Anastasia connaît la réponse, de Lois Lowry

Anastasia, l’apprentie journaliste

anastasia.jpg

Anastasia, 13 ans, souhaite devenir journaliste et chaque petit événement de la vie quotidienne est sujet à un jeu d’écriture. Elle a également quelques challenges à relever : d’abord, elle doit arriver coûte que coûte à monter à la corde en cours de gym, son ennemie de toujours, ensuite elle doit convaincre son prof d’anglais de mettre «Autant en emporte le vent» au programme et au final, elle doit s’entraîner à devenir journaliste ! Mais à toutes ces missions s’ajoute une préoccupation des plus urgentes : Anastasia constate qu’il y a beaucoup de femmes seules autour d’elle, sa voisine, sa prof d’EPS, la mère de son amie Daphné. Toutes ont un cœur à prendre ! Mais où sont les hommes ? Elle a peut-être une solution… Son oncle George, veuf depuis peu, va venir passer quelques jours chez ses parents. C’est une chance inespérée qui s’offre à elle. En plus, George ressemble comme deux gouttes d’eau à Clark Gable, le héros de ce film mythique ! Anastasia a donc beaucoup à faire, le temps presse !

Anastasia est une jeune adolescente très attachante, avec une imagination qui lui permet d’écrire avec facilité. Elle se confie beaucoup à son poisson rouge qui est un précieux confident. Elle n’aime pas trop l’image que lui renvoie son corps, elle se trouve à l’étroit au sein de sa famille, son petit frère prenant beaucoup de place. Elle est fascinée par sa prof d’EPS, une fascination sans borne puisqu’elle la trouve si magnifique, si intelligente qu’elle voudrait lui ressembler et, pourquoi pas, vivre avec elle quand elle serait adulte. L’adolescence est une période pas toujours facile à traverser, Anastasia se pose beaucoup de questions. L’auteure aborde les thèmes sur la vie, les rapports humains, l’identité avec simplicité et beaucoup de fraîcheur emmenées par une héroïne, dont le dynamisme et la réflexion plairont aux jeunes lecteurs.

Anastasia est l’héroîne d’autres tomes qui peuvent se lire indépendamment, mais que le CDI ne possède pas… encore.

Sauveur et fils – saison 4, de Marie-Aude Murail

Sauveur, for ever…

amster.jpg

Marie-Aude Murail nous ramène tout naturellement rue des Murlins, dans l’univers de Sauveur Saint-Yves, psychologue. Après un petit rappel sur les personnages, cette nouvelle saison ne nous laisse pas de répit et nous envoie avec délice dans l’environnement privé et professionnel de ce beau martiniquais au grand coeur. Il est toujours aussi généreux, à l’écoute mais toujours malhabile pour gérer sa famille ! Du reste, il arrive à faire des miracles avec les patients les plus récalcitrants ou perdus. Pousser la porte de son cabinet c’est déjà prendre une grande bouffée d’air frais. Les sujets traités restent liés au mal-être, à l’enfance, l’adolescence, la famille, l’école… Des situations réalistes qui mettent à mal grand nombre de personnes de tous âges et on se prête à croire qu’il existe quelque part, un homme de la trempe de Sauveur Saint-Yves, un genre de «Zorro» des causes perdues. Cette saison 4 entretient l’espoir que chacun de nous peut trouver le bonheur parce qu’il existe.

On retrouve avec plaisir le 12 de la rue des Murlins où règnent la même agitation, ce même vent de folie qui nous ont accompagnés lors des 3 précédentes saisons. On reste sous le charme de Sauveur et de son fils et de tous ceux qui gravitent autour d’eux. On s’est attaché à cette petite tribu dont on a partagé depuis un moment le quotidien et qu’on regrette déjà de voir partir.On n’écoutera plus aux portes, le rideau se ferme sur le cabinet de Sauveur Saint juste, une page se tourne, une page qui nous laisse triste de devoir nous séparer d’êtres si attachants.

Les contes du miroir, de Yak Rivais

comi

Des contes tout chamboulés

Des sorcières se sont glissées entre les pages, les contes se sont alors déformés devant un miroir d’énigmes, de jeux de mots en tout genre. Les contes du miroir est une réécriture de contes classiques, un jeu d’écriture bluffant. Jugez par vous même : Cendrillon est raconté en commençant par la fin, dans le Paysan et le diablotin, le troisième mot contient le nombre de syllabes contenues en additionnant les syllabes du premier et du second mot et ainsi de suite, La cigale et la fourmi est en verlan, dans La petite poule rousse tous les passés simples sont faux, Le chat botté est raconté en rébus et dans Le moulin magique, les débuts de ligne vont de A à Z alors que la fin va de Z à A. Incroyable non?

A chaque début de récit, le lecteur, qui sait à quoi s’en tenir grâce à une note de l’auteur, part à l’aventure. Il devient alors un explorateur des mots, le conte devient alors une carte aux trésors. Que l’aventure commence, pleine d’humour et de fantaisie ! Avec Yak Rivais aux commandes, le voyage n’en est que plus magique.

Ce livre met la langue française sens dessus dessous et peut vraiment servir de support pour des ateliers d’écriture en milieu scolaire. Par contre, je pense que pour les plus jeunes, la lecture de certains contes nécessitera un accompagnement à la compréhension.

Même les princesses doivent aller à l’école, de Susie Morgenstern

Moi, princesse et alors !

princ.jpg

La vie d’un roi n’est pas toujours rose. Surtout quand les affaires vont mal, que le château de 57 pièces tombe en ruine, que les festins se transforment en maigres repas, que le personnel n’est plus. L’existence de la princesse Alyestère, 8 ans, est bien fade. Plus de précepteurs, pas d’amis, sa mère qui passe son temps au lit et un père qui lui rabâche à longueur de journée « N’oublie pas que tu es une princesse !». Oui et alors ? Elle est seule, elle s’ennuie, plus personne ne vient au château hormis les créanciers.

Mais un jour, bonne nouvelle : la famille déménage pour un 3 pièces, dans un immeuble. Alyestère est aux anges, elle renoue avec le confort, simple c’est évident, mais quand on a tout perdu c’est le paradis ! En immersion dans la vie des communs des mortels, il y a de l’animation dans les rues et surtout la princesse voit des enfants de son âge. Mais où vont-ils tous les matins ? Curieuse, la princesse se met à suivre une bande de gamins. Elle arrive près d’un bâtiment où elle aperçoit bon nombre de garçons et de filles qui sautent partout, crient, jouent. Mais que font-ils ? Pourquoi sont-ils tous là ? Quand elle découvre que tous vont à l’école, elle va supplier son père de la laisser les suivre. Cela ne va pas être facile de le persuader, Alyestère est une princesse, sa princesse.

Une belle petite histoire qui met l’accent sur les différences sociales. Alyestère est une princesse. Certes, mais une princesse qui s’ennuie et qui est coupée de toute vie sociale, à cause de son statut. A 8 ans, elle ne sait pas ce que c’est que d’avoir des amis. Elle a toujours eu des professeurs à domicile, tout du moins du temps où ses parents avaient les moyens. Son titre lui interdit de se mélanger à la classe sociale populaire. Mais Alyestère va bousculer le protocole. On peut être princesse et préférer la compagnie des gens simples. Princesse ou pas, le principal est de trouver sa voie et de faire ce qu’on aime !

Les enfants du jeudi, de Rumer Godden

Une passion, une vie…

danse.jpg

Doone est le dernier de quatre enfants. Enfant non désiré, il est un peu isolé dans cette famille londonienne. Il faut dire que ses parents n’ont d’yeux que pour sa sœur Crystal, que la maman pousse à faire carrière dans la danse. En fait, la mère poursuit un rêve artistique à travers sa fille. Alors que Doone accompagne Crystal à ses cours, il est fasciné par ce qu’il voit. Il participe de temps en temps aux répétitions et, c’est décidé, il sera danseur ! C’est son rêve et rien ne viendra l’en dissuader. Mais à la maison, c’est loin d’être l’avis de tous. La mère ne voit que par Crystal donc impossible que son fils fasse la même chose qu’elle et son père considère que ce n’est pas un métier pour un homme. Le jeune garçon persévère et se montre plus talentueux que sa sœur, allant jusqu’à lui faire de l’ombre. Il arrivera à intégrer la plus prestigieuse école de danse, celle de Queen’s Chase. Un parcours difficile mais des rencontres qui vont l’aider à réussir.

Un roman qui nous rappelle l’histoire de Billy Eliott. Des conflits familiaux provoqués par des choix d’avenir pas toujours acceptés. Une sœur jalouse du talent d’un frère qu’elle a toujours snobé, des parents qui ne partagent pas l’idéal de leur fils. Autant d’obstacles qui vont donner la force à Doone de s’accrocher et d’évoluer dans un milieu professionnel pas toujours tendre.

Petit, un cahier de poésie, de Julien Baer

Des petites choses d’importance…

PetitUn recueil de poésie qui se nomme cahier, et beaucoup de choses sont dites…

Petit ou grand, élégant ou laid, quelle importance, le tout est d’exister.

16 petits textes pour faire découvrir en beauté et en douceur, la poésie aux plus jeunes. Chaque texte, en vers, est comme une histoire que l’on nous raconte.

Petit, nous rappelle l’importance des petites choses qui nous entourent, Le tapir nous permet de ne pas oublier qu’il ne faut pas juger les êtres sur leur apparence, Ma voiture, en faisant l’éloge du bruit et de la pollution, prend à contre-pied la réalité pour nous la dévoiler de manière plus intense :

Comme j’aime beaucoup les animaux

Elle aura des sièges en cuir bordeaux

J’aimerais aussi qu’elle fasse du bruit

Pour faire plaisir aux gens la nuit

Elle consommera beaucoup d’essence

C’est bon pour la nature je pense

Et il y a aussi l’histoire des enfants qui s’ennuient au restaurant, ou de l’appartement beaucoup trop grand…

Ces textes dans leur apparente simplicité m’ont touchés. C’est beau, court,  joliment illustré, coloré et imagé et ça parle à tout le monde.

Un petit cahier à mettre entre toutes les mains, dès le primaire (et je pense qu’il intègrera ma liste du rallye-lecture de cycle 3 dès la rentrée prochaine)

 

Le pays hors du monde, de Jean Joubert

Peuple en péril…

 

Nous voilà propulsés entre deux mondes. La Fraterie qui regroupe les partisans d’une vie traditionnelle et les autres, regroupés dans le Sud, adeptes de la modernité, des industries. La Fraterie vit en autonomie et rien n’a changé depuis des siècles. C’est le travail de la terre avec du matériel ancestral, pas d’électricité, les habitants sont loin du progrès et de la concurrence.Un choix de vie qui leur convient. L’esprit de la terre et et de la nuit veille sur eux. Contraste violent avec le reste de la population qui baigne dans une civilisation moderne, toujours en quête de nouveautés et de pouvoir. Tout va basculer quand le Sud va progresser sur les terres de la Fraterie afin d’y installer des axes de communication pour exploiter de nouvelles ressources minières. Commence alors une période de grand séisme culturel qui verra s’affronter les partisans du changement et ceux qui veulent continuer à mener une existence rudimentaire.

Et puis en parallèle une histoire d’amour entre deux êtres qui font partie de la Fraterie pour l’un et du Sud pour l’autre.

Un roman qui nous fait réfléchir sur cette soif de pouvoir, de progrès toujours plus présent. Il est normal de vouloir évoluer et de chercher des techniques qui nous facilitent de plus en plus la vie. Faut-il pour autant faire obstacle aux hommes qui font le choix de vivre simplement, avec des valeurs traditionnelles ?