Naufrage à Vanikoro – l’expédition de La Pérouse, de Pascale Perrier et Isabelle Delorme


La Pérouse ou l’expédition meurtrière…

Jean-François de La Pérouse est chargé par Louis XVI de recenser les terres inconnues. Il organise alors une expédition de quatre ans nécessitant la préparation de deux navires, l’Astrolabe et la Boussole. Les deux frégates partent du port de Brest en août 1785 avec à leur bord des savants et plus de 200 membres d’équipage. Mais en juin 1788 alors qu’une tempête fait rage, les bateaux font naufrage aux abords de Vanikoro, une île de l’océan Pacifique, causant la mort de nombreux marins. Dans un état déplorable, seule une poignée d’entre eux vont survivre.
Les rescapés de ce naufrage ont essayé de s’organiser dans un camp de fortune, pour survivre avant de tenter de retourner en France. Mais l’un d’entre eux, Etienne, décide de rester, préférant ne pas reprendre la mer dans une embarcation de fortune. Il va faire la connaissance d’un habitant de l’île, le jeune Livomo. Celui-ci se montre très curieux et veut tout savoir de cette expédition . Etienne va alors lui faire le récit de ses trois années de navigation. Au fil du temps, une réelle amitié va lier les deux hommes. Leurs différences de vie, de culture vont les rapprocher. Mais un événement dramatique va bouleverser la vie sur l’île et mettre en danger la vie de ses habitants.


L’autrice s’est inspirée de données historiques pour construire sa fiction, sachant qu’aucun marin survivant n’a été retrouvé. Le thème principal de l’histoire est la rencontre entre les cultures : celle de Livomo, un jeune Mélanésien témoin du naufrage, et celle d’Étienne, un marin français survivant. Et c’est avec le point de vue de Livomo que Pascale Perrier construit son roman Naufrage à Vanikoro. Les personnages sont attachants. La fin est pleine d’émotion et de délicatesse. Un dossier documentaire bien complet rappelle l’histoire des grandes découvertes de l’océan Pacifique et les connaissances que l’on a sur ce naufrage.


Une belle histoire à découvrir dès la classe de 5ème.

La Faucheuse, Livre II – Thunderhead, de Neal Shusterman

Attention… Attention,

ceci est un 2e tome… il est illisible sans avoir lu le premier avant…

Alors si tu n’as pas lu le premier, je te conseille de le lire. Il est franchement très bien !

Si tu as lu le premier, mais que tu ne t’en souviens plus, petit rappel :

Nous sommes sur terre, la mort a été éradiquée ainsi que les maladies et la famine.

Afin de pallier le problème de surpopulation, une communauté est créée pour l’endiguer.

C’est la communauté des faucheurs.

Nous faisons la connaissance de Maître Faraday, Faucheur expérimenté et célèbre.

Il prend deux apprentis Citra et Rowan. Ce sont deux adolescents qui refusent en premier lieu la formation, car être faucheur revient à être exclu de la société. Leur permis de tuer fait peur à la population et leur appartenance à la communauté les oblige à porter un uniforme qui les identifie immédiatement… De plus, les jeunes gens ne veulent pas donner la mort.

Pour les motiver à s’investir dans la formation, maître Faraday les met en compétition, le vainqueur deviendra donc Faucheur et devra tuer le perdant…

Mais PATATRA… rien ne se passe comme prévu !

Le THUNDERHEAD, définition : Intelligence artificielle. Il est celui qui observe et aide les humains au quotidien, il les guide et les juge également s’ils sont dissidents. Il n’a qu’une consigne, il ne doit pas intervenir dans les affaires internes de la communauté des Faucheurs…

Un an après la fin de son apprentissage, Citra est devenue Dame Anastasia. Elle prône la bienveillance et la compassion dans son travail. Elle part vivre chez Dame Curie qui partage sa vision de la mort et qui l’accompagne dans ses débuts. Elle doit convaincre ses collègues que sa méthode de travail est viable et juste.

Or, une autre catégorie de Faucheurs menée par Maitre Goddard préfère des méthodes violentes, expéditives et spectaculaires.

Mais depuis quelques temps, un nouveau faucheur non reconnu officiellement par la communauté … rentre dans la danse macabre … L’auto-nommé Maître Lucifer. Ce dernier fait trembler les Faucheurs, car il se permet de les juger et de les tuer. Or, d’après le code de la communauté, les faucheurs sont immunisés contre la mort, ils peuvent seulement se suicider…

Puis, il y a cette Intelligence artificielle qui observe et nous donne son avis à chaque chapitre. Mais attention, petit Faucheur… que votre guerre fratricide ne vienne pas à bout de sa patience… Il ne faut jamais énerver celui qui veille sur nous tous…

L’organisation des Faucheurs pourra-t-elle survivre à sa propre arrogance ?

Ce tome est moins macabre que le 1er. On suit plus l’aspect géopolitique du monde et les ambitions de chacun, les personnages sont développés et attachants.

Ce livre est très bien écrit, il est ponctué de poésie et de sarcasme. L’intrigue est superbement bien menée, la fin est tellement imprévisible et surprenante que tu sauteras sur le 3e tome dès la fin de ce tome-ci !

Cette trilogie a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire 2020 ainsi que le Prix du meilleur roman jeunesse étranger.

La Cité sans Nom, 3. La Terre déchirée, de Faith Erin Hicks

A peine sauvé par Rate et Kai, le général de Toutes-Lames a été tué par son propre fils, Erzi… qui accède au pouvoir. Le jeune homme détient désormais la formule du napatha, le feu destructeur ayant tant aidé les bâtisseurs de la Cité. Aussitôt en possession de cette arme, il s’en sert contre l’armée yisun, qui assiège la Cité. Désespéré, Rate et Kai entrent en douce dans la palais Dao pour voler le précieux manuscrit… Mais le palais est encore bien mystérieux, et de nombreux retournements de situations attendent nos deux héros….

Cette BD est le dernier tome de cette série que j’ai tout simplement adoré : les personnages sont attachants et n’ont pas froid aux yeux, quitte à défier toutes les lois des Daos pour espérer sauver la Cité de l’ambition dévorante d’Erzi. La fin m’a vraiment surprise, je ne m’attendais pas à ça, et j’ai vraiment été émue de la décision des deux amis. Encore une fois, j’ai tout simplement adoré Rate, j’aime son courage et sa détermination dans les missions qu’elle entreprend, même si elle sait que cela pourrait lui coûter la vie, et j’ai adoré cet aspect de sa personnalité, et son sarcasme.

Encore une fois, je ne puis que conseiller cette BD, à partir de la 6ème-5ème. Le livre est assez épais pour une BD, ce qui fait que l’on plonge vraiment dans l’histoire, et que l’on s’attache encore plus aux personnages.

Le ciel déchiré – Italie, mai 44,de Guy Jimenes

La survie pour un amour


Nicolas a 18 ans en 1943. La France est occupée par les Allemands. Vendeur dans une quincaillerie, il se rend tous les jours à Bagnières- de-Bigorrre. Et puis, il y a ce jour où Madeleine franchit le seuil de la boutique. Ce jour, où Nicolas sait que chaque battement de son coeur ne sera que pour cette belle inconnue. A sa grande surprise, Madeleine se fait entreprenante et lui fixe un rendez-vous. Les deux amants prennent l’habitude de se voir en cachette, jusqu’au jour où un homme, se présentant comme le mari de cette dernière, arrive au lieu de rendez-vous et ordonne à Nicolas d’oublier sa femme. Nicolas apprendra plus tard que Madeleine s’est servi de lui pour renseigner les Allemands sur les trafics de son oncle et qu’elle est mariée à un membre de la milice. Après l’arrestation de son oncle et pour éviter le S.T.O (service de travail obligatoire), Nicolas est contraint de fuir. Après l’Espagne, le Maroc, l’Italie deviendra sa terre d’asile mais là-bas les combats font rage. Le jeune homme veut s’engager pour se battre contre l’ennemi et ainsi venger la mort de son oncle. L’image de Madeleine continue à le hanter. Il ne peut cependant se résoudre à croire qu’elle l’ait trahi, qu’elle soit en partie responsable de ses malheurs. Malgré les horreurs d’une guerre terrible, Nicolas se donne comme mission de faire éclater la vérité et ainsi innocenter la femme qu’il aime.
Italie, mai 44 le ciel déchiré est un roman qui est intéressant car on vit cette guerre à travers les combats et les terribles conditions des soldats pendant la seconde guerre mondiale. Il met l’accent plus précisément sur la période de 1943-1944 , période décisive pour la libération de la France. Petit bémol cependant, je suis restée un peu sur ma faim, l’auteur n’ayant pas assez exploité le sujet, survolant le devenir des civils et le sort des soldats, en se consacrant davantage à la quête de vérité de Nicolas. A la lecture du titre je m’attendais à plus. La fin du roman reste elle aussi dans cette trame. Mais néanmoins, ce roman est une bonne approche d’une période particulière de la seconde guerre mondiale.

Phobos, 3. Il est trop tard pour renoncer, de Victor Dixen

Tout est dévoilé. Marcus a révélé son vrai visage, son procès est organisé dans le plus grand secret, loin des caméras, dans le septième habitat. Léonor, perdue dans les méandres de ses sentiments, ne sait plus quoi penser de l’homme qu’elle a aimé, qu’elle a cru connaître. La » Machine à Certitudes » n’est plus. Disparue. Envolée.

Les tensions s’accumulent au sein de New-Eden, Alexeï met en place une dictature, mettant sur un piédestal Sérena. Sur Terre, cette dernière a accédé à la vice-présidence, puis, suite à un « regrettable » accident, devient présidente. Tous semble avoir oublié que le danger menace, et idolâtrent la nouvelle présidente.

Seule Léonor semble se rappeler les horreurs, au fur et à mesure que la Grande Tempête se rapproche….

Même si le compte à rebours expire, il est trop tard pour renoncer….

Et voici de nouveau un chef d’oeuvre de Victor Dixen ! Le tome 3 est tout simplement éblouissant, et se divise en deux parties : les réactions face aux révélations de Marcus, et le quotidien un an plus tard. J’ai trouvé vraiment intéressant de voir les changements des personnages au fil du temps. Dans ce tome, je me suis davantage identifiée à Léonor, qui est seule et incomprise des autres qui font de nouveau confiance à Sérena, que dans les précédents tomes. Le fait que les autres pionniers soient de nouveau crédules face aux mensonges de Sérena m’a beaucoup frustrée tout au long du tome. J’ai beaucoup aimé voir la transformation de Léonor suite aux révélations de Marcus, puis la voir apprendre à se débrouiller seule. J’ai eu beaucoup de compassion pour elle, Victor Dixen a réussi une fois encore à faire passer les sentiments de son héroïne au lecteur.

J’ai été très surprise par la fin du tome (qui n’est pas, pour une fois, une fin à suspens), et je l’ai trouvé éblouissante. J’ai adoré cette fin, même si ce n’est pas à cela que je m’attendais pour Léonor.

Pour finir cette chronique, je ne peux que vous recommander cette saga ainsi que toutes les oeuvres de Victor Dixen, qui sait tenir en haleine les lecteurs tout au long de ses intrigues.

Le rivage des survivants, 1. Le labyrinthe, de James Dashner

Quand j’ai eu ce livre entre mes mains, je me suis dit : «  pourvu que ce ne soit pas un livre uniquement commercial »

En effet, la phrase : le retour de la série aux 10 millions de lecteurs avec de nouveaux héros en première de couverture ne m’a pas inspiré du tout…

J’ai passé cette mauvaise appréhension et là… patatras, le prologue du livre commence par une scène avec Thomas, le héros des trois premiers livres qui lit des extraits du journal de Newt déjà chroniqué sur ce blog en juin 2021…

Alors je me suis fait la réflexion suivante :

Faut-il vraiment avoir lu les 4 premiers tomes pour comprendre cette nouvelle trilogie… ?

C’est donc avec un a priori très négatif que j’ai commencé ma lecture.

Nous voici donc 75 ans après la trilogie du Labyrinthe. La carte du monde a changé et trois nouvelles nations ont vu le jour à la place des États Unis actuels.

–         L’Ile des survivants et de leurs descendances à environ 15 jours de mer de Los Angeles

–         La Tête De Dieu en place de l’actuel Alaska, une nation de fanatique qui ont créé leur propre religion 30 ans plus tôt.

Et enfin la Nation Restante dans les plaines du Nord, qui ressemble plus à une nation militarisée.

L’auteur nous raconte la vie dans ce Nouveau Monde à travers trois personnages distincts :

–         Alexandra, une femme très intelligente et ambitieuse. Elle est considérée comme une déesse vivante au pays de la Tête De Dieu.

–         Minho, un orphelin qui garde la muraille de la Nation Restante. Cet adolescent n’a pas eu la même éducation que toi et moi. Il a été plutôt dressé à obéir, sans éprouver le moindre sentiment.

–         Isaac, quant à lui, est l’un des descendants des survivants. Il a passé sa vie protégé du monde extérieur et de ses dangers multiples.

Nous passons d’un personnage à l’autre très rapidement, les changements de points de vue donnent un rythme et une liberté unique au lecteur.

Moi, par exemple, le personnage de Minho m’a fasciné dès les premières pages, j’ai donc sans aucun complexe lu tout le livre à travers ses yeux avant de reprendre le livre à la première page pour le lire d’une manière  plus conventionnelle.

J’ai adoré Alexandra et son machiavélisme. Cette femme brillante, qui utilise avec finesse la manipulation et la crédulité de ses disciples. Elle cache très bien son jeu derrière une autodiscipline de fer.

Puis Issac, le doux rêveur blessé qui espère pouvoir aider à rendre le monde meilleur. Sa gentillesse, sa pudeur et son innocence le rendent très attachant.

Mais alors, pourquoi des personnages si différents vont être amenés à se côtoyer ? Dans quelle condition vont-ils se rencontrer ? Qu’est-ce qui les lie ?

Et d’ailleurs à quoi servent les extraits du livre de Newt qui sont distillés avec parcimonie tout le long du livre ?

Car après tout, des personnes ont risqué leur vie pour aller chercher les descendants de Newt et sa sœur uniquement …. Dans quel but ?

C’est sur toutes ces questions que s’arrête mon travail de chroniqueuse… et que commence le tien futur Lecteur,

Je reste cependant dans l’attente de ton retour, car peut-être que nous n’aurons pas les mêmes réponses….

Sable bleu, d’Yves Grevet

Tess, orpheline, vit désormais dans une famille d’accueil. Autour d’elle, le monde va mieux. Une mystérieuse bactérie empêche le pétrole d’être raffiné et les médicaments nocifs disparaissent. Enfin, Tess peut penser que sa génération ne sera pas la dernière ! Seulement, quand des adolescents disparaissent et que Tess perçoit une présence invisible, il ne manque plus que la police s’intéresse à elle pour que Tess se demande ce qu’il se passe…

Une écriture toujours aussi fluide que nous offre Yves Grevet dans ce roman, où il traite de tous les sujets d’actualité forts à notre monde d’adolescents : LGBT, virus, et surtout, écologie.

En lisant le roman d’Yves Grevet, on a envie de croire que tout peut aller mieux… Il suffirait que l’humanité prenne réellement conscience que cette menace de dérèglement est bien réelle et qu’elle se rapproche de plus en plus. Et qu’elle se donne les moyens de lutter contre. Dans Sable bleu, Tess se bat pour ses convictions et pour la cause climatique et nous pousse à réfléchir à nos actes, nos dépenses, et à nous dire que nous ne sommes pas le centre du monde. Que cet univers n’a pas été créé que pour nous, les Terriens, et pourtant, on saccage notre seule planète. Sable bleu, c’est aussi des manifestations de jeunes qui se battent pour pouvoir vivre sur une Terre saine. Sable bleu, c’est le cri de tous ces jeunes qui ne sont pas sûrs d’avoir un avenir sur Terre, qui ne sont pas sûr de voir encore de la neige dans dix ans, ou de pouvoir cultiver ses tomates.

Un roman qui nous fait espérer que le monde, un jour, aille mieux. Je n’ai plus qu’une chose à dire : lisez-le !

Judith, 3ème – membre des dévoreurs de livres d’Arsène

Find the girl -Tome1- vraies jumelles fausses amies de Lucy et Lydia Connell


Recherche inconnue désespérément…


Nancy et Nina sont jumelles, unies par un lien plus que fusionnel. Enfants, elles ont toujours pris soin l’une de l’autre, elles ont toujours tout partagé. Reine des réseaux sociaux, d’Instagram, Nancy est très populaire. Elle est la fan inconditionnelle de Chase, le célèbre chanteur d’un groupe. Son rêve le plus fou est de rencontrer son idole. En tant que blogueuse, elle adore être sous le feu des projecteurs.

Nina est plus timide, se soucie peu de son apparence et n’aime pas s’exposer. Elle adore la musique classique et n’aspire qu’à jouer du piano. Au fil des années, les deux sœurs se sont éloignées, au grand dam de leur mère. Des centres d’intérêt différents, un tempérament propre à chacune ont mis à mal leur complicité, pour au final les diviser. Tout va partir en éclat, quand, après un concert de Chase, Nina va tomber par hasard sur l’idole de sa sœur ….


Find the Girl est un peu le Cendrillon des temps modernes. L’histoire se porte principalement sur la relation entre les deux sœurs, sur fond de rencontre improbable, et de coup de foudre. Les lecteurs tomberont sous le charme des personnalités si différentes mais tellement touchantes de Nina et Nancy. Un bon moment de lecture qui séduira bon nombre d’adolescentes.

Otis, de Yannick Beaupuis

Ulysse est un garçon très solitaire, incapable de communiquer avec les autres. Diagnostiqué autiste-asperger, il a du mal à être accepté à l’école, malgré la compréhension et la bienveillance de sa maîtresse. Pourtant, un événement va bouleverser son quotidien.

Otis, lui, évolue dans un monde fantastique, peuplé de créatures hybrides mi-hommes, mi-animaux et dirigé par l’intendant-général, le redouté Taurus, l’hybride buffle. L’enfant est ami avec Lou l’homme-loup, Ursul l’homme-ours et Mina, la femme-féline. Ils vivent dans un village-campement, pris en étau entre l’Arbre-source incandescent et la forêt d’ombres redoutables. Pour sauver leur monde, ils vont devoir affronter de terribles épreuves, dans un monde où l’on va croiser de nombreuses créatures de la mythologie grecque : Athéna, la Pythie, Thésée et sa toison d’or, le sphinx et son énigme, le Cyclope …

Deux histoires qui se mélangent sans presque jamais se rejoindre, qui semblent évoluer dans deux univers différents qui pourtant se complètent, se relient par des liens impalpables. Otis a une sonorité proche de autisme. Ulysse, le prénom du garçon est un rappel à la mythologie grecque qui accueille le monde d’Otis.

Un texte très exigeant dont le thème principal est le dépassement de soi par l’épreuve et l’acceptation de la différence. La majorité du texte évolue dans le monde d’Otis. Le monde d’Ulysse est beaucoup moins présent. Je l’ai un peu regretté car je me suis particulièrement attachée à ce garçon atypique féru de mythologie et à sa jeune amie Charlotte, capable de dépasser tous les préjugés avec naturel et bienveillance. Ce parti pris de l’auteur ne laisse pour moi aucun doute sur le fait que le monde d’Otis représente le monde intérieur d’Ulysse, bien plus présent et plus supportable pour lui au quotidien que son monde réel, douloureux, dans lequel il ne trouve pas sa place. Chaque action d’Ulysse dans la vraie vie est en lien avec une action d’Otis dans le monde imaginaire, une transposition de la réalité dans un monde parallèle. D’où la complexité du récit et de sa construction extrêmement travaillée, car cela n’est jamais dit de manière vraiment explicite. Dans un même chapitre, les deux histoires sont présentes, la séparation étant matérialisée par un signe typographique. Un texte qui mériterait une deuxième lecture pour en savourer tout le sel et toute la richesse.

Si par hasard l’auteur de ce roman lit un jour ma chronique, je serais ravie de le voir mettre un commentaire de son livre sur notre blog pour nous offrir son éclairage personnel.

La série Aurielle, de Cindy Duhamel

Aurielle et les super-héros de la littérature

Aurielle est une jeune élève de 4ème, dans un collège de Compiègne. Jusqu’alors parmi les meilleurs élèves, elle voit depuis quelques mois ses résultats chuter. Mme Hargne, son professeur de français qui porte très bien son nom, ne semble pas très compréhensive et les autres élèves se sont mis à se moquer d’elle et à la harceler. Un jour, n’y tenant plus, elle s’enfuit du collège. Mais elle est renversée par une voiture. De peur des représailles, elle se relève et continue son vagabondage, à la manière d’Alice au pays des merveilles… Sa route lui fait croiser des auteurs des plus prestigieux et… censés être morts pour la plupart ! Molière, Victor Hugo, Corneille… et d’autres encore… Pourquoi sont-ils là ? Que lui veulent-ils ? Rêve ou réalité ? Et si ces rencontres avaient un lien avec son histoire ? Et si elles étaient là pour l’aider à accepter le présent ?

Aurielle et les as du polar

Aurielle a grandi. Elle est devenue une adulte de vingt ans et … détective privée. Son expérience littéraire de ses années collège ne l’a pas quitté et maintenant elle met les écrivains, non plus au service d’une reconstruction de soi et d’une renaissance, mais au profit de ses enquêtes ! Lorsque son ami le commissaire Pluchart, lui demande de l’aider dans une affaire qui piétine au sujet de la Dame blanche, un soi-disant fantôme qui sévit sur un bord de route, ce sont rien moins que Sherlock Holmes, Arsène Lupin ou encore Miss Marple, qui vont l’aider à résoudre cette énigme ! … Mais aussi un jeune journaliste des plus charmants !

Contactée par Cindy Duhamel en fin d’année scolaire, j’ai accepté de découvrir cette série d’une collègue de français, publiée en autoédition. Un colis très touchant m’est arrivé, avec les livres enveloppés dans un joli sac en organza rose, avec des dédicaces et marque-pages pour les élèves de mon collège. Je remercie Cindy pour sa confiance et sa délicatesse.

Des romans courts dont l’idée de départ est intéressante : à travers le personnage d’Aurielle, une jeune fille amoureuse de la littérature, nous traversons des siècles d’écriture à la rencontre d’auteurs plutôt classiques. Dans le premier tome de la série, l’accident d’Aurielle sert de prétexte à ce voyage littéraire car c’est sa rencontre avec les écrivains qui vont la guider dans une étape difficile de sa vie : comment surmonter le deuil et accepter le vide laissé par la disparition prématurée de sa mère. Une manière introspective de faire face à des difficultés de la vie et les adolescents-lecteurs confrontés à des situations similiaires dans leur quotidien trouveront écho en ce personnage et pourront s’identifier à Aurielle. On est là dans une forme de bibliothérapie, non ? Certes, la situation initiale peu crédible peut empêcher le lecteur d’entrer dans l’histoire, mais la suite du récit a les moyens de captiver une certaine frange de lecteurs touchés par le parcours personnel de l’adolescente.

Dans le second, Aurielle déjà âgée de 20 ans, est devenue détective privée et les rencontres avec les écrivains de la littérature policière vont l’aider à résoudre son enquête. On y apprend un petit morceau de vie de chacun des auteurs ou de leurs personnages, on y découvre des citations, des anecdotes, etc… Un décalage humoristique réussi entre les époques confrontées.

Ces procédés sont donc, vous l’aurez compris, un moyen pour Cindy Duhamel, notre autrice professeur de français de tenter de faire passer des connaissances à ses lecteurs, voire l’amour des Lettres. Nous nous trouvons donc ici plutôt dans un roman pédagogique, tant dans la construction que dans le style, que dans un roman littéraire. Beaucoup de notes de bas de pages l’attestent d’ailleurs : les mots difficiles y sont expliqués, les citations des auteurs cités contextualisées. Cela est encore plus prégnant dans le deuxième titre, où les mots sont même surlignés dans le texte. Des fiches d’exploitation pédagogique sont également disponibles, renvoyant au programme de français en vigueur depuis 2016, pour le cycle (CM2/6ème) et cycle 4 (5ème-4ème-3ème).

Un biais original pour découvrir quelques auteurs au programme même si, pour ma part, j’émets des réserves quant à la rapidité de traitement de chaque rencontre qui me fait un peu l’effet d’un catalogue. Des rencontres d’auteurs bien ficelées et intéressantes mais j’avoue que j’aime avoir le temps de m’attacher aux personnages rencontrés. Cela aurait nécessité un développement plus long pour chacun, une mise en situation plus riche. Comment le lecteur qui ne connaît pas forcément les auteurs cités ressentira-t-il cette lecture ? C’est à vous de me le dire !