Mamie gâteau s’emmêle le tricot, de Gwladys Constant

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Côme est un petit garçon de 4 ans et demi qui confond souvent les mots. Pas les mots compliqués, mais plutôt les mots simples du quotidien. Barabar sa maman commence à l’inquiéter, d’autant que la nouvelle institutrice du garçon évoque souvent le problème. Barabar, mère-célibataire travaille beaucoup et Côme passe beaucoup de temps avec sa mamie… Ne serait-ce pas elle, notre mamie-gâteau, qui emmêle le tricot des mots de Côme ?

Ce livre, très facile d’accès, s’adapte aux lecteurs plus jeunes, comme aux plus âgés. Court (63 pages) et très compréhensible, même les faibles lecteurs n’auront aucun mal à le comprendre et le lire. en plus, quelques illustrations sympathiques, à la manière de bande dessinée en noir et blanc ponctuent le texte. Des personnages attachants et une histoire que j’ai trouvé touchante, magnifique et qui évoque les liens entre différentes générations et ce que la maladie d’Alzheimer déclenche sur une famille. Un thème fort et émouvant traité avec délicasse pour les plus jeunes lecteurs.

Un petit coup de coeur pour moi,

Emma, 11 ans – 6ème, membre des dévoreurs de livres d’Arsène

Ileana, t.3. La cinquième pierre, d’Isabelle Meyer.

Image result for ileana tome 3Ileana, Claire et Benoit ont enfin libérés leurs parents et pourraient prendre un repos bien merité. Mais ils ont appris que la cinquième pierre avait été volée par un faé parti se cacher dans le monde des humains. Ils doivent alors retourner dans le monde du dehors et retrouver la pierre perdue. En passant à proximité du foyer, ils sont rejoint par Stan. Le groupe de quatre se lance alors dans la quête de la cinquième pierre, en étant poursuivi par les sbires de Naragd, et passeront par le Mont St Michel, et le Massif Central en suivant les chemins de Saint Jacques de Compostelle.

Ce troisième tome est toujours aussi agréable à lire que les deux précédents. En ayant fait une petite pause, j’avais oublié à quel point Isabelle Meyer pouvait nous surprendre en allant de révélations en révélations. De plus, sur certains livres, on reste sur notre fin mais là, la fin était très inattendue et a mis une grosse couche de suspens qui nous donne envie de lire la suite pour avoir les réponses nécessaires à nos questions !

Guillaume, 3°. 13 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène.

 

La trilogie des gemmes, 3. Vert émeraude, de Kerstin Gier

Related imageGwendolyn est totalement bouleversée. Elle vient de comprendre que Gideon et le Comte de Saint Germain l’ont manipulés grâce à ses sentiments.  Mais elle est dépendante des veilleurs et du chronographe et ne peut donc pas éviter une seconde confrontation avec Gideon. Mais malgré leur différents, Gideon et Gwendolyn vont devoir se serrer les coudes pour affronter un comte soi-disant immortel qui lit dans les pensées et qui contrôle la loge depuis le passé pour arriver à ses fins diaboliques.

Un dernier tome tout aussi bien que les deux premiers. C’est toujours dur de se dire que c’est le dernier tome d’une série qu’on a beaucoup apprécié car on va devoir quitter les personnages auquels on est attachés et le monde dans lequel ils évoluent. La fin m’a vraiment surprise car je ne m’y attendais pas. Le livre a une fin quelque peu différente du film mais j’ai adoré les deux alors qu’habituellement c’est soit l’un soit l’autre. Je vous les conseille vraiment. Par contre, arrivé à la fin de cette série, je me rends compte qu’il y a une chose que je trouve étrange : Kerstin Gier, qui a écrit cette super série,  est un écrivain allemand mais l’histoire se déroule à Londres en Angleterre. Elle aurait dû l’écrire pour qu’elle se passe dans une ville allemande selon ma logique. Mais voilà encore une série qui se termine  et que je suis un peu déçu de quitter !

Guillaume 3°. 13 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène.

Ceux des limbes, de Camille Brissot

Menace intérieure

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Le monde est menacé par une infection qui ne cesse de s’étendre. La nature a pris l’ascendant sur l’homme, ne lui laissant aucune chance. Elle envahit les villes, la forêt encercle le Mont-Survie, qui sert de refuge aux survivants de l’épidémie. Cette montagne ressemble à une pyramide, véritable forteresse habitée par les miraculés. Séparés de l’extérieur par une porte, cette poignée d’hommes refonde une société qui a régressé, régie par des règles strictes. Le virus, responsable de ce chaos, est un champignon qui se transmet par le sang et la salive. On l’appelle le virus limbe. Les humains contaminés sont réduits, seules les fonctions vitales sont préservées. Ils s’assemblent en grappes et se déplacent en horde dans le but de transmettre la maladie. Leur peau est grise, leur chair momifiée. Et gare à celui qui les entend, leur cri est dévastateur. Leur voix insupportable pour le cerveau, crée un mouvement de panique pour celui qui l’écoute. Une sorte de chant des sirènes. Le limbe reste un être humain mais il faut le détruire pour sauvegarder la survie de l’espèce. Parmi les rescapés, deux jeunes adolescents, Naha et Otolan. Dès 15 ans, tous les jeunes doivent faire leur preuve en évoluant seuls dans la forêt pendant dix jours, dans le seul but de prouver qu’ils peuvent survivre dans ce milieu hostile, pris d’assaut par les limbes. Naha doit passer cette épreuve, Oto, lui, bénéficie d’une immunité. En effet, à l’âge de cinq ans, il a survécu à une horde de limbes. Il est devenu une sorte de héros mais attise également les jalousies. Chaque personne qui quitte le Mont-Survie emporte avec lui un venin. Une pilule blanche destinée à être avalée en cas d’attaque. La mort survient dix minutes après l’absorption du comprimé. Le jeune garçon amoureux, n’a pas l’intention de laisser Naha seule, face à son destin. En grand secret et au péril de sa vie, il décide de la suivre, bravant ainsi les règles établies par les maîtres de la communauté. Les jours qui se succèdent ne sont que meurtrissures et cauchemars. La forêt c’est la mort assurée, cette mort qui rôde, qui agrippe et qui enlace. Une expédition sous haute tension commence.

Ceux des limbes est un roman qui met l’homme face à la nature. L’être humain l’a toujours contrôlée, l’a toujours façonnée. Ici, la forêt si belle pourtant, est une menace oppressante qui envahit l’espace. Elle se rebelle. Le lecteur part pour une folle aventure, dans un nouveau monde sauvage où l’homme est une proie pour l’homme. Le royaume sombre des morts-vivants nous plonge dans une atmosphère surnaturelle. Les limbes sont en quelque sorte des zombies, personnages qui ont beaucoup été utilisés au cinéma ou dans la littérature, une sorte de réflexion sur la nature humaine. L’homme qui se veut maître du monde, qui veut tout contrôler se retrouve face à lui-même, victime de son acharnement.

Ceux des limbes est un récit rythmé, préservant un suspens soutenu jusqu’à la fin. L’écriture de Camille Brissot est fluide, précise et met le lecteur aux premières loges. Chaque page est une image dont on ne peut se défaire. Ceux des limbes est un roman qu’on ne peut pas lâcher, une belle histoire d’adolescents amoureux qui passent à l’âge adulte, sur fond d’apocalypse. Oto et Naha sont des personnalités fortes avec, et c’est rare, le personnage féminin qui est plus robuste que les hommes, qui s’impose. Camille Brissot m’a réconciliée avec ce genre de récit dont je ne suis pas fan à l’origine. Un véritable coup de cœur.

Sortie le 05 avril – A ne pas rater !

L’héritage des Darcer, 3. L’envol, de Marie Caillet

Image result for l'héritage des darcer t3La situation d’Edrillon empire. Le Sanreth, l’envoyé de la Déléane a enfin réussi à monter sur le trône. A ses côtés, les quatre chimères qui sont les yeux et les oreilles de Welfenda, la reine de la Déléane. Mais Mydria est bien décidée à ne pas laisser son pays aux mains des envahisseurs et à renverser la situation en reprenant les rênes du royaume et à replacer la dynastie des Darcer sur le trône. Aidée d’Orest, son amour, d’Allian, l’ex-espion de la guilde des assassins et de Kebren la traqueuse kmett aux pas de velours, My tente de rallier les fauconniers à leur cause pour pouvoir avoir une force de frappe plus importante.

Le dernier tome de cette trilogie est tout aussi complet que les précédents, et même plus, en terme de rebondissement, d’actions et de suspens. Dans cette fin de l’histoire, on s’aperçoit encore une fois que l’écriture de Marie Caillet est vraiment très spectaculaire et qu’on peut réellement vivre l’aventure aux côtés des personnages. Dans certains romans, on peut prévoir à l’avance ce qui va se passer, mais là tout était comme imprévu ce qui est très surprenant parfois tellement le choc est présent. Ce troisième tome d’une trilogie fantastique, et sans longueurs, clôt en beauté cette série magiquement bien écrite.

Guillaume 3°. 13 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène

 

Le grand Meaulnes, de Alain-Fournier

Entre rêve et réalité

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Augustin Meaulnes, jeune adolescent de 17 ans, arrive dans l’école unique de François Seurel, fils de l’instituteur. Ils vont se lier d’amitié. Augustin, garçon silencieux, assez énigmatique, libre  va vite être surnommé par ses camarades le Grand Meaulnes. Un jour, alors qu’il prend la décision de partir chercher les grands-parents de François à la gare de Vierzon, il se perd dans la campagne et atterrit dans une propriété où se tient une fête étrange. Il y tombe amoureux d’Yvonne. Dès lors, il n’aura de cesse de la retrouver.

Un premier roman éblouissant écrit par un jeune auteur de 27 ans, qui décédera quelques temps plus tard durant la première guerre mondiale laissant un grand vide dans la littérature classique. L’adolescence y est décrit avec justesse dans tous ses excès, ses tourments, ses attentes. Le rêve rejoint la réalité, ou bien est-ce la réalité qui rejoint le rêve ? En tout cas, Augustin Meaulnes sera tout au long de sa vie en quête d’une chimère, comme si, même lorsque la réalité dépasse ses espérances, il ne s’en satisfait pas. D’un onirisme, d’un romantisme incroyable. Poétique, mélancolique, merveilleux, les termes sont nombreux qui peuvent décrire ce roman d’amour atypique. A lire au moins une fois dans sa vie, pour les lecteurs amoureux de la langue française, me^ais je conseille peut-être d’attendre le lycée ou l’âge adulte pour en apprécier toute la saveur.

De ce roman vient le prénom donné à mon fils, Augustin… tout est dit…

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Si c’est pour l’éternité, de Tommy Wallach.

Une  magnifique lecture parfaite…

Si-c-est-pour-l-eternite      Parker, 17 ans, muet depuis le décès tragique de son père, vit à San Francisco et est en classe de Terminale. Cependant, les cours ne l’intéressent pas vraiment : il préfère jouer les pickpockets dans les grands hôtels de la ville et rédiger des récits fantastiques dans son journal.

     Un jour, le jeune homme se fait repérer par l’étrange jeune femme à la tristesse parfaite à qui il vient de dérober une grosse somme en liquide : Zelda. Celle-ci ne souhaite pourtant pas particulièrement récupérer son bien et préfère aller le dépenser avec Parker jusqu’au dernier centime. L’après … peu importe pourvu qu’ils s’amusent ! De toutes façons, Zelda a décidé de mettre fin à ses jours, persuadée d’avoir déjà vécu plusieurs siècles. Au fil de leurs aventures, Parker parviendra-t-il à l’en dissuader ?

     La tristesse parfaite, ça existe. Je le sais parce que je l’ai vue. En général, les gens réservent le mot « parfait » à des concepts positifs : une note parfaite en maths, une assiduité parfaite en cours, un 1080° parfait en skate. Moi, je préfère l’utiliser pour décrire quelque chose – n’importe quoi, même un truc complètement pourri – qui correspond exactement à sa définition. Une haleine matinale parfaite. Une gueule de bois parfaite. Une tristesse parfaite.

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     Pour moi une lecture parfaite, dans les deux utilisations du terme ! L’intrigue, réfléchie et très bien menée, mêle les genres jusqu’aux dernières lignes. La chute est elle aussi parfaite, surprenante et très bien trouvée. Les mini-récits fantastiques imbriqués dans la narration prennent alors tout leur sens. Enfin le propos, même traduit, reste très poétique et pousse à la réflexion.

     Conseil aux futurs lecteurs (dès la [fin de] quatrième pour les habitués) : ne vous arrêtez pas au résumé très difficile à faire au vu de l’originalité du texte et ouvrez ce livre, la lecture vous emportera !

[…] Tandis que vous faisiez vos premiers pas dans le salon, ce parangon de Whisky absorbait lentement toutes les saveurs du bois vieilli, gagnant en richesse et en complexité à chaque heure qui passait. Et durant tout ce temps, alors que vous deveniez des bambins, puis de jeunes enfants, puis que vous franchissiez les portes épineuses de la puberté pour venir enfin vous poster sur le seuil de l’âge adulte, une partie de l’alcool s’évaporait lentement mais sûrement du tonneau. C’est ce qu’on appelle la part des anges, celle qui disparaît avec les années. […] Comme beaucoup de choses dans la vie, l’alcool a la réputation de se bonifier avec l’âge. Néanmoins, nous ne devons pas oublier que nous perdons un peu de nous au fil des ans. C’est la part des anges qu’il nous faut sacrifier.