Interview exclusive de Cathy Cassidy !

Bien peu de nos élèves ont réussi à approcher ou même voir Cathy Cassidy lors de notre visite au Salon du livre de Montreuil… alors comment ont fait Diego et Samantha pour réussir cette petite interview… ? Mystère ! Mais nous nous faisons une joie de partager ce moment avec vous ! Un petit moment inoubliable, volé au milieu de la foule des admirateurs. Un immense merci à Cathy Cassidy d’avoir accepté de répondre rapidement à ces quelques questions. Et merci à l’interprète présente sur les lieux pour sa traduction.

Est-ce que vous vous représentez dans vos personnages ? Oui, je me mets complètement à la place du personnage lorsque j’écris des histoires. Je ressens mon personnage.

D’où tirez-vous votre inspiration ? De partout, tout ce que je vois, ce que j’entends, que j’imagine… Il y  a  de quoi s’inspirer toujours et partout.

Combien de temps mettez-vous pour écrire un livre ? 3 à 5 mois, parfois, c’est plus court.

Vos livres sont-ils inspirés de faits réels ou proviennent-ils de votre imagination ? Les deux… ! Parfois ça peut partir de petits détails, de quelques éléments qui ont déclenché mon inspiration mais l’histoire elle-même est toujours de la fiction.

D’où est venue votre passion pour l’écriture ? Je ne sais pas vraiment, mais j’ai toujours aimé raconter des histoires, rêver tout haut, rêvasser. J’aurais toujours envie d’imaginer et raconter des histoires.

Voilà, nous aurions eu tellement d’autres questions à lui poser… mais les circonstances n’étaient pas favorables… Peut-être une autre fois !

En tout cas, encore merci, Cathy Cassidy, mes élèves s’en souviendront et le collège entier était ravi !

Une histoire de dragons, d’Edvin Sugarev – ill. Sylvie Kramer

Une histoire de dragons, d’Edvin Sugarev – ill. Sylvie Kramer

Réveiller le dragon qui sommeille en nous…

Une histoire de dragonsLorsque Vlad n’obéit pas, sa famile le menace de l’arrivée d’un dragon qui l’emmènera…

-Papi, pourquoi le dragon ne veut venir que dans ma maison, alors qu’il y a plein  d’enfants chez qui il pourrait aller ? demanda Vlad un jour.

Papi caressa sa barbe et répondit :

– Non, mon petit, il ne veut pas venir seulement dans ta maison. En vérité, chaque enfant a son propre dragon qui vient le voir à chaque fois qu’il se montre désobéissant.

Alors, Vlad devint sage et obéissant. Il arrêta de sauter dans les flaques d’eau, il se coucha à l’heure… Mais un jour, sous un buisson, Vlad découvre une petite créature, chétive, triste, maladive… Son dragon va vraiment mal…

Nous, les dragons, il n’y a que les bêtises des enfants qui nous font vivre. Plus l’enfant fait de bêtises et désobéit, plus son dragon croît et embellit. Ah ! si seulement tu avais été vif et entêté, je serai devenu énorme et ailé […]

Un conte bulgare superbe, idéal pour dédramatiser les bêtises des enfants. Car, en fait, la plupart d’entres elles sont sans conséquences et permettent juste de se sentir libre et soi-même. Les illustrations reflètent parfaitement cet univers merveilleux dans lequel évolue Vlad et son dragon… à l’insu de sa famille, naturellement ! Famille représentée de manière finalement bien plus monstrueuse que notre gentil dragon. Mais elle, y croit-elle seulement, à ce dragon ?

Ce petit livre à couverture souple, de la taille d’un catalogue d’éditeur (je dis ça car je viens de le découvrir au milieu des catalogues ramenés par mes élèves du Salon du livre de jeunesse de Montreuil parmi lesquels il était passé inaperçu jusqu’à hier !) est publié par une petite maison d’édition ELITCHKA, créée en décembre 2013, spécialisée dans la publication de contes et nouvelles d’auteurs bulgares. Une très jolie découverte et un grand merci à eux pour cet exemplaire spécialement dédicacé pour nous par le traducteur, Eli.

Quart de frère, quart de soeur, 3. Mission spectacle, de Sophie Adriansen

Que le spectacle commence…

Arthur et Viviane, nos quart de frère quart de soeur,  font leur entrée en 6ème, et maintenant qu’ils s’entendent bien et vivent sous le même toit, ils ont bien décidé de ne plus cacher leur amitié ! Arthur va, bien entendu, se présenter aux élections de délégués de classe… et est sûr de gagner … mais ce qu’il souhaite par dessus tout, c’est faire duo avec sa quart de soeur… N’y a-t-il pas moyen de soudoyer un peu les camarades ? Seulement, quand le pot aux roses va être découvert, nos deux amis vont tout faire pour se racheter : retrouver Gaëtan qui a disparu, ou aider à monter un spectacle inoubliable pour le Noël du collège…

Retrouvez avec plaisir nos deux attachants personnages de cette famille recomposée pleine de vie !  Ils n’ont pas du tout le même caractère mais profitent bien de leurs différences pour se compléter et s’entraider… C’est gai, c’est frais.

Un petit bémol cependant sur le message donné au sujet des sapins artificiels qui seraient plus écolo que les véritables… Le débat a lieu chaque année, et rien n’est encore moins sûr. Pour être rentable d’un point de vue émission de carbone, un sapin artificiel devrait être gardé 20 ans, ce qui est loin d’être le cas pour la plupart des familles. D’un autre côté, les producteurs de sapins véritables utilisent souvent le glyphosate, un herbicide reconnu comme probablement concérogène… Bref, si vous souhaitez un Noël au sapin écolo, l’histoire est donc assez compliquée  : préférez une production locale et qui est sensible à l’utilisation modérée des pesticides et herbicides (ça existe près de chez nous, dans le Morvan, avec l’utilisation de moutons de race Shropshire pour le contrôle de l’enherbement !)…

Bon Noël et bonnes fêtes de fin d’année à tous  !

 

 

Quart de frère, quart de soeur, 2. Mon pire anniversaire, de Sophie Adriansen

Quart de rivale…

Quart de frère, quart de sœurMon pire anniversaireArthur et Viviane ne s’y attendaient pas … mais, eux, les ennemis jurés vont devoir habiter ensemble ! Car leurs parents n’ont rien trouvé de mieux que de tomber amoureux ! Alors, le pilote d’avion et la costumière de cinéma ont décidé d’acheter une grande maison pour mettre toute la petite famille sous le même toit : le frère aîné de Viviane, Gaëtan,  qui ne quitte jamais ses écrans, les petites soeurs jumelles de Arthur, Camelia et Myrtille, aussi encombrantes qu’inutiles, et bien entendu Arthur, notre cher vantard et Vivane et sa bonne humeur à toute épreuve… Et pour couronner le tout, la maman d’Arthur lui a demandé d’inviter Viviane à son anniversaire ! Comment rester crédible devant ses copains, eux qui sont persuadés que ces deux-là ne peuvent pas s’entendre ? Mais pourtant, ce ne sera pas l’événement le plus marquant de cet anniversaire… une surprise bien plus inattendue est réservée à la troupe !

Retrouvez avec joie l’histoire de cette grande famille recomposée où l’on apprend à vivre ensemble malgré ses différences… voire peut-être, finalement à s’apprécier ! Les scènes sonnent justes et c’est bourré de bonne humeur et d’énergie !

Quart de frère, quart de soeur, 1. Une rivale inattendue, de Sophie Adriansen

Un petit goût d’exotisme…

Quart de frère, quart de sœurUne rivale inattendueArthur est élève en CM2… Il est cool, très cool… D’ailleurs, voilà plusieurs années qu’il est élu le gars « le plus cool de l’école »… Mais l’arrivée de Viviane dans sa classe va ébranler son assurance. Car Viviane est pétillante et pleine d’idées originales : réaliser un journal des métiers plutôt qu’un rallye mathématiques, mettre des rubans aux arbres de la cour  … Bref, elle va vite devenir sa pire rivale… Contrairement à leurs parents qui semblent s’apprécier plus que de raison et se font les yeux doux à la sortie de l’école… L’affaire va devenir bien compliquée pour les deux enfants !

Une histoire de famille recomposée au ton frais et aux illustrations pétillantes. Arthur est bon élève, un peu prétentieux, il aime que tout soit cadré, organisé, il n’aime pas le changement.. Viviane est l’opposée, naturelle, avec un moral à toute épreuve, toujours positive, et l’amour que se porte le père de l’une et la mère de l’autre vont les obliger à s’accepter dans leurs différences…

Un retour sur soi

Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède, de Selma Lagerlöf

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Nils, gardien d’oies, est un mauvais garnement. Il est dur, égoïste, il n’aime pas les humains et tyrannise les animaux de la ferme familiale. En l’absence de ses parents, il fait la connaissance d’un lutin dont il se moque. Que n’avait-il pas fait là ! Il est alors ensorcelé pour devenir petit. Le voilà puni ! Les bêtes savent où habite ce lutin mais ne révèlent pas l’endroit à Nils qui voudrait se venger. Il est donc incapable de retenir un jars qui tente de s’échapper en apercevant dans le ciel un groupe d’oies sauvages. Nils s’accroche désespérément au cou de l’animal qui le transporte à travers les airs. Ainsi commence un parcours initiatique à travers la Suède. Le lecteur va se sentir tel un oiseau qui va contempler le monde vu d’en haut. Les Trolls, les lutins, les géants vont être présents tout au long de cette histoire fantastique, merveilleuse.

Nils va apprendre à changer et à devenir meilleur, au prix d’un grand voyage instructif qui va lui faire prendre conscience de ses erreurs passées. Il est heureux car il rencontre beaucoup d’animaux tels que des ours, des alouettes, des élans dans une très belle nature.

Un beau roman d’aventure qui nous fait découvrir la Suède, ses traditions, ses légendes.

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Les éditions Le Muscadier au Salon du livre de jeunesse de Montreuil

 

Si vous avez suivi un peu notre aventure depuis le début, vous savez déjà que notre histoire existe en immense partie grâce aux éditions Le Muscadier, qui, les premiers, nous ont contactés pour nous encourager dans notre grand projet de promotion de la lecture en milieu rural isolé et nous ont proposés de nous offrir des livres… L’idée a ensuite fait son chemin, bien entendu, de contacter d’autres éditeurs pour savoir s’ils étaient prêts à nous soutenir !
Bref, jeudi 30 novembre, au Salon du livre de jeunesse de Montreuil, nous avons enfin pu mettre un visage sur un nom qui revenait souvent dans notre projet : Bruno Courtet, fondateur de cette petite maison d’édition indépendante et engagée.
Interview recueillie par Aurélya et Bruno, élèves de 4e au collège Arsène Fié de St Amand en Puisaye et membres des Dévoreurs de livres d’Arsène :

 

Bruno Courtet, fondateur de la maison d’édition Le Muscadier

-D’où vient le nom de votre maison d’édition  « Le Muscadier » ?

Le choix d’un arbre pour le nom de ma maison n’est pas innocent. Un arbre, c’est d’abord une graine que l’on plante dans une terre fertile et qui pousse, croît, se déploie. Cette symbolique évoque ma volonté de semer dans l’esprit de mes lecteurs de petites graines (nos publications) qui les feront grandir. Mon choix s’est porté sur le muscadier car son fruit est une épice aux saveurs très caractéristiques, et j’aime l’idée que nos livres vont pimenter la vie de leurs lecteurs.

-Comment et quand avez-vous découvert notre (magnifique !) blog ?

Je ne sais plus au juste, mais le projet m’intéressait et je suis du genre à soutenir ce qui me semble juste.

– Qu’est ce qui vous décide à faire de nombreux dons à notre projet, ce qui nous aide réellement ?

Pour nous, c’est un moyen de faire connaître nos ouvrages. C’est un échange, cela vous permet d’avoir des ouvrages à lire gratuitement et quand vous parlez de nous sur votre blog, cela crée une communication autour de nos livres, car un éditeur a besoin de faire connaître ses livres pour les vendre. Nous avons d’ailleurs pas mal de partenariats avec des blogs.

– Comment avez-vous eu l’idée de devenir éditeur ?

J’ai découvert le milieu du livre pendant mes études alors que je travaillais à la librairie des Presses Universitaires de France. Après mes études d’ingénieur, comme j’adorais les livres, j’ai entamé une formation sur le monde de l’édition pendant un an, un DUT métiers du livre. C’était une formation qui regroupait les métiers d’éditeur, de libraire et de bibliothécaire.

– Quelles sortes de livres éditez-vous, quelle est votre ligne éditoriale ?

Notre maison d’édition publie principalement deux type d’ouvrages : de la littérature de jeunesse avec des thématiques engagées et des livres de santé publique à destination des adultes, en partenariat avec l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale).

-Nous ce qui nous intéresse, ce sera plutôt le pôle jeunesse. Alors, pourquoi avez-vous choisi cette ligne éditoriale stricte  ?

À la suite de la publication de notre premier ouvrage – un essai politique intitulé Altergouvernement – un libraire m’a contacté en me suggérant de créer une collection engagée pour la jeunesse, avec des idées alternatives, en proposant de la réflexion aux jeunes. J’ai trouvé l’idée bonne car cela nous démarquait de la production éditoriale jeunesse habituelle. J’ai quatre enfants et je trouve cela important d’amener les jeunes à réfléchir sur la vie et sur la société dans laquelle ils grandissent… En outre, cet engagement correspond évidemment à une conviction personnelle.

– Pourquoi ne faites-vous pas la même chose pour adultes, car certains de vos ouvrages jeunesse se lisent avec plaisir par les adultes également  ?

Je ne fais pas de fiction pour les adultes pour le moment car j’ai assez de travail avec nos deux principales collections ! Peut-être le ferai-je un jour… En revanche, nous publions de temps en temps des essais, des débats pour le grand public adulte. Nous avons aussi publié le livre Contes rebelles – un livre-CD de contes sur la liberté et l’engagement pour adultes où chaque conte est lu par une  personnalité : Manu Chao, les Ogres de Barback, Daniel Pennac, etc. Il y a une dizaine de titres dans notre collection de débats « Le choc des idées » et sept titres hors collection au Muscadier.

– Quelles différentes formes de promotions de vos ouvrages faites-vous ?

Principalement l’envoi de services de presse (une centaine pour chaque titre), pour des blogueurs, des médias. Pour la jeunesse, on ne fait pas de publicité, c’est trop cher. On essaie en permanence d’améliorer notre communication auprès des libraires, des CDI d’établissements scolaires, des bibliothèques, mais c’est un travail de longue haleine. Je fais aussi deux salons par an, celui de Montreuil, et un salon à la Réunion où je réside.

– D’où vient votre slogan « l’éditeur qui cultive le bon sens » ?

Le Muscadier se définit comme un éditeur engagé. Depuis toujours, notre ligne éditoriale est parfaitement claire : en plus du plaisir qu’ils procurent (plaisir de lire, de découvrir, d’imaginer, de partager, de s’informer), nous souhaitons que nos livres invitent leurs lecteurs à réfléchir. À se poser des questions – sur eux, sur la société, sur les grands sujets de notre monde contemporain : l’écologie, la justice, l’égalité, la tolérance… toutes ces idées qui constituent le socle d’une certaine vision humaniste. C’est ça, le bon sens, pour moi. Et pour la collection « Rester vivant », nous avons un autre slogan : « la collection des ados non formatés », car on s’adresse aux jeunes qui ont envie de réfléchir à la société dans laquelle ils vivent et pas aux jeunes qui passent leur vie passifs devant les écrans. Qu’il s’agisse d’essais, de romans, de nouvelles, ou même de livres pratiques, nos ouvrages poursuivent un même objectif : apprendre à s’émanciper, à se prendre en main, à refuser le prémâché quotidien et le prêt-à-penser, à prendre le temps de se poser. À réapprendre à croire en ses rêves.

Un immense merci à Bruno Courtet pour cette belle rencontre !
Au plaisir de se revoir !