Beauté d’âme

Blaise Cyrano, le raté magnifique, de Arthur Ténor

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Blaise de Cyrano est élève de 3ème au collège Jean Rostand. Il est amoureux de la langue française qu’il manie à merveille. Contrairement à ses amis qui ne connaissent que le langage SMS, lui, se lance dans des phrases bien construites, avec des rimes, souvent cinglantes. Tout le monde est en admiration devant une telle prouesse. Ses camarades le surnomment d’ailleurs « Monsieur Molière ». Blaise, dont le tempérament vif le met parfois dans des situations délicates, est pourtant un adolescent mal dans sa peau. En effet, le jeune garçon a quelque chose de spécial qui ne passe pas inaperçu et qui intrigue. Il affiche un visage plutôt déconcertant en raison d’un menton anormalement allongé. Mais voilà Blaise est amoureux de Roxane, une amie d’enfance, qui n’a d’yeux que pour Christian Neuvillette un beau garçon, certes, mais aux capacités intellectuelles limitées. Comment Blaise peut-il rivaliser ? Il se résout à cacher ses sentiments. Il n’ose pas avouer à son amie qu’il l’aime car il est trop laid. Cependant, par amour pour Roxane, il va aider son rival à écrire des lettres enflammées. Christian n’est pas du tout doué pour les belles déclarations et en plus il a des problèmes avec Deguiche qui le malmène. Là encore, Blaise se porte à son secours et va s’engager à le protéger.

Arthur Ténor a créé un personnage, Blaise, sur le modèle de Cyrano de Bergerac. A la différence de Cyrano dont le nez a fait la renommée, Blaise se trouve affublé d’un menton hors norme. Pourquoi pas. Je n’ai pourtant pas adhéré au style d’écriture que j’ai trouvé sans relief et lassant. Le fait de faire parler l’adolescent de cette manière ne m’a pas convaincue. Cet avis n’engage que moi. Blaise est un héros tourmenté qui néanmoins reste sensible au fait que Roxane s’intéresse à lui. Enfin quelqu’un qui n’est pas effrayé par sa particularité physique et qui reconnaît en lui des qualités. Le jeune garçon n’est pas habitué à de tels égards. En période de l’adolescence, le physique compte énormément. Tout est fait dans la société pour que le beau et le paraître soient en première ligne. Est ce vraiment ça l’essentiel ? La beauté intérieure, comme on dit, a plus de valeur. Il faut croire que non. Le titre très paradoxal « Un raté magnifique » évoque cette notion de beauté intérieure mais elle ne suffit pas. Comment s’assumer dans de telles conditions ? Alors certains essaient de compenser les différences physiques par l’humour ou en mettant en avant des capacités que les autres n’ont pas. Mais rien n’est perdu, il y a toujours une âme sensible et honnête qui vous aime pour ce que vous êtes.

Femme de l’ombre

La marraine de guerre, de Catherine Cuenca

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Etienne a 22 ans. Il essaie de rester en vie, de sauver son pays, de survivre dans les tranchées. Nous sommes en novembre 1916 dans l’Est de la France. Les combats sont atroces, les hommes progressent dans la boue, dans le sang. Le moral est au plus bas. Essayer de résister sans dormir, en mangeant peu, au milieu des cadavres et de la saleté. Penser à ses proches qui souffrent et tremblent de les savoir à chaque instant aux portes de la mort …..Etienne tente de tenir et ne comprend pas toujours pourquoi il doit tuer, pourquoi cette guerre. Il voit mourir ses camarades, il n’en peut plus. Etienne est jeune, innocent, sa place n’est pas dans ces tranchées, au milieu de tant de barbarie !

Est-ce vraiment dans cette direction que je devrai envoyer mes balles, pour abattre tant d’hommes innocents?  » Oui, il le faudra « , pense Etienne. Pourquoi ? Parce que sinon, c’est moi qui mourrai. Pourquoi ne pas mourir ? Parce que l’espoir idiot me tient que la guerre finira un jour et que je pourrai encore profiter de la vie.

Et pourtant le quotidien est moins dur depuis qu’il échange une correspondance avec une femme qui a accepté de devenir sa marraine de guerre. Elle lui envoie des lettres de réconfort avec des colis qu’Etienne partage avec ses amis. Le jeune soldat s’est attaché à elle, il puise ses forces dans l’écriture. Il se fait gentiment chahuter par ses camarades mais qu’importe, Marie-Pierre l’apaise.

Cher Etienne,
Je vous envoie quelques provisions, en espérant qu’elles vous parviendront intactes. Comme j’aimerais que Noël soit une trêve qui vous redonne force et espoir ! Je prie chaque jour pour vous. Quoi qu’il advienne, écrivez moi. Je vous embrasse affectueusement.
Marie-Pierre

Il ne sait pas grand chose d’elle, elle habite Saint-Etienne et s’appelle Marie-Pierre. Son souhait le plus cher serait de la rencontrer. Mais cette saleté de guerre lui laissera-t- il le temps d’aller la voir ?

La marraine de guerre est un témoignage poignant du calvaire des soldats. Le lecteur est en immersion dans les tranchées avec ces hommes. C’est un roman très réaliste qui met en avant le ressenti des poilus de 14-18 exposés à de terribles combats. Une véritable « boucherie » …. la vision de l’horreur s’agrandit de jour en jour, c’est à la limite du supportable. Le récit est entrecoupé des lettres échangées entre Etienne et Marie-Pierre ce qui permet au jeune engagé, ainsi qu’au lecteur de souffler entre deux combats. Ce récit met en avant aussi le rôle important de toutes ces femmes qui ont soutenu les soldats. D’une certaine façon, elles aussi ont fait la guerre.

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Au revoir les fantômes…

Les beaux lendemains de Saint-Chanas, de Véronique Simple

 

1919…. La France encore meurtrie par des années de guerre essaie de renaître de ses cendres. Les hommes, des survivants de combats acharnés, meurtris par leurs blessures morales et physiques, errent dans une vie qui ne leur appartient plus, dans une vie pleine de fantômes et de cauchemars. Armand, jeune lieutenant, est de retour et trouve un poste de régisseur dans un château, dans la Drôme, grâce à un ami d’enfance. Un domaine qui perd pied depuis la mort du baron, délaissé par les occupants qui ont sombré dans la douleur et le chagrin. Seul, le personnel essaie tant bien que mal de s’occuper de la propriété. A son arrivée, Armand fait la connaissance de Louise, une veuve inconsolable, murée dans sa souffrance, qui ne quitte plus sa chambre et d’Hubert son frère, qui a perdu la vue dans les tranchées. Ce dernier végète dans un état dépressif depuis plus d’un an, attendant que la mort vienne le chercher. Tous deux n’ont plus la force d’affronter la réalité et se laissent aller dans leur malheur. Charles, le petit garçon de Louise émeut Armand. Du haut de ses quatre ans, ce pauvre petit bonhomme, orphelin d’un père et délaissé par sa mère est le seul qui anime les couloirs lugubres et sans âme de la bâtisse. Armand a le sentiment que son travail l’aidera à chasser ses angoisses, à surmonter son traumatisme et peut être à se reconstruire. Lui qui a vu tant d’hommes mourir, tant de compagnons tomber au front…Il pourra compter sur mamie Rose, la dévouée cuisinière, au service de la plus grande famille de la région depuis tellement d’années.La guerre l’a endurci, les combats ont brisé sa jeunesse. Il essaie d’entrevoir son avenir sans trop y croire. Mais là, à Saint-Chanas, il compte bien aider les châtelains à remonter la pente, à reprendre pied dans la vie. Malgré toute sa bonne volonté et sa détermination, réussira t-il à leur redonner le goût de vivre ?

Les beaux lendemains de Saint-Chanas est une merveilleuse histoire humaine. Sous la plume de Véronique Lesimple, les portraits d’hommes et de femmes brisés par les ravages d’une guerre se succèdent et nous font comprendre combien le quotidien de l’après-guerre a été éprouvant. La perte d’un père, d’un époux, d’un fils, la fin tragique pour de nombreux soldats, ont plongé les familles dans les entrailles d’une existence qui devait continuer malgré tout. Et que dire de tous ces mutilés, de tous ces survivants dont le retour dans les foyers ne fut pas simple. Ils reviennent mais ont du mal à retrouver leur place, à être compris par des proches qui paraissent si loin de la réalité de leur souffrance. Plus rien ne sera comme avant, le passé sera leur seul compagnon de route, un compagnon solitaire hanté à jamais par les horreurs des combats.
La reconstruction psychologique est le thème principal de ce roman. Les personnages sont attachants et émouvants, ils se dévoilent au fur à mesure que progresse l’histoire. Le lecteur se plonge vite dans cette ambiance d’après-guerre avec une population qui essaie d’avancer, avec un mode de vie qui se modernise. L’électricité fait son apparition ainsi que l’eau courante et le téléphone. On prend plaisir à partager les balades en automobile qui révolutionnent le quotidien. Un souffle nouveau comme une bouffée d’oxygène qui viendrait balayer les stigmates encore profonds des atrocités des quatre dernières années. Renaître pour faire vivre les souvenirs, renaître pour dire oui à la vie.

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Tu es moi, je suis toi…

Elsa et Antonio pour toujours de Jean-Paul Nozière

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Dès qu’il voit Elsa, Antonio tombe amoureux. Un coup de foudre qui le renverse, qui le perturbe. Ils sont  à la piscine. Elsa ressent les mêmes émois. Deux enfants de 10 et 11 ans, un amour vrai, sincère, un amour qui existe, qui évolue, un amour passion. L’alchimie a pris immédiatement. Ils ont besoin l’un de l’autre, ils ne font qu’un, sous le regard désapprobateur des parents. Ce n’est pas un amour banal. Ils sont prêts à fuguer pour vivre leur idylle, ils ont des désirs d’expéditions lointaines. Ils se promettent fidélité, respect, font des projets. Une nuit, les enfants se rendent dans l’enceinte d’un moulin délabré qui abrite un pont sous lequel une ouverture s’offre à eux. Ils décident d’en faire leur endroit sacré. Ils se promettent de s’y rendre tous les jours pour y placer leurs messages secrets.  Ils n’ont que 10 et 11 ans et pourtant ils savent qu’ils sont faits l’un pour l’autre…Pour fuir, il leur faut de l’argent. Rien ne les arrête. Elsa et Antonio font alors la manche. Mais où tout ça va les conduire, ils sont si jeunes…

Je voudrais vieillir pour quelques instants

Je voudrais changer et tromper le temps,

Et malgré mon âge et malgré ton âge,

Te dire tout bas « nous n’irons pas là-bas ».

Elsa et Antonio un jeune couple bien sympathique dont la maturité et la candeur surprennent le lecteur. Cette histoire est une belle réflexion sur l’amour vue par les enfants.

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Eden à l’Hayden

L’Hayden, 1. Le secret d’Eli, de Julie Muller Volb

l-hayden-le-secret-d-eliMila vit sous la tutelle de sa soeur Elisabeth depuis le décès de son père. Pour subvenir à leurs besoins, elles viennent d’ouvrir des chambres d’hôtes dans leur maison familiale. Alors que d’étranges incendies se déclarent aux quatre coins de la ville, le lycée de Mila est pris pour cible par le pyromane. En cherchant à secourir son amie Zoé des flammes, Mila croise le chemin et tombe sous le charme d’un séduisant pompier, Jeremiah. Qu’elle n’est pas sa surprise, le soir même de découvrir que Jeremiah est le premier client de leurs chambres d’hôtes et vit donc sous son toit. Pourtant, son comportement vis-à-vis d’elle ne manque pas de la déstabiliser : de froid, distant, impénétrable à souriant et chaleureux… Mila ne sait plus sur quel pied danser… Mais bientôt, d’étranges phénomènes vont se produire qui vont briser la tranquillité de son quotidien. Qui est véritablement Salomé, cette soi-disant amie recueillie blessé par sa soeur Eli ? et que signifie cet étrange tatouage sur la cheville d’Eli et pour lequel elle refuse de donner des explications ? Que mijotent Eli et Jeremiah dans son dos ? Pourquoi M. Tanek, le notaire de famille, rôde-t-il autour de la maison ? Que signifie cet étrange collier légué par son père ? Et surtout, où Eli  part-elle, sans préciser de date de retour et en prenant le chemin de la forêt. aidée de son ami d’enfance, Liam, Mila va chercher des réponses à toutes ces questions et  ce qu’elle découvrira l’emmènera au pied d’un saule rose, étrange et féérique.

Un premier tome d’une saga fantasy qui a reçu le prix de l’imaginaire Nouvelles plumes 2017.  Un premier roman prometteur malgré quelques ressorts narratifs un peu éculés et quelques coquilles laissées à la trappe de la relecture. Divisé en deux parties bien distinctes, on s’immerge dans un premier temps dans le quotidien de Mila, ses relations extérieures, son environnement familial, ses questionnements amoureux. J’y ai, personnellement trouvé quelques longueurs,  en particulier dans la relation entre Mila et Jeremiah (mais cela ne manquera probablement pas de plaire à nos adolescentes). La deuxième partie, qui se situe dans le monde parallèle est plus riche. On y découvre un monde dont certains aspects resteront prévisibles pour les lecteurs aguerris du genre, mais avec des trouvailles originales  et des rebondissements inattendus. Un intéressant mélange de genres fantasy, action, suspens, romance qui devrait satisfaire un bon lectorat dès la 3ème. La fin  nous incite forcément à attendre les révélations du tome 2 !

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Au nom du roi , de Annie Jay

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Au nom du roi , de Annie Jay

A Paris en 1671 , Exupère Lecoq , fils du policier Benoît Lecoq, est amoureux de Camille Adam, demoiselle de compagnie chez Madame de la Fayette.C’est une très belle jeune fille , instruite, sage et issue d’une bonne famille , mais qui est très nombreuses. Madame de la Fayette , elle, est bien triste, car sa fille est partie rejoindre son mari en Provence. Madame de Sévigné, une bonne amie vient alors la réconforter, mais , elle aussi a des craintes pour son fils. En effet, de nombreuses disparitions ont lieu sur des hommes jeunes et riches . Grâce à Basile, l’oncle d’Exupère qui vante ses compétences, Exupère devient le garde du corps du fils de Madame de Sévigné.

Alors les questions à se poser sont :

  • Que se passera t-il entre Camille et Exupère ?
  • Qui est l’auteur de ces disparitions ?
  • Et qu’arrivera t-il au fils de Madame de Sévigné ?

Un livre à la fois roman policier et historique, inspiré de faits réels. Ce livre est vraiment très bien.  Il y a tellement de suspense qu’à la fin de chaque chapitre, on continue l’histoire ! Mais la fin nous donne qu’une envie :  lire le tome 2 « La vengeance de Marie » … que nous ne possédons, hélas, pas (encore) au CDI !

Je conseille ce livre à tout le monde ( mais attention , un passage assez sanglant  !) car il y a dedans de l’amour, du policier  du suspense et de l’aventure.

Chloé, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Ileana II. Retour à Edelynn, Isabelle Meyer

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Ileana, tome  II. Retour à Edelynn, d’Isabelle Meyer

Après avoir réussi à retourner à Edelynn, accompagnée des jumeaux, par la porte de Fonpierre, Ileana doit retourner chez elle pour prévenir sa tante de son retour mais impossible de la trouver et Illiriane, sa cité, est en ruine. Heureusement, ses amis « Les quatre » lui ont laissé un message, ce qui lui permet, le soir même, lors d’une veillée, de mettre tout le monde au courant de son retour. Contrairement à leurs habitudes plutôt divertissantes, les fées doivent se remuer pour reconstruire Illiriane. Pendant ce temps, Ileana part chez sa tante, reine des dryades, faire son initiation qui lui confèrera plus de pouvoir, avant de partir dans sa grande quête pour retrouver ses parents capturés par le seigneur noir, qui est un … Ah non, pour le savoir, il faudra aller chercher le livre au CDI et le lire du début jusqu’à la fin !

Ce deuxième tome de la série Ileana m’a beaucoup plus captivé que le premier car ici, les elfes sont  vraiment plus présents et l’action aussi !  Le suspens m’a tenu en haleine de la première page jusqu’à la dernière et maintenant, j’ai envie de lire le troisième tome ! Dans ce livre, je me reconnais surtout en Benoît, farceur, gourmand, curieux et …  feignant  -même si, normalement, je m’accroche plus au personnage principal, que ce soit une fille ou un garçon. Bon… et dernière chose : bonne lecture !!!

Guilllaume, 3°- 13 ans, membre des dévoreurs de livre d’Arsène.

 

Et l’avis de chloe261104 :

De retour de son exil chez les humains, Ileana réussit enfin à trouver la porte. Accompagnée des jumeaux, ils vont découvrir la magie et les dangers des cinq peuples en cherchant les parents d’Ileana. Passant de Néourvellen, cité introuvable des elfes, à l’Océan, où est réfugié le peuple des sirènes, ils seront en permanence les proies des trolls et des tordakyls.

Quel mystère entoure l’aventure d’Ileana ?

Et qui seront ces alliés qui feront face au Seigneur noir ?

Une suite très intéressant, pleine de péripéties et de suspense. C’est un tome où l’on découvre un univers où la magie est encore plus présente que dans le tome 1. J’ai hâte de lire le tome 3 !