Mauve, de Marie Desplechin

Après Verte et Pome, découvrez le troisième volet de cette série, où l’on vit le quotidien de sorcières, qui tentent de passer inaperçues dans un monde humain.

Dans la famille de Verte, on est sorcières de mère en fille !

Ray, le grand-père de Verte est inquiet : Verte, tout comme sa copine Pome, ne semblent pas dans leur état normal depuis quelques temps… Elles claquent les portes, s’enferment dans leur chambre, sont agressives ! Et au collège ! N’en parlons même pas ! Elles sont accusées de semer la zizanie autour d’elles … Serait-ce une crise d’adolescence ? Est-ce si simple, cela ne leur ressemble tellement pas… Tout le monde est inquiet et Anastabote, sa grand-mère sorcière, bien plus encore que ces hommes qui ne connaissent rien de leur monde et de leurs secrets les plus noirs… Car de nouveaux venus sont arrivés dans le quartier, dans la résidence même de Verte et de Pome… et la fille, Mauve, est inscrite au collège ! Harcelée, Pome n’arrive pas à se défendre et c’est elle l’accusée… Comment fait Mauve ? Est-elle capable de manipuler l’esprit de ses camarades ?

Et quand le Mal débarquait, c’était d’abord à nous qu’il s’en prenait. Nous étions les premières à payer la note. Nous, les sorcières.

Et elles vont devoir s’unir, dans le plus des secrets pour essayer de contrer les forces maléfiques … et ce ne sera pas une mince affaire !

A travers un roman fantastique pour la jeunesse, mettant en scène des sorcières, l’auteur arrive à distiller quelques thèmes universels comme la tolérance et le droit à la différence, le pouvoir des foules et le danger de la manipulation, le harcèlement scolaire, mais aussi l’amour et l’amitié, la famille recomposée ou monoparentale. Bref, c’est plus riche qu’on ne pourrait le penser au premier abord, et les personnages, attachants et très variés ne gâchent pas le plaisir !

La construction est la même que pour les précédents tomes : chaque personnage prend la parole le temps d’un chapitre pour raconter les événements de son point de vue. La fin d’un récit devient le début de l’autre avec quelques pages de transition bien ficelée. A prendre en compte pour la lecture des plus jeunes qui peuvent être déboussolés par cette construction s’ils ne la comprennent pas au départ.

Un immense merci aux éditions de l’Ecole des Loisirs, qui a accepté, très spontanément et amicalement de compléter notre trilogie avec ce dernier tome de la série, tant attendu par une petite fan, lectrice de 6ème !

Simon Thorn et le sceptre du roi animal – tome 1, d’Aimée Carter

 

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Titre du livre  Simon Thorn – tome 1 Et le sceptre du roi animal

Auteur : Aimée CARTER

Pages : 330 pages

A partir de 10-11 ans

L’HISTOIRE :

 Simon Thorn a 12 ans et fait sa nouvelle rentrée scolaire. Il va subir les harcèlements du caïd du collège. Car Simon a une particularité, il a le pouvoir de parler et de comprendre les animaux. Bryan, le caïd l’a surpris un jour et depuis le traite de fou, et s’en sert comme souffre-douleur. Simon est un jeune garçon qui souffre de l’absence de sa mère. Il vit avec son oncle , Simon apprend qui il est : un Animalgame, un être capable de se transformer en animal. Alors que sa mère réapparaît après une longue absence, Simon pense que tout va s’arranger. Jusqu’à ce que tous les rats de la ville se décident à les pourchasser ! Très vite, sa mère sera enlevée et Simon fera tout pour la sauver, quitte à se mettre lui-même en grand danger. Il ignore qu’il est l’héritier du roi des aigles et de la reine des loups, deux peuples en conflit.  Simon va devoir savoir sur qui il peut compter !


MON AVIS SUR LE LIVRE

La couverture que j’ai trouvé parfaitement illustrée retrace bien l’ambiance du livre dont la lecture se révèle facile et agréable. Ce livre est rempli  d’aventures, d’amitiés naissantes et de suspens. On va de surprise en découverte, de rebondissements en retournements de situation. Simon est un personnage très attachant.  La fin est très surprenante et donne vraiment envie de lire la suite ! 

Axel – 4ème, 13 ans – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène 

Wonder, de R.J Palacio

Une belle dose de bonheur…

Wonder,  de R.J Palacio

wond.jpg

Jaimerais bien que ce soit tous les jours Halloween. On porterait tous des masques. Comme ça, on pourrait prendre le temps d’apprendre à se connaître avant de dévoiler nos visages.

En effet, ce serait bien d’arrêter de juger sur les apparences. Apprendre à se connaître, à se faire une opinion sur quelqu’un en le côtoyant et non sur une image qu’il peut renvoyer. On existe à travers le regard de l’autre mais parfois ce même regard tue. August Pullman est un petit garçon de 10 ans, que la vie n’a pas épargné, je devrais dire que la naissance n’a pas épargné. Il est né avec une malformation faciale qui a nécessité de nombreuses opérations pour rendre à son visage une apparence plus humaine. Il n’a jamais été scolarisé et cette année il franchit le pas, il entre en 6ème. Un grand débat au sein de la famille : faut-il qu’August aille à l’école ? Que va-t-il se passer quand les autres élèves vont le voir ? Des moqueries, de la compassion ? August a peur, il appréhende. Comment va-t-il affronter les réactions qu’auront adultes et adolescents en voyant son visage ?

Je suis tombée sous le charme d’August, oui, sous son charme. C’est un petit garçon doux, très attachant, courageux, conscient de son handicap. Il est regardé comme un monstre et au sein du collège, les avis à son sujet sont très partagés. Il a des amis sincères et des ennemis qui n’hésitent pas à le harceler. Mais August ne se démonte pas. Il aime assister aux cours et adore  les matières scientifiques. Il fait preuve de beaucoup d’humour. Il comprend les réactions qu’il suscite mais s’arme sans cesse de courage pour les affronter.

L’auteur met en avant les difficultés de la famille à assumer un enfant différent, les craintes des parents qui ont tendance à le surprotéger alors que lui ne demande qu’à exister parmi les autres. Beaucoup d’amour entoure August. La famille fait bloc mais malgré tout, sa sœur a honte de lui. Elle entre au lycée et essaie de le tenir éloigné pour ne pas entacher son image aux yeux de ses amis. Et pourtant elle l’aime tellement ! Le jeune garçon va nous livrer une description de son visage qui glace. Paradoxalement, je n’ai pas pu imaginer à quoi il pouvait ressembler. C’est bizarre, mais je pense qu’il transmet une image de lui tellement belle, il est tellement touchant que son visage ne peut pas être hideux. L’être humain est égoïste et méprisant. Cette méchanceté cause plus de dégâts que le handicap lui-même. La solidarité et l’amitié facilite l’acceptation de soi. Wonder est un roman très émouvant mais qui ne se veut pas larmoyant. L’auteur n’a pas hésité à décrire toute la violence dont est victime August, tant dans les gestes que dans les paroles. Elle va droit au but et met le lecteur tour à tour dans la peau d’August, de ses parents, de ses amis, de ses ennemis. Wonder nous remue, nous chamboule. A noter que R.J Palacio a écrit ce roman après une mésaventure qui lui est arrivée alors qu’elle achetait des glaces à ses deux garçons. Ils ont croisé une petite fille qui souffrait de malformation faciale. Ses fils ont eu peur, ils ont pleuré. R.J Palacio est alors partie, emmenant précipitamment ses enfants. Elle s’en est voulue. Elle n’aurait pas dû réagir ainsi, elle n’a pas donné le bon exemple à ses enfants. Elle a alors décidé d’écrire Wonder , une sorte de mea culpa.

WONDER, c’est des larmes, des sourires, de merveilleuses émotions.

Cette histoire a été adaptée au cinéma. Sortie prévue le 20 décembre. Découvrez également le tome 2 au CDI Auggie et moi.

Ma place dans le puzzle, de Didier JEAN & ZAD

Moi Benjamin, quatrième B !

Benjamin, 13 ans,  a une petite vie bien tranquille de collégien, entre sa bande de copains, son cours de hip-hop, ses amours naissantes . Il a toujours vécu seul en appartement avec sa mère, artiste, et voit régulièrement son père qui, même s’il est parti à sa naissance et s’en occupe assez peu, l’a reconnu, et garde des liens sains et sereins avec eux. Pourtant, ce quotidien bien réglé (et c’est vraiment le cas de le dire car la mère de Benjamin a dressé une série de règles numérotées sur les bonnes manières à appliquer au quotidien) va être totalement chamboulé lorsque celle-ci va tomber amoureuse d’un ingénieur veuf, père de deux adolescents… Comment ne pas être jaloux de devoir partager sa mère, comment construire le puzzle familiale d’une nouvelle vie… Déménagement, changement de collège, changement de copains, des demi-frère et soeur, rien ne sera vraiment facile…

« Mes années collège », est une collection des éditions Nathan, qui « invite des écrivains à donner, à la première personne, la parole et une voix intime à des personnages de collégiens ». Ici, ce roman sur la famille recomposée, sur la difficulté de reconstruire un quotidien au milieu d’étrangers sonne vraiment juste. Un récit de vie qui se lit d’une traite, un peu à la manière d’un roman policier, aux multiples rebondissements, et où l’on veut forcément savoir le dénouement. Les personnages sonnent juste et les thèmes abordés parleront forcément aux adolescents.

 

Démontrer le harcèlement et ses conséquences

Blacklistée, de Cole Gibsen

Résultat de recherche d'images pour Regan, lycéenne de dix-sept ans, vit dans l’Illinois. Sous ses airs de fille sûre d’elle, n’hésitant pas à rejeter les autres qu’elle et ses amies jugent inintéressants ou bizarres, Regan cache un secret susceptible d’être lourd de conséquences auprès de ses camarades. Celle-ci souffre de troubles de l’anxiété. Il faut reconnaître que psychologiquement elle n’est pas aidée par sa mère, femme politique, députée, centrée sur les prochaines élections. Considérant que les images sont primordiales en politique, sa mère lui fait porter de lourdes responsabilités tant sur son apparence que sur ses résultats scolaires. Regan fréquente un lycée privé où tout se passe bien jusqu’au jour où un matin, alors qu’elle arrive au lycée, elle découvre ses messages privés placardés sur les murs du lycée. Insultes, mensonges, manipulations, toutes les personnes qu’elle a insulté par SMS avec Payton ou encore Amber sont dévoilés. Regan devient une paria et va commencer à vivre un enfer au lycée. Elle ne sait pas qui se cache derrière cette trahison mais soupçonne son amie Amber. Mais Regan ne sera pas complètement seule, Nolan, mystérieux garçon, caméra à la main, va se trouver constamment sur son chemin. Pour quelles raisons ? Comment la vie de Regan a-t-elle pu basculer de cette manière du jour au lendemain sans qu’elle s’en aperçoive ? Personne ne sortira indemne de cette épisode sombre et douloureux touchant une grande partie des lycéens.

Écrit à la première personne du singulier, Blacklistée est un roman américain ayant connu un véritable succès. A travers les propos de la narratrice, Regan, le lecteur est immergé dans la vie d’une lycéenne de dix-sept ans vivant dans un milieu ultra-aisé. Mais pour autant, Regan n’a rien d’une fille complètement épanouie, au contraire. Cole Gibsen, l’auteure de l’ouvrage, traite les tenants et les aboutissants du harcèlement scolaire. La force de l’histoire réside dans le fait qu’elle n’épargne personne, de la victime à l’assassin, du harcelé au harceleur, des personnels du lycée aux parents, de l’établissement à la société. Le scénario de ce roman fait comprendre que l’origine du harcèlement va bien au-delà de simples disputes ou querelles entre camarades, il reflète entre autre l’image d’une société intolérante où certaines différences restent jugées de façon négative. La pression que subit Regan à cause de sa mère l’ayant éduquée aux règles d’or de la politique fait d’elle une fille d’abord hautaine et sûre d’elle en apparence puis d’une lycéenne anxieuse et isolée, vivant sous pression en continue.

Regan souffre par ailleurs d’un mal-être permanent dû à ses troubles de l’anxiété qu’elle ne peut dévoiler au risque de voir sa réputation s’effondrer. Cependant, elle n’est pas la seule du lycée à vivre cette situation. Plusieurs personnages du roman vivent avec une menace permanente, une peur bleue de voir leurs secrets dévoilés : des troubles du comportement à l’orientation sexuelle. Cette crainte pousse ces derniers à se tourmenter les uns les autres.

Cole Gibsen ne se contente pas de montrer uniquement les effets néfastes du harcèlement  et ne tombe jamais dans le pathos. Elle sensibilise et porte une réflexion pertinente et efficace, des origines du harcèlement à la manière d’y remédier. L’histoire va plus loin, elle montre l’inconscience des jeunes face au harcèlement, car avant d’être victime, Regan a été coupable de harcèlement sans savoir qu’elle faisait du mal. Cole Gibsen semble surtout centrer son propos autour des origines du harcèlement, la manière dont celui-ci se construit et les raisons pour lesquelles il a lieu et s’amplifie. Car avant de résoudre un problème, il faut toujours puiser à la source et comprendre la manière dont celui-ci s’est formé.

Blacklistée, au-delà du sujet traité, est un roman addictif, où le suspens demeure au fil des pages. La fin offre une parfaite démonstration du harcèlement et des ses conséquences et montre que bien que les choses s’arrangent au fil du temps ou par des actions engagées, le harcèlement laisse indéfiniment des traces visibles ou invisibles. A l’image des personnages, le lecteur sort grandit de cette expérience.

Une lecture que je conseille vivement à partir de la troisième et aux lycéens. La situation des personnages, le style littéraire et le scénario font que ce roman semble destiné à des adolescents de plus de quinze ans. N’ayez pas peur, vous ne serez qu’enrichis lorsque vous aurez fermé ce roman tantôt rose, tantôt noir.

Enregistrer

Rester fort, d’Emilie Monk

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Rester fort, d’Emilie Monk

Rester fort est un livre qui raconte l’histoire d’une jeune fille, Émilie Monk, qui va tourner au drame. Émilie se donnera la mort le 19 décembre 2015, elle avait 17 ans.

Cette histoire est basée sur des faits réels car c’est sa mère Virginie Monk, qui l’a fait publier en hommage à sa fille. Émilie est une fille qui dans son ancien collège avait pleins d’ami(e)s, mais au moment de sa rentrée dans son nouveau collège, rien n’est plus comme avant, elle qui espérait tant retrouver une belle vie, va vite se rendre compte que ce ne sera pas une réalité. Malgré toutes ses méthodes pour se détendre, comme le bouddhisme ou encore les psys cela ne va pas l’aider à passer au dessus de tous ses malheurs.
Au fil du temps Émilie va commencer à recevoir des remarques, va se retrouver seule, ce qui va empirer son cas.
Dans ce livre, des personnes proches d’Émilie, vont lui rendre hommage, en racontant pleins de souvenirs avec elle, ce qui va parfois nous toucher très profondément. Il y a au total 14 parties dans ce livre dont une partie retranscrit l’intégralité du journal à Émilie que ses parents ont découvert après le drame,dont un passage en anglais : c’est Émilie qui l’a écrit de façon à nous raconter son désespoir.
Ses parents, particulièrement sa mère, va se sentir responsable de ce drame en se disant que c’est de sa faute et qu’elle n’a pas su se rendre compte que sa fille allait vraiment très mal.
Ce livre peut être lu par tous les collégiens, mais également les adultes et lycéens, car c’est un livre très facile à lire mais qui peut vraiment toucher beaucoup de personnes.
Virginie Monk a écrit ce livre dans l’espoir d’aider les adolescents victimes de harcèlement et d’isolement, mais aussi les parents qui auraient perdu un enfant dans de telles circonstances. Virginie cherche également à sensibiliser les élèves, collégiens, responsables de ces actes qui tournent parfois vraiment au drame, comme  en témoigne ce livre où sa fille s’est suicidée.
Il ne faut pas oublier que c’est à cause de ces personnes qui poussent d’autres à bout, parfois jusqu’au suicide, que des familles perdent un de leur proche dans des circonstances terribles. Un livre extrêmement émouvant qui m’a beaucoup touché. Un vrai coup de cœur.

Chloé, 3°- 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Enregistrer

Enregistrer

Miss Pain d’épices, de Cathy Cassidy

Le droit à la différence

Miss Pain d'épices  - Cathy Cassidy  Eh vous, oui, vous ! Je me présente, je m’appelle Cannelle Brownie. Ne riez pas et … oui c’est tombé sur moi ! La faute à qui ? A mon père fan de cuisine et qui a décidé d’appeler ses enfants avec les noms qui seraient inscrits sur ses pots d’épices ! Je rêve ! En plus je suis rousse, ronde donc imaginez les galères et les moqueries, surtout à l’école ! Une horreur ! Bref j’ai trop dégusté et maintenant je rentre en cinquième et j’ai décidé de changer de look et d’affirmer ma personnalité. Et ça marche ! D’ailleurs, je me suis fait une amie. Shannon, fille très sûre d’elle, populaire… enfin elle a tout, quoi ! Et c’est grâce à elle, cette métamorphose !

Et puis comme j’ai une bonté d’âme, j’aide Emily, une fille de l’école, déprimée par le départ de sa meilleure amie. Mais il y a un hic, Shannon se rapproche d’elle, prend pitié d’elle et moi elle me relègue au second plan. Je n’avais pas prévu ça ! J’avoue, je suis jalouse.

Je ne vous ai pas dit, il y a un nouveau dans la classe : Sam , il me fait trop craquer et il a un petit faible pour moi. Il m’a donné un surnom : Miss pain d’épices. Je sais ça ne va rien arranger ! Mais ça me plaît bien. Sam est un peu marginal et à l’école on se moque de lui par rapport à sa façon de s’habiller. Pas cool ! Et sur ce coup là, je me sens lâche car je ne veux pas que mes amies, notamment Shannon apprennent que je l’aime en fait. Et pourtant je suis passée par là donc je devrais réagir autrement. Pas simple tout ça ! Sam, lui, se moque royalement de ce qu’on peut penser de lui. Il s’en amuse et joue la provocation.Moi, je n’aurais jamais osé ! Je ne veux pas renoncer à lui mais d’un autre côté , si je reste avec Sam, je ne ferai plus partie du groupe….

Mais bon je ne vous en dit pas plus. A vous de vous plonger dans mon histoire et de découvrir comment je vais me sortir de tout ça !

Un titre plein de gourmandise, un prénom qui invite au voyage ! Une histoire rigolote, pleine d’humour , une adolescente qu’on aimerait bien avoir comme amie. L’auteur pourtant, touche un problème bien réel et persistant sur la différence qui attise tant de moqueries et de méchanceté  et qu’on appelle le harcèlement.

Shannon est ma meilleure amie, et rien ne pourra changer ça. Mais elle ignore ce que signifie être exclue et vouloir à tout prix se faire une place au soleil. Elle a toujours attiré les regards – moi, que je le veuille ou non, j’appartiens à la même espèce qu’Emily : l’espèce des invisibles.  p.94

Quatre personnages, quatre portraits :

  • Cannelle une ancienne harcelée mais qui en garde des traces ce qui parfois la rend méchante notamment envers Sam et Emily. En fait, pour ne pas perdre une amitié et exister, elle est maladroite avec les autres et parfois piquante.
  • Sam, un garçon qui s’assume et qui voudrait que Cannelle en fasse autant
  • Emily, qui se trouve malgré elle, prise entre les jalousies et qui devient la « chose » de Shannon.
  • Shannon, la fille à qui tout réussit, qui domine et… qui craque pour le professeur d’anglais. Elle a besoin d’une cour autour d’elle, elle veut tout diriger. Elle veut mettre tout le monde à ses pieds.

L’auteur évoque aussi la relation prof/élève. Le professeur qui se fait appeler par son prénom hors des cours, qui participe à une fête d’anniversaire et qui, malgré lui, va se trouver dans une situation délicate. Certaines adolescentes veulent paraître plus âgées en se maquillant, ou dans leur façon de s’habiller. Elles veulent plaire et ne mesurent pas toujours les conséquences de leurs actes en matière de séduction. Mais, attention, pour un jeune professeur, être trop cool pour se faire apprécier peut vite déraper !

Des sujets très graves mais que l’auteur, Cathy, traite avec un ton léger. C’est judicieux de laisser parler Cannelle, ce qui rend le récit plus réaliste.

L’histoire est néanmoins douce, sucrée, acidulée. Le lecteur a vraiment l’impression d’être dans la classe de cinquième et d’être invité aux soirées pyjamas.

Pas facile de s’affirmer et de vaincre des brimades, de faire partie d’un groupe tout en voulant s’y détacher : on doit aimer les mêmes choses, s’habiller pareil ! Ne pas avoir de personnalité, quoi ! Dure réalité que Cathy Cassidy met en évidence simplement, sans brusquer ou faire la morale. Heureusement la fin est positive, Cannelle a su réagir à temps, ouvrir les yeux et comprendre ce qui est important.

Il fut un temps où je considérais Shannon comme la fille la plus cool du monde-avec le recul, j’ai du mal à comprendre ce que je lui trouvais. Voyait- elle en moi une amie, une égale, ou simplement un petit chien obéissant qui s’émerveillait de ses exploits ? La réponse a beau être évidente, il m’a fallu un temps pour m’en apercevoir. p.252

Je suis restée sous le charme de cette histoire qui m’a fait passer un bon moment.

Bonne réflexion pour les lecteurs qui, j’espère, prendront conscience qu’on ne peut pas être tous semblables et que chacun a sa place avec ses différences. Il faut rester soi-même pour exister.

Cathy Cassidy est aussi l’auteur de la série Les filles au chocolat, dont le CDI possède les 3 premiers tomes dont deux ont été publiés sur le blog.

Enregistrer