Toc toc toc…

Agence Torgnole – Frappez fort, de Gudule

Résultat de recherche d'images pour "agence torgnole"Fanny ne supporte plus de voir tous ces enfants malmenés, maltraités par leurs parents au supermarché. Elle décide de leur venir en aide en montant une agence « l’agence Torgnole », pour venir en aide aux « enfants à torgnoles »… Après distribution de tracs dans les poches des enfants concernés, elle voit arriver ses premiers clients… Sera-t-elle à la hauteur ? Comment va-t-elle pouvoir régler les situations ? Elle s’est peut-être mise dans de beaux draps mais maintenant, faut aller au bout ! Et le « frappez fort » du titre, savez-vous d’où il vient ??? Vous le découvrirez en lisant cette histoire, c’est un passage amusant !

Un policier écrit dans un langage parlé qui traite des violences sur enfants mais avec finalement beaucoup de détachement et d’optimisme… Ca se lit vite, mais je ne sais pas trop quoi en penser… A tester par les collégiens ou CM2 pour savoir s’il doit être gardé ou supprimé du fonds car déjà vieillot… Qui est intéressé ?

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Trafic

Brothers, de Sylvie Allouche

Ben et Bruno en ont marre de voir leur mère trimer à faire des ménages pour arriver difficilement à joindre les deux bouts. Depuis le décès de leur père, le quotidien est bien difficile dans leur HLM de banlieue. Alors, les deux frères jumeaux acceptent, pour de l’argent « facile » de tremper dans des magouilles de voitures de luxe volées. Lorsqu’ils repèrent dans un terrain vague une Jaguar toute neuve, ils pensent que la chance leur sourit. Mais quelque chose cloche… Lorsqu’ils découvrent dans le coffre un type nu à moitié mort de froid, lacéré au couteau, ils paniquent…

Un thriller dynamique construit en chapitres courts qui placent les pièces de l’histoire à la manière d’un puzzle. Les personnages principaux sont attachants, mais les personnages secondaires ne sont pas oubliés et donnent à l’histoire un relief intéressant. Un quotidien dans un quartier difficile avec ses caïds, mais aussi ses liens d’entraide et d’amitié, ses rêves et ses espoirs. Peut-on changer son destin ? Peut-on croire en l’avenir dans les périodes sombres de sa vie ? Peut-on corriger ses erreurs ? Les erreurs peuvent-elles être pardonnées ? Un polar  sombre, qui, pourtant, reste très positif dans le regard qu’il porte sur l’être humain. Quelques scènes un peu dures à signaler pour les lecteurs les plus sensibles.

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Nul n’échappe à son destin

Offense dans la cité, de Gwladys Constant

 

Momo habite dans une cité, en banlieue. Il traîne avec sa bande aux pieds des tours. Les murs de béton sont tagués, les boîtes aux lettres défoncées, les ascenseurs sont en panne, les murs sont froids et les caves humides. Rien de bien attrayant mais c’est là qu’il vit. Momo a remarqué qu’une jeune fille traverse la cité tous les samedis. Elle est belle, elle s’appelle Pénélope et ne le laisse pas indifférent. Quand Momo et sa bande déambulent dans le quartier, tout le monde doit baisser la tête, c’est comme ça et quiconque enfreint la règle est sanctionné. Ca doit aussi être le cas pour Amédée, un vieil homme qui n’a peur de personne surtout pas de ces jeunes. Momo qui ne supporte plus son comportement, s’est promis de lui faire comprendre qui est le chef.
L’auteur nous entraîne dans la cité, une cité peu reluisante où les adolescents qui y vivent, règnent en maître avec un style, une façon de parler particulière à la banlieue. Momo est quelqu’un d’important et de respecté. Il aime ça. C’est le caïd. Il va à l’école mais ne voit pas comment il pourrait avoir un avenir. On a l’impression qu’ il n’a aucun lien avec le monde extérieur à la banlieue et l’apparition de cette adolescente qui vient de la ville va le transcender. Elle va illuminer le quartier, amener de la douceur, contraste réel avec la violence qui devient banale.
Offense dans la cité est un roman qui s’inspire de la pièce de théâtre le Cid de Corneille. Beaucoup d’éléments s’y retrouvent, une agression, une trahison, une vengeance, l’amour. Le lecteur trouvera donc beaucoup de citations, de vers qui y font référence. Et puis en parallèle, Momo qui se prend à rêver de vivre une histoire d’amour avec Pénélope, de devenir son Ulysse. Pour rien au monde, il ne raterait le rendez-vous du samedi. Mais une ombre va venir ternir les rêves de Momo dont lui seul est responsable. Je laisse volontairement le lecteur découvrir les rebondissements de cette histoire pour ne pas casser l’effet de surprise.
Et puis il y aura ce face à face inattendu et poignant qui va retourner la situation. Un face à face qui va faire prendre conscience à Momo qu’il peut s’émanciper de son quartier et construire son avenir. Un face à face qui va pousser Momo à se poser des questions sur sa famille, notamment ses grands-parents. Il se sent confiant et se surprend à avoir des projets. Ce n’est plus le Momo du début. Le lecteur est-il prêt à lui pardonner ses faux pas ? Peut-être …. On ne peut lui souhaiter que de s’en sortir et de suivre le droit chemin. L’auteur entraîne alors le lecteur dans les espoirs et l’excitation de Momo. Le rythme s’accélère et s’accentue avec la progression des émotions de l’adolescent. Mais la fin brutale et inattendue nous laisse un moment sans voix, nous fauche….
Le livre se termine sur une réplique de Chimène quand elle se trouve face à Rodrigue : « va je ne te hais point »….

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Terre de femmes

Maresi, de Maria Turtschaninoff

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Une île invisible, une abbaye rouge, un refuge pour les filles et les femmes. Toutes fuient la brutalité des hommes ou la cruauté du monde. Une communauté de sœurs a pris sous son aile ces âmes en souffrance. Maresi est arrivée là il y a 4 ans, elle y est heureuse sous la protection de la Mère. Elle adore les livres, source de savoir. Son but est de parfaire son éducation pour pouvoir voler de ses propres ailes. Toutes ces filles vivent en parfaite harmonie loin du mal et tentent de se reconstruire. Aucun homme n’est toléré. Elles peuvent néanmoins quitter ce lieu quand elles le désirent, quand elle se sentent prêtes à affronter le monde extérieur. Un jour, une adolescente va demander l’asile. Qui est-elle ? Quel est son passé ? Elle se livre très peu. Maresi va s’occuper d’elle. Elle semble doucement reprendre confiance en elle jusqu’au jour où tout va basculer.

Le lecteur est embarqué sur une île pleine de mystères habitée par des femmes et uniquement des femmes. On a l’impression d’être dans un univers où rien de mauvais ne peut arriver. Une certaine volupté inonde le lieu. Maresi est la narratrice et c’est elle qui va nous raconter ce que la venue de cette jeune fille prénommée Yaï va déclencher.

Ce roman est étonnant car c’est un mélange de fantastique, de religieux, de mystique. L’abbaye est très étendue. D’ailleurs, au début du récit, on découvre le plan de la bâtisse et de l’île ce qui facilite les repères. L’auteur a su emmener le lecteur dans l’enchantement de cet endroit avec ses odeurs, ses couleurs , ses rites. Chaque pensionnaire, chaque sœur a un rôle bien déterminé, chaque bâtiment a son histoire. Un endroit somptueux qui fait oublier les blessures.

Maresi nous décrit à merveille cette vie sur l’île, évoquant à peine son passé.

A noter le beau parallèle entre le personnage de Maresi et de Yaï. La première est curieuse, dynamique, ouverte, hantée par ses propres cauchemars tandis que la seconde est secrète, effacée, malheureuse, presque révoltée.

Le roman se divise en deux parties. L’action va s’imposer petit à petit pour s’intensifier dans la deuxième moitié du récit. Dans un premier temps, Yaï prend ses repères puis va se confier sur les raisons de sa fuite. L’histoire va prendre alors un tournant inattendu et nous tiendra en haleine jusqu’à la fin. Tout le récit nous entraîne dans une ambiance étrange mi réelle, mi fantastique. Le lecteur frissonne et s’inquiète pour toutes ces femmes qui traverseront un moment très éprouvant et qui devront faire bloc.

Un livre qui nous dépeint le courage, la force, la solidarité de toutes ces femmes face à un monde d’hommes brutes et dominateurs.

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Etat d’âme d’un terroriste

Terroriste…. Toi ! de Arthur Tenor

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Timy et Marco sont enthousiastes à l’idée de monter à Paris faire du shopping. Plus précisément pour acheter la décoration et les bonbons pour la fête d’anniversaire de Marco. C’est Clara, la sœur de Marco, qui va les accompagner. Nous sommes à quelques jours de Noël et ce moment va être magique. Enfin presque….En réalité, ces jeunes adolescents vont passer la pire journée de leur vie. Un commando de terroristes a décidé de plonger la capitale dans un bain de sang.

Un sujet délicat traité après les attentats de Paris à partir d’une fiction.

Ce roman est en trois parties. Le début relate le départ des adolescents pour Paris avec en parallèle la préparation de l’attentat, la seconde qui nous entraîne dans l’horreur des attaques et la troisième symbole de recueillement et de retour à la vie. La couverture  m’a interpellée : une sorte de photo aux rayons X d’un homme armé dont le coeur semble avoir une importance particulière. Pourquoi ? Quel est le message de l’auteur ?

Je dois dire que la description de ces fous furieux plein de haine et prêt à tout annonçait un roman plein d’émotions. On suit le départ de ces jeunes vers la capitale dans une atmosphère euphorique tout en étant spectateur de la détermination des terroristes dans ce qui est le plus effroyable.

L’auteur joue avec un compte à rebours ; à chaque nouveau chapitre, l’angoisse du lecteur se renforce. Il voit se dessiner de page en page une horreur prévisible.

Les images fortes des attentats de Paris reviennent alors à l’esprit….Mais j’ai trouvé un peu trop d’invraisemblances dans la seconde partie. Ceci n’engage que moi mais j’ai eu du mal à suivre l’auteur sur le chemin du questionnement, sur les doutes que peut ressentir un terroriste. Et voilà le lien avec le cœur de la couverture. On se trouve face à un terroriste qui hésite à tuer. Il éprouverait  de la compassion ? Peu commun comme situation… en principe il n’hésite  pas vraiment face à  des enfants, des femmes, des hommes ! Il ne fait pas de sentiment, il est conditionné. Donc, lorsqu’il se trouve en situation, il ne réfléchit pas. Il agit. Il tue. Dans le roman, le terroriste, Azied, est en balance, toujours dans la réflexion qui contraste avec la ténacité de son chef.

Et puis mettre devant sa route  un membre de sa famille… ça me parait irréaliste. Faut-il alors lire entre les lignes et se poser la question sur la radicalisation ? Azied n’est pas complètement endurci, il  peut être sauvé ? Un deuxième point qui m’a étonné. La réaction de Timy quand il reçoit un appel de sa mère lui demandant de revenir quand elle a appris ce qui se passait. L’enfant ment, prend un air jovial et détaché en lui disant qu’il n’est au courant de rien et qu’il est en train de manger dans un fast food ! La première réaction quand on se trouve dans ce genre de situation serait sûrement de crier au secours et au contraire de dire ce qu’il se passe ! On est désespéré et on essaie de trouver du réconfort.

On voudrait surtout comprendre qu’est ce qui fait qu’un individu puisse haïr autant l’autre au point de tirer sans états d’âme, aussi froidement. Sa vie n’a plus d’importance au point de se sacrifier, la mort est pour lui le début d’une vie suprême au paradis?

La troisième partie oppose la douleur des familles des victimes avec la détresse et l’incompréhension des proches du terroriste. Une souffrance différente qui meurtrit à vie. L’auteur va même amener son héros, Timy, à faire un exposé sur le djihadisme afin de trouver les raisons qui poussent des jeunes gens à devenir de tels montres. Je trouve cette partie un peu plus délicate à traiter. J’avoue que si l’auteur avait écrit un documentaire sur le terrorisme, évoquer l’état d’âme d’un terroriste m’aurait moins gêné. Toutes les personnes qui se trouvent embarquées dans une idéologie totalitaire par la violence passent peut être par des phases de questionnement. Mais j’ai trouvé que dans ce roman c’était trop peu réaliste.

Ce livre s’adresse aux collégiens mais pour des débats poussés sur le sujet il pourrait aussi servir de base aux  lycéens.

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Le visage de la haine

Vipère au poing, de Hervé Bazin

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Jean et Ferdinand Rezeau sont élevés par leur grand-mère paternelle, dans le domaine familial. Leur père, enseignant dans une université à Shanghai, vit avec sa femme et mère des enfants, en Chine. Le décès de l’aïeule contraint le couple à revenir vivre en France. Les garçons sont impatients de retrouver leurs parents surtout depuis qu’ils savent qu’ils ont un petit frère, Marcel qu’ils ne connaissent pas encore. Mais les retrouvailles ne vont pas être à la hauteur de leurs espérances. L’accueil de leur mère et de leur petit frère est glacial, seul le père manifestera un geste tendre. A ce moment, leur vie va prendre un nouveau visage, le visage de la haine et de la tyrannie. Jean qui est le narrateur sera le plus détesté des trois. La mère sera surnommée Folcoche, la contraction de folle et cochonne. Elle va faire vivre un véritable enfer à ses progénitures devant un père démissionnaire et dominé par son épouse. Elle veut tout gérer, tout imposer d’une main de fer. Un rapport de force va naître entre Jean et Folcoche, une guerre impitoyable va commencer.

Comment imaginer qu’une mère puisse se comporter comme un monstre. Sous prétexte de représenter l’autorité, jusqu’où peut-elle aller ? On reste pantois devant l’enfant qui subit mais qui reste debout. La haine entre une mère et son fils est si forte qu’elle nous transperce. La cruauté de cette génitrice dépasse l’entendement. Les enfants vont lutter, espérant en secret que leur marâtre meure et pouvoir en être enfin débarrassés. C’est une enfance privée de tendresse, marquée par les coups et les brimades. Au fil du temps, Jean va s ‘endurcir, il ne faut pas fléchir et tenir tête même dans la souffrance. Vipère au poing est avant tout un cri poussé contre l’éducation du moment. La souffrance, le désamour, les atrocités des actes sont ressentis d’une manière très forte par le lecteur. Un livre poignant qui fait partie des classiques, un incontournable. Pour moi c’est un coup de cœur qui date de mes années collège. J’ai vraiment été transportée par ce récit qu’on dit autobiographique. Cette histoire est violente mais reste d’actualité. La maltraitance, la cruauté de parents à l’égard de leurs enfants alimentent beaucoup trop de faits divers.

Il y a une suite, la mort du petit cheval où nous retrouvons Jean, adulte.

La mort du petit cheval, de Hervé Bazin

Madame mère a perdu…

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Jean a grandi, il a dix huit ans, mais reste marqué par tant d’années de tyrannie. Il va vivre loin des siens, chez un parent éloigné, où il découvrira ce qu’est l’affection. Mais Folcoche n’est jamais loin pour pourrir sa vie. Elle ne veut pas qu’il soit heureux. Jean va donc couper les liens avec sa famille et se lancer dans l’existence. Malgré des périodes difficiles, il est libre. Il va faire seul son apprentissage, découvrir l’amour, essayer de se construire une vie. Difficile quand les traces de violence sont encore là, quand l’esprit et le corps souffrent encore. Mais Jean se bat et résiste devant une Folcoche qui continue à montrer les crocs. Jean est adulte maintenant donc plus armé pour répondre aux bas coups de sa mère. Il va néanmoins se rendre compte qu’il est comme « elle », agressif et haineux parfois. Ceci va le bouleverser et lui faire peur donc il va réagir pour ne pas se forger un avenir véreux. Les portraits dressés par Hervé Bazin restent encore très acerbes mais on sent que Folcoche perd de sa puissance. La mort du petit cheval nous montre également qu’à l’âge adulte, l’être humain ne va pas forcément reproduire ce qu’il a vécu. Jean va savoir aimer, donner de l’affection.

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Un lourd secret

Le redoublant, de Claire Mazard et Romain Slocombre

 

Afficher l'image d'origineSylvestre est un redoublant qui reste souvent dans son coin, il ne sourit jamais. Il a l’air triste. Son comportement intrigue et suscite même des moqueries. Romain voudrait devenir son ami mais c’est difficile alors il s’acharne. En classe, la maîtresse forme des groupes pour faire des exposés. Romain et Sylvestre sont ensemble. L’idée ne les enchante pas. Mais c’est l’occasion pour eux de se rapprocher. Peu à peu, leur relation s’améliore. Ils deviennent amis. Lors d’une séance de sport, Romain remarque des ecchymoses sur le corps de son ami. Sylvestre se confie mais Romain ne doit rien dire. Mais ce secret est trop lourd à garder.

Le sujet de la maltraitance est traité avec beaucoup de finesse et sans voyeurisme. Texte simple qui met aussi en évidence l’amitié si importante dans ce genre de situation. Position aussi délicate pour celui qui reçoit ces confessions si intimes. Doit-il les dévoiler ? Est-ce trahir ou sauver son ami ? On est en présence de deux enfants qui vont découvrir, pour l’un que le monde des adultes peut être difficile et pour l’autre que la vraie amitié existe.

L’auteur met l’accent aussi sur le fait que des secrets sont si lourds qu’ils ne méritent pas d’être passés sous silence. Parler n’est pas trahir mais c’est parfois sauver une vie … Claire Mazard délivre un message plein d’espoir et sensibilisera nombre de jeunes lecteurs.