Comment mon père est mort deux fois, de Yves Grevet

Novembre 2017. Soën a 14 ans et vit à la Réunion. Son père vient de mourir dans un accident de voiture. Quand la police ouvre une enquête pour assassinat, Soën et sa mère découvrent que celui qui partageait leur vie avait un passé caché. Les services secrets français lui avaient fourni une nouvelle identité : il vivait « sous légende  » depuis trente ans… Comprenant que leurs interrogations dérangent en haut lieu, Soën et sa mère commencent à mener leur enquête discrètement. C’est ainsi que, explorant les traces laissées par son père, Soën se retrouve à Paris chez ses grands-parents dont il vient d’apprendre l’existence. Ses recherches le mènent en 1984, à l’époque où son père, alors objecteur de conscience*, séjourna en Turquie en tant que professeur de français. Quel est donc ce secret qui fit mourir une première fois son père, trente ans auparavant ?

Mon avis

Une enquête palpitante menée par un garçon désireux de comprendre le passé mystérieux de son père. Dès le départ, le décor est planté : un jeune Réunionnais apprend la mort de son père et très vite, on sait que l’affaire est criminelle. Nous suivons alors la progression de l’enquête menée par Soën et sa mère, dans une ambiance de roman d’espionnage. Nous découvrons les faits en même temps que Soën, le narrateur. Mais nous avons un temps d’avance sur lui, puisque nous avons également sous les yeux le journal intime de son père. En effet, tout au long du roman, le présent de Soën en 2017 alterne avec le passé de son père en 1984. Il en résulte une implication accrue pour le lecteur, un rythme soutenu et une tension présente jusqu’aux dernières pages. L’alternance des récits à deux époques différentes permet astucieusement de ménager le suspense. L’évolution de l’intrigue est suspendue à chaque fin de chapitre, distillant les informations petit à petit, nous laissant continuellement sur notre faim.

Un roman réellement captivant au suspense haletant qu’on imaginerait facilement adapté au cinéma !

* Objecteur de conscience : Jeune homme qui, avant son incorporation, se déclare, en raison de ses convictions religieuses ou philosophiques, opposé en toute circonstance à l’usage personnel des armes. (Déf. Petit Larousse)

Mots-clés :

enquête

père

fils

espionnage

suspense

Coupable en liberté, de Pascale Perrier

Une disparition bien mystérieuse…

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Carla et Tristan ont une existence des plus banales et sans soucis. Ils vivent avec leur mère et leur beau-père Josselin. Ce soir, ils sont seuls car leur maman et Josselin passent la soirée en amoureux, à l’extérieur. Ils rentreront tard. C’est l’occasion rêvée pour les enfants, de regarder leur émission favorite, dont tout le monde parle au collège : Coupable en liberté. Ils se préparent à passer une bonne soirée. Générique sombre pour des images choc, l’émission revient sur l’assassinat d’une jeune fille, sept ans auparavant et met en lumière les personnes qui ont été au cœur de l’affaire. Les enfants sont troublés quand ils apprennent que c’est arrivé dans leur région et sont submergés d’effroi quand le portrait robot vieilli du suspect est dévoilé. Il ressemble trait pour trait à leur beau-père ! Ce n’est pas possible, pas lui ! Dès le lendemain, la presse, les forces de l’ordre se pressent à leur domicile. Josselin n’est pas là. Il n’est d’ailleurs pas rentré avec leur mère, la veille au soir. L’enquête est relancée avec une grande chasse à l’homme. En plein doute, Tristan va tout entreprendre pour percer le mystère qui entoure ce crime. Un crime qui alimente déjà les rumeurs les plus folles…

Coupable en liberté emmène le lecteur en pleine enquête criminelle. Un crime non élucidé depuis sept ans, un assassin qui court toujours, la famille de la victime qui ne peut faire le deuil, tant que l’auteur du meurtre ne sera pas retrouvé. Et puis, il y a l’élément qui vient tout bouleverser, qui vient relancer une affaire qui était au point mort…Tous les ingrédients d’un bon polar jeunesse sont là. Mais attention aux rumeurs, aux jugements trop hâtifs qui peuvent être souvent lourds de conséquence.

Kaplan, de Sébastien Gendron

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog.

Pages : 236 pages

à partir de 15 ans

L’HISTOIRE :

Roman d’anticipation d’espionnage politique avec pour rivalité la dictature et la démocratie.

Deux personnages principaux dans une histoire complexe où se mêlent mensonges, réalité et manipulation,

Kaplan est un tueur à gage, le bras armé du pouvoir de l’État du Cushinberg, chef de la brigade de contre-insurrection.  Sa dernière mission c’est justement Kaplan.

Un jeune garçon de 16 ans, Rimbolt, habitant Leeton, est enrôlé dans un service secret. Quand il comprend qu’il a été manipulé durant 3 ans par le gouvernement, les services secrets, sa famille, il décide de quitter ce pays où il n’a aucun avenir,


MON AVIS SUR LE  LIVRE:

Ce livre très complexe est vraiment passionnant. Il demande une lecture attentive car les détails sont très abondants.  Le narrateur change au cours de l’histoire, de ce fait  il serait facile de se perdre ( moi j’ai pris des notes !).   La politique ainsi que la dictature sont les thèmes principaux dans le roman.  L’écriture est très belle et très agréable à lire, malgré des phrases trop longues à mon avis,  la couverture est vraiment sympa .  C’est un très bon roman d’espionnage pour ceux qui aiment la politique !

Axel, 3ème – 14 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et l’avis de « Leiard », notre nouvelle chroniqueuse (… Qui est-elle ? Aux élèves d’enquêter pour le savoir … Petit indice, elle est enseignante !) :

« Kaplan est un livre complexe, l’intrigue se déroule en 2049 dans un pays en dictature où seule une ville, Leeton, a osé résister et se retrouve indépendante, mais prisonnière de ses murs et de la guerre froide qui persiste avec le duché du Cushinberg.

Le roman suit deux personnages, Kaplan, Responsable de la Force contre-insurrectionnelle, froid et sûr de lui, envoyé pour espionner la ville de Leeton, et Rimbold un adolescent de 15 ans originaire de Leeton, chargé d’espionner l’espion. Chacun d’eux est persuadé d’agir pour le meilleur camp, mais ces certitudes ne vont pas tarder à être remises en question.

De là vont commencer toutes sortes de manipulations, aussi bien de la part des héros l’un envers l’autre, que de la part d’éléments extérieurs, si bien que parfois il peut être difficile de reprendre sa lecture ! L’intrigue est lente à se mettre en place, mais les cinquante dernières pages offrent un superbe final plein d’action.

Attention, ce livre est réservé aux bons lecteurs, et n’est pas léger. Le ton est assez cynique, et l’atmosphère peut parfois se révéler suffocante. J’ai néanmoins pris plaisir à le lire. Les sujets traités sont profonds comme la démocratie, la dictature et la liberté, et donnent à réfléchir sur ce qui se passe autour de nous aujourd’hui. »

Et un immense merci à l’auteur Sébastien Gendron pour sa dédicace !

Dix minutes sur le vif, de Jean-Christophe Tixier

Un nouvel opus pour la série « Dix minutes » !

Dix minutes sur le vifJade est en vacances chez sa grand-mère. Elle décide d’y particper à un concours pour la télévision locale. Le but : réaliser un reportage. Jade choisit comme sujet le Street Art et arpente les rues à l’affût d’oeuvres murales intérressantes. Mais lorsqu’elle découvre sur le mur d’un entrepôt désaffecté la représentation au pochoir d’une fouine, elle comprend qu’on la surveille : c’est en effet le pseudo de journaliste qu’elle s’est choisie pour l’émission !!! Aidée de son nouvel ami Maho, elle est décidée à mener son reportage jusqu’au bout et à enquêter pour comprendre en quoi elle gêne… Mais sa détermination risque bien de la mettre en danger !

Un roman à suspens qui se lit très vite, aux multiples rebondissements et aux personnages attachants ! Tous les ingrédients pour une approche en douceur du genre du thriller pour jeunes lecteurs.

A découvrir dans la même série au CDI  : Dix minutes à perdre, Dix minutes trop tard  et Dix minutes de dingue

Une série dont les tomes peuvent se lire sans problème séparemment.

Et pour s’amuser un peu : https://www.powtoon.com/online-presentation/ep7gDfFoMr3/dix-minutes-sur-le-vif/?mode=movie

 

Matilda à l’heure d’été, de Marie-Christophe Ruata-Arn

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Matilda est une jeune fille très sage … presque trop ! Son père est policier et Matilda toujours au courant de tout avant tout le monde.

C’est ainsi que son père l’informe du vol de plusieurs objets de valeur lors de cambriolages  :  ils ont tous été retrouvés sauf une broche avec un cygne dessus, appartenant aux soeurs Arckenbruck.

Un jour, Matilda sent quelque chose dans sa poche et se pique avec. Elle le sort et découvre hébétée la broche volée ! Matilda compte bien comprendre comment la broche est arrivée là !

Commence alors une aventure époustouflante avec une jeune fille trop sage qui cache bien son jeu, trois vieilles dames et des promenades pour les chiens. durant laquelle vont s’enchaîner les catastrophes.

Une histoire assez effrayante et très agréable à lire que je recommande à tous ! Découvert à la médiathèque, c’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai demandé ce roman à l’histoire originale pour le CDI afin de partager avec d’autres élèves ce titre qui m’avait beaucoup plu.

Merci aux éditions La Joie de Lire de nous l’avoir offert !

Judith, 6ème – 11 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Un détective très très très spécial, de Romain Puértolas

Le narrateur, Gaspard, a 30 ans et est trisomique. Cela signifie qu’il a un chromosome de trop et est handicapé. Il vit toujours chez ses parents qui le protègent ainsi du monde extérieur. Mais il partage quand même sa vie professionnelle entre une petite boutique de souvenirs dans le quartier de Montmartre où il est vendeur et un laboratoire pour une marque de déodorant. Alors qu’il perd simultanément et pour des raisons bien improbables ses deux emplois, il décide de se reconvertir en … détective privé ! Brillant, cultivé, curieux de tout, Gaspard va se servir de son handicap comme d’un alibi pour résoudre ses enquêtes.

Gaspard est vraiment un détective spécial et ce roman aussi dont la chute est spectaculaire et donne juste envie de recommencer le livre depuis le début pour en découvrir toutes les ficelles. On sent que l’auteur a pris grand plaisir à imaginer cette histoire originale et fantaisiste  où l’enquête policière semble finalement qu’un prétexte. On pourrait parfois reprocher le côté un peu trop « catalogue » des pensées du narrateur qui donne parfois au lecteur la sensation de jouer à Questions pour un champion afin de remettre à niveau sa culture générale mais le tout est quand même bien mené ! En revanche, il faut être sensible à l’humour noir et le ton caustique pour goûter à la saveur de ce roman qui, je le comprendrais, ne peut pas plaire à tout le monde ! Personnellement, j’ai bien accroché mais ne recommande pas ce roman avant 14 ans pour être sûr de ne pas passer à côté du ton décalé et loufoque qui en font tout l’intérêt.

Broussaille, tome 1. Les baleines publiques, de Franck et Bom

Une ville sous marine…

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Broussaille est un ado sympathique, aimant la nature et vivant avec son chat en appartement. Le quartier est plutôt terne et triste. Un soir, il fait un rêve étrange : des poissons de toute taille défilent devant lui, de belles images du fond marin qui très vite vont devenir de vrais cauchemars. Un phénomène intrigue également Broussaille, une quantité infinie de mouettes tournent au-dessus de la ville depuis plusieurs jours et comme lui, beaucoup d’habitants souffrent d’insomnies. Comme il est en congé, le jeune homme se rend dans une bouquinerie et achète un livre sur la mer et ses mystères. Quelle n’est pas sa surprise, en rentrant chez lui, quand il découvre son rêve dans une illustration qui date de 1929 et dont l’auteur, Auguste Petit, a vécu dans sa rue !  Et plus étrange encore, Auguste Petit décrit à cette époque, les mêmes faits observés par Broussaille. Celui-ci décide alors de faire des recherches et se rend au musée d’histoire naturelle. En questionnant le scientifique présent, il apprend qu’une jeune fille s’est rendue au musée pour les mêmes raisons que lui. Etrange, pourquoi s’intéresse t-elle aussi à Auguste Petit ? Broussaille va se mettre en quête du passé de cet Auguste Petit tout en tentant de découvrir pourquoi quelqu’un d’autre a les mêmes préoccupations que lui.

Les baleines publiques est une bande dessinée d’aventure, un brin fantastique auxquelles s’ajoutent des illustrations un peu déjantées qui donnent du rythme et de l’éclat à l’histoire. Le lecteur se trouve à mi chemin entre le rêve et la réalité.