L’île, de Christophe Léon

La cible

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5 Août 2016, une île en Bretagne….Tout avait pourtant bien commencé pour cette bande d’adolescents, d’une banlieue parisienne défavorisée. Parmi eux, Driss et Marie-Anissa amoureux, devaient passer leurs premières vacances ensemble. Quinze jours de liberté, d’évasion, loin de tout. Mais le sort en a décidé autrement et ce qui devait être un moment inoubliable de bonheur  va se transformer en un véritable cauchemar, en une tragédie humaine…

17 ans plus tard, comment oublier ce 5 Août 2016, comment oublier que des familles ont été à jamais meurtries dans leur chair. Ce 5 Août 2016 qui , 17 ans plus tard, va bouleverser la vie de Yasmine, une jeune adolescente….

 Christophe Léon aborde ici un thème émouvant et dur. Avec L’île, l’auteur ravive une douleur,  en nous ramenant à des faits d’actualité, ayant marqué à jamais les hommes, un pays. Dans ce décor doux et tranquille d’une île, l’auteur joue sur un effet de surprise qui prend le lecteur de cours. Trois personnages, trois regards différents sur un même événement tragique, trois points de vue bouleversants et profonds. Une plume fluide et accrocheuse qui tiendra le lecteur jusqu’à la fin.

 

 

 

 

La fille des manifs, de Isabelle Collombat

Combat de femme

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Barbara n’a pas beaucoup d’amis mais ça lui suffit

Barbara est une fille au style décalé, mais bien affirmé

Barbara est une fille solitaire qui n’en a que faire

de tous ces hypocrites qui la critiquent.

Barbara mène le combat de sa vie

avec sa meilleure amie Annie.

 

Ces quelques lignes pour définir Barbara , une jeune adolescente qui se lance à corps perdu dans une cause qui lui est chère : la défense de l’environnement, la protection de la planète. Mais ce qu’elle ne supporte plus avant tout, c’est le comportement détaché et égoïste des adultes face à l’urgence de la situation. Alors elle s’organise pour se faire entendre : banderoles, messages chocs, manifs….Mais Barbara parle trop, crie trop fort son mécontentement et elle dérange. La jeune fille de 17 ans va recevoir des menaces, va faire l’objet d’agissements malveillants qui vont porter atteinte à sa vie privée et à celle de sa famille. L’adolescente est effondrée et pour surmonter la situation, elle va s’adresser à sa grand-mère décédée, en écrivant un journal. Une grand-mère qui sera sa source d’énergie et de courage.

La fille des manifs est un livre qui traite d’un sujet d’actualité : la protection de la planète. Un thème repris par beaucoup de livres pour la jeunesse, un thème qui est au coeur de toutes les préoccupations. C’est important que le porte-parole de cette cause soit une ado, l’effet n’en est que plus fort. Une jeunesse qui se mobilise et qui est prête à tout pour que les comportements changent, pour que la prise de conscience des uns et des autres n’en soit que meilleure. Et puis il y a Annie…un personnage disparu et pourtant tellement présent au fil des pages, Annie une femme au destin tragique qui sera un modèle pour Barbara.

Ce livre va au-delà de l’engagement et dénonce en parallèle les dérives et les réactions de gens prêts à tout pour intimider des personnes engagées, porte-parole d’idées fortes. Barbara, l’héroïne, est en pleine construction. L’adolescence est dans une période qui peut être difficile, mais Barbara est bien entourée par ses parents qui la soutiennent, qui l’écoutent. Elle se construit grâce aux valeurs transmises par sa famille et par ce qu’elle va apprendre de sa grand-mère. Un livre touchant qui dénonce toute sorte de violences et d’injustices.

 

 

Le trésor de mon père, de Marie-Aude Murail

Sur les traces de mon père…

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Emilien est un jeune adolescent qui n’a jamais connu son père. Alors qu’il passe ses vacances chez un oncle, sa mère lui apprend le décès de son père. Celle-ci lui demande de revenir pour se rendre à l’enterrement. Emilien hurle, s’insurge, revendiquant le fait que son géniteur est un parfait inconnu … Pour quelle raison se rendrait-il à son enterrement ?

De mauvaise grâce, le jeune  garçon se rend à la cérémonie. Il va faire la connaissance de la famille de son père et, le même jour, apprend qu’il va hériter d’un trésor. Emilien est excité mais va très vite déchanter quand il va savoir qu’il lui faudra résoudre des énigmes pour arriver sur les lieux où repose l’héritage paternel !

Nous retrouvons Emilien avec toute sa spontanéité et son naturel. Beaucoup de fraîcheur pour une histoire qui traite du deuil et de la recherche de soi.

Lou après tout, 2. La communauté, de Jérôme leroy

Survivre pour un nouveau bonheur ?

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Nous retrouvons le monde noir dans lequel nos héros essaient tant bien que mal de survivre. La douleur et l’incertitude d’un futur auquel on ne croit plus, la question de l’utilité ou non de se battre pour survivre est de nouveau le thème de ce nouveau volet.

Les personnages sont tout aussi touchants, fragiles, attachants et tellement vrais. On retrouve également les alternances passé-présent. Autant d’ingrédients qui font qu’on ne peut se détacher de ce roman qui, pour moi, est un véritable coup de cœur. La communauté serait elle peut-être un début d’espoir. Il nous renvoie au collectif, alors y aurait-il de la lumière dans ce futur si sombre ?

Je ne peux vous en dire plus sur ce tome 2 de peur de trop dévoiler le premier. J’étais à la fois excitée et curieuse de me lancer à l’assaut de ce second roman, le second d’une trilogie. Je n’ai pas été déçue et je ne peux que vous le conseiller.

Je tiens également à préciser que les deux tomes font souvent référence à Guillaume Apollinaire. La poésie restera tout au long du périple de nos héros, un refuge, une aide à la survie, une sorte de protection intellectuelle pour supporter la déchéance. J’avoue que les vers cités, font du bien et quelque part apaisent non seulement les survivants mais aussi les lecteurs. C’est une sorte de bol d’oxygène dans ce dédale de cadavres, dans ces odeurs de sang.

Mon Eden, de Hélène Duvar

Comment vivre sans toi…..

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Erwan a 16 ans, il avait une sœur jumelle, Eden. Eden s’est suicidée et sa disparition l’a anéanti. Il est dévasté, il ne comprend pas. Pourquoi a-t-elle fait ça ? Ce n’est pas juste. Eden était parfaite, tout le monde l’aimait. Elle était sa moitié, son miroir, son double.

Les souvenirs le rongent, tout se bouscule dans sa tête, il est dans le déni. Comment avancer sans se demander sans cesse pourquoi ? Comment continuer sans elle ? Et puis vient le jour où Erwan découvre le journal intime de sa sœur. Un journal qui va lui apprendre qu’Eden avait elle aussi des failles, des blessures, des côtés un peu obscures. Erwan va alors se démener pour trouver les raisons qui ont poussé sa sœur à en finir avec la vie, une vie qui semblait si parfaite.

Mon Eden est un livre qui parle du deuil, de la vie après la disparition d’un être cher et plus précisément du suicide des adolescents. Il est d’autant plus terrible pour ceux qui restent de ne pouvoir expliquer les raisons d’un tel geste. Le mot pourquoi raisonne sans cesse, hante l’esprit. C’est une torture, un sentiment de culpabilité. On a rien vu, on a rien fait pour éviter un tel drame. L’histoire est racontée à travers les sentiments d’Erwan. Ainsi, le lecteur se sent proche de lui, partage sa douleur et son désarroi. Le roman n’en est pas pour autant larmoyant, il se veut rassurant et on peut comprendre que malgré tout, le temps peut aider à faire son chemin…

Sept roses rouges pour Rachel, de Marie-Christophe Ruata-Arn

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog.

Cette histoire se déroule en Italie, dans un coin paumé.

Eléna est dégoutée… elle doit suivre sa mère qui doit vider la maison de sa « nonna » Rachel, la grand-mère décédée. Eléna conclut un marché avec sa mère, elle fait les cartons pour vider la maison que personne ne veut faire -car soi-disant le lieu est maudit- et en échange, sa mère lui laisse le petit appartement qui est mis en location à Genève.

Mais tout ne se passe pas comme prévu, Eléna fait la connaissance de Tita un fantôme qui n’arrive pas à mourir.

Va alors débuter une aventure incroyable d’amitié, d’enquête et de larmes. Eléna réussira-t-elle à faire partir Tita du monde des vivants ?

J’ai adoré ce livre, je l’ai dévoré en une journée ! Je recommande vraiment ce roman qui m’a transporté dans un monde merveilleux autant qu’en l’Italie. Cette histoire était passionnante. Eléna est vraiment une adolescente très réaliste et très attachante. De plus, ce livre est très un bien écrit c’est le deuxième livre de cet auteur que je lis et c’est mon préféré.

A dévorer à partir de la 6ème jusqu’à l’éternité.

Judith, 11 ans – 6ème, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Dans le monde pestaculaire et terrib’de ma sœur Minnie et de son vilain lapin, de Lissa Evans

Il faut sauver les Doubidous !

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Nos chères petites têtes blondes adorent qu’on leur lise en boucle leurs histoires préférées. Même s’ils les connaissent par cœur et qu’il n’y a plus de surprise, nos chérubins prennent toujours le même plaisir à les écouter. Mais qu’en est-il de celui qui doit s’y coller ? Eh bien, demandez à Fidge qui ne supporte plus le livre fétiche de sa soeur Minnie, les Woos Wimbley. Minnie qui a quatre ans, en redemande tous les soirs ! Elle traîne également partout, Lapirouze, un grand lapin en velours, un doudou bien encombrant que Fidge déteste. Les deux sœurs ne partagent pas le même univers et pourtant un concours de circonstances fera que Fidge va se retrouver coincée à l’intérieur de l’album préféré de sa petite sœur. Un monde farfelu, plein de couleurs, de féerie que Fidge ne pourra quitter qu’après avoir résolu des énigmes plus bizarres les unes que les autres. Mais elle n’est pas seule dans cette aventure qui va changer le sens de sa vie et l’amener à réfléchir sur ses émotions et ses comportements.

Un roman acidulé, un merveilleux voyage dans un monde imaginaire, un monde étrange et fantastique à la fois où se mêlent l’humour, la fantaisie, le suspens. Mais malgré la magie des histoires d’enfant et ce côté Alice au pays des merveilles, Lissa Evans va plus loin et appelle à la réflexion sur la tolérance, la différence, l’amitié, l’entraide. Une sorte de voyage initiatique pour les personnages.

La couverture, les illustrations font de ce conte, un très beau livre. La plume de l’auteur est légère et très agréable. Un récit amusant et bien rythmé. Un vrai régal !