Léonard de Vinci, un drôle d’oiseau, de Mano Gentil

Léonard de vinciUne autobiographie fictive, écrite à la première personne, où le narrateur serait Léonard de Vinci âgé de 63 ans.

Né le 15 avril 1452, enfant illégitime à qui l’on a donné une formation d’artisan, Léonard de Vinci a très vite été remarqué par ses dons exceptionnels.

Souvent mes maîtres m’ont dit que j’avais ce je ne sais quoi qui me laissait à part des autres élèves, qui m’élèverait ou me ferait tomber. En cela, ils disaient vrai. Je suis passé tout au long de ma vie par des hauts et des bas que je vous conterai plus loin, si vous prenez le temps d’écouter l’histoire de ma vie.

Alors, écoutons ce parcours extraordinaire d’un homme hors du commun, génie universel de la Renaissance, qui fut à la fois peintre, architecte, ingénieur, musicien, etc., mais dont le parcours ne fut pas tracé en ligne droite. Car le plus grand défaut de Léonard de Vinci était qu’il avait du mal à finir ce qu’il commençait… probablement parce que son cerveau allait trop vite ! Passionné par tout, perfectionniste,  il ne pouvait s’arrêter à une chose, malgré la pression et les attentes des mécènes et des clients… quitte à décevoir !

-Ton plus gros défaut est ta fainéantise ! Tu commences tout et tu ne finis rien. Mais peut-être me diras-tu qu’il ne s’agit pas de flemme, mais plutôt de ne pas finir pour ne jamais toucher à la perfection. – Le perfection n’existe pas ! […]Toute ta vie, tu vas osciller entre le travail et l’oisiveté. En cela, tu es un vrai fainéant ! Tu commences avec beaucoup d’enthousiasme, et tu laisses tomber pour vite t’intéresser à autre chose…

Une biographie intéressante qui, en prenant le parti pris de la première personne, nous rendent Léonard de Vinci proche de nous. Ses faiblesses ne nous sont pas caché, ni sa situation familiale atypique et moderne ou sa rivalité envers Miche-Ange, ce qui nous le rend très humain. 

A la fin de l’ouvrage, un petit lexique et un dossier très intéressant complètent le récit : biographie de Léonard de Vinci, mais également reproduction de tableaux et de croquis, des informations sur les découvertes scientifiques et techniques de l’époque (astronomie avec Copernic et Galilée, médecine, imprimerie avec Gutenberg, etc), sur les idées qui circulent, mais aussi quelques faits historiques. 

Les mathématiques en scène, collectif – sous la direction de Dominique Mégrier

Jouer avec les mathématiques…

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Dominique Mégrier est comédienne et professeur de théâtre. Elle est persuadée que l’art et la culture peuvent faire bon ménage et ainsi sauver de biens des maux ceux qui s’y collent. Les mathématiques en scène en est la preuve. Tout peut se jouer, une mise en scène pour résoudre des énigmes, des opérations, pour comprendre les nombres. Un bon moyen pour se réconcilier avec les mathématiques, une façon très originale d’aborder le monde du calcul. On ne s’attend pas du tout à rencontrer des mathématiques comme fil conducteur de pièces de théâtre et pourtant le résultat en vaut la chandelle. Le théâtre au service des sciences, pari réussi.

Pour chaque pièce, des contraintes ont été données à l’auteur : le nombre de pages, le thème mathématiques, le style d’écriture, l’action et la citation. Ce recueil ne se substitue pas aux leçons mais peut compléter ou consolider des acquis. Il se lit avec plaisir et avec une certaine curiosité.

Du coq à l’âne : Les animaux racontent l’art, de Claire d’Harcourt

Les animaux en images…

 

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Les animaux sont à l’honneur dans ce superbe album d’images, qui est un véritable voyage à travers l’art. La première page offre une belle illustration de l’arche de Noé, dans lequel le lecteur s’invite sans retenue. A toutes les époques, l’animal a été une source d’inspiration pour le peintre ou le sculpteur. Au temps de la préhistoire, l’homme le dessinait déjà sur les murs des grottes. Chaque oeuvre transmet à sa façon, un message et on va vite se rendre compte que l’image de l’animal n’est pas la même selon les civilisations et les époques.

On se promène dans cet ouvrage haut en couleur comme dans un musée. Beaux spécimen qui attisent la curiosité au fil des pages. L’auteur a réparti son ouvrage en trois catégories : les pelages et fourrures, les ailes et les plumes, les peaux, écailles et carapaces. Chaque espèce est représentée par une double page.

En annexe, un petit dossier qui nous indique l’endroit où sont exposées les créations et des fiches sur chaque bête citée dans le documentaire.

Le collectionneur d’instants, de Quint Buchholz

La magie d’un instant…

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Le collectionneur d’instants c’est avant tout une histoire d’amitié entre Max, un peintre et un enfant violoniste, le narrateur. Max s’est installé sur une île et immortalise des moments en les peignant. L’enfant aime venir flâner dans son atelier mais jamais ne voit ce que l’artiste produit. Une fois terminées, les peintures sont disposées à l’envers contre un mur. Max raconte de nombreuses histoires qui fascinent le jeune garçon. Durant l’été, Max s’absente quelques jours et confie les clefs de son atelier à l’enfant. Et là, on découvre avec fascination les œuvres magnifiques de Max.

Le collectionneur d’instants nous offre des tableaux merveilleux, sensibles, semblables à des photographies. On s’attarde sur cette esthétique presque irréelle, ne sachant  jusqu’où la réalité flirte avec l’imaginaire. La musique est présente tout au long de l’album et accompagne véritablement ces chefs d’oeuvre. Chaque tableau raconte une histoire, il y a du mystère, du rêve. Les dessins n’illustrent pas le récit mais constituent une très belle exposition. On ne connaît pas l’histoire de ces tableaux qui font référence à une enfance perdue qui renaît à travers la peinture. Le récit fait pénétrer le lecteur dans l’atelier du peintre et le fait s’interroger sur cette capacité à créer, à imaginer. De quoi naît une inspiration, comment travaille un peintre ? Cet album est une réelle invitation au voyage.

Arts & sciences, de Philippe Nessmann

De nouvelles perspectives…

Les arts et les sciences sont-ils aussi opposés qu’on pourrait le penser au premier abord ? Les activités des artistes et des scientifiques semblent être très éloignées les unes des autres mais leur point commun n’est-il pas d’essayer de comprendre le monde, par l’esthétisme pour les uns, par les lois qui le régit pour les autres. A la Renaissance, le lien entre ces deux domaines est très visible : savants et artistes travaillent la main dans la main pour illustrer les traités et pour comprendre comment représenter un monde au plus juste. Léonard de Vinci est en cela un exemple de génie universel qui a touché à tous les domaines pour tout comprendre, tout représenter : peintre, architecte, astronome, botaniste, etc. A la Renaissance également est découvert la perspective et ses lois qui vont littéralement révolutionner la représentation du monde en 2 D par les artistes. Nombre d’or, anatomie, botanique, chambre noire, météorologie, couleurs de synthèse, photographie, béton armé ou plastique, informatique, nucléaire, autant de thèmes abordés dans les différents chapitres de ce livre pour dresser un aperçu riche et très instructif de l’apport des sciences dans le monde de l’art.  Un ouvrage complet, bien documenté et bien construit, à la portée de tous par son propos clair et ses exemples bien choisis. Certains marqueront forcément le lecteur comme l’artiste qui s’est fait greffer une oreille sur le bras, ou le robot tagueur fou ou le joli tournesol électronique haut de 11 mètres qui éclaire les rues de Tokyo. On y apprend beaucoup de choses et retrouvons avec un plaisir certain des artistes qui nous sont chers !  Une plongée dans la connaissance, à lire sans hésitation.

Art et politique, de Nicolas Martin et Eloi Rousseau

We don’t need another hero

Un ouvrage passionnant pour comprendre comment l’art  peut être une forme de pouvoir. Parfois, les artistes se mettent au service du pouvoir dominant, et leur art devient instrument de propagande, même d’un pouvoir totalitaire. Parfois, au contraire, les artistes se mettent au service de mouvements contestataires pour dénoncer l’oppression, les injustices, parfois au péril de leur vie.

Cet ouvrage, abondamment illustré, présenté de manière très agréable et aérée, en courts chapitres bien construit, dresse un aperçu à travers l’Histoire de l’artiste qui est là  non seulement pour représenter le monde, mais bien aussi pour le faire bouger ! Les différents mouvements sont présentés (du portrait de cour aux surréalistes, du réalisme au constructivisme), ainsi que différentes techniques ou supports (street art, affiches, photomontages, détournements, etc). Cet ouvrage s’articule autour de 7  thématiques présentées en chapitres : Révolte, Guerre, Révolution, Dictature, Dissidence, Luttes, Mondialisation. La palette d’artistes cités permet de plus  un éventail très large et varié  : David, Goya, Grosz, Warhol, Bansky, Heartfield, Ai Weiwei.

 

La verluisette, de Roberto Piumini

De l’ombre à la lumière…

Résultat de recherche d'images pour "la verluisette"Madurer, 11 ans, est un enfant malade condamné à rester dans sa chambre. Le soleil, la poussière nuisent à sa santé, il ne peut donc plus sortir. Son lieu de vie doit également être dépourvu de fenêtres. Son père, le vizir Ganouan, est désespéré et décide de faire appel à un peintre, Sakoumat, pour embellir d’images et de couleurs les murs du palais. Madurer n’est pas un enfant triste, il est, malgré tout ce qu’il vit, plein de vitalité. Sakoumat va l’ouvrir sur un monde extérieur merveilleux qui va prendre vie du bout de ses pinceaux. L’artiste va faire entrer le côté de l’existence dont ne peut plus profiter l’enfant.

La Verluisette est un beau conte d’amitié entre un enfant dont la vie se résume aux murs de sa demeure et un peintre qui dévoilera toute sa magie d’artiste pour lui offrir un monde qui lui sera propre. Une belle leçon de vie pleine de poésie. Aujourd’hu , il existe une maladie rare qui contraint les enfants à ne sortir que la nuit car la lumière directe leur brûle la peau. La sortie de jour est un vrai parcours du combattant car ils doivent porter une combinaison comme celle des cosmonautes, seul moyen efficace de lutter contre les rayons ultra-violets. Comme Madurer, leur vie est compliquée mais ils font preuve d’une énergie et d’une volonté qui forcent l’admiration.