Ce qui fait battre nos coeurs, de Florence Hinckel

La famille d’Esteban n’a pas beaucoup d’argent et sa petite sœur Sofia qui a un cœur artificiel bas de gamme et défectueux ne peut s’offrir le plaisir d’un cœur neuf.

Leïla est dite « la fille artificielle » : 96% de son corps est fait de matériaux. Elle ne peut pas sortir de chez elle, elle est mondialement connue et Leïla redoute plus que tout les pannes d’électricité qui la feraient mourir.

Noha est le fils d’un riche dirigeant de société pour organes artificiels. On ne sait pas grand chose de lui, à part bien sûr qu’il est riche.

Maria est une jeune fille peu sociable qui vit avec son oncle Mars depuis la mort de ses parents dans un accident de voiture  et la perte d’un de ses bras, maintenant artificiel.

Quand ces quatre personnages se rencontrent lors d’un kidnapping mené par Esteban, une course poursuite débute avec la police. Alors, l’équipe doit se serrer les coudes.

Ce livre génial se partage les points de vues entre les héros. De plus le livre est très poétique et nous ouvre les portes à plein de questions sur notre monde.

J’ai adoré ce livre de Florence Hinckel (c’est le deuxième d’elle que je lis.) Je le trouve très beau, je vous le conseille vivement, il ravira vos lectures ! Et il est autant pour les collégiens ( dès la 5ème pour bons lecteurs) que pour les adultes. Le fait de voir progresser leurs aventures rend les personnages très attachants. 

Judith, 5ème – membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Super Héros épisode 1 : Origines, de Maxime Gillio

Le voyage de Sam

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N’est ce pas un rêve pour certains d’avoir des super-pouvoirs, comme par exemple de savoir à l’avance ce qui va se passer ? Sam a 13 ans. Il fait partie de ces personnes qui ont ce petit quelque chose qui font d’eux un être humain spécial. Sam adore dessiner et chaque illustration est prémonitoire. Sam prédit le futur à chaque coup de crayon. Pourtant, il n’a pas vu le guet-apens organisé à son insu par deux élèves de son école… Heureusement qu’il a pu compter sur l’aide de deux ados qui l’ont sauvé de ce mauvais pas. Mais cette rencontre n’est pas fortuite car les deux jeunes sont là pour emmener Sam dans un lieu étrange, une sorte d’école où vivent les adolescents spéciaux comme lui. Une école pour apprendre à contrôler et utiliser ses pouvoirs. Mais ce n’est pas tout, Sam va devoir remplir des missions, devenir en quelque sorte un super-héros.

Un roman qui nous entraîne dans un monde parallèle, avec Sam, un personnage très touchant et très attachant. Avec en toile de fond, l’idée que posséder des pouvoirs peut être dangereux si on les utilise de mauvaise manière. De l’aventure, du suspense … bref tous les ingrédients d’une histoire hors du commun qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement final !

Temps de cerveau disponible, de Dominique Corazza

Un recueil de nouvelles qui donne à réfléchir, -si tant est qu’il reste du temps de cerveau
disponible-, sur la société de consommation et ses dérives.

#1 Temps de cerveau disponible
Un collège financé par des sponsors et dirigé par une grande firme, où les élèves peuvent
gagner des points de consommation pour leur famille, en passant des évaluations – des quiz –
sur les spots publicitaires qui tournent en boucle dans les haut-parleurs et sur les écrans en
classe. Quand un élève sort du lot pour ses mauvais résultats, le directeur s’interroge.
Comment une telle abstraction est-elle encore possible, malgré le matraquage sonore et
visuel ?

#2 Légitime défense
Un supermarché dans une zone urbaine. La société est scindée en deux groupes : les
consommateurs qui ont encore les moyens d’acheter vs les « zombies » qui n’ont plus accès au
monde de la consommation et tentent de survivre en marge du système. Les supermarchés ont
développé leur propre milice contre les attaques régulières des zombies. Les vigiles sont armés
et les caddies sont équipés de boucliers et de matraques, que les clients utilisent pour se
défendre en cas d’assaut. De chaque côté, des pacifistes et des extrémistes…

#3 Les gloutons
Des créatures à la forme vaguement humanoïde, inventées dans un mystérieux laboratoire,
peuplent les zones commerciales. Ils sont appelés les gloutons, car ils dévorent tous les
déchets dont la société de consommation ne sait que faire. Faut-il s’inquiéter quand ils entrent
peu à peu dans les foyers, facilement adoptés par les enfants qui les adorent, et les parents qui
voient en eux de gentils baby-sitters ?

#4 Les recycleurs
On a trouvé la solution pour lutter à la fois contre le traitement des déchets, l’obésité et la crise
du logement : les recycleurs.
À partir d’un certain seuil d’IMC*, les personnes en surpoids sont écartées de la société et
deviennent ce qu’on peut appeler « une poubelle organique » : dans des centres de recyclage,
ils ingèrent les déchets et les aliments périmés qui une fois évacués, sont réutilisés en
nourriture pour animaux. Que reste-t-il d’humanité quand on travaille dans une telle usine… ?

Mon avis :
Des nouvelles qui bousculent. Et qui donnent une vision avant-gardiste de notre société de
consommation, de ce vers quoi elle pourrait évoluer en grossissant le trait de ses travers. Une
dérive annoncée, en quelque sorte. Dominique Corazza dénonce notre comportement et
pousse le lecteur à la réflexion en décrivant des mises en situations futuristes certes, mais
basées sur la société actuelle, bien réelle, que l’on connaît.
Une écriture empreinte de lucidité, implacable, qui provoquera forcément une émotion chez le
lecteur. La stupeur parfois, la consternation souvent et le dégoût enfin. Attention aux âmes
sensibles !

Nathalie, ex-Assistante pédagogique !

 

Sublutetia, 1. La révolte de Hutan, d’Eric Senabre

En sortie scolaire pour visiter un musée, Nathan et Keren ratent le départ du métro et sont ainsi séparés de leur porfesseur, Mme Valois et de leurs camarades. Ils décident de prendre le métro suivant. Mais très vite, ils se rendent compte que le trajet qu’ils effectuent ne fait pas partie de la ligne officielle et les emmène dans des entrailles inconnues de Paris… Là, vit tout un monde souterrain dans une ville extraordinaire et insoupçonnée : Sublutetia (littéralement, « sous-Lutèce – ancien nom donné à Paris à l’époque romaine) qui a mis toute une technologie en place pour lui permettre de survivre. Cette société utopiste, bâtie par des personnes qui, sur terre, n’avait plus rien à espérer, a pour ligne de conduite le partage, l’abolition de l’argent et du pouvoir… Mais aujourd’hui, elle est menacée d’extinction à cause de travaux réalisés juste au-dessus d’elle, sur terre… Quelle solution vont-ils trouver ? Et si tous les habitants n’étaient pas aussi peu avides de pouvoir ? Et si les orangs-outans qui ont également  élu domicile un peu plus loin, dans ce souterrain, venaient à devenir agressifs  ?

Un roman de science-fiction rétro-futuriste qui nous emmène dans l’histoire du métro au coeur d’une cité imaginaire se voulant idéale. Des personnages attachants, de nombreux rebondissements, un monde assez fascinant et intriguant.  Un petit côté Jules Verne avec une fin qui clôt ce premier tome en ouvrant forcément les portes du second… Pourtant, je n’ai pas été totalement conquise. Je ne sais pas, peut-être l’épisode des orangs-outans qui ne m’a pas convaincu, ou la traîtrise un peu facile de l’un des personnages… Les idées sont bonnes mais pêchent peut-être dans le développement, car malgré de nombreuses trouvailles tout au long du texte, on a parfois l’impression que le rythme n’y est pas (et j’ai lu la version abrégée…). Ou peut-être que vu les éléments en place je m’attendais trop à un petit bijou… A vous de voir ! Cela n’enlève rien en tout cas à la qualité d’écriture de l’auteur.

Paris 2119, de Zep et Bertail

Paris en 2119, c’est-à-dire dans 100 ans…

Dans ce monde-là, à part une poignée d’irréductibles, tout le monde se déplace en Transcore, un moyen de transport ultra-rapide utilisant la téléportation. Pourtant, Tristan refuse cette évolution de la société et continue à prendre ce mode de transport ringard qu’est le métro, utilisé encore seulement par quelques nostalgiques comme lui ou les laissez pour compte de la société. Mais un jour, il est témoin de faits qu’il n’aurait pas dû voir et cherche à comprendre. Ce qu’il va découvrir risque bien de le mettre en danger.

Zep, connu par les plus jeunes pour être  le « papa » de Titeuf, signe ici une bande dessinée  plutôt destinée aux adultes, voire aux lycéens. Strictement rien à voir avec  le jeune personnage à la mèche blonde, et j’ai été bien heureuse et très surprise par cette découverte. Un scénario bien construit et profond, des illustrations sombres, aux traits justes, une représentation de Paris qui nous parle encore que ce soit celle des monuments, du métro ou des bas-fonds (cent ans, c’est dans pas si longtemps…). L’ensemble permet de réfléchir à l’importance des relations humaines et du temps qui passe.

« Le temps du voyage n’est-il pas nécessaire pour appréhender une nouvelle destination »?

Une phrase qui fait écho en moi et qui évoque, malgré moi, des souvenirs lointains : la première fois que je me suis rendue en Russie, seule, à 18 ans, c’est exactement la question que je me suis posée et qui m’a fait opter pour … le train ! Deux jours de voyage dans un train russe à traverser l’Allemagne, la Pologne, la Biélorussie… Une expérience inoubliable durant laquelle les personnes rencontrées, les paysages traversés nous permettent  de nous approprier lentement le lieu vers lequel on chemine. Le temps a alors une réelle signification.

Mais assez parlé de moi ! Pourtant, c’est cette notion philosophique qu’aborde cette bande dessinée. Mais également, comme la plupart des récits de science-fiction, la question cruciale des dérives potentielles de tout progrès scientifique. Que voulons-nous pour le monde de demain ?  Quelle place laissons-nous aux relations humaines ? Et quel est le prix de la liberté ?

A lire sans hésiter mais pas pour les collégiens à cause des quelques scènes de nus, et même si « Progrès et rêves scientifiques » est au programme de français de 3ème.

Un one-shot efficace mais qui appellerait quand même bien une suite ! Ne pourrait-on pas le faire devenir une trilogie ? …tant de choses pourraient encore être dites !

 

Et merci à l’éditeur pour la délicieuse tablette de chocolat noir artisanale et française « Petits carreaux de Paris »  -au design rappelant le carrelage de métro parisien-  glissée dans le colis du service de presse  : un joli clin d’oeil pour la bande dessinée ! « En 2119, vous serez plutôt métro ou téléportation ? « .

Stephen Hawking, la fille d’Arkas et moi de Emmanuelle Kecir-Lepetit

Bye, bye la Terre !

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C’est l’été et notre jeune héros, Elliot, rêve de passer ses vacances avec ses copains. Mais ses projets vont être quelque peu mis à mal quand son père, Andrew, lui propose de l’emmener à Dublin, pour assister à un grand congrès d’astrophysique. Elliot n’est pas franchement emballé. D’un côté, pour le jeune garçon qui reproche souvent à son père de passer plus de temps sur son ordinateur qu’avec lui, ce voyage serait alors l’occasion de partager un moment avec lui, de mieux connaître aussi le sens de son travail. Mais ce qui fâche aussi Elliot c’est que son père, tellement absorbé par son travail en oublie l’essentiel, la famille. Et là, Elliot a l’impression que par cette proposition tout va encore tourner autour des centres d’intérêt de son père. Mais il n’a pas le choix au final, il faut qu’il y aille.

Ce congrès réunit les plus illustres scientifiques dont Stephen Hawking qui entre autre a émis une théorie sur les trous noirs. Elliot est impressionné par cet homme au physique si particulier. Il ne sait pas encore que cette rencontre va bouleverser le cours de sa vie.

Emmanuelle Kecir-Lepetit va emmener le lecteur dans un grand voyage à travers les plus grandes théories de la physique. Galilée, Copernic, Newton, de grands noms associés à de grandes découvertes. L’Homme s’est toujours posé des questions sur l’univers, sur son origine, sur sa fin. Beaucoup se sont penchés et se penchent encore sur les mystères qui l’entourent. Alors préparez-vous pour un long voyage interstellaire qui vous fera pénétrer dans un autre espace-temps en compagnie de Stephen Hawking, un illustre physicien. Ce roman est non seulement une approche ludique et pédagogique des théories scientifiques mais conduit également le lecteur à réfléchir sur le devenir de la Terre, une planète en danger. Un moment de lecture passionnant, emmené par un binôme plein de ressources.

Je dois préciser que la plume de l’auteur est légère et simple à comprendre. C’est un récit très instructif, très dynamique à l’image de notre jeune héros. 

Vertical, d’Alain Grousset

 

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Tékla est ethnologue et est employée par une industrie pharmaceutique qui l’envoie sur une falaise afin de trouver un fameux « lichen » qu’il espère guérir toutes les maladies existantes. En effet, cette espèce de plante inconnue aux pouvoirs extraordinaires a été découverte sur le cadavre d’un enfant échoué sur la plage suite à sa chute du haut d’une falaise. Lors de son expédition, Tékla y rencontre le peuple qui l’habite et tombe amoureuse de Lix  mais les choses risquent de se compliquer au sein de la tribu et avec ses compagnons …

Mon avis :
Le livre est très bien. Il mélange à la fois science-fiction et romantisme malgré le petit manque de suspens. Tékla et Lix sont très bien décrits et on s’attache vraiment à eux. Je conseille ce livre plutôt pour les 4ème / 3ème ou les bons 5ème car, même si le livre paraît facile à lire, plusieurs moments sont complexes vue que le début de l’histoire met en avant une firme pharmaceutique qui cherche le profit. Il met aussi en avant aussi les dégâts que peuvent faire leur découverte sur un peuple qui n’a pas été encore confronté à la civilisation.  Un roman écologique et d’aventure qui permet de réfléchir sur des sujets intéressants.

Emma, 5ème – 12 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène