L’été de tous les secrets, de Katherine Paterson

A toi mon père…

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Park, jeune adolescent de 11 ans, a perdu son père, décédé au Vietnam en 1973, alors qu’il n’avait que quelques mois. Il vit modestement avec sa mère, Randy. Ses questions incessantes sur son papa ont le don d’irriter sa mère qui esquive à chaque fois. Aujourd’hui, c’est la commémoration des anciens combattants, il veut y aller mais sa mère s’y oppose une nouvelle fois. Park lui reproche de le considérer comme un enfant et de ne pas lui dire  qui était son père, ce qu’il faisait. Il veut tout simplement connaître l’homme dont il porte le nom. Il ne possède qu’une photo en noir et blanc, insérée dans un recueil de poèmes mais n’arrive pas à trouver de ressemblances. Il met la main également sur un livre dédicacé en 1960 par son grand-père qui le chamboule. En cachette de sa maman, il se met à dévorer les livres ayant appartenu à son père. Il est intrigué et chagriné par l’attitude de sa mère, une femme douce, discrète mais qu’une froideur rend distante, mystérieuse. Pourquoi est-elle si ténébreuse alors que son mari est mort depuis plus de 10 ans. Aucune sortie, aucun rendez-vous. Park veut à tout prix aller jusqu’au mémorial du Vietnam en ville, lire le nom de tous les combattants qui ont payé de leur vie et en particulier celui de son père. Aujourd’hui, il a décidé de ne plus obéir. Arrivé sur place, l’angoisse de ne pas le trouver parmi ce nombre impressionnant de noms le submerge. Par chance, un guide l’accueille et lui indique où se diriger. Il est près du but. Il s’avance, enfin effleure des doigts les lettres composant le nom de son père. Il est heureux d’être là mais ses yeux se remplissent de larmes, l’émotion est trop violente. Il a besoin de lui, mort ou vivant. A son retour, il raconte tout ce qu’il vient de vivre à Randy. Résignée, elle accepte de l’écouter et lui promet qu’un jour prochain, elle lui parlerait. Park veut aussi connaître les membres de sa famille qui habite en Virginie. Randy capitule et lui dit qu’elle leur écrira pour qu’il puisse aller les voir mais sans garantie de réponse. Un petit pas est franchi mais où tout cela va mener Park ? Contre toute attente, le jeune garçon reçoit une lettre encourageante, pleine de joie, l’invitant à rencontrer la famille de son père. Quelques jours plus tard, un chauffeur vient le chercher pour le déposer devant une immense maison de trois étages, presque un château comme il en existe beaucoup en Virginie. Son séjour doit durer 15 jours, pendant lesquels Park souhaite avant tout rencontrer son grand-père. Mais un silence pesant menace cette rencontre. Personne ne  parle de lui et évite le sujet. Pourtant une nuit, alors qu’il entend des gémissements et des râles provenant d’une chambre, Park décide de s’y introduire. Il découvre alors un vieillard, debout, qui, surpris par cette intrusion, hurle de douleurs et de désespoir. Il rapporte à son oncle Franck, ce qu’il a vu et comprend alors que sa présence a bouleversé son aïeul. Pourquoi tant de mystères et de non-dits autour de son père ? Quels secrets de famille rendent les choses si difficiles pour Park ? Et pourquoi ce grand-père auprès duquel il aimerait se blottir, reste enfermé ?

L’été de tous les secrets est une belle histoire très humaine sur la quête de l’identité. Comment peut-on avancer quand il manque une pièce au puzzle de sa vie, quand sa propre mère ne veut rien dire ? Park est déterminé et ne lâchera pas prise malgré tous les obstacles qui vont se dresser devant lui. Cette persévérance fait de ce jeune garçon un personnage attachant qui va bouleverser et émouvoir toute une famille. Il aidera par la même occasion sa maman à se libérer d’un passé trop pesant.

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Seuls à la maison, de Geneviève Senger

Quand le chat n’est pas là, les souris dansent !

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Morgane, 9 ans, et Thibault, 10 ans, vont devoir se passer de leur père parti en Chine pour son travail et de leur maman qui doit se rendre à Paris chez un dermatologue pour leur sœur Justine. Ils habitent dans une grande maison sur une colline, à 500 mètres du bourg. Mais pas de panique Lydie, leur marraine de cœur va les garder. Néanmoins, un petit souci : elle est en retard et maman ne peut pas attendre. Voilà donc les enfants seuls pour un court moment. La situation se complique quand l’hôpital les appelle suite à l’accident de voiture de Lydie qui doit se faire opérer le lendemain. Quelle poisse ! Mais Morgane et Thibault, bien que désolés pour leur nounou, sont excités à l’idée de rester seuls, personne pour les commander, pour leur dire quoi faire. Pas de contraintes que du plaisir ! Pas question de prévenir les parents, enfin libres ! Ils sont persuadés qu’ils vont arriver à se débrouillés sans aide. Dès le lendemain, c’est la révolution, du désordre prend déjà place, leur essai en cuisine est une catastrophe avec un rôti brûlé, un four carbonisé. La maison leur semble si triste que les enfants décident de déterrer un sapin et de mettre toutes les décorations de Noël partout dans la maison. Quel capharnaüm ! Mais quand la nuit tombe, les enfants regrettent un peu d’être seuls, ne sont pas rassurés et entendent de drôles de bruits. Un appel d’un camarade de classe, Frédéric, va intriguer le frère et la sœur. Des bruits courent qu’un monstre rôde autour du village… Les enfants mettent un plan à exécution au cas où l’affreuse bête pointerait le bout de son nez. Le téléphone sonne une nouvelle fois. De nouveau Frédéric qui leur apprend que le garde chasse a vu un homme se cacher dans la montagne, installer des pièges un peu partout. Il faut se méfier et bien s’enfermer, on ne sait jamais. Décidément, il ne fait pas bon de rester seuls en ce moment. Comment Morgane et Thibault vont-ils faire pour faire face à tout cela ? Vont-ils regretter d’avoir accepté d’être seuls à la maison ?

Une histoire agréable, facile à lire. Les jeunes personnages sont sympathiques. Ils se prennent pour des grands mais la solitude les gagne et, réflexion faite, même si les parents paraissent embêtants, leur présence reste réconfortante. Vivement que maman rentre !

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Classe de lune, de François Sautereau

A nous Cassandre et Pénélope !

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La classe de CM2 et leur institutrice madame Clapon préparent un voyage peu banal. Alors que d’autres partent simplement en classe verte, en classe de mer, ou en montagne, et bien là, les enfants vont se préparer pour une escapade lunaire de deux semaines ! Ils ont gagné le concours Kapok du meilleur magazine vidéo et ont choisi cette récompense. Mais leur sélection ne fait pas l’unanimité surtout pour les parents abasourdis et contrariés par une telle décision. Les journalistes se sont déplacés pour couvrir le scoop. Ce n’est pas tout, la classe doit maintenant s’atteler à organiser son départ. Les enfants vont suivre une petite formation pour savoir tout sur l’apesanteur, l’organisation de la vie sur la lune… Passés l’excitation et l’enthousiasme de cet événement historique, une panique commence à envahir les enfants. Et si ce voyage était sans retour ? Christophe, notre petit héros narrateur, pense même qu’il pourrait mourir pendant ce long voyage cosmique ! Mais il songe à Sonia, une fille de sa classe dont il est éperdument amoureux et se dit que ce voyage pourrait les rapprocher. Tout se précipite dans la tête de nos petits aventuriers. Le départ est imminent et ils savent déjà que leur fusée nommée Cassandre vibrera de tous ses feux vers le sol lunaire, vers la base Pénélope. Là-bas, ils seront accueillis par des scientifiques et des ingénieurs, sur place déjà depuis un moment. La lune va leur réserver son lot de surprises notamment à l’intérieur de la base. En effet, après des au revoir interminables, la classe de CM2 a pris son envol. Trop impressionnant ! Arrivés sur la lune, les enfants s’installent mais sont vite intrigués par une musique qui envahit la base. Intrigante, captivante,  elle bouleverse Christophe. C’est lui qui tient un cahier de bord pour relater tout ce qui s’est passé lors de leur escapade et ce qu’il entend le fascine. Il a l’impression que la musique s’adresse à lui, il y décode un message d’appel à l’aide. Il fait part à ses camarades de ses doutes. Sceptiques, ceux-ci l’écoutent néanmoins. Le jeune garçon leur dit qu’il doit trouver une porte rouge dans la navette puis sortir. Mais ses amis le comparent à Jeanne d’Arc, ce qui le vexe. Comme ils sont tous solidaires, ils décident de suivre leur ami. Qu’est-ce qui se cache derrière cette porte ? Pourquoi Christophe est-il attiré par elle ? Une voix les pousse irrémédiablement de l’autre côté. Ce qu’ils vont découvrir va être édifiant et changera le cours de leur vie.

Dans la mythologie grecque, Cassandre évoque le nom d’une princesse de Troie, fille du roi Priam. Elle a un don de prophétie mais personne ne l’écoute. Tiens, tiens n’y aurait-il pas des points communs avec Christophe ? Très troublant. Pénélope est la femme d’Ulysse parti faire la guerre de Troie. Elle guettera inlassablement son retour. Je ne peux pas vous dévoiler l’intrigue mais sachez que, là encore, il y a une similitude avec la fin du récit. L’auteur a utilisé ces deux prénoms et ce n’est pas anodin.

Une belle petite histoire, un sujet original qui séduira nos jeunes lecteurs. Une intrigue surprenante pour un récit jeunesse bien mené. En annexe, on retrouvera tout un panel de renseignements sur la lune, le système solaire et un historique sur les voyages dans l’espace.

Au bout du cerf-volant, de Hélène Montardre

l’espoir

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Mathieu est un petit garçon de 10 ans dont la vie a basculé. Son papa s’est suicidé et tout le quotidien de sa famille s’en est trouvé retourné : Déménagement, une maman qui traverse une grave dépression. Elle ne sort plus, ne peut plus s’occuper de Mathieu et de Julien son petit frère. Mathieu se fait beaucoup de souci pour elle et chaque soir quand il rentre de l’école c’est la peur au ventre. Comment va t-il retrouver sa maman ? Va t-elle le laisser comme son papa ? Mathieu est courageux, il prend en charge son frère, les courses après l’école. Un jour, il décide d’aller se promener en ville avec Julien. Au détour d’une rue, les enfants vont assister à un tournage de film, plus exactement à une scène mettant en opposition un groupe d’enfants qui se battent pour un cerf-volant. Mathieu tombe en admiration devant ce cerf-volant. Le metteur en scène l’invite à revenir le lendemain et plus encore. Le tournage va durer une semaine. Le jeune garçon en parle à sa maman un soir où celle-ci va un peu mieux. Son enthousiasme est contagieux et pour la première fois depuis longtemps, un rayon de soleil entre dans l’appartement. Mathieu va alors s’inventer un monde de fantaisie autour de ce cerf-volant.

Hélène Montardre nous présente des personnages blessés, meurtris, anéantis par la mort d’un proche. Ce petit garçon, Mathieu, est étonnant de courage prenant sous sa coupe un petit frère qui pense que son papa est parti et une mère éteinte par le chagrin. Si jeune et déjà face à de lourdes responsabilités. Et puis il y a la crainte que sa maman disparaisse à son tour.

Le récit va prendre une autre tournure avec l’apparition de ce cerf-volant. Au bout du cerf-volant la vie, une renaissance ?

Une belle histoire qui touchera tous nos lecteurs qui pourront aussi connaître l’origine des cerfs-volants, savoir comment en fabriquer. En effet, Hélène Montardre a constitué une petite documentation très instructive à la fin de son livre. On y découvre aussi comment se réalise un film et quelques renseignements sur l’écriture chinoise.

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Le fils du chevalier Têtenlère, de Stéphane Daniel

Lancelot n’est pas le fils du chevalier Têtenlère pour rien ! Aussi distrait que son père, le tir à l’arc n’est vraiment pas son fort car en se tournant vers les autres, il oublie de baisser son arc ! Le maître d’armes est désespéré… Mais à côté de lui, son amie Guenièvre ne fait guère mieux… Sa flèche est allée se perdre dans la forêt de Mortbois où personne ne doit s’aventurer car elle abrite sorcières et dragons. Pourtant, Guenièvre tient beaucoup à sa flèche qu’elle s’est elle-même fabriquée, et ne réfléchis pas à deux fois pour partir à sa recherche. Et Lancelot est peut-être un Têtenlère, mais il est courageux et ne la voyant pas revenir, n’hésite pas une seconde à se lancer sur ses traces… Quelles aventures attendent nos jeunes amis dans cette sinistre forêt ?

Un roman d’aventure médiévale qui déploie tous ses ingrédients pour captiver le jeune lecteur : la forêt interdite, le dragon à vaincre, la sorcière, un gardien, l’amitié, le courage, le tout dans un rythme vif et illustré de manière très  humoristique.

Un texte  court, aéré et de nombreuses illustrations facilite la lecture dès le plus jeune âge (CE1)

Rollers de choc, de Stéphane Daniel

La course des ennemis

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Yan débarque à Paris chez son cousin, Marc, pour les vacances d’été. Il est Breton et passer quelques temps dans la capitale le rend heureux. Il va faire la connaissance des copains de Marc et surtout de Nina, la seule fille du groupe. Yan tombe tout de suite sous son charme ce qui agace Anto. Des tensions naissent ce qui met mal à l’aise Marc. Cette bande de copains partage une même passion pour le roller en ligne qu’ils pratiquent comme des champions.

Anto décide alors de défier Yan lors d’une course mythique organisée à travers la ville par les « Amis Patineurs » . C’est la Friday Night Fever. Une effervescence s’empare de la ville dès 22 heures. Tous les accès sont bloqués pour laisser place à la course. Aucun plan n’est distribué aux participants. Yan apprend que celui-ci est disponible seulement sur internet la semaine qui précède la manifestation. Le voilà donc en mauvaise posture. Anton le sait. Faire une course sans savoir où il faut aller n’est franchement pas l’idéal ! Va t-il relever le défi ?

Un roman qui plaira aux adeptes du roller mais pas seulement. L’histoire va au-delà d’une passion sportive. Il est question aussi d’amitié. L’esprit de solidarité rassemble et peut faire naître des liens qu’une rivalité a étouffés.

Un bon moment de lecture prolongé par la petite histoire des rollers dont l’auteur nous fait le détail à la fin de son livre. Stéphane Daniel nous explique également comment bien faire du roller, les consignes à respecter, les règles de sécurité. Un lexique est à disposition pour se familiariser avec le vocabulaire propre à ce sport. Pour terminer, l’auteur se transforme en guide  en nous présentant Rennes, la ville dont est originaire Yan.

Un livre vraiment complet qui charmera nos jeunes lecteurs.

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15 jours sans réseau, de Sophie Rigal-Goulard

On peut dire que la famille d’Emilie est connectée. Son grand frère, Ambroise, lycéen, est ce qu’on appelle un gamer, et passe son temps à jouer en réseau et à se filmer en train de jouer ! Ses parents eux-mêmes, ne démarrent pas la journée sans répondre dès le petit déjeuner à leurs mails ou à leur téléphone,  Son petit frère, lui, un peu extra-terrestre dans cette famille, élève studieux de 8 ans qui aime jouer au scrabble,  a quand même du mal à se passer de sa console. Et Emilie, collégienne, vient enfin de créer son compte facebook ! Aucune restriction de temps n’est imposé dans cette famille face aux écrans.

Alors, comment les enfants vont réagir les enfants à l’annonce des prochaines vacances par leurs parents ? Quelque chose de renversant ! Eux toujours tellement débordés, qu’est-ce qu’ils mijotent ? Que cache cet air gêné pour leur annoncer la destination prévue ?

… En Creuse, pour quinze jours de détox numérique, dans un gîte sans connection internet, sans portable… Une blague ? Hélas non… Des vacances pourries en perspective… Le nouveau compte facebook va rester en suspens, le jeu en réseau va se mettre en pause, même la game boy n’aura pas sa place dans la valise.

Les enfants vont multiplier les ruses pour capter ici ou là quelques ondes wifi, mais ils vont bien être obligés de s’adapter, tout comme les parents, et découvrir les joies de la randonnée, du camping, de la peinture, du yoga et autres activités… Et si se déconnecter revenait tout simplement à se reconnecter à la vraie vie. Les tensions vont monter puis redescendre, les liens et le dialogue vont se renouer…

Comme toujours, dans les livres de Sophie Rigal-Goulard, c’est optimisme qui prend le dessus et les liens relationnels qui sont les plus forts. Un bon moment déconnecté et rafraîchissant au bord d’une rivière qui n’est pas toujours si tranquille. Sur le même ton enjoué que la plupart de ses livres, l’auteur nous livre un petit roman divertissant et plein de stéréotypes qui font bien sourire le lecteur.