L’arbre de Guernica, la retirada des enfants, d’Isabelle Wlodarczyk

Un album en deux parties, de la collection Mes albums de l’Histoire des éditions Oskar

Partie n°1 : On fait la connaissance d’un petit garçon dont on ignorera d’ailleurs  le prénom jusqu’à la fin. Tout comme de très nombreux enfants, il est très attaché à sa terre et plus précisément à Guernica, une petite ville du pays basque à l’arbre symbole qui va connaître la violence d’un conflit particulier, une guerre au sein d’un peuple qui détruira presque tout sauf l’arbre qui résistera mais sans lui puisqu’il se verra contraint de quitter sa ville, son pays et participer à la Retirada.

Partie n°2 : Dans cette partie documentaire bien illustrée et écrite simplement, il est facile de comprendre les origines, les tenants et aboutissants de la guerre civile espagnole, sans oublier le désastre de Guernica que Picasso dénoncera à travers sa peinture. Au milieu de ce conflit d’adultes, il y a le destin des enfants décrits de manière réaliste grâce notamment aux nombreux témoignages.

Un album intéressant qu’il faut prendre le temps de découvrir…..

Be safe, de Xavier-Laurent Petit

Etat-Unis, années 2000.

Oskar, lycéen,  et son grand frère Jérémy adorent jouer ensemble de la musique dans leur garage.  Pas très intéressé par l’école, Jérémy a arrêté ses études à 16 ans, en espérant trouver du travail, mais depuis deux ans, rien ne se profile à l’horizon. Un jour, sa route croise celle d’agents recruteurs  de l’armée qui lui font miroiter qu’en s’engageant, il pourrait apprendre un vrai métier et construire des ponts. Jérémy se laisse tenter… et signe un contrat d’engagement pour quatre ans… Il vient d’être majeur et sa décision est donc irrévocable. Deux semaines plus tard, il rejoint un camp miliaire pour une formation de base. Il s’y fait remarquer pour ses talents de tireur d’élite et va bientôt recevoir un ordre de mission pour rejoindre les zones de conflit soi-disant pour des opérations sans risque de maintien de l’ordre…

Un sujet grave traité avec beaucoup de sensibilité : recrutements de tout jeunes adultes avec des promesses non tenues de l’armée, la confrontation à la violence des conflits, à la mort de camarades et à la violence psychologique de la mort que l’on donne dans un but de survie. Mais cette histoire de guerre est vécue et restituée à travers le regard du jeune frère. Sa passion pour la musique va le rapprocher d’une  jeune fille dont le frère est également sur les zones de conflits et ensemble, ils vont poser des notes sur leurs émotions afin de faire passer un message de paix autour d’eux. « Be safe »qui peut se traduire par « fais gaffe », « sois prudent », c’est ainsi que Jérémy signe les mails secrets qu’il envoie à son frère pour lui raconter la vraie version de son quotidien, non la version édulcorée qu’il transmet à ses parents. Sur fond de musique, d’amour, de secrets de famille, de relations fraternelles, ce roman est un petit coup de coeur pour moi. Le sujet de départ  qui pourrait en rebuter certains est traité d’une manière intelligente, sous différents points de vue avec des personnages secondaires riches et des petites histoires parallèles qui font que l’on ne s’ennuie pas une seconde. 

Un monde horribilis, six courtes pièces d’humour noir, de Claude Broussouloux

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Claude Broussouloux nous présente six pièces à l’humour très noir où s’entremêlent des situations plus sombres les unes que les autres : un restaurant où la nourriture peut vous réserver des surprises, une opération chirurgicale qui tourne au vinaigre, une discussion mouvementée qui remet en cause la guerre de cent ans… Rien ni personne n’est préservé. Un humour cash qui nous tombe dessus et qui nous laisse pantois. Des chutes toujours aussi surprenantes, un style direct et qui nous charme toujours autant.

The Grisly Goat, de Christine Kiffer et Ronan Badel

The Grisly Goat - bilingue anglais

Il s’agit d’un album bilingue anglais qui raconte l’histoire de Lapin qui aperçoit des yeux rouges cachés dans son terrier…et se retrouve terrifié ! Il va appeler divers animaux à la rescousse, avec plus ou moins de succès ! Un récit sympathique sur l’entraide et la solidarité, et qui montre qu’il n’y a pas besoin d’être fort pour être courageux !

J’ai beaucoup apprécié cet album, qui peut être adapté à différents lecteurs, car il est bien illustré, mais permet aussi de bien travailler son anglais. Le choix de mettre la traduction seulement à la fin peut être gênant pour les débutants qui en ont besoin à chaque page, mais permet aux élèves d’un niveau intermédiaire de vraiment lire en anglais, sans avoir la tentation de se raccrocher sans cesse à la traduction. Le jeu des sonorités est intéressant et agréable à l’oreille, alors je vous conseille sincèrement de le lire à voix haute ! Ce serait dommage de passer à côté !

Les insurgés de Sparte, de Christian de Montella

Résultat de recherche d'images pour "les insurgés de sparte montella fnac"Lors de la naissance de ses jumeaux, Parthénia, n’eut pas le courage de les soumettre à la loi spartiate, qui impose la mort du plus faible des deux. Envahie par la peine, elle le confia secrètement à sa servante, Eryx et son mari Lycos. Ils l’emmenèrent dans l’Ithôme, une contrée de Sparte, pour le protéger, l’élever et ne dévoilèrent ce secret à personne, jusqu’au jour où…

Niveau de lecture : assez facile 

Passage sur un personnage qui m’a plu :

« Dès l’âge de trois ans, il s’était mit à pousser et à forcir –« comme une mauvaise herbe », disait en riant Lycos. Quand il eut six ans, il commença à participer aux travaux agricoles. Il était habile, résistant, rieur mais teigneux. Il se battait facilement. Pour un regard de travers ou une plaisanterie qui égratignait son orgueil. Certains disaient qu’il se battait pour le plaisir de se battre. »

Mon avis sur le livre :

Ce roman est d’une lecture relativement facile. Je le recommande à mes camarades de 5ème. J’ai aimé l’aspect de la guerre grecque, avec les traditions associées.

Marceau, 5ème

 

Les chaussures, de Gigi Bigot et Pepito Matéo – ill. Isabelle Chatellard

« Elles », ce sont les chaussures…

Perdues, ne voulant plus avancer… Pourquoi ? C’est la guerre. Après une vie glorieuse, on leur a demandé de raser les murs, puis de ne plus sortir du tout, puis de se cacher, et finalement de partir.

Un album tout en finesse et en suggestions, où les chaussures sont une métaphore de l’enfance. Ni date, ni lieu. Nous sommes dans « les rues d’une ville sans nom ».

A travers les non-dits, sont évoqués des thèmes très graves comme la guerre et l’exode, mais également l’entraide et la solidarité. Car les chaussures finiront par trouver un cordonnier pour les réparer et une petite fille pour les porter. Les illustrations aux tons sépia, aux contours anguleux, aux ombres menaçantes donnent à cet album au message historique une sorte de portée universelle à l’image d’un conte. Et à la limite de la poésie…

Marche aujourd’hui marche demain, à force de marcher les souliers sont arrivés dans une ville où les maisons blessées se remettaient debout tant bien que mal, où les trottoirs défoncés guidaient malgré tout les pas sans se tromper à travers le dédale des rues cabossées.

 

Les auteurs reversent leurs droits à la CIMADE (le Comité Inter-mouvements auprès des evacués).

Angelot du lac- volume 1 le temps des loups- Yvan Pommaux

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Au royaume des loups,

Yvan Pommaux nous plonge au beau milieu du Moyen-âge, plus exactement dans sa période noire avec les pillages, les bandits, les maladies. Les guerres font rage, dévastant les villages, tuant les paysans qui laissent des orphelins voués à eux-mêmes. La nature envahit les maisons désertées, offrant ainsi un excellent refuge aux loups. L’auteur sait très bien décrire cette page de notre histoire mais, pour la rendre un peu plus douce et accessible, il a créé ce personnage de Angelot. Angelot est en fait le prénom d’un jeune enfant retrouvé un jour, par hasard près d’un lac, par un groupe d’orphelins occupés à multiplier les larcins pour vivre. Ils n’ont pas hésité un seul instant à le protéger des loups et à le recueillir. Ils seront aidés par un couple Coline et Ythier. Angelot sera initié aux petites combines qui l’aideront à se nourrir, à se défendre, à survivre. En grandissant, il apprendra même à manier la fronde. Mais un jour, pris entre deux armées, le groupe va être séparé et Angelot va se retrouver seul sur les routes. Commence alors pour lui un long chemin plein d’aventures.

Angelot du lac – le temps des loups fait partie d’une série de bandes dessinées publiées entre 1995 et 1997. L’intérêt premier sont toutes les références qui y figurent. Tout d’abord les références historiques avec la guerre de cent ans, Jeanne d’Arc, les références sociales de l’époque, puis les références culturelles avec les spectacles existant et enfin les références sur le mode de vie. Un volume complet qui joue sur l’espace temps puisqu’on débute avec Angelot bébé et on termine avec Angelot enfant. Les illustrations sont réellement parlantes, elles explosent sur une double page pour souligner un événement et sont plus ou moins colorées selon les situations. Un bon volume pour les fans d’aventures et de chevaliers.