Les Toupouris, 1. La boîte à images, de Michaël Escoffier et Alexandre Bourdier

 

Sékantoncroi konsétou konsérien » – Proverbe Toupouri

Un jour, un explorateur arrive chez les Toupouris, ces étranges créatures au langage bien particulier… Son but : prouver l’existence de ce peuple à la communauté scientifique. Mais lorsqu’il découvre le trésor du chef, l’explorateur a une nouvelle idée en tête : récupérer ces bijoux de grande valeur. Il propose alors au chef d’échanger une boîte magique qui capture les images contre les bijoux. Le chef refuse mais lui propose de lui montrer où trouver de nombreuses pierres précieuses  : au sommet d’un rocher gardé par le grand crado, un drôle de volatile, gardien du trésor…

Une véritable réussite que cet ouvrage ! L’humour est présent à chaque page, aussi bien dans le texte que dans les illustrations particulièrement réussies et adaptées aux propos ! Même en temps qu’adulte j’ai vraiment ri ! Le langage des Toupouris m’a demandé une concentration de déchiffrage au début, histoire de prendre le pli…mais une fois le mécanisme compris (pour ceux qui utilisent le langage SMS ce sera peut-être plus évident ?) la lecture en devient d’autant plus drôle. 

Sicébouché fopoucé – fopatiré

Oulacéo – Ililarivrajamé – Fovoir

Disons que c’est de l’humour par moments  un peu  « caca prout » mais intelligent et qui devrait bien faire rire vos enfants !

Adécouvrir sanzézité ! Moijébocoupémé ! (merci aux auteurs de me corriger !)

Diablesse, de Claire Ubac

L’incomprise…

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Pourquoi Lucie se sent-elle si différente des autres, pas à sa place, même au sein de sa famille ? Elle se sent rejetée, mal comprise. Alors elle se crée une amie imaginaire, «Lucie deux», qui sera en quelque sorte son double intime. Mais quand sa grand-mère la traite de « diablesse », Lucie décide de réagir et de devenir une véritable petite diablesse puisque tout le monde la voit ainsi.

Diablesse est un roman qui s’étend sur un mois, un mois durant lequel Lucie, la narratrice, va nous faire partager ses émotions, ses doutes et ses révoltes. Elle a du mal à trouver sa place dans sa famille, à l’école. Elle a l’impression d’être toujours en décalage avec les autres. Lucie est très attachante avec un petit grain de folie qui lui est propre et qui nous amuse. Une histoire plaisante avec des situations pleines d’humour surtout lorsque Lucie entre en conflit avec son amie imaginaire. Chaque enfant, chaque adolescent traverse une période où les relations avec l’extérieur, avec la famille restent compliquées, avec ce sentiment de ne jamais être compris. C’est un peu la quête d’une identité que Claire Ubac traite avec des mots simples à travers le quotidien de Lucie. Un moment de lecture agréable.

Oh, boy !, de Marie-Aude Murail

Oh, boy !Trois enfants sont orphelins depuis quelques heures. Siméon Morlevent, 14 ans, lui, c’est le surdoué. Morgane Morlevent, 8 ans, celle qu’on oublie tout le temps. Venise Morlevent, 5 ans, une bouille de princesse. Ils se font le «jurement» qu’on ne les séparera jamais. 

Leur sort est entre les mains d’une assistante sociale et d’une juge des tutelles, qui doivent décider qui des deux tuteurs potentiels obtiendra leur garde. Sachant que ces derniers ignoraient jusqu’alors l’existence de leurs demi-frère et sœur. Alors comment Josiane Morlevent, ophtalmologue psycho-rigide et Barthélémy Morlevent, jeune homme fantasque qui fuit les responsabilités, vont-ils prendre cette nouvelle ? L’histoire captivante d’une fratrie soudée et touchante, frappée par l’adversité, qui se met en quête d’une famille. 

Un roman très agréable à lire, et qui se dévore d’une traite. On découvre et on s’attache à ces enfants orphelins qui s’unissent et font bloc dans l’épreuve. Et comment ne pas s’attacher aussi à ce grand-frère sans filtre, haut en couleurs ? Barthélémy devient vite le pilier, celui autour de qui le récit s’articule. Ce sont ses propres mots « Oh, boy ! » qui donnent le titre au roman. Et puis l’émotion va crescendo. Tout en abordant des thèmes sensibles tels que l’homosexualité, l’adoption, la maladie, la mort, la violence conjugale, Oh, Boy ! est une pépite où l’humour est habillement distillé.

À lire sans hésiter !

Au secours colo d’enfer ! de Céline Le Gallo

Les jolies colonies de vacances… merci papa…  merci maman !

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Gaspard et Alexandre sont obligés de partir en colo, direction les Alpes ! C’est une première pour les deux frères. Après un trajet cauchemardesque, les voilà confrontés à une discipline quasi militaire, des cadences infernales, l’incompétence du moniteur. Pour couronner le tout, le jeune Gaspard va devenir la « tête de turc » d’un garçon bien décidé à le malmener. Mais le séjour vire à la catastrophe quand le moniteur décide d’emmener les enfants en randonnée. Le groupe se retrouve pris au piège par un épais brouillard, perdu en pleine montagne ! Par chance, ils trouvent une bergerie abandonnée qui va leur servir de refuge. Une aventure inattendue va alors commencer.

Tous les séjours en colo ne se passent pas comme ça, rassurez-vous !! Mais force est de constater que pour une première fois, Gaspard et Alexandre n’ont pas eu de chance. Des vacances qui ont pris une tournure surprenante, mais qui, je suis sûre, leur aura donné envie de renouveler l’expérience.

Le traité des 7 lotus, d’Eric Boisset

Timothée ou l’apprenti yogi…

Comme chaque mercredi après-midi, Timothée s’arrête dans la librairie de son vieil ami, pour y dévorer les vieux livres. Aujourd’hui, il a repéré  tout particulièrement un ouvrage rouge aux lettres d’or, qui trône dans la vitrine. C’est un livre sur le yoga, écrit à la fin du XXème siècle. A cette époque, il n’a pas eu un gros succès commercial alors que maintenant il a atteint une valeur financière non négligeable. Devant l’intérêt de Timothée pour cette pièce unique, monsieur Balsamo lui propose de lui en faire une copie sur une clé USB. De retour à la maison, le jeune adolescent décide de mettre en pratique les différentes positions initiées par l’auteur. Mais c’est la catastrophe. Timothée n’est plus maître de son corps, comme si celui-ci était en train de lui échapper. Que lui arrive-t-il ? Il a l’impression d’être dans une autre dimension, il ne contrôle plus rien ! Son entourage ne le voit plus, ne l’entend plus. Timothée va devoir faire preuve de beaucoup d’imagination pour se sortir de ce faux pas.

Un roman drôle, des héros très attachants, une histoire rythmée, remplie de fantaisie, Eric Boisset a utilisé tous les ingrédients pour nous faire passer un très bon moment. On rit de bon cœur tant les personnages sont loufoques. Un régal qui fait du bien !

Le garçon qui parlait avec les mains, de Sandrine Beau et Gwenaëlle Doumont

Le langage du coeur

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Victoria est ravie, la maîtresse a présenté à la classe un nouvel élève. Il s’appelle Manolo et la petite fille tombe immédiatement sous son charme. Manolo est espagnol, craquant mais…. il est sourd et communique uniquement avec les mains. Par chance, la maîtresse connaît la langue des signes, ce qui étonne tous les élèves d’ailleurs. La présence de Manolo va soulever des protestations et des hostilités de la part des parents qui voient d’un mauvais œil son arrivée, par crainte que son handicap accapare trop l’institutrice ou ralentisse l’apprentissage de leurs enfants. Par ailleurs, une réelle amitié naît entre Victoria et Manolo, ils deviennent inséparables. Alors que certains vont l’aider à s’intégrer, d’autres vont se moquer. Victoria va alors mener un combat pour faire changer les comportements et le regard sur son ami.

Le garçon qui parlait avec les mains est un petit bijou. C’est un roman jeunesse qui pousse la porte du handicap, notamment de la surdité. Il nous fait ressentir les difficultés à s’intégrer pour la personne différente et les réactions des gens dits «normaux». Des réactions négatives pour certains car ils ne comprennent pas le handicap. L’inconnu fait peur et de là naissent les préjugés. Cet ouvrage est juste et très réaliste et pourrait servir de base aux enseignants pour expliquer l’importance de l’intégration des élèves différents, l’importance du vivre ensemble. Sandrine Beau nous fait également une petite initiation à la langue des signes qui, je trouve, devrait avoir sa place au sein des programmes scolaires.

Cette année au collège, une interventant extérieure est venue proposer l’apprentissage de la langue des signes aux élèves sur la base du volontariat. C’est ainsi que j’ai eu la chance d’intégrer ces cours et ce fut un réel plaisir. Tellement enrichissant et expressif ! Une transmission des émotions particulières car tout passe par le visuel, l’expression du visage étant très importante. C’est pourquoi aussi ce livre est d’autant plus important pour nous !

Il faut signaler également les belles illustrations fraîches et colorées qui donnent à ce roman tout son sens. Un gros coup de cœur pour ce superbe roman.

L’ours sort ses griffes, de Jean Alessandrini

Un ours peut en cacher un autre…

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Max le Masque vient de sortir de prison mais n’est pas résolu, pour autant, à se ranger ! Très vite, il reprend sa vie de criminel mais avant tout, il doit récupérer un magot caché dans la fosse aux ours d’un zoo, trois ans auparavant. Pour ne pas se faire remarquer, il revêt un costume d’ours, loin de penser que le commissaire Abouzy le file pour le prendre en flagrant délit. Max va-t-il réussir son coup  ? Course-poursuite,  soirée costumée sur le thème de l’ours, rien ne facilite pas la tâche de notre pauvre commissaire…

Un policier plein d’humour qui demande de la part de nos jeunes lecteurs une grande perspicacité pour retrouver la trace de Max le Masque .