Un monde horribilis, six courtes pièces d’humour noir, de Claude Broussouloux

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Claude Broussouloux nous présente six pièces à l’humour très noir où s’entremêlent des situations plus sombres les unes que les autres : un restaurant où la nourriture peut vous réserver des surprises, une opération chirurgicale qui tourne au vinaigre, une discussion mouvementée qui remet en cause la guerre de cent ans… Rien ni personne n’est préservé. Un humour cash qui nous tombe dessus et qui nous laisse pantois. Des chutes toujours aussi surprenantes, un style direct et qui nous charme toujours autant.

The Grisly Goat, de Christine Kiffer et Ronan Badel

The Grisly Goat - bilingue anglais

Il s’agit d’un album bilingue anglais qui raconte l’histoire de Lapin qui aperçoit des yeux rouges cachés dans son terrier…et se retrouve terrifié ! Il va appeler divers animaux à la rescousse, avec plus ou moins de succès ! Un récit sympathique sur l’entraide et la solidarité, et qui montre qu’il n’y a pas besoin d’être fort pour être courageux !

J’ai beaucoup apprécié cet album, qui peut être adapté à différents lecteurs, car il est bien illustré, mais permet aussi de bien travailler son anglais. Le choix de mettre la traduction seulement à la fin peut être gênant pour les débutants qui en ont besoin à chaque page, mais permet aux élèves d’un niveau intermédiaire de vraiment lire en anglais, sans avoir la tentation de se raccrocher sans cesse à la traduction. Le jeu des sonorités est intéressant et agréable à l’oreille, alors je vous conseille sincèrement de le lire à voix haute ! Ce serait dommage de passer à côté !

Les insurgés de Sparte, de Christian de Montella

Résultat de recherche d'images pour "les insurgés de sparte montella fnac"Lors de la naissance de ses jumeaux, Parthénia, n’eut pas le courage de les soumettre à la loi spartiate, qui impose la mort du plus faible des deux. Envahie par la peine, elle le confia secrètement à sa servante, Eryx et son mari Lycos. Ils l’emmenèrent dans l’Ithôme, une contrée de Sparte, pour le protéger, l’élever et ne dévoilèrent ce secret à personne, jusqu’au jour où…

Niveau de lecture : assez facile 

Passage sur un personnage qui m’a plu :

« Dès l’âge de trois ans, il s’était mit à pousser et à forcir –« comme une mauvaise herbe », disait en riant Lycos. Quand il eut six ans, il commença à participer aux travaux agricoles. Il était habile, résistant, rieur mais teigneux. Il se battait facilement. Pour un regard de travers ou une plaisanterie qui égratignait son orgueil. Certains disaient qu’il se battait pour le plaisir de se battre. »

Mon avis sur le livre :

Ce roman est d’une lecture relativement facile. Je le recommande à mes camarades de 5ème. J’ai aimé l’aspect de la guerre grecque, avec les traditions associées.

Marceau, 5ème

 

Les chaussures, de Gigi Bigot et Pepito Matéo – ill. Isabelle Chatellard

« Elles », ce sont les chaussures…

Perdues, ne voulant plus avancer… Pourquoi ? C’est la guerre. Après une vie glorieuse, on leur a demandé de raser les murs, puis de ne plus sortir du tout, puis de se cacher, et finalement de partir.

Un album tout en finesse et en suggestions, où les chaussures sont une métaphore de l’enfance. Ni date, ni lieu. Nous sommes dans « les rues d’une ville sans nom ».

A travers les non-dits, sont évoqués des thèmes très graves comme la guerre et l’exode, mais également l’entraide et la solidarité. Car les chaussures finiront par trouver un cordonnier pour les réparer et une petite fille pour les porter. Les illustrations aux tons sépia, aux contours anguleux, aux ombres menaçantes donnent à cet album au message historique une sorte de portée universelle à l’image d’un conte. Et à la limite de la poésie…

Marche aujourd’hui marche demain, à force de marcher les souliers sont arrivés dans une ville où les maisons blessées se remettaient debout tant bien que mal, où les trottoirs défoncés guidaient malgré tout les pas sans se tromper à travers le dédale des rues cabossées.

 

Les auteurs reversent leurs droits à la CIMADE (le Comité Inter-mouvements auprès des evacués).

Angelot du lac- volume 1 le temps des loups- Yvan Pommaux

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Au royaume des loups,

Yvan Pommaux nous plonge au beau milieu du Moyen-âge, plus exactement dans sa période noire avec les pillages, les bandits, les maladies. Les guerres font rage, dévastant les villages, tuant les paysans qui laissent des orphelins voués à eux-mêmes. La nature envahit les maisons désertées, offrant ainsi un excellent refuge aux loups. L’auteur sait très bien décrire cette page de notre histoire mais, pour la rendre un peu plus douce et accessible, il a créé ce personnage de Angelot. Angelot est en fait le prénom d’un jeune enfant retrouvé un jour, par hasard près d’un lac, par un groupe d’orphelins occupés à multiplier les larcins pour vivre. Ils n’ont pas hésité un seul instant à le protéger des loups et à le recueillir. Ils seront aidés par un couple Coline et Ythier. Angelot sera initié aux petites combines qui l’aideront à se nourrir, à se défendre, à survivre. En grandissant, il apprendra même à manier la fronde. Mais un jour, pris entre deux armées, le groupe va être séparé et Angelot va se retrouver seul sur les routes. Commence alors pour lui un long chemin plein d’aventures.

Angelot du lac – le temps des loups fait partie d’une série de bandes dessinées publiées entre 1995 et 1997. L’intérêt premier sont toutes les références qui y figurent. Tout d’abord les références historiques avec la guerre de cent ans, Jeanne d’Arc, les références sociales de l’époque, puis les références culturelles avec les spectacles existant et enfin les références sur le mode de vie. Un volume complet qui joue sur l’espace temps puisqu’on débute avec Angelot bébé et on termine avec Angelot enfant. Les illustrations sont réellement parlantes, elles explosent sur une double page pour souligner un événement et sont plus ou moins colorées selon les situations. Un bon volume pour les fans d’aventures et de chevaliers.

Oradour sur Glane, un village si tranquille, de Vanina Brière

Ouradour sur Glane, un village martyr….

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Ouradour sur Glane, situé à environ 25 kilomètres de Limoges, est le symbole de la barbarie nazie. 642 victimes, 5 survivants. Le village est pillé, détruit, brûlé. La patrie est meurtrie. La journée du 10 juin 1944 restera à jamais gravée dans les mémoires. Un village paisible que les Allemands ont décidé d’exterminer pour se venger d’une attaque qu’ils ont subie quelques jours auparavant. Les habitants sont séparés : les hommes sont réunis dans une grange, les femmes et les enfants sont emmenés dans l’église du village. Tous vont être exécutés froidement puis brûlés pour empêcher leur identification. Les soldats tirent au hasard dans les rues et les maisons pour éliminer d’éventuels témoins. En une journée, Oradour sur Glane n’existe plus..

Vatina Brière nous raconte comment tout a basculé en ce 10 juin 1944, comment d’innocentes victimes ont péri. A travers l’histoire de Robert, un des survivants du massacre, elle a su nous transmettre une réelle émotion qui va au-delà de cet évènement, puisqu’elle évoque la vie d’après et le difficile procès des meurtriers.

Ce village a été conservé en l’état de destruction, tel qu’il était après le massacre, pour témoigner des souffrances subies par ses habitants.

Après ce massacre, à quelques centaines de mètres de là, l’Etat va décider de construire un nouveau bourg sur des plans similaires de l’ancien. La première pierre fut posée en 1947. Une maison construite pour une maison détruite.

Pour ne jamais oublier, un mémorial a été inauguré en 1999 par le Président de la République de l’époque, Jacques Chirac.

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de me rendre à Oradour sur Glane. Quand j’ai pénétré à l’intérieur de ce village fantôme, une étrange sensation m’a enveloppée. J’ai été saisie par ce silence pesant, qui nous incite à rester muet, en ayant l’impression que l’âme des morts était là, toutes proches de moi. J’étais remplie d’une émotion indéfinissable, à la limite du mal-être. Chaque pierre saigne, chaque pierre est empreinte de tristesse, de souvenirs.

Osso bucco, de Rebecca Montsarrat et Grégoire Mercadé

Je suis un enfant de ce monde…

Osso Bucc

Un enfant dans un pays en guerre est blessé dans une explosion… Lorsqu’il se relève, il se rend compte qu’il a atterri dans un jardin fabuleux, rempli de joie… mais peuplé de … squelettes… Dans ce monde, on se sent libre, libre de nager sous l’eau sans masque ni tuba, libre de lézarder dans un hamac, libre de vivre dans un pays sans guerre. Le roi des squelettes, Nabucco, va tout faire pour persuader Osso Bucco (surnom donné à l’enfant dans ce monde-là) de rester avec eux. Va-t-il y arriver ?

Tout devient si beau quand on sait regarder ! La guerre n’a pas tout abîmé. J’ai compris.

Si la liberté existe c’est dans le reagrd que l’on porte sur le monde.

 

Voici un magnifique album qui traite de la guerre tout en délivrant un fort message de paix, finalement optimiste. C’est notre regard sur le monde, notre volonté de vivre dans un monde meilleur qui fera changer les choses. « Les squelettes ne nous veulent aucun bien. Ils ne font que piller nos rêves et emporter ceux qu’on aime. » Les illustrations sont superbes et le grand format de cet album très soigné les met véritablement en valeur. Fourmillant de détails, colorée, chaque page attire le regard et nous invite dans cet imaginaire riche comme on entrerait dans un tableau, en s’attardant sur chaque centimètres carré pour y découvrir ce qui n’aurait pas sauté à l’oeil au premier abord. La place faite aux illustrations donne toute sa force à cet album poétique qui nous invite à porter un regard critique sur notre monde, sur sa brutalité, ses aberrations, ses contradictions, mais aussi sa profonde beauté. Un véritable coup de coeur.

 

Et je tenais à remercier très vivement la petite maison d’édition Kanjil pour l’effort conséquent qu’ils ont consenti en nous envoyant cet album pour soutenir notre projet de promotion de la lecture en milieu rural.

N’hésitez pas à aller découvrir leur site et leur catalogue : https://kanjil.fr/  et soutenir autant que possible leur belle initiative !