Sept roses rouges pour Rachel, de Marie-Christophe Ruata-Arn

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog.

Cette histoire se déroule en Italie, dans un coin paumé.

Eléna est dégoutée… elle doit suivre sa mère qui doit vider la maison de sa « nonna » Rachel, la grand-mère décédée. Eléna conclut un marché avec sa mère, elle fait les cartons pour vider la maison que personne ne veut faire -car soi-disant le lieu est maudit- et en échange, sa mère lui laisse le petit appartement qui est mis en location à Genève.

Mais tout ne se passe pas comme prévu, Eléna fait la connaissance de Tita un fantôme qui n’arrive pas à mourir.

Va alors débuter une aventure incroyable d’amitié, d’enquête et de larmes. Eléna réussira-t-elle à faire partir Tita du monde des vivants ?

J’ai adoré ce livre, je l’ai dévoré en une journée ! Je recommande vraiment ce roman qui m’a transporté dans un monde merveilleux autant qu’en l’Italie. Cette histoire était passionnante. Eléna est vraiment une adolescente très réaliste et très attachante. De plus, ce livre est très un bien écrit c’est le deuxième livre de cet auteur que je lis et c’est mon préféré.

A dévorer à partir de la 6ème jusqu’à l’éternité.

Judith, 11 ans – 6ème, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Dans le monde pestaculaire et terrib’de ma sœur Minnie et de son vilain lapin, de Lissa Evans

Il faut sauver les Doubidous !

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Nos chères petites têtes blondes adorent qu’on leur lise en boucle leurs histoires préférées. Même s’ils les connaissent par cœur et qu’il n’y a plus de surprise, nos chérubins prennent toujours le même plaisir à les écouter. Mais qu’en est-il de celui qui doit s’y coller ? Eh bien, demandez à Fidge qui ne supporte plus le livre fétiche de sa soeur Minnie, les Woos Wimbley. Minnie qui a quatre ans, en redemande tous les soirs ! Elle traîne également partout, Lapirouze, un grand lapin en velours, un doudou bien encombrant que Fidge déteste. Les deux sœurs ne partagent pas le même univers et pourtant un concours de circonstances fera que Fidge va se retrouver coincée à l’intérieur de l’album préféré de sa petite sœur. Un monde farfelu, plein de couleurs, de féerie que Fidge ne pourra quitter qu’après avoir résolu des énigmes plus bizarres les unes que les autres. Mais elle n’est pas seule dans cette aventure qui va changer le sens de sa vie et l’amener à réfléchir sur ses émotions et ses comportements.

Un roman acidulé, un merveilleux voyage dans un monde imaginaire, un monde étrange et fantastique à la fois où se mêlent l’humour, la fantaisie, le suspens. Mais malgré la magie des histoires d’enfant et ce côté Alice au pays des merveilles, Lissa Evans va plus loin et appelle à la réflexion sur la tolérance, la différence, l’amitié, l’entraide. Une sorte de voyage initiatique pour les personnages.

La couverture, les illustrations font de ce conte, un très beau livre. La plume de l’auteur est légère et très agréable. Un récit amusant et bien rythmé. Un vrai régal !

21 printemps comme un million d’années, de Camille Brissot

Quand le temps est compté…

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Croquer la vie à pleine dent n’a jamais eu autant de signification que dans 21 printemps comme un million d’années.

Victor et Juliette sont des amis d’enfance, des amis de toujours. Leur relation va au-delà de cette amitié. C’est un lien sacré, ils se connaissent par cœur, ils sont toujours là l’un pour l’autre. Juliette est une jeune femme pétillante, jolie, imprévisible. Elle vit à cent à l’heure. Juliette ne se projette pas , elle vit au jour le jour et on verra pour demain. Seul le présent compte…Victor est sa béquille, sa moitié. Il est toujours là, prêt à la ramasser quand elle chute. Il l’admire et ne la juge pas. D’ailleurs ils sont tellement proches, que Juliette a sa propre chambre chez Victor. Leur histoire, l’histoire de Juliette, Victor va la raconter à un groupe de jeunes adolescentes. Des jeunes filles qui ont connu Juliette, qui l’ont côtoyée, qui l’ont aimée, qui l’ont admirée.

Victor et Juliette forment un duo d’amis très touchants, très attachants. Victor est porté par cette amitié si forte qu’il va la raconter à un groupe de jeunes filles qu’il va voir à l’hôpital. Juliette nous transporte dans son tourbillon. Elle a conscience de ce qu’est la vie et elle sait pourquoi elle vit tout, de manière excessive. Ce roman est une histoire dans l’histoire. Le lecteur partage les souvenirs de Victor, les anecdotes et en même temps le destin d’une jeune femme à qui tout sourit. 21 printemps comme un million d’années parle de la mort, plus précisément d’une mort annoncée, d’une mort programmée. Les deux amis vont devoir gérer leur existence chacun de leur côté. Paradoxalement bien que triste par moment, ce roman n’est pas larmoyant et nous fait prendre conscience de l’importance du temps qui passe. Et ce précieux temps quand il est compté, qu’est-ce qu’on en fait, comment doit-on le vivre…

Un roman délicat que vous prendrez plaisir à lire, un duo d’amis exceptionnels, une histoire qui amène à réfléchir.

Camille Brissot, un auteur à suivre que nous aimons particulièrement sur ce blog : retrouvez ici les autres livres d’elle que nous avons déjà présentés sur ce blog.

Mémé, de Philippe Torreton

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

L‘auteur, Philippe Torreton, adorait sa «mémé», le personnage central de son enfance aujourd’hui décédée. Quarante ans après, l’auteur, dans cet ouvrage, rend hommage à sa mémé qui habitait en face de chez lui et chez qui il se rendait très régulièrement. C’était une femme des campagnes qui vivait simplement et modestement dans sa maison de Normandie. L’auteur y décrit avec une tendresse amusée son quotidien banal : le travail laborieux, vécu sans plainte, l’esprit de famille qui rassemble autour d’une tablée, les drames familiaux mais aussi un intérieur humide et vieillot rempli d’autant de bibelots et d’anciens meubles que pouvaient contenir cette petite maison étouffante accumulant les souvenirs.

Pour Philippe Torreton, il doit ce qu’il est devenu à sa grand-mère dont il parle avec nostalgie durant ces presque 150 pages. Pour lui sa grand mère était un exemple.

Notre avis :

C’est un livre autobiographique assez triste et émouvant qui nous parle des choses simples de la vie. Il décrit des habitudes mais aussi beaucoup de sentiments. Ce n’est pas un livre d’action et l’écoute du texte lu par l’auteur lui-même est lente et nous plonge dans cette ambiance réaliste et touchante même si certains élèves adeptes d’action n’ont pas accroché. Un récit de vie très poétique qui nous plonge dans des souvenirs d’enfance et dans la tristesse du deuil.

 -Silencieuse de mots mais bavarde en preuves d’amours.

-Je veillais sur ma grand-mère, pendant qu’elle veillait sur moi, ce fut mon premier emploi, gardien de nuit de mémé.

– Je ne voulais pas qu’elle meure avant mes vingt ans, car à vingt ans on est grand, on est un homme et un homme c’est dur à la peine, mémé il faut tenir ! A vingt ans, j’ai repoussé la « date de la mort acceptable » à trente. Quand elle a arrêté de respirer pour de bon, j’en avais quarante et je n’étais toujours pas devenu un homme.

Les élèves de 3ème du collège Arsène Fié

Le voyage à rebours, de Sharon Creech

Dis, quand reviendras- tu ?

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Salamanca, treize ans, a grandi dans une ferme, à la campagne. Mais elle et son père vont déménager en ville, après que la mère les ait quittés pour réfléchir sur son existence. La jeune adolescente est anéantie et se persuade qu’elle reviendra un jour. Son père, terrassé par la douleur, ne cesse de lui répéter le contraire. Salamanca va alors entreprendre un long voyage pour tenter de ramener sa maman. Un pari fou en réalité pour cette jeune adolescente. Beaucoup de questions se bousculent dans sa tête. Pourquoi une mère qu’elle chérit tant, a-t-elle pu faire ça ? Tout quitter, pour qui, pour quoi ? Ils étaient bien tous les trois. Ils étaient heureux. Maintenant, le quotidien est devenu triste et douloureux. Salamanca va traverser le nord des Etats-Unis en camping-car avec ses grands-parents. Un couple complètement déjanté, plein de folie. Ils vont suivre un itinéraire guidé par les différentes cartes postales envoyées par la mère de Salamanca. Mabel, sa meilleure amie vit la même épreuve. Sa mère a quitté le foyer familial du jour au lendemain, sans explication. Les deux histoires vont s’entremêler. Au fur à mesure de ce périple, la jeune fille évoque beaucoup de souvenirs, des moments de son enfance qu’elle partage avec ses grands-parents. Elle leur raconte également la vie de Mabel, qui est un peu la sienne. Les deux amies essaient désespérément de découvrir les raisons pour lesquelles leurs mères se sont volatilisées du jour au lendemain. Alors, elles s’inventent des histoires plus rocambolesques les unes que les autres. Un mystère plane autour de ces deux disparitions qui laissent les familles en plein désarroi.

Le voyage à rebours est un roman plein d’émotions, de sensibilité dans lequel l’auteur a su ménager le suspens. La chute n’en reste pas moins brutale. On s’attache très vite aux personnages tout en partageant la tension et l’inquiétude qui grandissent au fur et à mesure que le temps passe. Les grands-parents sont très touchants et apportent une note de couleur au récit. Salamanca va progresser vers l’âge adulte en laissant derrière elle son âme d’enfant. Les épreuves qu’elle traverse vont la faire grandir et lui faire prendre conscience que la vie peut être injuste.

Le chat de Rose, de N.M. Zimmermann

Plus rien ne sera pareil maintenant…

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Clara a l’habitude d’aller chez sa grand-mère Rose qui habite une maison au milieu des bois. Mais cet été, quand elle s’arrête devant la demeure, quelque chose a changé. Un vent de douleur et de tristesse remplace les rires et l’insouciance de Clara. Où est le chat de mamie qui est toujours là pour l’accueillir ? La petite fille va alors s’échapper dans la forêt pour le retrouver. Un milieu dans lequel Clara va s’inventer un monde peuplé de monstres et de créatures étranges pour faire face à une situation difficile, qu’elle a du mal à gérer : le décès de Rose…

Une histoire douce et touchante pour aborder le thème du deuil. N.M Zimmermann a su aborder ce drame de belle manière. A aucun moment il est écrit que Rose est morte mais les images, les souvenirs évoqués par Clara ne laissent aucun doute. L’imaginaire dans lequel s’enferme Clara n’est autre que l’évocation de ses sentiments qu’elle refoule, et rend ce livre original.

L’été de tous les secrets, de Katherine Paterson

A toi mon père…

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Park, jeune adolescent de 11 ans, a perdu son père, décédé au Vietnam en 1973, alors qu’il n’avait que quelques mois. Il vit modestement avec sa mère, Randy. Ses questions incessantes sur son papa ont le don d’irriter sa mère qui esquive à chaque fois. Aujourd’hui, c’est la commémoration des anciens combattants, il veut y aller mais sa mère s’y oppose une nouvelle fois. Park lui reproche de le considérer comme un enfant et de ne pas lui dire  qui était son père, ce qu’il faisait. Il veut tout simplement connaître l’homme dont il porte le nom. Il ne possède qu’une photo en noir et blanc, insérée dans un recueil de poèmes mais n’arrive pas à trouver de ressemblances. Il met la main également sur un livre dédicacé en 1960 par son grand-père qui le chamboule. En cachette de sa maman, il se met à dévorer les livres ayant appartenu à son père. Il est intrigué et chagriné par l’attitude de sa mère, une femme douce, discrète mais qu’une froideur rend distante, mystérieuse. Pourquoi est-elle si ténébreuse alors que son mari est mort depuis plus de 10 ans. Aucune sortie, aucun rendez-vous. Park veut à tout prix aller jusqu’au mémorial du Vietnam en ville, lire le nom de tous les combattants qui ont payé de leur vie et en particulier celui de son père. Aujourd’hui, il a décidé de ne plus obéir. Arrivé sur place, l’angoisse de ne pas le trouver parmi ce nombre impressionnant de noms le submerge. Par chance, un guide l’accueille et lui indique où se diriger. Il est près du but. Il s’avance, enfin effleure des doigts les lettres composant le nom de son père. Il est heureux d’être là mais ses yeux se remplissent de larmes, l’émotion est trop violente. Il a besoin de lui, mort ou vivant. A son retour, il raconte tout ce qu’il vient de vivre à Randy. Résignée, elle accepte de l’écouter et lui promet qu’un jour prochain, elle lui parlerait. Park veut aussi connaître les membres de sa famille qui habite en Virginie. Randy capitule et lui dit qu’elle leur écrira pour qu’il puisse aller les voir mais sans garantie de réponse. Un petit pas est franchi mais où tout cela va mener Park ? Contre toute attente, le jeune garçon reçoit une lettre encourageante, pleine de joie, l’invitant à rencontrer la famille de son père. Quelques jours plus tard, un chauffeur vient le chercher pour le déposer devant une immense maison de trois étages, presque un château comme il en existe beaucoup en Virginie. Son séjour doit durer 15 jours, pendant lesquels Park souhaite avant tout rencontrer son grand-père. Mais un silence pesant menace cette rencontre. Personne ne  parle de lui et évite le sujet. Pourtant une nuit, alors qu’il entend des gémissements et des râles provenant d’une chambre, Park décide de s’y introduire. Il découvre alors un vieillard, debout, qui, surpris par cette intrusion, hurle de douleurs et de désespoir. Il rapporte à son oncle Franck, ce qu’il a vu et comprend alors que sa présence a bouleversé son aïeul. Pourquoi tant de mystères et de non-dits autour de son père ? Quels secrets de famille rendent les choses si difficiles pour Park ? Et pourquoi ce grand-père auprès duquel il aimerait se blottir, reste enfermé ?

L’été de tous les secrets est une belle histoire très humaine sur la quête de l’identité. Comment peut-on avancer quand il manque une pièce au puzzle de sa vie, quand sa propre mère ne veut rien dire ? Park est déterminé et ne lâchera pas prise malgré tous les obstacles qui vont se dresser devant lui. Cette persévérance fait de ce jeune garçon un personnage attachant qui va bouleverser et émouvoir toute une famille. Il aidera par la même occasion sa maman à se libérer d’un passé trop pesant.

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