Lou après tout, 2. La communauté, de Jérôme leroy

Survivre pour un nouveau bonheur ?

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Nous retrouvons le monde noir dans lequel nos héros essaient tant bien que mal de survivre. La douleur et l’incertitude d’un futur auquel on ne croit plus, la question de l’utilité ou non de se battre pour survivre est de nouveau le thème de ce nouveau volet.

Les personnages sont tout aussi touchants, fragiles, attachants et tellement vrais. On retrouve également les alternances passé-présent. Autant d’ingrédients qui font qu’on ne peut se détacher de ce roman qui, pour moi, est un véritable coup de cœur. La communauté serait elle peut-être un début d’espoir. Il nous renvoie au collectif, alors y aurait-il de la lumière dans ce futur si sombre ?

Je ne peux vous en dire plus sur ce tome 2 de peur de trop dévoiler le premier. J’étais à la fois excitée et curieuse de me lancer à l’assaut de ce second roman, le second d’une trilogie. Je n’ai pas été déçue et je ne peux que vous le conseiller.

Je tiens également à préciser que les deux tomes font souvent référence à Guillaume Apollinaire. La poésie restera tout au long du périple de nos héros, un refuge, une aide à la survie, une sorte de protection intellectuelle pour supporter la déchéance. J’avoue que les vers cités, font du bien et quelque part apaisent non seulement les survivants mais aussi les lecteurs. C’est une sorte de bol d’oxygène dans ce dédale de cadavres, dans ces odeurs de sang.

Chair de poule, de R.L Stine

Venez frissonner de peur et de plaisir !

Image illustrative de l'article Chair de poule (collection)

On aime se faire peur. Enfant, qui n’a jamais lu le soir sous un drap, à la lueur d’une lampe torche, des histoires de monstres à ne pas fermer l’oeil de la nuit ? Et c’est plus fort que nous, on sait qu’on va trembler, qu’on sera paralysé par la peur mais qu’importe. Alors faites le plein de sensations fortes en vous plongeant dans les livres de la série Chair de poule, des romans destinés aux jeunes lecteurs, publiés en France dès 1995. La couverture de chaque récit est mystérieuse et effrayante jouant avec les couleurs et les images. Ce sont toujours des histoires mettant en scène des enfants et des adolescents, confrontés à des phénomènes étranges, à des personnages «cauchemardesques» tels des momies, des fantômes, des loups-garous…. Mais l’auteur évite toujours de tomber dans l’horreur. A chaque Chair de poule un nouveau décor, tantôt l’Egypte, tantôt l’Angleterre, les Etats-Unis, un cocktail d’angoisse, de peur et de suspense. La 4ème de couverture indique que ces romans peuvent être lus dès 9-10 ans.  En 2012, Chair de poule a fêté ses vingt ans.

La série compte plus de 70 ouvrages. Le CDI en possède plus de 20 dont vous trouverez la liste ici !

Moi et ma bande -voyage en terre très très lointaine – de Timo Parvela / Zelda Zonk

Des vacances pas comme les autres…

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La classe d’Ella, qui a participé à un concours, a gagné un voyage au soleil. Les enfants sont excités, le maître est ravi. Mais tout ne va pas se dérouler comme prévu … ce qui va perturber quelque peu cette expédition. La petite bande va se tromper d’avion, perdre les bagages, bref un séjour qui s’avère être mouvementé et qui les mènera en Laponie, au pays du Père Noël… Le voyage risque de ne pas être de tout repos et le maître va en voir de toutes les couleurs  !

Un roman jeunesse plein de fraîcheur et d’humour qui fera passer un joli moment de lecture aux 7-11 ans. Les événements, racontés par Ella, notre jeune narratrice, s’enchaînent rapidement. On prend donc part à l’histoire à travers ses mots et ses yeux. Une histoire pétillante avec de belles illustrations teintées de bleu, un rappel sans doute de la couverture, qui montre qu’il faut toujours prendre le côté positif des choses, profiter à fond de la situation surtout si on peut s’amuser !

A signaler que le livre est écrit selon la réforme de l’orthographe de 2016.

Panique dans le train de Hazel Townson et Philippe Dupasquier

Comment imaginer qu’une simple sortie scolaire aux musées des sciences et des transports qui au départ ne motivait pas beaucoup de monde pouvait réserver tant d’aventures et d’émotions à ses participants…

 

Parmi les élèves de cette classe de primaire, Lenny est celui qui demande le plus de surveillance et compte tenu de son statut de cancre, la maîtresse évidemment ne le croira pas quand il viendra lui raconter entre autre une sombre histoire de bombe qui va faire sauter le train et tous les voyageurs qui sont à bord. Qu’à cela ne tienne pour Lenny qui, accompagné de son plus proche camarade et ami, tentera d’éclaircir le mystère, de se sortir de situations périlleuses voire dangereuses en faisant appel à ses nombreux talents de magicien. Au final, tout finira bien mais le héros qui sera mis à l’honneur ne sera pas le bon et le magicien restera légitimement blessé dans son orgueil.

 

Un romain très rapide à lire dont le suspense et les rebondissements sont permanents.

La spirale de Sophie Bénastre

Quand tout bascule…

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Lou et Joshua sont des amis inséparables. Ils n’ont aucun secret l’un pour l’autre. Mais depuis quelques temps, Lou est inquiète, elle ne reconnaît plus son ami. Certes, ses parents sont en plein divorce et Joshua doit se partager entre son père et sa mère. Une semaine chez l’un, une semaine chez l’autre. La situation est difficile pour le jeune garçon. Lou est cependant très intriguée par le comportement de Joshua au retour de chez son père. Il sent mauvais, il a les traits tirés, les devoirs ne sont pas faits. Au contraire, lorsqu’il est chez sa maman, tout a l’air de bien allé. Lou essaie d’en parler à son ami mais celui-ci l’évite et coupe court à la conversation.

Un soir après l’école, la jeune fille décide de suivre secrètement Joshua. Ce qu’elle va découvrir va la bouleverser.

Ce roman de littérature jeunesse traite du délicat sujet de la séparation, de la perte d’emploi, de la vie qui bascule quand la vie familiale éclate. Au milieu, il y a l’enfant qu’on doit protéger, auquel on doit assurer un niveau de vie suffisant pour son bien être physique et mental.

Ce court roman au ton juste fait partie de la collection « Droits de l’enfant » des éditions Oskar et permet d’aborder l’article 27 de la Convention internationale  des droits de l’enfant suur le niveau de vie : « Tout enfant a le droit à un niveau de vie suffisant à un développement physique, mental, spirituel, moral et social. »

Même les princesses doivent aller à l’école, de Susie Morgenstern

Moi, princesse et alors !

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La vie d’un roi n’est pas toujours rose. Surtout quand les affaires vont mal, que le château de 57 pièces tombe en ruine, que les festins se transforment en maigres repas, que le personnel n’est plus. L’existence de la princesse Alyestère, 8 ans, est bien fade. Plus de précepteurs, pas d’amis, sa mère qui passe son temps au lit et un père qui lui rabâche à longueur de journée « N’oublie pas que tu es une princesse !». Oui et alors ? Elle est seule, elle s’ennuie, plus personne ne vient au château hormis les créanciers.

Mais un jour, bonne nouvelle : la famille déménage pour un 3 pièces, dans un immeuble. Alyestère est aux anges, elle renoue avec le confort, simple c’est évident, mais quand on a tout perdu c’est le paradis ! En immersion dans la vie des communs des mortels, il y a de l’animation dans les rues et surtout la princesse voit des enfants de son âge. Mais où vont-ils tous les matins ? Curieuse, la princesse se met à suivre une bande de gamins. Elle arrive près d’un bâtiment où elle aperçoit bon nombre de garçons et de filles qui sautent partout, crient, jouent. Mais que font-ils ? Pourquoi sont-ils tous là ? Quand elle découvre que tous vont à l’école, elle va supplier son père de la laisser les suivre. Cela ne va pas être facile de le persuader, Alyestère est une princesse, sa princesse.

Une belle petite histoire qui met l’accent sur les différences sociales. Alyestère est une princesse. Certes, mais une princesse qui s’ennuie et qui est coupée de toute vie sociale, à cause de son statut. A 8 ans, elle ne sait pas ce que c’est que d’avoir des amis. Elle a toujours eu des professeurs à domicile, tout du moins du temps où ses parents avaient les moyens. Son titre lui interdit de se mélanger à la classe sociale populaire. Mais Alyestère va bousculer le protocole. On peut être princesse et préférer la compagnie des gens simples. Princesse ou pas, le principal est de trouver sa voie et de faire ce qu’on aime !

Le pays des contes, de Chris Colfer

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Le sortilège perdu

Les trois tomes de la série « Le pays des contes » retracent les aventures de  Conner et sa soeur Alex, des jumeaux de 12 ans. Pour leur anniversaire, leur grand-mère leur offre un livre ancien, Le pays des contes. Des histoires qu’elle leur lisait quand ils étaient petits. Mais quelques jours plus tard,  le livre semble s’animer et aspire les enfants dans un monde parallèle. A partir de ce moment, ils vont traverser un univers où les contes  vont devenir réalité. Mais à un détail près, les héros des histoires vont être détournés de  leur vraie nature, ils n’auront pas la vie qu’ils pensaient avoir. Ainsi, le chaperon rouge n’a plus peur du loup, Boucle d’or est une vraie peste… Alex et Conner vont rencontrer des personnages qui ont tous leurs problèmes comme n’importe quels humains. Ce monde féérique est aussi amical qu’impitoyable. Bien que le voyage semble plaisant, Alex et Conner vont devoir songer à rentrer. Mais pour espérer retourner auprès de leur mère, les enfants seront dans l’obligation de rassembler huit objets particuliers.

On reste dans la fiction  mais du coup, les protagonistes sont plus réels. Alex et Conner sont de grands fan de contes qu’on découvre à travers leurs yeux. Ils sont émerveillés et nous partageons sans retenue leur enthousiasme. La vie ne les a pas épargnés, leur père est décédé un an plus tôt et leur maman doit travailler dur pour les élever, donc cette évasion va chambouler leur vie de belle manière. Une grande aventure s’ouvre à eux, une aventure au cours de laquelle ils vont découvrir que leur père venait des pays des contes avant de se marier. Ils sont donc les enfants des deux mondes.

Chris Colfer respecte les « vrais contes », il en a fait quelque chose d’original  en écrivant ce qui arrive aux personnages après ce qu’on connaît déjà d’eux. Un récit enchanteur, un véritable retour en enfance.

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Le sortilège perdu est suivi de Le retour de l’Enchanteresse et de L’éveil du dragon disponibles au CDI.

 

Dictionnaire D mots tordus, de Pef

Pour vous les glaçons et les petites billes…

Il était une fois un beau prince qui devait épouser une belle princesse et bla bla bla bla bla bla…On sait comment ça commence, on sait comment ça se termine. Ils vécurent heureux et eurent plein d’enfants. Mais non, marche arrière on reprend. Il était une fois un prince, oui mais pas comme les autres. En fait, le vocabulaire et lui ça fait deux. Il tord tous les mots, les grands, les petits ! Ce qui est extraordinaire c’est que tous ses amis ont été pris par cette même folie. Alors que faire de tout ça, si ce n’est de les répertorier dans un dictionnaire bien à part. Tout y passe, on parle de tout, on déforme tout. Mais qu’est ce qu’on s’amuse !

Ce petit livre est divin, plein d’humour, loufoque. On passe un très bon moment à deviner les véritables mots qui se cachent derrière les mots tordus. Quelquefois, ce sont les définitions qui sont tordues. Pef manipule la langue avec beaucoup de talent. Un livre à partager sans modération. Je pense néanmoins que les textes sont destinés à un jeune public ayant déjà une petite maîtrise de la lecture. Je vous laisse car c’est la fin et comme dirait Pef « quand on a fin, il faut commencer à manger».

La Miss, de Frank Andriat et André-Paul Duchâteau

La coupable idéale

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C’est reparti pour Clément, quatorze ans, et sa petite sœur Alice, 7 ans. Ils déménagent pour la énième fois. Pourtant, ça fait 6 mois qu’ils sont avec leur mère Bérénice, dans un village paisible, dans une maison sympa. Bérénice semblait sereine, calme et souriante. Que se passe-t-il alors ? Depuis quelques temps, l’adolescent trouve le comportement de sa maman étrange. Elle est nerveuse, n’ouvre plus son courrier. Le frigo est souvent vide, elle oublie de faire les courses…. Le rêve de Bérénice est de devenir miss, de faire la Une des journaux. C’est d’ailleurs ce qui, entre autre, a causé la rupture de son couple. Les disputes fréquentes ont mené au divorce. Elle s’impose un certain train de vie ne voulant que le meilleur pour ses enfants. Mais voilà, vivre au-dessus de ses moyens a des conséquences qui peuvent être catastrophiques.

Clément n’est pas dupe… A chaque fois qu’ils changent d’endroit, c’est le même scénario : au bout de quelques semaines, Bérénice fuit les propriétaires, reste terrée, ne répond plus au téléphone, n’ouvre plus sa porte. Les lettres de relance et d’impayés s’entassent. Ici, la situation s’envenime quand des vols ont lieu dans le village. Depuis quatre mois, les habitants sont victimes de gens mal intentionnés. Bérénice sort le soir pour ses show de miss et fréquente parfois des personnes peu appréciées des villageois. Forcément, les regards accusateurs vont se poser sur elle et ses relations. Une enquête de police est lancée et tout porte à croire que « la bande de la miss» comme beaucoup la surnomme, n’est pas étrangère à l’affaire. Clément va alors livrer une grande bataille pour redresser la situation et surtout pour sortir sa maman d’une situation très compliquée.

La famille de Bérénice ressemble, somme toute, à beaucoup d’autres. Une mère qui élève seule ses deux enfants depuis son divorce, qui a du mal à joindre les deux bouts et qui croule sous les dettes. L’histoire nous enseigne également que l’on juge vite sans connaître, toujours sur des a priori. Les erreurs du passé se transforment en méfiance pour le futur. Aucune chance de s’en sortir, de montrer qu’on peut changer. Les enfants sont très exposés dans ces cas-là, il faut que les adultes leur expliquent la situation pour qu’ils comprennent. La miss est bien plus qu’une banale histoire de famille, c’est un polar rondement mené par Franck Andriat et André-Paul Duchâteau. 

Au bout du cerf-volant, de Hélène Montardre

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Mathieu est un petit garçon de 10 ans dont la vie a basculé. Son papa s’est suicidé et tout le quotidien de sa famille s’en est trouvé retourné : Déménagement, une maman qui traverse une grave dépression. Elle ne sort plus, ne peut plus s’occuper de Mathieu et de Julien son petit frère. Mathieu se fait beaucoup de souci pour elle et chaque soir quand il rentre de l’école c’est la peur au ventre. Comment va t-il retrouver sa maman ? Va t-elle le laisser comme son papa ? Mathieu est courageux, il prend en charge son frère, les courses après l’école. Un jour, il décide d’aller se promener en ville avec Julien. Au détour d’une rue, les enfants vont assister à un tournage de film, plus exactement à une scène mettant en opposition un groupe d’enfants qui se battent pour un cerf-volant. Mathieu tombe en admiration devant ce cerf-volant. Le metteur en scène l’invite à revenir le lendemain et plus encore. Le tournage va durer une semaine. Le jeune garçon en parle à sa maman un soir où celle-ci va un peu mieux. Son enthousiasme est contagieux et pour la première fois depuis longtemps, un rayon de soleil entre dans l’appartement. Mathieu va alors s’inventer un monde de fantaisie autour de ce cerf-volant.

Hélène Montardre nous présente des personnages blessés, meurtris, anéantis par la mort d’un proche. Ce petit garçon, Mathieu, est étonnant de courage prenant sous sa coupe un petit frère qui pense que son papa est parti et une mère éteinte par le chagrin. Si jeune et déjà face à de lourdes responsabilités. Et puis il y a la crainte que sa maman disparaisse à son tour.

Le récit va prendre une autre tournure avec l’apparition de ce cerf-volant. Au bout du cerf-volant la vie, une renaissance ?

Une belle histoire qui touchera tous nos lecteurs qui pourront aussi connaître l’origine des cerfs-volants, savoir comment en fabriquer. En effet, Hélène Montardre a constitué une petite documentation très instructive à la fin de son livre. On y découvre aussi comment se réalise un film et quelques renseignements sur l’écriture chinoise.

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