Dorothy Counts -affronter la haine raciale- de Elise Fontenaille

Le courage contre l’injustice…

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1957 dans l’état de Caroline du sud, aux Etats-Unis. Dorothy Counts, une adolescente noire âgée de 15 ans, va faire sa rentrée dans un collège de Blancs. C’est l’une des premières étudiantes noires admise dans une université ségrégationniste. Dès le premier jour, le collège devient pour elle un lieu de souffrance, de maltraitance physique et morale. Une haine indescriptible va se déchaîner sur Dorothy et sa famille. Comment une Noire peut-elle fréquenter la même école qu’un Blanc, partager les mêmes repas, assister aux mêmes cours. Impensable, inimaginable, on ne se mélange pas et gare à ceux qui voudraient l’aider… Et pourtant, malgré sa souffrance, Dorothy ne va pas flancher. Il lui faut trouver la force de tenir, de résister. Mais à quel prix et pendant combien de temps ?

Elise Fontenaille nous livre le portrait poignant d’une adolescente courageuse et obstinée, qui gardera toujours la tête haute, impassible malgré les brimades, les menaces et les mauvais traitements. Sa persévérance portera ses fruits et lui permettra de tenir tête à tous ceux qui voulaient perpétuer la ségrégation.

Dorothy Counts rejoint les Harriet Tubman, les Rosa Parks qui se sont toutes battues pour que les Noirs aient leur place dans une société blanche qui le leur refusait. L’image de couverture du roman est la photographie qui a fait la uUe des journaux du monde entier : l’entrée de Dorothy au collège. Un témoignage fort, le courage contre la haine.

Mémé, de Philippe Torreton

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

L‘auteur, Philippe Torreton, adorait sa «mémé», le personnage central de son enfance aujourd’hui décédée. Quarante ans après, l’auteur, dans cet ouvrage, rend hommage à sa mémé qui habitait en face de chez lui et chez qui il se rendait très régulièrement. C’était une femme des campagnes qui vivait simplement et modestement dans sa maison de Normandie. L’auteur y décrit avec une tendresse amusée son quotidien banal : le travail laborieux, vécu sans plainte, l’esprit de famille qui rassemble autour d’une tablée, les drames familiaux mais aussi un intérieur humide et vieillot rempli d’autant de bibelots et d’anciens meubles que pouvaient contenir cette petite maison étouffante accumulant les souvenirs.

Pour Philippe Torreton, il doit ce qu’il est devenu à sa grand-mère dont il parle avec nostalgie durant ces presque 150 pages. Pour lui sa grand mère était un exemple.

Notre avis :

C’est un livre autobiographique assez triste et émouvant qui nous parle des choses simples de la vie. Il décrit des habitudes mais aussi beaucoup de sentiments. Ce n’est pas un livre d’action et l’écoute du texte lu par l’auteur lui-même est lente et nous plonge dans cette ambiance réaliste et touchante même si certains élèves adeptes d’action n’ont pas accroché. Un récit de vie très poétique qui nous plonge dans des souvenirs d’enfance et dans la tristesse du deuil.

 -Silencieuse de mots mais bavarde en preuves d’amours.

-Je veillais sur ma grand-mère, pendant qu’elle veillait sur moi, ce fut mon premier emploi, gardien de nuit de mémé.

– Je ne voulais pas qu’elle meure avant mes vingt ans, car à vingt ans on est grand, on est un homme et un homme c’est dur à la peine, mémé il faut tenir ! A vingt ans, j’ai repoussé la « date de la mort acceptable » à trente. Quand elle a arrêté de respirer pour de bon, j’en avais quarante et je n’étais toujours pas devenu un homme.

Les élèves de 3ème du collège Arsène Fié

L’histoire d’Helen Keller , de Lorena A . Hickok

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

L’Histoire d’Helen Keller, de Lorena A. Hickok

Résultat de recherche d'images pour "l'histoire d'helen keller"Voici l’histoire d’Helen Keller, une jeune fille sourde, muette et aveugle à cause d’une congestion cérébrale qui l’a frappée à 2 ans.

La jeune fille est donc murée dans le silence et l’obscurité.

Ses parents eux, ont fait beaucoup de visites à de grands médecins qui, face à Helen, sont impuisants. Le Docteur Bell, un scientifique spécialisé dans l’audition des enfants sourds, leur avait conseillé Michael Agnagnos, directeur de l’école  » Pekins  » qui avait réussi à communiquer avec une femme nommée Laura Brigman, elle aussi sourde, muette et aveugle. Celui-ci leur envoie à leur domicile Ann Sullivan, qui deviendra la maîtresse d’Helen.

Ann réussira-t-elle à sortir Helen du silence et de l’obscurité ?

Et que fera celle-ci de sa vie future ?

Une histoire vraie et très touchante qui est une biographie d’Helen Keller, personnage qui a réellement existé, né à la fin du 19e siècle. Helen Keller a également écrit son autobiographie en 1954 et qui est  « Sourde, muette et aveugle : histoire de ma vie  » disponible au CDI.  J’aimerais bien la lire car cela serait très intérressant e de connaître en plus son avis personnel, ses propres sentiments et ressentis.

Le Dr Bell est un remarquable savant. C’est en essayant de mettre au point un appareil pour redonner une certaine acuité auditive aux enfants sourds, qu’il a inventé le téléphone.

Chloé, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Lettres de jeunes résistants, de Guy Krivopissko

La victoire ensanglantée

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Qui étaient-ils ? Que vivaient-ils ? Que ressentaient-ils ? Guy Krivopissko, conservateur du Musée de la Résistance nationale de Champigny-sur-Marne et professeur d’histoire nous livre les conditions morales dans lesquelles ont été écrites les lettres. En amont de ces écrits, il nous donne des renseignements sur l’âge, la nationalité, les convictions politiques et les conditions de la disparition de chaque victime.

C’est un livre fort en émotion. Un recueil de 11 lettres et 4 poèmes de jeunes résistants qui s’adressent pour la dernière fois à leurs proches, qui leur annoncent leur mort imminente. Trop jeunes pour mourir mais qui n’avaient de cesse de défendre dignement leur patrie. Heureux du devoir accompli que la mort n’effraie pas et qui trouvent les mots pour réconforter leur famille. Des jeunes courageux fusillés, déportés, emprisonnés, pour le combat qu’ils ont mené.

Extrait de la lettre de Henri Fertet condamné à mort, une lettre poignante :

Chers parents,

Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vus si pleins de courage que, je n’en doute pas, vous voudrez bien encore le garder, ne serait-ce que par amour pour moi.

Vous ne pouvez savoir ce que moralement j’ai souffert dans ma cellule, [ce] que j’ai souffert de ne plus vous voir, de ne plus sentir sur moi votre tendre sollicitude que de loin…..

…. Papa, je t’en supplie, prie, songe que si je meurs, c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable pour moi ? Je meurs volontairement pour ma Patrie. Nous nous retrouverons bientôt tous les quatre, bientôt au ciel. Qu’est-ce que cent ans ?

Maman rappelle-toi :

“Et ces vengeurs auront de nouveaux défenseurs Qui, après leur mort, auront des successeurs.”

Adieu, la mort m’appelle, je ne veux ni bandeau, ni être attaché. Je vous embrasse tous. C’est dur quand même de mourir.

Mille baisers. Vive la France.

Je hâte le pas. Mon écriture est peut-être tremblée ; mais c’est parce que j’ai un petit crayon. Je n’ai pas peur de la mort ; j’ai la conscience tellement tranquille.

Les lettres sont comme une sorte de testament et certains s’excusent même auprès de leur proche de la peine que leur mort pourra leur causer. C’est édifiant et ça fait froid dans le dos, ces jeunes donnent l’impression d’avoir un sang froid hors norme devant ce néant qui arrive. Pour chacun la mort a un sens. En fait, ils appréhendent plus la détresse dans laquelle leur famille sera plongée que leur propre disparition . Ils consolent et réconfortent ceux qui restent. Tous ces jeunes ont combattu pour une liberté commune, liberté que nous savourons de nos jours.Tous ont foi dans un monde meilleur, tous gardent confiance en l’avenir. En lisant toutes cse lettres, j’ai eu l’impression qu’ils ressentaient comme une délivrance. Comment peuvent-ils être aussi sereins…

Je ne sais pas quelle attitude j’aurai adoptée dans de telles circonstances mais j’imagine que la panique m’aurait gagnée, une terreur horrible et indescriptible.

Tous ces jeunes à peine sortis de l’adolescence avec un esprit d’homme et de femme unis dans la résistance jusqu’à la mort.

Un livre bouleversant. Tous ces courriers et poèmes donnent le vertige. Il ne faut jamais oublier tous ces êtres humains d’hier qui ont payé de leur vie pour notre liberté d’aujourd’hui.

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Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage, 2012.

Sur les traces de l’histoire.

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     Emmanuel Lepage, dessinateur français, part sur les traces de Tchernobyl et nous emmène avec lui grâce à son reportage qui prend la forme d’une bande dessinée, d’un carnet de voyage.

     Cette catastrophe nucléaire, incident majeur du XXe siècle, est un événement peu connu de nos élèves : en 1986, en Ukraine (pays faisant alors partie de l’URSS), une explosion se produit dans l’un des réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Les matières radioactives dispersées par cette explosion contaminent une zone immense et propagent un nuage nucléaire qui se déplace jusqu’aux pays voisins. 600 000 « liquidateurs » (les hommes qui viennent éteindre l’incendie du réacteur et construire un sarcophage autour de ce dernier) sont sacrifiés. Les habitants de la zone contaminée – 300 000 personnes – sont obligés d’évacuer, la terre est contaminée – à tout jamais sans doute. L’Europe entière est probablement touchée. Mais qu’en savent les populations ?

     L’auteur oppose deux perceptions de l’événement : le traitement qui en a été fait à l’époque dans les médias européens mais aussi soviétiques, et sa vision personnelle des choses lorsqu’il se rend sur le site vingt-deux ans plus tard. Va-t-il trouver ce à quoi il s’attendait ?

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     De magnifiques dessins. Des images sinistres qui deviennent plus sereines au fil des pages, reflets de ce que l’auteur s’attendait à voir et de ce qu’il découvre vraiment sur place.

       Ces images font bien comprendre la cruauté et la dualité des paysages, évoquées dans le texte : une terre splendide qui cache une histoire horrible. Les chiffres donnés et les récits des habitants sont là pour le rappeler.

     Cette œuvre pousse également à la réflexion : que peut-on faire dire aux images ? Où s’arrête l’objectivité du reporter ? Quelles différences entre dessins et photos – qui peuvent pourtant elles-aussi être mises en scène ?

     Enfin, cette bande dessinée permet la découverte, le voyage, l’ouverture sur des faits mais aussi sur un pays et ses habitants.

Un ouvrage à lire / à voir absolument !

     Ce reportage en bande dessinée permet aux élèves une nouvelle approche du texte documentaire. L’œuvre est particulièrement adaptée au programme de 4e (Informer, s’informer, déformer). Nous en avons lu plusieurs passages en parallèle à la lecture d’extraits de La Supplication de Svetlana Aleksievitch. Elle peut également être enrichissante en 3e pour le traitement des grands événements du XXe siècle. La lecture peut sembler difficile pour le niveau collège mais elle est intéressante à travailler par planches sélectionnées. En lecture intégrale, à réserver aux habitués du genre et aux bons lecteurs.

 

Religion et protection

L’enfant de Noé, de Eric-Emmanuel Schmitt.

Pendant la seconde Guerre Mondiale, Joseph, un petit garçon juif, est séparé très vite de ses parents à cause des rafles en Belgique. Il est confié à des inconnus et est très vite l'enfant de noéest obligé de mentir pour qu’on ne découvre pas son identité, son histoire, ni même ses sentiments. Après avoir été confié à la comtesse de Sully, il sera caché par le père Pons dans son pensionnant catholique. Le père Pons est un homme simple qui cache de nombreux enfants juifs afin de faire survivre cette culture et que ses enfants ne perdent ni leur histoire, ni leur identité.

Au pensionnat, Joseph devient ami avec Rudy, un garçon aventureux et énergique. Ils échappent plusieurs fois in extremis aux Allemands.

Pendant son aventure au pensionnat, Joseph trouve le père Pons mystérieux et va donc essayer d’élucider le mystère.

A la fin de la guerre, chaque enfant attend impatiemment de retrouver ses parents ou d’être adopté par un couple. Joseph et Rudy retrouveront-ils leurs parents ?

Dans tous les cas, Joseph n’oubliera jamais le père Pons et tout ce qu’il a fait pour lui !

L’auteur nous dévoile une belle histoire et rappelle que de nombreuses personnes pleines de bravoure ont mis leur vie en danger pour sauver de nombreux innocents. L’histoire est raconté comme un témoignage de ce jeune héros, émouvant mais aussi plein d’humour. Le père Pons a le rôle de complice, de modèle pour tous ces jeunes qu’il a sauvé.

C’est une partie très sombre de notre histoire qui est racontée de manière simple et abordable pour les élèves. Le récit est très riche.

De l’ombre à la lumière

Sourde, muette, aveugle, histoire de ma vie, de  Helen Keller

Afficher l'image d'origineA deux ans , Helen Keller a contracté une maladie qui l’a rendue sourde, aveugle et quasi muette. A jamais les ténèbres feront partie de sa vie. Aucun espoir de guérison.
S’en suit une période où Helen se montre sauvage, pas toujours docile.
Son infirmité l’isole, elle n’est pas capable de montrer de l’affection car elle ne sait pas comment exprimer un sentiment. En général, on associe un mot à un ressenti mais c’est impossible pour une personne sourde, muette, aveugle.
Ce manque de communication devient de plus en plus insupportable pour Helen. Ses parents impuissants, décident alors de consulter un médecin. Celui-ci leur conseille de contacter le directeur d’un institut. La vie d’Helen va soudain basculer de l’ombre à la lumière. La lumière du savoir, des sciences, de l’amitié… de la vie.
Une institutrice, Miss Sullivan, est enfin désignée pour accompagner Helen dans son apprentissage du langage des muets, puis du braille. Une institutrice qui va être son guide, qui va l’aimer et qui va lui être dévouée. Les débuts sont difficiles car Helen n’a pas l’habitude de céder. Mais Anne Sullivan sait l’apprivoiser et au fil du temps , Helen va changer, va avoir cette rage de vaincre, cette soif de savoir. Elle va aimer. Elle est curieuse, elle sait qu’elle peut aller très loin.Elle est impressionnante de vie. Elle absorbe tout avec une facilité déconcertante, elle arrive à nous faire oublier qu’elle est sourde, aveugle. Elle va même décrocher un diplôme universitaire. Incroyable ! Helen va s’ouvrir au monde et devenir une belle personne. Elle va arriver à un degré de culture supérieure à la normale.
Cette autobiographie, composée de deux parties, m’a donné le vertige, m’a impressionnée. Quelle belle leçon de vie ! Personnellement, atteinte de la même infirmité qu’Helen , je m’effondre en pensant que ma vie est finie. Quelle drame de ne plus voir, de ne plus entendre ! Au contraire, Helen nous montre comme la vie est belle, nous sensibilise à ce qui nous entoure. Elle nous prend la main et nous emmène dans son monde de silence si riche en émotions.
Helen a écrit son histoire à vingt ans et là encore , on arrive à oublier que c’est une personne sourde et aveugle qui en est l’auteur. Cette autobiographie m’a bluffée. Helen est pétillante , pleine de vie, si mature, elle se projette tout le temps.
Elle ne s’interdit rien. Petite déjà, elle courait partout, bougeait beaucoup.
Et que dire de cette institutrice …elle ne l’a jamais lâchée. Elle est merveilleuse , elle est ses yeux, elle l’a suit partout, l’aide dans ses études. C’est elle qui va lui permettre de s’épanouir, de ressentir des émotions. Anne Sullivan va lui apprendre à lire, à écrire, à parler. Elle va lui apprendre à vivre.

Dans la première partie, Helen nous raconte sa progression, son évolution au travers de l’éducation et de l’instruction. La seconde partie est un recueil de lettres écrites par Helen après seulement trois mois et demi d’apprentissage. C’est ahurissant, presque irréel.

La vie nous emporte dans un quotidien toujours plus rapide où s’attarder nous fait perdre du temps. On perd cette sensibilité aux choses qui nous entoure, on ne fait plus attention. Helen va développer une sorte de sixième sens capable de la faire voir et entendre ce qui ne lui est plus accessible. Elle a toujours été attachée à la nature et d’ailleurs elle dira qu’elle a beaucoup d’amis parmi les arbres.
Elle va rencontrer beaucoup de personnes célèbres, elle va avoir beaucoup d’amis, des vrais.. Il y a une phrase qui termine la première partie et que j’affectionne . Helen parle ainsi de ses amis.
Je cite :…. « de mille façons différentes ils ont transformé mes imperfections physiques en merveilleux privilèges, et m’ont mise en état de marche sereine et heureuse dans la nuit qui m’enveloppe ».
Des amis qui ont cru en elle et qui ont su la guider et voir en elle une personne « normale ».
La différence commence dans le regard des autres. Pour Helen, sa vie a commencé dans le regard de ses amis.

Helen a eu une vie riche et bien remplie. C’était une femme exceptionnelle par son courage et sa détermination. A lire sans hésiter.

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