Le mystère du tableau volé, de Danielle Thiéry

Un visage d’ange

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Une histoire policière qui va nous mener dans les rues de Bordeaux, où Lucas et sa sœur Lily, vont faire un séjour-découverte avec leur classe. Sur place, les enfants ont pour mission de faire un reportage sur le quartier de leur choix. Alors que Lucas déambule aux abords de la place Saint-Michel, il est attiré par un tableau exposé dans la vitrine d’un magasin d’antiquités. L’oeuvre représente une scène religieuse avec beaucoup de personnages dont la vierge Marie qui porte dans ses bras un enfant. Mais son cœur se met à battre plus fort quand ses yeux se posent sur un jeune garçon, proche de la madone. Lucas est très troublé, à travers le portrait du jeune homme, il se voit, lui. C’est son visage, ses traits, ses cheveux ! Comment est-ce possible ? Le peintre s’est-il inspiré de son image pour réaliser cette toile ? C’est insensé ! Il faut qu’il montre la peinture à Lily, pour en avoir le cœur net. La seule façon de revenir à la boutique, c’est d’attendre le soir et de faire le mur. Lucas finit par convaincre sa sœur mais leur escapade sera un aller simple sans retour…

Le mystère du tableau volé est une histoire policière bien menée, une aventure à suspense qui plaira sans aucun doute à nos jeunes lecteurs. Bordeaux en toile de fond, une belle ville à découvrir. Les événements s’enchaînent à un bon rythme, les enfants qui se trouvent embarqués malgré eux, sont des enfants ordinaires, n’ayant pas l’intention d’être des super-héros. Tous les ingrédients sont réunis pour nous faire passer un bon moment de lecture.

Ceux des limbes, de Camille Brissot

Menace intérieure

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Le monde est menacé par une infection qui ne cesse de s’étendre. La nature a pris l’ascendant sur l’homme, ne lui laissant aucune chance. Elle envahit les villes, la forêt encercle le Mont-Survie, qui sert de refuge aux survivants de l’épidémie. Cette montagne ressemble à une pyramide, véritable forteresse habitée par les miraculés. Séparés de l’extérieur par une porte, cette poignée d’hommes refonde une société qui a régressé, régie par des règles strictes. Le virus, responsable de ce chaos, est un champignon qui se transmet par le sang et la salive. On l’appelle le virus limbe. Les humains contaminés sont réduits, seules les fonctions vitales sont préservées. Ils s’assemblent en grappes et se déplacent en horde dans le but de transmettre la maladie. Leur peau est grise, leur chair momifiée. Et gare à celui qui les entend, leur cri est dévastateur. Leur voix insupportable pour le cerveau, crée un mouvement de panique pour celui qui l’écoute. Une sorte de chant des sirènes. Le limbe reste un être humain mais il faut le détruire pour sauvegarder la survie de l’espèce. Parmi les rescapés, deux jeunes adolescents, Naha et Otolan. Dès 15 ans, tous les jeunes doivent faire leur preuve en évoluant seuls dans la forêt pendant dix jours, dans le seul but de prouver qu’ils peuvent survivre dans ce milieu hostile, pris d’assaut par les limbes. Naha doit passer cette épreuve, Oto, lui, bénéficie d’une immunité. En effet, à l’âge de cinq ans, il a survécu à une horde de limbes. Il est devenu une sorte de héros mais attise également les jalousies. Chaque personne qui quitte le Mont-Survie emporte avec lui un venin. Une pilule blanche destinée à être avalée en cas d’attaque. La mort survient dix minutes après l’absorption du comprimé. Le jeune garçon amoureux, n’a pas l’intention de laisser Naha seule, face à son destin. En grand secret et au péril de sa vie, il décide de la suivre, bravant ainsi les règles établies par les maîtres de la communauté. Les jours qui se succèdent ne sont que meurtrissures et cauchemars. La forêt c’est la mort assurée, cette mort qui rôde, qui agrippe et qui enlace. Une expédition sous haute tension commence.

Ceux des limbes est un roman qui met l’homme face à la nature. L’être humain l’a toujours contrôlée, l’a toujours façonnée. Ici, la forêt si belle pourtant, est une menace oppressante qui envahit l’espace. Elle se rebelle. Le lecteur part pour une folle aventure, dans un nouveau monde sauvage où l’homme est une proie pour l’homme. Le royaume sombre des morts-vivants nous plonge dans une atmosphère surnaturelle. Les limbes sont en quelque sorte des zombies, personnages qui ont beaucoup été utilisés au cinéma ou dans la littérature, une sorte de réflexion sur la nature humaine. L’homme qui se veut maître du monde, qui veut tout contrôler se retrouve face à lui-même, victime de son acharnement.

Ceux des limbes est un récit rythmé, préservant un suspens soutenu jusqu’à la fin. L’écriture de Camille Brissot est fluide, précise et met le lecteur aux premières loges. Chaque page est une image dont on ne peut se défaire. Ceux des limbes est un roman qu’on ne peut pas lâcher, une belle histoire d’adolescents amoureux qui passent à l’âge adulte, sur fond d’apocalypse. Oto et Naha sont des personnalités fortes avec, et c’est rare, le personnage féminin qui est plus robuste que les hommes, qui s’impose. Camille Brissot m’a réconciliée avec ce genre de récit dont je ne suis pas fan à l’origine. Un véritable coup de cœur.

Sortie le 05 avril – A ne pas rater !

Le chat de Tigali, Didier Daeninckx

 

Résultat de recherche d'images pour "le chat de tigali"L’instituteur et sa famille déménagent à Saint-Martin. Les habitants du village ne sont pas contents car Amechiche, le chat de l’instituteur, sort la nuit pour aller voir les femelles. Un jour, il est retrouvé mort empoisonné…

Ludovic, CM1 – un p’tit dévoreur de livres de Salé Lou Potier

Une chronique des élèves de l’école primaire voisine, l’école Salé Lou Potier. Vous avez, vous aussi, lu le livre ? Alors,  chers lecteurs de ce blog, pour les encourager, n’hésitez pas à poster un commentaire en donnant votre avis !

 

Résumé de l’éditeur : Vanessa et ses parents, de retour d’Algérie, s’installent dans un petit village du sud de la France. Un jour, ils reçoivent une lettre anonyme menaçant leur chat Amchiche, qu’ils ont ramené de Kabylie. Pourquoi lui en veut-on ? Un polar inoubliable sur le racisme et la violence qu’il engendre. Un texte remarquablement écrit, par l’un des grands maîtres du roman noir français.

 

 

Lili bouche d’enfer, de Pascal Garnier

Lili fait une boum chez elle, son ami Gillou tombe malade. Du coup, il ne va plus à l’école, Lili lui apporte ses devoirs. Ils tombent amoureux et pour rester ensemble, ils décident de s’enfuir…

Ludovic, CM1 – un p’tit dévoreur de livres de Salé Lou Potier

Une chronique des élèves de l’école primaire voisine, l’école Salé Lou Potier. Vous avez, vous aussi, lu le livre ? Alors,  chers lecteurs de ce blog, pour les encourager, n’hésitez pas à poster un commentaire en donnant votre avis !

Résumé de l’éditeur : C’est la mode, aujourd’hui, à dix-onze ans, d’avoir un appareil infernal pour empêcher les dents d’avancer. C’est laid, mais ça n’empêche pas de susciter l’amour.

 

 

Dix minutes de dingue, de Jean-Christophe Tixier

Course-poursuite !

Dix minutes de dingueMat et Félix sont sidérés par la video de skate envoyée par leurs copains Tim et Léa pour leur « battle de skate ». Comment vont-ils pouvoir rivaliser avec ça ? Deux caméras, un plongeon dans une piscine… Cela semble impossible de faire mieux… Sauf si, eux, arrivent à utiliser trois caméras et à organiser une course-poursuite avec un scooter… Reste à réunir le matériel nécessaire, ce qui n’est pas une mince affaire. Mais nos amis ne savent pas encore que ce ne sera pas le pire de leurs soucis. La course-poursuite qu’ils vont imaginer va les emmener sur un terrain vraiment plus dangereux que prévu !

Si vous avez aimé Dix minutes trop tard, retrouvez avec plaisir la petite bande de copains, où, cette fois-ci, c’est Mat et Félix qui se retrouvent les héros de cette histoire. Un  petit roman haletant  sur fond de rivalités amoureuses et relations fortes d’amitié. Les personnages sont suffisamment peaufinés pour qu’on s’y attache et l’intrigue bien menée. Cave, entrepôt labyrinthique, malfrats, homme patibulaire, course-pous=rsuite, tous les ingrédients sont là pour que le lecteur accroche facilement à cette histoire au suspens bien dosé.

Un lapin peut changer une vie – on ne le dit pas assez !, de Sandrine Kao

Et si on changeait de vie ?

Dans la famille Ribout, rien ne va plus. Paul, le père, a démissionné de son travail de graphiste et personne ne sait ce qu’il fait de ses journées ; Alicia, la fille cadette, première de la classe a été changée de place pour se retrouver à côté de Keja, une fille du voyage qui a des poux ; Agathe, la fille aînée,  tombe amoureuse d’un inconnu alors qu’elle se produit sur scène avec son groupe de musique, et cela va révolutionner sa vie ; quant à Emmanuelle, la mère, elle n’arrive plus à signer aucun contrat en tant qu’illustratrice… Dépassée, démodée…elle occupe ses journées à tenir son blog culinaire, à dessiner des plats et à inventer des recettes qu’elle n’a pas les moyens de cuisiner. Et bien sûr, sans revenus, la famille est au bord du goufre ! Tous leurs repères se brisent, le quotidien est totalement chamboulé… mais finalement, est-ce si dramatique ? La vie n’est-elle pas faites de chemins qui arpentent des lieux parfois clairs, parfois sombres, parfois vides et parfois luxuriants. Tant qu’on est en vie, tout est possible !

Et le lapin, dans tout ça ? Un petit effet d’écriture qui trace un lien ténu entre tous les personnages de cette histoire familiale qui est en train de remettre en cause ses acquis. Le titre et la couverture du livre ne reflètent pas tant que ça la réalité du roman. C’est plus un accessoire qui pimente un peu le récit mais qui pourrait tout à fait être enlevé sans que cela ne change rien… D’ailleurs, notre lapin Django n’apparaît qu’au milieu du récit, même si avant l’importance de l’animal dans la vie de cette famille est évoquée. Pour ma part, cet artifice n’était finalement pas nécessaire, mais cela n’engage que moi…

Un récit joyeux, positif, sur le thème des grands bouleversements dont on peut avoir peur dans la vie mais qui sont parfois la meilleure façon de rebondir et continuer à aller de l’avant. Un récit à plusieurs voix, sur fond de musique jazz qui aborde en même temps que les relations familiales, le thème plus grave des sans-papiers, des gens du voyage et des préjugés. Un roman qui se lit comme un roman, en dépassant notre besoin de rationalité et de cohérence…et en acceptant la facilité des situations, surtout pour le final.

Papa de papier, de Nadia Coste

Mon papa d’avant…

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Ayrton est un jeune garçon passionné de dessin. Son professeur dit même qu’il a un don. Aujourd’hui il est heureux, il a eu 18 en arts plastiques. Comme beaucoup d’enfants, il aurait aimé faire partager sa joie à ses parents. Mais pour Ayrton, ce sera compliqué. Son papa, François, a perdu son emploi et c’est lui qui s’occupe de tout à la maison, pendant que sa mère, Séverine, est au travail. Mais depuis qu’il est au chômage, le quotidien est difficile. Un rien l’énerve, il est devenu taciturne, aigri, trop maniaque, trop carré, rendant la vie impossible à son entourage. Tous les soirs, c’est avec la peur au ventre qu’Ayrton rentre de l’école. Le père est tyrannique, le rabaisse, le traitant de bon à rien, de chiffe molle. Son épouse est sans cesse sur le qui vive, appréhendant ses changements d’humeur. Donc inutile de dire, que le 18 en arts plastiques n’a pas eu l’effet escompté. Disons que… François est entré dans une colère noire en scandant l’inutilité de la matière, en hurlant qu’il n’y a pas de quoi être fier et que ce n’est pas l’art plastique qui fait réussir dans la vie. Les disputes violentes se succèdent, Séverine et Ayrton sont malmenés. Le jeune garçon n’en peut plus. Comme à chaque fois, il court se réfugier dans sa chambre pour ne plus entendre son père hurler contre sa mère. Ce soir-là, le soir de trop, le soir où la main se fait lourde, le soir où ça dérape plus que d’habitude, il aperçoit sur son balcon, un chat qui ressemble trait pour trait au chat qu’il a dessiné au fusain et pour lequel il a eu 18. Il est fasciné, les deux bêtes sont identiques dans les moindres détails. Perdu dans sa bulle, Ayrton est persuadé que ses croquis ont le pouvoir d’exister. Ce matou tout droit sorti de son imagination est devenu réel. Alors suffirait-il de dessiner un nouveau papa pour faire disparaître le voile noir qui recouvre son quotidien ? Il sait que la magie existe quelque part, il le sait, il l’a tellement lu dans les livres qui parlent de supers pouvoir s! Ayrton veut se construire un héros bien à lui qui serait gentil, aimant, affectueux, un héros qui ressemblerait à son papa d’avant….

Papa de papier est un roman émouvant qui se lit d’une traite. La situation familiale est catastrophique. Il y a de la maltraitance physique et morale, un enfant pris dans ce tourbillon quotidien de violence, qui va se réfugier dans l’imaginaire et le dessin. Un sujet sensible traité à travers la voix d’un enfant d’une grande maturité, qui veut protéger sa maman si impuissante et aider son papa. Un père qui ne supporte pas d’avoir perdu son emploi, qui le fait subir à sa femme et à son fils. Une situation malheureusement trop fréquente, une maltraitance physique et morale aux lourdes conséquences.