Dix minutes en mode panique, de Jean-Christophe Tixier

Prise d’otage…

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Dix minutes en mode panique c’est l’histoire d’une bande de copains réunis pour jouer à se faire peur. La règle est simple : chaque participant a dix minutes pour monter un scénario dans le but d’effrayer un camarade. Le premier qui hurle a perdu.Quand arrive le tour de Maho, il met carte sur table en indiquant que le réchauffement climatique est sa plus grande préoccupation, sa plus grande frayeur. Il va mettre alors en scène sa propre peur pour faire réagir ses camarades qui se moquent de ses états d’âme. Le lendemain, Maho se rend justement à une manifestation pour la défense de l’environnement et pour militer contre l’implantation future d’un centre commercial. Mais très vite, il va se rendre compte que manifester n’est pas un jeu, que la prise de risque est énorme quand les militants commencent à se faire entendre face aux forces de l’ordre. Très vite, le jeune garçon va avoir besoin d’aide car la situation va  tourner au cauchemar.

Dix minutes en mode panique est le  roman idéal pour aborder avec les plus jeunes les thèmes tels que le réchauffement climatique, l’environnement, la sauvegarde de la planète. Dans cette histoire, la parole est donnée aux enfants, quoi de mieux  pour  sensibiliser nos chères petites têtes blondes ? Il est également question de  la violence  dans les manifestations. Posons-nous la question de l’utilité de cette violence, est- elle  nécessaire pour nous faire entendre, pour véhiculer nos revendications ?  La violence comme mode d’expression quand on ne sait plus comment traduire ses émotions ?

Lou après tout, 1. L’effondrement, de Jérôme Leroy

Il est peut être trop tard….

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Lou et Guillaume tentent de survivre dans un monde détruit, dans un monde en lambeau, dans un monde qui n’existe plus. Lou et Guillaume sont en fait des survivants qui errent dans un monde apocalyptique. Nous sommes en France en 2050. Pour nos héros, déjà 10 ans d’errance…

Et puis il y a tous ces flashs, ces retours en arrière. Guillaume repense au passé, au temps d’avant l’effondrement. Des souvenirs qui le ramènent à sa famille, aux moments partagés, à son histoire personnelle dont il ne reste rien. Il nous raconte les moments qui ont précédé l’effondrement, ce qui a conduit à la fin. Que s’est-il passé, pourquoi ce chaos, cette errance à travers la mort ?

Lou est trop jeune pour avoir connu le monde avant, Guillaume tente de la protéger du présent, un présent obsédant, noir et sans issue. Il faut survivre sans regarder derrière soi. Ils se battent et vont de l’avant malgré tout et le lecteur se bat avec eux. On ressent leur peur, leur angoisse mais on partage aussi leurs petits moments de joie qui nous font espérer.

Lou et Guillaume en fait, c’est vous, c’est moi. Des victimes malheureuses d’une fin annoncée. Nous vivons dans un monde menacé par le réchauffement climatique, la pollution, la surconsommation et j’en passe. Un monde qui va mal  et Jérôme Leroy se sert de ce qu’on connait, de ce qu’on vit, des cris d’alarme qui sont sans cesse poussés mais dont on ne tient pas suffisamment compte. Il souligne avec une telle justesse  le mauvais état de notre planète, que ce futur si désastreux qu’il nous peint à travers Guillaume, peut être le nôtre.

Cette lecture me donne le vertige, me terrorise tant elle nous lance à la figure ce que l’on connaît déjà, tant elle nous met face à notre perte. C’en est glaçant de réalisme ! On est en complète immersion et je dois dire que l’effet que ce roman a eu sur moi est saisissant. J’ai eu du mal à faire la part des choses, persuadée que cette noirceur sera la nôtre. C’est en quelque sorte une prémonition qu’il serait bon de mettre entre toutes les mains, pour dire qu’il faut réagir avant qu’il ne soit trop tard…Tout porte à croire que Lou après tout est le reflet d’un monde qu’on peut laisser à nos enfants.

La petite fille et la mort, de Rodolphe, ill. Tom Tirabosco

Il est l’heure de partir…

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Cloé est une petite fille heureuse qui vit dans une grande maison avec ses parents, ses deux frères et ses grands-parents qui occupent avec le chat le second étage. C’est l’hiver, il fait bon d’être à la maison, dehors le vent souffle, il pleut. Un soir, on sonne et Cloé qui est la seule à avoir entendu, se précipite pour ouvrir. Mais derrière la porte, se dresse une étrange créature vêtue de noir, les doigts crochus, qui brandit une faux. Sous sa capuche, Cloé découvre une tête de mort recouverte d’une fine peau. Effrayée, Cloé s’interroge. Le terrifiant visiteur lui annonce qu’il représente la mort et que l’heure est venue pour un des membres de la famille de le suivre. Il a un ordre de mission mais avec la pluie, le nom de la personne qu’il doit emmener est effacé. Alors qui doit partir ? Cloé ne comprend pas, c’est le choc.

La mort fait partie de la vie et parfois les enfants sont aussi confrontés à ce malheur, à la perte d’un être cher. La vie est injuste et on ne se résout jamais à voir partir ceux qu’on aime. La mort fauche à tout âge. Mais ce livre me laisse un peu perplexe car je ne sais pas comment il peut être perçu par les plus jeunes enfants. Le visage de la mort est effrayant même si le récit rend la personne qui l’incarne humain.  Il est possible que ce livre ait pour but aussi, peut-être, d’aider les parents à parler de la mort à leurs enfants, un sujet pas toujours facile à traiter… Mais je trouve néanmoins la façon d’aborder ce thème, quelque peu brutale. A noter les illustrations en couleur qui renforce ce côté macabre.

Après avoir été testé par plusieurs élèves, ce livre a finalement été retiré du fonds du CDI, l’intérêt qu’il représentait n’étant clair pour personne…

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Le prix de chaque jour, de Mireille Disdero

L’autre côté du miroir…

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Quelle que soit l’épreuve qu’il faille combattre dans notre vie, le traumatisme est présent et souvent difficile à surmonter. On pense au passé, on n’évoque pas l’avenir car c’est trop douloureux. Comment faire pour oublier, quand la blessure est toujours là pour nous rappeler que tout s’effondre.

Laurie, 16 ans, se souviendra à jamais de son retour de vacances. Elle avait des projets plein la tête, des rêves comme toutes les adolescentes de son âge. Elle était avec sa mère. Mais il y a eu ce choc, ces tôles froissées, ces cris, le sang, la peur, les larmes……

A l’hôpital, Laurie est face à ce miroir qui lui renvoie une image en demi-teinte, un visage dont un côté reste sans expression, comme figé. C’est le drame pour Laurie qui est abasourdie. Ce n’est plus elle. Comment va t-elle faire pour vivre avec cette figure cassée, une figure qui n’exprimera sans doute plus rien … comme laissée en veille.

Le prix de chaque jour est un beau roman tendre et émouvant. Il met en scène un moment important de la vie de Laurie. Un moment qui va bouleverser son existence sans la détruire, car une rencontre va l’aider à comprendre que, quoiqu’il arrive, la vie est belle et vaut la peine d’être vécue. Un moment ressenti de l’intérieur, avec les émotions d’une jeune victime qui trouve les mots pour exprimer ses doutes, ses angoisses mais aussi ses espoirs.

The Grisly Goat, de Christine Kiffer et Ronan Badel

The Grisly Goat - bilingue anglais

Il s’agit d’un album bilingue anglais qui raconte l’histoire de Lapin qui aperçoit des yeux rouges cachés dans son terrier…et se retrouve terrifié ! Il va appeler divers animaux à la rescousse, avec plus ou moins de succès ! Un récit sympathique sur l’entraide et la solidarité, et qui montre qu’il n’y a pas besoin d’être fort pour être courageux !

J’ai beaucoup apprécié cet album, qui peut être adapté à différents lecteurs, car il est bien illustré, mais permet aussi de bien travailler son anglais. Le choix de mettre la traduction seulement à la fin peut être gênant pour les débutants qui en ont besoin à chaque page, mais permet aux élèves d’un niveau intermédiaire de vraiment lire en anglais, sans avoir la tentation de se raccrocher sans cesse à la traduction. Le jeu des sonorités est intéressant et agréable à l’oreille, alors je vous conseille sincèrement de le lire à voix haute ! Ce serait dommage de passer à côté !

Chair de poule, de R.L Stine

Venez frissonner de peur et de plaisir !

Image illustrative de l'article Chair de poule (collection)

On aime se faire peur. Enfant, qui n’a jamais lu le soir sous un drap, à la lueur d’une lampe torche, des histoires de monstres à ne pas fermer l’oeil de la nuit ? Et c’est plus fort que nous, on sait qu’on va trembler, qu’on sera paralysé par la peur mais qu’importe. Alors faites le plein de sensations fortes en vous plongeant dans les livres de la série Chair de poule, des romans destinés aux jeunes lecteurs, publiés en France dès 1995. La couverture de chaque récit est mystérieuse et effrayante jouant avec les couleurs et les images. Ce sont toujours des histoires mettant en scène des enfants et des adolescents, confrontés à des phénomènes étranges, à des personnages «cauchemardesques» tels des momies, des fantômes, des loups-garous…. Mais l’auteur évite toujours de tomber dans l’horreur. A chaque Chair de poule un nouveau décor, tantôt l’Egypte, tantôt l’Angleterre, les Etats-Unis, un cocktail d’angoisse, de peur et de suspense. La 4ème de couverture indique que ces romans peuvent être lus dès 9-10 ans.  En 2012, Chair de poule a fêté ses vingt ans.

La série compte plus de 70 ouvrages. Le CDI en possède plus de 20 dont vous trouverez la liste ici !

Le plus courageux des peureux, de Guylaine Kasza

Les  dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le plus courageux des peureux« Boud na boud »… « Il était une fois » comme on dit les den Afghanistan

Dans un petit village d’Afghanistan vit Abdul, un homme si peureux qu’un seul battement d’ailes de papillon l’effraie. Sa femme en est désespérée et un soir, elle demande conseil à la vieille du village, une sage. Celle-ci l’aide et c’est ainsi qu’Abdul se retrouve dehors, seul, en pleine nuit. Mais cette nuit-là, le pire des géants est de sortie ! Abdul, l’homme le plus peureux du village, arrivera-t-il à s’en sortir vivant ?

J’ai aimé ce livre même si ce n’est pas le genre de livre que je lis d’habitude. C’est un conte merveilleux facile à lire, avec des illsutrations en noir et blanc proches de la caricatures. Il se lit sans problème dès le primaire.

Judith, 6ème – 11 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

La collection « kilim » des éditions Syros permet la transmission de contes étrangers  que l’on ne connaît pas forcément. Ici, l’histoire nous pousse à réfléchir sur nos peurs et nous aide à les dépasser par notre courage.

Ju