La traversée du temps, de Yasutaka Tsutsui

Kasuko, élève de 3ème, est de corvée ménage après la classe, avec ses camarades Goro et Mazaru.

Alors qu’elle range le matériel dans la salle de travaux pratiques, elle voit surgir, des étagères de produits chimiques, une ombre noire qui disparaît. Une odeur de lavande flotte dans la pièce qui ravive des souvenirs passés qu’elle n’arrive pas à définir. Flacons et éprouvettes sont alignés sur une table… Bientôt, Kasuko s’effondre, inanimée sur le sol. A son réveil, aucune trace ne prouve ses dires : ni flacons, ni éprouvette, ni intrus… Que lui est-il arrivé ?

Des événements des plus mystérieux vont bientôt se produire qui lui permettront de voyager dans le passé et changer le cours des choses … Cela a-t-il un rapport avec ce qui lui est arrivé dans la salle de travaux pratiques ? Comment va-t-elle maîtriser ce pouvoir envahissant ? A qui va-t-elle pouvoir se confier pour trouver de l’aide ?

Un court roman qui se lit très vite, entre fantastique et science-fiction, et qui permet une introduction facile au genre. En effet, tout se concentre sur une intrigue unique et linéaire. La culture japonaise est présente mais pas suffisamment développée pour risquer de déstabiliser un lecteur non averti. Le roman, écrit en 1976 et qui n’a pas pris une ride, a fait l’objet d’une adaptation en film d’animation en 2007. A découvrir.

Le trésor de mon père, de Marie-Aude Murail

Sur les traces de mon père…

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Emilien est un jeune adolescent qui n’a jamais connu son père. Alors qu’il passe ses vacances chez un oncle, sa mère lui apprend le décès de son père. Celle-ci lui demande de revenir pour se rendre à l’enterrement. Emilien hurle, s’insurge, revendiquant le fait que son géniteur est un parfait inconnu … Pour quelle raison se rendrait-il à son enterrement ?

De mauvaise grâce, le jeune  garçon se rend à la cérémonie. Il va faire la connaissance de la famille de son père et, le même jour, apprend qu’il va hériter d’un trésor. Emilien est excité mais va très vite déchanter quand il va savoir qu’il lui faudra résoudre des énigmes pour arriver sur les lieux où repose l’héritage paternel !

Nous retrouvons Emilien avec toute sa spontanéité et son naturel. Beaucoup de fraîcheur pour une histoire qui traite du deuil et de la recherche de soi.

La steppe infinie, de Esther Hautzig

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Esther Rudomin a une dizaine d’années lorsque la guerre entre dans sa ville natale polonaise de Wilno. Issue d’une famille aristocratique privilégiée, Esther vit d’assez loin ces histoires d’adultes, protégée dans sa belle demeure  au milieu d’une famille aimante. Mais en 1941, des Russes, alors alliés d’Hitler, frappent à leur porte et leur demande de rassembler  quelques affaires avant de les suivre. Elle n’a ne sait pas encore ce qui l’attend mais elle n’aura d’autre choix que de suivre. Un  long trajet de six semaines commence,  dans des trains à bestiaux, qui  va l’emmener au coeur de la Sibérie inhospitalière.

Le roman s’ouvre sur le monde enchanté d’Esther qui s’écroule. La tragédie qui touche cette famille est palpable tout au long du récit malgré le courage dont ils font preuve face à cette épreuve marquée par les privations, la faim, la douleur, les conditions de vie déplorables, le froid. Cet exil dans une contrée aussi isolée et inhospitalière est l’occasion d’un témoignage intéressant et instructif sur une enfance hors du commun. Dans un style descriptif mais néanmoins touchant sans être larmoyant , il témoigne de la faculté d’adaptation de l’être humain. Esther subit un choc de culture, passant en quelques semaines d’une enfance riche et privilégiée à un quotidien d’extrême privation où la recherche de nourriture et l’adaptation à tout prix est le seul objectif sensé, et le savon un luxe. Sans verser dans le sentimentalisme, ce témoignage réaliste permet aux jeunes lecteurs d’aborder une  période historique au programme de 3ème en vivant l’Histoire en son coeur, avec des personnages émouvants, forts et courageux.

Wilno est aujourd’hui connu sous le nom de Vilnius, capitale de la Lituanie.

Rendez-vous avec M. X, Marie-Aude Murail

7ème et dernier tome de la série des Nils Hazard.

Nils, professeur d’étruscologie à l’université, reçoit un jour une étrange lettre : « Monsieur, suite au décès de votre fille A, nous vous informons que A’ est à votre disposition aux laboratoires Vorillon. M. X »
Est-ce une simple blague ? Qui est ce M. X ? Peut-il y avoir un lien avec la mise à sac de son appartement ? Il n’en faut pas plus pour que Nils commence à enquêter sur ce mystère. S’attendait-il à découvrir de sombres affaires de fécondation in vitro et de clonage humain ? Lui qui justement va être père et dont la paternité future torture l’esprit : être ou ne pas être père…

Une aventure trépidante qui s’apparente au polar. Le sujet est sérieux, le danger indéniable et le suspense bien présent. Et tout au long du récit, l’humour de Nils, ce héros immature et attachant qu’on a plaisir à retrouver. Un Nils que l’on découvre aussi pour la première fois sous les traits d’un papa. À lire d’une traite !

L’assassin est au collège, Marie-Aude Murail

Tome 2 de la série des Nils Hazard, chasseur d’énigmes.
C’est l’inspecteur Berthier qui vient chercher Nils et Catherine, sa petite-amie, pour résoudre une affaire préoccupante. Le collège de Saint-Prix est le théâtre d’étranges événements : des lettres anonymes envoyées au directeur au bord de la folie, des copies dérobées dans les casiers des profs et corrigées à l’encre de sang humain, une élève qui se jette par la fenêtre… C’est ainsi que Nils se retrouve professeur d’histoire-géo pour infiltrer les lieux et enquêter sous couverture… Mission qu’il regrette d’avoir acceptée au bout d’une journée de cours ! Pas facile d’enquêter au milieu des adolescents tout en restant crédible dans sa tenue de prof

Une enquête qu’on dévore d’un trait. L’écriture de Marie-Aude Murail est si limpide ! On se laisse porter jusqu’au dénouement. En dosant savamment le suspense, elle maintient le lecteur en haleine et donne le tempo au récit. Attention, il est impossible de refermer ce livre avant de savoir ce qu’il se passe réellement dans ce collège !

Au bonheur des larmes, Marie-Aude Murail

Cet été, Émilien a décidé d’être moniteur dans une colonie de vacances. Étonnant pour quelqu’un qui a toujours refusé d’y aller étant enfant. A priori rien de bien compliqué. Il suffit d’avoir un peu d’autorité, un peu d’organisation et ne pas détester les enfants. C’est un job facile. A priori. Lors de la réunion de préparation, avant le départ, Émilien réalise que parmi les animateurs il est le seul à ne pas avoir de projet psychopédagogique. Les autres monos ont tous un domaine de prédilection, du secourisme à l’expression corporelle. À vrai dire, il n’y avait pas pensé avant. Et puis une fois sur place, il y a des enfants qui l’agacent, des traits de caractère qui l’exaspèrent : pas si facile à gérer ! Mais le pire, c’est quand ses collègues le critiquent sur sa conception de l’autonomie, et que les tensions montent. Émilien pourra-t-il aller jusqu’au bout de cette colonie de vacances qui se révèle être, peu à peu, une véritable épreuve ?

Le 4ème opus d’une série de sept romans, dont Émilien est le héros.

On a plaisir à retrouver l’écriture fluide de Marie-Aude Murail qui se met dans la peau du jeune Émilien. On écoute ses réflexions qui sonnent juste sur les difficultés de la vie en communauté, et la notion de trouver sa place au sein du groupe. Une colonie de vacances qui souligne la dualité entre le monde de l’enfance et le monde des adultes. Le passage de l’un à l’autre, pour Émilien, comme un rite initiatique qui le fait grandir.
Un récit empreint d’humour, une écriture rythmée, des thèmes qui parlent à l’adolescent… Il ne fait aucun doute que ce sera pour le jeune lecteur un agréable moment de lecture !

Diablesse, de Claire Ubac

L’incomprise…

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Pourquoi Lucie se sent-elle si différente des autres, pas à sa place, même au sein de sa famille ? Elle se sent rejetée, mal comprise. Alors elle se crée une amie imaginaire, «Lucie deux», qui sera en quelque sorte son double intime. Mais quand sa grand-mère la traite de « diablesse », Lucie décide de réagir et de devenir une véritable petite diablesse puisque tout le monde la voit ainsi.

Diablesse est un roman qui s’étend sur un mois, un mois durant lequel Lucie, la narratrice, va nous faire partager ses émotions, ses doutes et ses révoltes. Elle a du mal à trouver sa place dans sa famille, à l’école. Elle a l’impression d’être toujours en décalage avec les autres. Lucie est très attachante avec un petit grain de folie qui lui est propre et qui nous amuse. Une histoire plaisante avec des situations pleines d’humour surtout lorsque Lucie entre en conflit avec son amie imaginaire. Chaque enfant, chaque adolescent traverse une période où les relations avec l’extérieur, avec la famille restent compliquées, avec ce sentiment de ne jamais être compris. C’est un peu la quête d’une identité que Claire Ubac traite avec des mots simples à travers le quotidien de Lucie. Un moment de lecture agréable.