Planète bleue en danger

Koboltz, tome 1- mission Uluru, de Benoit Grelaud

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Quels drôles de bonhommes, ces Koboltz. Pas plus de 8 cm de haut mais une volonté à toute épreuve ! Un petit peuple qui vit sous terre et qui s’est donné pour mission de protéger la planète. Entre leur vie souterraine et leurs missions de sauvetage, les Koblotz ont une vie trépidante. Ils ne mangent pas d’animaux et cultivent leurs fruits et leurs légumes sans produits chimiques et traitent leurs déchets. La surface de la terre est devenue invivable, les hommes n’ont de cesse d’inventer des machines et des produits qui polluent la planète ! Alors, quand les humains décident de créer un nouvel insecticide, c’est la révolution. Les Koboltz partent en guerre pour compromettre cette invention. Ils vont avoir besoin de l’aide de Rakiriko, un ancien Koboltz banni de son peuple depuis quelques années, mais qui sait comment se rendre invisible aux yeux des humains. Rakiriko qui a été rejeté, acceptera-t-il de les guider ? Vont-ils réussir à mettre leur plan d’attaque à exécution sans se faire voir ? Nous allons suivre Elmione, Alvyanne, Tammpo, Klayni et Mananann, de gentils petits défenseurs de la planète dans un périple plein de rebondissements !

Le fil conducteur de ce récit est la protection de l’environnement, sujet sensible qui est plus que d’actualité. Tout le monde doit se sentir concerné et adopter le bon comportement pour sauvegarder la planète. Koboltz nous apprend beaucoup de choses et nous fait réfléchir sur nos actes au quotidien.

Les personnages sont tous très différents, des grands, des gros, un mal-entendant, et ces particularités les rendent très attachants. A travers eux, l’auteur dénonce le mal que fait l’homme à la terre. Le lecteur est transporté dans un conte qui est à la fois un récit d’anticipation et un documentaire sur l’écologie. Un sujet sensible traité avec de l’humour sans leçon de morale. Les illustrations hautes en couleur sont magnifiques et nous donnent envie de partager le monde des Koboltz. Une couverture superbe qui invite au voyage.

Marée noire

Bleu pétrole, de Gwénola Morizur, ill. Fanny Montgermont

bleu-petroleAvez-vous déjà entendu parler du naufrage de l’Amoco Cadiz ? C’était en 1978. Ce pétrolier s’échouait sur les plages de Bretagne et déversait 220 000 tonnes de pétrole brut sur près de 400 km de côtes… Une catastrophe écologique sans précédent.

Cette bande dessinée retrace cet événement à travers les yeux de Bleu, la fille du maire. A l’histoire d’actualité se mèle l’histoire familiale, une famille de paysans dont le père est devenu maire d’une petite commune bretonne, Ploudalmezau, et a décidé de se battre jusqu’au bout contre les autorités, contre la firme américaine, propriétaire  du chargement du pétrolier. Un procès qui dura 14 ans et qui fut le premier grand procès en environnement « et se solde par une victoire historique, même si les indemnisations perçues quinze ans après la pollution ne sont pas à la hauteur des dommages subis. Ce combat démontre surtout l’intérêt de l’action collective et met fin à l’impunité des pollueurs ».

Une histoire légèrement romancée mais qui prend appui sur des témoignages forts d’une famille  qui vécut les événements de l’intérieur, recueillis des années plus tard par la petite fille, scénariste de cette bande dessinée. Un point de vue intéressant et un parti pris de mélanger sciemment l’Histoire avec l’histoire des hommes.  La détermination, le courage sans faille de ce jeune maire qui fit de ce combat le combat de sa vie est exemplaire et donne une vraie leçon de vie mais ce point de vue est également mis en parallèle avec l’histoire du fils parti en Afrique dans l’humanitaire et qui ne comprend pas forcément l’intérêt de cette bataille, ce qui apporte une nouvelle profondeur au récit. Les illustrations tout en douceur  et très réalistes sont tout à fait adaptées à cette histoire et une très belle double page sur le naufrage du navire attire particulièrement l’attention. Un dossier très intéressant « Aux origines de l’histoire » sur l’élaboration de l’ouvrage et sur les faits  et les étapes du procès  complète le récit.

Depuis, il y eut deux autres très grosses marées noires : l’Erika en 1999 et le Prestige en 2002.

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En route pour l’aventure !

Activités de plein air, de Alice James et Emily Bone

 

Résultat de recherche d'images pour "usborne activités de plein air"Un livre à la couverture attrayante et aux illustrations très colorées. Le début du livre rappelle les règles de sécurité à appliquer pour toute sortie en nature et surtout le comportement à adopter pour préserver et respecter l’environnement. Une fois tous ces petits points éclaircis, la liste des activités peut commencer. Pour chacune d’elles, un encadré énonce le matériel nécessaire à leur réalisation. Les expressions sont claires, chaque étape est numérotée. On passe des mares aux rivières puis on se retrouve à la mer. On pénètre dans la faune à la rencontre des animaux, des insectes, des oiseaux.Puis on part explorer la forêt, à la rencontre des arbres et des végétaux. On se rend compte alors que la nature est un trésor pour les créations artistiques ! Pour les plus courageux, pour ceux que dormir dans les bois n’effraie pas, savoir faire un feu pour se chauffer et se nourrir  est toujours très utile. Ce livre est une véritable bible pour s’occuper à l’extérieur par tous les temps. Un fabuleux guide pour tous les petits aventuriers à la fin duquel on trouve un lexique nous expliquant quelques mots qui apparaissent dans le livre. Lecture très passionnante qui donne envie d’aller à la rencontre de cette belle nature.

Et si vous souhaitez néanmoins rester enfermé chez vous, pas de problème, voici de quoi vous occuper : https://lepetitcoinlecturedarsene.wordpress.com/tag/editions-usborne/

Prendre soin de la planète en s’amusant !

Terriens malins. Missions spéciales pour éco-aventuriers, Delphine Grinberg

Afficher l'image d'origineTerriens Malins propose de manière amusante d’apprendre le fonctionnement de la planète pour mieux la protéger et de comprendre l’importance de prendre soin de  l’ensemble de l’écosystème dans lequel toutes les espèces jouent un rôle déterminant. Pour sensibiliser dès le plus jeune âge, Delphine Grinberg propose un ouvrage illustré de dessins et de photographies. Très coloré, ce documentaire se situe entre bande-dessinée et infographie. Et pour accrocher le jeune lecteur, elle aborde son ouvrage tel un défi : « si on rendait la Terre plus agréable, plus accueillante à la vie ? ».  Les neufs missions constituent les chapitres de l’ouvrage et pour chacune d’elle, des expériences, des quiz, des boîtes à idées, des anecdotes, des conseils et des histoires d’éco-aventuriers du monde entier qui ont œuvré pour une action remarquable en faveur de l’homme et de la planète sont proposés. Plusieurs thématiques sont traitées : la vie des animaux et des insectes, de la nature, l’eau, le recyclage, le gaspillage alimentaire, la consommation au sens large (produit, eau, énergie, etc.), les déchets. N’ayez plus peur des araignées, elles peuvent vous protéger des moustiques et leur fil de soie est plus résistant que l’acier, recyclable à l’infini !

Les expériences et défis proposés sont nombreux et variés :  réaliser un pique-nique en famille permettant de profiter aussi aux animaux, tenter de vivre sans électricité sur un temps donné, prévoir 8 litres d’eau par personne et tenir 24h, décorer sa chambre en réutilisant et en décorant des objets inutilisés, cuisiner des fruits et légumes pour les faire manger à ce qui ne les aiment pas, réaliser une fausse publicité pour vendre un portable nul, etc.

L’atout de cet ouvrage réside dans le fait que l’auteur sensibilise sans faire peur mais en montrant qu’il est possible de rendre la planète meilleure et de la protéger en prenant du plaisir et même en s’amusant. Il permet de sensibiliser mais aussi d’apprendre à sensibiliser et à montrer l’exemple ! L’auteur met aussi l’accent sur le vivre ensemble, l’échange et le partage : penser à la planète, c’est penser à tout le monde, aux autres jusqu’au moindre petit insecte ! Un ouvrage que je recommande dès 8 ans pour sensibiliser à la protection de l’environnement mais aussi pour éveiller la curiosité et rendre les enfants créatifs, et même les adultes, pour une (très) bonne cause !

Loin de tout, près d’une vie meilleure

Le collège des éplucheurs de citrouilles, de Laure Deslandes

 

Afficher l'image d'origineEliott rentre en classe de 5ème et fait sa rentrée dans un collège bien particulier, le collège des Museaux, situé à Trégondern dans le Finistère en milieu rural. Originaire de Brest, il intègre l’internat du collège et se retrouve en 5ème Hérisson dans la même classe que Péline, une grande rousse maligne, réfléchie et ouverte, une proie facile qui fait l’objet d’insultes par les autres, notamment les nouveaux. Les relations avec les autres garçons de l’internat sont difficiles pour Eliott, surtout avec Henrique et Brandon au comportement agressif. Les autres collégiens sont étonnés de voir des nouveaux dans leur collège, surtout Péline qui va chercher à les accueillir au mieux. Dans ce collège particulier, il n’y a pas Internet, pas de salle informatique, les élèves apprennent l’estonien en LV1, les cours de techno ont lieu au fond d’une forêt et ils mangent du quinoa à la cantine, au grand désespoir des nouveaux. Les enseignants semblent farfelus à première vue et préfèrent acheter des marionnettes plutôt que des ordinateurs. Quant à Eliott, il cache un secret. Il détient un objet précieux qu’il doit mettre en lieu sûr pour ne pas que son beau-père, Vincent surnommé Vince, violent et menaçant, vienne le voler. Un soir, les internes retrouvent leurs chambres en désordre, quelqu’un est venu pour trouver quelque chose, ceci va alerter et inquiéter Eliott. Pour protéger cet objet précieux, il va se rapprocher de Péline qui a plus d’un tour dans son sac. Il lui dévoilera son passé par la suite et la raison pour laquelle il a intégré ce collège.

Le collège des éplucheurs de citrouilles est le premier roman de Laura Deslandes, une enseignante de lettres. A travers ce roman au titre intrigant, elle livre une réflexion sur plusieurs sujets profonds. La différence apparaît comme le sujet phare de l’histoire à travers les relations qu’entretiennent les collégiens avec ceux originaires de Trégondern qui semblent vivre différemment que les nouveaux. Le personnage de Péline incarne la bienveillance et l’ouverture d’esprit. L’auteur démonte ainsi les préjugés sur l’esprit fermé des personnes vivant dans le milieu rural. Au lieu d’aller au conflit avec ses agresseurs quotidiens, Péline préfère trouver un terrain d’entente et leur rendre service pour apaiser le climat. Elle et sa mère vivent dans des conditions difficiles et n’ont pas de quoi s’acheter à manger, elles font régulièrement les poubelles des supermarchés pour manger à leur faim mais elles sont pleines de valeurs, de générosité et se contentent pleinement des petits plaisirs de la vie. Par ailleurs, l’auteur propose aussi une réflexion sur les questions de l’environnement : à Trégondern, il n’y a pas Internet car les poussins ne supportent pas les ondes et au collège on recycle tout, on ne mange pas de viande. Les enseignants favorisent une pédagogie tournée vers l’environnement, sur le monde dans lequel ils vivent.

Laure Deslandes livre une réflexion pertinente et encourageante sur les valeurs humaines, l’écologie, de manière amusante, en créant un univers original avec des personnages aux profils divers qui finissent par apprendre à se connaître et s’apprécier. De plus, très agréable à lire, nous nous promenons pendant plusieurs heures à Trégondern, sous le soleil de Septembre à savourer les plaisirs que nous offre la nature, une vraie réussite !

Je conseille la lecture de ce roman à partir de la 4ème au vu du vocabulaire assez soutenu employé par l’auteur et la syntaxe des phrases qui rendent le roman difficile à lire pour des élèves de moins de 13 ans. Par ailleurs, la multitude de personnages et l’univers spécifique du roman ainsi que l’histoire peuvent paraître complexes à appréhender pour les plus jeunes.

 

Rencontre du 3ème type

Les sentinelles du futur, de Carina Rozenfeld

Nous sommes en 2359. La Terre est exsangue… Tout a été tellement pollué par l’homme que plus rien ne pousse… La fin du monde n’est pas loin… Pourtant, à l’Académie fréquentée par Elon, des Sentinelles voyagent dans le futur et annoncent que l’Espoir vient de là. En effet, ils ont découvert un tunnel leur permettant d’aller dans le monde 300 ans exactement plus tard, et la Terre y est à nouveau couverte de végétation, belle. Les guerres n’ont plus lieu et les armes ont été détruites. Comment la tendance a-t-elle pu s’inverser ? Où se trouve la solution ?

Mais un jour, les Sentinelles du futur reviennent avec l’annonce d’une catastrophe. La planète a été attaquée par des extraterrestres et les habitants, déboussolés, n’ont aucun moyen de défense. Les membres de l’Académie décident de leur proposer leur aide, leurs avions et leurs armes.
Un roman de science-fiction qui fait voyager dans le temps. La construction du récit n’est pas simple, puisque l’on passe de l’année 2359 à l’année 2659 mais les personnages se croisent. L’attaque des extra-terrestres va nous révéler bien des surprises car le message que veut faire passer l’auteur est en fait avant tout celui de l’entraide, de la solidarité, de l’amitié. L’histoire d’amour à travers les siècles donne aussi un peu de piment au récit. Mais personnellement, même si le livre se lit vite et bien, qu’on ne s’ennuie pas vraiment, je n’ai pas totalement accroché. Le message positif est un peu trop facile, les allers-retours entre le passé et le futur laissent un sentiment de flou, les technologies, qui sont les mêmes à 3 siècles d’intervalle m’ont laissé perplexe et les personnages manquent un peu de profondeur. Le message écologique m’a également gêné : la Terre sera sauvée grâce au clonage des espèces végétales et à des expérimentations scientifiques…

Ce roman a été retenu pour le rallye-lecture intercollège, niveau 5ème… Aux élèves de nous dire ce qu’ils en pensent !

L’invasion inexistante

91rxhmv0iqlReborn, de Thierry Roberrecht

2064, Chuong est un rescapé; alors que la Terre devient invivable suite aux désastres écologiques provoqués par l’humanité, le jeune homme et ses parents ont réussi à migrer clandestinement vers l’exoplanète Reborn, nouvelle résidence de l’Homme. Quand le garçon se retrouve séparé de sa famille, et accusé d’avoir attenté à la vie d’autrui, il doit désormais se défendre contre les préjugés d’une société où les humains s’évaluent à leur processeur identitaire.

On prend les mêmes et on recommence… Avec Reborn, deuxième œuvre que j’ai explorée de l’auteur, ce dernier se marque clairement dans un engagement contre le racisme, la discrimination sociale et pour l’écologie façon Greenpeace. Le livre traite d’une thématique très actuelle: l’immigration suite à des conditions de survie inhumaines et tout ce qu’il en découle. Si le message est similaire à celui de Memo 657, il est adressé de manière bien moins maladroite, tout comme la cohérence de l’univers et l’écriture en général. Cependant, T. Roberrecht a réellement besoin de mettre ses connaissances scientifiques à jour, après « programmateur » à la place de « programmeur », c’est au tour de la physique de prendre un coup, les voyages intergalactiques en 3 semaines étant fortement improbables. Au final, c’est un livre accessible dès la 6°, que je recommanderais à partir de la 5°, l’analogie entre l’immigration interplanétaire et inter-pays permettant de mettre à plat la situation réelle et à mal les préjugés du lecteur. Si vous ne deviez lire qu’un livre de Roberrecht, je vous conseille celui-ci.

TL;DR:

  • Points forts:
    • une analogie efficace, permettant d’aborder le thème de l’immigration sous un angle différent.
    • un style facile à lire, bien rythmé, accessible à tous les lecteurs. Pas besoin d’être fan de SF pour apprécier l’œuvre.
  • Points faibles:
    • un manque de connaissances scientifiques, bis.
    • une redondance entre les différents livres de l’auteur, et donc du mal à percevoir ce roman par lui-même après en avoir lu un autre.