Le baiser de Maria Elisa, de Michel Piquemal

Philippe Jalbert et Michel Piquemal - Le baiser de Maria Elisa.Avec sa classe, un jeune garçon, dont le prénom n’est pas révélé, est en visite au musée Saint-François de Porto, où il habite. Si les salles du rez-de-chaussée  ne l’intéressent pas vraiment,  le sous-sol le fascine : tombeaux, crânes, ossements… des catacombes à la hauteur d’un décor d’Halloween ! Mais lorsque notre narrateur fait tomber ses clés à travers une grille et qu’il doit aller seul les récupérer, il n’en mène pas large… La présence d’une ombre n’est pas faite non plus pour le rassurer… Va-t-il mériter le baiser promis par son amoureuse secrète Maria Elisa pour son courage ?

Un tout court roman plein d’aventure, de suspense, à la lisère du fantastique, dans un décor de train fantôme… et avec une note de romanesque et un peu de dépaysement ! Une enquête au dénouement rapide qui ne laisse pas le temps de s’ennuyer. Que demander de plus pour nos jeunes lecteurs dès le CE1 ?

Angels can fly, 1. Le chant des murmures, d’Anaïs Montreau et Sandra Szaja

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

A des centaines d’années de nous. Dans un nouveau monde où le gouvernement cache des choses, il est difficile d’évoluer sans se sentir observé ! Dans un monde où règne l’intelligence artificielle et les robots, survivent trois jeunes filles :

Zoé est une jeune fille sans histoire, appréciée par le directeur de son école car très travailleuse. Elle vit tranquillement sa vie de citoyenne.  Elle est bonne élève et vit dans un quartier chic où les robots sont partout.

Sa meilleur amie, Leïla est  moins travailleuse et plus rebelle. Elle est moins riche que Zoé et ne possède pas de robot.

Héloa, qui vient de s’installer avec son frère Thiago et leur mère dans cette grande ville  qu’ils ne connaissent pas. Leur but en s’installant ici : reprendre leur vie du début, dans l’espoir de ne pas éveiller les soupsçns sur leur identité.

Lorsque Héloa entre dans l’école de Zoé et Leïla,  tout de suite, elle et Leïla sympatisent. Zoé est plus distante et sur ses gardes car on ne sait rien de cette fille qui dessine alors que cette pratique a disparu ! Que cache t-elle ??                                                                                                                                                                                                                                                                                         

Une histoire de science-fiction dans un monde éloigné du nôtre, et pourtant si proche, en particulier dans les émotions et dans certains sujets de société abordés.

J’ai bien aimé ce livre même si j’ai mis un peu de temps à entrer dedans, car au début, je  trouvais que la construction du récit était un peu brouillon et que le groupe de rebelles qui s’oppose au gouvernement n’était pas assez mis en avant. Le duo de personnages, l’une bonne élève et l’autre un peu rebelle manquait un peu d’originalité même si cette une recette qui marche bien.

Je le conseille tout de même car il apporte une vision intéressante du monde, du gouvernement, de l’engagement, du pouvoir. J’ai trouvé également que le titre était très beau et qu’il donnait très envie de le lire, de même que la couverture lumineuse et très réussie. Un livre de dystopie intéressant qui aborde les thèmes classiques du genre. 

Judith, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

En exergue, une citation de Albert Einstein qui fait réfléchir  :

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.

Le carnet d’Allie, 1. Le déménagement, de Meg Cabot

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Je m’appelle Allie et j’aime inventer des règles de la vie de tous les jours que moi et mon entourage devront respecter. Et ces règles, je les inscris dans un carnet.  Comme par exemple une règle de l’amitié qui est de traiter tes amies comme tu voudrais qu’elles te traitent. Mais je ne fais pas que ça… vous le découvrirez en lisant ce livre !

J’adore ce livre. Il pousse à lire les autres livres de la série tellement il est bien (8 en tout à ce jour – mais le CDI ne possède que le premier tome pour l’instant) ! J’ai beaucoup aimé le passage du déménagement qui chamboule la vie d’Allie. Mais il se passe plein d’autres choses tout au long de la lecture, du coup on ne peut pas refermer le livre comme ça. Ce qu’il y a de plus important, ce sont les relations entre les personnages,  soit avec de bonnes personnes -c’est ce qu’on appelle l’amitié- , soit avec de moins bonnes. Mais le plus dur pour Allie, ce sera de tout quitter pour ouvrir une nouvelle page de vie. Ce roman est illustré en rose et blanc de manière humoristique. 

 

Léana, 6ème, membre des dévoreurs de livres d’Arsène

L’enserpent, Eric Simard

Héloïse, élève de CM2 est complexée par une tache de naissance qui couvre entièrement sa joue gauche. Elle sent constamment sur elle les regards gênés, au mieux surpris, au pire dégoûtés… Alors, lorsqu’un nouvel élève arrive dans la classe et que personne ne veut le voir s’asseoir à côté de lui parce qu’il est différent, Héloïse écoute son coeur et cherche à s’en faire un ami. Sa différence ? Guéri par des gènes d’animaux, il est devenu un « enserpent », c’est-à-dire, un enfant serpent, humanimal dont la moitié droite de son visage est couvert d’écailles et qui, en plus, ne peut pas parler… 

Un roman très court, entrée en matière au genre de la science-fiction, sur l’amitié, la différence, la tolérance, l’acceptation de soi et des autres. 

Qui a découvert la Dame à la Licorne ? , de Claudine Aubrun

Nino est en classe verte dans la Creuse. Au programme : visite du château de Boussac, où avaient été découvertes au 19ème siècle les tapisseries datant du Moyen Age de la Dame à la Licorne, exposées actuellement au musée de Cluny à Paris. Lors d’une cérémonie organisée à la mairie, le jeune garçon et sa camarade Eugénie surprennent une conversation téléphonique du maire  concernant la découverte de deux nouveaux panneaux  de la Dame à la Licorne… Nos deux écoliers décident de mener l’enquête pour trouver où sont cachés ces panneaux …

Une petite enquête pour jeunes lecteurs (lue en une quinzaine de minutes) qui apporte en même temps un peu de culture générale sur de magnifiques tapisseries médiévales extrêmement connues. Les différents titres de cette série « Les enquêtes de Nino », de la collection Polar – Mini syros laissent présager le même concept – même si le CDI ne les possède pas – : Qui a cassé le miroir du Roi-Soleil, Qui a démonté la tour Eiffel, Qui a volé l’assiette de François Ier, etc… Une enquête comme prétexte à découvrir des faits majeurs de notre Histoire. 

 

Chère maman, de Sylvie Baussier

Une femme, mère d’une adolescente de 12 ans, décide de commencer un journal intime sous forme de lettres adressées à sa propre mère. Elle ne pense pas être capable d’envoyer un jour ces lettres mais a besoin de mettre des mots sur la douleur ressentie depuis toujours face à la froideur de sa mère à son égard, à une mère qu’elle n’a plus jamais appelé « maman » depuis l’âge de huit ans. 

Tu es une pierre dans l’eau froide d’un torrent. Tu es le métal qui colle à la main quand on veut le retirer du congélateur, qui arrache un lambeau de peau et un cri d’effroi. Tu es mon étrangère.

Je suis censée être une adulte, depuis longtemps. Je suis même devenue maman. Et pourtant, ce vieux chagrin est toujours tapi en moi ; parfois il se redresse et réclame son droit à me pourrir la vie. J’ai à la fois deux ans, huit ans, quinze, vingt, trente… Nous sommes tous nos âges à la fois, n’est-ce pas ?

Un jour, son carnet, si précieusement gardé dans une poche secrète de son sac, disparaît…

Un récit très court, à deux voix, celle de la jeune mère qui écrit ses lettres en commençant par un « Chère maman » distant et celle de sa fille, une adolescente de 12 ans, qui, elle aussi, va écrire des lettres à sa mère, les commençant par un « Mamounette chérie » complice et tendre.

Deux vécus très différents d’une relation à la mère qui construit l’adulte de demain. Sans violence, avec compréhension et espoir malgré le manque de tendresse, la jeune femme se raconte, avec ses failles et ses douleurs, dans sa quête profonde d’un amour maternel absent. C’est sa fille adolescente qui lui permettra d’affronter ses démons et de mieux comprendre et vivre son histoire.  Il n’y a pas seulement la violence physique qui peut créer une douleur dans sa relation au parent. La froideur, le manque de tendresse peuvent être un frein tout aussi puissant à la construction de soi et  rester présent à l’âge adulte si la communication ne s’établit pas entre les deux. Mais cela n’est pas une fatalité, en devenant mère à son tour, il est possible de casser ce schéma douloureux.

Un beau récit épistolaire sur l’amour maternel. En fin d’ouvrage, une petite interview d’une psychologue ethnologue dresse les portraits des différents amours maternels existants.

Petite anecdote  que j’ai appris dans ce livre et que j’aimerai partager avec vous : à l’intérieur des pépins de pommes se trouve une petite amande comestible. Ma jeune fille de 5 ans aime désormais ce petit moment de partage complice, même s’il est assez difficile pour moi de lui  récupérer cette amande vue la taille du pépin.