A copier 100 fois, d’Antoine Dole

Tous les jours, au collège, notre narrateur se fait harceler, frapper, humilier, insulter par la même bande qui le traite de « pédé », de « fiotte ». Il ne sait plus comment se défendre, se cacher. Chez lui, aucun soutien. Il vit seul avec son père qui ne semble pas mesurer la gravité des choses, qui aimerait bien que son fils arrête d’être une mauviette et apprenne à se battre.

Et mon père se trompe, suffit pas de le vouloir pour que les choses s’arrêtent.

Heureusement, sa route va croiser celle de Sarah, une camarade de classe, qui va avoir le courage de prendre sa défense et ainsi, lui redonner espoir. Mais comment renouer le dialogue avec ce père qui est dans le déni ? Comment lui faire accepter son homosexualité ? Comment lui faire prendre conscience qu’il a besoin de son soutien sans faille ?

Un texte très court mais très dense, qui nous plonge sans ménagement dans l’univers sans pitié du harcèlement scolaire. Le fait que le personnage-narrateur n’ait pas de nom apporte un côté à la fois intimiste et universel  à ce récit coup de poing. L’écriture directe et incisive de l’auteur donne une force supplémentaire à ce témoignage émouvant sur des faits hélas, encore trop souvent d’actualité. Ecrit à la première personne, le texte est également ponctué de phrases en italique correspondant aux paroles que le jeune garçon aimerait avoir le courage de dire à ses agresseurs, à son père, à Sarah :

Mais on s’y fait Sarah, à ce monde qui cogne et qui heurte, c’est celui dont on avait peur la nuit quand on était petits. Quand ma mère me disait que les monstres n’existaient pas, que fallait pas avoir peur, c’était pas vrai Sarah. Ces monstres-là, ils existent, moi, j’en ai rencontré. On s’y fait et c’est le pire, on s’habitue à tout.

A lire à partir de la 3ème.

 

L’école me déteste, de Julie Jézéquel et Baptiste Miremont

L’histoire s’ouvre sur les mots de Ferdinand, 7 ans. Il est à l’école, allongé sur le gravier de la cour et… il est en train de mourir, nous dit-il.

Le petit garçon nous raconte alors comment il en est arrivé là, comment « une histoire d’abord banale, un enfant qui tape sur un autre à chaque récré, a pu se terminer de façon aussi triste« .

Ferdinand a sauté une classe et ses ennuis ont commencé : Eric, la terreur, l’a pris comme souffre-douleur. Sa maîtresse ferme les yeux. Au lieu de le protéger, elle minimise la situation et va jusqu’à lui en imputer la responsabilité. Même si ses parents sont à l’écoute, il ne parvient pas à tout leur raconter.

Heureusement, il peut compter sur leur flair et sur l’appui de certains adultes bienveillants. L’histoire pourrait bien finir autrement que comme elle semblait avoir commencé…

Le sujet est grave : sans jamais vraiment le nommer, Ferdinand nous parle de harcèlement scolaire. Comme pour souligner que c’est toujours bel et bien un sujet tabou, c’est un enfant qui en parle. Et plus que de ce fléau, il s’agit de l’impuissance et de l’immobilisme des adultes et des institutions.

Ce roman se lit très vite, aussi vite que s’enchaînent les idées de Ferdinand, tantôt drôles, tantôt graves. Une réflexion en appelle une autre. Ses mots sont emprunts de la naïveté d’un enfant de son âge, mais aussi, bien souvent, d’une grande perspicacité : la faiblesse des adultes ne lui échappe pas.

Ce roman porte un message. Dès le début du récit, Ferdinand nous livre un conseil des plus importants :  » On peut se dire que tout ça, c’est comme une leçon sur la vie, et que toutes ces petites violences de tous les jours, il vaut mieux en parler avant que ça ne devienne des catastrophes. « 

Conseil repris en écho par sa maman :

 » Ferdinand, écoute bien ce que je vais te dire : tu ne dois pas me cacher tes ennuis à l’école. Personne n’a le droit de t’insulter, de te menacer, de te taper. Personne. « 

Face à ce fléau et à l’impuissance de l’institution scolaire, le message délivré est clair : le rôle des parents est essentiel.

Un roman de la collection « Rester vivant », chez Le Muscadier, qui s’adresse à un public ado en parlant du monde d’aujourd’hui et qui donne à réfléchir.

Bleu espoir, de Cathy Cassidy

Résultat de recherche d'images pour "bleu espoir cathy cassidy"Hannah est une adolescente discrète. En revanche, sa meilleure amie, Joey, c’est tout le contraire : provocatrice dans sa façon d’être et de se vêtir… et amoureuse de Kit, le frère tyrannique d’Hannah. Les parents adoptifs de Joey, famille d’accueil,  vont bientôt accueillir Paul, adolescent perdu suite à la disparition de sa mère. Mais Paul ne sera pas bien accepté dans son nouveau collège. Moqueries, bousculades… et pire encore !

Cette nouvelle histoire de Cathy Cassidy, auteur de littérature de jeunesse très appréciée des collégien(ne !)s interpelle sur des thèmes forts : l’adoption, l’abandon, le harcèlement, le mal-être adolescent, la différence, l’intolérance. La narratrice de l’histoire est Hannah qui raconte cette histoire de son point de vue. Cathy Cassidy a réussi à aborder des thèmes difficile avec beaucoup de subtilité et le ton reste otpimiste, comme nous l’indique le titre. Le silence et les secrets ne sont jamais une solution aux problèmes.  La parole est libératrice. Et l’adulte référent un refuge, comme le personnage de Mme Quinn, bienveillante professeur d’arts plastiques dans le livre.

Ce livre est émouvant et devrait être lu autant par les ados que par les parents, et surtout par le corps enseignant !

Une chronique écrite par Nathalie, parent d’élève

 

 

Série Mort de peur, aux éditions Milan

 

Résultat de recherche d'images pour "pacte bradman"Pacte mortel, de Tony Bradman

Jake en a marre… Il n’y en a toujours que pour sa petite soeur, Anna. C’est vrai qu’elle a failli mourir étant petite, mais quand même, lui, existe aussi. Il est jaloux et en veut à ses parents. Et la  sortie familiale organisée par son père pour visiter un monument historique local constitué de vieilles pierres est la goutte qui fait déborder le vase. Jake est insupportbale, détestable avec la pauvre petite Anna. Mais tout à coup, les choses prennent une tournure étrange.Alors que Anna touche la Pierre du Coeur, une lumière blanche aveugle Jake et le voilà transporté dans un monde parallèle. bientôt, il se rend compte que c’est James, l’ami imaginaire d’Anna qui a pris sa place au sein de sa famille… Que s’est-il passé ?

Jake est-il si abominable que sa petite soeur n’en veut plus comme frère ? Comment en est-il arrivé là ? Peut-il encore revenir en arrière et se faire pardonner ?

 

Mort de peur, Tome 2 : Magie noire par BradmanMagie noire, de Tony Bradman

Mégane refuse l’évidence : ses parents se sont séparés, son père s’est remis en couple avec une autre femme Sarah, et sa mère et elle vont devoir quitter leur maison pour vibvre en appartement… Alors lorsqu’une Voix se fait entendre pour l’inciter à pratiquer un rite vaudoue contre Sarah, elle est tentée… Après tout, tout est de sa faute, non, et elle la déteste ! Il suffit de trouver une poupée qui lui ressemble un peu, et y planter des aiguilles… Elle ne fait rien de mal, rien directement en tout cas… Mais où cela va-t-il la conduire ?

 

 

Mort de peur, Tome 3 : Poursuite infernale par BradmanPoursuite infernale, de Tony Bradman

Alors qu’il vient, pour la énième fois de se faire harcelé et agressé par des camarades d’école au moment de la sortie de classe. Alors qu’il longe les murs pour rentrer chez lui, il tombe sur une équipe de tournage d’un film qui l’embauche pour un rôle de figurant : il s’agit de jouer une victime poursuivie par un tueur. Il a la tête de l’emploi ! Mais cela ne va-t-il pas révéler quelque chose de plus profond en lui ?

 

 

Une petite série de  romans qui utilise le genre de l’horreur, très attractif pour les jeunes adolescents afin de mettre en évidence des sentiments qu’ils vivent, dont ils se sentent coupables pour leur faire comprendre que ces sentiments sont humains et peuvent simplement être acceptés et corrigés. J’appréhendais un peu cette lecture que je pensais malasaine et voulait vérifier en tant qu’adulte la portée du message, et en fait, c’est réussi car ce n’est pas seulement un roman d’horreur, c’est ancré sur une difficulté du quotidien d’adolescents qui ne trouvent pas la force de la surmonter seul et le passage dans le fantastique leur ouvre des portes pour changer le présent dans le bon sens grâce à une prise de conscience réelle. C’est peut-être une façon d’exorciser ses pensées malsaines et y faire face. Peut-être le moins réussi est Magie noire, car la prise de conscience du mal n’est pas ancrée dans le fantastique mais dans une phrase que prononce la mère : « la vérité, c’est que depuis longtemps les choses n’allaient pas si bien que ça entre ton père et moi, même avant que Sarah entre en scène. »… Mégane aurait-elle été capable d’arrêter sans cette révélation qui est tombée à pic ?

Je ne te crains plus, Alycia !, de Michèle Bayar

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Jade a 10 ans et demi. A cet âge-là, elle n’est plus si petite et fait donc sa première colonie. Ce n’est pas que cette idée l’embête : premièrement, elle n’aura pas ses parents avec elle, et deuxièmement, elle n’aura plus Alycia sur son dos !

Alycia, c’est une fille de sa classe qui habite son immeuble. Elle la harcèle en faisant la gentille devant les autres et en l’humiliant et la ridiculisant par derrière.

Mais bientôt, Jade n’aura plus qu’une seule raison de partir car sur le quai elle aperçoit justement… Alycia  !!!

Comment va-t-elle supporter sa compagnie durant la colo, ou plutôt, comment va-t-elle réussir à y faire face et avoir le courage de faire cesser ce harcèlement ? Sa rencontre avec Maélys, une fille qu’elle rencontre au club théâtre va sûrement l’aider… car Maélys refuse de laisser faire.

Un très bon livre, court et efficiace pour parler d’un sujet très important : le harcèlement. Il permet de se rendre compte que le harcèlement peut arriver à n’importe qui, à n’importe quel âge et qu’il ne faut jamais accepter de la subir.

Ce roman fait partie de la collection Droits de l’enfant – New-York 1989 des éditions Oskar.

Chloé, 3ème – 14 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène

 

La vraie vie de l’école, de Pauline Alphen

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Ambre, une écolière de CM1, est dyslexique. Elle a aussi des problèmes à l’école… sa pire ennemie, Morgane, est dans sa classe, la harcèle et interdit les autres élèves de jouer  avec elle…

L’histoire est la plupart du temps écrite sous forme de mails qu’Ambre adresse à son grand frère Arthur et avec qui elle réalise un « dictionnaire ambré ». La mise en page est tèrs originale avec des illsutrations qui ponctuent le texte et des personnages dans les marges qui, à l’aide de bulles de bande dessinée, expliquent le texte ou corrigent les fautes. C’est aussi une histoire d’amitié qui se construit au fur et à mesure du roman avec Balthazar, un garçon qu’elle rencontre alors qu’elle est excule de cours. Le roman est divisé en cinq saisons qui ont chacun plusieurs épisodes, chaque saison étant séparée par des vacances. Présent et passé se mélangent jusqu’à l’entrée en 6e annoncée à la fin du livre. 

Un livre agréable qui sait très bien nous mettre dans la peau d’Ambre, le personnage principal et où l’action alterne avec des moments plus calmes. C’est grâce au soutien de son frère et à l’écriture, malgré sa dyslexie, qu’Ambre prend confiance en elle. 

Eléa, 6ème – 11 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène

Lettre aux bourreaux de ma soeur, de Gwladys Constant

« Je lui parlais de l’avenir et elle crevait de son  présent »

Résultat de recherche d'images pour "lettre aux bourreaux de ma soeur fnac"Rose a le coeur brisé pour toujours. Elle a découvert sa petite soeur, Iris, pendue au lustre de sa chambre, avec le foulard qu’elle lui avait offert pour son anniversaire. La souffrance d’Iris, tout le monde la connaissait : elle s’appelait « harcèlement »… Mais personne ne pensait que ça allait aboutir à ce drame. On pensait qu’elle serait plus forte, qu’elle surmonterait les épreuves :

Malgré les demandes répétées de ma soeur, papa ne voulait pas la changer de collège. Pour lui, elle n’était pas fautive, ce n’était pas à elle de partir, sinon, cela revenait à accepter la loi du plus fort […]

Pour la motiver, je lui parlais du lycée : « Ce sera différent, tu verras, on est plus mûr, on a sa bande et on se fiche des autres ». Je lui parlais d’un truc qui arriverait deux ans plus tard. Mais c’est quoi deux ans, quand on en a treize ? Une éternité ! Le bout du monde ! Ce n’est rien mais c’est insurmontable ! Je lui parlais de l’avenir et elle crevait de son présent !

Mais les harceleurs sont mineurs et ne seront pas inquiétés. Alors Rose décide de venger sa soeur avec les mêmes armes qu’ils ont utilisés : les mots.

Ce texte d’une cinquantaine de courtes pages prend le parti de faire parler non plus les bourreaux ou la victime, mais un proche. Comment peut-on continuer à vivre lorsque l’on est le parent, le frère ou la soeur d’une victime qui s’est suicidée après avoir été harcelée. Comment vivre avec la culpabilité de ne pas avoir su voir, de ne pas avoir su comprendre, de ne pas avoir su agir à temps. Ici, en l’occurrence, la soeur aînée. Le récit alterne ses paroles dites lors de ses séances chez un psychanalyste et des passages de la lettre qu’elle a  écrite et envoyée aux bourreaux de sa soeur (dont la typographie choisie par l’éditeur, risque, hélas, d’être difficilement lisible par une partie des adolescents qui auront ce livre en main…)

Un texte intéressant, réaliste, dur, sur un sujet difficile et qui ne mâche pas ses mots. A la fin, petite interview de l’auteur, enseignante, qui explique sa démarche quant à l’écriture de ce livre.