Le rat célibataire, de Manfeï Obin

La course au bonheur…

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C’est l’histoire d’un rat, d’un rat bûcheron. Il vit seul, sans femme. Un jour, alors qu’il est dans la forêt, une belle jeune fille s’approche de lui, un panier plein de provisions. Elle dit être envoyée par son oncle pour le nourrir. Mais ce n’est pas tout. Elle se présente comme étant sa promise mais pour cela, le rat doit remporter une épreuve. Une fois rassasié, celui-ci doit courir derrière la jeune fille. Elle deviendra sa femme si le rongeur arrive à la rattraper. Le rat étonné par ce procédé peu commun s’exécute. Mais la jeune fille va vite, très vite, puis plonge dans l’eau. On connaît la peur des rats pour l’eau. L’animal la suit malgré tout et se trouve propulsé dans un monde sous-marin merveilleux. Mais son accès lui est interdit car il n’a pas ses papiers. Légalement, un sans-papier est expulsé, mais lui va être présenté à la reine des fonds des eaux qui lui laissera la vie sauve, à une seule condition… Quel sort va t-elle lui réserver ? Le rat arrivera t-il à se marier ?

Un joli conte ivoirien sur le partage, la bonté et la générosité. La bienveillance entraîne toujours quelque chose de positif. L’égoïsme et l’indifférence mènent toujours à sa perte. Ce récit met en avant un fait qui est toujours très présent : le destin des sans-papiers. La place de la femme est également évoquée. On s’aperçoit que la femme ne décide pas de son destin. On lui désigne un futur mari, certes qui devra faire ses preuves pour la conquérir mais qui  n’aura pas été choisie par elle.

Le loukoum à la pistache, de Catherine Zarcate

Saveur d’Orient…

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Un jour, le Grand Vizir se rend au bain public, dans un hammam. Alors qu’il entre dans l’eau, sa bague tombe. C’est la panique, cette bague n’est pas n’importe quelle bague, puisque c’est un cadeau du roi. En effet, le roi qui a entière confiance en cet homme, qui ne prend aucune décision sans le consulter, lui a fait un cadeau inestimable. Ce qui provoque d’ailleurs beaucoup de jalousie. Au lieu de couler, le bijou reste en surface, il glisse. Mais alors que ce brave homme devrait être heureux et rassuré, le voilà qui file chez lui priant sa femme et ses gens de maison de faire leurs bagages et de partir. Tous sont abasourdis mais s’exécutent. Sept jours après, le roi ordonne son arrestation pour haute trahison. Il est jeté en prison à l’étage le plus sordide. Il y restera 7 années. Mais le plus curieux est que, ce qui va lui manquer le plus est de ne pas pouvoir manger de loukoums. A force de réclamer, un gardien va lui en apporter un. Alors qu’il commence à le savourer des yeux, l’impensable arrive…

Le loukoum à la pistache est un titre qui vous trémousse les papilles, qui vous évoque des couleurs et des saveurs. Un beau conte qui nous apprend aussi à accepter ce que la vie peut apporter autant dans les bons moments que dans les mauvais moments. Tout n’est pas rose mais il faut l’accepter.

J’ai complètement déliré sur le passage qui évoque le destin du loukoum. Trop drôle ! Une belle histoire qui invite à la sagesse et à l’humilité. On se demande quand même comment le vizir a pressenti ce qui allait lui arriver !….

Le plus courageux des peureux, de Guylaine Kasza

Les  dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le plus courageux des peureux« Boud na boud »… « Il était une fois » comme on dit les den Afghanistan

Dans un petit village d’Afghanistan vit Abdul, un homme si peureux qu’un seul battement d’ailes de papillon l’effraie. Sa femme en est désespérée et un soir, elle demande conseil à la vieille du village, une sage. Celle-ci l’aide et c’est ainsi qu’Abdul se retrouve dehors, seul, en pleine nuit. Mais cette nuit-là, le pire des géants est de sortie ! Abdul, l’homme le plus peureux du village, arrivera-t-il à s’en sortir vivant ?

J’ai aimé ce livre même si ce n’est pas le genre de livre que je lis d’habitude. C’est un conte merveilleux facile à lire, avec des illsutrations en noir et blanc proches de la caricatures. Il se lit sans problème dès le primaire.

Judith, 6ème – 11 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

La collection « kilim » des éditions Syros permet la transmission de contes étrangers  que l’on ne connaît pas forcément. Ici, l’histoire nous pousse à réfléchir sur nos peurs et nous aide à les dépasser par notre courage.

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Diabou Ndao, par Mamadou Diallo

Les gnioules sont des noix de palmiers dont raffole la petite Diabou Ndao : il faut casser la coque pour en récupérer la délicieuse petite amande à l’intérieur.  Rien ne  peut la perturber dans sa tâche, pas même le lion qui s’approche du village. Tout le monde la prévient et l’incite à rentrer se protéger à l’intérieur de sa case, mais Diabou Ndao ne l’entend pas de cette oreille… Bientôt, elle se retrouve nez à nez avec l’animal féroce et n’aura d’autre choix que de l’affronter… à sa manière !

Un conte traditionnel sénégalais très particulier et surprenant pour notre culture puisque le lion mange la petite fille qui ressort par les fesses du lion, qui mange le lion qui ressort par les fesses de la petite fille ! Cet album est servi par de très jolies illustrations en style papier découpé.

Le génie du pousse- pousse, de Jean-Côme Noguès et de Anne Romby

La voie de la sagesse…

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Chen possède dans la vie deux choses importantes : un pousse-pousse de bambou, qui est son gagne-pain, et son amitié pour Wang, un pêcheur. Modeste, il se nourrit chaque jour d’un bol de riz. Mais alors qu’il veut cueillir une branche de jasmin, il passe par-dessus le mur qui le sépare d’un palais et d’un parc merveilleux. Fasciné par la beauté et la richesse des lieux, il se met à rêver à une existence luxueuse, pleine de faste, inaccessible pour lui, pauvre tireur de pousse-pousse… Sa vie lui paraît bien terne soudain. Chen veut devenir riche à son tour. Alors il réfléchit à ce qui pourrait lui rapporter de l’argent. Mais il va rapidement apprendre que rien n’est acquis d’avance, qu’il faut se donner les moyens pour y arriver et que la vraie richesse reste l’amitié.

Ce conte chinois va enivrer le lecteur de saveur, de parfum. L’écriture est apaisante, les illustrations fines, colorées sur un papier à dessin que l’on appelle du papier d’ingres, similaire à celui d’un parchemin. Tout y est soigné, minutieux. On s’attarde sur les détails, on part véritablement en voyage. Le génie du pousse-pousse est un conte qui nous transporte.

La vérité sur l’affaire des trois petits cochons, témoignage recueilli par Jon Scieszka et illustré par Lane Smith

Je vais souffler… souffler… et… éternuer !

 

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Tout le monde connaît l’histoire du loup et des trois petits cochons… Mais qui a déjà entendu la version du loup lui-même ? Léonard Eugène Loup, que l’on peut appeler par son petit nom Léo va donc nous livrer son point de vue sur toute cette affaire, qui fait scandale dans les chaumières depuis la nuit des temps !

Je ne sais pas comment cette affaire de Grand méchant Loup a démarré, mais c’est des salades.

Enfin, peut-être pas tant que ça, finalement !

Drôle et merveilleusement illustré, un album parodique et riche, à savourer dès le début de l’école primaire et jusqu’en 6ème sans problème (moi personnellement, j’adore !) avec des personnages qui n’ont pas leur langue dans leur poche

Et ta vieille grand-maman peut aller se faire voir !

Idéal  pour travailler avec les plus jeunes la notion de point de vue, le fait divers, la presse, le témoignage.

La petite femme du père Noël, de Kochka

A chacun son étoile…

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Rose d’Hiver est une auteure à succès, qui va dans les écoles à la rencontre de son jeune public. A quelques jours de Noël, elle va parler de son nouveau roman Vanille, fraise et praliné à des élèves de primaire. Elle est accueillie par maîtresse Barbara et très vite son regard est attiré par Noëlle, une fillette handicapée. Celle-ci dit être la femme du père Noël et quiconque ne l’aimera pas sera privé de cadeaux. Cela fait bien rire ses camarades de classe notamment Max et Gaspard très crédules sur l’existence du vieil homme en rouge. Rose d’Hiver va alors leur raconter une histoire pour leur démontrer qu’il faut croire parfois à l’impossible pour voir ses rêves se réaliser. La journée s’achève et Rose doit repartir mais Noëlle la rattrape en la suppliant de l’emmener voir le père Noël. Elle caresse l’espoir d’aller un jour en Finlande pour  rencontrer celui qui, dans la nuit du 24 au 25 décembre, distribue des cadeaux dans le monde entier. Rose pourra-t-elle aider la petite fille ? Un pari fou mais fermons les yeux et pensons très fort à ce moment si féérique et peut-être verrons nous les petits lutins s’activer auprès du Père Noël pour que la magie de Noël opère.

Kochka nous livre un beau conte sur la force de l’imaginaire. Nos petits héros vont vivre une folle aventure qui va leur donner un regard neuf sur ce qui les entoure, sur leur existence. C’est un récit plein de magie, de tolérance et d’amitié. N’avons-nous pas besoin, par moment, de croire en nos rêves pour donner un sens à notre existence ?