Science versus vérité

Celle qui sentait venir l’orage d’Yves Grevet

Résultat de recherche d'images pour "celle qui sentait venir l'orage"En 1897, fin du 19ème siècle en Italie, la famille Schillaci est frappée par un terrible drame, elle est accusée de crimes odieux. Les parents sont arrêtés, condamnés à mort et pendus sur la place de Comacchio au milieu d’une foule euphorique et haineuse. Deux jours après, Frida Schillaci, seize ans, s’enfuit car la foule réclame sa tête, considérée comme la « fille des démons », « la fille des monstres ». Elle n’a pas revu ses parents vivants et sont morts depuis leur arrestation. Accueillie par la famille Gentile un mois plus tôt lorsque ses parents ont été arrêtés, elle ne peut continuer à vivre chez eux car des personnes sont venues la réclamer le soir de l’exécution. La famille Gentile décide de l’envoyer à Bologne chez le docteur Grüber, un ami à eux, réputé et fasciné par le cas de Frida. Déguisée en bourgeoise blonde, Frida quitte le Nord-Est de l’Italie, sa région natale, à bord d’une diligence pour se rendre à Bologne et échapper au danger. Elle espère pouvoir trouver refuge chez le docteur Grüber. Convaincue que ses parents n’ont jamais commis de crimes, elle envisage de faire éclater la vérité.

Celle qui sentait venir l’orage est un roman fascinant où l’auteur met au cœur de l’histoire la science et plus particulièrement l’eugénisme, les études sur la criminologie dans un décor de l’Italie du 19ème siècle. Une Italie conservatrice et politiquement agitée avec une science incertaine qui évolue. Yves Grevet inscrit son histoire dans ce contexte historique pour livrer un roman d’enquête à suspens à destination des adolescents et des jeunes adultes.

Le couple Schillaci est considéré comme diabolique et leur fille, Frida, comme la fille des monstres. Considérée comme dangereuse car fille de parents diaboliques, Frida découvrira très vite que le riche docteur Grüber fera d’elle un objet d’étude sur la criminologie en portant sur elle des conclusions hâtives et infondées. La jeune fille, courageuse et sincère, ayant déjà subi l’enfer dans un pensionnat religieux auparavant, se rend rapidement compte qu’elle n’est pas en sécurité chez le docteur au vu des tests qu’elle passe et des personnages malveillants qui l’entourent dans la demeure. Mais Frida n’est pas stupide et dangereuse comme le prouve scientifiquement le docteur Grüber.

Yves Grevet oppose dans ce roman les hommes de pouvoir et les gens des milieux isolés et montre que ceux qui détiennent le pouvoir et une certaine notoriété ne sont pas forcément détenteurs de la vérité. Ils sèment la peur en trouvant le parfait bouc émissaire : une famille vivant dans les marais isolés d’une province italienne. L’auteur livre par ailleurs une réflexion sur la peur, la peur de l’autre, la peur de celui qui est différent, que l’on ne connait pas.

Celle qui sentait venir l’orage est aussi le journal intime de Frida, écrit au présent avec le « je » où le lecteur arrive à percevoir avant elle qu’elle est victime d’une étude génétique sur la criminologie et que le docteur Grüber est un personnage malfaisant et démoniaque. Immergé avec Frida dans la demeure du docteur, le lecteur se sent enfermé et ressent les sentiments et émotions de Frida, la peur, la colère, la tristesse mais aussi le désir de vengeance.

Yves Grevet livre une histoire romanesque avec une série de personnages fascinants, une enquête à suspens et invente une sublime héroïne, Frida, jeune italienne à la peau dorée faisant preuve d’un courage psychologique hors pair. L’auteur n’omet pas de parler d’amour qu’il mettra sur le chemin de Frida. Bien que le contexte historique puisse freiner certains jeunes lecteurs, il ne faut en aucun s’arrêter sur ce détail. Aucune connaissance sur l’Italie du 19ème n’est nécessaire pour la compréhension et l’immersion totale dans ce fabuleux roman. Quatre cents pages que l’on dévore en quelques heures !

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Toc toc toc…

Agence Torgnole – Frappez fort, de Gudule

Résultat de recherche d'images pour "agence torgnole"Fanny ne supporte plus de voir tous ces enfants malmenés, maltraités par leurs parents au supermarché. Elle décide de leur venir en aide en montant une agence « l’agence Torgnole », pour venir en aide aux « enfants à torgnoles »… Après distribution de tracs dans les poches des enfants concernés, elle voit arriver ses premiers clients… Sera-t-elle à la hauteur ? Comment va-t-elle pouvoir régler les situations ? Elle s’est peut-être mise dans de beaux draps mais maintenant, faut aller au bout ! Et le « frappez fort » du titre, savez-vous d’où il vient ??? Vous le découvrirez en lisant cette histoire, c’est un passage amusant !

Un policier écrit dans un langage parlé qui traite des violences sur enfants mais avec finalement beaucoup de détachement et d’optimisme… Ca se lit vite, mais je ne sais pas trop quoi en penser… A tester par les collégiens ou CM2 pour savoir s’il doit être gardé ou supprimé du fonds car déjà vieillot… Qui est intéressé ?

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Il est né le divin enfant

L’Avatar, de Catherine Zarcate
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Il faut protéger la Terre pour la sauvegarder et pour qu’elle puisse vieillir dans de bonnes conditions. Il faut la respecter. En Inde, la Terre a été souillée par les guerres et elle s’est plainte aux Dieux qui l’ont entendue. L’un d’entre eux, Vishnou, a décidé de créer un Avatar et de naître parmi les Hommes pour détruire les démons. Cet Avatar sera invincible et bien entouré. La Terre est donc rassurée. Vishnou va se mettre en quête de combattre le pire des démons en la personne du prince Kamsa qui a pris le pouvoir avec violence. Il a fait enfermer son père le roi pour monter sur le trône. Il fait régner la terreur parmi les gens. Son âme est noire.

Ainsi naît l’Avatar nommé Krishna. En fait, Krishna est l’incarnation de Vishnou. Il est tout bleu et adorable, c’est un beau bébé qui rit tout le temps. On ne peut que l’aimer ! Mais gare à ceux qui voudront l’affronter ! Krishna doit cependant atteindre l’âge de l’adolescence pour combattre Kamsa. En attendant, ses parents l’ont emmené dans un endroit secret pour le protéger de ce roi maléfique. Tout au long de son parcours, bébé Krishna va s’amuser, rencontrer des ennemis, faire du bien autour de lui.

Arrive enfin le jour où il va devoir affronter Kamsa.

L’Avatar est un très joli conte plein de sagesse qui nous interroge sur les relations de l’homme à l’homme et de l’homme à la nature. Krishna est à la fois drôle, attachant, espiègle. Son trop plein d’amour balaie toutes les difficultés, tout n’est que sérénité. En Inde, ce mythe est très populaire. Krishna représente la divinité suprême dans la religion hindoue.

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La faute à pas de chance

Quelle chance ce manque de pot ! de Catherine Zarcate

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Ali Cogia est cordier dans une ville d’Orient. Il fabrique des cordes pour le matériel de pêche. Mais malgré un travail acharné, Ali est pauvre, il gagne difficilement sa vie. Il a une femme et beaucoup d’enfants. Mais malgré tout, il est heureux, sa maison est toujours remplie de rires, c’est le bonheur. Ali est un homme courageux, honnête et sérieux.

Un jour, deux marchands qui passent par là, s’arrêtent devant sa boutique et s’assoient. Ils sont en pleine discussion. Un sujet les oppose. Pour rendre riche un homme pauvre, il suffit de lui donner de l’argent. L’un est d’accord, l’autre pas. Ils décident alors d’en avoir le cœur net. Ils vont choisir un homme pauvre, lui donner de l’argent et voir ce qui va se passer. Ali est connu pour être un homme de condition modeste donc les marchands ne vont pas plus loin et s’adressent à lui. Fortement étonné par leur démarche, le cordier a un mouvement de recul, se méfie et refuse. Mais les deux hommes lui expliquent que c’est un pari et qu’il doit accepter. Ali finit par accepter l’argent et au bout de six mois, les marchands repasseront pour voir comment a évolué sa situation.

Mais Ali ne va pas avoir beaucoup de chances et commence pour lui une série de catastrophes plus cocasses les unes que les autres. Alors quelle va être maintenant la vie de cet homme ?

Quelle chance ce manque de pot ! est un conte sur le rapport des hommes à l’argent. Je devrais dire plutôt certains hommes. L’argent est le symbole de pouvoir mais perd on pour autant les valeurs qui ont pu être les nôtres, les valeurs que nos parents nous ont inculquées ? Avoir de l’argent est-ce devenir mauvais et insensible ? Catherine Zarcate nous montre avec ce récit que la richesse ne détruit pas tout et que l’on peut rester généreux et simple. Ici, les hommes riches sont merveilleux et ne pensent qu’à faire le bien autour d’eux. Ce conte est rassurant et nous donne confiance en l’être humain.

A souligner les illustrations en noir et blanc qui accompagnement d’une belle façon le texte.

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Voyage dans le temps

Ne dites jamais jamais, de Nathalie Stragier

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Pierrick est parti dans le futur en 2188 dans un monde peuplé exclusivement de femmes. Pénélope et Andréa accompagnées d’Antarès partent à sa recherche. Leur périple s’avère difficile, d’autant que Pierrick et Antarès risquent leur vie car être un homme est une anomalie punie de la peine de mort. De son côté, Andréa, avec son allure médiévale, devra se fondre dans un monde où toutes les femmes sont grandes et belles. Pénélope, quant à elle, progresse à tâtons dans une société dont elle ne reconnaît plus les codes. Beaucoup d’obstacles pour ces deux héroïnes qui devront rester soudées pour mener à bien leur mission.Nous retrouvons  nos héros embarqués dans une folle aventure.

Un troisième tome qui conclut la série « la fille du futur ». L’auteur aborde les inégalités et jette un regard aiguisé sur les clichés qui polluent parfois notre société. Il est conseillé de lire les deux premiers livres avant de s’attaquer à Ne dites jamais jamais qui fait parfois référence aux précédents volumes.

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Trafic

Brothers, de Sylvie Allouche

Ben et Bruno en ont marre de voir leur mère trimer à faire des ménages pour arriver difficilement à joindre les deux bouts. Depuis le décès de leur père, le quotidien est bien difficile dans leur HLM de banlieue. Alors, les deux frères jumeaux acceptent, pour de l’argent « facile » de tremper dans des magouilles de voitures de luxe volées. Lorsqu’ils repèrent dans un terrain vague une Jaguar toute neuve, ils pensent que la chance leur sourit. Mais quelque chose cloche… Lorsqu’ils découvrent dans le coffre un type nu à moitié mort de froid, lacéré au couteau, ils paniquent…

Un thriller dynamique construit en chapitres courts qui placent les pièces de l’histoire à la manière d’un puzzle. Les personnages principaux sont attachants, mais les personnages secondaires ne sont pas oubliés et donnent à l’histoire un relief intéressant. Un quotidien dans un quartier difficile avec ses caïds, mais aussi ses liens d’entraide et d’amitié, ses rêves et ses espoirs. Peut-on changer son destin ? Peut-on croire en l’avenir dans les périodes sombres de sa vie ? Peut-on corriger ses erreurs ? Les erreurs peuvent-elles être pardonnées ? Un polar  sombre, qui, pourtant, reste très positif dans le regard qu’il porte sur l’être humain. Quelques scènes un peu dures à signaler pour les lecteurs les plus sensibles.

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Power Club, 2. Ondes de choc, d’Alain Gagnol

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Power Club, 2. Ondes de choc, d’Alain Gagnol

Les pouvoirs d’Anna sont subitement revenus depuis l’hiver. Vivre comme une lycéenne normale la détruit. Sa pétillante amie Lisa lui propose de devenir une héroïne clandestine mais un moment d’inattention, et la trace de sa main se retrouve sur la Tour Eiffel… Anna est démasquée. S’en suivent prison, interrogatoire, jugement et autres. Anna va-t-elle s’en sortir ? Pourra-t-elle être avec Dominic ? De plus, la santé de Matthew  se dégrade de jour en jour… Bobby, quant à lui, perd le contrôle de lui-même… Serait-ce la fin des super-héros ?

La suite d’une série à couper le souffle. Les rebondissements tout au long de l’histoire nous poussent à continuer notre lecture sans nous lasser. L’héroïne qui évolue, du suspens, de l’action… Bref, un livre génial que je conseille aux collégiens les plus âgés.

Johanne, 14 ans – classe de 3ème, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

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