L’envol du cygne, de Anne Ferrier

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Les Compagnons au loup, 2. L’envol du cygne, de Anne Ferrier

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Pages : 226 pages
A partir de 11 ans

 

L’Envol du Cygne est la suite du roman La meneuse de bêtes, c’est-à-dire le deuxième tome de la série « Les compagnons au loup. » 

L’HISTOIRE  :

Accompagnée de son fidèle loup et de Gabriel le jongleur, Ysane reprend la route à la recherche de son père avec comme seul indice une drôle de croix que sa mère lui avait gravée dans le dos.  Durant ce voyage, nos héros vont encore faire des rencontres comme celle de Kateline qui va d’ailleurs remettre en cause la relation complice qui unit Ysane et Gabriel et ils vont devoir faire face à une vague de meurtres dans le village. La fin du livre est inattendue sachant que l’un des indices du départ avait toute son importance pour la résolution de l’énigme…

CE QUE J’EN PENSE  :
Cette suite est très réussie et l’action ne manque pas. De plus, l’écriture d’Anne Ferrier est agréable. Grâce à elle, on retrouve Ysane, Gabriel et Loup dans la suite de cette aventure, ce qui nous permet de découvrir Ysane qui de naturel froide nous apparaît maintenant plus attachante.  On espère un prochain tome !

Axel, 4e – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Une série qui plaît à chaque lecteur du CDI qui s’est lancé dans l’aventure ! Une série idéale pour les listes thématiques de français concernant le Moyen Age.

Un chemin de liberté – Rencontre avec Martin Luther, de Pascale Perrier

Martin Luther ou le début de la révolte…

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Nous sommes au XVIème siècle. Catherine de Borde est enfermée dans un couvent depuis qu’elle a 5 ans, par décision de son père qui voyait en cela un moyen de lui enseigner des repères. Un enfermement qui pèse au fil des années et que la jeune femme ne supporte plus. Alors avec huit autres religieuses, elle décide de fuir. Mais il leur faudra de l’aide car cette évasion est loin d’être facile. Non loin de là, à Wittenberg, il y a Martin, un prêtre. Avant d’intégrer le couvent, Martin était un brillant étudiant. Alors qu’une nuit un violent orage s’abat sur son université, il adresse une prière à Sainte Anne pour être épargné, en promettant de devenir moine si sa demande est exaucée. Chose fut ainsi faite et le jeune homme ne faillit pas à sa promesse, en dépit des protestations de son père. Martin se montre un religieux très assidu mais qui se pose beaucoup de questions sur les motivations de certaines autorités de l’Eglise qui vivent dans le faste. Il dénonce, il gêne, ses idées se répandent, les fidèles le suivent. Les nonnes prisonnières qui ont lu son manifeste, lui adressent une lettre lui expliquant leur désir de liberté. Sensible à leur situation, Martin décide de s’occuper d’elles et de les aider.

Pascale Perrier signe là un beau roman historique en évoquant Martin Luther qui a conduit la révolution protestante. Avec elle, le début des libertés individuelles et de la libre entreprise. A noter en fin de roman, un très bon dossier sur le monde au temps de Martin Luther avec les découvertes, les guerres de religion, l’art et j’en passe. Un bon repère historique pour les jeunes lecteurs. Pascale Perrier nous fait découvrir la Renaissance, ses mœurs, ses bouleversements sociaux et dépeint un portrait de Martin très passionné, une personnalité forte, très engagée. Les conflits religieux ont marqué l’Histoire et nous montrent que les grandes idées ne trouvent un écho que si elles sont véhiculées par des hommes qui ont su s’imposer. Martin Luther faisait partie de ceux-là. Il a dénoncé, dans un manifeste de 95 thèses, les scandales de l’Eglise en son temps et cette année, cet écrit a 500 ans.

Gaël et Dana : le poignard du sacrifice, de Isabelle Meyer

Une vie entre les mains…

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Nous retrouvons Gaël et Dana enfin de retour au XXIème siècle. Petit rappel. Le père de Dana est conservateur dans un musée. La jeune fille et son ami Gaël aime flâner dans ce lieu chargé d’histoire. Mais il y a un inconvénient. Chaque fois que Dana touche un objet, elle est prise d’un malaise et la voilà de nouveau projetée dans une période historique très éloignée de la nôtre, emmenant Gaël avec elle. Depuis, elle est très réticente à se promener dans le musée, de peur que le phénomène ne se reproduise. Lors d’un week-end chez la tante de Gaël, les deux amis font une balade qui les conduit dans une grotte. Dana reste méfiante face à l’enthousiasme de Gaël. Elle se laisse convaincre et commence à arpenter les antres du gouffre. Alors qu’elle s’approche d’un petit ruisseau, elle est attirée par des cailloux scintillants. Elle en saisit un et aussitôt elle est prise de maux de tête, elle ne se sent pas bien et puis plus rien… Alors que Dana reprend ses esprits, elle se rend compte qu’elle a changé de lieu et qu’elle brandit un poignard de pierre. Une foule hurle, Gaël est devant elle, les mains liées. Que se passe-t-il ? Les gens lui ordonnent de tuer l’étranger. Dana est entrée dans le corps de Dahina, une jeune fille dont le compagnon a été tué. Gaël est l’homme qui doit mourir, il est l’assassin. C’est un vrai cauchemar, les voilà en l’an 5300 avant J-C, au temps de la préhistoire. La situation est critique car Dana doit sacrifier son ami.

On retrouve ici la même trame que dans le premier tome Gaël et Dana et le vase aux trois serpents. La mission est encore délicate pour les adolescents qui ne doivent pas modifier le cours de l’histoire pour s’en sortir. Dana peut toujours compter sur l’incollable Gaël pour trouver une solution. L’auteur nous enseigne toujours autant de choses de manière simple et très intéressante. Un bon moyen d’apprendre en s’amusant !

Et l’avis de Chloé, 4ème -13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène :

« Une suite palpitante, pleine de péripéties et de suspense avec une façon très originale de faire parler les personnages. J’ai hâte de lire le tome 3. »

 

Le voyage inspiré, de Jean-Côme Noguès

Terre, terre !

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Grenade 1492…Pedro Alvarez se souviendra à jamais de cette année. Il n’a que quatorze ans. Seul, sans attaches, sans maison, il est livré à lui-même. Une vie de misère à laquelle il doit s’habituer. Il veut fuir Grenade mais pour aller où ? Jusqu’au jour, où son chemin croise celui d’un homme qui va bouleverser le cours de sa vie, qui va l’entraîner dans une folle aventure sur les eaux. Cet homme n’est autre que Christophe Colomb qui projette d’aller aux Indes, pays de l’or et des épices. Il propose à Pedro de l’accompagner. Il lui donne un surnom, Chinito qui veut dire petit caillou en espagnol. Le gamin décide alors de se laisser emporter par un destin dont il n’aura pas la maîtrise.

C’est un récit qui mêle histoire et fiction car l’auteur a imaginé que Christophe Colomb avait emmené pour son premier voyage, un jeune garçon rencontré sur un chemin à Grenade. Il sera témoin d’un événement historique mais il ne le sait pas encore..

Pedro Alvarez, devenu un vieillard, raconte cette expédition tourmentée et merveilleuse qu’il a fait avec Christophe Colom b. Un périple pas  facile car Pedro n’a pas été accepté par les autres matelots et son maître n’a pas toujours été tendre.Un récit sous forme de journal de bord dans lequel cet ancien mousse va livrer les sentiments qu’il a ressentis tout au long de son voyage. L’histoire s’articule autour de la période où Pedro est enfant et la période d’écriture où le vieil homme laisse aller ses émotions. Il embellit ses souvenirs.

Le voyage inspiré souligne tous les dangers d’un voyage de l’époque : le manque d’hygiène, les changements climatiques auxquels l’équipage n’était pas préparé, le risque de mutinerie, la façon de s’orienter. Il y aussi l’envers du décor avec le mauvais traitement que subira le peuple découvert par les marins à leur arrivée sur terre. Un peuple nu dont la seule richesse est une nature que l’homme n’a pas encore transformée. Mais Christophe Colomb a déjà de grandes idées pour exploiter les terres sans faire de sentiments pour ceux qui y habitent.

Un récit historique qu’on prend plaisir à lire.

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Verdun 1916 : un tirailleur en enfer, de Yves Pinguilly

Mémoire de Sénégalais…

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Tierno, un jeune Africain originaire de Guinée. Il va partir pour Dakar intégrer l’école des Blancs. Il est enthousiaste à cette idée. Il quitte sa famille, il fait ses adieux à ses amis et à ses proches. Il se rend à la gare et après une halte chez un oncle, le voilà parti… Mais arrivé à destination, il se rend compte qu’il n’intégrera jamais l’école des blancs, il va être embarqué de force à bord d’un grand bateau pour la ville du Havre en France comme tirailleur. on est en 1916, c’est la première guerre mondiale. Tierno va faire la connaissance d’Aboubakar avec qui il va vite sympathiser. Ensemble, ils vont suivre une formation de cinq mois. Eux qui n’ont jamais tenu un fusil vont être jetés en pâture dans une guerre qui ne les concerne pas, dont ils ne savent rien. Ils vont faire l’expérience de la rigueur militaire, ils sont arrachés à leurs racines et devront saluer le drapeau d’un autre pays. En février 1916, ils seront à Verdun où ils vont côtoyer la mort, la peur. C’est l’enfer. Il y a la perte des camarades mais aussi la mort des hommes qu’il faudra tuer pour survivre. Habitués à la chaleur équatoriale, ils vont connaître la dureté d’un climat de l’Est de la France trop froid pour eux.

Le lecteur vit la guerre de l’intérieur à travers des personnages qui sont dignes, qui se battent. On a vraiment l’impression d’être dans les tranchées aux cotés des soldats. C’est un autre aspect de la guerre de Verdun qui est relaté, du côté des tirailleurs sénégalais qui se battent avec acharnement face à un ennemi mieux équipé. Ces mêmes Sénégalais méprisés par les Blancs.

L’horreur de la guerre est la même que vous soyez blancs ou noirs. Tous ces soldats souffrent, jouent leur vie, se sacrifient. Yves Pinguilly rend ici un vibrant hommage à tous ces tirailleurs sénégalais morts pour la France.

L’horizon bleu, de Dorothée Piatek et Yoann Hamonic

La mort au bout du fusil…

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Elisabeth est mariée à Pierre, 20 ans, instituteur dans son village à Haubourdin, dans le Nord. Ils s’aiment et sont heureux. Pierre a promis à sa femme de l’emmener voir la mer, depuis le temps qu’elle en rêvait… Ce bonheur va être de courte durée. Nous sommes en juin 1914 ….L’Allemagne menace la France, l’angoisse monte. La population s’attend à tout moment à une déclaration de guerre. Un ordre de mobilisation générale est annoncé, les hommes de 18 à 48 ans sont réquisitionnés. Pierre doit partir, lui qui n’a jamais tenu une arme va devoir se battre.Nous sommes le 3 Août 1914. Pierre sera loin des siens, de ses élèves durant 4 années terribles. Jamais les époux n’ont cessé de s’écrire, de s’aimer. Leurs échanges de correspondance témoignent de l’atrocité des combats que supportent très mal Pierre.

L’auteur alterne le récit et les lettres des époux. Elisabeth nous raconte la période avant guerre et le départ déchirant de son mari. Puis les combats commencent …Le lecteur va basculer dans l’atrocité des batailles, partageant le ressenti, la crainte, l’effroi des soldats. Pierre est inquiet, souffre d’être séparé d’Elisabeth, il a peur de mourir et petit à petit on sent que la guerre le dépasse, il perd espoir de rentrer. La guerre le change, il écrit à sa femme qu’il n’est plus le même, il a l’impression de sombrer dans la folie et s’en excuse.

Trois ans et demi que j’ai quitté la maison. Trois ans et demi plongé dans un abîme de douleur, trois ans et demi sans la douceur de ta peau. Je ne suis plus un homme. Je crains que la folie ne se soit emparée de moi. L’espoir m’a quitté, il ne me reste plus que la résignation d’une vie gâchée. Je ne rentrerai pas, Élisabeth, cette guerre c’est pour la vie.

Si Dieu me permet un jour de regagner ma maison, sache que mon corps sera de retour, mais que Pierre, l’homme que tu as connu, demeurera au front pour toujours.

Il y a d’un côté les combats, les hommes qui ont dû laisser femmes et enfants pour s’empêtrer dans une guerre qui n’est pas la leur et de l’autre les familles abandonnées qui doivent s’organiser. Les femmes vont alors jouer un rôle important car elles vont devoir se débrouiller et s’occuper de toutes les tâches qui jusque-là incombaient aux hommes.

Ce récit marque parfaitement la progression de l’état d’âme de Pierre. Au début, il ne sait pas ce qui l’attend et pense revenir très vite. Au fil des pages, on se rend compte de sa désillusion, de sa crainte d’être tué . En parallèle, Elisabeth ne sait plus comment le soutenir et sent elle aussi que son mari lui échappe. Il est résigné. Ils s’accrochent tous les deux à leur amour sans faille à travers leurs écrits, ce qui les rend attachants, émouvants. Ils ne font pas la même guerre, lui se bat contre l’ennemi, elle, se bat pour survivre au quotidien, elle remplace même son mari pour que l’école ne meurt pas et que les enfants aient un semblant de vie « normale ».

L’entraide est importante aussi, chacun doit soutenir l’autre, autant sur le front que dans les villages.

Les illustrations sont magnifiques, sombres traduisant parfaitement l’état d’esprit des tranchées et de la difficulté des familles.

Les soldats sont envoyés à Verdun, guerre qui fut très sanglante.

Native de Lorraine, je suis tentée de faire un petit point d’histoire. Verdun se trouve dans le département de la Meuse et non loin de là se trouvent les Vosges. A l’époque relatée dans cet album, l’Alsace et une partie de la Lorraine avaient été conquises par les Allemands et se sont retrouvées derrière une frontière qu’on a appelé la ligne bleue des Vosges. Dans ce récit, l’uniforme des soldats étaient bleu gris. Le titre l’horizon bleu peut-il faire référence à ces deux faits ? Ou est-ce tout simplement tous ces soldats avec leurs uniformes bleus qui avancent dans un dédale d’horreur ?

Un très bel album, émouvant et sensible.

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Les beaux lendemains de Saint-Chanas, de Véronique Lesimple

Au revoir les fantômes…

1919…. La France encore meurtrie par des années de guerre essaie de renaître de ses cendres. Les hommes, des survivants de combats acharnés, meurtris par leurs blessures morales et physiques, errent dans une vie qui ne leur appartient plus, dans une vie pleine de fantômes et de cauchemars. Armand, jeune lieutenant, est de retour et trouve un poste de régisseur dans un château, dans la Drôme, grâce à un ami d’enfance. Un domaine qui perd pied depuis la mort du baron, délaissé par les occupants qui ont sombré dans la douleur et le chagrin. Seul, le personnel essaie tant bien que mal de s’occuper de la propriété. A son arrivée, Armand fait la connaissance de Louise, une veuve inconsolable, murée dans sa souffrance, qui ne quitte plus sa chambre et d’Hubert son frère, qui a perdu la vue dans les tranchées. Ce dernier végète dans un état dépressif depuis plus d’un an, attendant que la mort vienne le chercher. Tous deux n’ont plus la force d’affronter la réalité et se laissent aller dans leur malheur. Charles, le petit garçon de Louise émeut Armand. Du haut de ses quatre ans, ce pauvre petit bonhomme, orphelin d’un père et délaissé par sa mère est le seul qui anime les couloirs lugubres et sans âme de la bâtisse. Armand a le sentiment que son travail l’aidera à chasser ses angoisses, à surmonter son traumatisme et peut être à se reconstruire. Lui qui a vu tant d’hommes mourir, tant de compagnons tomber au front…Il pourra compter sur mamie Rose, la dévouée cuisinière, au service de la plus grande famille de la région depuis tellement d’années.La guerre l’a endurci, les combats ont brisé sa jeunesse. Il essaie d’entrevoir son avenir sans trop y croire. Mais là, à Saint-Chanas, il compte bien aider les châtelains à remonter la pente, à reprendre pied dans la vie. Malgré toute sa bonne volonté et sa détermination, réussira t-il à leur redonner le goût de vivre ?

Les beaux lendemains de Saint-Chanas est une merveilleuse histoire humaine. Sous la plume de Véronique Lesimple, les portraits d’hommes et de femmes brisés par les ravages d’une guerre se succèdent et nous font comprendre combien le quotidien de l’après-guerre a été éprouvant. La perte d’un père, d’un époux, d’un fils, la fin tragique pour de nombreux soldats, ont plongé les familles dans les entrailles d’une existence qui devait continuer malgré tout. Et que dire de tous ces mutilés, de tous ces survivants dont le retour dans les foyers ne fut pas simple. Ils reviennent mais ont du mal à retrouver leur place, à être compris par des proches qui paraissent si loin de la réalité de leur souffrance. Plus rien ne sera comme avant, le passé sera leur seul compagnon de route, un compagnon solitaire hanté à jamais par les horreurs des combats.
La reconstruction psychologique est le thème principal de ce roman. Les personnages sont attachants et émouvants, ils se dévoilent au fur à mesure que progresse l’histoire. Le lecteur se plonge vite dans cette ambiance d’après-guerre avec une population qui essaie d’avancer, avec un mode de vie qui se modernise. L’électricité fait son apparition ainsi que l’eau courante et le téléphone. On prend plaisir à partager les balades en automobile qui révolutionnent le quotidien. Un souffle nouveau comme une bouffée d’oxygène qui viendrait balayer les stigmates encore profonds des atrocités des quatre dernières années. Renaître pour faire vivre les souvenirs, renaître pour dire oui à la vie.

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