C’est moi qui décide !, de Roland Godel

Estelle, 10 ans, est la meilleur amie de Safiyé.  Mais Estelle est inquiète car, depuis trois semaines, Safiyé ne vient plus aux cours de natation… Et pourtant, en CM1, c’était une championne ! Que se passe-t-il ? Quel est son secret ?  Estelle est bien décidée à le découvrir et à aider son amie… 

Un livre émouvant qui fait découvrir au lecteur la place que peut prendre la religion dans certaines familles et les souffrances qui peuvent en découler lorsque les principes à suivre sont radicaux et non toujours souhaités. La collection des éditions Oskar « Droits de l’enfant – New-York 1989- permet ici à l’auteur de traiter un sujet délicat, en particulier à notre époque. Les points de vue s’affrontent intelligemment, mais le parti pris est évident de dénoncer l’islamisme radical, avec une figure du père peut-être un peu trop caricatural. Pourtant, en tant qu’adulte, j’ai beaucoup aimé ce livre engagé qui apporte une vision éclairante sur les conditions de certaines femmes dans le monde.  Ici, l’entrée en matière est l’interdiction de se rendre à la piscine pour ne pas se montrer un maillot de bain devant des garçons et des hommes.

Un petit texte court à lire dès le CM1 si un encadrement est possible, car il nécessite une discussion, ou tout du moins, une explication.

Nathalie, maman d’une ex-dévoreuse de livres d’Arsène

 

Le silence du serpent blanc, d’Arnaud Tiercelin

Le silence du serpent blancThibault vit dans un pays où, depuis trois ans, le roi a imposé une règle très stricte : celle de limiter le bruit au maximum. Qu’est-ce que cela implique au quotidien ? Un monde terne, où les relations sociales et familiales sont complexes : plus de musique, plus de chants, plus de discussions (chaque jour, le nombre de mots est limité pour chaque personne), il faut chuchoter, tousser discrètement,  faire attention aux bruits de ses semelles lorsque l’on marche. D’autres restrictions existent aussi dans ce pays dirigé par un roi  qui impose des lois dictatoriales comme par exemple le couvre-feu ou une télé contrôlée par le pouvoir.

C’est aussi depuis ce moment-là  que le père de Thibault est parti de la maison sans prévenir. Les enfants n’ont aucune nouvelles de lui et leur mère refuse d’en parler…

Mais lorsque Pamina, une nouvelle élève, arrive dans la classe, la vision de Thibault sur la société dans laquelle il vit va évoluer, il va prendre conscience de certaines choses et chercher des réponses à ses questions… Ce qu’il va découvrir va le transporter dans un monde inconnu qui lui ouvrira les portes de la réflexion… jusqu’à la chute finale, inattendue…

Un roman étrange et décalé, facile à lire grâce à une écriture simple et directe pour des lecteurs dès le CM2. Un univers onirique pour un livre dont le genre frôle la science-fiction mais aussi le merveilleux et le récit social. Des réflexions profondes sont abordées sur la dictature, sur l’importance de la parole, sur la désobéissance civile pour combattre les injustice. Mon fils de 7 ans, attiré par la 1ère de couverture très réussie qui rappelle l’univers de Tim Burton, me demandait tous les jours de lui raconter l’avancée de cette histoire que je n’ai donc pas eu le droit de poser avant de l’avoir terminée ! 

Onirique et profond… et qui donne envie de faire du bruit et d’apporter à la vie quelques notes d’excentricité et de musique !

Je voulais juste être libre, de Claire Gratias

Manon L. a 16 ans. D’une grande beauté, c’est une adolescente effacée, studieuse, qui vit sous la coupe d’une mère autoritaire. Rien de ce qui fait le quotidien d’une adolescente « normale » ne lui est permis : s’amuser, se maquiller, choisir ses habits, aller au cinéma, sortir avec un garçon  ou feuilleter un magazine de mode ! Sa mère semble avoir peur de sa beauté et cherche par tous les moyens à l’effacer en annihilant sa personnalité. Elle a peur d’une chose, viscéralement : que sa fille devienne une fille de « mauvaise vie ». Pourquoi ? Quelle est son histoire ? Les pièces du puzzle se mettent en place au fur et à mesure du récit et des témoignages des personnages qui prennent tour à tour la parole pour donner leur point de vue sur « l’affaire ». Car un jour, Manon L., cette fille sage et sans histoire, s’enfuit…

 

Ce roman noir très original et totalement prenant est une réécriture de Manon Lescaut de l’Abbé Prévost, oeuvre littéraire classique du 18ème siècle. Ecrit en 5 « actes », ce roman à plusieurs voix se lit comme une enquête policière où les témoignages mis bout à bout permettent au lecteur de comprendre peu à peu l’histoire et la personnalité de Manon L. Chaque acte s’ouvre sur une citation de l’oeuvre de l’Abbé Prévost qui permet au lecteur averti de faire le lien avec le texte classique.

Une immersion dans l’univers émotionnel d’adolescents actuels transposé en une romance-tragédie qui n’a rien à voir avec les romans d’amour pour ados dont on a l’habitude. Des thèmes forts sont abordés comme les relations toxiques parents-enfants, la notion de choix, de liberté, d’indépendance.

A découvrir !

Harriet Tubman- la femme qui libéra 300 esclaves- de Anouk Bloch-Henry

Le chemin de la liberté

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Harriet Tubman, fille et petite-fille d’esclaves, est née vers 1825 dans le Maryland. Dès son plus jeune âge, elle est victime de mauvais traitements. Louée pour un morceau de terre, elle va s’occuper d’un bébé chez une femme qui la bat, la fouette. Pendant de longues années, elle est maltraitée par différents maîtres, subissant les pires sévices. De santé fragile, elle va s’accrocher à la foi qui va l’aider à avancer. A l’âge adulte, bien décidée à se révolter, elle s’évade. Sa tête va même être mise à prix. Malgré tout, elle va entreprendre de libérer sa famille et des centaines d’autres esclaves. Durant la guerre de sécession, elle sera même la première femme à intégrer une expédition armée pour sauver de nombreux captifs. Courageuse et brave, elle n’aura de cesse d’organiser plusieurs opérations pour libérer ces hommes, ces femmes et ces enfants emprisonnés par des esclavagistes sans pitié.

Harriet est une esclave noire qui est consciente de la possibilité de vivre libre. Alors elle va se lancer dans une lutte acharnée pour favoriser la fuite de centaines d’esclaves. Ce fut une grande militante, une battante, une femme courageuse qui a été au bout de ses convictions pour défendre une cause qu’elle estimait juste. Rappelons que l’abolition de l’esclavage a été officiellement proclamée en France et dans les Colonies le 27 avril 1848 et en 1865 aux Etats-Unis.

Le rêve du papillon noir, de Anne Thiollier

Résultat de recherche d'images pour "le rêve du papillon noir fnac"Lumière du Matin est une jeune Chinoise de la Chine rurale des années 30. Un temps où la femme n’a pas de droits : ni celui de choisir son époux, ni celui de se promener seule, ni même celui de montrer l’intérieur de sa bouche, ce qui l’empêche bien entendu de rire aux éclats… Entourée de sa famille, Lumière du Matin va bientôt voir partir Lumière de Jade, sa première Petite soeur,  mariée par le biais d’une entremetteuse à un mari qu’elle n’a jamais vu… Lumière du Matin prend alors une décision grave : malgré le danger pour une fille seule, elle décide de fuir, en se faisant passer pour un garçon. Son chemin est semé d’embûches, jusqu’au jour où sa route va croiser celle du Vieux peintre, le maître Liang qui va la prendre sous sa protection et lui enseigner la peinture.

Un récit de vie qui traite avec beaucoup de pudeur et de sensibilité de la condition de la femme dans la Chine des années 30. Un roman sous forme de voyage initiatique dont la principale particularité n’est pas l’action et les rebondissements mais plutôt un voyage intérieur à la recherche de sa propre vérité. Le personnage de Lumière du Matin est un personnage fort, déterminé, qui va au bout de ce qu’elle croit juste mais est prêteégalement  à renoncer à son bonheur personnel pour soutenir sa famille. Le thème de la transmission du savoir est très présent, tant dans l’enseignement du vieux peintre à la jeune fille que la jeune fille, ensuite, aux enfants.

Et c’est au cours de l’histoire que vous comprendrez le titre bien poétique du livre !

Instructif mais peut-être d’un abord difficile pour les jeunes lecteurs auquel ce roman s’adresse.

 

 

Le destin d’Orïsha, 1. De sang et de rage, de Tomi Adeyemi

Orïsha, une contrée où jadis les maji, de puissants magiciens, et leurs enfants, les devîns, vivaient en paix avec les kosidàn. À cette époque, la magie et les dieux étaient une réalité. Jusqu’à la funeste nuit du Raid, où tous les maji furent massacrés, exterminés par les kosidàn… Ces derniers étaient convaincus que les maji fomentaient une révolte pour prendre le pouvoir.

C’est ici que débute le récit. La magie a disparu, les dieux se sont éteints. Zélie (sur)vit avec sa famille et son peuple, sous le joug des gardes du roi et sous le poids toujours plus lourd de l’impôt qui les écrase. Secrètement, elle apprend le combat avec d’autres devîns comme elle, auprès de Mama Agba.

Jusqu’au jour où… un vieux parchemin réapparaît et avec lui, l’espoir que la magie peut revenir ! Commence alors une quête périlleuse. Dans ce dédale d’aventures aussi effrayantes que palpitantes, Zélie peut compter sur son frère Tzain et sur la princesse rebelle Amari. Sur leur route, ils auront à affronter l’armée du roi conduite par le prince Inan, résolu à tout faire pour les arrêter.

Zélie saura-t-elle relever le défi que les dieux lui ont confié ? Parviendra-t-elle à ramener la magie et la liberté à son peuple ?

C’est un roman qui parle de révolte, celle d’un peuple qu’une culture dominante a voulu écraser et déraciner de ses coyances ancestrales. Une histoire bouleversante qui touche aux archétypes de l’humanité même, quand l’homme, la magie et les dieux ne faisaient qu’un. Quand l’homme, la nature et le spirituel ne faisaient qu’un.

Un pays imaginaire, Orïsha. Selon le principe du fantasy, le lecteur découvre au fur et à mesure un univers qui lui est étranger. On croise des léopardaires, des guépardaires, on vit dans des ahérés… On serait tenté de chercher un lexique en fin d’ouvrage, pour comprendre cette langue nouvelle… Mais nul besoin de traduction, on reconnaît dans Orïsha et ses maji une Afrique et son peuple meurtri par l’esclavage, asservi par le pouvoir et la haine de l’homme blanc.

Selon les propos mêmes de l’auteur Tomi Adeyemi, « tout ce que ce roman recèle de chagrin, de peur, de tristesse et de perte est réel »  Partout dans le monde, on déplore encore tant de victimes de ce fléau qu’est le racisme ! L’auteur, engagée dans la lutte pour le droit des Noirs, nous confie dans une note à la fin du récit : « Puisse ce roman être la preuve qu’il y a toujours quelque chose à faire pour riposter. »  Et en effet, ce roman fait réfléchir, jusqu’aux tréfonds de l’âme.

Nathalie – Assistante pédagogique

 

Les enfants de Timpelbach, de Henry Winterfeld

Les enfants de TimpelbachLe petit village imaginaire surnommé Timpelbach, semble calme et paisible, mais depuis quelques temps il ne l’est plus vraiment : les enfants enchaînent bêtises et mauvais coups, que cela soit contre leurs camarades ou leurs parents. Désespérés, les parents se réunissent et décident alors d’abandonner les enfants pendant une journée entière, en leur faisant croire qu’il partent à tout jamais… histoire de leur donner une bonne leçon. Mais tout cela ne va pas se passer comme prévu. Les enfants se retrouvent donc seuls, paniqués et apeurés. Ils vont devoir s’organiser. Deux clans se forment, l’un mené par Oscar, dans la violence, l’autre par Thomas.

Niveau de lecture : assez facile

Un passage sur un personnage qui m’a plu : « Enfin, je m’assignais à deux grands garçons, Walter et Fredéric, une mission beaucoup plus périlleuse : ils espionneraient les pirates et chercheraient à percer leur intention. Je leur recommandais la plus grande prudence car il était certain que, s’ils tombaient aux mains de nos adversaires, ils passeraient un mauvais quart-d’heure. »

J’ai bien aimé ce roman car il y a du suspense. .J’ai moins aimé lorsque les enfants se retrouvent seuls sans leurs parents !

Axelle, 5ème