Flashes, de Tim O’Rourke

les Dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Charley est une jeune ado dévastée par la mort de sa copine Natalie écrasée par un train. La jeune fille est un peu spéciale car Charley a des « flashes » qui seraient des visions ! Un jour, lors d’un de ces flashes, elle apprend  que Kerry, une jeune fille de bonne famille, morte écrasée sous un train, a en fait été assassinée !

Tom est policier depuis peu, il doit enquêter sur la mort de Kerry. Bientôt, son enquête va le faire rencontrer la mystérieuse et envoûtante Charley ! Ensemble, ils vont mener l’enquête sur ces morts de la voie ferrée.

Ce livre est bien, même si la fin peut être évidente, parfois il peut faire un petit peu peur. La fin est pleine de rebondissements et très détaillée. Charley est un personnage très attachant. Ce qui rend  ce livre agréable à lire c’est aussi le fait que l’auteur nous donne plein de détails tout en utilisant un vocabulaire fourni. Malgré les flashs qui pourraient le rendre fantastique, l’histoire reste avant tout un roman policier. Un petit bémol à l’histoire, c’est le fait que la relation entre Tom, le policier, et Charley soit trop rapide et évidente. 

Des corbeaux, dont le plumage était aussi noir que les vêtements de l’assistance, sautaient du haut des pierres tombales. Leurs ailes claquaient comme des coups de feu dans le matin sombre de décembre.

 

Judith, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène 

Témoins en danger, de Roland Smith

Pour échapper au patron du cartel de drogue Alonzo Aznar pour lequel travaillait son père, Jack Osborne et sa famille ont été soumis au dispositif de Protection des Témoins et ont dû changer d’apparence, d’identité et de lieu. Dans le premier tome « Disparition programmée », ils vivaient à Elko sous le nom de Granger. Mais Alonzo Aznar et ses sbires ont retrouvé leurs traces… Arrêté, celui-ci attend d’être jugé et le dispositif de protection se resserre autour de la famille de Jack. Désormais, les Osborne se retrouvent dans une petite station balnéaire de Caroline du Sud sous le nom de Greene, dans l’attente du procès où le père devra témoigner… Hélas, la soeur de Mack (alias Jack) se fait repérer en étant sélectionnée pour une émission musicale  télévision et la traque recommence…

« Pour tous ceux qui m’ont demandé : « Il se passe quoi ensuite ? » »

Voilà ce qui est mis en exergue au début du roman… Car nous avions quitté notre famille enfin réunie mais toujours sous protection judiciaire à la fin de « Disparition programmée » sans savoir ce qu’il allait advenir d’eux, de Jack, de son amour pour Cataline qu’il a dû quitter précipitamment, sans explication à la fin du premier tome. Un roman toujours sans temps mort, qui nous permet de clore cette histoire. Si vous avez aimé Disparition programmée, n’hésitez donc pas une seconde à lire la suite qui vous apportera tous les éclairages à vos questions laissées en suspens, même si elle n’est peut-être pas aussi trépidante et captivante que le premier volet. De l’action, des rebondissements, un brin de violence, un rythme rapide, bref, toutes les ficelles du thriller sont réunis pour les amateurs du genre… et une fin réussie quoiqu’un peu rapide.

Disparition programmée, de Roland Smith

Alors qu’il dormait déjà, Jack est réveillé par trois types qui ont pénétré dans la maison. Avec sa mère et sa soeur, ils se retrouvent ligotés, bâillonnés, violentés, Tous attendent que le téléphone sonne pour passer un message sans appel à leur père au bout du fil : « Si tu parles, ils nous tueront ». Pourquoi cette menace ? Dans quelle affaire sordide leur père a-t-il bien pu se fourrer ?

Mais bientôt, la police arrive, enquête et demande des explications… Perquisition, saisie de biens… Leur père aurait trempé dans un trafic de drogue lié à la mafia colombienne. Leur seule chance de survie : se soumettre au dispositif de protection des témoins, déménager, changer d’identiét, couper tous les liens avec son ancienne vie, se faire oublier, ne pas se faire remarquer, et espérer ne jamais être retrouvé…

Un thriller haletant, à destination des adolescents (les scènes violentes ne sont pas décrites dans les détails, les liens d’amitié sont forts, l’amour est au rendez-vous et la morale est sauve). Le gardien du  collège, personnage totalement atypique, va aider Jack à surmonter cette épreuve. Les personnages sont attachants, des petites histoires secondaires leur permettent de prendre vie dans notre imaginaire et enrichissent le roman. Ecrit par un auteur américain, celui-ci se situe aux Etats-Unis et nous fait voyager. On nous y décrit bien tout le dispositif de protection de témoin, les rouages de la justice, le chamboulement psychologique qu’un tel dispositif induit sur la vie personnelle des personnes concernées, la peur constante du faux pas, le choc psychologique des souvenirs de l’agression et la peur de la voir se reproduire.

Un roman sans temps mort, au scénario riche en rebondissements et au suspens constant. A lire pour les adolescents adeptes du genre, et leurs parents.

A suivre, un tome 2 : Témoins en danger ! Mais néanmoins  le tome 1 peut se suffire à lui-même.

L’île des disparus, 1. La fille de l’eau, de Camilla et Viveca Sten

Les humains n’ont pas de branchies…

Tuva, 12 ans, est une adolescente solitaire qui ne se sent jamais à sa place au milieu de ses camarades. Elle habite sur une île d’un archipel de Stockholm en Suède et se sent bien dans ce havre de paix entouré d’eau. Pourtant, depuis quelques temps des choses étranges viennent bousculer l’ordre établi : des gens disparaissent mystérieusement en mer. Bientôt, c’est un camarade de classe de Tuva, Axel,  qui disparaît lors d’une course d’orientation en forêt, un jour de brouillard. Tuva est alors témoin de phénomènes étranges : elle croise le chemin de Rasmus, l’ami avec qui Axel consitutait le binôme pour la course. Il semble hypnotisé et s’enfonce dans la forêt, dans une mauvaise direction, comme entraîné par des forces supérieures, guidé par de petites lumières qui scientillent autour de lui. Elle le sauve de justesse et se retrouve alors en première ligne de l’enquête menée par la police.

L’archipel de Stockholm, avec l’eau omniprésente et son brouillard semble le lieu idéal pour planter le décor angoissant de cette intrigue qui mèle thriller et fantastique dans un contexte de croyances nordiques  ancestrales.

Un roman pour adolescents écrit à quatre mains par un des grands noms de la littérature policière suédoise adulte actuelle – Viveca Sten – et sa fille Camilla Sten. Une ambiance et un décor particuliers où le chant des sirènes guident le lecteur vers un monde parallèle peuplé de monstres marins, de lutins, d’elfes, de changelins. Un premier tome qui, pour notre plus grand soulagement, se suffit à lui-même, ce qui ne nous empêche pas de vouloir lire la suite pour apprendre de nouvelles révélations.

A la fin de l’ouvrage, quelques pages très instructives nous alertent sur le problème environnemental de la mer Baltique, une petite mer intérieure faisant partie des mers les plus polluées au monde.

Stabat murder, de Sylvie Allouche

La musique adoucit les moeurs ?

Mia, Matthis, Sacha et Valentin  sont quatre jeunes pianistes,  brillants étudiants au Conservatoire nationale de musique de Paris. Ils s’entraînent sans relâche pour un concours international qui qui aura lieu dans un mois et qui pourrait lancer leur carrière. L’enjeu pour eux est si grand que plus rien ne compte à leurs yeux que les heures de cours avec leur professeur, le grand Laurent Sabonès et les heures de travail acharnées qu’ils font ensemble ou en solo chez eux. Alors, le jour où ils disparaissent, tous les quatre, on a du mal à croire qu’ils auraient simplement tout plaqué ! La commissaire Clara di Lazio est sur l’affaire. Fugue ? Enlèvement ? Elle cherche les indices, mais ceux-ci sont si minces… Et toute cette histoire la ramène tant à son histoire personnelle ! Elle sait que chaque minute compte et que si elle veut espérer retrouver ces jeunes gens vivants, il faut qu’elle soit plus fine que les ravisseurs… Et ce ne sera pas chose facile… Pas de témoins, pas de mobile apparent. Que s’est-il donc passé ?

Un roman policier rondement mené. La construction du récit permet d’entrer de plain pied dans l’action dès le premier chapitre. Car avant même de poser le décor, on se trouve dans le « Cube », lieu plongé dans l’obscurité la plus totale, où se trouvent séquestrés nos jeunes pianistes dans des conditions inhumaines et psychologiquement très dures, et on y ressent leurs angoisses, leur douleur, leur découragement. C’est un véritable trou noir dont on ressort pour des flash-back qui nous permettent de suivre le chemin qui les a mené là, de comprendre leur personnalité, et de s’attacher à eux. Parallèlement, on vit dans les méandres d’un commissariat, avec un travail d’équipe, où chaque personnalité compte également pour l’avancée de l’enquête. Chacun des personnages est particulièrement bien travaillé ce qui donne beaucoup de force à  ce roman, même les personnages secondaires, comme par exemple les parents des pianistes ou les jeunes lieutenants du commissariat. Sur toile de fond musicale tout à fait crédible et qui lui confère une touche d’originalité, ce thriller nous mène dans une tension qui ne cesse de croître,  alternant la vie des quatre pianistes et celle de la commissaire chargée de l’enquête. On a du mal à le lâcher et je pense que, même si la fin est assez prévisible pour les initiés et que l’enquête en elle-même n’est pas des plus originales, c’est une excellente entrée en matière pour les adolescents qui souhaitent aborder le genre du thriller/policier.

Le titre Sabat murder fait référence à l’oeuvre musicale de Pergolèse Stabat Mater dont le premier vers en latin est Stabat Mater dolorosa…. Vous comprendrez probablement la référence en lisant le livre… et si vous demandez à votre professeur de latin préféré la traduction !

Un thriller à l’écriture vive qui peut être lu sans hésitation pour les adeptes du genre ou ceux qui veulent le découvrir !

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Time zone, de Tristan Pichard

Nés un 29 février…

Manon et David sont élèves dans le même collège. Ils n’ont pas beaucoup d’affinités, le seul point commun qu’ils se trouvent c’est d’être nés un 29 février… Officiellement, leur anniversaire n’a lieu que les années bissextiles, c’est-à-dire tous les quatre ans. En général, ils le fêtent la veille ou le lendemain, mais jamais ensemble : ils ne sont pas du même milieu social, n’ont pas les mêmes centres d’intérêt ni amis. Mais, cette année, pour leur 14 ans, rien ne se passera comme d’habitude. Ce n’est pas une année bissextile, et le 1er mars, au matin, le temps va s’arrêter et les gens se figer. Eux, ne seront pas touchés. Pourquoi ?  Quel rapport avec cet homme qui semble suivre Manon depuis quelques jours et qu’elle croise dans cet espace-temps chamboulé ? Quel coup en profite pour préparer le dangereux malfrat Boris Lansky du fond de sa cellule ? Qui sont les Bartholons ?

Un thriller qui use d’un thème cher  à la littérature de jeunesse de science-fiction ou fantastique : comment survivre dans un monde où le temps s’est arrêté, où une partie de la population disparaît (même si ici ce ne sont pas les adultes qui désertent le navire comme dans la série des bandes dessinées Seuls ou la tétralogie U4). Une société secrète,  des jeunes qui doivent se débrouiller et qui ont du courage et de la volonté, des personnages variés… Mais j’avoue que dans l’ensemble, je n’ai pas vraiment accroché. J’ai trouvé le tout un peu facile (en particulier la révélation p. 129 qui n’apportait pas grand chose au récit),  et malgré les rebondissements, j’ai trouvé que le tout manquait de profondeur. Les deux histoires de la société secrète des Bartholons d’une part et de la bande de criminels de l’autre  n’étaient  pas assez développées pour que l’on s’attache aux personnages, et que l’on adhère totalement à l’organisation secrète et au plan machiavélique à déjouer. Mais cela n’est qu’un avis personnel et ce livre peut plaire aux adolescents car il se lit vite, on n’a pas le temps de s’ennuyer et ils peuvent s’identifier aux deux jeunes personnages Manon et David. J’attends des commentaires pour des avis différents !

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Brothers, de Sylvie Allouche

Trafic

Ben et Bruno en ont marre de voir leur mère trimer à faire des ménages pour arriver difficilement à joindre les deux bouts. Depuis le décès de leur père, le quotidien est bien difficile dans leur HLM de banlieue. Alors, les deux frères jumeaux acceptent, pour de l’argent « facile » de tremper dans des magouilles de voitures de luxe volées. Lorsqu’ils repèrent dans un terrain vague une Jaguar toute neuve, ils pensent que la chance leur sourit. Mais quelque chose cloche… Lorsqu’ils découvrent dans le coffre un type nu à moitié mort de froid, lacéré au couteau, ils paniquent…

Un thriller dynamique construit en chapitres courts qui placent les pièces de l’histoire à la manière d’un puzzle. Les personnages principaux sont attachants, mais les personnages secondaires ne sont pas oubliés et donnent à l’histoire un relief intéressant. Un quotidien dans un quartier difficile avec ses caïds, mais aussi ses liens d’entraide et d’amitié, ses rêves et ses espoirs. Peut-on changer son destin ? Peut-on croire en l’avenir dans les périodes sombres de sa vie ? Peut-on corriger ses erreurs ? Les erreurs peuvent-elles être pardonnées ? Un polar  sombre, qui, pourtant, reste très positif dans le regard qu’il porte sur l’être humain. Quelques scènes un peu dures à signaler pour les lecteurs les plus sensibles.

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