Un espace vide plein de ressources

Le zéro d’Oxymoron, de Pierre Moessinger

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Oxymoron, mathématicien dans la Grèce Antique, fut le premier à additionner des loups et des chèvres. Jusqu’à présent, il n’était pas concevable d’additionner ce qui ne se ressemblait pas. Par exemple, un loup additionné à une chèvre n’était pas possible car le loup mangeant la chèvre il ne pouvait que faire un. Oxymoron ne se lassait pas de dire qu’additionner c’est assembler. Mais beaucoup avait du mal à le suivre. Alors, quand il fut question de soustraire ce fut encore une autre paire de manche… Surtout quand le zéro fit son apparition ! Effectivement, soustraire deux quantités égales donne rien… Mais, là encore, la notion de rien perturbe car pour beaucoup il y a toujours quelque chose quelque part. Oxymoron s’arrache les cheveux en entendant de telles « niaiseries ». Sa théorie est remise en cause et fait peur. Il sera même exclu de l’Académie. Quelques siècles plus tard, ses idées sont reprises et l’utilité du zéro est reconnue.

Les personnages sont pures fiction mais les réflexions sont bien réelles.

Il faut dire que c’est difficile de concevoir que rien c’est quand même quelque chose alors que le zéro non.

Ce livre est plutôt un conte philosophique alimenté de discussions de sages, chacun argumentant à sa façon. On s’aperçoit combien le zéro était source de tracasseries.

La lecture est facile malgré le sujet car le ton est léger sur fond d’une petite histoire très abordable avec de belles illustrations sur l’Antiquité.

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L’Antiquité…dépoussierée

L’histoire de l’Antiquité, de Céline Bathias.

Afficher l'image d'origineCet ouvrage permet de balayer l’Antiquité en une centaine de pages ! Petit mais concis ! Grâce à une mise en page très agréable, le lecteur (re)découvre avec clarté les événements clés et personnages que la postérité a retenus. Ce livre me semble aussi très intéressant pour croiser, par exemple, l’histoire de la Grèce et de Rome tant au niveau des faits que des modes de vie. Pour ce faire, la formule « Il était une fois » ouvre sur une double page qui résume le quotidien d’un enfant, permettant ainsi d’établir des comparaisons et d’aborder concrètement la vie en Perse ou encore à Pompéi. Astucieuse également la frise en bas de page qui permet aux élèves, mais pas seulement, de se repérer !

Vous l’aurez compris, on est ici loin d’un livre sur l’Antiquité qui, dès sa 1ère de couverture, sent la poussière ! C’est au contraire un très bon point de départ pour une utilisation pédagogique en collège : support d’exposé, introduction pour étudier un fait historique ou encore séance d’accroche pour aborder le mode de vie dans telle ou telle culture. Cet ouvrage offre une multitude de pistes (pour ma part, je compte exploiter et compléter l’idée géniale de la formule « Il était une fois » en cours de Latin) pour faire entrer les élèves dans cette période de l’Histoire.

En bref, nous avons ici l’Antiquité en histoires…presque du soir tant on est happé par ce livre qu’il est très difficile de refermer avant de l’avoir dévoré dans son intégralité.

Chasse au trésor

Les enfants d’Athéna, d’Evelyne Brisou-Pellen

Athènes, Vème siècle avant J.C.
Néera, 11 ans, vit heureuse avec sa famille : ses deux frères, Daméas, 13 ans et Stephanos, 5 ans et ses parents. Alexos, son père, est un peintre réputé à qui l’on vient de confier les fresques du Parthénon.
Une nuit, des hommes font irruption chez eux et menacent ses parents afin que ceux-ci leur révèlent un secret qu’ils détiendraient. Mais ils ne diront rien. Alertés par le bruit, les enfants prennent la fuite, laissant derrière eux leurs parents assassinés.
« Si quelque chose d’anormal se produit, ne perds pas de temps, emmène Stephanos et Néera le plus loin possible, le plus vite possible […] et si vous apprenez ma mort, partez vite pour Eleusis, chez Gorgias, le fabricant de lyres ». Voilà les seules consignes laissées par son père à Daméas. Les enfants fuient donc, de nuit, vers leur destin, qu’ils confient aux mains des divinités. Les assassins sont à leurs trousses. Lorsqu’ils arrivent chez Gorgias, il est déjà trop tard… Quel est donc ce lourd secret ? Que leur ont dit leurs parents qui pourraient les mettre sur la piste ?

Dans ce roman, on entre tout de suite dans l’action, pas de long préambule. L’histoire est rondement menée avec de nombreuses péripéties, du suspens, et même une touche sentimentale. Agréable à lire, le style d’écriture est abordable dès la 6ème.
La construction est assez originale car certains chapitres ont pour narrateur l’auteur qui montre alternativement le point de vue des deux aînés. Mais pour les chapitres montrant le point de vue du plus jeune enfant de la fratrie, Stephanos, l’auteur a utilisé le « je ». Il s’agit pour lui d’un voyage initiatique qui le mène à la recherche de la vérité sur sa naissance et sur ses origines.
On apprend beaucoup de choses sur la Grèce antique sans pour autant se retrouver noyé dans un cours d’histoire indigeste : la place des femmes, des filles, des enfants dans la société grecque, l’importance des rites funéraires, les différences entre la vie à Athènes et à Sparte, la place des divinités comme protection, les croyances, etc. Les informations historiques sont donc instructives tout en restant accessibles aux plus jeunes.
J’avoue que ni le titre ni la couverture ne m’attiraient…, et n’étant pas spécialement une adepte des romans historiques en général, je n’ai lu ce livre que pour faire plaisir à notre nouvelle recrue du comité lecture (qui je l’espère va bientôt nous concocter quelques chroniques !). Eh bien, merci Karen pour ce conseil avisé. Je vais le faire tester par des 6ème pour éventuellement le proposer au rallye lecture de l’année prochaine : il mêle très agréablement historique/policier/aventure.. trois genres qui nous faisaient défaut dans la liste ! D’autres ingrédients permettent d’élargir le public visé : une petite touche d’amour, un âne qui devient l’animal de compagnie du plus jeune des frères.… Il y a même une histoire de trésor, car vous voulez connaître le secret ? Le trésor de Délos, trésor rassemblé par les Athéniens et leurs alliés pour financer la guerre contre les Perses.