Le voyage à rebours, de Sharon Creech

Dis, quand reviendras- tu ?

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Salamanca, treize ans, a grandi dans une ferme, à la campagne. Mais elle et son père vont déménager en ville, après que la mère les ait quittés pour réfléchir sur son existence. La jeune adolescente est anéantie et se persuade qu’elle reviendra un jour. Son père, terrassé par la douleur, ne cesse de lui répéter le contraire. Salamanca va alors entreprendre un long voyage pour tenter de ramener sa maman. Un pari fou en réalité pour cette jeune adolescente. Beaucoup de questions se bousculent dans sa tête. Pourquoi une mère qu’elle chérit tant, a-t-elle pu faire ça ? Tout quitter, pour qui, pour quoi ? Ils étaient bien tous les trois. Ils étaient heureux. Maintenant, le quotidien est devenu triste et douloureux. Salamanca va traverser le nord des Etats-Unis en camping-car avec ses grands-parents. Un couple complètement déjanté, plein de folie. Ils vont suivre un itinéraire guidé par les différentes cartes postales envoyées par la mère de Salamanca. Mabel, sa meilleure amie vit la même épreuve. Sa mère a quitté le foyer familial du jour au lendemain, sans explication. Les deux histoires vont s’entremêler. Au fur à mesure de ce périple, la jeune fille évoque beaucoup de souvenirs, des moments de son enfance qu’elle partage avec ses grands-parents. Elle leur raconte également la vie de Mabel, qui est un peu la sienne. Les deux amies essaient désespérément de découvrir les raisons pour lesquelles leurs mères se sont volatilisées du jour au lendemain. Alors, elles s’inventent des histoires plus rocambolesques les unes que les autres. Un mystère plane autour de ces deux disparitions qui laissent les familles en plein désarroi.

Le voyage à rebours est un roman plein d’émotions, de sensibilité dans lequel l’auteur a su ménager le suspens. La chute n’en reste pas moins brutale. On s’attache très vite aux personnages tout en partageant la tension et l’inquiétude qui grandissent au fur et à mesure que le temps passe. Les grands-parents sont très touchants et apportent une note de couleur au récit. Salamanca va progresser vers l’âge adulte en laissant derrière elle son âme d’enfant. Les épreuves qu’elle traverse vont la faire grandir et lui faire prendre conscience que la vie peut être injuste.

Le chat de Rose, de N.M. Zimmermann

Plus rien ne sera pareil maintenant…

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Clara a l’habitude d’aller chez sa grand-mère Rose qui habite une maison au milieu des bois. Mais cet été, quand elle s’arrête devant la demeure, quelque chose a changé. Un vent de douleur et de tristesse remplace les rires et l’insouciance de Clara. Où est le chat de mamie qui est toujours là pour l’accueillir ? La petite fille va alors s’échapper dans la forêt pour le retrouver. Un milieu dans lequel Clara va s’inventer un monde peuplé de monstres et de créatures étranges pour faire face à une situation difficile, qu’elle a du mal à gérer : le décès de Rose…

Une histoire douce et touchante pour aborder le thème du deuil. N.M Zimmermann a su aborder ce drame de belle manière. A aucun moment il est écrit que Rose est morte mais les images, les souvenirs évoqués par Clara ne laissent aucun doute. L’imaginaire dans lequel s’enferme Clara n’est autre que l’évocation de ses sentiments qu’elle refoule, et rend ce livre original.

L’été de tous les secrets, de Katherine Paterson

A toi mon père…

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Park, jeune adolescent de 11 ans, a perdu son père, décédé au Vietnam en 1973, alors qu’il n’avait que quelques mois. Il vit modestement avec sa mère, Randy. Ses questions incessantes sur son papa ont le don d’irriter sa mère qui esquive à chaque fois. Aujourd’hui, c’est la commémoration des anciens combattants, il veut y aller mais sa mère s’y oppose une nouvelle fois. Park lui reproche de le considérer comme un enfant et de ne pas lui dire  qui était son père, ce qu’il faisait. Il veut tout simplement connaître l’homme dont il porte le nom. Il ne possède qu’une photo en noir et blanc, insérée dans un recueil de poèmes mais n’arrive pas à trouver de ressemblances. Il met la main également sur un livre dédicacé en 1960 par son grand-père qui le chamboule. En cachette de sa maman, il se met à dévorer les livres ayant appartenu à son père. Il est intrigué et chagriné par l’attitude de sa mère, une femme douce, discrète mais qu’une froideur rend distante, mystérieuse. Pourquoi est-elle si ténébreuse alors que son mari est mort depuis plus de 10 ans. Aucune sortie, aucun rendez-vous. Park veut à tout prix aller jusqu’au mémorial du Vietnam en ville, lire le nom de tous les combattants qui ont payé de leur vie et en particulier celui de son père. Aujourd’hui, il a décidé de ne plus obéir. Arrivé sur place, l’angoisse de ne pas le trouver parmi ce nombre impressionnant de noms le submerge. Par chance, un guide l’accueille et lui indique où se diriger. Il est près du but. Il s’avance, enfin effleure des doigts les lettres composant le nom de son père. Il est heureux d’être là mais ses yeux se remplissent de larmes, l’émotion est trop violente. Il a besoin de lui, mort ou vivant. A son retour, il raconte tout ce qu’il vient de vivre à Randy. Résignée, elle accepte de l’écouter et lui promet qu’un jour prochain, elle lui parlerait. Park veut aussi connaître les membres de sa famille qui habite en Virginie. Randy capitule et lui dit qu’elle leur écrira pour qu’il puisse aller les voir mais sans garantie de réponse. Un petit pas est franchi mais où tout cela va mener Park ? Contre toute attente, le jeune garçon reçoit une lettre encourageante, pleine de joie, l’invitant à rencontrer la famille de son père. Quelques jours plus tard, un chauffeur vient le chercher pour le déposer devant une immense maison de trois étages, presque un château comme il en existe beaucoup en Virginie. Son séjour doit durer 15 jours, pendant lesquels Park souhaite avant tout rencontrer son grand-père. Mais un silence pesant menace cette rencontre. Personne ne  parle de lui et évite le sujet. Pourtant une nuit, alors qu’il entend des gémissements et des râles provenant d’une chambre, Park décide de s’y introduire. Il découvre alors un vieillard, debout, qui, surpris par cette intrusion, hurle de douleurs et de désespoir. Il rapporte à son oncle Franck, ce qu’il a vu et comprend alors que sa présence a bouleversé son aïeul. Pourquoi tant de mystères et de non-dits autour de son père ? Quels secrets de famille rendent les choses si difficiles pour Park ? Et pourquoi ce grand-père auprès duquel il aimerait se blottir, reste enfermé ?

L’été de tous les secrets est une belle histoire très humaine sur la quête de l’identité. Comment peut-on avancer quand il manque une pièce au puzzle de sa vie, quand sa propre mère ne veut rien dire ? Park est déterminé et ne lâchera pas prise malgré tous les obstacles qui vont se dresser devant lui. Cette persévérance fait de ce jeune garçon un personnage attachant qui va bouleverser et émouvoir toute une famille. Il aidera par la même occasion sa maman à se libérer d’un passé trop pesant.

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La cicatrice, de Bruce Lowery

L’autre moi

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Jeff, 13 ans, est un enfant heureux. En apparence seulement. Jeff est né avec un bec de lièvre. Certes, il s’est fait opérer mais il reste une cicatrice qui lui rappelle toujours qu’il est différent. Sa mère, une protestante croyante, s’est toujours interrogée sur ce qu’elle avait fait à Dieu pour avoir mérité ça. Elle se sent coupable. Son père dit simplement que « ce sont des choses qui arrivent». Jeff se demande également pourquoi lui. Si Dieu est si bon pour quelles raisons a-t-il laissé le destin en décider ainsi ? Jeff se persuade que s’il adresse des prières à Dieu, un miracle pourra surgir et faire disparaître cette marque disgracieuse. A l’école, ce ne sont que brimades et moqueries, l’adolescent a même un surnom : grosse-lèvre. Il est maltraité par les autres élèves qui n’hésitent pas à le dévaloriser, à le traiter comme un moins que rien. Il est humilié. Jeff n’arrive pas à s’imposer, il n’a pas le courage de faire face. Heureusement, il peut compter sur son nouvel ami, Willy, qui le rassure et qui l’aide à prendre confiance. Ils ont même une passion commune, la collection de timbres. Une amitié rare, inespérée. Mais voilà, la vie de Jeff va changer, les mensonges et les trahisons vont devenir pour lui le seul moyen de s’affirmer. Lui si droit, si honnête va basculer dans la spirale infernale du mal.

La cicatrice est un beau roman qui met en avant la différence, le rejet de l’autre, l’exclusion, la solitude, l’incompréhension. Pourquoi autant de cruauté face à quelqu’un qui ne rentre pas «dans le moule». Jeff est né dans une famille protestante où Dieu prend une place importante. Cette image sera écornée à la fin du roman au vu de toutes les épreuves qui vont toucher la famille. Jeff est torturé. Il a des remords car il a mal agi mais n’arrive plus à se sortir de cet engrenage qui le pousse à mal agir. Est-ce le seul moyen d’exister, de montrer qu’on est là quand on est différent ?

Viou, de Henri Troyat

Arrache coeur

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Sylvie a 7 ans et vit chez ses grands-parents paternels depuis que son père est mort. Il a perdu la vie, deux ans auparavant, lors des combats de 1945. Il était médecin sur le front. Sa mère, secrétaire médicale, vit sur Paris où elle travaille dur. Elle essaie de se reconstruire. La famille est propriétaire d’une usine de matériaux de construction et vend du charbon. Grand-père et grand-mère ne se parlent pas. Les rares échanges sont agressifs et brefs, Viou ne comprend pas pourquoi. Viou est le doux surnom que lui ont donné ses parents. Un surnom qui sent bon le bonheur passé. Au domaine, le dimanche est réservé à la messe et aux interminables promenades au milieu des tombes du cimetière voisin. De retour à la maison, grand-mère recommence à parler de son fils que la mort a fauché si injustement. Et chaque dimanche, elle sort son uniforme impeccablement entretenu, comme si il allait revenir…Voilà comment se déroule la journée dominicale pour Viou. Mais la petite fille n’en peut plus. Personne ne voit sa souffrance, un père à jamais disparu et une mère absente. Et toujours ce culte du mort dans cette maison qui transpire l’austérité, avec une grand-mère si sévère et si intransigeante avec sa petite fille. Viou est au bout et en fait ne sait pas si elle souffre plus de la mort de son père que de l’absence d’une mère dont le parfum, la gentillesse, la délicatesse et tout simplement l’amour sont si réconfortants. Son père était brillant et Viou se doit d’être aussi brillante que lui, ainsi l’a décidé sa grand-mère. Elle doit faire honneur à sa mémoire et surtout ne pas ressembler à sa mère. Quelle offense, que c’est lourd pour une petite fille de 7 ans. Pourquoi tant de haine envers la maman de Viou ? Jamais une marque d’affection alors que toutes les mamies sont là pour câliner leurs petits. Viou était trop petite quand son papa est parti. Les souvenirs sont flous, presque inexistants. Heureusement, il y a tante Madeleine pour parcourir les album photos et parler de sa vie d’avant… Mais comment dire à une mère qu’elle lui manque, que cette séparation rend la vie insupportable. Comment Viou, cette fillette si tourmentée, arrivera t-elle à affronter les événements tragiques qui jalonnent son existence ?

Viou est une très jolie histoire émouvante qui dépeint parfaitement les codes de la vie bourgeoise. Viou, une petite fille triste que la vie n’épargne pas et qui du haut de ses 7 ans ne comprend pas toujours les adultes. Une grand-mère très sévère qui, rongée par la mort de son fils, ne laisse paraître aucun sentiment à l’égard de sa petite-fille. Un roman fort en émotions où le profil de chaque personnage est décrit avec soin, où le lecteur perçoit à travers les yeux de Viou toute la rigidité de la vie des gens de bonne famille. L’absence des êtres aimés est très présente et constitue le fil conducteur de ce roman.

Le journal d’Aurélie Laflamme, 1. Extraterrestre… ou presque !, de India Desjardins

SOS d’une ado en détresse !

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Aurélie, 14 ans, se sent bien perdue dans un monde qui n’a pas l’air de lui correspondre. Aurélie vit seule avec sa maman depuis le décès de son père. Elle se prend à rêver que son papa revienne la chercher pour l’emmener sur une autre planète. Alors, elle se confie à son journal intime. Elle se pose de nombreuses questions sur la vie, ses relations avec les adultes. Elle ne sait plus trop où elle en est. Sa maman, un peu trop envahissante à son goût, ne se remet pas de la perte de son époux et parfois, c’est un peu tendu entre Aurélie et elle. Mais malgré tout, elles sont liées par une belle complicité.

Un roman frais, drôle, plein d’humour pour parler de sujets délicats. Aurélie est une adolescente pleine d’imagination, attachante qui livre ses états d’âme. Elle est décalée et traverse une période de doute que beaucoup d’adolescents connaissent.

Série Heartland, de Lauren Brooke

Heartland, 1. Je reste !, de Lauren Brooke

Heartland, 2, Après l’orage…, de Lauren Brooke

Résultat de recherche d'images pour "heartland 1 et  2 roman"Laura Fleming, 15 ans, vit en Virginie dans le ranch qu’a fondé sa mère. La façon de procéder  de ce ranch consiste à soigner des chevaux malades ou Résultat de recherche d'images pour "heartland 1 et  2 roman"traumatisés, ou bien de les dresser.
Mais, suite à un accident très grave, le ranch va connaître des hauts et des bas. Laura est un peu distante, timide mais a d’incroyables qualités et est prête à tout pour sauver le ranch familial qui est au bord de la faillite.
Le CDI possède les deux premiers tomes de cette série mais celle-ci en compte 40 !  Pour ma part j’en ai lu 25 ! Ces romans sont parfaits pour les personnes (enfants comme adultes car même ma mère les lit) qui aiment les chevaux.
Cette série a aussi été adapté en  série télévisée.
Dans chaque tome, un événement particulier se passe dans le ranch, ce qui fait avancer l’histoire et qui  permet qu’on ne se lasse pas !

Aurelya, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène