Le grand méchant renard, de Benjamin Renner

Le grand méchant renard - Benjamin Renner Le grand méchant renard aimerait bien être méchant, dévorer des poules dans le poulailler, voler les poussins… mais il n’y arrive pas… La poule en chef n’a pas peur de lui et le raille sans cesse. Quant aux poussins, ils sont si mignons, si attachants, si petits, il faut bien s’en occuper !

Après avoir vu le film d’animation sorti en 2017 avec mes enfants de 4-6 et 8 ans que nous avions tous adorés, petits et grands, j’étais assez impatiente de leur montrer la bande dessinée, mais en fait…  La lecture n’est pas forcément adaptée aux plus petits  et la présence de quelques gros mots  bien placés nous conforte dans ce sens …

Mais alors, pour les plus grands et les adultes, quel régal ! Un ton décalé et totalement loufoque, un humour mordant, un dynamisme incroyable font de cette bande dessinée une parodie particulièrement réussie de style cartoon à la Tex avery. Les illustrations sont simples et très expressives, les personnages caricaturaux et très attachants, que ce soient le loup, coach du renard, le chien de garde qui se la coule douce et se laisse mener par le bout du museau par la poule, ou tous les autres animaux de cette basse-cour hors du commun qui ont chacun leur caractère propre. 

Et si le renard devenait végétarien et acceptait les navets qu’on lui offre ?

On sourit, on rigole, on s’attendrit ! Bref, un excellent moment en perspective !

 

« Le Grand méchant renard » est suivi de « Il faut sauver Noël »

Le film d’animation a reçu le César du meilleur film d’animation en 2018.

 

Arts & sciences, de Philippe Nessmann

De nouvelles perspectives…

Les arts et les sciences sont-ils aussi opposés qu’on pourrait le penser au premier abord ? Les activités des artistes et des scientifiques semblent être très éloignées les unes des autres mais leur point commun n’est-il pas d’essayer de comprendre le monde, par l’esthétisme pour les uns, par les lois qui le régit pour les autres. A la Renaissance, le lien entre ces deux domaines est très visible : savants et artistes travaillent la main dans la main pour illustrer les traités et pour comprendre comment représenter un monde au plus juste. Léonard de Vinci est en cela un exemple de génie universel qui a touché à tous les domaines pour tout comprendre, tout représenter : peintre, architecte, astronome, botaniste, etc. A la Renaissance également est découvert la perspective et ses lois qui vont littéralement révolutionner la représentation du monde en 2 D par les artistes. Nombre d’or, anatomie, botanique, chambre noire, météorologie, couleurs de synthèse, photographie, béton armé ou plastique, informatique, nucléaire, autant de thèmes abordés dans les différents chapitres de ce livre pour dresser un aperçu riche et très instructif de l’apport des sciences dans le monde de l’art.  Un ouvrage complet, bien documenté et bien construit, à la portée de tous par son propos clair et ses exemples bien choisis. Certains marqueront forcément le lecteur comme l’artiste qui s’est fait greffer une oreille sur le bras, ou le robot tagueur fou ou le joli tournesol électronique haut de 11 mètres qui éclaire les rues de Tokyo. On y apprend beaucoup de choses et retrouvons avec un plaisir certain des artistes qui nous sont chers !  Une plongée dans la connaissance, à lire sans hésitation.

Ma vie en vlog, tome 3. Hermione se déconnecte (trop c’est trop !)

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Après deux tomes de Ma vie en vlog où Lucy et Abby ont pu chacune raconter leur histoire c’est au tour de Hermione de nous raconter la sienne qui ne commencera pas si bien après la terrible annonce du divorce de ses parents… Elle pourra se réconforter en sachant qu’elle va partir skier dans les Alpes, même si l’idée de devoir descendre de grandes pentes la terrifie.
Ses craintes ne seront pas là pour rien car elle se fera très vite une entorse à la cheville.
Sa rencontre assez inatenndue  avec Nathan, un jeune français accro à la lecture, va néanmoins pouvoir lui remonter le moral.
Pour couronner le tout, après quelques vidéos postées sur son vlog, elle reçoit des commentaires haineux et raciste qui la démoralisera plus qu’autre chose.
Alors comment s’en sortira-t-elle ?
Arrivera-t-elle à avoir à nouveau une vie sans problème ? Peut-être est-il temps de déconnecter !

Un livre aussi passionnant que les deux tomes précédents ! J’aime beaucoup la façon dont est écrit ce livre, mêlant le récit, les vlogs, les messages. Cela permet de varier tout en faisant une pause dans le récit, et d’avoir un petit aperçu des vidéos. On a égaleemnt une découverte assez surprenante concerant le divorce des parents de Hermione.

J’adore vraiment cette série dont j’ai dévoré les trois tomes ! J’espère qu’un tome 4 est prévu, concernant Jessie !

Chloé, 13 ans – 4ème, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Goal !, tome 1 : coups francs et coups fourrés, de Antoine Griezmann, Olivia de Dieuleveult et Fabrice Colin

Fais de ton rêve, ta vie…

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Antoine Griezmann a décidé de se lancer un nouveau défi en produisant une série de 6 romans à destination des jeunes. Il y raconte ses débuts dans le monde de football. Depuis sa tendre enfance, il rêve de devenir footballeur. Lui, un petit garçon chétif, un mordu de foot a dû jouer des coudes pour réussir. Son physique maigrelet fera longtemps obstacle pour accéder à des clubs professionnels. Pour en arriver au niveau que tous les « fouteux » connaissent, rappelons qu’il joue dans l’équipe de l’Atlético Madrid, Antoine Griezmann, dit Grizi, a surmonté beaucoup d’obstacles. Et pas des moindres quand on sait que son père adjoint de l’entraîneur de l’équipe de Charnay (71), à l’époque, s’est toujours refusé à voir son fils passer des sélections afin d’intégrer l’équipe locale. Du haut de ses 9 ans, Grizi sait ce qu’il veut mais se heurte aux refus répétitifs de son père. C’est grâce à sa mère qu’il atteindra son but.

Antoine Griezmann veut faire partager l’aventure qui a été la sienne, transmettre ses valeurs humaines et sportives. Un parcours semé d’embûches qu’il a su surmonter grâce à une volonté de fer. Alors que beaucoup ne croyait pas en lui, lui n’a jamais douté. Sa première fan, la première femme à croire en lui, sa maman qui a été très précieuse pour lui, il lui doit beaucoup. Cette série est un espoir pour tous ceux qui ont un rêve. Rien n’est impossible, il faut y croire, s’accrocher, ne jamais douter. Une série de six tomes à paraître jusque Février 2019.

La louve, d’Antoine Déprez

Métamorphose…

Un jour d’hiver, alors qu’elle passe chercher son amie Lucie avant de se rendre à l’école, Romane apprend que celle-ci est malade. Sur le chemin, elle croise une louve qui la regarde et dont l’ombre grossit en la voyant. En arrivant sur la place, elle remarque un attroupement. Une colombe de glace est installée en haut d’un perchoir avec un mot de la louve laissée aux villageois : la colombe est un sortilège. Avant sa fonte complète, les villageois doivent rendre à la louve sa fille capturée par le père de Lucie sinon Lucie mourra… Or, cela est impossible, la peau du louveteau a déjà servi à confectionner un manteau à sa fille… Romane va chercher le moyen de sauver son amie… Aidée de ses amis, elle va se glisser dans la peau du louveteau et aller à la rencontre de la louve.

Dans le froid hivernal qui nous saisit, on traverse ce texte très original qui parle de thème durs comme la mort, le sacrifice, la transformation de l’être humain en bête avec un . Le point de vue du texte qui donne la parole à Romane adoucit cette sensation d’étrange puisque, elle, pour sauver son amie, va accepter cette transformation. Elle, l’orpheline, gagne une famille mais perd ses amis. Romane a un fort caractère, beaucoup d’assurance, elle sait ce qu’elle fait et n’hésite pas dans sa démarche. Un texte fort, poétique, dérangeant, à la construction répétive, où les illustrations parfois rondes et colorées, parfois sombres et presque effrayantes crée une atmosphère propice à l’imaginaire.

 

L’été de tous les secrets, de Katherine Paterson

A toi mon père…

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Park, jeune adolescent de 11 ans, a perdu son père, décédé au Vietnam en 1973, alors qu’il n’avait que quelques mois. Il vit modestement avec sa mère, Randy. Ses questions incessantes sur son papa ont le don d’irriter sa mère qui esquive à chaque fois. Aujourd’hui, c’est la commémoration des anciens combattants, il veut y aller mais sa mère s’y oppose une nouvelle fois. Park lui reproche de le considérer comme un enfant et de ne pas lui dire  qui était son père, ce qu’il faisait. Il veut tout simplement connaître l’homme dont il porte le nom. Il ne possède qu’une photo en noir et blanc, insérée dans un recueil de poèmes mais n’arrive pas à trouver de ressemblances. Il met la main également sur un livre dédicacé en 1960 par son grand-père qui le chamboule. En cachette de sa maman, il se met à dévorer les livres ayant appartenu à son père. Il est intrigué et chagriné par l’attitude de sa mère, une femme douce, discrète mais qu’une froideur rend distante, mystérieuse. Pourquoi est-elle si ténébreuse alors que son mari est mort depuis plus de 10 ans. Aucune sortie, aucun rendez-vous. Park veut à tout prix aller jusqu’au mémorial du Vietnam en ville, lire le nom de tous les combattants qui ont payé de leur vie et en particulier celui de son père. Aujourd’hui, il a décidé de ne plus obéir. Arrivé sur place, l’angoisse de ne pas le trouver parmi ce nombre impressionnant de noms le submerge. Par chance, un guide l’accueille et lui indique où se diriger. Il est près du but. Il s’avance, enfin effleure des doigts les lettres composant le nom de son père. Il est heureux d’être là mais ses yeux se remplissent de larmes, l’émotion est trop violente. Il a besoin de lui, mort ou vivant. A son retour, il raconte tout ce qu’il vient de vivre à Randy. Résignée, elle accepte de l’écouter et lui promet qu’un jour prochain, elle lui parlerait. Park veut aussi connaître les membres de sa famille qui habite en Virginie. Randy capitule et lui dit qu’elle leur écrira pour qu’il puisse aller les voir mais sans garantie de réponse. Un petit pas est franchi mais où tout cela va mener Park ? Contre toute attente, le jeune garçon reçoit une lettre encourageante, pleine de joie, l’invitant à rencontrer la famille de son père. Quelques jours plus tard, un chauffeur vient le chercher pour le déposer devant une immense maison de trois étages, presque un château comme il en existe beaucoup en Virginie. Son séjour doit durer 15 jours, pendant lesquels Park souhaite avant tout rencontrer son grand-père. Mais un silence pesant menace cette rencontre. Personne ne  parle de lui et évite le sujet. Pourtant une nuit, alors qu’il entend des gémissements et des râles provenant d’une chambre, Park décide de s’y introduire. Il découvre alors un vieillard, debout, qui, surpris par cette intrusion, hurle de douleurs et de désespoir. Il rapporte à son oncle Franck, ce qu’il a vu et comprend alors que sa présence a bouleversé son aïeul. Pourquoi tant de mystères et de non-dits autour de son père ? Quels secrets de famille rendent les choses si difficiles pour Park ? Et pourquoi ce grand-père auprès duquel il aimerait se blottir, reste enfermé ?

L’été de tous les secrets est une belle histoire très humaine sur la quête de l’identité. Comment peut-on avancer quand il manque une pièce au puzzle de sa vie, quand sa propre mère ne veut rien dire ? Park est déterminé et ne lâchera pas prise malgré tous les obstacles qui vont se dresser devant lui. Cette persévérance fait de ce jeune garçon un personnage attachant qui va bouleverser et émouvoir toute une famille. Il aidera par la même occasion sa maman à se libérer d’un passé trop pesant.

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Seuls à la maison, de Geneviève Senger

Quand le chat n’est pas là, les souris dansent !

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Morgane, 9 ans, et Thibault, 10 ans, vont devoir se passer de leur père parti en Chine pour son travail et de leur maman qui doit se rendre à Paris chez un dermatologue pour leur sœur Justine. Ils habitent dans une grande maison sur une colline, à 500 mètres du bourg. Mais pas de panique Lydie, leur marraine de cœur va les garder. Néanmoins, un petit souci : elle est en retard et maman ne peut pas attendre. Voilà donc les enfants seuls pour un court moment. La situation se complique quand l’hôpital les appelle suite à l’accident de voiture de Lydie qui doit se faire opérer le lendemain. Quelle poisse ! Mais Morgane et Thibault, bien que désolés pour leur nounou, sont excités à l’idée de rester seuls, personne pour les commander, pour leur dire quoi faire. Pas de contraintes que du plaisir ! Pas question de prévenir les parents, enfin libres ! Ils sont persuadés qu’ils vont arriver à se débrouillés sans aide. Dès le lendemain, c’est la révolution, du désordre prend déjà place, leur essai en cuisine est une catastrophe avec un rôti brûlé, un four carbonisé. La maison leur semble si triste que les enfants décident de déterrer un sapin et de mettre toutes les décorations de Noël partout dans la maison. Quel capharnaüm ! Mais quand la nuit tombe, les enfants regrettent un peu d’être seuls, ne sont pas rassurés et entendent de drôles de bruits. Un appel d’un camarade de classe, Frédéric, va intriguer le frère et la sœur. Des bruits courent qu’un monstre rôde autour du village… Les enfants mettent un plan à exécution au cas où l’affreuse bête pointerait le bout de son nez. Le téléphone sonne une nouvelle fois. De nouveau Frédéric qui leur apprend que le garde chasse a vu un homme se cacher dans la montagne, installer des pièges un peu partout. Il faut se méfier et bien s’enfermer, on ne sait jamais. Décidément, il ne fait pas bon de rester seuls en ce moment. Comment Morgane et Thibault vont-ils faire pour faire face à tout cela ? Vont-ils regretter d’avoir accepté d’être seuls à la maison ?

Une histoire agréable, facile à lire. Les jeunes personnages sont sympathiques. Ils se prennent pour des grands mais la solitude les gagne et, réflexion faite, même si les parents paraissent embêtants, leur présence reste réconfortante. Vivement que maman rentre !

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