Mon amie Anne Frank, d’Alison Leslie Gold

Image associéeEn 1943, pendant la 2ème guerre mondiale. Hannah Goslar habite à Amsterdam, elle a 13 ans, a une mère enceinte, une petite sœur âgée de 2 ans Gabi, un petit ami Alfred Bloch et une meilleure amie Anne Frank. Ils sont Juifs et sont obligés de porter une étoile jaune sur leur vêtement. Les Nazis envahissent Amsterdam au fur et à mesure de la guerre. Le temps passe et de plus en plus de choses sont interdites aux Juifs ; ils ne peuvent plus travailler, ils ne peuvent plus aller dans les magasins comme ils le souhaitent. Hannah apprend alors que son petit ami Alfred Bloch allait être déporté dans un camp de travail forcé. De plus en plus de monde est arrêté. Quelques jours passent et ils n’ont presque plus de nourriture, ils ne peuvent aller aux magasins qu’à une certaine heure, quand il n’y a plus rien. Puis un jour Hannah veut aller chez Anne mais elle n’est pas là … apparemment elle serait partie en Suisse sans même le dire à Hannah. La mère d’Hannah accoucha un soir mais avec beaucoup de complications… Dans un même temps, dans la classe d’Hannah, de plus en plus de personnes disparaissent…

 

Niveau de lecture : Moyen

Mon avis : Ce roman est inspiré d’une histoire vraie et est très touchante. Elle permet de se rendre compte des conditions de vie des Juifs durant la 2ème guerre mondiale. Un passage fort, c’est lorsque Hannah Goslar allait être déportée au camp de Theresienstadt.

Charlotte, 5ème

La balafre, de Jean-Claude Mourlevat

Apparitions…

Résultat de recherche d'images pour "la balafre"Olivier doit quitter son quotidien pour 10 mois suite à une mutation de son père. La petite famille se retrouve dans un hameau perdu. Un soir, alors qu’il se promène seul dans la rue, un chien se jette avec une rare violence sur la grille intérieure d’une maison abandonnée, en aboyant. Olivier, tremblant,  court se réfugier chez lui. Mais à la maison, aucun de ses parents n’a rien vu, ni entendu… Comment cela est-il possible ? Pour en avoir le coeur net, il décide de rester un week-end seul à la maison, alors que ses parents sont en déplacement… De retour d’une promenade à vélo, le chien réapparaît devant lui, bientôt accompagné d’une fillette de 4 ans… Ceux-ci se volatilisent sous ses yeux. Toutes ces images le hantent, il ne comprend pas ce qui lui arrive, ses résultats scolaires chutent, son moral bascule… Il ne ressortira pas indemne de toute cette histoire, et sera marqué à vie, littéralement, une balafre traversant son visage, témoin de ces événements.

Comme d’habitude, Jean-Claude Mourlevat nous dresse là, avec son merveilleux talent de conteur, une histoire prenante, à la chute inattendue, à la lisière du fantastique, du roman historique et policier. Même si la couverture a un peu vieilli, le texte, lui, n’a pas pris une ride, c’est là qu’on sait quand on a affaire à un grand écrivain ! L’intrigue ne nous lâche pas, les visions et les questionnements du jeune garçon, l’introduction qui nous dévoile déjà le drame qui préfigure, symbolisé par la cicatrice, font que ce court roman, très accessible et très bien construit, nous hante nous-même longtemps. Un roman où le fantastique se mêle à l’Histoire, celle de la Seconde Guerre mondiale, de la Résistance, de la collaboration, des délations, des Juifs, des déportations. Un roman à lire sans hésitation, proposé dès 10 ans, mais que je suggèrerai plutôt à partir de 12 ans. Et surtout, ensuite, découvrez tous les autres livres que le CDI possède du même auteur : La rivière à l’envers (1. Tomek – 2. Hannah), Le combat d’hiver, L’enfant océan, Le Chagrin du roi mort

Anne Frank, de Sid Jacobson et Ernie Colon

Etre un adolescent juif sous le régime nazi

Afficher l'image d'origineêtre un adolescent juif sous le régime naziIl s’agit bien sûr du fameux « journal d’Anne Frank » mondialement et tristement célèbre par le contenu de son histoire.
Anne est une adolescente juive aux Pays Bas durant la seconde guerre mondiale qui, avec sa famille, va connaitre la vie clandestine pour échapper un temps à la déportation.
Vivre enfermé est difficile pour la jeune fille et la rédaction de son journal lui permet d’exprimer ses souffrances morales mais aussi ses espoirs.
Cette version du journal d’Anne Frank est un plus pour le jeune lecteur car c’est une bande dessinée. Elle apporte par l’image le contenu historique et politique que certains jeunes ont du mal à imaginer.

Cet ouvrage a reçu l’aval de la Maison d’Anne Frank.
Les auteurs ont eu la bonne idée d’intégrer dans l’histoire des cartouches en noir et blanc faisant office de rappels historiques.
Une lecture facile, des dessins clairs et colorés.
Une très bonne façon d’appréhender la lecture biographique pour un public peu habitué à ce style littéraire.

Quand les enfants Finaly devinrent une affaire d’Etat, de Yaël Hassan

Dans la tourmente de l’après-guerre

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1945. Seconde guerre mondiale. Les enfants Finaly, Robert, quatre ans, et Gérard, trois ans, sont recueillis par Mme Poupaert, une amie de la famille, suite à l’arrestation de leurs parents, Juifs, bientôt transférés dans les camps de concentration. Mme Poupaert, ne pouvant elle-même s’occuper des enfants, les confie à Mme Brun, directrice de crèche, et prévient leur tante en Nouvelle-Calédonie. Mme Brun leur sauve la vie, mais n’est en rien maternelle avec eux. Alors, pourquoi refuse-t-elle obstinément de rendre les enfants à cette famille qui les réclame à cor et à cris ?

Traité sous forme de documentaire bien plus que de roman, avec une construction en chapitres très courts, cet ouvrage nous permet de suivre l’histoire improbable de ces deux jeunes enfants ballottés dans les méandres d’une sorte de guerre de religion du XXème siècle qui les dépassent complètement et qu’ils subissent sans avoir leur mot à dire.  Une histoire vraie de l’après-guerre, sous forme de docu-fiction, qui fait penser aux reconstitutions historiques à la mode à la télévision mais dont la lecture doit être encadrée par le programme scolaire d’histoire de 3ème pour prendre tout son sens. Photographies d’époque et paroles rapportées des protagonistes de l’histoire en complète l’écriture assez pédagogique.

« Il était un jour » chez Scrineo est une collection intéressante dont le concept original  est de raconter une période historique à travers un récit en particulier, souvent méconnu mais qui marque l’Histoire à sa manière… à suivre, donc !

 

Huit saisons et des poussières, de Séverine Vidal et Anne Montel

Le garçon perché

La vie n’est pas toujours facile pour Sarah, Amos et leur maman, mais une routine s’est installée. Alors, lorsque leur père revient, après plus de deux ans -c’est-à-dire huit saisons et des poussières- d’absence, il va falloir repenser le quotidien, et surtout réapprivoiser cet homme meurtri par ces mois passés dans les camps de concentration.

Cet album, sur le thème de l’après-guerre est une magnifique découverte. Dans le silence de ce père, dans l’absence de ceux qui ne sont pas revenus, ce sont toutes les blessures de la guerre qui sont relatées et qu’il faut cicatriser. Comment ? En faisant appel à la poésie, car, finalement, c’est en haut d’un arbre que la parole va être délivrée et les liens se renouer.

Ce sujet des plus graves est ici traité de manière touchante, sensible et bouleversante à la fois. Pour les plus jeunes lecteurs, c’est un moyen d’aborder les horreurs de la Seconde guerre mondiale avec délicatesse. Les illustrations, fraîches et colorées, complètent très agréablement ce texte et appuient les ressentis de chacun : une sœur dans le rejet, une mère attentive et aimante, un garçon qui veut comprendre… et un père absent (puisque l’on ne voit son visage qu’à la fin, à travers une photo). Le point de vue est original, puisque c’est à travers le thème du retour et d’une vie de famille à reconstruire que le sujet des camps est abordé.

Voici donc une découverte magnifique et un vrai coup de coeur ! Un immense merci à la petite maison d’édition « Les p’tits bérets » pour ce don précieux.

Sur le même thème pour les plus jeunes, vous pouvez également lire les chroniques de  : Un grand-père tombé du ciel et Le bébé tombé du train

Un grand-père tombé du ciel, de Yaël Hassan

Devoir de mémoire

Leah, jeune adolescente de dix ans, vivant à Paris, est bien jalouse de tous ses copains. Elle, elle vit seule avec ses parents, et n’a ni oncles, ni tantes, ni grands-parents ! « La faute à la guerre », lui répond-on brièvement… Pourtant, un jour, on lui annonce que son grand-père -dont elle ignorait l’existence- arrive de New-York pour s’installer chez eux ! Quel est encore ce secret de famille ? Ravie, elle prépare sa venue avec excitation… Mais, elle va vite déchanter : ce grand-père est loin de celui dont elle rêvait : froid, distant, silencieux, grognon, sévère… L’ambiance de la maison jusqu’alors si gaie devient morne et triste. « La vie ne l’a pas épargné », «  Il a tant souffert dans sa vie » sont les seules explications qu’on lui donne. Mais un jour, tout va changer. La maman d’une de ses copines refuse de l’inviter à l’anniversaire de sa fille parce qu’elle est juive… C’est l’élément déclencheur qui va rapprocher Leah et son grand-père. Petit à petit, celui-ci va se laisser apprivoiser par sa petite-fille et lui livrer ses terribles secrets.
Voici un livre tout à fait adapté aux plus jeunes sur le thème de la Seconde guerre mondiale. Les relations entre ce grand-père bourru et sa petite fille qui ne se laisse pas marcher sur les pieds est pleine de bons sentiments. C’est en même temps une première approche tout en douceur sur le thème de la déportation des Juifs pour les plus jeunes : le matricule tatoué sur le bras des déportés, la vie dans les camps de concentration à peine évoqués. Comment survivre après la perte d’êtres chers dans des circonstances terribles ? C’est le drame de cette famille… Ce grand-père n’a jamais pu oublier et n’a jamais réellement réussi à reconstruire sa vie. Le souvenir de sa première femme et de sa petite fille étaient trop présents dans sa mémoire. Ce qui importe à l’auteur, apparemment, c’est surtout de montrer l’importance du « devoir de mémoire » : ne rien oublier, transmettre aux plus jeunes (et là, c’est la petite-fille, curieuse, qui va obliger le grand-père à délier sa parole, petit à petit… )
Un livre triste et touchant qui sonne juste.

C’est le premier livre écrit par Yaël Hassan, immobilisée à la suite d’un accident de voiture. C’est ce livre qui va l’amener à devenir écrivain. Le CDI possède d’autres titres de cet auteur : De Sacha @ Macha / Momo, petit prince des Bleuets / L’ami / La bonne couleur.

Voyage à Pitchipoï, de Jean-Claude Moscovici

Enfance assassinée

L’auteur a 6 ans en 1942 lorsque se sont déroulés les faits relatés dans cette histoire. Il vit avec sa famille dans une belle maison de campagne, heureux et insouciant : ses parents, sa petite soeur de deux ans, ses grands-parents maternels et ses trois oncles. Son père est un médecin apprécié du village. Mais bientôt, des mesures anti-juives contraigne son père à arrêter d’exercer sa profession. Puis, une nuit, des gendarmes allemands et français sonnent à leur porte, suite à une dénonciation faite à la Gestapo par des notables du village. Son père et deux de ses oncles sont arrêtés pour être envoyés dans des camps de travail. Mais le reste de la famille ne sera pas longtemps à l’abri… Les Allemands reviennent quelques semaines plus tard arrêter les autres adultes. Et les enfants sont confiés aux voisins. Miraculeusement, leur mère réussit à s’échapper. Les enfants se retrouvent finalement dans le camp de Drancy, où près de 4000 enfants arrachés à leurs parents parce qu’ils étaient juifs se retrouvent seuls. Le jeune garçon va tout faire pour protéger sa toute petite soeur des horreurs du camp.
Le texte est court et correspond à une longue série de faits qui se succèdent de manière descriptive en courtes phrases (trois ans de guerre en 130 courtes pages). Mais cette façon de raconter, ajouté au fait que les personnages sont rarement nommés mais cités comme « quelqu’un », « l’amie qui nous accompagnait », « une voisine », « la jeune fille qui viendra nous chercher », etc, rend finalement le texte très impersonnel, et sur un sujet comme cela, c’est étrange. Pas de temps pour l’émotion, pas le temps non plus de s’attacher aux personnages. Pourtant, l’histoire de cette toute petite fille d’à peine deux ans confrontée à de telles horreurs, loin de ses parents, et protégée par son frère d’à peine 6 ans méritait un texte plus riche et plus développé. Plus émotif aussi. Mais le défaut de ce livre en fait aussi sa qualité, car, du fait, il est facilement accessible, même aux plus jeunes lecteurs, et l’histoire reste néanmoins intéressante comme témoignage autobiographique sur la Deuxième Guerre mondiale, apportant une certaine culture sur les réseaux de la résitance, la France libre, les camps, etc.

« « Je faisais tout ce que je pouvais pour remplacer mes parents mes parents auprès de ma petite soeur. Je l’aidais à manger, j’essayais de la laver, de faire tenir ses vêtements, de la défendre, de la protéger de mon mieux dans cet univers hostile »
« Nous avions beaucoup maigri, nous avions les cheveux rasés et des regards qui n’étaient plus les mêmes. […] Ma soeur […] était dans un état d’affaiblissement extrême et ne pouvait plus marcher, les pieds et les jambes oedématiés et le visage, comme le mien, couvert d’impétigo […]
« On parlait souvent d’un endroit où nous irions peut-être après Drancy, qui s’appelait Pitchipoï. […]. c’était un lieu mystérieux où certains étaient déjà partis, mais personne ne semblait en avoir de nouvelles. C’était à la fois la promesse de liberté et l’angoisse de l’inconnu »
… Sauf que le « Pitchipoï » prononcé par les enfants de Drancy, était le camp de Auschwitz-Birkenau…
Ce livre est présent dans quasiment tous les CDI de collège et est devenu un classique de la littérature jeunesse sur le thème de la guerre et de l’autobiographie donc je me dis que mon ressenti n’est peut-être pas partagé. J’attends donc des commentaires de lecteurs qui n’auraient pas forcément la même opinion que moi sur ce livre.