Le plus courageux des peureux, de Guylaine Kasza

Les  dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le plus courageux des peureux« Boud na boud »… « Il était une fois » comme on dit les den Afghanistan

Dans un petit village d’Afghanistan vit Abdul, un homme si peureux qu’un seul battement d’ailes de papillon l’effraie. Sa femme en est désespérée et un soir, elle demande conseil à la vieille du village, une sage. Celle-ci l’aide et c’est ainsi qu’Abdul se retrouve dehors, seul, en pleine nuit. Mais cette nuit-là, le pire des géants est de sortie ! Abdul, l’homme le plus peureux du village, arrivera-t-il à s’en sortir vivant ?

J’ai aimé ce livre même si ce n’est pas le genre de livre que je lis d’habitude. C’est un conte merveilleux facile à lire, avec des illsutrations en noir et blanc proches de la caricatures. Il se lit sans problème dès le primaire.

Judith, 6ème – 11 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

La collection « kilim » des éditions Syros permet la transmission de contes étrangers  que l’on ne connaît pas forcément. Ici, l’histoire nous pousse à réfléchir sur nos peurs et nous aide à les dépasser par notre courage.

Ju

 

Seuls à la maison, de Geneviève Senger

Quand le chat n’est pas là, les souris dansent !

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Morgane, 9 ans, et Thibault, 10 ans, vont devoir se passer de leur père parti en Chine pour son travail et de leur maman qui doit se rendre à Paris chez un dermatologue pour leur sœur Justine. Ils habitent dans une grande maison sur une colline, à 500 mètres du bourg. Mais pas de panique Lydie, leur marraine de cœur va les garder. Néanmoins, un petit souci : elle est en retard et maman ne peut pas attendre. Voilà donc les enfants seuls pour un court moment. La situation se complique quand l’hôpital les appelle suite à l’accident de voiture de Lydie qui doit se faire opérer le lendemain. Quelle poisse ! Mais Morgane et Thibault, bien que désolés pour leur nounou, sont excités à l’idée de rester seuls, personne pour les commander, pour leur dire quoi faire. Pas de contraintes que du plaisir ! Pas question de prévenir les parents, enfin libres ! Ils sont persuadés qu’ils vont arriver à se débrouillés sans aide. Dès le lendemain, c’est la révolution, du désordre prend déjà place, leur essai en cuisine est une catastrophe avec un rôti brûlé, un four carbonisé. La maison leur semble si triste que les enfants décident de déterrer un sapin et de mettre toutes les décorations de Noël partout dans la maison. Quel capharnaüm ! Mais quand la nuit tombe, les enfants regrettent un peu d’être seuls, ne sont pas rassurés et entendent de drôles de bruits. Un appel d’un camarade de classe, Frédéric, va intriguer le frère et la sœur. Des bruits courent qu’un monstre rôde autour du village… Les enfants mettent un plan à exécution au cas où l’affreuse bête pointerait le bout de son nez. Le téléphone sonne une nouvelle fois. De nouveau Frédéric qui leur apprend que le garde chasse a vu un homme se cacher dans la montagne, installer des pièges un peu partout. Il faut se méfier et bien s’enfermer, on ne sait jamais. Décidément, il ne fait pas bon de rester seuls en ce moment. Comment Morgane et Thibault vont-ils faire pour faire face à tout cela ? Vont-ils regretter d’avoir accepté d’être seuls à la maison ?

Une histoire agréable, facile à lire. Les jeunes personnages sont sympathiques. Ils se prennent pour des grands mais la solitude les gagne et, réflexion faite, même si les parents paraissent embêtants, leur présence reste réconfortante. Vivement que maman rentre !

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Will, Marty et compagnie, 2. La légende du capitaine Crock, de Eoin Colfer

 

Will, Marty et compagnie : La légende du capitaine Crock par ColferWill nous présente ses 4 frères. Durant ses vacances d’été, Will participe à sa première boom. Il décide de se déguiser en pirate sauf que ses frères vont lui raconter des histoires terrifiantes. Il part à la boom avec son frère Marty… Le terrible capitaine Crock va-t-il se venger ?

Mariam, CM2, une p’tite dévoreuse de livres de Salé Lou Potier

Une chronique des élèves de l’école primaire voisine, l’école Salé Lou Potier. Vous avez, vous aussi, lu le livre ? Alors,  chers lecteurs de ce blog, pour les encourager, n’hésitez pas à poster un commentaire en donnant votre avis !

Résumé de l’éditeur : En vacances au bord de la mer, Will et Marty ont la permission d’aller à une boum. Génial ? Le pauvre Will déteste danser. Et quand il gagne un costume de pirate, il n’a plus qu’une crainte… s’attirer la vengeance du terrible capitaine Crock ! Une nouvelle aventure, effrayante, drôle et trépidante de Will, Marty et compagnie, signée Eoin Colfer.

Papa de papier, de Nadia Coste

Mon papa d’avant…

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Ayrton est un jeune garçon passionné de dessin. Son professeur dit même qu’il a un don. Aujourd’hui il est heureux, il a eu 18 en arts plastiques. Comme beaucoup d’enfants, il aurait aimé faire partager sa joie à ses parents. Mais pour Ayrton, ce sera compliqué. Son papa, François, a perdu son emploi et c’est lui qui s’occupe de tout à la maison, pendant que sa mère, Séverine, est au travail. Mais depuis qu’il est au chômage, le quotidien est difficile. Un rien l’énerve, il est devenu taciturne, aigri, trop maniaque, trop carré, rendant la vie impossible à son entourage. Tous les soirs, c’est avec la peur au ventre qu’Ayrton rentre de l’école. Le père est tyrannique, le rabaisse, le traitant de bon à rien, de chiffe molle. Son épouse est sans cesse sur le qui vive, appréhendant ses changements d’humeur. Donc inutile de dire, que le 18 en arts plastiques n’a pas eu l’effet escompté. Disons que… François est entré dans une colère noire en scandant l’inutilité de la matière, en hurlant qu’il n’y a pas de quoi être fier et que ce n’est pas l’art plastique qui fait réussir dans la vie. Les disputes violentes se succèdent, Séverine et Ayrton sont malmenés. Le jeune garçon n’en peut plus. Comme à chaque fois, il court se réfugier dans sa chambre pour ne plus entendre son père hurler contre sa mère. Ce soir-là, le soir de trop, le soir où la main se fait lourde, le soir où ça dérape plus que d’habitude, il aperçoit sur son balcon, un chat qui ressemble trait pour trait au chat qu’il a dessiné au fusain et pour lequel il a eu 18. Il est fasciné, les deux bêtes sont identiques dans les moindres détails. Perdu dans sa bulle, Ayrton est persuadé que ses croquis ont le pouvoir d’exister. Ce matou tout droit sorti de son imagination est devenu réel. Alors suffirait-il de dessiner un nouveau papa pour faire disparaître le voile noir qui recouvre son quotidien ? Il sait que la magie existe quelque part, il le sait, il l’a tellement lu dans les livres qui parlent de supers pouvoir s! Ayrton veut se construire un héros bien à lui qui serait gentil, aimant, affectueux, un héros qui ressemblerait à son papa d’avant….

Papa de papier est un roman émouvant qui se lit d’une traite. La situation familiale est catastrophique. Il y a de la maltraitance physique et morale, un enfant pris dans ce tourbillon quotidien de violence, qui va se réfugier dans l’imaginaire et le dessin. Un sujet sensible traité à travers la voix d’un enfant d’une grande maturité, qui veut protéger sa maman si impuissante et aider son papa. Un père qui ne supporte pas d’avoir perdu son emploi, qui le fait subir à sa femme et à son fils. Une situation malheureusement trop fréquente, une maltraitance physique et morale aux lourdes conséquences.

L’auto-stoppeur, 9 nouvelles noires pour nuits blanches, d’Anthony Horowitz

Angoissant…

l-auto-stoppeurNeuf nouvelles plus glaçantes les unes que les autres à dévorer le soir sous sa couette, à la lueur d’une lampe de poche !

L’auto-stoppeur : Alors qu’ils rentrent de promenade, après avoir passé une journée en famille  pour fêter l’anniversaire des quinze ans de Jacob, le père s’arrête pour prendre un autostoppeur… Installé à l’arrière, à côté de Jacob, celui-ci se sent menacé par le comportement étrange de l’homme… Sa famille est–elle en danger ? Que doit-il faire ?

L’ascenseur : Comment un garçon turbulent de 11 ans peut-il disparaître dans un ascenseur bondé, durant les 58 secondes que dure le trajet entre le sous-sol et le rez-de-chaussée… La police enquête…

Le son du meurtre : Kate Evans, une adolescente de treize ans est quasiment sourde de naissance.  Elle entend bien certains sons mais est incapable de suivre une conversation. En cours, elle est assistée par un appareil acoustique. Pourtant, lorsqu’un nouveau professeur vient prendre ses fonctions, des sons stridents insupportable retentissent à son approche et Kate commence à entendre des voix…

Brûlé : Alors que sa mère est sur le point d’accoucher, Tim, 13 ans, est confié pour les vacances à sa tante Sara et son oncle Nigel. Trois semaines  à la Barbade, dans un bel hôtel avec possibilité de pratiquer surf, voile, ski nautique… Cela peut paraître merveilleux. Pourtant, entre l’oncle Nigel et son obsession du bronzage et tante tante Sara plutôt réticente à se voir confier son neveu… quelque chose cloche…

Vol 715 : En se réveillant ce matin-là, la jeune Judith Fletcher est persuadée d’une chose : elle et sa famille ne doivent pas prendre ce Vol 715  qui doit les ramener du Canada  à Londres ce jour même. Elle a fait un rêve … Mais ses parents vont-ils se laisser convaincre ?

Le Paradis d’Howard : Howard Blake, quinze ans, vient de mourir, heurté par un bus… Son parcours de petit délinquant va-t-il malgré tout lui permettre d’accéder au Paradis ?

Abonné absent : Linda James meurt foudroyée une nuit d’orage, alors qu’elle téléphonait abritée sous un chêne. Malgré tout, le téléphone fonctionne toujours, et une fois reprogrammé, il est remis en vente… Qui en sera le prochain propriétaire ?

Twist Cottage : Ben a été élevé par son père Andrew depuis le décès de sa mère un an après sa naissance. Mais un jour, son père décide de se remarier… Le quotidien, jusqu’à présent heureux, va se transformer en enfer… Alors que Louise, la nouvelle épouse les incitent à déménager, ils vont acheter le « Twist Cottage », une curieuse et vieille bâtisse biscornue et isolée…

La plus courte histoire d’horreur jamais écrite : A toi de jouer et de trouver l’énigme qui se cache dans cette  nouvelle…

Un recueil de neuf nouvelles mettant chacune en scène des adolescents et destiné aux lecteurs à partir de 13-14 ans. Chaque nouvelle suit le principe de la nouvelle à chute qui étonne à chaque fois par une conclusion inattendue. L’humour est grinçant et la plupart  des textes effleure le genre du fantastique. Un recueil bien écrit, idéal pour les amateurs de frissons ! Mes préférées : L’auto-stoppeur, Brûlé, Twist Cottage. Et vous ?

Merci à Léna, l’élève qui m’a conseillé l’achat de ce livre pour le CDI !

 

 

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J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir, de Christine Arnothy

Le droit à la vie…

Afficher l'image d'origineChristine Arnothy a quinze ans en 1945. Elle est Hongroise, issue d’une famille bourgeoise, elle doit vivre dans une cave pour se protéger des nazis venus occuper la ville.

C’est le témoignage poignant et émouvant d’une adolescente qui ne veut pas mourir. Trop jeune pour que sa vie s’arrête, trop jeune pour vivre les atrocités d’une guerre. Elle a dû rester enfermée pendant deux longs mois. Les rares moments où elle pouvait sortir c’était pour aller chercher de la nourriture et là elle voyait la dure réalité des combats en marchant entre les cadavres de chevaux et d’hommes.

A la libération, le calvaire a continué puisque les sauveurs vont être plus cruels que les Allemands. Christine et sa famille vont devoir fuir leur pays quelques années après et trouveront asile en Autriche dans un camp de réfugiés. Christine trouvera son salut en travaillant en France comme nurse mais elle enchaînera les galères. D’ailleurs elle écrira une suite « il n’est pas si facile de vivre », où on sentira que sa reconstruction est difficile car marquée à jamais par toutes les atrocités qu’elle a vécues. Elle a vingt ans. Elle veut partir en France. Elle est étouffée par la présence de ses parents et elle décide de mener sa vie seule.

J’ai quinze ans et je ne veux pas mourir raconte la guerre sans critique politique, le récit est dramatique et nous montre toute la cruauté des combats. Les scènes violentes ensanglantent la jeune fille qui s’accroche à ses lectures pour ne pas sombrer. Elle avait emporté un livre de Balzac et de Dickens. Elle n’a que quinze, elle ne peut pas mourir..Elle est jeune, la guerre ne peut pas l’arracher à la vie .. La guerre qui lui a volé son adolescence ne peut pas non plus la détruire..

Tout son témoignage repose sur ce qui se passe autour d’elle mais ne s’étend pas aux combats, c’est le récit de son quotidien dans cette cave.

Le lecteur va se rendre compte aussi que tout peut devenir malsain et désordonné après la guerre.Les gens souffrent et essaient de survivre en pillant, en devenant méchants à leur tour. Il n’y a plus de code moral, c’est l’instinct animal qui prend le dessus.

quelques passages :

….. »Dans l’intervalle, entre les coups directs atteignant la maison, je pensais à mon livre, me disant que, même s’il restait intact, je ne connaîtrais jamais la fin du roman, puisque tous en bas, dans cette cave, nous allions mourir «

« les jours se traînèrent. Nuits de cauchemars, combat contre un monde de fantômes. Mon pays de rêve s’était évanoui. Le sommeil ne me menait plus vers l’apaisement, mais vers les paysages lunaires du mal et de l’horreur »

« une âpre fierté m’envahit à l’idée qu’à quinze ans, j’allais mourir d’une mort de grande personne »

Là on sent que Christine grandit et mesure combien la situation est grave. Plus d’espoir de s’en sortir…

La première partie s’achève sur cette phrase de Christine :

« Comme ce serait bon de naître »

La jeune vie de l’adolescente n’est faite que d’angoisses, d’atrocités, de scènes d’horreur. Elle n’a que quinze ans et elle est fatiguée ….Fermer les yeux, faire comme si rien ne s’était passé, commencer à vivre…avoir l’esprit vide…

II faut savoir que Christine Arnothy a fui en emportant son journal cousu dans son manteau. J’imagine que si il avait été découvert elle n’aurait pas survévu à ces écrits..

Elle a eu une vie très dure mais elle a toujours affronté les difficultés pour pouvoir un jour réaliser son rêve: écrire son livre. Elle veut devenir écrivain donc elle doit s’en sortir et je pense que le but qu’elle s’est fixée va l’aider malgré tout à se battre et à espérer.

J’ai lu cette autobiographie quand j’avais l’âge de l’auteur et je dois dire que son histoire m’a émue, touchée. J’étais adolescente, j’avais le même âge que Christine donc je me suis identifiée totalement à elle . J’ai reçu son témoignage comme une confidente et je l’ai accompagnée pas à pas dans toute ses périodes de galères. On vit la guerre de l’intérieur, à travers une adolescente qui a toute l’innocence de son âge et qui va vite grandir . On peut faire un léger parallèle avec « le  journal d’Anne Frank » adolescente de treize ans, qui aura moins de chance car elle décèdera du typhus dans un camp de concentration.

Ces deux jeunes filles ont abordé l’atrocité de la guerre et leurs ouvrages constituent de précieux témoignages. Toutes les deux voulaient devenir écrivains.

Je conseille également de lire « il n’est pas si facile de vivre » qui se termine ainsi et résume l’état d’esprit de Christine qui a peut être enfin trouver la paix…

…. Moi je trouve que c’est naturel. Je voulais nourrir mon enfant, je voulais lui faire boire ma vie…. C’est l’accomplissement miraculeux. C’est le bonheur. Tout le bonheur ?….

Lisez ce livre sans modération…

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L’arbre aux fruits amers, de Isabelle Wlodarczyk

La couleur interdite…

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Isabelle Wlodarczyk nous offre là un récit plein d’émotions et de sensibilité. Sensible par le thème et par les émotions qu’il dégage. Une histoire émouvante qui nous transpose dans les années 1930 où deux mondes sont en opposition : les Blancs et les Noirs. D’une part, nous avons les haineux qui malmènent cette communauté noire qui ne devrait pas avoir le droit d’exister et de l’autre un peuple qui essaie par tous les moyens de vivre. Et la réalité est terrible, on assiste impuissant au massacre des Noirs, à cette lutte acharnée contre la différence de couleur. C’est un véritable lynchage.

On va suivre en parallèle deux histoires. Celle de James, un adolescent noir qui va se trouver embarqué dans une sordide histoire de viol et de meurtre d’un homme blanc et de sa petite amie. Au dernier moment, pris de panique et de honte, il s’enfuit alors que ces deux copains n’hésiteront pas à massacrer le couple. Mais James a été vu en compagnie des agresseurs, deux afro-amériains qui seront matraqués à mort puis pendus. Il n’y a pas de procès, les Blancs font leur propre loi et la seule sentence est la mort immédiate. James va sauver sa tête mais sa vie va basculer…Ce fait divers va déchaîner un déferlement de haine de la part des Blancs. Et puis il y a Sam, un Blanc, fils du shérif, adepte du Ku Klux Klan , des fanatiques anti-noirs. Il a participé à la mise à mort des deux afro-américains.

Ce récit ne nous parle pas simplement de racisme mais évoque également la souffrance d’une mère et d’un père.

Vera, la mère de James, est impuissante face à la descente aux enfers de son fils qui devient l’homme à abattre. Le shérif a honte de son fils, il a honte de ce qu’il est devenu. Il a arrêté James mais il est persuadé de son innocence. Il fera tout pour que la vérité éclate, quitte à renier son fils, auquel il ne pardonnera jamais les agissements. Arrivera-t-il à se faire entendre ? Quel sort la population blanche va-t-elle réserver à James ?

Isabelle Wlodarczyk est vraie, directe. Elle livre cette histoire sans détour plongeant ainsi le lecteur dans une période sombre des Etas-Unis. Les mots sont forts, les personnages sont attachants car chacun d’eux se débat dans des situations délicates : un shérif dont le fils tourne mal, un pauvre noir qui n’est pas né avec la bonne couleur dans le bon pays à la bonne époque. Il est intéressant de voir la progression de la relation de l’ homme de loi  et du jeune adolescent, complètement improbable vu le climat de violence de l’époque.

Ce récit est tiré d’une histoire vraie, ce qui accentue l’émotion qu’on éprouve. L’histoire de James est une histoire parmi tant d’autres. Rappelez-vous celle de Rosa Park qui a refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus. Autre figure mythique, Martin Luther King qui se battra pour les droits des Noirs. De quel droit un homme peut prétendre être supérieur à un autre en fonction de sa couleur de peau ? Pourquoi tant de haine?  A cette époque, de nombreux Noirs seront pendus aux peupliers, dans les rues, pour symboliser cette supériorité et ce mépris.

Un dossier très complet et très bien fait sur la ségrégation, complète de belle façon le roman. On y apprend entre autre que le titre du roman s’inspire d’un magnifique poème Strange Fruit écrit par Abel Meeropol et chanté par Billie Holiday, une afro-américaine. Je cite :

Les arbres du Sud portent un étrange fruit. Du sang sur les feuilles et du sang aux racines. Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud. Etrange fruit suspendu aux peupliers.