La vie selon Pippa, tome 2. Ma vie est un merveilleux désastre, de Barbara Tammes

Journal, oh mon bon journal, suis-je quelqu’un de bien….

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Nous retrouvons Pippa, cette jeune adolescente, partagée entre des semaines chez sa mère à la campagne et des week-ends à la ville chez son père et sa belle-mère. D’un côté, une vie décontractée et de l’autre, une vie plutôt stricte.

C’est toujours la guerre entre ses parents qui n’arrêtent pas de se critiquer et de se reprocher le mode d’éducation qu’ils imposent l’un et l’autre à Pipa. C’est à peine s’ils se regardent quand ils s’échangent les enfants.

La jeune fille a toujours la passion des chevaux mais cette fois-ci, elle est tombée raide dingue amoureuse d’un garçon, à qui elle ne parle pas et qui ne sait même pas qu’elle existe. La tenue de son journal intime devient donc très importante. En effet, Pippa se pose beaucoup de questions et se demande même si elle a un cœur, si elle est quelqu’un de bien. Baisse de moral, Pippa ? Elle a promis également à sa petite sœur, Popy, de réunir ses parents en toute convivialité, le jour de Noël. Oh la la, ce n’est pas gagné ! Mais Pippa s’est engagée donc impossible pour elle de renoncer.

Pippa est toujours aussi pleine d’entrain, farfelue, originale, avec un franc-parler et beaucoup d’humour. Elle continue à mettre en dessin et en schémas ses questionnements, ses choix.  Même si je suis adulte, ce roman, destiné aux ados, m’a beaucoup amusée. J’ai vraiment apprécié ma lecture et ce côté réflexion sur la vie. Les illustrations sont très drôles et très colorées.

Bleu espoir, de Cathy Cassidy

Résultat de recherche d'images pour "bleu espoir cathy cassidy"Hannah est une adolescente discrète. En revanche, sa meilleure amie, Joey, c’est tout le contraire : provocatrice dans sa façon d’être et de se vêtir… et amoureuse de Kit, le frère tyrannique d’Hannah. Les parents adoptifs de Joey, famille d’accueil,  vont bientôt accueillir Paul, adolescent perdu suite à la disparition de sa mère. Mais Paul ne sera pas bien accepté dans son nouveau collège. Moqueries, bousculades… et pire encore !

Cette nouvelle histoire de Cathy Cassidy, auteur de littérature de jeunesse très appréciée des collégien(ne !)s interpelle sur des thèmes forts : l’adoption, l’abandon, le harcèlement, le mal-être adolescent, la différence, l’intolérance. La narratrice de l’histoire est Hannah qui raconte cette histoire de son point de vue. Cathy Cassidy a réussi à aborder des thèmes difficile avec beaucoup de subtilité et le ton reste otpimiste, comme nous l’indique le titre. Le silence et les secrets ne sont jamais une solution aux problèmes.  La parole est libératrice. Et l’adulte référent un refuge, comme le personnage de Mme Quinn, bienveillante professeur d’arts plastiques dans le livre.

Ce livre est émouvant et devrait être lu autant par les ados que par les parents, et surtout par le corps enseignant !

Une chronique écrite par Nathalie, parent d’élève

 

 

Hugo aime Joséphine, de Sophie Dieuaide

Un coup de foudre inattendu

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A l’adolescence, les relations entre les garçons et les filles ne sont pas toujours faciles. On se cherche, c’est la période des premiers émois un peu maladroits. Pour Hugo 12 ans, c’est clair : les filles sont nulles, pas intéressantes et rien ne lui fera changer d’avis. Rien n’est moins sûr pourtant, car ça, c’était avant ! Avant la venue de Juliette au collège… Hugo se sent bizarre, comme transporté, chamboulé. Mais que lui arrive-t-il ? Ne serait-il pas tombé amoureux, tout simplement ?

Hugo aime Joséphine est un roman jeunesse plein d’humour et de tendresse. Les héros sont très attachants. Hugo est le narrateur et Joséphine écrit un journal intime. Le lecteur partage alors successivement les points de vue et les ressentis de l’un et l’autre. Le jeune adolescent cumule les maladresses, ce qui provoque de nombreux quiproquos faisant de cette lecture un véritable moment de plaisir. La mise en page est pleine de vie et amusante. Elle alterne des extraits du journal intime ou de lettres, des messages échangés ou griffonnés sur les pages d’un cahier. L’histoire est bien écrite et sera sans aucun doute, un véritable coup de cœur pour les 11-12 ans, qui pourront facilement s’identifier à Hugo et Juliette !

Team aventure, 2. Opération manchots, de Ismaël Khelifa

Ecolos un jour, écolos toujours…

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Nous retrouvons avec joie, nos quatre adolescents Fatou, Rémi, Vicky et Yanis partis aux Malouines. Ce petit archipel, situé au sud de l’Argentine, abrite un nombre important d’espèces de manchots et pour ces collégiens venus tout droit d’Annecy, c’est un émerveillement. Alice, leur accompagnatrice, mène un combat incessant pour protéger et sauvegarder la planète. Pour eux cinq, une nouvelle mission commence. Ils vont participer au comptage annuel des oiseaux et à la tonte des moutons. Pour se faire, ils vont partager le quotidien de Marilou, une scientifique française qui vit aux Malouines. Plus le temps passe, plus ces jeunes se sentent proches de la nature. Ils côtoient de merveilleux paysages et une nouvelle fois, ils vont participer activement à une multitude d’opérations destinées à préserver l’environnement.

La Team Aventure est toujours aussi dynamique et convaincue que les efforts d’aujourd’hui feront la Terre de demain. A travers ces adolescents, Ismaël Khelifa nous fait partager ses expériences d’aventurier. Toujours de beaux décors naturels, des récits uniques qui nous font prendre conscience qu’il faut faire attention à notre planète. Les illustrations en noir et blanc complètent agréablement le texte et il n’est pas nécessaire de connaître le tome 1 pour suivre le tome 2.

Une série pleine de vie qui plaît beaucoup au CDI ! Un conseil aux collègues documentalistes de collège :feuilletez  le catalogue des éditions Poulpe Fictions pour vos achats, vous y trouverez des petites perles pour lecteurs de tous niveaux !

Anastasia connaît la réponse, de Lois Lowry

Anastasia, l’apprentie journaliste

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Anastasia, 13 ans, souhaite devenir journaliste et chaque petit événement de la vie quotidienne est sujet à un jeu d’écriture. Elle a également quelques challenges à relever : d’abord, elle doit arriver coûte que coûte à monter à la corde en cours de gym, son ennemie de toujours, ensuite elle doit convaincre son prof d’anglais de mettre «Autant en emporte le vent» au programme et au final, elle doit s’entraîner à devenir journaliste ! Mais à toutes ces missions s’ajoute une préoccupation des plus urgentes : Anastasia constate qu’il y a beaucoup de femmes seules autour d’elle, sa voisine, sa prof d’EPS, la mère de son amie Daphné. Toutes ont un cœur à prendre ! Mais où sont les hommes ? Elle a peut-être une solution… Son oncle George, veuf depuis peu, va venir passer quelques jours chez ses parents. C’est une chance inespérée qui s’offre à elle. En plus, George ressemble comme deux gouttes d’eau à Clark Gable, le héros de ce film mythique ! Anastasia a donc beaucoup à faire, le temps presse !

Anastasia est une jeune adolescente très attachante, avec une imagination qui lui permet d’écrire avec facilité. Elle se confie beaucoup à son poisson rouge qui est un précieux confident. Elle n’aime pas trop l’image que lui renvoie son corps, elle se trouve à l’étroit au sein de sa famille, son petit frère prenant beaucoup de place. Elle est fascinée par sa prof d’EPS, une fascination sans borne puisqu’elle la trouve si magnifique, si intelligente qu’elle voudrait lui ressembler et, pourquoi pas, vivre avec elle quand elle serait adulte. L’adolescence est une période pas toujours facile à traverser, Anastasia se pose beaucoup de questions. L’auteure aborde les thèmes sur la vie, les rapports humains, l’identité avec simplicité et beaucoup de fraîcheur emmenées par une héroïne, dont le dynamisme et la réflexion plairont aux jeunes lecteurs.

Anastasia est l’héroîne d’autres tomes qui peuvent se lire indépendamment, mais que le CDI ne possède pas… encore.

Lettre aux bourreaux de ma soeur, de Gwladys Constant

« Je lui parlais de l’avenir et elle crevait de son  présent »

Résultat de recherche d'images pour "lettre aux bourreaux de ma soeur fnac"Rose a le coeur brisé pour toujours. Elle a découvert sa petite soeur, Iris, pendue au lustre de sa chambre, avec le foulard qu’elle lui avait offert pour son anniversaire. La souffrance d’Iris, tout le monde la connaissait : elle s’appelait « harcèlement »… Mais personne ne pensait que ça allait aboutir à ce drame. On pensait qu’elle serait plus forte, qu’elle surmonterait les épreuves :

Malgré les demandes répétées de ma soeur, papa ne voulait pas la changer de collège. Pour lui, elle n’était pas fautive, ce n’était pas à elle de partir, sinon, cela revenait à accepter la loi du plus fort […]

Pour la motiver, je lui parlais du lycée : « Ce sera différent, tu verras, on est plus mûr, on a sa bande et on se fiche des autres ». Je lui parlais d’un truc qui arriverait deux ans plus tard. Mais c’est quoi deux ans, quand on en a treize ? Une éternité ! Le bout du monde ! Ce n’est rien mais c’est insurmontable ! Je lui parlais de l’avenir et elle crevait de son présent !

Mais les harceleurs sont mineurs et ne seront pas inquiétés. Alors Rose décide de venger sa soeur avec les mêmes armes qu’ils ont utilisés : les mots.

Ce texte d’une cinquantaine de courtes pages prend le parti de faire parler non plus les bourreaux ou la victime, mais un proche. Comment peut-on continuer à vivre lorsque l’on est le parent, le frère ou la soeur d’une victime qui s’est suicidée après avoir été harcelée. Comment vivre avec la culpabilité de ne pas avoir su voir, de ne pas avoir su comprendre, de ne pas avoir su agir à temps. Ici, en l’occurrence, la soeur aînée. Le récit alterne ses paroles dites lors de ses séances chez un psychanalyste et des passages de la lettre qu’elle a  écrite et envoyée aux bourreaux de sa soeur (dont la typographie choisie par l’éditeur, risque, hélas, d’être difficilement lisible par une partie des adolescents qui auront ce livre en main…)

Un texte intéressant, réaliste, dur, sur un sujet difficile et qui ne mâche pas ses mots. A la fin, petite interview de l’auteur, enseignante, qui explique sa démarche quant à l’écriture de ce livre.

 

Moi, Zénobie Abernathy – de Z à A ma vie à l’envers- de Justine Jotham

Un grain de folie

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Zénobie a 11 ans et va rentrer en 6ème. Jusque-là, rien de spécial, me direz-vous. Excepté pour la jeune adolescente. Ses parents, divorcés, la surprotègent. Sa maman a du mal à la voir grandir, lui choisit encore ses vêtements … pour le peu très originaux. Zénobie a une intelligence extraordinaire et porte un prénom hors du commun. Elle a du mal à trouver sa place, ses facilités intellectuelles la desservent. Ses camarades de classe la traitent «d’intello», d’Einstein, de « je sais tout » et j’en passe. Bref, rien de très réjouissant, Zénobie souhaite être comme les autres. Mais comment se faire accepter quand on a trop de capacités ? Pour ne plus être chahutée et ne plus être considérée comme l’intello de la classe, elle décide alors de devenir une cancre.

Moi, Zénobie Abernathy est une histoire décalée, pleine de fantaisie, comme son héroïne. Etre brillant, intelligent, est-ce un obstacle à la bonne intégration ? Il faut croire que c’est le cas pour Zénobie qui souffre de cette forme de rejet. Je ne peux pas dire que ce soit une généralité mais il est vrai que parfois les élèves intelligents sont quelque peu pris à partie et laissés de côté car qualifiés de trop «intello». On a trop souvent tendance, à tord d’ailleurs, à les voir comme des personnes qui se nourrissent de culture du matin jusqu’au soir, sans loisirs ni amis et peuvent être alors mal-aimés et pris pour des ringards. Mais on peut avoir de grandes capacités intellectuelles et pour autant se taper des délires et avoir des potes ! Tout est question de personnalité ! Il ne faut pas juger trop vite une personne qu’on ne connaît pas, quelle que soit sa personnalité. Il faut dépasser ces préjugés. Et se cultiver ne doit pas être considéré comme une honte. Il est fréquent de constater qu’un élève qui fait les pires bêtises, qui est repris sans cesse, est plus populaire qu’un autre qui est plus sage. Au fond, je doute qu’on ait une meilleure image de lui car ce comportement va finir par agacer.

Un roman raconté à la première personne qui permet de réfléchir sur ce qu’est la « normalité » et l’intérêt (ou non !) d’y adhérer.