Une pause s’impose !

Mes chroniqueurs et moi-même étant en vacances, nous allons fermer le blog jusqu’à la rentrée de septembre ! Merci à nos partenaires-éditeurs et lecteurs d’être patients et bienveillants à notre égard….  quelques retards accumulés en fin d’année scolaire dans nos chroniques seront rattrapés à la rentrée !

A très vite et merci pour votre soutien indéfectible à notre projet de promotion de la lecture dans un établissement scolaire en milieu rural !

Bonne fin de vacances pour ceux qui le sont et belle fin d’été à tous !

Mu, administratrice et chroniqueuse du blog

Comment je suis devenue UN ROBOT, de Nadia Coste

 

Margot est en 4ème. Un matin, en arrivant au collège, elle est percutée par une voiture. Sa vie bascule irrémédiablement. Amputée d’un pied et d’une main, elle devra apprendre à accepter ce  corps mutilé, ses prothèses, le regard des autres. Est-ce en se fabriquant une armure et en éradiquant toute émotion, tel un robot, que Margot réussira à surmonter cette difficile épreuve ? Heureusement Ambre, sa meilleure amie, est là, qui veille, fervente défenseuse de l’identité et des différences. Personne n’a un corps parfait, le tout est de s’aimer tel que l’on est, peu importe ce qu’en pensent ou disent les autres.

Une histoire sur un sujet difficile : comment accepter le handicap après une amputation et ─ encore plus compliqué ─ quand on est adolescente ? L’auteure, par les mots de Margot et Ambre, les narratrices, décrit très bien les phases que traverse la jeune ado. La perte de ses membres lui fait vivre ce qu’on appelle un processus de deuil. Face à une situation insupportable, l’esprit met en œuvre des mécanismes de défense, de façon inconsciente : déni, colère, marchandage puis repli sur soi avec la prise de conscience du caractère définitif de la situation, avant d’atteindre la phase finale de l’acceptation.
Dès les premières pages, Margot nous livre ses sentiments :  » Si seulement je pouvais me faire engloutir par le matelas et disparaître une bonne fois pour toutes, ce serait moins difficile que d’affronter cette vie qui m’attend !  » Elle refuse ce nouveau corps imposé, elle voudrait ne pas regarder ni nommer son « moignon » :  » Je suis obligée de voir ce… truc, là « …Et encore moins le toucher.
Quand Margot préfère se forger une armure et faire taire toute émotion, seule façon pour elle de
surmonter l’épreuve, c’est un mécanisme de défense également. On voit petit à petit le processus
s’accomplir, et on comprend comment Margot est devenue un robot.

En lisant ces pages, le lecteur entre dans l’intimité de la jeune adolescente, témoin direct de ses ressentis et d’un quotidien où tout a changé. On devine aussi le poids du traumatisme pour l’entourage. Comme Margot est narratrice, on ne connaît les sentiments de ses parents que par la description qu’elle en donne, et cela sonne parfaitement juste.
La seconde voix de ce roman, c’est Ambre. Une amie au franc-parler et au soutien indéfectible, qui raconte aussi les difficultés de l’adolescence. Le lecteur connaît alternativement le point de vue de l’une puis celui de l’autre. Et finalement apparaît un point commun dans les deux récits : la question de l’estime
de soi. C’est bien de cela qu’il s’agit, au fond. L’estime de soi passe par l’acceptation de l’image corporelle, image qui va être modifiée tout au long de notre vie. Ambre doit accepter une poitrine volumineuse qui la met mal à l’aise, Margot doit réinvestir ce corps qu’elle ne reconnaît pas. L’infirmière de Margot le dit, très tôt dans le récit :  » Mais c’est ton corps, tu sais. Accident ou pas, il change tout au long de ta vie, et à l’adolescence en particulier. Même s’il n’est pas parfait, tu n’en as qu’un : c’est en l’acceptant comme il est que tu pourras te sentir bien dans ta peau. « 

Comment je suis devenue un robot, un livre sur le handicap mais aussi sur le rapport au corps pendant l’adolescence, avec en toile de fond une jolie histoire d’amitié.

À lire sans tarder !

 

À noter :
Ce livre a fait l’objet d’un travail collectif auprès d’écoliers, collégiens et lycéens, le Feuilleton des Incos. Mis en place par l’association des Incorruptibles*, le Feuilleton des Incos met en relation des auteurs et des classes. Le but est de découvrir les coulisses de la création littéraire, au moyen d’une correspondance
avec l’auteur et d’une lecture par épisodes d’un roman en cours d’écriture.

*Les Incorruptibles : Association créée en 1988 avec la collaboration de Françoise Xenakis, qui a reçu l’agrément de l’Éducation Nationale en 2013, et dont l’objectif est de susciter l’envie de lire chez les plus jeunes.

A copier 100 fois, d’Antoine Dole

Tous les jours, au collège, notre narrateur se fait harceler, frapper, humilier, insulter par la même bande qui le traite de « pédé », de « fiotte ». Il ne sait plus comment se défendre, se cacher. Chez lui, aucun soutien. Il vit seul avec son père qui ne semble pas mesurer la gravité des choses, qui aimerait bien que son fils arrête d’être une mauviette et apprenne à se battre.

Et mon père se trompe, suffit pas de le vouloir pour que les choses s’arrêtent.

Heureusement, sa route va croiser celle de Sarah, une camarade de classe, qui va avoir le courage de prendre sa défense et ainsi, lui redonner espoir. Mais comment renouer le dialogue avec ce père qui est dans le déni ? Comment lui faire accepter son homosexualité ? Comment lui faire prendre conscience qu’il a besoin de son soutien sans faille ?

Un texte très court mais très dense, qui nous plonge sans ménagement dans l’univers sans pitié du harcèlement scolaire. Le fait que le personnage-narrateur n’ait pas de nom apporte un côté à la fois intimiste et universel  à ce récit coup de poing. L’écriture directe et incisive de l’auteur donne une force supplémentaire à ce témoignage émouvant sur des faits hélas, encore trop souvent d’actualité. Ecrit à la première personne, le texte est également ponctué de phrases en italique correspondant aux paroles que le jeune garçon aimerait avoir le courage de dire à ses agresseurs, à son père, à Sarah :

Mais on s’y fait Sarah, à ce monde qui cogne et qui heurte, c’est celui dont on avait peur la nuit quand on était petits. Quand ma mère me disait que les monstres n’existaient pas, que fallait pas avoir peur, c’était pas vrai Sarah. Ces monstres-là, ils existent, moi, j’en ai rencontré. On s’y fait et c’est le pire, on s’habitue à tout.

A lire à partir de la 3ème.

 

L’enfant du désert, de Pierre Rabhi et Claire Eggermont, ill. Marc N’Guessan

Pour une sobriété heureuse…

Pierre Rabhi est né en 1938 dans un village du désert algérien. Quelques années après le décès de sa mère, il a été confié par son père à un couple d’instituteurs, des Colons blancs. Ainsi, il se sentait tiraillé entre deux cultures souvent bien opposées, deux religions différentes. Devenu petit employé de banque, il quitte bientôt l’Algérie pour la France où il trouve un emploi d’ouvrier dans une usine.  Ces conditions de vie aliénantes le font beaucoup réfléchir au sens de la vie : « Avec l’argent, on peut tout acheter, pensa Pierre, sauf la joie. » Avec Michèle, sa compagne, ils rêvent de changer de vie, de se rapprocher de valeurs qui leur ressemblent :

Un rêve se mit à germer en eux : quitter la ville, s’installer à la campagne et cultiver la terre pour se nourrir, cela devenait comme une obsession déraisonnable mais que rien ne pourrait plus dissiper. Le sort en était désormais jeté.

C’est le début d’une grande aventure d’agroécologie qui respecte la Nature et les Hommes.

Un texte biographique qui retrace l’histoire de Pierre Rabhi, un homme engagé qui a prôné toute sa vie une politique de « sobriété heureuse ». Un album joliment illustré, qui permet d’initier les jeunes à l’écologie de manière douce et intéressante. Destiné aux lecteurs à partir de 8 ans, il peut être judicieusement intégré à la liste thématique de français de 3ème : « Hommes et femmes rebelles ».

Pierre Rabhi, après être devenu agriculteur en Ardèche, a transmis son savoir-faire jusqu’en Afrique, a fondé le mouvement Colibri,  a participé à des conférences, etc…

 

Be safe, de Xavier-Laurent Petit

Etat-Unis, années 2000.

Oskar, lycéen,  et son grand frère Jérémy adorent jouer ensemble de la musique dans leur garage.  Pas très intéressé par l’école, Jérémy a arrêté ses études à 16 ans, en espérant trouver du travail, mais depuis deux ans, rien ne se profile à l’horizon. Un jour, sa route croise celle d’agents recruteurs  de l’armée qui lui font miroiter qu’en s’engageant, il pourrait apprendre un vrai métier et construire des ponts. Jérémy se laisse tenter… et signe un contrat d’engagement pour quatre ans… Il vient d’être majeur et sa décision est donc irrévocable. Deux semaines plus tard, il rejoint un camp miliaire pour une formation de base. Il s’y fait remarquer pour ses talents de tireur d’élite et va bientôt recevoir un ordre de mission pour rejoindre les zones de conflit soi-disant pour des opérations sans risque de maintien de l’ordre…

Un sujet grave traité avec beaucoup de sensibilité : recrutements de tout jeunes adultes avec des promesses non tenues de l’armée, la confrontation à la violence des conflits, à la mort de camarades et à la violence psychologique de la mort que l’on donne dans un but de survie. Mais cette histoire de guerre est vécue et restituée à travers le regard du jeune frère. Sa passion pour la musique va le rapprocher d’une  jeune fille dont le frère est également sur les zones de conflits et ensemble, ils vont poser des notes sur leurs émotions afin de faire passer un message de paix autour d’eux. « Be safe »qui peut se traduire par « fais gaffe », « sois prudent », c’est ainsi que Jérémy signe les mails secrets qu’il envoie à son frère pour lui raconter la vraie version de son quotidien, non la version édulcorée qu’il transmet à ses parents. Sur fond de musique, d’amour, de secrets de famille, de relations fraternelles, ce roman est un petit coup de coeur pour moi. Le sujet de départ  qui pourrait en rebuter certains est traité d’une manière intelligente, sous différents points de vue avec des personnages secondaires riches et des petites histoires parallèles qui font que l’on ne s’ennuie pas une seconde. 

Quatre filles et quatre garçons, de Florence Hinckel

Résultat de recherche d'images pour "quatre filles et quatre garcons pkj"Ce sont 8 amis, 4 filles et 4 garçons, ils se connaissent depuis la 6ème.

C’est la veille de la rentrée, ils vont débuter ensemble leur dernière année de collège. Pour ne rien oublier de leur 15 ans, ils prennent la décision de tenir à tour de rôle un journal de bord.

Chacun choisit son mode d’expression : lettre, journal intime, blog, audio, dessin, vidéo. Ils racontent leurs expériences vécues , nous livrant avec délicatesse leurs premiers sentiments amoureux, leurs bouleversements familiaux et leurs doutes.

Ce roman explore les émotions des adolescents avec beaucoup d’empathie et de bienveillance. Les adolescents se soutiennent, ils grandissent ensemble avec les différences de chacun sans aucun jugement car tu es comme tu es, mon ami !

Un roman dont le nombre de pages ne doit pas effrayer nos lecteurs. Il se lit très bien car chaque personnage écrit une centaine de pages, le style, le support, les sujets abordés  changent à chaque fois.  Quatre voix, quatre garçons et quatre filles avec des parcours différents, liés par une très forte amitié. Un livre à lire  pour des 4ème /3ème qui seront sensibles au fait que l’auteure aborde avec beaucoup d’intelligence  des questions de leur âge. 

Gardiens des cités perdues, 5. Projet Polaris, de Shannon Messenger

Gardiens des cités perduesProjet PolarisAprès quelques semaines à Exillium, l’école réservée aux bannis, Sophie, Dex, Biana, Fitz et Keefe sont de retour à l’académie Foxfire. Membres du Cygne Noir depuis peu, ils luttent toujours contre les Invisibles, qui multiplient leurs attaques. Lorsqu’ils risquent une guerre avec les ogres, ils entendent parler d’un mystérieux « projet Polaris »… dont la clé serait liée à Keefe, qui tente en vain de se dépêtrer de son passé. 

Tout comme pour les quatre premiers tomes, on ne peut plus s’arrêter une fois le livre commencé ! Quand j’ai fini ce tome et comme je n’avais pas le tome 6, je n’avais tellement pas envie de quitter cet univers que j’ai relu les tomes 1 et 2 pour y rester !

Eléa, 11 ans -6ème, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène