L’Histoire dans l’art

L’art face à l’Histoire : 50 événements racontés par les artistes, de Nicolas Martin et Eloi Rousseau

Résultat de recherche d'images pour "l'art face à l'histoire"Pour chaque événement historique relaté, une oeuvre d’art (voire deux lorsque le point de vue des artistes est différent) est présentée, avec l’explication  de l’oeuvre dans son contexte historique. Classé par ordre chronologique, cet ouvrage donne la parole à l’artiste avec sa vision personnelle, son parti pris artistique ou/et politique, son engagement. De 1789, date de la révolution française à 2002, 50 faits marquants de l’Histoire internationale  sont ainsi décortiqués, des guerres et insurrections (Commune de Paris, Première et Deuxième Guerre mondiale, Révolution russe, etc) aux prouesses techniques (construction de la Tour Eiffel ou première traversée de la Manche), des personnalités de régimes totalitaires (Staline, Hitler, Mussolini, Mao, etc) aux personnalités culturelles (Marilyn Monroe), cet ouvrage nous offre un éventail représentatif du monde passé. David, Picasso, Otto Dix, Géricault, Manet, Warhol, Magritte, Malevitch  prennent ainsi la parole à travers leurs oeuvres pour nous dévoiler l’Histoire. Très instructif et riche, cet ouvrage offre de plus une mise en page attrayante et vivante, qui prend la forme d’un article de journal,  comme si un fait d’actualité nous était révélé. En fin d’ouvrage sont présentés les différents mouvements artistiques reliés à leur époque. Un index des noms d’artistes et des personnages représentés le complète également judicieusement. On regrettera peut-être néanmoins que l’on ne démarre l’Histoire qu’en 1789 et que les deux tiers du livre traite du XXème siècle… (et peut-être aussi le choix de la couverture que j’aurai préférée autre…) Peut-être que dans quelques années, sera-t-il intéressant de réactualiser l’ouvrage avec des oeuvres plus récentes et réaliser un tome sur « avant la révolution française »… Suggestion pour l’auteur…  car on aimerait vraiment poursuivre cette lecture  !

 

Une bonne étoile

Cette nuit là, un chat, de Dominique Legrand

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William et Aurélien, deux frères, font l’acquisition d’un chat. Leur père rentre dans une colère noire quand il est mis devant le fait accompli, lui qui a horreur d’un tel animal. Epouse et enfants forment alors une coalition pour le faire plier et le contraindre à capituler. La venue de ce chat lui est pénible, le gêne. Pourquoi un tel sentiment de malaise ? Ce n’est qu’un chat après tout ! La présence de ce félin le ramène à un épisode dramatique de la vie de son grand-père, Henri, en 1944. A l’époque, il travaillait à la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris. Alors qu’il s’apprête à prendre son poste, il est arrêté par les SS et fait prisonnier au château de Vincennes. On va lui imposer la dure tâche de ramasser les cadavres des prisonniers victimes de la barbarie des Allemands. Très vite, Henri va être intrigué par la présence d’un chat noir qui déambule au milieu des soldats. Animal imperturbable qui n’aura de cesse de fixer Henri. Le grand-père n’a jamais aimé les chats, il s’en méfie, l’attitude de celui-ci l’embarrasse.

Sa captivité va virer au cauchemar. Alors qu’il entame un énième transport de corps, les SS lui ordonnent, ainsi qu’à neuf autres prisonniers de se tenir à l’arrière d’un camion. Un soldat prend alors position derrière une mitrailleuse, les hommes sont poussés le long d’un mur. Le chat est toujours là, au milieu du vacarme, en observateur. C’est la fin pour Henri qui fixe le sol inondé du sang d’autres victimes. Soudain, le chat se lève, marche et se dirige vers les soldats en miaulant. Il vient se frotter aux bottes d’un officier qui l’attrape et qui le caresse longuement. Ce dernier le dépose alors à terre, le visage rieur et échange quelques mots avec les SS tout en regardant les prisonniers. Le temps est comme suspendu. Un gradé fait alors signe aux hommes de le suivre. Personne ne va mourir, en tous les cas pas dans l’immédiat. Suivis par l’animal, les captifs sont conduits en cellule et apprennent qu’ils seront tués le lendemain matin. Durant les longues heures qui vont précéder son exécution, Henri aura pour seul compagnon  le chat.

Cette nuit-là, un chat raconte un événement tragique de notre histoire, la guerre et les camps de prisonniers. L’auteur nous dévoile ce qu’a vécu son grand-père en 1944. La description du ressenti d’Henri aux portes de son exécution, de la bestialité des soldats est pleine d’émotions. Un homme qui ne peut échapper à son destin tragique, qui se sait condamné et qui vit ses dernières heures. Il va partager ses ultimes instants avec ce chat qui s’est laissé enfermer dans sa cellule. C’est l’animal qu’il déteste depuis l’enfance, qui va lui procurer ses derniers instants de douceur, d’apaisement, qui va rester avec lui durant cette dernière nuit. Au petit matin, le chat partira non sans lui avoir jeté un dernier regard …..

Un roman simple à lire avec des chapitres courts qui nous fait comprendre que tout être humain peut changer selon les événements qui se dressent devant lui. On a des idées arrêtées sur des gens, sur des circonstances et un jour quelque chose fait que le regard est tout autre. Henri a toujours détesté les chats jusqu’à ce jour de 1944 où l’image que lui renvoyait cet animal s’est transformée.

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14-14, de Silène Edgar et Paul Beorn

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

14-14, de Silène Edgar et Paul Beorn

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Hadrien et Adrien ont 13 ans et sont meilleurs amis. Ils s’écrivent souvent par lettres surtout quand ils ont des problèmes. Dans les lettres d’Adrien, Hadrien ne comprend pas toujours les mots de son ami. Un jour, Adrien décide de rendre visite à son ami mais il se rend compte qu’il y a des choses louches : la ville d’Hadrien n’existe pas, les timbres semblent dater d’une autre époque … Mais c’est normal ! Ils ne vivent pas à la même époque ! Hadrien vit en 1914 alors que Adrien, lui, vit un siècle plus tard, en 2014 !!! Malgré les années qui les séparent, ils s’écrivent et s’envoient des lettres grâce à une boîte aux lettres magique. Mais une chose est sur le point de les séparer, La Guerre. Adrien décide alors de prévenir Hadrien pour ne pas le laisser en danger…

Avis : Un roman qui se lit vite, qu’on comprend facilement et quand on le commence, on a du mal à en sortir ! En effet, l’action et les nombreux rebondissements tiennent en haleine le lecteur. Malgré le contexte de la guerre qui n’est pas si central, on a plaisir à suivre les personnages et c’est malgré tout une histoire qui n’est pas si triste. et on peut voir la différence entre chacune des époques évoquées, le mode de vie.

Alicia, 4ème – 13 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

 

Et la chronique de mumu58

Un siècle chargé d’histoire

Deux siècles qui s’opposent, deux vies qui se croisent à cent ans d’intervalle : Adrien, jeune écolier en 2014 et Hadrien, un enfant paysan en 1914, qui va connaître les horreurs d’une guerre imminente. Une boîte aux lettres, surgie de nulle part, va être le témoin d’une correspondance étroite entre les deux jeunes.

Dans un premier temps, Adrien et Hadrien s’échangent leurs bons vœux pensant s’adresser à un cousin éloigné. Mais petit à petit, ils prennent conscience que chacun fait un voyage dans le temps. Mais peu importe, ils vont tisser des liens d’amitié malgré qu’ils ne fassent pas partie du même monde, de la même époque. Et pourtant, ils ne sont éloignés que de vingt kilomètres…..L’aventure commence, déstabilisante et inimaginable.

Hadrien, fils de paysan, rêve de continuer ses études mais son père s’y oppose car il a besoin de lui à la ferme. La misère, la maladie partagent son quotidien.

 Dans la bassine d’eau très froide, le garçon fait une toilette de chat avec un peu de savon noir. Il a entendu dire que dans les maisons des riches de la ville, l’eau arrivait toute seule dans les tuyaux, c’est peut-être le cas chez Adrien ? En tout cas, ici, à Corbeny, il faut la tirer du puits.

Adrien vit dans le confort, déteste l’école. Mais pourtant ils ont tous les deux les mêmes interrogations et progressivement l’un deviendra le soutien de l’autre. Les lettres leur apportent réconfort et conseils. Les deux adolescents se comprennent. Ils ont des relations tendues avec leurs parents et ont les mêmes préoccupations. Tout va s’accélérer quand Adrien et Hadrien vont déceler des choses bizarres dans leurs courriers. Notamment l’aspect du timbre sur les enveloppes, le fait qu’ils n’emploient pas le même vocabulaire, le même style d’écriture ou tout simplement qu’Hadrien ne connaisse pas le téléphone, internet ou qu’il n’ait jamais entendu parler de la sécurité sociale. Adrien prend conscience alors qu’il a un siècle d’avance et qu’il peut prévenir son ami que la guerre va bientôt faire rage. Il se documente et s’aperçoit que le village de celui-ci a été la cible de combats atroces. Une course contre la montre va commencer pour sauver Hadrien et les siens.

La tête lui tourne , il s’adosse au mur de la maison. Il ne comprend toujours pas comment il a pu écrire à un garçon qui vit cent ans dans le passé. Il n’a pas d’explication pour cela. Mais maintenant, il a une certitude : Hadrien est en danger de mort.

14-14 est un roman poignant, plein de magie et d’originalité. Ce n’est pas une histoire sur la guerre mais sur la vie d’avant guerre. Le titre est en cela un peu trompeur. La guerre reste en toile de fond.

14-14 explique de belle manière comment était le quotidien d’une famille au siècle dernier, aux portes de la première guerre mondiale et nous dépeint la société actuelle. D’un côté, des conditions de vie difficiles où tout le monde était lié à la terre, où il était hors de question de laisser les fils faire des études. Ils étaient plus utiles pour travailler dans les fermes. D’un autre côté, un adolescent en manque de repères, peu motivé par les études, des parents divorcés. Les inquiétudes sont les mêmes : l’amitié, l’amour, la famille, l’école… Un parallèle futur-passé bien mené, à travers le regard d’adolescents, qui tient le lecteur jusqu’à la fin. Le thème de l’éducation est très présent. On perçoit qu’en 1914 la réussite scolaire est une réelle chance de s’en sortir, de devenir quelqu’un. Le maître est une personne écoutée et respectée. De nos jours, certains écoliers ne prennent pas toujours conscience de l’importance d’étudier qu’ils considèrent plutôt comme une corvée …

La première guerre mondiale est présentée comme un événement lointain pour Adrien alors que pour Hadrien elle est proche. Des reproductions de documents ou de photos d’époque viennent merveilleusement illustrer un texte clair et précis. Deux jeunes gens attachants : Hadrien, dans sa lutte pour accéder à une classe sociale meilleure et qui pour y arriver , doit combattre l’ autorité d’un père hermétique. Et Adrien qui manque de confiance en lui entre un père absent suite au divorce et une mère protectrice. Une belle histoire d’amitié à travers le temps qui ne peut laisser le lecteur indifférent et qui peut servir de support pour une étude de l’histoire dans les établissements scolaires.

 

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La promenade des Anglais

Mon grand livre illustré : Londres, de Rob Lloyd Jones

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Envole-toi pour Londres grâce à ce merveilleux ouvrage haut en couleur. Un voyage à travers les plus grands quartiers londoniens détaillés pour chacun d’eux sur une double page très colorée, très british. On se rend à Westminster, à Kensington, Hyde Park, Trafalgar Square. Nous entrons dans le palais de la reine et nous visitons Le Londres Royal. Sur quatre pages magnifiquement illustrées, nous partons pour une promenade au bord de la Tamise. Nous prenons les transports et allons faire un petit tour sur les équipements sportifs de la ville. Londres est devenue une des plus grandes cités du monde, riche en monuments et en sites.

Mon grand livre illustré « Londres » constitue un véritable guide touristique complet. Les explications sont claires, précises, illustrées de très belle façon. Londres n’aura plus de secret pour vous. Quel beau moyen de découvrir Londres et son histoire.

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Le mystère des lettres

Ecrire le monde : la naissance des alphabets, de Nouchka Cauwet

Le message d’Aliza, petite histoire qui débute le livre pose le problème de la communication. Comment transmettre un message à quelqu’un qui est loin. A travers toutes les époques, l’Homme a cherché quel code écrit utiliser pour communiquer avec beaucoup de précision. C’est ainsi qu’est né l’alphabet. Pas l’alphabet que nous connaissons maintenant bien sûr ! On utilise l’alphabet au quotidien et on n’y prête plus attention, on joue sur les mots, on jongle avec les lettres. Mais quel est son origine, quels symboles étaient utilisés pour échanger ?

L’auteur consacre une double page pour chaque lettre cachée dans un poème ou dans une œuvre d’art. La lettre est déclinée dans l’alphabet des hommes du désert du Sinaï, l’alphabet phénicien, l’alphabet grec, l’alphabet étrusque et le nôtre. Nouchka Cauwet nous apprend les détails de son origine et comme à son habitude elle inclut des petites devinettes.

On s’aperçoit au fil du temps que le visuel a disparu au profit du son. Au départ les hommes dessinaient pour transmettre un message et petit à petit l’écrit est apparu. Le lecteur fait un beau en voyage à la rencontre de différents alphabets .

Un ouvrage coloré, agréable et facile à lire avec de belles illustrations qui donne vie aux lettres en nous racontant leur histoire et leur évolution.

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Un trésor maléfique

La vengeance de la momie, de Evelyne Brisou -Pellen

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Kay jeune orphelin, vit en Egypte et souhaite devenir pilleur de tombeaux. Accompagné de quatre autres voleurs, il se retrouve dans une pyramide mais tout ne va pas se dérouler comme il l’imaginait. Après avoir été abandonné par ses acolytes, il doit s’enfuir. Mais avant, il décide d’emmener avec lui un trésor. Il choisit une momie gardée par le Dieu Chacal. Il la transporte dans une barque de papyrus et pour gagner sa vie, il décide de devenir « montreur de momie » en échange d’un peu de monnaie ou de nourriture. Au début de sa nouvelle vie, il va sauver de la noyade un chacal qui va devenir son compagnon de route. Kay ne sait pas que la momie est celle d’un Pharaon. En la volant, il l’a privé du repos éternel mais il l’ignore.

Kay va affronter beaucoup d’épreuves. Petit à petit, la momie va se réveiller et semer la terreur, le malheur partout où il va passer . Serait-ce la malédiction qui frappe tous ceux qui osent s’attaquer aux pyramides ?

Ce roman est un conte qui nous fait plonger dans la mythologie égyptienne. Je dis conte car l’histoire de Kay est un mélange de légende et de réalité. Un personnage très attachant qui a envie de s’en sortir mais ne le fait pas forcément de la bonne façon. Il faut dire qu’il est sans attache et que seul le chacal va veiller sur lui et le guider. Kay sera épargné, il va échapper à la mort car il va essayer de réparer ce qu’il a fait.

Le lecteur va voyager et se liera vite d’amitié avec Kay. Mais au fait, pourquoi ce chacal reste avec Kay ? Et si sa présence n’était pas le fait du hasard….

Une histoire agréable au style simple et clair qui montre aussi que même si l’existence ne nous épargne pas, il y a toujours moyen de s’en sortir. Les erreurs font partie de l’apprentissage de la vie et l’important est de savoir les réparer pour mieux rebondir.

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Religion et protection

L’enfant de Noé, de Eric-Emmanuel Schmitt.

Pendant la seconde Guerre Mondiale, Joseph, un petit garçon juif, est séparé très vite de ses parents à cause des rafles en Belgique. Il est confié à des inconnus et est très vite l'enfant de noéest obligé de mentir pour qu’on ne découvre pas son identité, son histoire, ni même ses sentiments. Après avoir été confié à la comtesse de Sully, il sera caché par le père Pons dans son pensionnant catholique. Le père Pons est un homme simple qui cache de nombreux enfants juifs afin de faire survivre cette culture et que ses enfants ne perdent ni leur histoire, ni leur identité.

Au pensionnat, Joseph devient ami avec Rudy, un garçon aventureux et énergique. Ils échappent plusieurs fois in extremis aux Allemands.

Pendant son aventure au pensionnat, Joseph trouve le père Pons mystérieux et va donc essayer d’élucider le mystère.

A la fin de la guerre, chaque enfant attend impatiemment de retrouver ses parents ou d’être adopté par un couple. Joseph et Rudy retrouveront-ils leurs parents ?

Dans tous les cas, Joseph n’oubliera jamais le père Pons et tout ce qu’il a fait pour lui !

L’auteur nous dévoile une belle histoire et rappelle que de nombreuses personnes pleines de bravoure ont mis leur vie en danger pour sauver de nombreux innocents. L’histoire est raconté comme un témoignage de ce jeune héros, émouvant mais aussi plein d’humour. Le père Pons a le rôle de complice, de modèle pour tous ces jeunes qu’il a sauvé.

C’est une partie très sombre de notre histoire qui est racontée de manière simple et abordable pour les élèves. Le récit est très riche.