L’Ami, de Yaël Hassan

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La vie n’est pas un long fleuve tranquille…..

On ne choisit pas sa famille mais heureusement on peut choisir ses amis et quand on les choisit bien, cela peut avoir des conséquences très positives…. Quelle chance pour Samir, ce petit musulman de 10 ans, d’avoir rencontré cet ami, Pierre, dans les couloirs du foyer. De cette rencontre naîtra une amitié fidèle qui permettra aux deux garçons de connaître des moments de joie et d’insouciance. Même si la vie en décidera autrement, la promesse d’une amitié « à la vie, à la mort » sera plus forte et rien ne parviendra à les éloigner définitivement.

Intrigue au cimetière

Une semaine au cimetière, de Yves Pinguilly

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Quatre amis, Didier, Ayaba, Béatrice et Armand ont l’habitude de se retrouver dans une casse autos pour se raconter des histoires. Mais ce soir, ils ne sont que trois à se rendre dans le cimetière pour voitures. Armand n’est pas là. Mais alors qu’ils arrivent parmi les carcasses de voitures, ils sont intrigués par une masse sombre allongée sur l’allée. Au début, ils pensent que c’est le gardien Antirouille qui fait semblant de dormir pour les piéger. Au bout d’un moment, ils avancent plus près mais ils ne reconnaissent pas la silhouette. Ils se penchent, du sang s’écoule du corps. Pas de doute, l’individu est mort… Didier allume alors sa lampe torche et reconnaît avec horreur monsieur Douvreleur, le père d’Armand. En un instant, ils se rappellent que leur ami avait prononcé cette phrase bien mystérieuse : « ça va finir par lui ou moi ». Armand a-t-il tué son père ? Un père souvent alcoolisé et violent. Pris de panique, les amis décident de cacher la dépouille. Ils rentrent alors chez eux en se promettant de ne rien dire sur ce qu’ils ont vu.. Mais le mort va être découvert et une enquête va être ouverte. C’est bien mal parti pour les amis poursuivis par le mystère du cadavre du cimetière.

Un récit bien mené où le mystère reste entier jusqu’à la fin.

Dernière saison

Un été pour mourir, de Lois Lowry

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C’est l’hiver, la famille Chalmers déménage. Le père, un universitaire, se lance dans l’écriture et pour mener à bien son projet, il décide d’installer tout son petit monde à la campagne, il a besoin de calme. A grands regrets pour ses filles Meg et Molly. Meg a 13 ans, passionnée par la photo, elle est fascinée par la beauté de sa sœur. Molly, 15 ans, elle a les garçons à ses pieds et adore les bébés. Une famille simple, cultivée avec beaucoup de valeurs humaines.

Meg fait la connaissance du propriétaire de leur maison, Will, un veuf d’un certain âge avec qui elle va partager sa passion. Il y a aussi ce couple, Ben et Maria, qui attend un bébé pour l’été. Tous sont dans l’effervescence de cet événement joyeux.

C’est l’histoire d’une mort annoncée mais dont personne n’est préparée. Une mort qui frappe à la porte de cette famille si tranquille et si soudée.

Ce roman met en parallèle cette future naissance et la mort qui arriveront à la même saison.

Papa a les yeux pleins de larmes. C’est la première fois que je le vois pleurer. Nous tendons les bras à Maman et nous nous mettons à danser ensemble tous les trois. Nous formons un petit cercle bien clos qui tient à distance le reste du monde, rien que nous trois dansant et pleurant. Je comprends alors ce qu’ils n’ont pas voulu me dire, et ils comprennent que je l’ai compris.

Meg nous raconte le quotidien de sa famille, ses amis. Cette nature toujours présente. Le lecteur se sent bien et fait partie intégrante de ce foyer. On va petit à petit être happé par le malheur qui va s’abattre. On va être frappé par la lucidité et la grande maturité de Meg face aux évènements, tant la naissance que la mort. Elle va grandir, s’ouvrir à la vie grâce à ses nouveaux amis et prendre conscience que la naissance fait partie de la vie au même titre que la perte d’un être cher. L’histoire est triste mais pas larmoyante, elle livre un message authentique sur la vie qui doit malgré tout continuer. Elle met en avant les liens intenses qui scellent la famille, les amis et dans lesquels tous les personnages vont puiser leur force. Une vie s’éteint, une autre arrive… La quatrième de couverture nous dévoile qui va mourir mais le fond de l’histoire est ailleurs. C’est vivre pour ceux qui restent, c’est ne faire qu’un pour affronter le chagrin… C’est une adolescente qui fait face à la mort pour la première fois, c’est une tranche de vie tragique, bouleversée. Mais c’est également mourir en pleine jeunesse alors que tout débute.

Au début de leur installation, Meg nous explique que sa maman décide de faire un patchwork avec les vêtements que les filles ont mis petites, symbole d’un « hier » attaché à tant de souvenirs. Elle finira de le confectionner à l’été…

Ce roman mêle des images du passé, évoque la mort, l’amitié. Il y aussi un avant et un après la disparition. Savoir vivre avec l’absence, l’apprivoiser pour avoir moins mal, pour continuer…

Le temps ne s’arrête pas, votre vie est toujours là qui continue et il faut la vivre. Après quelques temps, vous vous rappelez les bons moments plus souvent que les mauvais. Peu à peu, ce grand vide silencieux en vous se remplit à nouveaux du bruit des conversations et des rires, les lames ébréchées du chagrin s’émoussent.

Un  récit pudique, émouvant, plein de douceur, sans révolte ou colère qui sonne juste et n’a pas pris une ride malgré la couverture un peu démodée de l’édition disponible au CDI.

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Pompéi, de Jean Coblence

Pompéi, de Nicholas Harris

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C’ est un ouvrage qui parle des derniers jours de Pompéi. Il nous retrace le quotidien des habitants avant la catastrophe. Le lecteur se rend compte alors que la ville était animée, qu’il y avait beaucoup d’activités. Une cité florissante.

Pompéi est un livre coloré, vivant. Beauté des illustrations qu’un texte court et facile à comprendre vient compléter. Chaque étape de cet événement tragique est traité par une double page très détaillée. L’intérieur de cet écrit  nous fait penser  aux intercalaires  d’un classeur servant de repère dans la chronologie des faits. Une publication très instructive.

Nathaëlle, 6ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Préjugés

 Tintin au Congo, Hergé

Afficher l'image d'origineLa deuxième aventure de Tintin (après le très anticommuniste Tintin au pays des Soviets) commence à paraître en feuilleton dans le journal belge pour enfants Le Petit Vingtième, avant d’être édité en album. Nous sommes en 1930, époque de la colonisation triomphante. L’Europe domine et exploite une partie du monde, et, pour se justifier, elle multiplie les opérations de propagande dans le but de prouver les bienfaits qu’elle apporte à ses indigènes. C’est ainsi que la minuscule Belgique possède, en plein cœur de l’Afrique, le gigantesque Congo belge (aujourd’hui République démocratique du Congo), où le jeune reporter Tintin est envoyé par son journal. Les péripéties s’enchaînent comme autant de sketches, accumulant les stéréotypes qui en disent long sur les mentalités européennes, plus que sur la réalité du Congo belge. Laissons la paroles à Hergé lui-même, bien plus tard : « J’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais… c’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : Les nègres sont de grands enfants… Heureusement pour euxAfficher l'image d'origine que nous sommes là ! Etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque, en Belgique. » Ce n’est qu’avec Le Lotus bleu, quelques années plus tard, que l’auteur commencera à réaliser un véritable travail de fond sur les terres arpentées par Tintin, et les civilisations qu’il croise. La rencontre entre Hergé et l’artiste chinois Tchang Tchong-Jen (inspirateur du Tchang de l’album, et au cœur de la quête de Tintin dans Tintin au Tibet) est déterminante dans l’évolution humaniste du dessinateur belge (ce qui ne l’empêchera pas de mettre son talent sans trop d’états d’âme au service de la presse collaborationniste belge d’extrême-droite durant la Seconde Guerre mondiale…). En 1946, Tintin au Congo ressort, redessiné et mis en couleur, dans la version actuelle. Hergé en a profité pour atténuer les traits les plus grossièrement condescendants de son album, mais l’état d’esprit est toujours là… A vous de bien le repérer au cours de votre lecture, qui doit être fondée sur le plaisir, mais également sur l’esprit critique !

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Réseau clandestin et liberté.

La bonne couleur, de Yaël Hassan.

Max a 15 ans et vit dans un monde soumis à la dictature. L’entraide est bannie, des livres qui vont à l’encontre de la pensée actuelle ont écouleur300-1b4e3té détruits…
A l’école, des  couleurs d’uniformes différentes ont été choisies selon si l’on est considéré comme l’élite (violet) ou bien comme exclus de tous et « nul » (brun). Max, qui était excellent jusqu’à aujourd’hui, se retrouve avec un uniforme brun et est donc sujet à des humiliations et des exclusions. Il porte cet uniforme parce qu’il s’était lié d’amitié avec Félix, le vieil antiquaire qui habitait en dessous de chez lui et a été dénoncé.  Il s’intéressait à de nombreux objets qui étaient dans sa boutique mais surtout au récit du vieil homme sur la vie d’avant que Max trouvait bien mieux. Magda, sa maman, les surprend une nuit et Félix se fait arrêter. Il a juste le temps de glisser à Max Seul dans Berlin, un livre sur la résistance allemande antinazie. On apprend quelques temps plus tard que le vieux Félix est mort… un suicide, est-ce vraiment le cas ? En même temps on nous raconte la libération de Jo, le père de Max, qui fait partie du réseau de Félix.
Va-t-il poursuivre son travail, que vont-ils mettre en place? Reviendra-t-on à une démocratie ?
L’auteure de ce livre nous montre une société où tout le monde est surveillé et fiché : les élèves selon leur mérite sont classés par ordre de couleur. Le titre pourrait, si on ne lit pas le livre, nous faire directement penser à une histoire de couleur de peau. L’auteure crée un personnage, Max, qui est un enfant qui refuse de rentrer dans le moule, et qui réagit. D’un autre coté, un vieil homme, Félix, qui est présent pour transmettre son savoir sur le passé à une génération future pour que celle-ci puisse assurer la suite et amener à un monde plus serein.
Ce livre est un livre très intéressant et facile d’accès pour  les élèves. Même si par moment il est un peu compliqué de se situer dans l’histoire parce qu’il y a de nombreux retour en arrière.
Ce livre a obtenu le prix NRP en 2006.

 

On est les champions

La vie héroïque d’Antoine Lebic, champion du monde ! de Sophie Dieuaide

Afficher l'image d'origineAntoine Lebic, élève de primaire, est capitaine de l’équipe de foot de son école… Et le championnat inter-écoles a été ca-ta-stro-phique ! 18-0 ! Et c’est sans compter les penalty, les cartons rouges et autres manquements aux règles de base de ce sport d’équipe… Alors, forcément, ils ont été éliminés du tournoi dès le premier tour… Mais, lorsque les élèves apprennent qu’ils sont de nouveau dans la course suite au désistement d’une des équipes, ils décident de se reprendre en main. Leur entraîneur, M. Dard et Magali, leur copine de classe, improvisée coatch en psychologie, ont du pain sur la planche !!!

Voici un petit roman très distrayant. On sourit, on rit même parfois de ces entraînements cocasses… Le ton léger et humoristique de Sophie Dieuaide y est évidemment pour quelque chose… Mais tous les coups sont-ils vraiment permis ? Car, pour respecter les règles, ne faut-il pas d’abord les connaître ? Les thèmes présents dans cette histoire sont, bien entendu, l’effort, la compétition, le dépassement de soi  mais également l’amitié, l’entraide, la solidarité. Et les novices apprendront même quelques règles élémentaires de football !

En exergue, la citation bien connue de Pierre de Coubertin, fondateur des JO : »L’important, c’est de participer », complétée de la phrase d’un entraîneur de football américain Vincent Lombardi  » Si l’important est de participer, pourquoi compte-t-on les points ?  » Le ton est donné !

A lire sans hésitation, même si nos chers collègues d’EPS ne seraient pas forcément d’accord  sur tout  !!!

A propos de l’équipe, je vous ai dit qu’on jouait à sept ? C’est comme ça, faut pas chercher à comprendre. A moins de onze ans, on joue à sept, le terrain est plus petit, les buts sont un peu moins larges (mais ça, ce n’est pas plus mal pour Jonathan) et les mi-temps durent une demi-heure. Pour un peu, à tout rétrécir comme ça, ils nous donneraient une balle de tennis à la place du ballon.