Tournage à l’Alcazar de Sevilla de Laurence Shaack

Un cadeau d’anniversaire inoubliable ….

Quelle grande surprise de recevoir un voyage  comme cadeau d’anniversaire ! Naïla a une grand-mère généreuse qui aura à coeur  d’offrir à sa petit fille un voyage dans la capitale andalouse, Séville. Ce sera pour la jeune fille un voyage riche culturellement parlant, il lui faudra s’adapter au rythme espagnol un peu décalé par rapport au sien, découvrir les trésors de l’architecture tel que l’Alcazar, un lieu plein de surprises …un voyage riche amicalement parlant au cours duquel elle fera la connaissance du « Ruiseñor », alias Luis avec qui elle passera beaucoup de temps et qui fera de son séjour sévillan quelque chose de mémorable, et enfin un voyage riche émotionnellement où de coïncidence en aubaine, de rebondissement en crainte, de frayeur en retournement, Naïla n’oubliera pas de si tôt le cadeau de sa grand-mère.

Une lecture assez courte pour améliorer voire enrichir son espagnol, cela vaut la peine de tenter l’expérience de la lecture bilingue..

L’arbre de Guernica, la retirada des enfants, d’Isabelle Wlodarczyk

Un album en deux parties, de la collection Mes albums de l’Histoire des éditions Oskar

Partie n°1 : On fait la connaissance d’un petit garçon dont on ignorera d’ailleurs  le prénom jusqu’à la fin. Tout comme de très nombreux enfants, il est très attaché à sa terre et plus précisément à Guernica, une petite ville du pays basque à l’arbre symbole qui va connaître la violence d’un conflit particulier, une guerre au sein d’un peuple qui détruira presque tout sauf l’arbre qui résistera mais sans lui puisqu’il se verra contraint de quitter sa ville, son pays et participer à la Retirada.

Partie n°2 : Dans cette partie documentaire bien illustrée et écrite simplement, il est facile de comprendre les origines, les tenants et aboutissants de la guerre civile espagnole, sans oublier le désastre de Guernica que Picasso dénoncera à travers sa peinture. Au milieu de ce conflit d’adultes, il y a le destin des enfants décrits de manière réaliste grâce notamment aux nombreux témoignages.

Un album intéressant qu’il faut prendre le temps de découvrir…..

Le garçon qui parlait avec les mains, de Sandrine Beau et Gwenaëlle Doumont

Le langage du coeur

mains.jpg

Victoria est ravie, la maîtresse a présenté à la classe un nouvel élève. Il s’appelle Manolo et la petite fille tombe immédiatement sous son charme. Manolo est espagnol, craquant mais…. il est sourd et communique uniquement avec les mains. Par chance, la maîtresse connaît la langue des signes, ce qui étonne tous les élèves d’ailleurs. La présence de Manolo va soulever des protestations et des hostilités de la part des parents qui voient d’un mauvais œil son arrivée, par crainte que son handicap accapare trop l’institutrice ou ralentisse l’apprentissage de leurs enfants. Par ailleurs, une réelle amitié naît entre Victoria et Manolo, ils deviennent inséparables. Alors que certains vont l’aider à s’intégrer, d’autres vont se moquer. Victoria va alors mener un combat pour faire changer les comportements et le regard sur son ami.

Le garçon qui parlait avec les mains est un petit bijou. C’est un roman jeunesse qui pousse la porte du handicap, notamment de la surdité. Il nous fait ressentir les difficultés à s’intégrer pour la personne différente et les réactions des gens dits «normaux». Des réactions négatives pour certains car ils ne comprennent pas le handicap. L’inconnu fait peur et de là naissent les préjugés. Cet ouvrage est juste et très réaliste et pourrait servir de base aux enseignants pour expliquer l’importance de l’intégration des élèves différents, l’importance du vivre ensemble. Sandrine Beau nous fait également une petite initiation à la langue des signes qui, je trouve, devrait avoir sa place au sein des programmes scolaires.

Cette année au collège, une interventant extérieure est venue proposer l’apprentissage de la langue des signes aux élèves sur la base du volontariat. C’est ainsi que j’ai eu la chance d’intégrer ces cours et ce fut un réel plaisir. Tellement enrichissant et expressif ! Une transmission des émotions particulières car tout passe par le visuel, l’expression du visage étant très importante. C’est pourquoi aussi ce livre est d’autant plus important pour nous !

Il faut signaler également les belles illustrations fraîches et colorées qui donnent à ce roman tout son sens. Un gros coup de cœur pour ce superbe roman.

Thomas et le misterio Dalí

Thomas, un jeune parisien, est sur le point de partir en vacances avec son père professeur ; sa mère, une spécialiste d’art, est contrainte de rester à Paris pour finir la préparation de l’exposition consacrée au célèbre peintre surréaliste Salvador Dalí.

Direction donc Cadaquès, un village du Nord de l’Espagne cher à Dalí d’ailleurs, où Thomas a l’habitude de se rendre surtout en été pour se reposer dans la maison familiale; dans le calme de l’hiver cette fois, il aura tout loisir de se reposer, de redécouvrir ce village qu’il aime tant mais sans tous les touristes qu’il croise habituellement. Alors que son père sera beaucoup pris par son travail, Thomas qui ne restera pas enfermé fera des découvertes et aussi des rencontres, ses deux nouveaux amis Francesc et Clara lui feront découvrir des endroits méconnus, rencontrer des membres de leurs familles, des amis chez qui il retrouvera souvent une œuvre du peintre surréaliste qu’il connaît très bien, cette œuvre dans laquelle le temps qui passe est représenté par des montres molles, un détail très important finira par le perturber et le mystère restera entier jusqu’à ce qu’une explication soit trouvée et que la divulgation du secret de Cadaquès soit évitée de justesse…. Un roman « muy interesante » y un misterio total; está bien leer esta novela.

Caballero, de Lenia Major

Sauvons les lévriers d’Espagne…

Résultat de recherche d'images pour "caballero lenia major fnac"Lorsque l’hôpital appelle Lucia, c’est pour lui annoncer que son fils, Genaro, adolescent de 13 ans, est hospitalisé pour un malaise proche du coma éthylique après un binge-drinking. Si son père ne sait plus comment parler à son fils, perd patience et se met en colère, sa mère, elle, essaie de le comprendre et cherche le moyen de renouer le dialogue. Comment cet enfant, doux, brillant scolairement, avec un an d’avance, a-t-il pu en une année, passer de 18 de moyenne à 4, comment ce sportif peut-il rester enfermer à jouer à des jeux vidéos et se faire des relations toxiques qui l’entraînent dans des plans aussi foireux ? Alors, Lucia a une idée : envoyer, le soir-même  de sa sortie d’hôpital son fils chez un cousin en Espagne. Et si Genaro se voit déjà à se dorer la pilule sous le soleil pour un séjour relax, la réalité en sera toute autre ! Car son cousin, Pepito, tient un refuge pour lévriers… et il n’y a pas le temps de chômer. Loin de son pays, de ses connaissances, Genaro va devoir s’adapter et sera bien obligé de quitter son masque d’insolence ou de nonchalance et se confronter à ce monde où les convictions  font aller de l’avant tout ce petit monde dans un seul et même but : atténuer les souffrances et sauver ces animaux -les galgos- utilisés, maltraités, torturés, abandonnés par des chasseurs – des gualgueros sans états d’âme.

Pepito et Lucy, 15 ans, une jeune bénévole de l’association qui se destine à une carrière de vétérinaire, véritable passionnée, vont aider Genaro à se confronter de nouveau au monde réel et à sa dure réalité et l’aider à reprendre confiance en lui et en ses capacités.

 

Un récit initiatique qui montre comment la confiance qu’on lui accorde et les responsabilités qu’on lui confie permettent à un adolescent à retrouver l’estime de soi. En trois semaines, Genaro va passer d’un état végétatif à un engagement sans limite pour la cause à défendre. Tous ses savoirs-faire vont être exploités : de ses connaissances en nouvelles technologies à ses talents de pâtissier ou de couturier… Parallèlement à cela, il va apprendre beaucoup dans bien des domaines et surtout, finira par accepter d’avoir des failles et les montrer.

Ce roman fait tout de même 500 pages. Au bout de 300, même si j’accrochais bien, je me disais que 150 de moins auraient peut-être été mieux… et puis, un nouveau cap est passé et la fin est arrivée très vite. Néanmoins, il doit être réservé à des lecteurs avertis et pas trop sensibles car le sujet principal reste quand même la maltraitance animale. Mais les personnages sont très vrais et nous apparaissent avec leurs qualités et leurs défauts et ce refuge devient un havre de paix et de solidarités pour tous, bénévoles comme lévriers sauvés, grâce à l’humanisme de son propriétaire : Pepito

La cause défendue dans ce livre, celle des lévriers d’Espagne, est décrite avec toute son horreur et nous révèle une réalité que le lecteur ne connait pas forcément mais qui est réelle. L’Espagne reste l’un des seuls pays d’Europe à encore autoriser la chasse sans fusil. Les lévriers (galgos) sont utilisés par les chasseurs (gualgeros) qui les maltraitent au quotidien, puis les torturent avant de les abandonner.

Et si cette cause vous a ému ou vous intéresse, un site Internet, donné en fin d’ouvrage, est à consulter : https://www.crel.fr/   et   http://scooby-france.e-monsite.com/

 

Je suis Juan de Pareja, de Elizabeth Borton de Treviño

"Je suis Juan de Pareja", d'Elizabeth Borton de TrevinoSéville, 17ème siècle. Juanito, jeune esclave, se retrouve seul après le décès de son maître, puis de sa maîtresse, qui a succombé à la peste. Il fait partie de l’héritage et doit rejoindre son nouveau maître à Madrid, le neveu de sa maîtresse, le peintre Vélasquez. Après bien des péripéties, le voici donc qui  entre au service du grand peintre de la cour. Il va devoir préparer les pigments, les toiles, nettoyer l’atelier. Juan admire le travail de son maître et apprend en secret, en regardant celui-ci travailler. Son rêve : devenir peintre lui aussi… Mais les esclaves n’ont pas le droit de toucher aux arts.

Tiré d’une histoire vraie, ce texte est écrit à la première personne, comme une autobiographie de l’esclave. Même si l’écriture est romancée, on y apprend beaucoup de choses historiques sur la condition des esclaves, sur la vie de Vélasquez et la cour d’Espagne au 17e siècle. Vélasquez était un maître bienveillant, simple, austère, qui n’a pas été épargné par les épreuves de la vie. Il est l’un des plus grands peintres de son temps. La première de couverture de cette édition est une reproduction du véritable tableau qu’il a peint de son esclave  Juan de Pareja.

Cette histoire nous fait voyager dans cette Espagne de cour du 17e siècle mais aussi jusqu’en Italie, avec les trajets sans fin  et les problèmes de communication avec les proches restés sur place qui en découle. On rencontre aussi d’autres artistes connus à l’époque comme Rubens.

Ce texte est écrit de manière assez descriptive qui ne laisse pas passer les émotions de manière vive et en cela pourrait peut-être rebuter certains de nos lecteurs, -si on y ajoute le nombre de pages assez conséquent. Ecrit en 1965, peut-être le texte a-t-il un peu vieilli ? En tout cas, l’histoire reste malgré tout  passionnante et très instructive, véritable petite histoire de l’art.

La fille au pinceau d’or, de Marie Bertherat

Peinture et interdiction…

Afficher l'image d'origineMaria Brugada est une jeune orpheline au service d’une aubergiste des plus froides et cruelles. Quand celle-ci tue de sang froid le petit chaton de Mimosa, la chatte qu’elle a recueillie, Maria décide de s’enfuir et avec un peu d’aide se retrouve à Madrid comme bonne dans un atelier de peinture.

Elle va découvrir le dessin, la peinture uniquement avec les yeux sans pouvoir y toucher. Étant très attirée et ayant des aptitudes pour cet art, elle va devenir complice d’un des apprentis, Angel, qui va lui apprendre des méthodes et des techniques de peinture, tout cela en cachette : à l’époque c’est un univers réservé aux hommes.
Le chef d’atelier va petit à petit prendre conscience qu’il a un petit génie dans son atelier qu’il aimerait mettre en avant, mais étant une fille, il ne le peut pas sous peine de voir débarquer l’Inquisition.
Maria va-t-elle pouvoir peindre à sa guise ? Va-t-elle devoir continuer à se cacher ?
Ce livre se lit très vite et on est tout de suite dans l’univers de cette jeune et bouleversante orpheline. L’auteure mêle dans ce livre suspens et aventures diverses pour cette jeune fille : un regard amoureux d’Angel, l’un des apprentis, beaucoup de jalousie d’autres, de l’admiration du chef d’atelier…
L’histoire se passe au 17ème siècle à Madrid et nous pose un contexte historique qui commence à voir des  » femmes peintres » interdites jusqu’alors.
Ce livre captivera je pense plus les jeunes filles que les garçons !

Enregistrer