actes. Le lecteur participe ainsi à la mise en scène de toute cette affaire policière. L’auteur nous embarque dans l’intrigue, on passe de coup de théâtre en coup de théâtre, de déduction en déduction avec beaucoup de fluidité, tout est naturel. 

Les élèves pourront également enrichir leur vocabulaire et leurs connaissances dans le domaine du théâtre et pourquoi pas adapter, en partie ce livre en pièce de théâtre.

 

 

 

Lire entre les lignes

Seuls dans la ville entre 9h et 10h30, d’Yves Grevet

Résultat de recherche d'images pour "seuls dans la ville entre 9h et 10h30 syros"Mme Darlène, professeur de français a une riche idée.  Elle propose à sa classe de terminale une expérience littéraire : « Postez-vous seul(e) à un endroit du centre-ville entre 9 heures et 10h30, et écrivez ce que vous voyez ou ce que cela vous inspire. La forme est libre : description, fiction, poésie… ». Les vingt-quatre élèves de la classe se prêtent au jeu et tous rendent un texte à leur professeur écrit durant ce temps de « Création-récréation ». Depuis, ils ont appris que le notaire de la ville, Maître Marideau a été assassiné ce matin du 23 mars où ils étaient répartis dans le centre-ville pour rédiger leur chef-d’œuvre. Le corps de celui-ci a été retrouvé à l’arrière d’une Mercedes bleue. Deux semaines après, Erwan est préoccupé par cette affaire et souhaiterai pouvoir aider la police à résoudre l’enquête. Les copies des élèves révèlent peut-être des éléments étant susceptibles d’élucider la situation. Mais Madame Darlène refuse de l’entendre et conseille plutôt à Erwan de se concentrer sur l’examen du baccalauréat qui approche à grand pas. Néanmoins Erwan ne compte pas en rester là. Avec Cassandre, ils décident d’entremêler leurs révisions avec l’étude des éléments qui pourraient aider la police à résoudre cette enquête criminelle.

Yves Grevet maîtrise l’art de laisser planer le mystère dès les premières lignes jusqu’au dernier signe de ponctuation du livre.  Pour écrire ce roman à énigme, il invente vingt-quatre copies d’élèves où potentiellement se trouvent des informations pour clarifier l’enquête. Erwan et Cassandre décortiquent ces copies en espérant élucider le meurtre du notaire. L’auteur livre des textes différents tant sur la forme que sur le fond, de la science-fiction à la poésie en passant par des textes plus techniques. Le lecteur s’amuse de surcroît à lire les commentaires de l’enseignante qu’elle inscrit sur chaque copie.

Par cette initiative astucieuse, il suscite un vif intérêt chez le lecteur, curieux de découvrir au fil des pages les textes rédigés par Erwan, Cassandre, Clémence, Apolline, Milan, Philémon, Salomé, etc. Et montre par ce biais que l’écriture est un terrain où l’imagination peut se laisser déborder à l’infini.

Les écrits laissent transparaitre par ailleurs la personnalité de chaque adolescent de cette classe de terminale littéraire. En quelques lignes, Yves Grevet crée des personnages divers et dresse le portrait d’une classe de lycéens ordinaires. Il expose les agréables années au lycée, les relations nouées à un âge où les amis et les premiers amours deviennent sérieux et capitaux.

Seuls dans la ville entre 9 heures et 10h30 évoque aussi les différentes classes sociales auxquelles appartiennent les personnages à travers la relation entre Cassandre et Erwan. Cassandre, issue de classe très aisée voit son père rejeter Erwan car appartenant à un milieu modeste où son père enchaîne les CDD et l’intérim. Néanmoins, Cassandre ne perçoit aucun problème à fréquenter Erwan et refuse de se plier aux ordres de son père. Yves Grevet parle aussi d’un âge où les jeunes commencent à s’émanciper et se construire.

Rarement déçue par Yves Grevet, Seuls dans la ville entre 9 heures et 10h30 est une réussite. Un roman à énigme ultra original où l’histoire mêle le goût pour les lettres et pour les enquêtes. Nous retrouvons dans cet ouvrage les thèmes phares de l’auteur comme les liens familiaux et l’apprentissage de l’autonomie et de la liberté. Suspens, rebondissements et inattendus, l’auteur joue avec les mots pour tenir le lecteur et éveiller sa curiosité. Il partage et transmet de surcroit par cette expérience littéraire son amour pour l’écriture. Un roman que je recommande infiniment aux jeunes et moins jeunes lecteurs mordus de lecture et d’enquête !

L’expérience littéraire proposée par Madame Darlène « Création-récréation » m’a personnellement convaincue, et si on tentait avec nos dévoreurs de livres ? En espérant qu’un meurtre ne se produise pas ce jour-là…

Rumeur

Bruits de couloir, de Roger Judenne

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Tristan, élève de quatrième au collège Anne Frank, est le fils du professeur de gym. Tout se passe bien, le jeune garçon a des copains, une vie familiale sereine et un père passionné par ce qu’il fait, bien considéré au sein de l’établissement par ses collègues et par les élèves. Paul est son meilleur ami. Mais une rumeur va parcourir les couloirs du lycée. Tristan se sent mal à l’aise. Les regards sont pesants. Quand il passe, les élèves chuchotent. Il ne comprend pas. Paul va lui apprendre que son père serait accusé d’agression sexuelle sur un élève. Tout bascule, la vie de Tristan et de ses parents va s’écrouler.

Bruits de couloir,  un roman qui va faire prendre conscience du danger d’une accusation. Un élève décide de se venger de son prof de gym mais le moyen qu’il emploie va détruire la vie de celui-ci. Comment la rumeur peut faire des ravages… Même si la vérité arrive à être rétablie, les accusations laissent des traces. Comment retrouver une crédibilité ? Le mensonge peut être lourd de conséquences. Un roman qui fait réfléchir…

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Voleur de poules

De bien étranges disparitions, de Florence Jenner-Metz

1540-1Antoine vient d’arriver dans ce petit village de Vauthiermont. A l’école, c’est « le nouveau ». Alors, quand des vols de poules ont lieu chez le père Benoît, son voisin, il est forcément accusé… Mais bientôt, les soupçons se porteront plutôt sur Djibril, qui, non seulement est aussi un « nouveau », mais en plus, est d’origine africaine ! « Ce serait bien le coup d’un Africain ! Mangeur et voleur de volaille ». Ni une ni deux, nos deux accusés se lient d’amitié et se serrent les coudes dans l’adversité : « Je viens de réaliser quelque chose de terrible : un étranger, c’est un coupable parfait ! Djibril est encore plus étranger que moi. Donc bien plus coupable… Le pire dans tout ça, c’est qu’avant, je n’aurais rien dit et j’aurais haussé les épaules pour aller jouer avec mes copains […] ». Mais pour prouver leur innocence, il va falloir mener l’enquête et la jouer serré.

Un petit roman pour aborder le genre du policier en toute sérénité. Ce texte en profite pour distiller, -de manière peut-être parfois un peu facile (par exemple dans le choix des professions des parents de Djibril)-, des messages de tolérance, d’entraide, pour tenter de contrer les préjugés … Tout à fait d’actualité en ces temps pas si lointain d’élection et de campagne présidentielles.

Facile et rapide à lire. Idéal dès la fin de primaire.

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Double jeu

Les collégiens mènent l’enquête, de Chrystine Brouillet

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Alexandra est québécoise et vient de faire sa première rentrée scolaire dans un collège en France. Plus tard, elle veut devenir professeur de gymnastique. Elle se fait tout de suite des amis : Antoine, Gabriel et Too-hi-li. Elle adore le hockey et veut d’ailleurs faire partager sa passion à ses nouveaux camarades.

Très vite, les quatre amis vont être intrigués par le comportement de leur professeur de chimie, monsieur Jolivet. Il est aveugle. Il remplace madame Tournier, en congé maternité. Gabriel, le petit génie féru de sciences trouve que monsieur Jolivet ne sait pas toujours répondre aux questions des élèves, ses cours sont plutôt bizarres. Ils décident d’en savoir plus sur lui.

Les quatre amis vont se trouver embarqués dans une enquête digne des plus grands détectives. De filature en filature, nos policiers en herbe vont découvrir des choses très curieuses sur ce fameux professeur Jolivet.

Too-hi-li va même apercevoir leur enseignant parler avec un monsieur étrange et dévisser sa canne pour tendre un sachet à son interlocuteur. Est-il réellement aveugle ?  Que cache cette étrange rencontre ? En quoi consiste ce trafic ? Plus motivés que jamais, les enfants vont se jeter aux trousses de leur suspect quitte à prendre de grands risques…

Un roman policier bien mené, plaisant à lire. Les personnages sont des enfants drôles, attachants, dynamiques. Une histoire rythmée pleine de suspens qui plaira sans aucun doute à nos jeunes lecteurs.