Harriet Tubman- la femme qui libéra 300 esclaves- de Anouk Bloch-Henry

Le chemin de la liberté

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Harriet Tubman, fille et petite-fille d’esclaves, est née vers 1825 dans le Maryland. Dès son plus jeune âge, elle est victime de mauvais traitements. Louée pour un morceau de terre, elle va s’occuper d’un bébé chez une femme qui la bat, la fouette. Pendant de longues années, elle est maltraitée par différents maîtres, subissant les pires sévices. De santé fragile, elle va s’accrocher à la foi qui va l’aider à avancer. A l’âge adulte, bien décidée à se révolter, elle s’évade. Sa tête va même être mise à prix. Malgré tout, elle va entreprendre de libérer sa famille et des centaines d’autres esclaves. Durant la guerre de sécession, elle sera même la première femme à intégrer une expédition armée pour sauver de nombreux captifs. Courageuse et brave, elle n’aura de cesse d’organiser plusieurs opérations pour libérer ces hommes, ces femmes et ces enfants emprisonnés par des esclavagistes sans pitié.

Harriet est une esclave noire qui est consciente de la possibilité de vivre libre. Alors elle va se lancer dans une lutte acharnée pour favoriser la fuite de centaines d’esclaves. Ce fut une grande militante, une battante, une femme courageuse qui a été au bout de ses convictions pour défendre une cause qu’elle estimait juste. Rappelons que l’abolition de l’esclavage a été officiellement proclamée en France et dans les Colonies le 27 avril 1848 et en 1865 aux Etats-Unis.

Les justes, d’Albert Camus

Résultat de recherche d'images pour "les justes camus folio"La pièce se déroule dans l’appartement de terroristes. Nous sommes en 1905, en Russie impériale. Un groupe appartenant au parti socialiste révolutionnaire prévoit un attentat à la bombe contre le grand duc Serge, un despote, oncle du tsar Nicolas II.

La situation historique est réelle, les personnages ont réellement existé, tout comme que le nom même du jeune poseur de bombe, Kaliayev.

Révoltés contre l’injustice de la tyrannie dans laquelle est assouvi leur peuple, ce groupe de jeunes gens essaie de faire taire ses doutes envers l’acte ultime qu’est le meurtre et le sacrifice de leur propre vie à une cause qu’ils estiment juste.

Stepan, de retour de bagne, est le plus extrémiste, sans concession

Où trouverai-je la force d’aimer ? Il me reste au moins celle d’haïr. Cela vaut mieux que de ne rien sentir

Kaliayev, le poète :

J’aime la beauté, le bonheur ! C’est pour cela que je hais le despotisme. Comment leur expliquer ? La révolution, bien sûr ! Mais la révolution pour la vie, pour donner une chance à la vie, tu comprends ?

C’est lui qui sera pressenti pour lancer la bombe et se sacrifiera à la cause. Même s’il est prêt à aller jusqu’au bout, on sent tout au long de ce texte très fort, que le doute l’assaille. Le meurtre d’un homme pour sauver un peuple est-il aussi juste que cela ? Ne deviennent-ils pas eux me^me ce qu’ils détestent par dessus tout et combattent ? Combattre la violence par la violence est-elle la seule solution ?

Annekov, le chef du groupe

Dora, la  soeur du chef, qui fabrique les bombe et tombe amoureuse de Kaliayev.

Les relations entre chacun des personnages sont compliquées, faussées par l’acte qu’ils sont en train de préparer et des doutes qu’ils n’arrivent pas à faire taire.

Qui ne reculera pas au dernier moment ? Lequel d’entre eux n’aura pas le bras qui tremble ? Qui est prêt à sacrifier sa vie pour la cause, être pendu ?

Chacun sert la justice comme il peut. Il faut accepter que nous soyons différent. Il faut nous aimer, si nous le pouvons ?

Dora : Ouvre les yeux et comprends que l’Organisation perdrait ses pouvoirs et son influence si elle tolérait, un seul moment, que des enfants fussent broyés par nos bombes. Stepan : Je n’ai pas le coeur pour ces niaiseries. Quand nous nous déciderons à oublier les enfants, ce jour-là, nous serons les maîtres du monde et la révolution triomphera.

L’effet de groupe et de son influence se ressent terriblement dans ce texte. L’amour n’y a pas sa place. Les personnages perdent leur libre arbitre et même leur liberté pour continuer à être respectés et intégrés dans l’Organisation. Pourtant, individuellement, de manière solitaire, auraient-ils agi de la même façon ?

Un texte d’une force exceptionnelle, émouvant et fort, qui ne peut être chroniqué sans en livrer des passages, tant les mots, dans leur apparente simplicité, nous traversent. La fin justifie-t-elle les moyens ? Un texte brûlant d’actualité, hélas, et qui n’a pas pris une ride. Un texte redécouvert avec beaucoup de plaisir suite à la lectreu de Libérez l’ours de Carole Trébor qui y faisait référence et ùm’a pouss à la relecture de ce livre lu dans mes années lycée.

A lire absolument, mais plutôt au lycée ou à l’âge adulte.

 

Droneboy, de Hervé Jubert

Une guerre écologique

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Droneboy est l’histoire d’une querelle autour de la défense d’une zone humide, véritable réserve naturelle, menacée par un barrage. En effet, la zone risque d’être noyée sous une retenue d’eau commandée par le Conseil Régional. Les écologistes veulent la protéger alors que les paysans au contraire veulent l’exploiter pour irriguer leur terre. Mais la politique, la loi et l’argent vont s’immiscer entre les deux camps, interdisant tout dialogue entre les protagonistes. Les familles sont partagées, certaines jouent les gros bras et d’autres, comme celle de Paul dont les parents sont divorcés, vont se battre pour défendre la nature. Le père de Paul est garde forestier et sa mère vit en ville. Les parents vont faire front pour une bataille commune. Paul a une amie, Manon, dont la famille ne prend pas position, qui est en pleine révolution adolescente et qui se cherche politiquement.

Il y aussi les deux jeunes jumeaux, Jason et Kevin, qui sont en quelque sorte la milice des lieux et qui font marcher les muscles avant le cerveau, pour combattre les opposants au projet de barrage. Les générations s’opposent entre des jeunes, souvent provocateurs,  qui grandissent avec les nouvelles technologies, les réseaux sociaux, et des adultes qui n’ont pas les mêmes intérêts.

Paul possède un drone qu’il pilote sans cesse à travers les bois et qui va devenir le témoin des querelles et controverses. Une arme redoutable qui peut devenir dangereuse.

Droneboy est un roman plein de suspens et d’action. L’auteur s’est inspiré de faits existants, ce qui rend l’histoire réaliste. Les personnages au fort caractère sont convaincants. L’auteur donne la parole à chacun sans jugement, ce qui permet au lecteur d’entendre tous les arguments. Mais il montre aussi les dérives des engagements, les excès pour défendre une cause que chacun pense juste. Ce genre de combat brûlant reste d’actualité.

Les enfants de la Résistance, 3. Les deux géants – 4. L’escalade

Les enfants de la Résistance - Tome 3 et 4 - Benoît Ers - Vincent Dugomier

Découvrez la suite des aventures de notre sympathique petite bande,  François, Eusèbe et Lisa. D’apprentis résistants courageux et engagés qui n’ont pas froid aux yeux et commencent à se rendre compte que leur petit réseau clandestin prend de l’ampleur et est reconnu par leurs paires. Les risques qu’ils prennent vont être de plus en plus grands. Depuis que le père de François a été arrêté et exécuté, nos amis ont la conviction qu’ils sont dans le droit chemin et qu’ils doivent continuer la lutte contre l’ennemi. Sur l’Histoire avec un grand H, se superpose la petite histoire individuelle : après la mort du père, à qui revient la ferme familiale ? Le parrain de François, pétainiste convaincu, semble tout à coup s’intéresser un peu trop à leurs affaires …

Une bande dessinée bien documentée, au graphisme soigné, aux personnages très attachants, accessible et qui se lit très facilement sur un épisode douloureux de l’Histoire de France. A lire dès 11-12 ans.

Cet ouvrage  comprend les tomes 3 : Les deux géants et 4 : L’escalade réunis en un seul volume

Le tome 5 : Le pays divisé est sorti en janvier 2019.

Au ghetto de Varsovie nous avons combattu avec Marek Edelman, d’Eric Simard

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

L’HISTOIRE :

Ce livre, fiction historique, se présente comme une suite de 22 courts récits de personnes ayant côtoyé Marek Edelman dans le ghetto de Varsovie, particulièrement durant l’insurrection. Marek Edelman fut l’un des fondateurs de l’Organisation juive de combat (OJC), créée en 1942 pour résister à l’occupation nazie.  Il fut l’un des chefs du soulèvement du ghetto de Varsovie en avril-mai 1943 et l’un des 40 survivants, réussissant à fuir par les égouts après que les Allemands eurent incendié le ghetto. Les héros de ce livre nous livrent leur témoignage, nous expliquant dans quelles conditions ils sont morts.

En effet depuis novembre 1940, les Allemands et leurs complices harcèlent, terrorisent, affament, humilient la population juive du ghetto de Varsovie.

66 pages

AVIS SUR LE LIVRE :

C’est un roman composé de récits historiques pour la jeunesse mais qui s’adresse à tous.

Il s’agit d’un ouvrage de fiction mais s’inspirant de faits authentiques. On découvre les réalités de la vie dans le ghetto, la faim, le froid, l’arbitraire, la violence, la déportation vers Treblinka, le mépris de la vie humaine, la mort de presque tous.  On trouve un plan très clair du ghetto avant les récits et un petit lexique qui fournit quelques précisions.

Malgré que chaque chapitre soit très court, ce livre n’est pas facile à lire, parce que chaque témoignage est touchant et nous fait vivre la dure réalité de cette période.

Axel – 14 ans, 3ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Caballero, de Lenia Major

Sauvons les lévriers d’Espagne…

Résultat de recherche d'images pour "caballero lenia major fnac"Lorsque l’hôpital appelle Lucia, c’est pour lui annoncer que son fils, Genaro, adolescent de 13 ans, est hospitalisé pour un malaise proche du coma éthylique après un binge-drinking. Si son père ne sait plus comment parler à son fils, perd patience et se met en colère, sa mère, elle, essaie de le comprendre et cherche le moyen de renouer le dialogue. Comment cet enfant, doux, brillant scolairement, avec un an d’avance, a-t-il pu en une année, passer de 18 de moyenne à 4, comment ce sportif peut-il rester enfermer à jouer à des jeux vidéos et se faire des relations toxiques qui l’entraînent dans des plans aussi foireux ? Alors, Lucia a une idée : envoyer, le soir-même  de sa sortie d’hôpital son fils chez un cousin en Espagne. Et si Genaro se voit déjà à se dorer la pilule sous le soleil pour un séjour relax, la réalité en sera toute autre ! Car son cousin, Pepito, tient un refuge pour lévriers… et il n’y a pas le temps de chômer. Loin de son pays, de ses connaissances, Genaro va devoir s’adapter et sera bien obligé de quitter son masque d’insolence ou de nonchalance et se confronter à ce monde où les convictions  font aller de l’avant tout ce petit monde dans un seul et même but : atténuer les souffrances et sauver ces animaux -les galgos- utilisés, maltraités, torturés, abandonnés par des chasseurs – des gualgueros sans états d’âme.

Pepito et Lucy, 15 ans, une jeune bénévole de l’association qui se destine à une carrière de vétérinaire, véritable passionnée, vont aider Genaro à se confronter de nouveau au monde réel et à sa dure réalité et l’aider à reprendre confiance en lui et en ses capacités.

 

Un récit initiatique qui montre comment la confiance qu’on lui accorde et les responsabilités qu’on lui confie permettent à un adolescent à retrouver l’estime de soi. En trois semaines, Genaro va passer d’un état végétatif à un engagement sans limite pour la cause à défendre. Tous ses savoirs-faire vont être exploités : de ses connaissances en nouvelles technologies à ses talents de pâtissier ou de couturier… Parallèlement à cela, il va apprendre beaucoup dans bien des domaines et surtout, finira par accepter d’avoir des failles et les montrer.

Ce roman fait tout de même 500 pages. Au bout de 300, même si j’accrochais bien, je me disais que 150 de moins auraient peut-être été mieux… et puis, un nouveau cap est passé et la fin est arrivée très vite. Néanmoins, il doit être réservé à des lecteurs avertis et pas trop sensibles car le sujet principal reste quand même la maltraitance animale. Mais les personnages sont très vrais et nous apparaissent avec leurs qualités et leurs défauts et ce refuge devient un havre de paix et de solidarités pour tous, bénévoles comme lévriers sauvés, grâce à l’humanisme de son propriétaire : Pepito

La cause défendue dans ce livre, celle des lévriers d’Espagne, est décrite avec toute son horreur et nous révèle une réalité que le lecteur ne connait pas forcément mais qui est réelle. L’Espagne reste l’un des seuls pays d’Europe à encore autoriser la chasse sans fusil. Les lévriers (galgos) sont utilisés par les chasseurs (gualgeros) qui les maltraitent au quotidien, puis les torturent avant de les abandonner.

Et si cette cause vous a ému ou vous intéresse, un site Internet, donné en fin d’ouvrage, est à consulter : https://www.crel.fr/   et   http://scooby-france.e-monsite.com/

 

Alcatraz Indian land, d’Elise Fontenaille

Alcatraz Indian land par FontenailleMarilyn Miracle, de son nom indien Little Bird, vit une vie misérable dans une réserve indienne paumée, aux côtés d’une mère alcoolique. Depuis ses treize ans, elle ne va plus à l’école et pour oublier le suicide de sa meilleure amie, elle sniffe de la colle toute la journée… Mais un jour, Richard Oakes, un Indien parti en Californie faire des étues est venu la chercher.

Faut que tu t’en ailles, Little Bird… Déploie tes ailes, fous le camp d’ici

l’encourage sa grand-mère, Dana, la seule personne qui ne se soit jamais occupée d’elle et l’ait jamais aimée.

Alors, Little Bird part avec Richard et est accueillie dans sa famille auprès de sa femme Alicia et leur fille Yvonne.

On est en 1969 et Richard Oakes est le leader d’un groupe d’activistes qui se bat pour la défense des droits des Indiens d’Amérique. Leur rêve : créer une université pour les Indiens. Leur projet : investir l’ancienne prison d’Alcatraz, désertée depuis 5 ans. Ils choisiront la journée symbolique de Thanksgiving, jour où l’Amérique commémore l’aide que les Indiens ont apportés aux premiers colons. Alicia, Little Bird et Yvonne seront de la partie mais pas seulement… Tous les jour, un nombre de plus en plus important d’Indiens de toutes les tribus arriveront et s’installeront sur l’île… Ce roman retrace cette action, ce combat.

Ce récit est construit sous la forme d’un flash-back, raconté par Little Bird, âgée, qui écrit à sa petit-fille Eden pour partager avec elle les souvenirs de ses seize ans. C’est une lettre envoyée par la mairie de San Francisco l’invitant à revenir sur les lieux de l’occupation et de repeindre les graffitis  du château d’eau dans le cadre de la célébration pour l’anniversaire de l’occupation d’Alcatraz qui fera remonter ses souvenirs et lui donnera envie de témoigner pour perpétuer cet héritage pour la génération future. Un court roman très intéressant qui met à la portée de tous une page d’Histoire pas forcément connue du grand public et des adolescents en particulier. On prend conscience de la force de l’engagement et des dérives que toute action, même pacifiste au départ peut déclencher lorsque l’intérêt personnel prend le pas sur le collectif. A lire.