Mon Eden, de Hélène Duvar

Comment vivre sans toi…..

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Erwan a 16 ans, il avait une sœur jumelle, Eden. Eden s’est suicidée et sa disparition l’a anéanti. Il est dévasté, il ne comprend pas. Pourquoi a-t-elle fait ça ? Ce n’est pas juste. Eden était parfaite, tout le monde l’aimait. Elle était sa moitié, son miroir, son double.

Les souvenirs le rongent, tout se bouscule dans sa tête, il est dans le déni. Comment avancer sans se demander sans cesse pourquoi ? Comment continuer sans elle ? Et puis vient le jour où Erwan découvre le journal intime de sa sœur. Un journal qui va lui apprendre qu’Eden avait elle aussi des failles, des blessures, des côtés un peu obscures. Erwan va alors se démener pour trouver les raisons qui ont poussé sa sœur à en finir avec la vie, une vie qui semblait si parfaite.

Mon Eden est un livre qui parle du deuil, de la vie après la disparition d’un être cher et plus précisément du suicide des adolescents. Il est d’autant plus terrible pour ceux qui restent de ne pouvoir expliquer les raisons d’un tel geste. Le mot pourquoi raisonne sans cesse, hante l’esprit. C’est une torture, un sentiment de culpabilité. On a rien vu, on a rien fait pour éviter un tel drame. L’histoire est racontée à travers les sentiments d’Erwan. Ainsi, le lecteur se sent proche de lui, partage sa douleur et son désarroi. Le roman n’en est pas pour autant larmoyant, il se veut rassurant et on peut comprendre que malgré tout, le temps peut aider à faire son chemin…

Sept roses rouges pour Rachel, de Marie-Christophe Ruata-Arn

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog.

Cette histoire se déroule en Italie, dans un coin paumé.

Eléna est dégoutée… elle doit suivre sa mère qui doit vider la maison de sa « nonna » Rachel, la grand-mère décédée. Eléna conclut un marché avec sa mère, elle fait les cartons pour vider la maison que personne ne veut faire -car soi-disant le lieu est maudit- et en échange, sa mère lui laisse le petit appartement qui est mis en location à Genève.

Mais tout ne se passe pas comme prévu, Eléna fait la connaissance de Tita un fantôme qui n’arrive pas à mourir.

Va alors débuter une aventure incroyable d’amitié, d’enquête et de larmes. Eléna réussira-t-elle à faire partir Tita du monde des vivants ?

J’ai adoré ce livre, je l’ai dévoré en une journée ! Je recommande vraiment ce roman qui m’a transporté dans un monde merveilleux autant qu’en l’Italie. Cette histoire était passionnante. Eléna est vraiment une adolescente très réaliste et très attachante. De plus, ce livre est très un bien écrit c’est le deuxième livre de cet auteur que je lis et c’est mon préféré.

A dévorer à partir de la 6ème jusqu’à l’éternité.

Judith, 11 ans – 6ème, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Dans le monde pestaculaire et terrib’de ma sœur Minnie et de son vilain lapin, de Lissa Evans

Il faut sauver les Doubidous !

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Nos chères petites têtes blondes adorent qu’on leur lise en boucle leurs histoires préférées. Même s’ils les connaissent par cœur et qu’il n’y a plus de surprise, nos chérubins prennent toujours le même plaisir à les écouter. Mais qu’en est-il de celui qui doit s’y coller ? Eh bien, demandez à Fidge qui ne supporte plus le livre fétiche de sa soeur Minnie, les Woos Wimbley. Minnie qui a quatre ans, en redemande tous les soirs ! Elle traîne également partout, Lapirouze, un grand lapin en velours, un doudou bien encombrant que Fidge déteste. Les deux sœurs ne partagent pas le même univers et pourtant un concours de circonstances fera que Fidge va se retrouver coincée à l’intérieur de l’album préféré de sa petite sœur. Un monde farfelu, plein de couleurs, de féerie que Fidge ne pourra quitter qu’après avoir résolu des énigmes plus bizarres les unes que les autres. Mais elle n’est pas seule dans cette aventure qui va changer le sens de sa vie et l’amener à réfléchir sur ses émotions et ses comportements.

Un roman acidulé, un merveilleux voyage dans un monde imaginaire, un monde étrange et fantastique à la fois où se mêlent l’humour, la fantaisie, le suspens. Mais malgré la magie des histoires d’enfant et ce côté Alice au pays des merveilles, Lissa Evans va plus loin et appelle à la réflexion sur la tolérance, la différence, l’amitié, l’entraide. Une sorte de voyage initiatique pour les personnages.

La couverture, les illustrations font de ce conte, un très beau livre. La plume de l’auteur est légère et très agréable. Un récit amusant et bien rythmé. Un vrai régal !

21 printemps comme un million d’années, de Camille Brissot

Quand le temps est compté…

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Croquer la vie à pleine dent n’a jamais eu autant de signification que dans 21 printemps comme un million d’années.

Victor et Juliette sont des amis d’enfance, des amis de toujours. Leur relation va au-delà de cette amitié. C’est un lien sacré, ils se connaissent par cœur, ils sont toujours là l’un pour l’autre. Juliette est une jeune femme pétillante, jolie, imprévisible. Elle vit à cent à l’heure. Juliette ne se projette pas , elle vit au jour le jour et on verra pour demain. Seul le présent compte…Victor est sa béquille, sa moitié. Il est toujours là, prêt à la ramasser quand elle chute. Il l’admire et ne la juge pas. D’ailleurs ils sont tellement proches, que Juliette a sa propre chambre chez Victor. Leur histoire, l’histoire de Juliette, Victor va la raconter à un groupe de jeunes adolescentes. Des jeunes filles qui ont connu Juliette, qui l’ont côtoyée, qui l’ont aimée, qui l’ont admirée.

Victor et Juliette forment un duo d’amis très touchants, très attachants. Victor est porté par cette amitié si forte qu’il va la raconter à un groupe de jeunes filles qu’il va voir à l’hôpital. Juliette nous transporte dans son tourbillon. Elle a conscience de ce qu’est la vie et elle sait pourquoi elle vit tout, de manière excessive. Ce roman est une histoire dans l’histoire. Le lecteur partage les souvenirs de Victor, les anecdotes et en même temps le destin d’une jeune femme à qui tout sourit. 21 printemps comme un million d’années parle de la mort, plus précisément d’une mort annoncée, d’une mort programmée. Les deux amis vont devoir gérer leur existence chacun de leur côté. Paradoxalement bien que triste par moment, ce roman n’est pas larmoyant et nous fait prendre conscience de l’importance du temps qui passe. Et ce précieux temps quand il est compté, qu’est-ce qu’on en fait, comment doit-on le vivre…

Un roman délicat que vous prendrez plaisir à lire, un duo d’amis exceptionnels, une histoire qui amène à réfléchir.

Camille Brissot, un auteur à suivre que nous aimons particulièrement sur ce blog : retrouvez ici les autres livres d’elle que nous avons déjà présentés sur ce blog.

Mémé, de Philippe Torreton

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

L‘auteur, Philippe Torreton, adorait sa «mémé», le personnage central de son enfance aujourd’hui décédée. Quarante ans après, l’auteur, dans cet ouvrage, rend hommage à sa mémé qui habitait en face de chez lui et chez qui il se rendait très régulièrement. C’était une femme des campagnes qui vivait simplement et modestement dans sa maison de Normandie. L’auteur y décrit avec une tendresse amusée son quotidien banal : le travail laborieux, vécu sans plainte, l’esprit de famille qui rassemble autour d’une tablée, les drames familiaux mais aussi un intérieur humide et vieillot rempli d’autant de bibelots et d’anciens meubles que pouvaient contenir cette petite maison étouffante accumulant les souvenirs.

Pour Philippe Torreton, il doit ce qu’il est devenu à sa grand-mère dont il parle avec nostalgie durant ces presque 150 pages. Pour lui sa grand mère était un exemple.

Notre avis :

C’est un livre autobiographique assez triste et émouvant qui nous parle des choses simples de la vie. Il décrit des habitudes mais aussi beaucoup de sentiments. Ce n’est pas un livre d’action et l’écoute du texte lu par l’auteur lui-même est lente et nous plonge dans cette ambiance réaliste et touchante même si certains élèves adeptes d’action n’ont pas accroché. Un récit de vie très poétique qui nous plonge dans des souvenirs d’enfance et dans la tristesse du deuil.

 -Silencieuse de mots mais bavarde en preuves d’amours.

-Je veillais sur ma grand-mère, pendant qu’elle veillait sur moi, ce fut mon premier emploi, gardien de nuit de mémé.

– Je ne voulais pas qu’elle meure avant mes vingt ans, car à vingt ans on est grand, on est un homme et un homme c’est dur à la peine, mémé il faut tenir ! A vingt ans, j’ai repoussé la « date de la mort acceptable » à trente. Quand elle a arrêté de respirer pour de bon, j’en avais quarante et je n’étais toujours pas devenu un homme.

Les élèves de 3ème du collège Arsène Fié

Le voyage à rebours, de Sharon Creech

Dis, quand reviendras- tu ?

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Salamanca, treize ans, a grandi dans une ferme, à la campagne. Mais elle et son père vont déménager en ville, après que la mère les ait quittés pour réfléchir sur son existence. La jeune adolescente est anéantie et se persuade qu’elle reviendra un jour. Son père, terrassé par la douleur, ne cesse de lui répéter le contraire. Salamanca va alors entreprendre un long voyage pour tenter de ramener sa maman. Un pari fou en réalité pour cette jeune adolescente. Beaucoup de questions se bousculent dans sa tête. Pourquoi une mère qu’elle chérit tant, a-t-elle pu faire ça ? Tout quitter, pour qui, pour quoi ? Ils étaient bien tous les trois. Ils étaient heureux. Maintenant, le quotidien est devenu triste et douloureux. Salamanca va traverser le nord des Etats-Unis en camping-car avec ses grands-parents. Un couple complètement déjanté, plein de folie. Ils vont suivre un itinéraire guidé par les différentes cartes postales envoyées par la mère de Salamanca. Mabel, sa meilleure amie vit la même épreuve. Sa mère a quitté le foyer familial du jour au lendemain, sans explication. Les deux histoires vont s’entremêler. Au fur à mesure de ce périple, la jeune fille évoque beaucoup de souvenirs, des moments de son enfance qu’elle partage avec ses grands-parents. Elle leur raconte également la vie de Mabel, qui est un peu la sienne. Les deux amies essaient désespérément de découvrir les raisons pour lesquelles leurs mères se sont volatilisées du jour au lendemain. Alors, elles s’inventent des histoires plus rocambolesques les unes que les autres. Un mystère plane autour de ces deux disparitions qui laissent les familles en plein désarroi.

Le voyage à rebours est un roman plein d’émotions, de sensibilité dans lequel l’auteur a su ménager le suspens. La chute n’en reste pas moins brutale. On s’attache très vite aux personnages tout en partageant la tension et l’inquiétude qui grandissent au fur et à mesure que le temps passe. Les grands-parents sont très touchants et apportent une note de couleur au récit. Salamanca va progresser vers l’âge adulte en laissant derrière elle son âme d’enfant. Les épreuves qu’elle traverse vont la faire grandir et lui faire prendre conscience que la vie peut être injuste.

Le chat de Rose, de N.M. Zimmermann

Plus rien ne sera pareil maintenant…

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Clara a l’habitude d’aller chez sa grand-mère Rose qui habite une maison au milieu des bois. Mais cet été, quand elle s’arrête devant la demeure, quelque chose a changé. Un vent de douleur et de tristesse remplace les rires et l’insouciance de Clara. Où est le chat de mamie qui est toujours là pour l’accueillir ? La petite fille va alors s’échapper dans la forêt pour le retrouver. Un milieu dans lequel Clara va s’inventer un monde peuplé de monstres et de créatures étranges pour faire face à une situation difficile, qu’elle a du mal à gérer : le décès de Rose…

Une histoire douce et touchante pour aborder le thème du deuil. N.M Zimmermann a su aborder ce drame de belle manière. A aucun moment il est écrit que Rose est morte mais les images, les souvenirs évoqués par Clara ne laissent aucun doute. L’imaginaire dans lequel s’enferme Clara n’est autre que l’évocation de ses sentiments qu’elle refoule, et rend ce livre original.