Une histoire de dragons, d’Edvin Sugarev – ill. Sylvie Kramer

Une histoire de dragons, d’Edvin Sugarev – ill. Sylvie Kramer

Réveiller le dragon qui sommeille en nous…

Une histoire de dragonsLorsque Vlad n’obéit pas, sa famile le menace de l’arrivée d’un dragon qui l’emmènera…

-Papi, pourquoi le dragon ne veut venir que dans ma maison, alors qu’il y a plein  d’enfants chez qui il pourrait aller ? demanda Vlad un jour.

Papi caressa sa barbe et répondit :

– Non, mon petit, il ne veut pas venir seulement dans ta maison. En vérité, chaque enfant a son propre dragon qui vient le voir à chaque fois qu’il se montre désobéissant.

Alors, Vlad devint sage et obéissant. Il arrêta de sauter dans les flaques d’eau, il se coucha à l’heure… Mais un jour, sous un buisson, Vlad découvre une petite créature, chétive, triste, maladive… Son dragon va vraiment mal…

Nous, les dragons, il n’y a que les bêtises des enfants qui nous font vivre. Plus l’enfant fait de bêtises et désobéit, plus son dragon croît et embellit. Ah ! si seulement tu avais été vif et entêté, je serai devenu énorme et ailé […]

Un conte bulgare superbe, idéal pour dédramatiser les bêtises des enfants. Car, en fait, la plupart d’entres elles sont sans conséquences et permettent juste de se sentir libre et soi-même. Les illustrations reflètent parfaitement cet univers merveilleux dans lequel évolue Vlad et son dragon… à l’insu de sa famille, naturellement ! Famille représentée de manière finalement bien plus monstrueuse que notre gentil dragon. Mais elle, y croit-elle seulement, à ce dragon ?

Ce petit livre à couverture souple, de la taille d’un catalogue d’éditeur (je dis ça car je viens de le découvrir au milieu des catalogues ramenés par mes élèves du Salon du livre de jeunesse de Montreuil parmi lesquels il était passé inaperçu jusqu’à hier !) est publié par une petite maison d’édition ELITCHKA, créée en décembre 2013, spécialisée dans la publication de contes et nouvelles d’auteurs bulgares. Une très jolie découverte et un grand merci à eux pour cet exemplaire spécialement dédicacé pour nous par le traducteur, Eli.

Au galop !

Histoires de chevaux et poneys illustrées

Voici le tout nouveau sorti de la collection de contes et de mythes des éditions Usborne. Cette fois-ci, le recueil réunit 17 histoires différentes mettant en scène des chevaux, pour le plus grand plaisir de nos lecteurs. Cet animal si populaire auprès des enfants, domestiqué il y a 6000 ans et qui apparaît dans de si nombreuses histoires ! Bien sûr, vous retrouverez des mythes connus, comme Pégase, le cheval ailé, mais ce recueil va surtout vous permettre de voyager à travers le monde, à la découverte de contes grec, norvégien, russe, écossais, chinois, italien, etc… A la fin de l’ouvrage, nous retrouvons la liste des textes avec les références des histoires dont ils se sont inspirés (par exemple, le premier : Le cheval qui parlait vient d’un conte allemand recueilli par les frères Grimm sous le nom de la Gardeuse d’oie).

L’édition est toujours de qualité, avec son marque-page ruban et sa couverture matelassée. Les textes proviennent de plusieurs auteurs différents et les illustrations sont originales.

A découvrir dans la même collection :  Mythes du monde entier illustrés et  Récits de l’Inde illustrés

De l’ombre à la lumière

La verluisette, de Roberto Piumini

 

Résultat de recherche d'images pour "la verluisette"Madurer, 11 ans, est un enfant malade condamné à rester dans sa chambre. Le soleil, la poussière nuisent à sa santé, il ne peut donc plus sortir. Son lieu de vie doit également être dépourvu de fenêtres. Son père, le vizir Ganouan, est désespéré et décide de faire appel à un peintre, Sakoumat, pour embellir d’images et de couleurs les murs du palais. Madurer n’est pas un enfant triste, il est, malgré tout ce qu’il vit, plein de vitalité. Sakoumat va l’ouvrir sur un monde extérieur merveilleux qui va prendre vie du bout de ses pinceaux. L’artiste va faire entrer le côté de l’existence dont ne peut plus profiter l’enfant.

La Verluisette est un beau conte d’amitié entre un enfant dont la vie se résume aux murs de sa demeure et un peintre qui dévoilera toute sa magie d’artiste pour lui offrir un monde qui lui sera propre. Une belle leçon de vie pleine de poésie. Aujourd’hu , il existe une maladie rare qui contraint les enfants à ne sortir que la nuit car la lumière directe leur brûle la peau. La sortie de jour est un vrai parcours du combattant car ils doivent porter une combinaison comme celle des cosmonautes, seul moyen efficace de lutter contre les rayons ultra-violets. Comme Madurer, leur vie est compliquée mais ils font preuve d’une énergie et d’une volonté qui forcent l’admiration.

L’école du bien et du mal. 3. Le dernier conte, de Soman Chainani

L’école du bien et du mal. 3. Le dernier conte, de Soman Chainani

Couverture du livre : L'école du Bien et du Mal, tome 3 : Le Dernier ConteEn embrassant le Grand Maître, Sophie décide de rester à l’école, alors qu’Agatha et Tedros doivent retourner à Gavaldon où la magie des contes les abandonne. Tandis que Sophie devient la reine de l’école du bien et du mal, le soleil magique devient de plus en plus terne. Eh oui, le conte de Sophie et d’Agatha, en étant inachevé, empêche l’écriture d’autres contes ! Agatha va donc devoir sacrifier beaucoup de choses pour pouvoir récupérer Sophie et sauver le monde par la même occasion !

Même après plusieurs tomes, le suspens et l’action sont toujours présents. Cet univers des contes de fée revisités est vraiment original et ce tome est pour moi le plus réussi pour l’instant car les émotions y sont plus fortes et l’action encore plus présente. Ce n’est plus ici véritablement l’Ecole du Bien et du Mal, mais plutôt l’école des Anciens et des Nouveaux. Le Grand Maître, personnage machiavélique donne toute son intensité au récit.  On n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer malgré un nombre de pages conséquent. Je suis pressé que le tome 4 sorte en français pour pouvoir le « dévorer » à son tour !

Guillaume, 3°- 13 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène.

 

L’enfant des livres

A la poursuite du livre des secrets, de Eric Sanvoisin

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Jaime est orphelin, il vit dans la rue, à Voyelle la capitale du royaume des mots. Parce qu’il a volé une pomme, il est condamné à mort. Mais le roi lui laisse la vie sauve à condition qu’il lui ramène le livre des secrets, un merveilleux écrit qui se trouve dans la forêt des arbres à lire. Un livre important, convoité par beaucoup. Jaime ne se fait pas prier. Seulement il y a un petit souci qui a son importance pour une telle mission : le jeune garçon ne sait pas lire. Heureusement, il va rencontrer un Marque page sur pattes qui deviendra son compagnon de route et qui va l’aider.

Comment va-t-il s’en sortir sachant que, s’il ne mène pas à bien sa mission, il perdra la vie. Jaime va se trouver dans des situations périlleuses et ira de surprise en surprise.

Ce livre est un coup de cœur. C’est une ode aux livres, aux mots. Le décor est une forêt remplie d’arbres à livres qui nous fait rêver, avec des personnages dont les noms sont symboliques : Marque-pages, Virgules, Points virgules, Cadenas.. On entre dans un univers fantastique où les mots ont une force, un pouvoir. Deux mondes s’affrontent, d’un côté, les pilleurs et les cueilleurs qui détruisent les livres, les brûlent et de l’autre les défenseurs des belles lettres. L’auteur a choisi un héros qui ne sait pas lire. Ce détail prend toute son importance . En effet, comment donner le goût de lire à quelqu’un qui ne connaît pas les lettres, qui n’a jamais approché un livre ? Et c’est en cela que le roman prend tout son sens. L’apprentissage, la transmission d’un savoir, deux belles valeurs. On se rend compte alors que lire est une chance, c’est la liberté. Le livre est sacré. Il faut le préserver, en prendre soin car il est chargé d’histoire, il représente la mémoire de l’homme. Eric Sanvoisin joue avec les mots, entraîne le lecteur dans un univers original, magique où il se sent bien. On se laisse gentiment entraîner par l’écriture simple, fluide de l’auteur. On entre dans un monde imaginaire, le monde réel s’efface. On est en complète immersion, un peu comme dans Alice au pays des merveilles. J’avais l’impression d’être au milieu de la forêt et que tous ces petits personnages tournoyaient autour de moi, occupés à défendre la cause du livre et à combattre les destructeurs de mots. Un beau moment de douceur et de rêve.

Les livres nous nourrissent. Les lettres, les mots, leurs sens sont nos vitamines. –

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Des vacances au pays des vampires.

Le dernier des vampires, de Willis Hall

Image associéeEdgar, un jeune garçon, part quinze jours en vacances avec ses parents.  Nos touristes anglais, ne sachant pas lire une carte, se retrouvent perdus : où sont-ils  en Europe : France, Allemagne, Italie… ?

Bref, ils s’arrêtent non loin d’un château et montent leur tente. Voulant faire quelques provisions, ils descendent au village et se retrouvent confrontés à des continentaux peu bavards et très vite soupçonneux.

Edgar, quant à lui, va chercher de l’eau au château et sa curiosité le fait entrer dans la demeure, où il y rencontre le comte Alucard, qui affirme être le dernier des vampires, mais un vampire végétarien ! Euphémia, sa maman, nourrit des chiens errants qui ne sont autres que des loups mais elle ne s’en rend pas compte. Le livre est plein d’humour…

Les villageois se posent de nombreuses questions sur ces gens qui campent non loin du château, donnent à manger aux loups … et à force de discuter, pensent qu’ils sont également des vampires en puissance et veulent en finir avec ce genre d’individus. Il s’en suit toute une aventure … mais je vous laisse découvrir la suite et la fin qui est un peu surprenante.

Ce livre est assez surprenant et facile à lire. Edgar se lie d’amitié avec ce comte vampire végétarien : il ne faut donc pas se fier aux apparences. Le livre est agréable, les personnages bien choisis et les illustrations, toutes les 4-5 pages sont bien fidèles à l’histoire.

 

 

 

Doux comme la vapeur d’un bain chaud

Le bain de Miyu, bilingue français-japonais, de Jodël Grasset, ill. de Béatrice Testet

Miyu  a passé une bien mauvaise journée à l’école… « Tu ressemble à ces gens qui râlent sous la pluie comme sous le soleil ! », lui dit sa mère lorsqu’elle rentre chez elle… Ce qu’il lui faut ? Un bon bain chaud… Commence alors une douce rêverie dans les vapeurs de l’eau chaude.

Un livre aux illustrations toutes douces, en papier-collé qui nous emporte dans une sorte de fantaisie japonaise. On entre dans un bain de culture, où l’on découvre les mots magiques d’une autre langue : tanuki, shamisen, saké et les habitudes différentes : boulettes de riz et sauce soja, panier repas et idéogrammes.

N’ayant jamais appris le japonais, je ne peux pas juger de la traduction mais la version bilingue avec les idéogrammes japonais sur les pages, invite au voyage. Une première partie comme un simple récit de vie qui glisse doucement dans le surnaturel avec une fin étrange…

Des notes de bas de page et un petit texte explicatif sur le Japon clôturant l’ouvrage complète le récit.