Au secours, ma grand-mère est une sorcière !,de Céline Le Gallo

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Au secours, ma grand-mère est une sorcièreLes parents du jeune Antoine et de son frère décident de partir en amoureux pendant les vacances de Toussaint. Antoine est alors envoyé chez mamie Huguette, tandis que son frère fait une cure « sans écran » à la ferme de son oncle. Antoine s’ennuie chez sa grand-mère : les repas ne sont pas très bon, les journées ennuyeuses à compter les points des parties de cartes ou de scrabble  du groupe de retraités. Un soir, Antoine entend des grincements au grenier et va jeter un oeil. Quelle n’est pas sa surprise d’y trouver sa grand-mère habillée en sorcière, au milieu de bocaux aux contenus étranges, qui parle à son chat…

Un livre très facile d’accès, très court, amusant, aux quelques illustrations en noir et blanc rigolotes, avec une histoire sans temps mort à lire sans hésiter dès le CE2, mais encore apprécié en 5ème (c’est mon cas !)

Emma, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Même les princesses doivent aller à l’école, de Susie Morgenstern

Moi, princesse et alors !

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La vie d’un roi n’est pas toujours rose. Surtout quand les affaires vont mal, que le château de 57 pièces tombe en ruine, que les festins se transforment en maigres repas, que le personnel n’est plus. L’existence de la princesse Alyestère, 8 ans, est bien fade. Plus de précepteurs, pas d’amis, sa mère qui passe son temps au lit et un père qui lui rabâche à longueur de journée « N’oublie pas que tu es une princesse !». Oui et alors ? Elle est seule, elle s’ennuie, plus personne ne vient au château hormis les créanciers.

Mais un jour, bonne nouvelle : la famille déménage pour un 3 pièces, dans un immeuble. Alyestère est aux anges, elle renoue avec le confort, simple c’est évident, mais quand on a tout perdu c’est le paradis ! En immersion dans la vie des communs des mortels, il y a de l’animation dans les rues et surtout la princesse voit des enfants de son âge. Mais où vont-ils tous les matins ? Curieuse, la princesse se met à suivre une bande de gamins. Elle arrive près d’un bâtiment où elle aperçoit bon nombre de garçons et de filles qui sautent partout, crient, jouent. Mais que font-ils ? Pourquoi sont-ils tous là ? Quand elle découvre que tous vont à l’école, elle va supplier son père de la laisser les suivre. Cela ne va pas être facile de le persuader, Alyestère est une princesse, sa princesse.

Une belle petite histoire qui met l’accent sur les différences sociales. Alyestère est une princesse. Certes, mais une princesse qui s’ennuie et qui est coupée de toute vie sociale, à cause de son statut. A 8 ans, elle ne sait pas ce que c’est que d’avoir des amis. Elle a toujours eu des professeurs à domicile, tout du moins du temps où ses parents avaient les moyens. Son titre lui interdit de se mélanger à la classe sociale populaire. Mais Alyestère va bousculer le protocole. On peut être princesse et préférer la compagnie des gens simples. Princesse ou pas, le principal est de trouver sa voie et de faire ce qu’on aime !

Gaston Lagaffe, de André Franquin

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M’enfin !

Personnage créé par le dessinateur belge André Franquin, apparu pour la première fois en 1957 dans Le journal de Spirou. Au départ, Gaston est une pure invention de l’auteur pour animer le journal et non pour créer une nouvelle bande dessinée. Une sorte de héros sans emploi, qui ne sait pas trop quel rôle il va jouer. Mais au fil du temps, Franquin se prend au jeu et Gaston deviendra un personnage majeur d’album.

A ses débuts, il est en costume et nœud papillon qu’il a vite troqué pour un jean, pull-over et espadrilles. Gaston a l’image d’un anti-héros, gaffeur par excellence, d’où son nom de famille. Gaston la Gaffe est employé à la rédaction de Spirou, il est mince, avec une tête ronde et un nez généreux. Ses cheveux sont très courts mais au fil du temps ils seront plus longs, son physique va évoluer, ses yeux et sa bouche seront plus expressifs. C’est un personnage qui a 18 ans, il est rêveur et timide, passionné de musique et grand défenseur de la nature. Franquin en a fait également un personnage engagé.

A chaque fois qu’il entreprend quelque chose, il déclenche une catastrophe. Les gags se succèdent à la fois comiques, burlesques, absurdes.

Les Editions Dupuis vont accueillir ce héros pendant 25 ans, avec 19 albums et sa réplique culte «M’enfin ?!?».

En 1996, le personnage disparaît avec la mort de son créateur et laisse un vide immense dans le milieu de la bande dessinée. En 2017, Gaston a fêté ses 60 ans et fait toujours autant délirer les lecteurs.

Le CDI possède 8 albums à découvrir !

Dictionnaire D mots tordus, de Pef

Pour vous les glaçons et les petites billes…

Il était une fois un beau prince qui devait épouser une belle princesse et bla bla bla bla bla bla…On sait comment ça commence, on sait comment ça se termine. Ils vécurent heureux et eurent plein d’enfants. Mais non, marche arrière on reprend. Il était une fois un prince, oui mais pas comme les autres. En fait, le vocabulaire et lui ça fait deux. Il tord tous les mots, les grands, les petits ! Ce qui est extraordinaire c’est que tous ses amis ont été pris par cette même folie. Alors que faire de tout ça, si ce n’est de les répertorier dans un dictionnaire bien à part. Tout y passe, on parle de tout, on déforme tout. Mais qu’est ce qu’on s’amuse !

Ce petit livre est divin, plein d’humour, loufoque. On passe un très bon moment à deviner les véritables mots qui se cachent derrière les mots tordus. Quelquefois, ce sont les définitions qui sont tordues. Pef manipule la langue avec beaucoup de talent. Un livre à partager sans modération. Je pense néanmoins que les textes sont destinés à un jeune public ayant déjà une petite maîtrise de la lecture. Je vous laisse car c’est la fin et comme dirait Pef « quand on a fin, il faut commencer à manger».

Moi, Zénobie Abernathy – de Z à A ma vie à l’envers- de Justine Jotham

Un grain de folie

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Zénobie a 11 ans et va rentrer en 6ème. Jusque-là, rien de spécial, me direz-vous. Excepté pour la jeune adolescente. Ses parents, divorcés, la surprotègent. Sa maman a du mal à la voir grandir, lui choisit encore ses vêtements … pour le peu très originaux. Zénobie a une intelligence extraordinaire et porte un prénom hors du commun. Elle a du mal à trouver sa place, ses facilités intellectuelles la desservent. Ses camarades de classe la traitent «d’intello», d’Einstein, de « je sais tout » et j’en passe. Bref, rien de très réjouissant, Zénobie souhaite être comme les autres. Mais comment se faire accepter quand on a trop de capacités ? Pour ne plus être chahutée et ne plus être considérée comme l’intello de la classe, elle décide alors de devenir une cancre.

Moi, Zénobie Abernathy est une histoire décalée, pleine de fantaisie, comme son héroïne. Etre brillant, intelligent, est-ce un obstacle à la bonne intégration ? Il faut croire que c’est le cas pour Zénobie qui souffre de cette forme de rejet. Je ne peux pas dire que ce soit une généralité mais il est vrai que parfois les élèves intelligents sont quelque peu pris à partie et laissés de côté car qualifiés de trop «intello». On a trop souvent tendance, à tord d’ailleurs, à les voir comme des personnes qui se nourrissent de culture du matin jusqu’au soir, sans loisirs ni amis et peuvent être alors mal-aimés et pris pour des ringards. Mais on peut avoir de grandes capacités intellectuelles et pour autant se taper des délires et avoir des potes ! Tout est question de personnalité ! Il ne faut pas juger trop vite une personne qu’on ne connaît pas, quelle que soit sa personnalité. Il faut dépasser ces préjugés. Et se cultiver ne doit pas être considéré comme une honte. Il est fréquent de constater qu’un élève qui fait les pires bêtises, qui est repris sans cesse, est plus populaire qu’un autre qui est plus sage. Au fond, je doute qu’on ait une meilleure image de lui car ce comportement va finir par agacer.

Un roman raconté à la première personne qui permet de réfléchir sur ce qu’est la « normalité » et l’intérêt (ou non !) d’y adhérer.

Gargantua, de François Rabelais – Christian Poslaniec

Qu’il est bon de vivre pour manger…

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Gargantua est né au bout de 11 mois par l’oreille de sa mère, Gargamelle. Il est énorme, il a un appétit qu’il n’arrive jamais à assouvir. Un personnage géant créé par François Rabelais au XVIème siècle, dont les aventures seront écrites sous formes de chroniques. Rabelais laisse alors libre cours à sa fantaisie et à ses opinions, il se moque de la société.

Christian Poslaniec a adapté le conte de Rabelais en plusieurs tableaux représentant les principaux moments de la vie de Gargantua. Il a traduit le vieux français et cette nouvelle version en facilite la compréhension pour nos plus jeunes lecteurs. Une lecture plaisante, pleine d’ironie et de réflexion sur la société. Les illustrations de Ludovic Debeurne traduisent de belle manière le gigantisme du héros et collent très bien au texte.

Jean de la Fontaine, Fables illustrées par Joann Sfar- Un livre pour les vacances-

Si La Fontaine m’était conté

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Joan Sfar, célèbre auteur et illustrateur de bandes dessinées, s’est amusé à sélectionner des fables de La Fontaine et de les mettre en image dans un beau recueil.

Ce livre fait partie de l’opération « un livre pour les vacances » lancée par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquet. En effet, les élèves qui quittent le CM2 se verront remettre cet ouvrage à lire durant l’été et qui sera au programme de 6ème, à la rentrée prochaine. Un plaisir à partager en famille, pour favoriser la lecture et la connaissance du patrimoine littéraire.

Les fables de la Fontaine sont un classique incontournable que doivent connaître tous les élèves de primaire. Un livre présenté en deux parties, l’une qui regroupent les fables dont les protagonistes sont des animaux et l’autre qui met en scène des objets et des personnages. Des textes qui ont inspiré de belles illustrations, colorées, modernes  et humoristiques, des textes qui ne vieillissent pas, tant ils sont encore chargés de vérité.