A copier 100 fois, d’Antoine Dole

Tous les jours, au collège, notre narrateur se fait harceler, frapper, humilier, insulter par la même bande qui le traite de « pédé », de « fiotte ». Il ne sait plus comment se défendre, se cacher. Chez lui, aucun soutien. Il vit seul avec son père qui ne semble pas mesurer la gravité des choses, qui aimerait bien que son fils arrête d’être une mauviette et apprenne à se battre.

Et mon père se trompe, suffit pas de le vouloir pour que les choses s’arrêtent.

Heureusement, sa route va croiser celle de Sarah, une camarade de classe, qui va avoir le courage de prendre sa défense et ainsi, lui redonner espoir. Mais comment renouer le dialogue avec ce père qui est dans le déni ? Comment lui faire accepter son homosexualité ? Comment lui faire prendre conscience qu’il a besoin de son soutien sans faille ?

Un texte très court mais très dense, qui nous plonge sans ménagement dans l’univers sans pitié du harcèlement scolaire. Le fait que le personnage-narrateur n’ait pas de nom apporte un côté à la fois intimiste et universel  à ce récit coup de poing. L’écriture directe et incisive de l’auteur donne une force supplémentaire à ce témoignage émouvant sur des faits hélas, encore trop souvent d’actualité. Ecrit à la première personne, le texte est également ponctué de phrases en italique correspondant aux paroles que le jeune garçon aimerait avoir le courage de dire à ses agresseurs, à son père, à Sarah :

Mais on s’y fait Sarah, à ce monde qui cogne et qui heurte, c’est celui dont on avait peur la nuit quand on était petits. Quand ma mère me disait que les monstres n’existaient pas, que fallait pas avoir peur, c’était pas vrai Sarah. Ces monstres-là, ils existent, moi, j’en ai rencontré. On s’y fait et c’est le pire, on s’habitue à tout.

A lire à partir de la 3ème.

 

L’enfant du désert, de Pierre Rabhi et Claire Eggermont, ill. Marc N’Guessan

Pour une sobriété heureuse…

Pierre Rabhi est né en 1938 dans un village du désert algérien. Quelques années après le décès de sa mère, il a été confié par son père à un couple d’instituteurs, des Colons blancs. Ainsi, il se sentait tiraillé entre deux cultures souvent bien opposées, deux religions différentes. Devenu petit employé de banque, il quitte bientôt l’Algérie pour la France où il trouve un emploi d’ouvrier dans une usine.  Ces conditions de vie aliénantes le font beaucoup réfléchir au sens de la vie : « Avec l’argent, on peut tout acheter, pensa Pierre, sauf la joie. » Avec Michèle, sa compagne, ils rêvent de changer de vie, de se rapprocher de valeurs qui leur ressemblent :

Un rêve se mit à germer en eux : quitter la ville, s’installer à la campagne et cultiver la terre pour se nourrir, cela devenait comme une obsession déraisonnable mais que rien ne pourrait plus dissiper. Le sort en était désormais jeté.

C’est le début d’une grande aventure d’agroécologie qui respecte la Nature et les Hommes.

Un texte biographique qui retrace l’histoire de Pierre Rabhi, un homme engagé qui a prôné toute sa vie une politique de « sobriété heureuse ». Un album joliment illustré, qui permet d’initier les jeunes à l’écologie de manière douce et intéressante. Destiné aux lecteurs à partir de 8 ans, il peut être judicieusement intégré à la liste thématique de français de 3ème : « Hommes et femmes rebelles ».

Pierre Rabhi, après être devenu agriculteur en Ardèche, a transmis son savoir-faire jusqu’en Afrique, a fondé le mouvement Colibri,  a participé à des conférences, etc…

 

Be safe, de Xavier-Laurent Petit

Etat-Unis, années 2000.

Oskar, lycéen,  et son grand frère Jérémy adorent jouer ensemble de la musique dans leur garage.  Pas très intéressé par l’école, Jérémy a arrêté ses études à 16 ans, en espérant trouver du travail, mais depuis deux ans, rien ne se profile à l’horizon. Un jour, sa route croise celle d’agents recruteurs  de l’armée qui lui font miroiter qu’en s’engageant, il pourrait apprendre un vrai métier et construire des ponts. Jérémy se laisse tenter… et signe un contrat d’engagement pour quatre ans… Il vient d’être majeur et sa décision est donc irrévocable. Deux semaines plus tard, il rejoint un camp miliaire pour une formation de base. Il s’y fait remarquer pour ses talents de tireur d’élite et va bientôt recevoir un ordre de mission pour rejoindre les zones de conflit soi-disant pour des opérations sans risque de maintien de l’ordre…

Un sujet grave traité avec beaucoup de sensibilité : recrutements de tout jeunes adultes avec des promesses non tenues de l’armée, la confrontation à la violence des conflits, à la mort de camarades et à la violence psychologique de la mort que l’on donne dans un but de survie. Mais cette histoire de guerre est vécue et restituée à travers le regard du jeune frère. Sa passion pour la musique va le rapprocher d’une  jeune fille dont le frère est également sur les zones de conflits et ensemble, ils vont poser des notes sur leurs émotions afin de faire passer un message de paix autour d’eux. « Be safe »qui peut se traduire par « fais gaffe », « sois prudent », c’est ainsi que Jérémy signe les mails secrets qu’il envoie à son frère pour lui raconter la vraie version de son quotidien, non la version édulcorée qu’il transmet à ses parents. Sur fond de musique, d’amour, de secrets de famille, de relations fraternelles, ce roman est un petit coup de coeur pour moi. Le sujet de départ  qui pourrait en rebuter certains est traité d’une manière intelligente, sous différents points de vue avec des personnages secondaires riches et des petites histoires parallèles qui font que l’on ne s’ennuie pas une seconde. 

Juliette et Roméo, de Yves-Marie Clément

Nous pour la vie…

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Juliette, une adolescente de 16 ans, belle et riche, arrive en Guyane. Son père y est le directeur du centre pénitentiaire. Elle est promise à un sombre destin car elle va devoir épouser Rodolphe, un lieutenant de 15 ans son aîné. Elle ne l’aime pas. Le mariage arrangé par les familles est une véritable torture, un enfermement.

Roméo est un jeune bagnard de 22 ans, enfermé à vie, condamné à faire de pénibles besognes. Un bal est donné en l’honneur de Juliette dans la villa de la famille. Roméo et d’autres bagnards doivent s’y rendent pour faire le service. Au cours de la fête, le hasard met Roméo sur le chemin de Juliette. Tout bascule. Alors que tout les oppose, un amour impossible va lier les deux jeunes gens. La force de leur amour sera-t-elle suffisante pour vivre cette passion ?

Juliette et Roméo est l’histoire d’un amour interdit, une réflexion sur les différences, dans lequel s’entremêlent violences, trahisons et secret. C’est l’histoire de deux mondes radicalement opposés sur fond de paysage exotique, en pleine colonisation. Une réécriture de Roméo et Juliette de Shakespeare qui nous transporte dans des paysages idylliques qui contrastent avec un contexte sombre : la première guerre mondiale, les réalités des conditions du bagne. Par moment, l’auteur donne l’impression au lecteur d’assister à une pièce de théâtre, par l’utilisation d’un style d’écriture propre à ce genre littéraire. Le pari est réussi car on arrive à oublier la version originale de cette histoire.

Ernest et Sherlock- l’incroyable vol du violon Lady Blunt – de Céline Le Gallo

Effroyable émoi au théâtre

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Nous retrouvons nos deux jeunes héros, Ernest et son fidèle compagnon à quatre pattes, Sherlock, dans une nouvelle enquête qui va les plonger au cœur du vol d’un célèbre instrument de musique, le Lady Blunt, un violon dérobé à son illustre propriétaire, Shaun Kendall. Le commissaire Latruffe va devoir encore faire preuve de beaucoup d’ingéniosité pour trouver la trace du voleur. Mais c’est sans compter sur la perspicacité et l’efficacité d’Ernest et Sherlock qui, encore une fois, vont apporter une aide précieuse au commissaire, qui ne sait plus où donner de la tête !

Des personnages que nous retrouvons avec plaisir. Une enquête pétillante qui tiendra en haleine nos jeunes lecteurs .

Le violon Lady Blunt existe vraiment. L’auteur a inséré une petite note à son sujet en fin de récit.

Le traité des 7 lotus, d’Eric Boisset

Timothée ou l’apprenti yogi…

Comme chaque mercredi après-midi, Timothée s’arrête dans la librairie de son vieil ami, pour y dévorer les vieux livres. Aujourd’hui, il a repéré  tout particulièrement un ouvrage rouge aux lettres d’or, qui trône dans la vitrine. C’est un livre sur le yoga, écrit à la fin du XXème siècle. A cette époque, il n’a pas eu un gros succès commercial alors que maintenant il a atteint une valeur financière non négligeable. Devant l’intérêt de Timothée pour cette pièce unique, monsieur Balsamo lui propose de lui en faire une copie sur une clé USB. De retour à la maison, le jeune adolescent décide de mettre en pratique les différentes positions initiées par l’auteur. Mais c’est la catastrophe. Timothée n’est plus maître de son corps, comme si celui-ci était en train de lui échapper. Que lui arrive-t-il ? Il a l’impression d’être dans une autre dimension, il ne contrôle plus rien ! Son entourage ne le voit plus, ne l’entend plus. Timothée va devoir faire preuve de beaucoup d’imagination pour se sortir de ce faux pas.

Un roman drôle, des héros très attachants, une histoire rythmée, remplie de fantaisie, Eric Boisset a utilisé tous les ingrédients pour nous faire passer un très bon moment. On rit de bon cœur tant les personnages sont loufoques. Un régal qui fait du bien !

Mauvais garçon de Michael Morpurgo

Rira bien qui rira le dernier….

Quel plaisir prend ce grand-père à raconter son enfance et une partie de sa vie d’adulte à l’un de ses petits-enfants !

Issu d’une famille nombreuse, celui que l’on appelait tout le temps «  le voyou », « le nul » ou encore « le zéro » dévoilera avec honnêteté les nombreux détails de cette enfance de cancre qui a été la sienne, les coups qui l’éloigneront de sa famille et le conduiront vers la maison de redressement où de circonstance en circonstance, de responsabilité en responsabilité il finira par trouver la confiance, la sagesse, la maturité et finalement sa voie, une voie dont il ne sera pas peu fier puisqu’elle fera mentir tous ceux qui, petit , ne le voyaient que comme un mauvais garçon dans lequel il n’y avait rien de bon.

 

Une histoire très rapide à lire qui captive le lecteur …. n’oublions pas les annexes qui livrent des informations intéressantes au niveau culturel.