Mamie Ouate en Papoâsie de Joël Jouanneau et Marie-Claire Le Pavec

Une étoile pour Mamie Ouate

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Kadouma, noir, grand et fort a longtemps pensé qu’il était seul sur Blupblup, sa minuscule île de Papoâsie. Et bien non ! Une vieille dame, blanche et toute petite, a débarqué avec en tête, de capturer le Virginia, un papillon femelle très rare, si rare qu’il en existe qu’un. Elle s’appelle Mamie Ouate et elle ment tout le temps et de manière naturelle. Elle plante son laboratoire ambulant sur l’île, bien déterminée à mener à bien sa mission ou pas. Elle est la seule à savoir que le Virginia s’est réfugié sur Blupblup, ou pas. Elle se dit entomologiste, experte en papillons ou pas. Quelle est la vérité ? Avec Mamie Ouate on ne sait jamais à quoi s’en tenir ! Mais il faudra bien que ces deux spécimens cohabitent. Comment Kadouma va s’accommoder de la présence de cette intruse ? D’autant plus que la nourriture vient à manquer et que l’île n’est plus approvisionnée…

Une rencontre improbable… Tout oppose nos protagonistes et pourtant leur différence va les rapprocher, cette différence sera leur force. Ils vont devoir s’entraider, car réunis sur une île déserte. Kadouma deviendra même le bras droit de Mamie Ouate. Une amitié, une complicité va petit à petit les unir.

L’accent est mis aussi sur le mensonge définit par mamie Ouate comme une vision du monde, une manière culturelle de manipuler les pensées. La vie est toute tracée mais un mensonge peut quelque fois aider à survivre, à sortir d’une situation délicate, utiliser le mensonge parce qu’on ne peut pas faire autrement. A nous ensuite d’écrire la suite…

Joêl Jouanneau s’amuse également des stéréotypes, à travers le personnage de Kadouma qui n’est pas l’image du sauvage, cannibale avec un os dans le nez que les gens civilisés avaient l’habitude de se représenter. Mamie Ouate et Kadouma sont touchants, plein de tendresse , inséparables ou pas…

Les enfants de Timpelbach, de Henry Winterfeld

Les enfants de TimpelbachLe petit village imaginaire surnommé Timpelbach, semble calme et paisible, mais depuis quelques temps il ne l’est plus vraiment : les enfants enchaînent bêtises et mauvais coups, que cela soit contre leurs camarades ou leurs parents. Désespérés, les parents se réunissent et décident alors d’abandonner les enfants pendant une journée entière, en leur faisant croire qu’il partent à tout jamais… histoire de leur donner une bonne leçon. Mais tout cela ne va pas se passer comme prévu. Les enfants se retrouvent donc seuls, paniqués et apeurés. Ils vont devoir s’organiser. Deux clans se forment, l’un mené par Oscar, dans la violence, l’autre par Thomas.

Niveau de lecture : assez facile

Un passage sur un personnage qui m’a plu : « Enfin, je m’assignais à deux grands garçons, Walter et Fredéric, une mission beaucoup plus périlleuse : ils espionneraient les pirates et chercheraient à percer leur intention. Je leur recommandais la plus grande prudence car il était certain que, s’ils tombaient aux mains de nos adversaires, ils passeraient un mauvais quart-d’heure. »

J’ai bien aimé ce roman car il y a du suspense. .J’ai moins aimé lorsque les enfants se retrouvent seuls sans leurs parents !

Axelle, 5ème

The Grisly Goat, de Christine Kiffer et Ronan Badel

The Grisly Goat - bilingue anglais

Il s’agit d’un album bilingue anglais qui raconte l’histoire de Lapin qui aperçoit des yeux rouges cachés dans son terrier…et se retrouve terrifié ! Il va appeler divers animaux à la rescousse, avec plus ou moins de succès ! Un récit sympathique sur l’entraide et la solidarité, et qui montre qu’il n’y a pas besoin d’être fort pour être courageux !

J’ai beaucoup apprécié cet album, qui peut être adapté à différents lecteurs, car il est bien illustré, mais permet aussi de bien travailler son anglais. Le choix de mettre la traduction seulement à la fin peut être gênant pour les débutants qui en ont besoin à chaque page, mais permet aux élèves d’un niveau intermédiaire de vraiment lire en anglais, sans avoir la tentation de se raccrocher sans cesse à la traduction. Le jeu des sonorités est intéressant et agréable à l’oreille, alors je vous conseille sincèrement de le lire à voix haute ! Ce serait dommage de passer à côté !

Les chaussures, de Gigi Bigot et Pepito Matéo – ill. Isabelle Chatellard

« Elles », ce sont les chaussures…

Perdues, ne voulant plus avancer… Pourquoi ? C’est la guerre. Après une vie glorieuse, on leur a demandé de raser les murs, puis de ne plus sortir du tout, puis de se cacher, et finalement de partir.

Un album tout en finesse et en suggestions, où les chaussures sont une métaphore de l’enfance. Ni date, ni lieu. Nous sommes dans « les rues d’une ville sans nom ».

A travers les non-dits, sont évoqués des thèmes très graves comme la guerre et l’exode, mais également l’entraide et la solidarité. Car les chaussures finiront par trouver un cordonnier pour les réparer et une petite fille pour les porter. Les illustrations aux tons sépia, aux contours anguleux, aux ombres menaçantes donnent à cet album au message historique une sorte de portée universelle à l’image d’un conte. Et à la limite de la poésie…

Marche aujourd’hui marche demain, à force de marcher les souliers sont arrivés dans une ville où les maisons blessées se remettaient debout tant bien que mal, où les trottoirs défoncés guidaient malgré tout les pas sans se tromper à travers le dédale des rues cabossées.

 

Les auteurs reversent leurs droits à la CIMADE (le Comité Inter-mouvements auprès des evacués).

Les Pozzis, de Brigitte Smadja – illustrations Alan Mets

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Pozzis (Les)Le peuple des Pozzis est pacifiste, ils boivent du potage et apprennent à piétiner leur colère. Mais un jour, la grande spirale est de retour et enlève Adèle, une Pozzi. C‘est la catastrophe : si un Pozzi disparaît, c’est le peuple entier qui est menacé ! Antoche, Abèl, Miloche, Ulysse et Alysse s’élancent à sa recherche ! Mais ils ne sont pas au bout de leur surprise car Adèle a été enlevée et emprisonnée dans le « lailleurs » une sombre forêt remplie de terrifiants monstres.  Bien des secrets vont alors leur être dévoilés ! Parfois ces secrets seront durs à accepter, mais avec les Pozzis tout peut arriver !

Un roman très agréable à lire qui met peut-être un peu de temps à se lancer…  mais quand il est parti, c’est une aventure fantastique qui nous emmène dans  des paysages bizarres. Et qui peut nous attendrir et nous émouvoir quand les personnages sont contraints de se séparer ou de faire des choix difficiles. Le livre se lit vite et il y de nombreuses  illustrations en couleur d’Alan Mets qui embellissent le texte.  

Une histoire à partir du CM1

Judith, 6ème – 11 ans, membre des dévoreurs de livres d’Arsène

Caballero, de Lenia Major

Sauvons les lévriers d’Espagne…

Résultat de recherche d'images pour "caballero lenia major fnac"Lorsque l’hôpital appelle Lucia, c’est pour lui annoncer que son fils, Genaro, adolescent de 13 ans, est hospitalisé pour un malaise proche du coma éthylique après un binge-drinking. Si son père ne sait plus comment parler à son fils, perd patience et se met en colère, sa mère, elle, essaie de le comprendre et cherche le moyen de renouer le dialogue. Comment cet enfant, doux, brillant scolairement, avec un an d’avance, a-t-il pu en une année, passer de 18 de moyenne à 4, comment ce sportif peut-il rester enfermer à jouer à des jeux vidéos et se faire des relations toxiques qui l’entraînent dans des plans aussi foireux ? Alors, Lucia a une idée : envoyer, le soir-même  de sa sortie d’hôpital son fils chez un cousin en Espagne. Et si Genaro se voit déjà à se dorer la pilule sous le soleil pour un séjour relax, la réalité en sera toute autre ! Car son cousin, Pepito, tient un refuge pour lévriers… et il n’y a pas le temps de chômer. Loin de son pays, de ses connaissances, Genaro va devoir s’adapter et sera bien obligé de quitter son masque d’insolence ou de nonchalance et se confronter à ce monde où les convictions  font aller de l’avant tout ce petit monde dans un seul et même but : atténuer les souffrances et sauver ces animaux -les galgos- utilisés, maltraités, torturés, abandonnés par des chasseurs – des gualgueros sans états d’âme.

Pepito et Lucy, 15 ans, une jeune bénévole de l’association qui se destine à une carrière de vétérinaire, véritable passionnée, vont aider Genaro à se confronter de nouveau au monde réel et à sa dure réalité et l’aider à reprendre confiance en lui et en ses capacités.

 

Un récit initiatique qui montre comment la confiance qu’on lui accorde et les responsabilités qu’on lui confie permettent à un adolescent à retrouver l’estime de soi. En trois semaines, Genaro va passer d’un état végétatif à un engagement sans limite pour la cause à défendre. Tous ses savoirs-faire vont être exploités : de ses connaissances en nouvelles technologies à ses talents de pâtissier ou de couturier… Parallèlement à cela, il va apprendre beaucoup dans bien des domaines et surtout, finira par accepter d’avoir des failles et les montrer.

Ce roman fait tout de même 500 pages. Au bout de 300, même si j’accrochais bien, je me disais que 150 de moins auraient peut-être été mieux… et puis, un nouveau cap est passé et la fin est arrivée très vite. Néanmoins, il doit être réservé à des lecteurs avertis et pas trop sensibles car le sujet principal reste quand même la maltraitance animale. Mais les personnages sont très vrais et nous apparaissent avec leurs qualités et leurs défauts et ce refuge devient un havre de paix et de solidarités pour tous, bénévoles comme lévriers sauvés, grâce à l’humanisme de son propriétaire : Pepito

La cause défendue dans ce livre, celle des lévriers d’Espagne, est décrite avec toute son horreur et nous révèle une réalité que le lecteur ne connait pas forcément mais qui est réelle. L’Espagne reste l’un des seuls pays d’Europe à encore autoriser la chasse sans fusil. Les lévriers (galgos) sont utilisés par les chasseurs (gualgeros) qui les maltraitent au quotidien, puis les torturent avant de les abandonner.

Et si cette cause vous a ému ou vous intéresse, un site Internet, donné en fin d’ouvrage, est à consulter : https://www.crel.fr/   et   http://scooby-france.e-monsite.com/

 

Je ne suis pas ton esclave !, de Roland Godel

Les éditions Oskar proposent une collection très intéressante présentant des romans courts mettant en scène des situations permettant d’aborder des thématiques de la Convention internationale des droits de l’enfant des Nations Unies du 20 novembre 1989. Ici, le travail forcé des enfants.

Je ne suis pas ton esclaveLoïc a déjà redoublé deux fois et s’endort encore en cours de math… Aucun élève ne s’occupe plus trop de lui, n’ose lui parler, à lui qui a deux ans de retard.  A part la petite Flavie, douce, jolie, studieuse. Elle aimerait bien comprendre Loïc… Pourquoi a-t-il autant redoublé, pourquoi est-il toujours fatigué, pourquoi pique-t-il du pain à la cantine, pourquoi est-il souvent absent, pourquoi sa maman ne se déplace pas aux convocations du maître… Lorsqu’elle découvrira la vérité, il faudra bien qu’elle trouve un moyen de l’aider !

Un très joli texte qui traite du travail des enfants en adoptant un point de vue original. Où l’on attendrait plutôt un roman sur les conditions des enfants dans le monde, on se retrouve en fait dans un petit pavillon de banlieue parisienne. Loïc est le narrateur de cette histoire ce qui nous permet de se sentir très proche de lui. Ce roman parlera forcément aux jeunes lecteurs du fait justement de la proximité du sujet : pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour trouver des cas d’enfants exploités… parfois, il suffit juste d’être attentif à ce qu’il se passe autour de nous … Ici, le beau-père profite de l’alcoolisme de la mère pour exploiter son beau-fils dans ses trafics de contrebande.  Une belle histoire d’amitié enrobe le tout et fait de ce petit roman un texte au ton juste et émouvant prônant la solidarité et le respect des autres. Ca se lit très vite et met en avant de nombreux thèmes forts et intéressants. A proposer sans hésiter à nos jeunes lecteurs !

A la fin de l’ouvrage, un petit dossier nous explique dans les grandes lignes ce qu’est la Convention internationale des droits de l’enfant.