Hors piste, de Sophie Adriansen

Virée à la neige

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Nous retrouvons Marion, l’adolescente héroïne des Grandes jambes, très complexée à l’époque par sa taille. Marion a grandi, elle a quatorze ans. C’est l’année du brevet. Alors que la jeune fille pense aux révisions, ses parents décident de l’envoyer faire du ski dans les Alpes, pendant sept jours dans une colo. Mais le pire de tout, c’est un séjour en parfaite déconnexion, c’est-à-dire, sans téléphone portable. L’horreur quand on sait que sa vie se résume aux garçons et au téléphone ! Inutile de dire que Marion s’attend à passer le pire séjour de sa vie. Et si au final, ce séjour s’avérait plus étonnant et plus enrichissant que prévu.

Sophie Adriansen nous plonge dans le monde de l’adolescence avec ses doutes, les premiers flirts, l’estime de soi, l’image que l’on renvoie aux autres. Une galerie de portraits tous plus différents les uns que les autres qui traduit cette soif de liberté, cette envie de braver les interdits, de devenir adulte avant l’âge. Et puis sujet majeur, montrer que sans téléphone, la terre continue de tourner et plus important encore on peut communique autrement, on s’amuse, on s’intéresse aux autres, on échange, on se découvre. Un tome 2 qui se lit indépendamment du premier.

15 jours sans réseau, de Sophie Rigal-Goulard

On peut dire que la famille d’Emilie est connectée. Son grand frère, Ambroise, lycéen, est ce qu’on appelle un gamer, et passe son temps à jouer en réseau et à se filmer en train de jouer ! Ses parents eux-mêmes, ne démarrent pas la journée sans répondre dès le petit déjeuner à leurs mails ou à leur téléphone,  Son petit frère, lui, un peu extra-terrestre dans cette famille, élève studieux de 8 ans qui aime jouer au scrabble,  a quand même du mal à se passer de sa console. Et Emilie, collégienne, vient enfin de créer son compte facebook ! Aucune restriction de temps n’est imposé dans cette famille face aux écrans.

Alors, comment les enfants vont réagir les enfants à l’annonce des prochaines vacances par leurs parents ? Quelque chose de renversant ! Eux toujours tellement débordés, qu’est-ce qu’ils mijotent ? Que cache cet air gêné pour leur annoncer la destination prévue ?

… En Creuse, pour quinze jours de détox numérique, dans un gîte sans connection internet, sans portable… Une blague ? Hélas non… Des vacances pourries en perspective… Le nouveau compte facebook va rester en suspens, le jeu en réseau va se mettre en pause, même la game boy n’aura pas sa place dans la valise.

Les enfants vont multiplier les ruses pour capter ici ou là quelques ondes wifi, mais ils vont bien être obligés de s’adapter, tout comme les parents, et découvrir les joies de la randonnée, du camping, de la peinture, du yoga et autres activités… Et si se déconnecter revenait tout simplement à se reconnecter à la vraie vie. Les tensions vont monter puis redescendre, les liens et le dialogue vont se renouer…

Comme toujours, dans les livres de Sophie Rigal-Goulard, c’est optimisme qui prend le dessus et les liens relationnels qui sont les plus forts. Un bon moment déconnecté et rafraîchissant au bord d’une rivière qui n’est pas toujours si tranquille. Sur le même ton enjoué que la plupart de ses livres, l’auteur nous livre un petit roman divertissant et plein de stéréotypes qui font bien sourire le lecteur.

Viser la lune, d’Anne-Fleur Multon

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog.

Viser la lune, d’Anne-Fleur Multon

Une amitié virtuelle va naître entre Aliénor, Itaï, Maria et Azza, à cause (ou grâce ?) à une personne qui a critiqué les idées d’Aliénor sur twitter. Ses futures amies l’ont soutenue et leur amitié a commencé ! Ensemble, elles vont vivre plein d’aventures pour, au final, avoir une grosse surprise ! Un livre plein d’émotions sur le thème fort de l’amitié, sur fond de réseaux sociaux. C’est gai, les personnages sont attachants, avec des personnalités très différentes les unes des autres mais qui se lient d’une vraie amitié.  J’ai vraiment bien aimé ! Il faut croire en ses rêves, tel est le message du livre.

Chloé, 5ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Aliénor, 13 ans, est passionnée de sciences et vit en Guyane avec ses parents. Elle partage avec sa mère la passion des fusées. En effet, sa maman est ingénieur à l’aérospatiale de Kourou. L’adolescente est en contact avec Itaï, Azza, Maria, des jeunes filles rencontrées grâce à un tweet. Elles font connaissance petit à petit en messages privés, communiquent beaucoup sur les réseaux sociaux. Elles ont toutes 13 ans et vivent sur des continents différents : la France, le Canada, la Nouvelle Calédonie. Une réelle amitié et une grande complicité vont les lier. Mais un matin, alors que les filles se connectent, elles remarquent que Maria ne va pas bien, elle pleure, elle ne croit plus en elle, elle doute de ses capacités à réussir. Bref elle n’a pas le moral. Pour lui redonner du courage et de la confiance , elles décident de créer leur chaîne Youtube sur laquelle chacune parlerait de ses passions, donnerait des conseils sur des sujets qu’elles affectionnent. Un projet qui les emballe, qui va les conduire du virtuel au réel, qui va les mener à une rencontre pleine d’émotions….

Viser la lune est une histoire qui évoque de nombreux sujets de société tels que le racisme, les réseaux sociaux, le sexisme, les relations avec les grands-parents. Un récit frais et drôle emmené par une adolescente pétillante. Ce groupe d’amies attachantes va prouver qu’il faut croire en ses rêves. Aidé par sa famille, ses amis, tout est possible. Une histoire qui fait du bien car très positive. La vie n’est pas toujours rose, tout ne se passe pas comme dans un roman mais ça fait du bien de croire que rien est impossible quand on se bat.

Le titre rappelle étrangement une chanson d’Amel Bent qui parle du combat qu’il faut mener au quotidien pour s’imposer, des sacrifices qu’il faut faire pour s ‘en sortir :

Viser la lune, ça me fait pas peur

Même à l’usure

J’y crois encore et en cœur

Des sacrifices

S’il le faut j’en ferai

J’en ai déjà fait

Mais toujours le poing levé.

 

Trouver les mots, de Gilles Abier

Sans voix…

Gabriel ne sait jamais trouver les mots qu’il faut quand il faut… Alors, quand un policier vient l’interroger sur le coup de fil que son cousin lui a passé la veille (12 minutes et 23 secondes précisément), il ne sait pas quoi dire. A-t-il seulement su dire les mots qu’il fallait à son cousin ? Si c’était le cas, le drame aurait-il eu lieu ?

Un récit court, dense, très fort, à la limite du supportable. Comme toujours, Gilles Abier, lui, a su trouver les mots pour décrire l’impensable. Un drame, un dérapage, la peur du qu’en dira-t-on, et tout s’écroule, une famille entière plongée dans la douleur. La faute à qui ? A quoi ? Le cousin qui n’a peut-être pas trouvé les mots est-il vraiment le seul fautif ? Les réseaux sociaux et la propagation des images n’est-elle pas le plus à blâmer. Une leçon sur la force du langage où seuls les mots peuvent sauver, d’un côté comme de l’autre. Face à un drame que l’on vit, parler à son entourage, à ses proches, faire confiance en ceux qu’on aime et qui nous aime pour ne pas nous juger et nous aider, telle est la grande leçon de ce petit livre poignant. Un récit qui sonne juste … tellement juste… trop juste… Un ouvrage pour alerter sur les dangers d’internet, plutôt à destination des lycéens et des lecteurs avertis (des scènes pourraient choquer les plus sensibles), à lire pour ne jamais retrouver cette histoire dans les faits divers… Un ouvrage qui laisse longtemps une trace en soi après l’avoir refermé.

Ma vie en Vlog. Qui m’aime me suive (sur ma chaîne Youtube). Tome 1. de Emma Moss

En quête de popularité 2.0

Résultat de recherche d'images pour "ma vie en vlog"Lucy est américaine et vient de déménager en Angleterre avec sa petite sœur, Maggie, et ses parents. L’adolescente a une particularité, elle souffre de bégaiements qui s’accentuent lorsqu’elle est anxieuse. C’est la rentrée, Lucy va découvrir son nouveau collège où le système est différent que ce qu’elle a connu avant. Dans un premier temps, c’est l’horreur, tous les élèves portent un uniforme que Lucy déteste. Son premier jour est un échec total, elle glisse sur un sceau d’eau et se retrouve trempée. Dakota, une vraie peste, filme Lucy se faisant humiliée par des élèves de sa classe et qui tente de s’expliquer. Mais son bégaiement l’en empêche. Dakota publie la vidéo sur Youtube ! La meilleure amie de Lucy, Morgane, qui vit aux États-Unis, va la pousser à créer des vlogs (contraction de vidéo et de blog) pour montrer à tout le monde qui elle est vraiment afin que les autres ne gardent pas l’image d’elle véhiculée par la vidéo de Dakota. Lucy hésite puis se lance dans l’aventure ! Sa chaîne connaît un certains succès auprès de ses camarades. Elle va très vite devenir amie avec sa marraine, Hermione, puis Abby et Jessie qui vont elles aussi participer aux vlogs sur la chaîne Youtube de Lucy. Mais Lucy commence à angoisser, la ferme où travaille sa mère est menacée de fermer. Lucy fait du bénévolat dans cette ferme et rencontre le fameux Sam, lui aussi bénévole. Elle ne veut pas que la ferme disparaisse car sa famille devra encore déménager. Avec l’aide du beau Sam, Lucy va tout mettre en œuvre pour sauver cette magnifique ferme !

Enfin un roman qui parle de Youtube et des nouvelles pratiques des adolescents sans les diaboliser ! L’auteure montre que Youtube est devenu un outil incontournable chez les adolescents, un outil qu’ils utilisent pour s’informer, se divertir mais aussi pour produire leurs propres vidéos et se faire plus ou moins connaître en fédérant une communauté grandissante autour de leurs vidéos. La nouvelle culture des adolescents se construit sur Internet, particulièrement autour du format vidéo, où ils s’inspirent et admirent de nombreux youtubers ayant réussi à percer dans cette vidéosphère 2.0 grâce à une popularité symbolisée par le nombre de vues et d’abonnement.

L’exposition de soi sur Internet peut souvent être perçue comme un danger auprès des adultes mais nous oublions souvent le versant positif, s’exposer intelligemment comme le fait Lucy, le personnage principal du roman, montre que Youtube permet aussi de se révéler et de se mettre en avant. Grâce à ses nombreux vlogs, Lucy, peu sûre d’elle au début, prend de l’assurance et son bégaiement disparaît au fil du temps. Celle-ci arrive à s’exprimer de mieux en mieux et ne ressent aucune peur lorsqu’elle doit auditionner pour la pièce de l’école, Grease. Une expérience qu’elle n’aurait sûrement jamais tentée avant.

Par ailleurs, ce roman sensibilise aux droits à l’image par la sanction que Lucy reçoit lorsqu’elle décide de filmer un rassemblement au collège sans avoir demandé l’autorisation du principal. L’auteure insiste sur le fait qu’il faut impérativement recevoir l’accord des personnes pour pouvoir les filmer et les mettre en ligne, un détail important qui avait échappé à Lucy !

Ma vie en Vlog met aussi en avant le fait que les réseaux sociaux s’apparentent à de formidables outils de communication, Lucy réussit à rassembler du monde en passant par sa chaîne Youtube pour sauver la ferme.

A la fin du roman, vous trouverez un petit guide très intéressant pour créer votre propre chaîne Youtube et devenir (peut-être) populaire. Mais attention, bien que ce moyen vous offre une grande liberté, il y a bien évidemment des règles à respecter ! Et n’oubliez pas de vous mettre en avant en parlant de sujets qui vous passionnent !

Un roman à lire dès la 6ème, se situant parfaitement dans l’ère du temps, avec une histoire amusante qui plaira indubitablement à bon nombre de collégiens ! La sortie du tome 2 est prévu pour Mars, vous pourrez très vite retrouver Lucy et ses amies qui commencent une nouvelle aventure dans la sphère des Youtubers !

Un secret bien gardé

Tu n’es pas celle que tu crois, de Pascale Perrier

Afficher l'image d'origineLouise Griaz, collégienne de treize ans, vit une vie d’adolescente tranquille avec sa mère, son beau-père et ses jeunes demi-frères, des jumeaux. Jusqu’au jour où son quotidien est remis en question par un message anonyme reçu sur facebook : « Bonjour. Tu n’es pas celle que tu crois. Tu crois tout connaître de tes parents, Zian et Céline, mais tu te trompes. ta famille n’est pas celle que tu crois. » Déboussolée, Louise va taire à tout le monde ce message mais va chercher à comprendre, à connaître la vérité. Et si sa vie n’était que mensonge.

Malgré un côté un peu répétitif par moments, ce roman nous entraîne dans les secrets de famille avec suspens … On ne se doute pas de la chute, jusqu’au bout le mystère est sauvegardé et tient le lecteur en haleine.

Louise, l’héroïne de l’histoire, est un personnage attachant, fort et déterminé dans ses décisions. On voit ici un aspect aussi de la communication par les réseaux sociaux : était-ce le meilleur moyen de mettre Louise sur les traces de son passé ? et si elle n’avait pas eu cette force de caractère, aurait-elle été capable de se sortir de cette aventure sans dommage.

Un joli petit récit de vie facile et rapide à lire construit comme une enquête policière sur ses origines.

Univers virtuel malsain

Réseau(x), de Vincent Villeminot

telechargementTout le monde est présent sur le réseau social DKB, DreamKatcherBook où chacun peut poster des photos, des vidéos.. tout cela caché derrière un pseudo. Sur la page nocturne, MDp, MyDarkPlaces, les gens peuvent même y raconter leurs rêves ou leurs cauchemars. C’est ce que fait Sixtine, alias SixieDreamy, qui  malheureusement passe toutes ces nuits à cauchemarder. Un jour, un de ses mauvais rêves, un rêve où elle assassine quelqu’un, est posté sous forme de vidéo … Cela attire l’attention de la police qui craint un snuff movie. Mais très vite, une autre affaire va venir occuper la police. César Diaz, alias Nada#1, est en train de programmer une nouvelle action de PIFR, Play It For Real : les organisateurs choisissent un lieu et invitent le public à venir rejouer pour de vrai des séquences de jeux vidéos.

Ce livre est très difficile à résumer. Il y beaucoup de noms, de pseudos et on se retrouve vite perdu. Il y est question de la jeunesse et de la cybercriminalité et la quatrième de couverture me donnait très envie de le lire. Aucune date précise n’est indiquée mais l’on peut supposer que tout cela se passe quelques années dans notre futur et les dangers des réseaux sociaux sont poussés à l’extrême. Malheureusement, je dois l’avouer, je n’ai pas pu finir ce roman qui m’a mise très mal à l’aise. L’univers dans lequel on plonge est en effet très violent et très malsain : armes, assassinats, masques de licorne, cauchemars… Bref, j’ai préféré arrêter. A réserver donc à des élèves de 3ème ou de lycée qui ne craignent pas les ambiances un peu glauques.