Un tour du monde des contes

Les Belles, les plus incroyables versions de Blanche-Neige, Cendrillon et La Belle et la Bête racontées à travers le monde, de Gilles Bizouerne et Fabienne Morel ;  Illustrateurs  :  Charlotte Gastaut, Delphine Jacquot, Peggy Nille

Le saviez-vous ? Blanche-Neige, selon Grimm ou Walt Disney, n’est qu’une des multiples versions qui existent de ce conte traditionnel, à travers le monde entier, de l’Irlande à l’Asie mineure en passant par l’Afrique. Parfois, c’est la maâtre qui est jalouse, mais parfois, il s’agit des soeurs ou de la prpre mère de Blanche-Neige. Parfois, c’est un miroir qui juge, mais parfois c’est le soleil. Parfois, ce sont les nains qui recueillent la jeune fille, mais cela peut être également des ogres ou des dragons. L’ouvrage ici nous présente 7 versions différentes, de Bretagne, Danemark, Niger, Ecosse, Louisiane, Grèce et Allemagne… où parfois la vengeance de Cendrillon contre sa marâtre est terrible !

De même, dans cet ouvrage, vous allez trouver 6 versions de l’histoire de Cendrillon, de Corse, mais aussi de Russie, Mexique, Tibet, Nigéria, Allemagne, où là, le schéma narratif reste le même : celui d’une jeune fille, orpheline de mère,  souillon maltraitée par sa mara^tre qui deviendra princesse. Puis 7 versions de la Belle et la Bête. Il s’agit là de versions encore différentes de celles présentées récemment dans l’ouvrage Les Histoires de Barbe-Bleue racontées dans le monde, des mêmes auteurs et édité chez le même éditeur  ! C’est dire comme ces contes sont riches et appartiennent à notre imaginaire collectif.

Les illustrations, faites par des illsutratrices différentes selon le conte présenté sont toutes magnifiques, colorées, et nous transportent dans ces histoires comme dans un voyage à travers le monde.

Un dossier très intéressant, plutôt destiné aux adultes, complète cet ouvrage pour apporter un éclairage plus profond sur l’historique, l’inspiration de chacun des contes présentés.

Un petit bijou d’album !

Anne ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Les histoires de Barbe bleue racontées dans le monde,  de Gilles Bizouerne et Fabienne Morel

Huit versions différentes, mais toujours un peu la même, réunies dans un seul recueil. Toujours un homme monstrueux qui tue ses épouses et les cachent dans un endroit interdit de sa demeure : Berbe-Rouge (Bretagne/France) ; L’armoire de l’ogre (Italie) ; La fille qui avait épousé un tigre (Inde) ; Le château maudit (Auvergne/France) ; Le cheval gris (Ecosse) ; La jeune fille et le serpent (Tchad) ; Abu Freywar (Jérusalem) ; et enfin La Berbe bleue (France, version de Charles Perrault).

Les illustrations riches et colorées rendent la lecture de cet album très agréable. La structure du récit est vraiment identique et les variantes ne changent rien au message transmis par le conte. Car un conte classique est toujours riche de plusieurs messages et a pour but de faire grandir le jeune lecteur vers l’adolescence et l’âge adulte (à lire pour les adultes : Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim, un recueil vraiment très instructif).

Comme l’a dit ma fille de 7 ans alors qu’on lisait ensemble à haute voix cet ouvrage : C’est toujours pareil mais en même temps c’est toujours différent !

Mon conte préféré : Abu Freywar, mais c’est apparemment celui qui est le moins accessible aux plus jeunes lecteurs.

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Le voyage dans le temps de la famille Boyau, un roman à lire et à jouer, de Yves Grevet

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Le voyage dans le temps de la famille Boyau, un roman à lire et à jouer, de Yves Grevet

grevet-copie-1Victor, un jeune garçon de 12 ans, vit en 4014 c’est à dire près de 2000 ans après nous. Il vit avec son père, un génie dans son genre, sa mère, une historienne spécialiste de notre époque et ses deux presque frères : N1 et H1 qui sont des clones. Ils servent de réserve d’organes ou de tissus en cas de problèmes de santé. Mais ils se sont malencontreusement échappés de leur sommeil artificiel ! Et il ne faut bien sur pas oublier Obeurk, son chien intelligent qui a deux têtes. Cette famille du nom de Boyau est heureuse. Mais un événement les oblige à chambouler leur quotidien ennuyeux et faire un voyage dans le temps, à notre époque. Mais les voyages dans le temps sont strictement interdits !
Ce petit livre-jeu m’a plu car l’histoire était amusante et les jeux en tout genre font participer le lecteur.

Guillaume, 3° –  13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et l’avis de Mu :

4014. Victor, 12 ans, vit avec ses parents (inventeur et historienne du 21ème siècle), ses deux clones H1 et N1, et son chien à deux têtes Obeurk dans ce monde qui a bien changé. On ne sort plus de chez soi, les rencontres sont virtuelles, et la nourriture artificielle et insipide… et, de fait, on ne connaît même plus les toilettes ! Alors, quand son père, qui a conçu une machine à remonter le temps, propose à sa petite famille un voyage dans le 21ème siècle pour y récupérer la télécommande qu’il y a perdu lors de son précédent séjour, personne ne se fait prier, même si cela est totalement interdit !

Un livre-jeu mêlé à un récit de science-fiction, qui nous entraîne dans notre monde avec un regard neuf. Chaque étape du voyage ou de la vie de notre adolescent du 15ème siècle est ponctuée d’énigmes à résoudre (message codé, mots croisés, charade, labyrinthe, cherche et trouve, rébus, etc…) qui nous font avancer dans le récit. Car notre famille Boyau n’y connaît pas grand chose à notre mode de vie et a bien besoin de vous, lecteur du 21ème siècle, pour lui expliquer certaines choses ! Il y est question d’amour et d’amitié sur fond d’humour. Il y est question également d’un regard sur notre société et son évolution vers un monde aseptisé et un peu trop connecté et virtuel. 

Un livre très facile à lire pour jeunes lecteurs dès le CM1 qui permet d’aborder le thème de la science-fiction en toute simplicité ! En revanche, merci aux élèves de faire les jeux dans leur tête, sinon le livre sera à usage unique au CDI !

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Jacquot et le grand-père indigne, de Yves Grevet

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Jacquot et le grand-père indigne, de Yves Grevet

Jacquot vit seul avec sa mère dans un petit appartement parisien. Il ne connait pas son père et ses grands-parents maternels ne l’aiment pas. Ni bonjours, ni mots gentils ne sortent de leur bouche. Heureusement, sa mère est là ! Il l’aime beaucoup et vice-versa. Mais un jour, Jacquot apprend que sa grand-mère est décédée. Et son grand-père, le temps de se remettre, va venir habiter quelques temps chez eux … ce qui ne plait que moyennement à Jacquot…

J’ai trouvé ce livre très touchant et débordant d’émotions. Il était rapide à lire et très compréhensible. Une histoire sur les relations familiales dans un cercle restreint de trois personnes où les tensions sont bien présentes.

Guillaume , 13 ans, 3°, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

La musique adoucit les moeurs ?

Stabat murder, de Sylvie Allouche

Mia, Matthis, Sacha et Valentin  sont quatre jeunes pianistes,  brillants étudiants au Conservatoire nationale de musique de Paris. Ils s’entraînent sans relâche pour un concours international qui qui aura lieu dans un mois et qui pourrait lancer leur carrière. L’enjeu pour eux est si grand que plus rien ne compte à leurs yeux que les heures de cours avec leur professeur, le grand Laurent Sabonès et les heures de travail acharnées qu’ils font ensemble ou en solo chez eux. Alors, le jour où ils disparaissent, tous les quatre, on a du mal à croire qu’ils auraient simplement tout plaqué ! La commissaire Clara di Lazio est sur l’affaire. Fugue ? Enlèvement ? Elle cherche les indices, mais ceux-ci sont si minces… Et toute cette histoire la ramène tant à son histoire personnelle ! Elle sait que chaque minute compte et que si elle veut espérer retrouver ces jeunes gens vivants, il faut qu’elle soit plus fine que les ravisseurs… Et ce ne sera pas chose facile… Pas de témoins, pas de mobile apparent. Que s’est-il donc passé ?

Un roman policier rondement mené. La construction du récit permet d’entrer de plain pied dans l’action dès le premier chapitre. Car avant même de poser le décor, on se trouve dans le « Cube », lieu plongé dans l’obscurité la plus totale, où se trouvent séquestrés nos jeunes pianistes dans des conditions inhumaines et psychologiquement très dures, et on y ressent leurs angoisses, leur douleur, leur découragement. C’est un véritable trou noir dont on ressort pour des flash-back qui nous permettent de suivre le chemin qui les a mené là, de comprendre leur personnalité, et de s’attacher à eux. Parallèlement, on vit dans les méandres d’un commissariat, avec un travail d’équipe, où chaque personnalité compte également pour l’avancée de l’enquête. Chacun des personnages est particulièrement bien travaillé ce qui donne beaucoup de force à  ce roman, même les personnages secondaires, comme par exemple les parents des pianistes ou les jeunes lieutenants du commissariat. Sur toile de fond musicale tout à fait crédible et qui lui confère une touche d’originalité, ce thriller nous mène dans une tension qui ne cesse de croître,  alternant la vie des quatre pianistes et celle de la commissaire chargée de l’enquête. On a du mal à le lâcher et je pense que, même si la fin est assez prévisible pour les initiés et que l’enquête en elle-même n’est pas des plus originales, c’est une excellente entrée en matière pour les adolescents qui souhaitent aborder le genre du thriller/policier.

Le titre Sabat murder fait référence à l’oeuvre musicale de Pergolèse Stabat Mater dont le premier vers en latin est Stabat Mater dolorosa…. Vous comprendrez probablement la référence en lisant le livre… et si vous demandez à votre professeur de latin préféré la traduction !

Un thriller à l’écriture vive qui peut être lu sans hésitation pour les adeptes du genre ou ceux qui veulent le découvrir !

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Un roman d’aventures…(ou presque !), de Yaël Hassan

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Un roman d’aventures…(ou presque !), de Yaël Hassan

Sortie prévue le 7 septembre

Quand Nathan perd son travail, il peut enfin réaliser son rêve : écrire un roman d’aventures. Dans son roman, il racontera la vie de six enfants qui, le jour de Noël, se lèvent et se retrouvent suels : leurs parents ont disparu ! Un mot laissé par leurs parents leur indique qu’ils doivent se rendre chez un certain Jean. La tempête gronde dehors. rien ne se passera comme prévu. Parallèlement à l’écriture de son roman, Nathan l’écrivain vit aussi des aventures : sa maison de Blanchac vient d’être cambriolée et Broussard, un ancien camarade de collège,  a un comportement vraiment bizarre… Un roman d’aventures (ou presque !) vous attend, alors foncez ! C’est un livre vraiment très bien, j’ai beaucoup aimé lire deux histoire en parallèle, avec le roman de Nathan et sa propre vie. Les commentaires d’écriture qui ponctuent l’écriture du roman est original, de même que ce soit par la voix de Simon (le fils adolescent de Nathan) que la 4ème de couverture soit écrite. En fin d’ouvrage, des lettres d’éditeur en réponse à l’envoi du manuscrit de Nathan étaient vraiment très drôles !

Chloé, 5ème – 12 ans, memebre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de Mu :

Nathan est catastrophé : il vient de perdre son travail ! Mais sa femme le rassure, avec ses indemnités chômage et son salaire à elle, ils ont le temps de voir venir un peu… Pourquoi ne profiterait-il pas de cette occasion pour réaliser son rêve : écrire un roman… d’aventures ? Il n’en faut pas plus à Nathan pour retrouver le moral et commencer le projet de sa vie. son meilleur critique : son propre fils qui va lire son manuscrit au fur et à mesure et lui donner des conseils avisés. Le jour où leur maison de famille de Blanchac est cambrioléE, Nathan en profite pour s’installer là-bas, au calme, pour se concentrer sur sa tâche… Lui-aussi va vivre des aventures !

Le roman est double : d’un côté l’histoire de Nathan, ancien journaliste, qui avait enquêté sur le nucléaire à ses débuts et qui est l’auteur du roman d’aventures en cours d’écriture, de l’autre, l’histoire de six adolescents qui ne se connaissent pas mais qui, le  matin de Noël vont se retrouver seuls et se regrouper : leurs parents, qui travaillent  à la Centrale nucléaire voisine, ont tous été réquisitionnés ! Que se passe-t-il ? En plus de  la tempète qui se prépare, ils vont devoir affronter bien d’autres péripéties ! Vont-ils en sortir indemnes ? Vont-ils revoir leurs parents ?

Un roman à plusieurs voix, à plusieurs écritures, plein de rebondissement et joyeux. Les deux histoires sont écrites avec des polices de caractères différentes, ce qui permet  aux lecteurs moins aguerris de se repérer facilement dans l’histoire.  De plus, le roman de Nathan est parsemé de notes sur les personnages, les règles d’écriture, le vocabulaire qui sont vraiment rigolotes ! Même si ce genre d’exercice est original de la part de Yaël Hassan, on retrouve néanmoins ses thèmes fétiches de la famille, et elle a su apporter une touche sérieuse en choisissant le sujet brûlant du nucléaire.

Un très bon petit moment de lecture !

« Etre en vie ne suffit pas, ce qui compte c’est de se sentir vivant »

Grupp, de Yves Grevet

le-gruppLorsque son frère aîné, Scott, est arrêté violemment  par une dizaine de policiers, puis emprisonné,  Stan n’en revient pas.  Scott est accusé de faire partie d’une organisation clandestine responsable du décès d’un adolescent ! Car dans cette société « idéale » dans laquelle ils vivent, un implant surveille chaque individu  et permet d’anticiper la plupart des décès. Les battements de coeur sont contrôlés et des milices interviennent lorsque quelque chose semble anormal, les mouvements et déplacements des jeunes sont également surveillés pour que ceux-ci évoluent dans un univers sans risque. Pourquoi son frère est-il contre cette société si protectrice ? Pourquoi est-il en quête de liberté, quitte à faire prendre des risques à autrui ? En effet, pour Scott, ce système sécuritaire, même s’il semble permettre de vivre plus longtemps et à l’abri du hasard, est une vive atteinte à la liberté et aimerait que la jeunesse ait le choix. Alors que Scott doit survivre dans l’univers ultra-violent de la prison, Stan, aidé de ses amis, va essayer de comprendre la démarche de son frère en tentant d’infiltrer « le Grupp ». Une enquête qui nous mène dans un tourbillon de vie et de mort, d’amitié et de violence, d’espionnage, d’aventure et de science-ficiton, pour essayer de nous faire prendre conscience  de la limite entre la répression, la  soumission,  la contestation, la liberté, la sécurité. C’est un roman à plusieurs voix qui nous est livré ici. Dans la première partie, c’est le point de vue du jeune frère qui est relaté. Ce récit s’arrête à un moment crucial pour un flash back donnant la parole au grand frère… qui va également s’arrêter à un moment crucial pour donner la parole à d’autres personnages, en particulier des membres du Grupp. Un roman choral plein de rebondissements, qui va à 100 à l’heure et ne nous laisse pas beaucoup de répit ! Les personnages sont forts et très variés. On veut toujours en savoir plus et on continue la lecture sans s’arrêter… dès le prologue, d’ailleurs, qui sait attiser la curiosité !

Messieurs, je crois que monsieur Thoir vient de nous quitter définitivement. Ce n’était pas un homme très avisé. Et avec son coeur fragile, il suffisait d’un rien pour que tout s’emballe. C’est dommage pour lui. Mais ce n’est pas si grave. D’ici quelques jours, quand les membres de sa famille l’auront pleuré et enterré, je reprendrai cette conversation avec l’un d’entre eux. J’espère que cette personne saura se montrer plus réaliste que le pauvre monsieur Thoir.