Des vacances aiguisées

Des crocodiles au paradis, de Jean-François Chabasparadis.jpg

L’occasion de participer à un concours pour un séjour de rêve en Australie ne se présente pas tous les jours. Si en plus vous êtes le gagnant, c’est le paradis. Les valises sont vite bouclées et c’est parti pour des vacances idylliques. Enfin c’est ce que pensaient Martine 13 ans, Yann 14 ans et Luc 12 ans. Où sont les plages de rêve, les kangourous, les paysages merveilleux ? Ils ont atterri dans un petit village, au doux nom de Paradise Bay. Mais il n’y a que le nom qui est paradisiaque car l’endroit est miteux, proche d’une forêt avec un hébergement médiocre et un accueil quelque peu surprenant. Ils sont loin des clubs de vacances avec animations et lieux de détente ! Les trois jeunes ne se connaissent pas, leur point commun est d’être les trois heureux gagnants du concours pour ados Choco Wizz. Heureux … c’est vite dit. Depuis leur arrivée, rien d’extraordinaire, personne ne les a réellement pris en charge, ils ne savent pas de quoi leur séjour sera fait. Ils sont très furieux d’autant qu’ils sont censés rester là un mois. Un matin, alors qu’ ils se hasardent à aller jusqu’à la plage, ils rencontrent un groupe de jeunes qui essaient de les chasser. Leur présence visiblement les gêne. La communication est difficile voire hostile. En discutant de-ci de-là, Martine, Yann et Luc apprennent que sur l’île, une rumeur a circulé concernant un trésor qui dormirait au fond des eaux de Paradise Bay. La plupart des habitants usent de leur force pour le trouver. Mais ils mettent également leur vie en danger car l’endroit est infesté de crocodiles notamment un très dangereux, le Old Gold, particulièrement destructeur. Chacun défend son bout de plage pour multiplier les chances d’avoir le trésor. Donc voilà pourquoi les garçons rencontrés plus tôt s’étaient montrés si agressifs. Et si leur séjour commençait à être palpitant ? Martine, Luc et Yann décident de pister les jeunes et de se lancer dans l’aventure. Alors attention, frissons garantis.

Si vous aimez les histoires de trésor, de pirates et les aventures alors Des crocodiles au paradis est fait pour vous. Lancez-vous à l’assaut des eaux profondes mais attention, les crocodiles veillent et sont prêts à bondir pour vous dévorer.

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Identité nationale

Des hommes dans la guerre d’Algérie, de Isabelle Bournier et Jacques Ferrandez

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Un très bel ouvrage qui retrace l’histoire de l’Algérie française. C’est difficile de parler de l’histoire avec des dessins et des textes courts car il faut aussi évoquer comment la France et les hommes d’Algérie ont fini par combattre. Une guerre déchirante entre des hommes qui vivaient sur un même territoire. Chaque double page correspond à un chapitre de l’histoire de l’Algérie et on ne peut pas ne pas parler de la colonisation de 1830 pour bien comprendre cette guerre. L’Algérie est devenue colonie française en 1830 mais les Algériens se sont souvent soulevés contre la présence française.

On apprend ce qu’était le quotidien de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants jusqu’à l’indépendance de leur pays en 1962.

Cette guerre fut une guerre de tortures et de répression. Isabelle Bournier a su évoquer cette guerre autant du côté français que du côté algérien et le lecteur, seul,  pourra se faire une opinion, sans être influencé par l’auteur qui ne prend pas parti.

Un ouvrage très bien illustré de dessins, de documents d’époque, de témoignages.

Jacques Ferrandez, l’illustrateur de ce documentaire, né à Alger,  est un auteur de bandes dessinées, en particulierde la série Carnets d’Orient, que, en revanche,  nous ne possédons pas au CDI.

L’Ami, de Yaël Hassan

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La vie n’est pas un long fleuve tranquille…..

On ne choisit pas sa famille mais heureusement on peut choisir ses amis et quand on les choisit bien, cela peut avoir des conséquences très positives…. Quelle chance pour Samir, ce petit musulman de 10 ans, d’avoir rencontré cet ami, Pierre, dans les couloirs du foyer. De cette rencontre naîtra une amitié fidèle qui permettra aux deux garçons de connaître des moments de joie et d’insouciance. Même si la vie en décidera autrement, la promesse d’une amitié « à la vie, à la mort » sera plus forte et rien ne parviendra à les éloigner définitivement.

Intrigue au cimetière

Une semaine au cimetière, de Yves Pinguilly

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Quatre amis, Didier, Ayaba, Béatrice et Armand ont l’habitude de se retrouver dans une casse autos pour se raconter des histoires. Mais ce soir, ils ne sont que trois à se rendre dans le cimetière pour voitures. Armand n’est pas là. Mais alors qu’ils arrivent parmi les carcasses de voitures, ils sont intrigués par une masse sombre allongée sur l’allée. Au début, ils pensent que c’est le gardien Antirouille qui fait semblant de dormir pour les piéger. Au bout d’un moment, ils avancent plus près mais ils ne reconnaissent pas la silhouette. Ils se penchent, du sang s’écoule du corps. Pas de doute, l’individu est mort… Didier allume alors sa lampe torche et reconnaît avec horreur monsieur Douvreleur, le père d’Armand. En un instant, ils se rappellent que leur ami avait prononcé cette phrase bien mystérieuse : « ça va finir par lui ou moi ». Armand a-t-il tué son père ? Un père souvent alcoolisé et violent. Pris de panique, les amis décident de cacher la dépouille. Ils rentrent alors chez eux en se promettant de ne rien dire sur ce qu’ils ont vu.. Mais le mort va être découvert et une enquête va être ouverte. C’est bien mal parti pour les amis poursuivis par le mystère du cadavre du cimetière.

Un récit bien mené où le mystère reste entier jusqu’à la fin.

Dernière saison

Un été pour mourir, de Lois Lowry

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C’est l’hiver, la famille Chalmers déménage. Le père, un universitaire, se lance dans l’écriture et pour mener à bien son projet, il décide d’installer tout son petit monde à la campagne, il a besoin de calme. A grands regrets pour ses filles Meg et Molly. Meg a 13 ans, passionnée par la photo, elle est fascinée par la beauté de sa sœur. Molly, 15 ans, elle a les garçons à ses pieds et adore les bébés. Une famille simple, cultivée avec beaucoup de valeurs humaines.

Meg fait la connaissance du propriétaire de leur maison, Will, un veuf d’un certain âge avec qui elle va partager sa passion. Il y a aussi ce couple, Ben et Maria, qui attend un bébé pour l’été. Tous sont dans l’effervescence de cet événement joyeux.

C’est l’histoire d’une mort annoncée mais dont personne n’est préparée. Une mort qui frappe à la porte de cette famille si tranquille et si soudée.

Ce roman met en parallèle cette future naissance et la mort qui arriveront à la même saison.

Papa a les yeux pleins de larmes. C’est la première fois que je le vois pleurer. Nous tendons les bras à Maman et nous nous mettons à danser ensemble tous les trois. Nous formons un petit cercle bien clos qui tient à distance le reste du monde, rien que nous trois dansant et pleurant. Je comprends alors ce qu’ils n’ont pas voulu me dire, et ils comprennent que je l’ai compris.

Meg nous raconte le quotidien de sa famille, ses amis. Cette nature toujours présente. Le lecteur se sent bien et fait partie intégrante de ce foyer. On va petit à petit être happé par le malheur qui va s’abattre. On va être frappé par la lucidité et la grande maturité de Meg face aux évènements, tant la naissance que la mort. Elle va grandir, s’ouvrir à la vie grâce à ses nouveaux amis et prendre conscience que la naissance fait partie de la vie au même titre que la perte d’un être cher. L’histoire est triste mais pas larmoyante, elle livre un message authentique sur la vie qui doit malgré tout continuer. Elle met en avant les liens intenses qui scellent la famille, les amis et dans lesquels tous les personnages vont puiser leur force. Une vie s’éteint, une autre arrive… La quatrième de couverture nous dévoile qui va mourir mais le fond de l’histoire est ailleurs. C’est vivre pour ceux qui restent, c’est ne faire qu’un pour affronter le chagrin… C’est une adolescente qui fait face à la mort pour la première fois, c’est une tranche de vie tragique, bouleversée. Mais c’est également mourir en pleine jeunesse alors que tout débute.

Au début de leur installation, Meg nous explique que sa maman décide de faire un patchwork avec les vêtements que les filles ont mis petites, symbole d’un « hier » attaché à tant de souvenirs. Elle finira de le confectionner à l’été…

Ce roman mêle des images du passé, évoque la mort, l’amitié. Il y aussi un avant et un après la disparition. Savoir vivre avec l’absence, l’apprivoiser pour avoir moins mal, pour continuer…

Le temps ne s’arrête pas, votre vie est toujours là qui continue et il faut la vivre. Après quelques temps, vous vous rappelez les bons moments plus souvent que les mauvais. Peu à peu, ce grand vide silencieux en vous se remplit à nouveaux du bruit des conversations et des rires, les lames ébréchées du chagrin s’émoussent.

Un  récit pudique, émouvant, plein de douceur, sans révolte ou colère qui sonne juste et n’a pas pris une ride malgré la couverture un peu démodée de l’édition disponible au CDI.

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Pompéi, de Jean Coblence

Pompéi, de Nicholas Harris

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C’ est un ouvrage qui parle des derniers jours de Pompéi. Il nous retrace le quotidien des habitants avant la catastrophe. Le lecteur se rend compte alors que la ville était animée, qu’il y avait beaucoup d’activités. Une cité florissante.

Pompéi est un livre coloré, vivant. Beauté des illustrations qu’un texte court et facile à comprendre vient compléter. Chaque étape de cet événement tragique est traité par une double page très détaillée. L’intérieur de cet écrit  nous fait penser  aux intercalaires  d’un classeur servant de repère dans la chronologie des faits. Une publication très instructive.

Nathaëlle, 6ème – 12 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Préjugés

 Tintin au Congo, Hergé

Afficher l'image d'origineLa deuxième aventure de Tintin (après le très anticommuniste Tintin au pays des Soviets) commence à paraître en feuilleton dans le journal belge pour enfants Le Petit Vingtième, avant d’être édité en album. Nous sommes en 1930, époque de la colonisation triomphante. L’Europe domine et exploite une partie du monde, et, pour se justifier, elle multiplie les opérations de propagande dans le but de prouver les bienfaits qu’elle apporte à ses indigènes. C’est ainsi que la minuscule Belgique possède, en plein cœur de l’Afrique, le gigantesque Congo belge (aujourd’hui République démocratique du Congo), où le jeune reporter Tintin est envoyé par son journal. Les péripéties s’enchaînent comme autant de sketches, accumulant les stéréotypes qui en disent long sur les mentalités européennes, plus que sur la réalité du Congo belge. Laissons la paroles à Hergé lui-même, bien plus tard : « J’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais… c’était en 1930. Je ne connaissais de ce pays que ce que les gens en racontaient à l’époque : Les nègres sont de grands enfants… Heureusement pour euxAfficher l'image d'origine que nous sommes là ! Etc. Et je les ai dessinés, ces Africains, d’après ces critères-là, dans le pur esprit paternaliste qui était celui de l’époque, en Belgique. » Ce n’est qu’avec Le Lotus bleu, quelques années plus tard, que l’auteur commencera à réaliser un véritable travail de fond sur les terres arpentées par Tintin, et les civilisations qu’il croise. La rencontre entre Hergé et l’artiste chinois Tchang Tchong-Jen (inspirateur du Tchang de l’album, et au cœur de la quête de Tintin dans Tintin au Tibet) est déterminante dans l’évolution humaniste du dessinateur belge (ce qui ne l’empêchera pas de mettre son talent sans trop d’états d’âme au service de la presse collaborationniste belge d’extrême-droite durant la Seconde Guerre mondiale…). En 1946, Tintin au Congo ressort, redessiné et mis en couleur, dans la version actuelle. Hergé en a profité pour atténuer les traits les plus grossièrement condescendants de son album, mais l’état d’esprit est toujours là… A vous de bien le repérer au cours de votre lecture, qui doit être fondée sur le plaisir, mais également sur l’esprit critique !

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