Eden à l’Hayden

L’Hayden, 1. Le secret d’Eli, de Julie Muller Volb

l-hayden-le-secret-d-eliMila vit sous la tutelle de sa soeur Elisabeth depuis le décès de son père. Pour subvenir à leurs besoins, elles viennent d’ouvrir des chambres d’hôtes dans leur maison familiale. Alors que d’étranges incendies se déclarent aux quatre coins de la ville, le lycée de Mila est pris pour cible par le pyromane. En cherchant à secourir son amie Zoé des flammes, Mila croise le chemin et tombe sous le charme d’un séduisant pompier, Jeremiah. Qu’elle n’est pas sa surprise, le soir même de découvrir que Jeremiah est le premier client de leurs chambres d’hôtes et vit donc sous son toit. Pourtant, son comportement vis-à-vis d’elle ne manque pas de la déstabiliser : de froid, distant, impénétrable à souriant et chaleureux… Mila ne sait plus sur quel pied danser… Mais bientôt, d’étranges phénomènes vont se produire qui vont briser la tranquillité de son quotidien. Qui est véritablement Salomé, cette soi-disant amie recueillie blessé par sa soeur Eli ? et que signifie cet étrange tatouage sur la cheville d’Eli et pour lequel elle refuse de donner des explications ? Que mijotent Eli et Jeremiah dans son dos ? Pourquoi M. Tanek, le notaire de famille, rôde-t-il autour de la maison ? Que signifie cet étrange collier légué par son père ? Et surtout, où Eli  part-elle, sans préciser de date de retour et en prenant le chemin de la forêt. aidée de son ami d’enfance, Liam, Mila va chercher des réponses à toutes ces questions et  ce qu’elle découvrira l’emmènera au pied d’un saule rose, étrange et féérique.

Un premier tome d’une saga fantasy qui a reçu le prix de l’imaginaire Nouvelles plumes 2017.  Un premier roman prometteur malgré quelques ressorts narratifs un peu éculés et quelques coquilles laissées à la trappe de la relecture. Divisé en deux parties bien distinctes, on s’immerge dans un premier temps dans le quotidien de Mila, ses relations extérieures, son environnement familial, ses questionnements amoureux. J’y ai, personnellement trouvé quelques longueurs,  en particulier dans la relation entre Mila et Jeremiah (mais cela ne manquera probablement pas de plaire à nos adolescentes). La deuxième partie, qui se situe dans le monde parallèle est plus riche. On y découvre un monde dont certains aspects resteront prévisibles pour les lecteurs aguerris du genre, mais avec des trouvailles originales  et des rebondissements inattendus. Un intéressant mélange de genres fantasy, action, suspens, romance qui devrait satisfaire un bon lectorat dès la 3ème. La fin  nous incite forcément à attendre les révélations du tome 2 !

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Au nom du roi , de Annie Jay

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Au nom du roi , de Annie Jay

A Paris en 1671 , Exupère Lecoq , fils du policier Benoît Lecoq, est amoureux de Camille Adam, demoiselle de compagnie chez Madame de la Fayette.C’est une très belle jeune fille , instruite, sage et issue d’une bonne famille , mais qui est très nombreuses. Madame de la Fayette , elle, est bien triste, car sa fille est partie rejoindre son mari en Provence. Madame de Sévigné, une bonne amie vient alors la réconforter, mais , elle aussi a des craintes pour son fils. En effet, de nombreuses disparitions ont lieu sur des hommes jeunes et riches . Grâce à Basile, l’oncle d’Exupère qui vante ses compétences, Exupère devient le garde du corps du fils de Madame de Sévigné.

Alors les questions à se poser sont :

  • Que se passera t-il entre Camille et Exupère ?
  • Qui est l’auteur de ces disparitions ?
  • Et qu’arrivera t-il au fils de Madame de Sévigné ?

Un livre à la fois roman policier et historique, inspiré de faits réels. Ce livre est vraiment très bien.  Il y a tellement de suspense qu’à la fin de chaque chapitre, on continue l’histoire ! Mais la fin nous donne qu’une envie :  lire le tome 2 « La vengeance de Marie » … que nous ne possédons, hélas, pas (encore) au CDI !

Je conseille ce livre à tout le monde ( mais attention , un passage assez sanglant  !) car il y a dedans de l’amour, du policier  du suspense et de l’aventure.

Chloé, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Ileana II. Retour à Edelynn, Isabelle Meyer

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Ileana, tome  II. Retour à Edelynn, d’Isabelle Meyer

Après avoir réussi à retourner à Edelynn, accompagnée des jumeaux, par la porte de Fonpierre, Ileana doit retourner chez elle pour prévenir sa tante de son retour mais impossible de la trouver et Illiriane, sa cité, est en ruine. Heureusement, ses amis « Les quatre » lui ont laissé un message, ce qui lui permet, le soir même, lors d’une veillée, de mettre tout le monde au courant de son retour. Contrairement à leurs habitudes plutôt divertissantes, les fées doivent se remuer pour reconstruire Illiriane. Pendant ce temps, Ileana part chez sa tante, reine des dryades, faire son initiation qui lui confèrera plus de pouvoir, avant de partir dans sa grande quête pour retrouver ses parents capturés par le seigneur noir, qui est un … Ah non, pour le savoir, il faudra aller chercher le livre au CDI et le lire du début jusqu’à la fin !

Ce deuxième tome de la série Ileana m’a beaucoup plus captivé que le premier car ici, les elfes sont  vraiment plus présents et l’action aussi !  Le suspens m’a tenu en haleine de la première page jusqu’à la dernière et maintenant, j’ai envie de lire le troisième tome ! Dans ce livre, je me reconnais surtout en Benoît, farceur, gourmand, curieux et …  feignant  -même si, normalement, je m’accroche plus au personnage principal, que ce soit une fille ou un garçon. Bon… et dernière chose : bonne lecture !!!

Guilllaume, 3°- 13 ans, membre des dévoreurs de livre d’Arsène.

 

Et l’avis de chloe261104 :

De retour de son exil chez les humains, Ileana réussit enfin à trouver la porte. Accompagnée des jumeaux, ils vont découvrir la magie et les dangers des cinq peuples en cherchant les parents d’Ileana. Passant de Néourvellen, cité introuvable des elfes, à l’Océan, où est réfugié le peuple des sirènes, ils seront en permanence les proies des trolls et des tordakyls.

Quel mystère entoure l’aventure d’Ileana ?

Et qui seront ces alliés qui feront face au Seigneur noir ?

Une suite très intéressant, pleine de péripéties et de suspense. C’est un tome où l’on découvre un univers où la magie est encore plus présente que dans le tome 1. J’ai hâte de lire le tome 3 !

« Nous sommes faits de nos souvenirs »

La cité de l’Oubli, Sharon Cameron

Résultat de recherche d'images pour "la cité de l'Oubli"A Canaan, les habitants vivent dans une cité fermée par des murs et ne sont pas autorisés à aller au-delà. Dans cette cité particulière, tous les douze ans, un phénomène étrange et mystérieux se produit, l’Oubli. Tous les habitants perdent la mémoire et oublient qui ils sont, leurs familles, leurs amis, comme s’ils repartaient de zéro et commençaient une nouvelle vie. Pour se rappeler, ils écrivent régulièrement dans des livres conservés ensuite aux Archives. Sans leurs souvenirs, ils ne sont rien et si leur livre est perdu, le Conseil fait d’eux des Perdus. Car la ville est dirigée par un Conseil décidant des sanctions et du sort de chacun après l’Oubli. Cependant Nadia, fille de la teinturière, n’a pas oublié et l’Oubli n’agit pas sur elle. Elle se souvient de tout, notamment de son père qui a profité de l’Oubli pour l’abandonner mais n’en connait pas les raisons. Le nouvel Oubli approche, Nadia doit percer le mystère avant que sa famille oublie à nouveau. Avec Gray, le fils du souffleur du verre, les deux protagonistes vont prendre des risques dangereux pour découvrir et révéler les secrets de la Cité de Canaan. Nadia et Gray vont se rendre derrière le mur et découvrir ce qu’est véritablement Canaan et ce qui produit l’Oubli.

La cité de l’Oubli met en narration des personnages habitant dans une ville où l’époque n’est pas définie mais ne ressemble pas à la société dans laquelle nous vivons. Teinturière, souffleur de verre, archiviste, l’ensemble des habitants travaille pour être utile à la communauté. Il n’est jamais question d’argent et tous possèdent un objet précieux : leur livre constituant une partie d’eux et de leurs souvenirs. La règle d’or est de ne jamais l’abandonner, de le garder toujours attaché sur soi. Car quand l’Oubli arrivera, seul ce livre sera en mesure de déterminer qui ils sont et ce qu’ils deviendront. Depuis leur plus jeune âge, les habitants de Canaan apprennent une attitude fondamentale, celle de toujours écrire la vérité. A la fin de chaque chapitre de l’ouvrage, nous pouvons lire les écrits de Nadia inscrits dans son livre.

L’histoire est une dystopie où nombreux sont les rebondissements inattendus et le suspens à son comble. Au début de l’ouvrage, le lecteur s’interroge sans cesse sur la Cité de Canaan et cet Oubli qui approche ayant lieu tous les douze ans. Quel est ce mur que Nadia passe à l’abri des regards ? Pourquoi est-il interdit de sortir de cette Cité ? Qui sont les habitants de Canaan ? Où se situe cette Cité où il faut se reconstruire tous les douze ans ? Pourquoi Nadia n’oublie -t- elle pas comme les autres ? Une multitude de questions traverse l’esprit du lecteur n’étant pas au bout de ses surprises !

Nadia et Gray, les deux personnages principaux, traversent le mur et tentent de voler le Premier Livre de l’Oubli pour connaître la vérité. Plus ils avancent dans leur enquête, plus ils vont comprendre que la population de Canaan est manipulée depuis le début. Mais comment faire éclater la vérité et faire évoluer les choses alors que la population va bientôt tout oublier ? Le défi que se lancent Nadia et Gray ne sera pas sans conséquences et des vies seront en péril. L’impact de leurs déclarations sera violent et chacun devra faire un choix.

La Cité de l’Oubli raconte une histoire originale où il est difficile au départ de percevoir où l’auteure nous conduit. Sharon Cameron dépeint un monde nouveau, dresse un modèle de société différent de celle dans laquelle nous évoluons. Une cité fermée où la population se renouvelle tous les douze ans et oublie tout. Seuls les livres apparaissent garants de leur mémoire. Envoûtant, ce roman conduit surtout le lecteur à se questionner sur le monde, sur la vie. Renouveler les habitants de la planète ou d’une ville permettrait-il d’instaurer un ordre parfait dans une société ? Au profit de qui ? Parfois, vaut-il mieux oublier ou vivre avec ses souvenirs ? Et vous, si vous aviez le choix, oublieriez-vous pour renaître ?

Un roman intéressant au vue des réflexions qu’il suscite une fois le livre fermé que je conseille seulement  à partir de quinze ans. Il semble selon moi être un livre adressé plutôt aux jeunes adultes. Les plus jeunes lecteurs vont se trouver face à la complexité de l’histoire et ce roman peut perdre tout son intérêt s’il n’est pas compris. Surtout qu’il faut s’accrocher pour cerner les premiers éléments permettant de s’immerger dans la Cité de l’Oubli !

Merci aux éditions Nathan pour cette avant-première ! La Cité de l’Oubli paraîtra le 5 Octobre !

 

 

La vie n’est pas un long fleuve tranquille

Sauveur et fils -saison 2- de Marie-Aude Murail

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Nous poussons de nouveau la porte du cabinet de Sauveur, psychologue. Nous retrouvons d’anciens patients auxquels s’ajoutent d’autres « écorchés de la vie ». Sauveur,  dévoué à tous ces gens dont la vie est une souffrance, n’arrive toujours pas à être à l’écoute de Lazar, son fils, qu’il a du mal à voir grandir. Si sa vie professionnelle paraît équilibrée, il n’en est pas de même pour le côté privé. Une vie sentimentale qui peine à s’installer dans une existence trop portée par le mal-être des patients. Sauveur reste brillant de sagesse, d’écoute. Il a envie de changement, de stabilité mais ne maîtrise pas toujours les événements qui surgissent dans sa vie privée. Il est maladroit et ne sait pas comment s’y prendre. Les confessions de ses patients commencent aussi à peser, Sauveur se sent un peu prisonnier de son dévouement. Nul n’est infaillible. C’est en cela que nous nous sentons proches des personnages. Personne est parfait et il n’y a pas forcément de « happy end » pour tous !

Marie-Aude Murail nous dresse avec réalisme une galerie de portraits très touchants. Ce tome est principalement orienté vers l’adolescence, une période difficile, pleine de doutes. Mais pas seulement, car toutes les générations sont présentes avec leur histoire et leurs blessures. L’auteur garde toujours ce regard juste, tendre et non critique. Elle manie l’humour pour parler de sujets graves et laisse toujours entrevoir un espoir.

Dans la saison 1, Lazar très curieux nous servait de guide. C’est lui qui nous prenait par la main pour nous faire découvrir son environnement. Dans la saison 2, Sauveur est plus en avant et devient plus présent pour nous livrer ses failles et ses ressentis. Le personnage progresse et nous prépare à la saison 3. Et puis n’oublions pas tous les petits animaux, hamsters, ouistitis avec lesquels l’auteur s’amuse à faire un parallèle avec les humains. Toutes ces situations nous font réfléchir au droit à la différence, à l’acceptation de soi, à la tolérance. Chaque être humain a ses faiblesses, personne n’a de solution miracle. Le tout est d’y croire et parfois d’avoir la chance que notre chemin croise celui d’un être compréhensible, prêt à nous donner ce coup de pouce qui nous fera rebondir…

Sauveur et fils -saison 3- de Marie-Aude Murail

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La maison de Sauveur devient un lieu de transit pour les âmes en errance. Sauveur se laisse déborder par son trop plein de bienveillance. La situation lui échappe et que reste-t-il pour sa famille ? Sa vie reste un véritable casse-tête… A sa place on aurait envie de pousser un cri et de tout envoyer balader. A force, on se demande si Sauveur n’aurait pas besoin à son tour d’aller consulter pour y voir plus clair dans toute cette joyeuse pagaille qui règne autour de lui. Ce tome 3 met d’avantage en avant les soucis d’ordre privé de Sauveur avec toujours en toile de fond ses patients. Mais Marie-Aude Murail resserre l’étau autour d’un homme qui a du mal à se construire et qui pourtant trouve une solution pour tous ceux qui viennent le voir. Il est sur une corde raide et doit faire attention de ne pas pencher du mauvais côté. Comme ce roman se termine en décembre 2015, l’auteur évoque l’actualité notamment les attentats de novembre 2015 à Paris. Un moment d’émotion sans voyeurisme, la difficulté des adultes à répondre aux questions des enfants, toutes les interrogations sur les raisons d’une telle violence. Nous revivons les événements de l’intérieur.

On prend vraiment plaisir à suivre tous ces personnages, on pénètre dans leur intimité, on fait partie de leur univers. On s’attache et on compatit.

La couverture de ce tome 3 est fraîche et pétillante de couleurs. Présage-t-elle de beaux changements pour Sauveur et son fils ?

Trois sagas qui jettent un regard juste sur notre société. A chaque début de tome, l’auteur fait un bref rappel de ce qui s’est passé précédemment, ce qui permet au lecteur de replonger facilement dans l’univers de Sauveur. Personnellement, j’aurai aimé que Sauveur soit un peu plus vif pour s’investir un peu plus. Notamment concernant sa vie sentimentale, je le trouve un peu mou et par moment j’aurais envie de le secouer.

Je pense qu’un tome 4 devrait suivre car ce troisième volet nous laisse un peu sur notre faim avec des situations proches du dénouement.

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Licence to kill

The book of Ivy – Tome- 1 de Amy Engel

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Il y a cinquante ans, une guerre nucléaire a anéanti la population mondiale. Quelques hommes ont survécu et se sont regroupés derrière une grande barrière pour se protéger du monde extérieur, dévasté par l’arme atomique. Une ville, Westfall, a été fondée pour accueillir tous les survivants. Deux familles, les Lattimer et les Westfall, s’affrontent pour avoir le monopole et celle d’Ivy a perdu. La ville édifiée par son grand-père est tombée aux mains du Président Lattimer qui a pris le pouvoir de force. La cité est alors divisée en deux mais tous doivent cohabiter. Pour assurer l’unité du peuple et la paix, chaque année, des mariages arrangés sont organisés entre les enfants des perdants et les enfants des vainqueurs. Dès 16 ans, les filles sont en âge de se marier et de procréer. Tous doivent agir pour les besoins du groupe. Le but est que la population s’agrandisse pour palier à toutes ces pertes humaines. C’est au tour d’Ivy d’être choisie. Elle sera unie à Bishop, 18 ans, le fils du Président Lattimer. Poussée par son père, la jeune adolescente aura pour mission de tuer son mari pour venger sa famille. Ce crime permettrait de renverser le régime pour revenir à une démocratie. Depuis toute petite, elle est endoctrinée par son père, Justin Westfall, rempli de haine et par sa soeur Callie, sans cœur et manipulatrice. Elle sait depuis toujours que lorsqu’elle atteindra 16 ans, elle devra passer à l’acte et peu importe son ressenti. Elle est née pour tuer. Elle a toujours été au bas de l’échelle, la dernière à avoir la parole. Elle doit obéir.

Epouser Bishop Lattimer, ce n’est pas accomplir mon destin. Ma mission n’est pas de le rendre heureux, de porter ses enfants et d’être sa femme. Ma mission, c’est de l’assassiner.

En cohabitant avec Bishop elle va apprendre à le connaître. Arrivera-t-elle à aller au bout de sa mission ? Bishop doit mourir mais c’est Justin Westfall qui l’exige. Et Ivy dans tout ça ? Partage t-elle les mêmes idéaux que sa sœur et son père ?

Ivy est le personnage-clé de cette histoire. Le lecteur devient un confident qui va connaître ses moindres pensées, ses sentiments les plus secrets, qui va se sentir très proche d’elle. Il va découvrir derrière cette carapace, cette violence intérieure qu’elle exprime dès le début du roman, une fragilité, une sensibilité. Elle n’a jamais pu donner son avis, exprimer ses opinions, chacun de ses actes étant dicté par quelqu’un d’autre. Conditionnée par les siens, la jeune fille agira toujours en fonction de leurs désirs. En côtoyant Bishop, Ivy va apprendre à maîtriser ses émotions et à les exprimer. Elle va faire la connaissance de son beau-père, un personnage au lourd passé qui détient un secret lié directement à Ivy. Nous voilà face à deux adolescents formatés qui vont s’aider mutuellement à se poser les vraies questions, pour agir selon leurs propres choix. Ce sont des victimes.

Beaucoup d’intrigues dans The book of Ivy qui posent aussi la question de l’héritage que les parents donnent aux enfants. Peut-on évoluer en suivant des idées que nous ne partageons pas ? Il me semble que nous progressons tellement mieux quand nous pouvons suivre une voie que nous avons choisie et non qu’on nous impose. A-t-on le droit de dire non lorsque nous ne sommes pas d’accord ? Jusqu’au jour où nous faisons la rencontre de la personne qui nous permettra de nous questionner sur cette vie imposée, comme Bishop pour Ivy. Des personnages principaux qui évoluent, des protagonistes avec leur lot de mystères et de méchanceté, un récit qui nous emmène dans le futur, dans notre monde avec de nouvelles règles, de nouvelles lois. De quoi nous donner le tournis car ce roman nous fait découvrir une société qui peut exister, nous interrogeant sur la notion de liberté, de mort, sur la justice qui sanctionne d’une même peine le voleur de poule et le violeur, sur l’image de la femme qui n’est bonne qu’à faire des bébés et à être violentée. Une intrigue rondement menée par le style d’écriture de Amy Engel qui a su dès le début, installer une ambiance pleine de suspense. Surprise par les dernières pages, je me suis empressée de dévorer le tome 2, The revolution of Ivy que je vous dévoilerai succinctement pour ne pas gâcher l’épilogue du tome 1.

The revolution of Ivy – Tome 2- de Amy Engel

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Ce second et dernier volet de la saga est marqué par la renaissance des personnages. Le premier volume a habilement préparé les rebondissements du tome 2. Amy Engel nous embarque dès les premières pages dans une ambiance plus sombre, plus sauvage, avec de nouveaux protagonistes qui auront leur importance dans l’intrigue mais que j’aurai aimé mieux connaître. On ne sait pas grand chose d’eux au final. L’enchaînement est immédiat, l’auteur ne fait pas de retour en arrière. On retrouve une Ivy plus forte que jamais prête à tout mais qui reste cependant sur la défensive, ayant du mal à faire confiance aux gens qui l’aident. D’ailleurs, la couverture de The revolution of Ivy nous montre une Ivy plus déterminée, de face avec le poignard en avant. Ce tome 2 nous offre un peu plus d’action, explore d’autres lieux avec une émotion et une poésie qui restent omniprésentes. Surtout avec la dernière partie où on sent que le dénouement est proche sans soupçonner ce que l’auteur nous prépare. Deux petits bémols cependant : la fin est un peu trop rapide à mon goût, je l’aurai un peu plus approfondie et je m’attendais à un tome 2 un peu plus explosif. Dans l’ensemble, une saga réussie, attachante que j’ai pris grand plaisir à lire !

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Et si on se donnait rendez-vous dans 10 ans…..

Songe à la douceur, de Clémentine Beauvais

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Dans une banlieue parisienne feuillue, Tatiana, 14 ans, fait la connaissance de Eugène, 17 ans, garçon de bonne famille, benjamin de trois sœurs. Elle a une soeur Olga. Eugène est aussi l’ami du petit copain de Olga. Tout l’été, les jeunes garçons rendent visite aux deux sœurs. Au début, Eugène et Tatiana sont un peu maladroits mais peu à peu ils s’apprivoisent. Tatiana est obsédée par Eugène, elle n’en dort plus. Elle décide alors de lui écrire une lettre pour lui avouer ses sentiments. Depuis cette déclaration, Eugène ne donne plus de nouvelles. Un drame et dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard dans le métro.

Songe à la douceur est un roman déroutant, écrit en vers. Un formidable exercice d’écriture inspiré  par Eugène Onéguine de Alexandre Pouchkine et de l’opéra de P.I Tchaïkowski. Une double histoire d’amour séparée de dix ans. Le thème de l’amour-passion est abordé de belle manière alternant un style moderne et classique. Tatiana est tiraillée entre les compliments d’un homme qui est obsédé par elle mais qui dix ans auparavant l’a laissée, et le souhait de se protéger d’un amour qui peut encore lui faire mal. Les liens qui les unissent vont faire qu’ils se revoient. Tatiana veut des réponses sur le passé, Eugène veut construire quelque chose au présent. Il découvre l’adolescente devenue une femme mûre, confiante. Les relations amoureuses sont complexes. Deux personnages, deux êtres qui se tournent autour mais les rôles sont inversés. Il y a dix ans, Tatiana se mourait d’amour alors qu’Eugène la délaissait, aujourd’hui c’est lui qui se trouve à ne vivre que pour cet amour ressurgi du passé. La jeune femme a une vie professionnelle bien remplie, elle a des projets, lui ne vit que pour elle. L’auteur joue avec les mots en alternant les périodes dans le temps. Leur histoire est simple et le style de Clémentine Beauvais lui donne un côté poétique. Peut-on reconstruire une histoire d’amour dix ans après ? Peut-on rattraper le temps perdu ?Dix ans qui ont changé leur vie …

Je pense que Songe à la douceur s’adresse à de bons lecteurs. Attendons les réactions qu’il peut susciter sur les adolescents. Je dois avouer que par moment, j’ai eu du mal avec ce style d’écriture qui m’obligeait à faire des pauses. Attention, je ne remets pas en cause le talent de Clémentine Beauvais. Je m’explique. J’ai simplement eu l’impression d’être plus « envahie » par la forme d’écriture que par le sujet en lui -même,  bien que mettre en parallèle deux histoires d’amour à dix ans d’intervalle est original. Pour moi, le style a pris le dessus sur le contenu. Mon attention s’est portée d’avantage sur la façon d’ écrire de Clémentine Beauvais que sur le récit. Une fin surprenante qui me laisse un goût d’inachevé tout simplement parce que je ne suis pas fan de ce genre d’épilogue. Avec du recul, l’histoire reste belle. Bien que mon avis soit mitigé, j’espère que beaucoup seront tentés par ce roman… et feront des commentaires sur notre blog !

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