Caméléon- les filles Asperger déboulent- de Christine Deroin et Gilles Martinez

Je suis une fille et autiste … et alors ?cameleon.jpg

Alice est une adolescente de 13 ans, elle a une soeur qui entre au lycée. Toute la petite famille va déménager et il est certain que quitter les amis, un quotidien bien rôdé, n’est pas chose facile. Mais quand on est jeune, on s’adapte facilement et des camarades, on peut s’en faire partout. Oui mais pas quand on s’appelle Alice. Alice est timide, elle a un haut potentiel intellectuel certes, mais elle est toujours seule. C’est bien connu, on a tendance à trouver ça normal, la solitude, pour les « intellos »! Ses parents, les enseignants la disent à part. Personne ne s’en étonne, c’est sa personnalité après tout.

Alice fait sa rentrée et rencontre Fanny, une élève qui est dans la classe de sa soeur. Cette rencontre va être le début de grands bouleversements…

L’histoire d’Alice est l’histoire de beaucoup d’autres individus atteints de troubles du spectre autistique. Une histoire bouleversante et sensible qui montre la difficulté d’intégration pour les personnes souffrant de ce handicap. Malheureusement, le diagnostique est parfois difficile à établir notamment chez les filles car on pense d’avantage à de la timidité.

Une fois des mots posés sur le trouble, beaucoup de choses s’expliquent. En milieu scolaire, des aménagements sont effectués pour rendre moins difficile une intégration mais il reste encore beaucoup à faire..

Caméléon est un livre qui parle le plus simplement possible du trouble du spectre autistique.  Comme d’habitude dans la collection saison psy: une fiction et l’oeil averti d’un spécialiste pour nous aider à comprendre, des adresses utiles d’associations ou de lieux d’accueil.

 

Danger sur la route de la soie, de Florence Lamy

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Au pays des vers à soie

Nous sommes au Ier siècle avant J.C, en Chine. L’empereur sent sa fin proche.Que laissera-t-il derrière lui ? Quel héritage lui survivra ? Sa seconde épouse, Yun,  est inquiète du sort qui lui sera réservé  au décès de son époux. Elle craint d’être malmenée par les autres femmes ou concubines, elle a peur pour ses enfants. Mais l’impératrice est tellement jalouse qu’elle souhaite les voir morts. La fuite reste la seule échappatoire. Yun se réfugie alors chez son frère qui s’occupe du commerce de la soie.

 Li Cheng rêve depuis longtemps de voyages lointains. Au palais, il voyait souvent arriver de riches négociants qui le faisaient voyager à travers leurs récits. Alors, quand son oncle lui propose de le prendre pour l’aider dans ses affaires, Li Cheng est sur un petit nuage. Lui aussi va pouvoir partir sur la route de la soie, mais si il semble heureux de ce changement de vie, il va vite réaliser que la soie attire beaucoup de convoitises.

Un joli récit historique avec en prime un dossier complet sur la période décrite.Très riche en descriptions des lieux, des personnages, cette histoire nous apprend beaucoup sur la culture chinoise. Une belle aventure, une intrigue bien menée, un bon moment de lecture.

Impostors, de Scott Westerfeld

 

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Frey a toujours vécu dans l’ombre, tout le contraire de sa soeur jumelle Rafia qui est l’icône de leur ville.

Frey a toujours vécu pour se battre.

Frey a toujours obéi à son père, un dictateur au pouvoir d’une ville sous l’emprise de la « poussière de surveillance » qui permet la surveillance de tous les citoyens…

Jusqu’au jour où elle se rend compte que son père est prêt à la sacrifier pour s’enrichir, et pour la première fois de sa vie, elle ne va pas le laisser faire.

Commence alors l’aventure de Frey sous les projecteurs. 

Un livre très bien, du même auteur que la série Uglies que j’avais beaucoup aimé. Cela se passe dix ans après Specials. On a dans le livre la vision de Frey  une jeune fille qui a toujours vécu sous la coupe de son père et dans l’ombre. Dans cette délivrance de la jeune fille, on s’attache à elle car elle apprend à sortir de l’obscurité.

Je vous le conseille ! Le début d’une nouvelle série, qui prend ses racines dans l’univers d’Uglies.  A suivre, donc ! 

Bonne lecture !

Judith 5°- membre des dévoreurs de livres d’Arsène

(Dé)connexions – Au secours je suis accro aux écrans- de Christine Deroin et Alain Dervaux

Ecran,  quand tu nous tiens…

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 Enzo s’ennuie dans la « vraie vie « , il a besoin que ça bouge, il a besoin d’adrénaline, de sensations fortes.

Clément manque de confiance en lui et ce doute l’isole, l’enferme dans une solitude insupportable.

Manon a beaucoup d’idées, aime les choses nouvelles, elle rêve d’exprimer sa créativité en inventant  des jeux mais sa détermination ne suffit pas à concrétiser ses projets, donc elle s’agace face à des échecs qu’elle n’assume pas.

Trois adolescents, trois profils différents et pourtant un point commun les unit : l’addiction au monde virtuel, qui leur procure la sensation de s’échapper d’un quotidien devenu trop étroit pour eux, qui leur procure la sensation d’exister.

Le virtuel va devenir le moyen de s’affirmer, de combattre leurs démons. Un moyen qui peut être dangereux quand on en abuse. Mais cette addiction se fait progressivement sans qu’on s’en aperçoive car chacun s’y sent bien à sa place, maître de ses actions. Ces adolescents qui deviennent accros aux écrans, ne sont même plus en capacité de faire la part des choses entre monde virtuel et réalité. Tout devient facile puisqu’ils sont aux commandes d’une vie toute fabriquée dans laquelle ils progressent selon leur envie, s’inventant un personnage  idéal auquel ils s’identifient. Un être parfait qui décide, à l’opposé de ce qu’ils représentent dans « la vraie vie ».

Bien souvent cette envie irrésistible de se réfugier dans un monde fabriqué de toute pièce traduit un malaise, un mal-être difficilement contrôlable.

Au fil de la lecture on assiste à la montée en puissance de cette addiction qui prend de plus en plus de place, jusqu’à en devenir incontrôlable. Entre chaque épisode, un médecin psychiatre prend la parole pour expliquer les raisons de cette addiction, sa progression et ses conséquences tout en tenant compte de l’environnement familial et social des adolescents. Il en fait une analyse au plus juste avec des mises en garde, en soulignant aussi ce qui est mis en place par les parents pour remédier à ce fléau. Mais, les enfants ont plus d’un tour dans leur sac pour y déroger. C’est un dangereux enfermement qui peut causer beaucoup de dégâts.

A la fin de cet ouvrage, l’auteur communique la liste des adresses utiles, de centres ou d’associations en France et à l’étranger, qui viennent en aide aux personnes dépendantes.

Mais on ne peut se faire aider qu’à partir du moment où on a pris conscience du mal qui nous ronge. Le chemin est long mais reconnaître son addiction est déjà un grand pas.

Une lecture que je recommande, un roman qui n’est pas dans le jugement, un roman dont le seul but est de comprendre et d’apporter des réponses. Un ouvrage utile tant aux jeunes qu’aux adultes  qui s’inscrit dans la collection saison psy. Une collection qui traite les problématiques du quotidien rencontrées par les adolescents. Certes, une fiction sert de base mais elle est  si proche de la réalité qu’elle autorise une analyse fine et sérieuse.

Phobos de Victor Dixen

Les dévoreurs de livres d’Arsène, les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

, une jeune orpheline de 18 ans, travaille dans une usine de fabrication de pâtée pour chien. Elle découvre le programme Génésis, qui a pour mission d’envoyer 6 filles et 6 garçons à bord d’un vaisseau qui sera relié à l’antenne télévisée, dans le monde entier.
Les 6 garçons n’ont jamais rencontré les 6 jeunes filles. Ils auront 6 minutes chacun pour se rencontrer dans un parloir et savoir s’ils s’aiment. Un speed-dating qui a pour but de créer la première colonie sur Mars…
Tout semble aller « comme sur des roulettes » à bord du vaisseau. Chaque jeune semble trouver un peu d’amour. Mais Léonor met la main sur un téléphone ce qui semble compromettre le plan de la colonisation sur Mars !! Et remettre en question tout le programme Génésis.

J’ai adoré ce livre de Victor Dixen, l’histoire est vraiment super, les personnages sont très attachants car ils ont des petits secrets de leur vie d’avant le programme Génésis.
J’ai trouvé que l’idée de marier de la science-fiction avec une chaîne télévisée et une émission de téléréalité est très bonne car pour ceux qui aiment tous les styles d’écriture, ce coktail est parfait ! Ce livre est sans doute mon préféré de l’année, l’auteur nous raconte l’histoire à travers la vision de Léonor cette jeune orpheline très attachante, qui évolue au fil de l’histoire. Je ne trouve pas d’autre mot pour qualifier ce livre tout simplement GENIAL !! Un livre vraiment prenant d’un bout à l’autre… Je vous le conseille vivement et je supplie ma documentaliste de demander le suite de Phobos pour le C.D.I !

Judith, 5ème – membre des dévoreurs de livres d’Arsène

L’herbe bleue : journal d’une jeune droguée de 15 ans

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L’herbe bleue est la descente aux enfers d’une adolescente mal dans sa peau, qui, lors d’une soirée, a consommé à son insu de la drogue. En effet, celle-ci a bu un verre de coca dans lequel avait été dilué du LSD, un hallucinogène puissant. Mais la jeune fille y prend goût et ne conçoit plus sa vie sans drogue. Sa vie de famille est plutôt équilibrée mais elle va chercher son bonheur ailleurs, en absorbant des substances illicites. Elle va finir par quitter ses parents, vendre sa « came » et devra se prostituer pour s’en sortir. Elle fugue, revient chez ses parents qui vont la faire hospitaliser. Elle va rester « clean » quelques temps puis va replonger.

J’ai découvert ce livre que j’avais trouvé bouleversant, quand j’avais l’âge de l’héroïne. Cette histoire, écrite dans les années 70, est vécue de l’intérieur et décrit la spirale infernale dans laquelle tombent beaucoup d’adolescents. Mais quelques années après, j’ai appris que ce livre était en fait l’oeuvre d’une psychologue mormone Béatrice Sparks et non le journal intime d’une ado en mal de vivre. L’auteur s’est défendue en expliquant qu’elle s’est servie de témoignages de patients pour dénoncer les effets de la drogue. En présentant ce fléau sous forme d’un journal intime, elle lui donnait plus d’impact auprès de la jeunesse. Cette annonce m’a déçue et a changé mon regard sur cette histoire que je pensais être un réel témoignage. Mais néanmoins, ce récit romancé démontre que toute personne peut sombrer du jour au lendemain dans la déchéance par l’alcool, la drogue. Pour l’entourage c’est aussi un vrai calvaire. Certes, la drogue est bien ancrée dans notre société et touche beaucoup de jeunes. Beaucoup d’entre eux consomment sans pour autant toujours connaître les risques auxquels ils s’exposent. Ils font la fête, participent à des « rave party » où de nombreuses drogues circulent. Dans les années 60, avec le mouvement hippie, la drogue était considérée comme libératrice, de nos jours c’est un fléau. Mais peut-on tout se permettre aqu nom de la prévention ? La fin justifie-t-elle les moyens ? Attention, la lecture est brutale et sans concession….

Livre retiré du fonds du CDI pour cause d’âge inapproprié (plutôt réservé aux lycéens) et… pour malhonnêteté intellectuelle !

Lou après tout, 2. La communauté, de Jérôme leroy

Survivre pour un nouveau bonheur ?

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Nous retrouvons le monde noir dans lequel nos héros essaient tant bien que mal de survivre. La douleur et l’incertitude d’un futur auquel on ne croit plus, la question de l’utilité ou non de se battre pour survivre est de nouveau le thème de ce nouveau volet.

Les personnages sont tout aussi touchants, fragiles, attachants et tellement vrais. On retrouve également les alternances passé-présent. Autant d’ingrédients qui font qu’on ne peut se détacher de ce roman qui, pour moi, est un véritable coup de cœur. La communauté serait elle peut-être un début d’espoir. Il nous renvoie au collectif, alors y aurait-il de la lumière dans ce futur si sombre ?

Je ne peux vous en dire plus sur ce tome 2 de peur de trop dévoiler le premier. J’étais à la fois excitée et curieuse de me lancer à l’assaut de ce second roman, le second d’une trilogie. Je n’ai pas été déçue et je ne peux que vous le conseiller.

Je tiens également à préciser que les deux tomes font souvent référence à Guillaume Apollinaire. La poésie restera tout au long du périple de nos héros, un refuge, une aide à la survie, une sorte de protection intellectuelle pour supporter la déchéance. J’avoue que les vers cités, font du bien et quelque part apaisent non seulement les survivants mais aussi les lecteurs. C’est une sorte de bol d’oxygène dans ce dédale de cadavres, dans ces odeurs de sang.