Aurélie et son secret, Sabine du Faÿ

Aurélie et son secret, Sabine du Faÿ

Aurélie, jeune adolescente au côté garçon manqué, est pleine de vie, un peu trop, au goût de ses parents, farfelue, dynamique et très très maladroite. Quand Aurélie approche, la catastrophe n’est pas loin. Entre une mère psychologue et un père médecin, pas facile pour elle de se laisser aller. Elle a une sœur jumelle, Henriette, et un frère, François, qui la trouvent trop bizarre. Aurélie s’est toujours sentie en contradiction avec son entourage et ceci depuis son plus jeune âge. Ses parents ne comprennent pas toujours comment elle fonctionne et particulièrement sa maman qui s’arrache les cheveux à chacune de ses nouvelles élucubrations. Bref, une atmosphère très tendue règne à la maison occasionnant beaucoup de disputes au sein du couple.

Un jour, alors qu’elle est dans la salle de bain, Aurélie va faire une découverte qui va la rendre radicalement différente des autres. Elle ne peut pas en parler et doit porter un lourd secret qui la terrorise. Mais lors d’un séjour chez ses grands-parents, elle finit par se confier à sa grand-mère qui va lui révéler elle aussi partager le même fardeau. Celle-ci lui dit que le moment venu, quelqu’un lui montrera le chemin pour être délivrée. Que de mystère !

Sabine du Fay nous entraîne dans le merveilleux et le fantastique. Le sujet peut paraître intéressant mais le final m’a laissée un peu sur ma faim. En effet, on découvre ce qui arrive à Aurélie assez tôt. Surgissent beaucoup de mésaventures qui provoquent des phénomènes liés directement au secret d’Aurélie. Quelques chapitres avant la fin, la jeune fille commence à entrevoir la fin de ses interrogations puis plus rien. Il aurait été génial d’en connaître plus sur la particularité d’Aurélie, de savoir pourquoi sa vie va être bouleversée  et dans quel but.  C’est dommage. Notre petite héroïne est néanmoins très attachante, toujours de bonne humeur et prête à aider ceux qui en ont besoin. L’histoire reste originale et plaira aux jeunes lecteurs.

Opération R.AF.E

La 6ème la pire année de ma vie, de James Patterson et Chris Tebbetts

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La rentrée en 6ème est toujours source d’angoisse. Finie la primaire, au revoir maîtresse, au revoir maître. Bonjour les longs couloirs, les salles qui n’en finissent pas, des élèves partout, beaucoup trop de professeurs et dans la cour, de grosses brutes qui s’en donnent à cœur joie avec les petits nouveaux. Bref, une rentrée qui provoque cette boule au ventre qu’on connaît tous. Notre jeune héros, Rafe, entre aussi pour la première fois au collège et on ne peut vraiment pas dire que ce soit une réussite. C’est même un véritable cauchemar ! L’école ce n’est pas son truc, il n’y arrive pas et n’a pas envie non plus de travailler. Il faut dire qu’en plus il collectionne les boulettes et fait beaucoup de bêtises. Pour Rafe, il y a trop de règles, trop d’interdits donc il décide un jour d’enfreindre le règlement intérieur.  Il veut mettre de la fantaisie dans l’établissement. Pour réussir à accomplir sa mission, il va s’inventer un ami imaginaire. Mais le directeur du collège n’a pas l’intention de laisser le chaos s’installer et va déclarer la guerre à Rafe.

Un roman plein d’humour, aux illustrations déjantées, qui nous fait passer un très bon moment. Rafe, personnage très attachant, se confie aux lecteurs. Il est solitaire et son carnet de dessins est son refuge. Ce livre est en quelque sorte le journal intime d’un collégien. Si on creuse un peu, l’auteur délivre un petit message. Pour les enfants qui sont récalcitrants, qui n’aiment pas l’école comme Rafe, tout n’est pas perdu ! Une scolarité bancale n’est pas synonyme d’échec pour une vie future. La fin de cette histoire le prouve !

Une adaptation cinématographique de ce roman est sorti en 2016 : La 6ème, la pire année de ma vie, un film réalisé par Steve Carr

Le voyage dans le temps de la famille Boyau, un roman à lire et à jouer, de Yves Grevet

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le voyage dans le temps de la famille Boyau, un roman à lire et à jouer, de Yves Grevet

grevet-copie-1Victor, un jeune garçon de 12 ans, vit en 4014 c’est à dire près de 2000 ans après nous. Il vit avec son père, un génie dans son genre, sa mère, une historienne spécialiste de notre époque et ses deux presque frères : N1 et H1 qui sont des clones. Ils servent de réserve d’organes ou de tissus en cas de problèmes de santé. Mais ils se sont malencontreusement échappés de leur sommeil artificiel ! Et il ne faut bien sur pas oublier Obeurk, son chien intelligent qui a deux têtes. Cette famille du nom de Boyau est heureuse. Mais un événement les oblige à chambouler leur quotidien ennuyeux et faire un voyage dans le temps, à notre époque. Mais les voyages dans le temps sont strictement interdits !
Ce petit livre-jeu m’a plu car l’histoire était amusante et les jeux en tout genre font participer le lecteur.

Guillaume, 3° –  13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et l’avis de Mu :

4014. Victor, 12 ans, vit avec ses parents (inventeur et historienne du 21ème siècle), ses deux clones H1 et N1, et son chien à deux têtes Obeurk dans ce monde qui a bien changé. On ne sort plus de chez soi, les rencontres sont virtuelles, et la nourriture artificielle et insipide… et, de fait, on ne connaît même plus les toilettes ! Alors, quand son père, qui a conçu une machine à remonter le temps, propose à sa petite famille un voyage dans le 21ème siècle pour y récupérer la télécommande qu’il y a perdu lors de son précédent séjour, personne ne se fait prier, même si cela est totalement interdit !

Un livre-jeu mêlé à un récit de science-fiction, qui nous entraîne dans notre monde avec un regard neuf. Chaque étape du voyage ou de la vie de notre adolescent du 15ème siècle est ponctuée d’énigmes à résoudre (message codé, mots croisés, charade, labyrinthe, cherche et trouve, rébus, etc…) qui nous font avancer dans le récit. Car notre famille Boyau n’y connaît pas grand chose à notre mode de vie et a bien besoin de vous, lecteur du 21ème siècle, pour lui expliquer certaines choses ! Il y est question d’amour et d’amitié sur fond d’humour. Il y est question également d’un regard sur notre société et son évolution vers un monde aseptisé et un peu trop connecté et virtuel. 

Un livre très facile à lire pour jeunes lecteurs dès le CM1 qui permet d’aborder le thème de la science-fiction en toute simplicité ! En revanche, merci aux élèves de faire les jeux dans leur tête, sinon le livre sera à usage unique au CDI !

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Tatie Hortense

Mythomamie, de Gwladys Constant

mythomamieAlphonsine a seize ans lorsqu’elle décide d’arrêter l’école, du  jour au lendemain… Mais sa tante Violette ne l’entend pas de cette oreille. Elle qui dirige une société d’aide à la personne compte bien lui faire comprendre que, finalement, le lycée, c’est pas si mal ! A elle la responsabilité des chiens à promener, à faire manger… Mais un jour, on lui confie une nouvelle mission : devenir l’aide à domicile de Mme Signol, une vieille peau surnommée Tatie Danielle, en référence à un film d’Etienne Chatiliez mettant en scène une vieille dame détestable qui en fait baver à son entourage.  C’est ainsi que commence une amitié hors du commun entre la redoutable octogénaire et la naïve jeune fille.

Une histoire rythmée, belle leçon d’amitié intergénérationnelle. La construction un peu fouillie du roman, qui ne respecte pas forcément la chronologie, est à l’image de la jeune fille, narratrice de l’histoire. Ca sonne vrai, c’est rigolo parfois, touchant à d’autres moments. On passe un bon moment. Ce duo totalement improbable où la plus délurée et la plus énergique n’est pas forcément celle que l’on croit nous emmène dans un tourbillon de vie à l’orée de la mort. Une belle façon d’aborder les relations intergénérationnelles, la vie, la vieillesse, les rencontres, l’amitié, la mort, la famille et surtout, le pouvoir de l’imagination ! On apprend même des petites choses, l’air de rien,  sur la mythologie et la littérature !

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Prisonnière des dessins

Emilie et le crayon magique, de Henriette Bichonnier

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Emilie adore les histoires de châteaux forts, de chevaliers. D’ailleurs, elle doit inventer la suite d’une histoire médiévale que la maîtresse a commencé de lire en classe. Elle est excitée et s’empresse de rentrer à la maison pour se mettre au travail. En chemin, elle glisse sur quelque chose de rond….OH un crayon ! Elle le ramasse et le met dans sa poche. Au bout de quelques pas, elle entend une petite voix… Mais ce n’est pas possible, c’est le crayon qui l’interpelle ! Ce crayon est magique, non seulement il parle, mais les dessins qu’il réalise deviennent vivants. Curieuse, Emilie se lance dans des croquis qui prennent tout de suite vie. Le crayon la met en garde et essaie de freiner la petite fille mais celle-ci fascinée, ne s’arrête plus. Elle veut tester les pouvoirs de son crayon et dessine des châteaux, des chevaliers, une porte ……Le château se matérialise et Emilie n’a plus qu’une envie, c’est d’y entrer. Tout simplement, elle franchit la porte et prend place dans l’histoire. Emilie va se retrouver dans des situations très rocambolesques. Mais il faudra aussi penser à revenir. Et là, un obstacle de taille va se dresser devant elle.

Emilie est une jeune fille très intrépide, indépendante et un peu têtue mais qui arrive toujours à trouver une solution pour se sortir du pétrin. Une histoire drôle qui charmera nos jeunes lecteurs et qui ne regarderont plus leurs crayons  de la même façon ! Elle en a de la chance Emilie !

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Des vies cadenassées

Sauveur et fils – saison 1- de Marie-Aude Murail

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Sauveur Saint-Yves est psychologue. Avec un tel prénom comment ne pas être à l’écoute des autres et vouloir sauver tout le monde, en particulier les ados. Il a quitté sa Martinique natale pour s’installer à Orléans. Il est veuf et s’occupe seul de son fils de 8 ans, Lazare. A force de vouloir jouer le bon samaritain, il délaisse sa vie privée. Pas facile de trouver l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Sauveur a beaucoup de qualités, un cœur gros comme ça, une bonne écoute avec ses patients mais avec son fils il ne sait pas faire, il est maladroit et démuni. Les cas dont il s’occupe sont divers et variés. Il est contacté par des parents mal divorcés dont les enfants sont devenus des enjeux pour régler leurs conflits, par la maman qui n’aime pas son enfant, l’adolescente qui ne s’y retrouve plus entre sa mère qui s’est remise avec une femme et son père qui est avec une jeune qu’elle traite de pétasse. Il essaie de comprendre les tentatives de suicide, les phobies scolaires… Son bureau est attenant à la maison et Lazare qui se passionne pour la profession de son père, n’en rate pas une miette. Quand il le peut, il se cache et espionne les consultations. Un jour, Lazare demande à son père de lui acheter un hamster. Il étudie son comportement comme Sauveur le fait avec ses patients. Le petit garçon veut d’ailleurs devenir psychologue de tout le monde et en particulier de ces rongeurs. Il est trop craquant Lazare, souriant, attachant, rigolo avec ses « blagounettes » qui n’interpellent pas toujours son père trop préoccupé par son métier. Sauveur est une sorte de mère Thérésa mais aurait-il des ennemis ? Pour preuve, les lettres de menace qu’il reçoit ou les pièges contre le mauvais sort qu’il trouve au pied de sa porte. A ce moment, Lazare commence à se poser des questions sur ses origines et sur sa maman décédée peu après sa naissance. Sauveur ne lui parle pas de sa mère, évite les questions, reste secret. Que cache Sauveur à son fils ? Pourquoi n’arrive -t-il pas à lui en parler ?

L’ombre de la maman plane sans cesse sur le récit. On ne sait pas qui elle était, comment elle était. Sauveur évite d’en parler mais pourtant il faut attendre les ¾ de l’histoire pour s’étonner des confessions que Sauveur fait à une patiente. Les rôles sont inversés. Il parle de sa famille et envisage même d’emmener son fils en Guadeloupe. Le lecteur sent que le dénouement est proche. La fin nous délivrera d’un lourd secret.

Ce livre scanne les problèmes, le mal-être des adolescents. On ressent toutes les difficultés que les parents rencontrent avec eux. Les situations familiales sont complexes et Marie-Aude Murail n’a aucun tabou sur les sujets traités : l’homosexualité, la phobie scolaire, les familles recomposées, la scarification, la drogue, la dépression, la pédophilie, le racisme dont sont victimes Sauveur et Lazare, particulièrement par la nounou du jeune garçon, femme aux préjugés très présents sur les noirs.

Chaque chapitre correspond à une semaine de consultations. On se rend compte au final que les enfants sont trop impliqués dans les histoires « de grands ». Il n’y a plus aucune barrière, les parents exposent leurs enfants à des problèmes qu’ils devraient résoudre entre adultes. Les enfants sont des éponges et craquent. Ce roman est une sorte de miroir du quotidien qui pour certains part à la dérive. Mais heureusement, l’auteur manie l’humour pour aborder ces malaises et permet au lecteur de souffler entre chaque tranche de vie en le faisant pénétrer dans l’intimité de Sauveur et son fils. Marie-Aude Murail nous offre des personnages variés, reflet de notre société. J’appréhendais un peu ma lecture, peur de trouver ennuyeux les énumérations des états d’âmes de chacun. Mais pas du tout, Sauveur et fils est un coup de cœur. Le lecteur est invité sans voyeurisme dans le cabinet de consultations, prend sous son aile Sauveur et Lazare en croisant les doigts pour que le père se libère du poids d’un passé lourd et omniprésent. L’adage qui dit « le cordonnier est le plus mal chaussé » s’adapte parfaitement à la situation de Sauveur. Il soigne les blessures de la vie de ses patients mais est incapable de refermer ses propres plaies. Hâte de me plonger dans la saison 2.

Viser la lune, d’Anne-Fleur Multon

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog.

Viser la lune, d’Anne-Fleur Multon

Une amitié virtuelle va naître entre Aliénor, Itaï, Maria et Azza, à cause (ou grâce ?) à une personne qui a critiqué les idées d’Aliénor sur twitter. Ses futures amies l’ont soutenue et leur amitié a commencé ! Ensemble, elles vont vivre plein d’aventures pour, au final, avoir une grosse surprise ! Un livre plein d’émotions sur le thème fort de l’amitié, sur fond de réseaux sociaux. C’est gai, les personnages sont attachants, avec des personnalités très différentes les unes des autres mais qui se lient d’une vraie amitié.  J’ai vraiment bien aimé ! Il faut croire en ses rêves, tel est le message du livre.

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Aliénor, 13 ans, est passionnée de sciences et vit en Guyane avec ses parents. Elle partage avec sa mère la passion des fusées. En effet, sa maman est ingénieur à l’aérospatiale de Kourou. L’adolescente est en contact avec Itaï, Azza, Maria, des jeunes filles rencontrées grâce à un tweet. Elles font connaissance petit à petit en messages privés, communiquent beaucoup sur les réseaux sociaux. Elles ont toutes 13 ans et vivent sur des continents différents : la France, le Canada, la Nouvelle Calédonie. Une réelle amitié et une grande complicité vont les lier. Mais un matin, alors que les filles se connectent, elles remarquent que Maria ne va pas bien, elle pleure, elle ne croit plus en elle, elle doute de ses capacités à réussir. Bref elle n’a pas le moral. Pour lui redonner du courage et de la confiance , elles décident de créer leur chaîne Youtube sur laquelle chacune parlerait de ses passions, donnerait des conseils sur des sujets qu’elles affectionnent. Un projet qui les emballe, qui va les conduire du virtuel au réel, qui va les mener à une rencontre pleine d’émotions….

Viser la lune est une histoire qui évoque de nombreux sujets de société tels que le racisme, les réseaux sociaux, le sexisme, les relations avec les grands-parents. Un récit frais et drôle emmené par une adolescente pétillante. Ce groupe d’amies attachantes va prouver qu’il faut croire en ses rêves. Aidé par sa famille, ses amis, tout est possible. Une histoire qui fait du bien car très positive. La vie n’est pas toujours rose, tout ne se passe pas comme dans un roman mais ça fait du bien de croire que rien est impossible quand on se bat.

Le titre rappelle étrangement une chanson d’Amel Bent qui parle du combat qu’il faut mener au quotidien pour s’imposer, des sacrifices qu’il faut faire pour s ‘en sortir :

Viser la lune, ça me fait pas peur

Même à l’usure

J’y crois encore et en cœur

Des sacrifices

S’il le faut j’en ferai

J’en ai déjà fait

Mais toujours le poing levé.