Dur , dur d’être l’aîné

Le roi des casse-pieds, de Judy Blume

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Bonjour, je m’appelle Peter, j’ai dix ans et j’ai un petit frère Mousse, de quatre ans. Et la cerise sur le gâteau, mes parents viennent de m’apprendre que bientôt, dans cinq mois, un nouveau bébé va arriver. Quelle poisse ! Mousse est déjà insupportable, alors avoir encore nouveau bébé à la maison, je n’y tiens pas. Et puis, comme si cette nouvelle n’était déjà pas assez démoralisante, voilà que mes parents m’annoncent que nous allons habiter loin de New York !

Nous pénétrons dans le quotidien de la famille Hatcher. On s’amuse des querelles de Peter et Mousse et avec la venue de la petite sœur, rien ne va être facile. Mousse veut se débarrasser de cette petite intruse qui prend sa place, Peter veut partir de la maison… Bref un chamboulement dépeint avec humour avec des personnages colorés.

Changement d’habitation, changement d’école, premiers émois amoureux, nos jeunes lecteurs prendront plaisir à suivre Peter et Mousse.

La vie n’est pas un long fleuve tranquille

Sauveur et fils -saison 2- de Marie-Aude Murail

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Nous poussons de nouveau la porte du cabinet de Sauveur, psychologue. Nous retrouvons d’anciens patients auxquels s’ajoutent d’autres « écorchés de la vie ». Sauveur,  dévoué à tous ces gens dont la vie est une souffrance, n’arrive toujours pas à être à l’écoute de Lazar, son fils, qu’il a du mal à voir grandir. Si sa vie professionnelle paraît équilibrée, il n’en est pas de même pour le côté privé. Une vie sentimentale qui peine à s’installer dans une existence trop portée par le mal-être des patients. Sauveur reste brillant de sagesse, d’écoute. Il a envie de changement, de stabilité mais ne maîtrise pas toujours les événements qui surgissent dans sa vie privée. Il est maladroit et ne sait pas comment s’y prendre. Les confessions de ses patients commencent aussi à peser, Sauveur se sent un peu prisonnier de son dévouement. Nul n’est infaillible. C’est en cela que nous nous sentons proches des personnages. Personne est parfait et il n’y a pas forcément de « happy end » pour tous !

Marie-Aude Murail nous dresse avec réalisme une galerie de portraits très touchants. Ce tome est principalement orienté vers l’adolescence, une période difficile, pleine de doutes. Mais pas seulement, car toutes les générations sont présentes avec leur histoire et leurs blessures. L’auteur garde toujours ce regard juste, tendre et non critique. Elle manie l’humour pour parler de sujets graves et laisse toujours entrevoir un espoir.

Dans la saison 1, Lazar très curieux nous servait de guide. C’est lui qui nous prenait par la main pour nous faire découvrir son environnement. Dans la saison 2, Sauveur est plus en avant et devient plus présent pour nous livrer ses failles et ses ressentis. Le personnage progresse et nous prépare à la saison 3. Et puis n’oublions pas tous les petits animaux, hamsters, ouistitis avec lesquels l’auteur s’amuse à faire un parallèle avec les humains. Toutes ces situations nous font réfléchir au droit à la différence, à l’acceptation de soi, à la tolérance. Chaque être humain a ses faiblesses, personne n’a de solution miracle. Le tout est d’y croire et parfois d’avoir la chance que notre chemin croise celui d’un être compréhensible, prêt à nous donner ce coup de pouce qui nous fera rebondir…

Sauveur et fils -saison 3- de Marie-Aude Murail

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La maison de Sauveur devient un lieu de transit pour les âmes en errance. Sauveur se laisse déborder par son trop plein de bienveillance. La situation lui échappe et que reste-t-il pour sa famille ? Sa vie reste un véritable casse-tête… A sa place on aurait envie de pousser un cri et de tout envoyer balader. A force, on se demande si Sauveur n’aurait pas besoin à son tour d’aller consulter pour y voir plus clair dans toute cette joyeuse pagaille qui règne autour de lui. Ce tome 3 met d’avantage en avant les soucis d’ordre privé de Sauveur avec toujours en toile de fond ses patients. Mais Marie-Aude Murail resserre l’étau autour d’un homme qui a du mal à se construire et qui pourtant trouve une solution pour tous ceux qui viennent le voir. Il est sur une corde raide et doit faire attention de ne pas pencher du mauvais côté. Comme ce roman se termine en décembre 2015, l’auteur évoque l’actualité notamment les attentats de novembre 2015 à Paris. Un moment d’émotion sans voyeurisme, la difficulté des adultes à répondre aux questions des enfants, toutes les interrogations sur les raisons d’une telle violence. Nous revivons les événements de l’intérieur.

On prend vraiment plaisir à suivre tous ces personnages, on pénètre dans leur intimité, on fait partie de leur univers. On s’attache et on compatit.

La couverture de ce tome 3 est fraîche et pétillante de couleurs. Présage-t-elle de beaux changements pour Sauveur et son fils ?

Trois sagas qui jettent un regard juste sur notre société. A chaque début de tome, l’auteur fait un bref rappel de ce qui s’est passé précédemment, ce qui permet au lecteur de replonger facilement dans l’univers de Sauveur. Personnellement, j’aurai aimé que Sauveur soit un peu plus vif pour s’investir un peu plus. Notamment concernant sa vie sentimentale, je le trouve un peu mou et par moment j’aurais envie de le secouer.

Je pense qu’un tome 4 devrait suivre car ce troisième volet nous laisse un peu sur notre faim avec des situations proches du dénouement.

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Leçon de vie

L’apprentie sage -femme, de Karen Cushman

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L’histoire se passe en Angleterre, au Moyen-âge. Une jeune fille d’une douzaine d’années, affamée, sale, tremblante, est découverte dans un tas de fumier par la sage-femme du village. Moyennant gîte et couvert, elle se met au service de cette femme qui a besoin d’une apprentie. Celle-ci est très autoritaire et voit bien le profit qu’elle pourra tirer d’une telle situation. La gamine fait toutes les plus sales corvées et suit Jane la sage-femme dans toutes ses interventions. Celle-ci va l’appeler Cafard. L’enfant redouble d’efforts dans son travail pour être sûre de pouvoir rester…Au fil du temps, elle observe les gestes de Jane lors des accouchements et apprend vite. Un jour, alors que Jane s’absente, Cafard intervient auprès d’une femme et fait naître avec succès son enfant. La nouvelle fait le tour du village et sa maîtresse rentre dans une colère noire l’accusant de lui prendre sa clientèle.

La fillette va réussir petit à petit à se faire une place, elle, la « sans nom « , la « sans famille », elle si souvent moquée ! Elle va apprendre un métier, avoir des projets. Mais rien ne se fera facilement, les embûches, les obstacles seront son quotidien mais c’est une battante. Elle fera des rencontres qui vont l’aider.

Dans ce roman, la quête de l’identité est mise en avant et pour notre héroïne cela passe par un prénom qu’elle se choisira. Ensuite le savoir, l’apprentissage, la transmission sera très important si elle veut s’en sortir. L’auteur, très intéréssée par l’époque médiévale retranscrit avec justesse le Moyen-Age et la culture populaire

Souvent adapté au théâtre, ce roman a obtenu la récompense du prix littéraire Newbery en 1996, récompensant le meilleur livre jeunesse américain.

Des vies cadenassées

Sauveur et fils – saison 1- de Marie-Aude Murail

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Sauveur Saint-Yves est psychologue. Avec un tel prénom comment ne pas être à l’écoute des autres et vouloir sauver tout le monde, en particulier les ados. Il a quitté sa Martinique natale pour s’installer à Orléans. Il est veuf et s’occupe seul de son fils de 8 ans, Lazare. A force de vouloir jouer le bon samaritain, il délaisse sa vie privée. Pas facile de trouver l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Sauveur a beaucoup de qualités, un cœur gros comme ça, une bonne écoute avec ses patients mais avec son fils il ne sait pas faire, il est maladroit et démuni. Les cas dont il s’occupe sont divers et variés. Il est contacté par des parents mal divorcés dont les enfants sont devenus des enjeux pour régler leurs conflits, par la maman qui n’aime pas son enfant, l’adolescente qui ne s’y retrouve plus entre sa mère qui s’est remise avec une femme et son père qui est avec une jeune qu’elle traite de pétasse. Il essaie de comprendre les tentatives de suicide, les phobies scolaires… Son bureau est attenant à la maison et Lazare qui se passionne pour la profession de son père, n’en rate pas une miette. Quand il le peut, il se cache et espionne les consultations. Un jour, Lazare demande à son père de lui acheter un hamster. Il étudie son comportement comme Sauveur le fait avec ses patients. Le petit garçon veut d’ailleurs devenir psychologue de tout le monde et en particulier de ces rongeurs. Il est trop craquant Lazare, souriant, attachant, rigolo avec ses « blagounettes » qui n’interpellent pas toujours son père trop préoccupé par son métier. Sauveur est une sorte de mère Thérésa mais aurait-il des ennemis ? Pour preuve, les lettres de menace qu’il reçoit ou les pièges contre le mauvais sort qu’il trouve au pied de sa porte. A ce moment, Lazare commence à se poser des questions sur ses origines et sur sa maman décédée peu après sa naissance. Sauveur ne lui parle pas de sa mère, évite les questions, reste secret. Que cache Sauveur à son fils ? Pourquoi n’arrive -t-il pas à lui en parler ?

L’ombre de la maman plane sans cesse sur le récit. On ne sait pas qui elle était, comment elle était. Sauveur évite d’en parler mais pourtant il faut attendre les ¾ de l’histoire pour s’étonner des confessions que Sauveur fait à une patiente. Les rôles sont inversés. Il parle de sa famille et envisage même d’emmener son fils en Guadeloupe. Le lecteur sent que le dénouement est proche. La fin nous délivrera d’un lourd secret.

Ce livre scanne les problèmes, le mal-être des adolescents. On ressent toutes les difficultés que les parents rencontrent avec eux. Les situations familiales sont complexes et Marie-Aude Murail n’a aucun tabou sur les sujets traités : l’homosexualité, la phobie scolaire, les familles recomposées, la scarification, la drogue, la dépression, la pédophilie, le racisme dont sont victimes Sauveur et Lazare, particulièrement par la nounou du jeune garçon, femme aux préjugés très présents sur les noirs.

Chaque chapitre correspond à une semaine de consultations. On se rend compte au final que les enfants sont trop impliqués dans les histoires « de grands ». Il n’y a plus aucune barrière, les parents exposent leurs enfants à des problèmes qu’ils devraient résoudre entre adultes. Les enfants sont des éponges et craquent. Ce roman est une sorte de miroir du quotidien qui pour certains part à la dérive. Mais heureusement, l’auteur manie l’humour pour aborder ces malaises et permet au lecteur de souffler entre chaque tranche de vie en le faisant pénétrer dans l’intimité de Sauveur et son fils. Marie-Aude Murail nous offre des personnages variés, reflet de notre société. J’appréhendais un peu ma lecture, peur de trouver ennuyeux les énumérations des états d’âmes de chacun. Mais pas du tout, Sauveur et fils est un coup de cœur. Le lecteur est invité sans voyeurisme dans le cabinet de consultations, prend sous son aile Sauveur et Lazare en croisant les doigts pour que le père se libère du poids d’un passé lourd et omniprésent. L’adage qui dit « le cordonnier est le plus mal chaussé » s’adapte parfaitement à la situation de Sauveur. Il soigne les blessures de la vie de ses patients mais est incapable de refermer ses propres plaies. Hâte de me plonger dans la saison 2.

La nébuleuse Alma, de Luc Blanvillain

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

La nébuleuse Alma, de Luc Blanvillain

41evo5se-7l-_sx195_Le soir où Alma vient voir sa meilleure amie pour lui dire qu’elle a enfin embrassé Robin, après de longues semaines d’attente, la réaction de Jade est plutôt surprenante. Celle-ci lui dit qu’elle est ennuyante avec ses histoires… Alma est stupéfaite… mais il est vrai qu’elles ne partagent plus vraiment les mêmes centres d’intérêt !

C’est une histoire très sympathique à lire. Les personnages sont touchants, et malgré leurs caractères très différents, l’amitié qui les unit est forte. A la fin de l’histoire, il y a une vraie chute, car on ne s’attend vraiment pas à la révélation d’un tel secret !

 

Et l’avis de Mu :

« Ours palimpseste »

Alma est aux anges ! Enfin elle a conquis le coeur de Robin, ce beau garçon qu’elle convoitait depuis quelques semaines. Et même si celui-ci (trop bourgeois) n’est pas du goût de Jade, la meilleure amie d’Alma, elle n’hésite pas une seconde à courir directement lui annoncer cette merveilleuse nouvelle… Mais ce qui l’attend va la remplir d’incompréhension et de chagrin : en gagnant un amoureux, elle perd une amie fidèle de toujours. Pourquoi ? Les raisons qu’invoque Jade pour expliquer qu’elle s’est lassée de cette amitié sont-elles réelles ? Alma est-elle vraiment la fille superficielle, égoïste, peu mature que décrit Jade ? Alma et Robin décident d’en avoir le coeur net et vont entreprendre de reconquérir son coeur, même si cela implique de s’intégrer dans une association d’alphabétisation ou suivre l’actualité pour se mettre au courant  de la marche du monde.
Un récit de vie touchant qui aborde, sans vraiment en avoir l’air, de nombreux sujets comme le militantisme, la différence de catégorie sociale, les sans-papiers, l’adolescence et ses préoccupations … et un autre que je ne peux pas révéler (même dans les mots-clés) au risque de spoiler complètement cette belle histoire d’amour et d’amitié. Alma dans sa quête d’elle-même sera bien entourée et guidée, par son amoureux, par son jeune frère (un personnage haut en couleur et très réussi), par son professeur de français qui l’aiguille en lui offrant à lire Verlaine, mais aussi par les rencontres du hasard. Un récit de vie tout en douceur qui se lit comme un roman policier et qui me conforte dans l’idée que j’aime vraiment bien Luc Blanvillain comme écrivain (lire Le Monde selon Walden). Original sans en avoir l’air. Mais ne vous arrêtez pas au résumé de quatrième de couverture, qui, je l’avoue, m’avais peu motivé à ouvrir le livre. C’est le nom de l’auteur et l’avis d’une de mes élèves qui m’a décidé et je n’ai pas été déçue !
Et pourquoi ce surtitre, « Ours palimpseste » ? Vous le saurez en lisant le livre !

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Au pied d’un grand chêne

Dryade, de Nadja

Les dryades sont les nymphes des arbres. Un jour, alors qu’il s’était perdu, un jeune garçon trouve refuge sous un chêne qui va l’entourer de ses soins et de sa protection, comme il ne fait des dryades. La nuit, l’enfant sort et joue avec elles, et le jour, il observe les humains dans le parc… Mais bientôt, jouer avec les autres enfants lui manque. il devra faire le choix de quitter son refuge et retourner à la vraie vie… Des années plus tard, il se souviendra du grand chêne et viendra s’y recueillir…

Un livre poétique, entre mythologie et rêverie, symbolique du passage de l’enfance à l’âge de raison, illustré en noir et blanc comme le symbole du jour et de la nuit… Un texte très court, à lire dès 7-8 ans.

La faiblesse du talon

La jeunesse d’Achille, de Jean-Marie Ruffieux

Un album au format bande dessinée qui relate les exploits d’Achille, héros de la guerre de Troie, presque invulnérable, si ce n’est à son talon…

Le texte démarre sur la visite par Sophie et Yann d’un site archéologique, en compagnie de leurs parents… Une chute dans un escalier, et Sophie, inconsciente,  se retrouve  transportée à Mycène, au temps de la guerre de Troie. Elle va rencontrer une jeune fille de l’Antiquité qui va lui conter l’histoire du fils de Thétis, Achille.

En début d’ouvrage, l’arbre chronologique des dieux, héros et mortels de la mythologie grecque, en fin d’ouvrage un glossaire, des cartes et les illustrations de différents monstres de la mythologie sont un bonus très appréciables pour travailler en classe avec les élèves. L’ouvrage alterne le présent et le passé, ainsi que la forme bande dessinée avec des vignettes et album illustré. Le texte est très simple et compréhensible.

Les illustrations ont été réalisées à la gouache par l’auteur lui-même, même si personnellement, elles ne m’ont pas séduites …

Laissez-vous embarquer pour un voyage aux temps anciens !