Les tours du bois-Maury, 1. Babette – de Hermann

Aymar, le chevalier au grand coeur

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Avec Hermann, le lecteur se retrouve au Moyen-âge, période de souffrance où on se bat, on torture, on meurt de faim. Aymar de Bois Maury est un chevalier, dépossédé de ses terres, qui erre et qui n’a de cesse de se battre pour récupérer son domaine et connaître ses origines. C’est un homme bon, courageux qui combat l’injustice. Il est accompagné de son fidèle écuyer Olivier, tout dévoué à sa cause. De l’Europe à la Palestine, tous deux font un long voyage à travers le monde, côtoient la misère, font de belles rencontres, apportent leur aide à ceux qui en ont besoin.

Aymar de Bois Maury va notamment voler au secours de Germain, un maçon dont la belle, Babette, une paysanne, a été violentée par un chevalier, grossier et loin des codes de la chevalerie. Celui-ci va trouver la mort, un épieu planté dans le dos. Germain est accusé de meurtre et remis au Jugement de Dieu : sa main plongée dans la braise devra guérir au bout de 3 jours sinon ce sera la pendaison. Qui a tué le chevalier ? Aymar arrivera-t-il à prouver l’innocence de Germain avant l’exécution de la sentence.

Aymar de Bois Maury va traverser un Moyen-âge tourmenté, rude, noir, plein de désespoir. Il a conscience de son rang mais sera toujours du côté du faible qu’on méprise, qu’on accable. Il rêve d’un avenir meilleur.

Vous aimez l’Histoire, l’aventure, cette bd est pour vous. Hermann nous fait entrer dans un Moyen-âge de sang où la violence est omniprésente. Les paysans sont malmenés par des seigneurs sans scrupules et exploités par une Eglise, au pouvoir absolu, qui profite de leur ignorance. Dans ce volume, Hermann décrit des personnages proches de la terre dont le seul but est de survivre.Toutes les vies n’ont pas la même valeur à cette époque. Les illustrations traduisent très bien cette ambiance, ces moments durs et parfois tragiques.

Mamie Ouate en Papoâsie de Joël Jouanneau et Marie-Claire Le Pavec

Une étoile pour Mamie Ouate

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Kadouma, noir, grand et fort a longtemps pensé qu’il était seul sur Blupblup, sa minuscule île de Papoâsie. Et bien non ! Une vieille dame, blanche et toute petite, a débarqué avec en tête, de capturer le Virginia, un papillon femelle très rare, si rare qu’il en existe qu’un. Elle s’appelle Mamie Ouate et elle ment tout le temps et de manière naturelle. Elle plante son laboratoire ambulant sur l’île, bien déterminée à mener à bien sa mission ou pas. Elle est la seule à savoir que le Virginia s’est réfugié sur Blupblup, ou pas. Elle se dit entomologiste, experte en papillons ou pas. Quelle est la vérité ? Avec Mamie Ouate on ne sait jamais à quoi s’en tenir ! Mais il faudra bien que ces deux spécimens cohabitent. Comment Kadouma va s’accommoder de la présence de cette intruse ? D’autant plus que la nourriture vient à manquer et que l’île n’est plus approvisionnée…

Une rencontre improbable… Tout oppose nos protagonistes et pourtant leur différence va les rapprocher, cette différence sera leur force. Ils vont devoir s’entraider, car réunis sur une île déserte. Kadouma deviendra même le bras droit de Mamie Ouate. Une amitié, une complicité va petit à petit les unir.

L’accent est mis aussi sur le mensonge définit par mamie Ouate comme une vision du monde, une manière culturelle de manipuler les pensées. La vie est toute tracée mais un mensonge peut quelque fois aider à survivre, à sortir d’une situation délicate, utiliser le mensonge parce qu’on ne peut pas faire autrement. A nous ensuite d’écrire la suite…

Joêl Jouanneau s’amuse également des stéréotypes, à travers le personnage de Kadouma qui n’est pas l’image du sauvage, cannibale avec un os dans le nez que les gens civilisés avaient l’habitude de se représenter. Mamie Ouate et Kadouma sont touchants, plein de tendresse , inséparables ou pas…

La rivière de satin, de Jean-François Chabas

Coup de foudre volcanique

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Sine, jeune orpheline de quinze ans, doit aller vivre chez sa grand-mère, Abigail. Elle quitte donc à regrets New-York pour s’installer à Hawaï, dans le village de Waikoloa, où sa grand-mère possède une somptueuse demeure. On ne peut pas dire que l’accueil soit chaleureux. Abigail est autoritaire, froide et met tout de suite de la distance avec Sine.

La jeune adolescente a une particularité. Elle souffre d’une maladie neurologique qui modifie la perception de l’espace, du temps et de soi-même. Elle est atteinte du syndrome d’Alice au pays des merveilles, qui se manifeste en cas de stress ou de grosse panique. Le village de Waikoloa est entouré de volcans, donc une zone à risques. Depuis quelques jours, des secousses se sont manifestées, ne laissant présager rien de bon. Sine va être vite confrontée à la colère de la nature, cette nature en sommeil qui brusquement va se réveiller et transformer ce paysage idyllique, en un véritable décor apocalyptique. Elle va devoir alors affronter cet environnement hostile, sauver sa vie et affronter tous ses démons pour survivre. Elle ne sera pas seule. Elle va faire la connaissance d’un jeune homme, Holokai, devant lequel elle va fondre immédiatement. Leur attirance réciproque va les unir dans un combat difficile contre les éléments déchaînés.

La rivière de satin est un roman qui suscite en moi un avis partagé. La quatrième de couverture m’a donné envie de le lire mais au fil des pages, je me suis étonnée d’être distante par rapport aux personnages. Des personnages que j’observais de loin sans réels sentiments. Ma lecture me paraissait fade et sans relief. Pourtant, je suis allée jusqu’au bout du récit car j’étais quand même curieuse de connaître leur destin. Un signe que mon indifférence n’était pas totale ! Je me suis donc passionnée pour la seconde partie du récit, là  où pour moi, commençait véritablement l’histoire. Sine m’a intriguée. Sa maladie m’a troublée. J’ai fait des recherches et j’ai constaté que ce syndrome bien réel, fut découvert par John Todd, un psychiatre, en 1955. Plus les personnages évoluaient dans ce chaos meurtrier, plus j’avais envie de les accompagner. Et puis Sine m’est apparue attachante, combattante. La grand-mère, au caractère détestable, a révélé un côté de sa personnalité que jamais on aurait soupçonné. Au final, je ne regrette pas mon voyage à Hawaï et j’attends de vous lecteurs, des retours sur ce que vous avez pensé de La rivière de satin.

J’ajoute que ce qui est troublant, est que Jean-François Chabas a écrit ce roman après avoir été sur l’île de Big Island, la grande île d’Hawaï, et quand il l’a terminé, les faits qu’il a imaginés (l’éruption du volcan en 2018), se sont produits.

Ceux des limbes, de Camille Brissot

Menace intérieure

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Le monde est menacé par une infection qui ne cesse de s’étendre. La nature a pris l’ascendant sur l’homme, ne lui laissant aucune chance. Elle envahit les villes, la forêt encercle le Mont-Survie, qui sert de refuge aux survivants de l’épidémie. Cette montagne ressemble à une pyramide, véritable forteresse habitée par les miraculés. Séparés de l’extérieur par une porte, cette poignée d’hommes refonde une société qui a régressé, régie par des règles strictes. Le virus, responsable de ce chaos, est un champignon qui se transmet par le sang et la salive. On l’appelle le virus limbe. Les humains contaminés sont réduits, seules les fonctions vitales sont préservées. Ils s’assemblent en grappes et se déplacent en horde dans le but de transmettre la maladie. Leur peau est grise, leur chair momifiée. Et gare à celui qui les entend, leur cri est dévastateur. Leur voix insupportable pour le cerveau, crée un mouvement de panique pour celui qui l’écoute. Une sorte de chant des sirènes. Le limbe reste un être humain mais il faut le détruire pour sauvegarder la survie de l’espèce. Parmi les rescapés, deux jeunes adolescents, Naha et Otolan. Dès 15 ans, tous les jeunes doivent faire leur preuve en évoluant seuls dans la forêt pendant dix jours, dans le seul but de prouver qu’ils peuvent survivre dans ce milieu hostile, pris d’assaut par les limbes. Naha doit passer cette épreuve, Oto, lui, bénéficie d’une immunité. En effet, à l’âge de cinq ans, il a survécu à une horde de limbes. Il est devenu une sorte de héros mais attise également les jalousies. Chaque personne qui quitte le Mont-Survie emporte avec lui un venin. Une pilule blanche destinée à être avalée en cas d’attaque. La mort survient dix minutes après l’absorption du comprimé. Le jeune garçon amoureux, n’a pas l’intention de laisser Naha seule, face à son destin. En grand secret et au péril de sa vie, il décide de la suivre, bravant ainsi les règles établies par les maîtres de la communauté. Les jours qui se succèdent ne sont que meurtrissures et cauchemars. La forêt c’est la mort assurée, cette mort qui rôde, qui agrippe et qui enlace. Une expédition sous haute tension commence.

Ceux des limbes est un roman qui met l’homme face à la nature. L’être humain l’a toujours contrôlée, l’a toujours façonnée. Ici, la forêt si belle pourtant, est une menace oppressante qui envahit l’espace. Elle se rebelle. Le lecteur part pour une folle aventure, dans un nouveau monde sauvage où l’homme est une proie pour l’homme. Le royaume sombre des morts-vivants nous plonge dans une atmosphère surnaturelle. Les limbes sont en quelque sorte des zombies, personnages qui ont beaucoup été utilisés au cinéma ou dans la littérature, une sorte de réflexion sur la nature humaine. L’homme qui se veut maître du monde, qui veut tout contrôler se retrouve face à lui-même, victime de son acharnement.

Ceux des limbes est un récit rythmé, préservant un suspens soutenu jusqu’à la fin. L’écriture de Camille Brissot est fluide, précise et met le lecteur aux premières loges. Chaque page est une image dont on ne peut se défaire. Ceux des limbes est un roman qu’on ne peut pas lâcher, une belle histoire d’adolescents amoureux qui passent à l’âge adulte, sur fond d’apocalypse. Oto et Naha sont des personnalités fortes avec, et c’est rare, le personnage féminin qui est plus robuste que les hommes, qui s’impose. Camille Brissot m’a réconciliée avec ce genre de récit dont je ne suis pas fan à l’origine. Un véritable coup de cœur.

Sortie le 05 avril – A ne pas rater !

Père Loup, de Michel Grimaud

Toi, mon ami à jamais…

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Antoine est clown dans un petit cirque. Il est chargé également de nettoyer les cages et de nourrir les animaux. Avec lui, les bêtes sont dociles parce qu’il fait preuve de beaucoup de gentillesse et d’attention. Il y en a une en particulier qui émeut Antoine. C’est Olaf le loup, un loup vieillissant que le directeur du cirque veut abattre car il le trouve inefficace, moins actif. Pour sauver son ami, Antoine décide de s’enfuir, emmenant Olaf loin des hommes, au fond des bois près des collines de Provence. Commence alors une vie de fugitifs, rendue difficile quand une traque est organisée pour les retrouver.

Père Loup est une belle histoire très touchante. Une aventure très profonde de sentiments qui nous montre combien un homme peut être dévoué à l’animal qu’il aime, allant jusqu’au sacrifice de sa propre vie. Le lecteur va partager les joies, les doutes et les émotions d’Antoine qui jusqu’au bout se battra pour préserver Olaf. Loin de la civilisation, en pleine forêt, ils vont malgré tout être heureux car ils sont ensemble et se sentent invincibles. Ils ont un abri, ils se débrouillent pour manger, c’est  l’essentiel. Antoine a toute notre sympathie et notre reconnaissance pour le dévouement dont il fait preuve. Olaf est affectueux, fidèle, attachant et a pleine confiance en son maître. Un binôme qui nous émeut. La fin de leur périple est pour autant déstabilisante par sa brutalité.

Le fils des loups, de Alain Surget

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Une famille d’adoption…

Pélot, 10 ans, habite dans les Vosges avec ses parents. Ce matin, il n’ira pas à l’école , son père a décidé de l’emmener couper du bois en pleine forêt, malgré les réticences de sa maman. C’est l’hiver, une période particulièrement froide dans l’est de la France. Sa mère est soucieuse car une bête rôde dans les campagnes. C’est un loup, ce qui inquiète les villageois. Rejoins par des amis, le père et le fils se mettent en route et se préparent à passer une dure journée de labeur. La fin du jour arrive, il est temps de penser à rentrer. Pélot décide d’aller chercher les sacs et le matériel laissés un peu plus loin. Le jeune garçon s’enfonce dans la futaie mais plus jamais ne trouvera le chemin du retour. Egaré, il a le sentiment d’être traqué, il a peur de se trouver nez à nez avec la « Bête ». La fatigue se fait sentir, le jeune garçon a froid, a faim. Au détour d’un taillis, il est intrigué par de petits cris. Il s’approche mais très vite se trouve nez à nez avec une louve. Celle-ci va s’approcher et le renifler. Pélot n’ose pas bouger, il adopte la même posture que les petits pour se faire accepter.Très vite, la louve va le considérer comme un des siens et  va le protéger. Commence alors pour le jeune garçon une lente survie parmi les loups.

Le fils des loups est une histoire qui se passe au siècle dernier. C’est un beau récit plein d’émotions, qui met en avant les liens qui peuvent unir un être humain et un animal. On se surprend à croire que  cette histoire peut être vraie tant la magie des faits opère. Ce roman nous append beaucoup sur la vie des  loups, sur les relations qu’ils développent avec leurs petits. Cet animal a souvent fasciné les hommes. Native de Lorraine, j’ai beaucoup entendu parler des dégâts causés dans les troupeaux vosgiens. Le loup a toujours été une bête traquée car beaucoup d’élevages ont été la cible de ce prédateur. Une polémique est née entre les associations de défense des loups et les éleveurs de brebis qui déplorent la perte de leur bétail. Le loup est encore aujourd’hui une source de conflits entre les hommes de cette région.

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Seuls dans un monde hostile

Seuls, 1. La disparition, de Kidi Bebey – d’après l’univers de Gazzotti et Velhmann

Afficher l'image d'origineLa bande dessinée Seuls, qui connait un succès jamais démenti au CDI depuis que nous possédons la série et qu’on l’a inscrite au rallye-lecture 6ème sort demain en roman !

Leïla, Dodji, Camille, Yvan et Terry sont cinq adolescents, avec des histoires personnelles et familiales totalement différentes, que des circonstances mystérieuses  ont réuni : la population de la ville entière a disparu et ils se retrouvent seuls, au milieu d’un vide angoissant peuplé de bêtes sauvages ? Que s’est-il passé ? Où sont leurs parents, leurs frères et soeurs, leurs amis ? D’où sortent ces animaux  ? Ils vont devoir unir leurs forces et leur courage pour affronter une situation incompréhensible et tenter de survivre. Ils vont aussi devoir apprendre à vivre dans un monde où les règles n’existent plus, ca qui n’est pas une mince affaire non plus pour des êtres humains !

Il s’agit ici du tome 1 de la série de 10 que compte aujourd’hui la bande dessinée. Ce roman abondamment illustré, par des planches inédites qui s’intègrent parfaitement au roman, se lit très vite. Pour les inconditionnels de la BD, il apporte un point de vue plus développé des situations et pour les non-amateurs du genre, et qui, à cause de cela, n’ont pas voulu entrer dans cet univers, ils vont désormais pouvoir le faire, tout en ayant une petite initiation à la lecture de la bande dessinée ! L’histoire accroche dès les premières pages et on veut forcément en savoir plus ? Qu’est-il arrivé ??? La réponse ? En roman, je ne sais pas, car je ne sais pas combien de tomes sont prévus. Mais les 10 tomes de la BD se lisent vraiment bien car il y a de nombreux rebondissements (enfin, je n’ai hélas pas encore pu acheter le tome 10, au grand désarroi de mes élèves !

Une adaptation cinématographique est également prévue en 2017 ! A vos agendas !

 

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