Le bureau des coeurs trouvés, 1. Lexie Melody, de Cathy Cassidy

Le bureau des cœurs trouvésLexie MelodyLexie est une jeune fille qui vit en famille d’accueil. Sa mère a disparu alors qu’elle avait 9 ans. Elle décide de monter un groupe de parole, les Lost and found ( traduction littérale =perdu et trouvé). Un quiproquo fait que ce groupe de parole devient… un groupe de musique ! Et va emmener nos jeunes vers des aventures au-delà de leurs rêves

Vont-ils réussir à sauver la bibliothèque qui les a accueillie et menacée de fermeture ? Lexie va-t-elle retrouver sa maman ?

 

J’ai aimé ce livre qui parle de manière positive et enthousiaste d’amitié et de dépassement de soi. Il met aussi en avant le fait qu’il ne faut pas juger les gens trop vite. Chacun peut avoir des problèmes et il faut chercher à comprendre l’autre avant tout.

Un roman frais et acidulé à l’image de la couverture, ce qui ne l’empêche pas d’aborder des thèmes graves et profonds.  Il est peut-être plutôt à destination des lectrices  dès la 6ème.

Ce qui ne m’empêche pas d’attendre avec impatience le tome 2 !

Cathy Cassidy est de toute façon une incontournable des rayonnages des CDI de collège et chacune de ses nouveautés est toujours un événement attendu !

Nathalie, parent d’une ex-dévoreuse de livres d’Arsène !

A la poursuite du livre des secrets, de Eric Sanvoisin

L’enfant des livres…

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Jaime est orphelin, il vit dans la rue, à Voyelle la capitale du royaume des mots. Parce qu’il a volé une pomme, il est condamné à mort. Mais le roi lui laisse la vie sauve à condition qu’il lui ramène le livre des secrets, un merveilleux écrit qui se trouve dans la forêt des arbres à lire. Un livre important, convoité par beaucoup. Jaime ne se fait pas prier. Seulement il y a un petit souci qui a son importance pour une telle mission : le jeune garçon ne sait pas lire. Heureusement, il va rencontrer un Marque page sur pattes qui deviendra son compagnon de route et qui va l’aider.

Comment va-t-il s’en sortir sachant que, s’il ne mène pas à bien sa mission, il perdra la vie. Jaime va se trouver dans des situations périlleuses et ira de surprise en surprise.

Ce livre est un coup de cœur. C’est une ode aux livres, aux mots. Le décor est une forêt remplie d’arbres à livres qui nous fait rêver, avec des personnages dont les noms sont symboliques : Marque-pages, Virgules, Points virgules, Cadenas.. On entre dans un univers fantastique où les mots ont une force, un pouvoir. Deux mondes s’affrontent, d’un côté, les pilleurs et les cueilleurs qui détruisent les livres, les brûlent et de l’autre les défenseurs des belles lettres. L’auteur a choisi un héros qui ne sait pas lire. Ce détail prend toute son importance . En effet, comment donner le goût de lire à quelqu’un qui ne connaît pas les lettres, qui n’a jamais approché un livre ? Et c’est en cela que le roman prend tout son sens. L’apprentissage, la transmission d’un savoir, deux belles valeurs. On se rend compte alors que lire est une chance, c’est la liberté. Le livre est sacré. Il faut le préserver, en prendre soin car il est chargé d’histoire, il représente la mémoire de l’homme. Eric Sanvoisin joue avec les mots, entraîne le lecteur dans un univers original, magique où il se sent bien. On se laisse gentiment entraîner par l’écriture simple, fluide de l’auteur. On entre dans un monde imaginaire, le monde réel s’efface. On est en complète immersion, un peu comme dans Alice au pays des merveilles. J’avais l’impression d’être au milieu de la forêt et que tous ces petits personnages tournoyaient autour de moi, occupés à défendre la cause du livre et à combattre les destructeurs de mots. Un beau moment de douceur et de rêve.

Les livres nous nourrissent. Les lettres, les mots, leurs sens sont nos vitamines. –

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Fifi Brindacier, de Astrid Lindgren

Fifi la rebelle

Elle a deux nattes, elle est rousse, elle a des taches de rousseur, des chaussures trop grandes, des vêtements originaux, elle est joyeuse, spontanée… trop spontanée ! Je vous présente Fifi Brindacier. Elle a 9 ans et habite seule dans une villa, délabrée appelée Drôlederepos. Pas de père ni de mère, elle vit avec un cheval et un singe, monsieur Nilsson. Son père, ancien marin, a péri en mer mais elle préfère penser qu’il a échoué sur une île et qu’il est devenu un pirate cannibale et sa maman, quant à elle, est devenue un ange du ciel. Elle va faire la connaissance de Annika et de son frère Tommy, ses jeunes voisins. Fifi va entraîner ses nouveaux amis dans 11 aventures trépidantes.

Fifi est super drôle, une imagination débordante, ne connaît pas les bonnes manières et n’a peur de rien. Super dégourdie, elle sait cuisiner, grimper aux arbres, faire du feu ! Elle a le sens de la justice et donne le tournis tant elle ne tient pas en place. A 9 ans et grâce à son père elle a fait le tour du monde et aime raconter à ses amis les anecdotes de ses voyages. Elle est très indépendante et donc ne se formalise avec aucune règle puisque personne est derrière elle. Elle ne va pas à l’école, contrairement à Annika et Tommy qui ont reçu une éducation et qui ne peuvent pas toujours faire ce qu’ils veulent. Les enfants sont surpris et émerveillés par sa façon de vivre et quelque part l’envient car elle est plus libre qu’eux. Fifi incarne l’enfance joyeuse, insouciante, innocente.

On s’attend toujours au pire avec Fifi qui fait beaucoup de bêtises et c’est ce qui la rend drôle. Jamais punie, très aventurière et délurée, elle plaira à nos jeunes lecteurs.

Mon enfance a été bercée par le personnage de Fifi Brindacier et je n’ai jamais lu le livre !Je n’en connaissais que la série télévisée que j’avais adorée. Aujourd’hui, grâce à cette lectur,e j’ai retrouvé la magie qui opérait en moi.

Susan Hopper, tome 1 : Le parfum perdu, de Anne Plichota et Cendrine Wolf

Malédiction

Susan Hopper, tome 1 : Le parfum perdu par WolfSusan a perdu ses parents tragiquement à l’âge de 3 ans. Voilà 12 ans qu’elle vit à l’orphelinat, allant de familles d’accueil en familles d’accueil sans jamais être adoptée…Ses réactions violentes et son étrange personnalité ont tendance à effrayer. En fait,  Susan refuse d’être choisie par une famille… Elle veut que ce soit l’inverse. Et pour cela,  elle attend  le bon parfum. Alors, quand elle le reconnaît sur Mme Hopper, elle fera tout pour aller s’installer dans le manoir écossais de Tornshill au sein de cette famille. Elle sympathisera vite avec Elliot, un enfant-lune de son âge qui vit sous une combinaison et derrière des lunettes pour se protéger des rayons du soleil qui lui seraient fatals. Doucement, elle va commencer à réapprendre à vivre, sous le regard bienveillant de Mme Hopper et son mari… Pourtant, une nuit, un rêve terrible vient la hanter… Elle se retrouve en compagnie d’Elliot et de son grand-père dans un cimetière où les morts prennent vie. Mais est-ce vraiment un rêve ? La malédiction qui semble peser sur elle depuis sa naissance n’est elle pas en train de se réaliser ?

Après le succès, jamais démenti par mes élèves, des séries Oksa Pollock et Tugdual, revoici notre duo d’auteures qui nous embarque dans une nouvelle aventure.  Il s’agit là encore d’une série fantastique mais pas du tout dans la même lignée… Et moi, j’ai préféré ! Malédiction, morts-vivants, cimetière, monde parallèle, manoir en Ecosse, sorcellerie et fantômes, tous les ingrédients d’un surnaturel sombre et oppressant sont là. Les personnages des deux adolescents sont touchants de manière très différente. Elliot, du fait de sa maladie, est un jeune garçon solitaire, étrange et comme étranger au monde ; Susan l’orpheline, elle, a un caractère très dur, est manipulatrice, et s’est forgé une carapace que seuls Elliot et sa famille semblent pouvoir briser. Son personnage complexe évolue tout au long de l’histoire d’une manière très attachante. Les autres personnages aussi se révèlent au fur et à mesure et font de cette histoire un roman vraiment bien abouti : Helen Hopper, la mère froide, inabordable qui semble incapable de dévoiler ses sentiments, le grand-père, vieillard loufoque, la chienne totalement fofolle, le père, plus discret.

Malgré peut-être quelques toutes petites longueurs (les élèves me le diront), on se laisse totalement happé par cette histoire très prenante ! Si vous commencez le prologue, des plus accrocheurs, vous aurez du mal à quitter le livre. J’ai vraiment hâte d’avoir le temps de lire le tome 2, gentiment offert par les éditions XO avec le premier ! Heureusement, car on aurait vraiment été frustré, la fin du tome 1 ouvrant tous les possibles !

Tragique, noir, sanglant et captivant, une histoire originale et réussie.

Le tome 1 a déjà trouvé des adeptes et une liste d’attente de prêts a commencé au CDI ! C’est bon signe !!!

Le combat d’hiver, de Jean-Claude Mourlevat

Combat dans l’arène
combatdhiverHelen et Milena, adolescentes de quinze ans, sont deux amies, pensionnaires dans un orphelinat très spécial. La discipline y est très strictes et elles n’ont aucun contact avec l’extérieur, à part l’autorisation, deux fois par an, d’aller retrouver leur « consoleuse ». C’est ce que demande de faire Helen, un soir où elle n’a vraiment pas le moral. Elle se fait accompagner par Milena. En chemin, elles croisent deux adolescents du pensionnat de garçons avec lesquels elles discutent quelques instants. Helen ne sait pas encore que cette rencontre va changer leur vie. Car après sa visite chez sa consoleuse, elle se rend compte que Milena, censée l’attendre à la bibliothèque, s’est enfuie avec Bartholomeo, l’un des garçons. Qu’est-ce que cela signifie ? Les représailles au pensionnat vont être terribles : une autre élève, Catharina, va être punie à sa place, enfermée dans un cachot souterrain jusqu’au retour de Milena. Mais si elle ne revient jamais ? Helen va tout faire pour comprendre et sauver la jeune fille. Pour cela, elle décide de reprendre contact avec le camarade de Bartholomeo, Milos. Ce qu’elle va alors découvrir sur le pensionnat et sur le passé vont changer son destin. Les quatre adolescents vont alors décider de reprendre la lutte, perdue quinze ans plus tôt par leurs parents, contre le pouvoir tyrannique de la Phalange qui depuis, opprime le peuple.

Deux couples d’adolescents et deux destins différents. Bartholomeo et Milena sont les enfants de parents qui se sont illustrés dans la résistance contre le pouvoir violent et totalitaire de « la Phalange ». Eux-mêmes deviennent les héros de la nouvelle lutte, avec des dons qui semblent héréditaires : le chant pour Milena et l’esprit de leader pour Bartholomeo. Quant à Milos et Helen, nous n’apprendrons strictement rien sur leur passé personnel et ce couple-là, le plus attachant, va avoir un destin des plus tragiques. Les chapitres alternent les points de vues des quatre protagonistes mais c’est Helen qui mène l’histoire. Témoin des événements, elle y participe surtout à travers son amitié pour Milena et son amour pour Milos qui la pousse à accepter son destin sans véritablement prendre une part héroïque à l’action.
Dans cet univers, s’immisce quelques éléments à la limite du fantastique : des hommes-chiens et un peuple-cheval donnent un ton tout particulier à cette histoire de combat pour la liberté d’un peuple opprimé. On est aussi aux portes d’un nouvel Hunger Games puisque des jeux du cirque ont été recréés par ce pouvoir de la Phalange où des gladiateurs doivent combattre à mort pour amuser le peuple. La poésie en plus, grâce aux talents d’écriture de l’auteur, Jean-Claude Mourlevat. Le message du livre est plein d’espoir : ce sont le pouvoir des mots, le pouvoir de la musique qui semblent être le meilleur moyen pour un peuple opprimé de combattre la barbarie.
Ce combat d’hiver ne nous laisse pas indifférent. L’histoire pleine de rebondissements avec des personnages attachants devraient plaire à un lectorat d’adolescents, auquel il est destiné… mais pas seulement !

En recherchant l’image du livre pour illustrer cette chronique, je viens de me rendre compte qu’une adaptation cinématographique est en cours de réalisation ! A suivre…

Quatre sœurs, de Malika Ferdjoukh

Cinq soeurs

Elles ne sont pas quatre mais cinq sœurs et les plus jeunes donnent chacune leur nom à un des opus de la mini-série : Enid, 9 ans, Hortense, 11 ans, Bettina, 14 ans, Geneviève, 16 ans et enfin Charlie 23 ans, l’aînée, qui ne donnera pas lieu au cinquième ouvrage. Les cinq sœurs Verdelaine habitent une villa quelque peu délabrée, la Vill’Hervé, au bord de l’océan. Orphelines de père et de mère, c’est Charlie qui a accepté de garder la maison de ses parents et de s’occuper de ses soeurs. Elle travaille dans un laboratoire et son salaire n’arrive pas à payer toutes les dettes. Alors, elles vivent comme elles peuvent, au milieu de la lande, en conciliant les caractères de chacune, leurs amours, leurs peurs. Dans les moments les plus durs, dans les moments de doute, néanmoins, les fantômes de leurs parents viennent les guider et les aider à prendre les bonnes décisions.

Chacune des soeurs représente un stéréotype : la plus jeune, l’intello, la « fashion victime », la parfaite, et à part, l’aînée qui tente de faire cohabiter tout ce monde-là sans heurt. Le premier tome est rafraichissant et permet de faire connaissance avec tout ce petit monde. Le tome 2 et 3 mettent assez en avant le personnage haut en couleur de Bettina et ses amours contrariés : lorsqu’on est une fashion victime, comment peut-on accepter de tomber amoureuse d’un garçon très laid, même si c’est quelqu’un de merveilleux ? C’est le tome 4 « Geneviève » qui tient le moins ses promesses. La soeur parfaite qui épaule l’aînée en toute occasion est pourtant celle qui a donné son nom au tome le moins crédible….Tout part un peu dans tous les sens, dommage. Mais on le lit quand même car on est attaché aux personnages et on veut connaître la fin ! En tout cas, cette série est très rafraîchissante, pleine de rebondissements et de trouvailles (entre le Gnome de la Chasse d’eau, le rat Mycroft, Merlin, le livreur magicien de surgelés, tante Lucrèce, radine et passionnée par les chansons d’un crooner, et qu’elles tentent d’éviter à tout prix, la chaudière qui tombe toujours en panne, Swift la chauve souris ou le vieux Sycomore qui tombe dans le puits), on ne peut pas s’ennuyer !

« Parfois Enid aurait préféré avoir un peu moins de sœurs. – Deux m’auraient suffi, confia-t-elle à Gulliver Doniphon […] – Si tu n’avais que deux sœurs, tu choisirais qui ?[…] – J’en sais rien. J’ai pas dit que je choisirais. – Quatre moins deux égale deux. Si deux suffisent celles qui restent sont à mettre à la poubelle.[…] Faudrait pouvoir faire un roulement, conclut-il. Un jour l’une, un jour l’autre. »

Les tomes 1 et 2 ont été adaptés en bande dessinée par Cati Baur et Malika Ferdjouk.

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