Prunelle, de Yvon Mauffret

Une belle promesse…

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Prunelle nous plonge au coeur de la Bourgogne, dans la Puisaye, au nord de la Loire. Paysages verdoyants, belles forêts où les animaux peuvent encore vivre en toute liberté. Depuis quelques jours, un froid sec recouvre la région mais une agréable chaleur enveloppe la maison de Louis Simoneau, garde-chasse. Le feu crépite dans la cheminée, agréable moment que partagent sa femme et sa fille Anne-Lise. Louis va nourrir les sangliers et Anne-Lise ne raterait pour rien au monde ce moment. Aujourd’hui, c’est mercredi, elle va pouvoir monter dans la vieille camionnette de son père et parcourir la végétation couverte de givre. La jeune fille adore les animaux et elle céderait sa place à personne ! Sans leur intervention, les bêtes auraient du mal à passer l’hiver. Chaque jour, le père et la fille sont heureux de retrouver Prunelle, une laie que la grand-mère d’Anne-Lise a sauvée alors qu’elle n’était qu’un jeune marcassin. Une fois adulte, elle a regagné les bois mais elle est toujours restée fidèle à la famille. Le rôle d’un garde-chasse est aussi d’organiser des battues. En effet, des chasses sont programmées et c’est lui qui doit les orchestrer. Quand Monsieur Poiret-Moulin propriétaire du château et patron de Louis arrive, Anne-Lise comprend que le chant de ce doux paysage et de cette nature si apaisante va disparaître sous les tirs d’hommes sans scrupule. Des bêtes vont être abattues en masse et portées comme des trophées. Anne-Lise en est malade, mais si son père refuse de préparer cette grande chasse, il sera licencié. Tant pis, la jeune fille décide malgré tout, de mettre tout en œuvre pour compromettre la journée festive de Monsieur Poiret-Moulin. Pourra -t-elle éviter ce qui se prépare ?

Prunelle est une belle histoire de profonde amitié entre des hommes et des animaux. Des défenseurs de la nature qui vont vite se trouver confrontés à des hommes qui tuent pour le plaisir. Et cette histoire se passe près de chez nous, en Puisaye, étonnant hasard, n’est-ce pas ? 

L’art de ne pas être des moutons, de Christophe Léon

Yvon

Le père d’Yvon est agriculteur… ou plutôt « exploitant agricole » car le temps du boeuf et de la charrette est révolu. Place maintenant au chef d’entreprise qui gère ses produits phytosanitaires… Bien sûr, il se rend compte que ce sont des produits dangereux à manipuler avec précaution, puisqu’ils sont stockés dans un local indépendant, qui leur est réservé, mais cela ne l’empêchait pas d’emmener son fils, dès son plus jeune âge, dans un siège auto sécurisé, sur son tracteur, pulvériser ces produits dans ses champs. Mais lorsque son seul ouvrier, Jo, gars un peu simplet mais travailleur et obéissant, déclare un cancer, c’est le début d’une prise de conscience pour Yvon.

« Phytosanitaires… Un nom rassurant pour des poisons… »

 

P’tit Louis

Louis a treize ans et fait 1,40 m. Il vit seul avec son père depuis le décès de sa mère. Son père est contremaître dans une usine et travaille de nuit pour pouvoir s’occuper de son fils unique la journée. Durant ses moments de liberté, P’tit Louis est attiré par un groupe de zadistes, opposants à la construction d’un Centre de Loisirs au milieu d’une zone humide. Alors que son père n’a pas de mots assez méprisants pour parler d’eux, des activistes qui ne se soucient pas de l’intérêt économique du projet qui redonnera du travail à la région et amènera des touristes, P’tit Louis, lui, n’a qu’une envie, se glisser parmi eux et participer à leur action.

Deux générations, deux points de vue d’un événement qui n’est pas sans rappeler le combat contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

 

Deux nouvelles-miroirs où le père d’Yvon vend l’un de ses terrains pour le projet de Centre de Loisirs Center Green. Deux nouvelles où les adolescents acceptent de ne pas avoir la même vision du monde que leurs parents, mais sans conflit, juste avec peut-être plus de lucidité. Comme souvent avec Christophe Léon (c’est le cas du Goût de la tomate qui interpelle à chaque fois mes élèves… « Et alors ? » me disent-ils, comme si c’était à moi de leur inventer une fin… Et alors, restez ouverts et imaginez par vous-mêmes…), la fin ouvre à tous les possibles. Que feront les jeunes de l’histoire après avoir vécu tout cela et avoir compris certaines choses ? Comment se positionneront-ils dans la vie ? Qu’est-ce que cela leur aura appris sur l’impact que l’Homme a sur la nature et les moyens qu’il a de la préserver.  Le père d’Yvon ne réfléchit pas plus loin que son porte-monnaie : rendement accru grâce aux produits phytosanitaires, argent facile suite à la vente du terrain, il est loin d’une réflexion aboutie sur les enjeux de ses actes. Même la maladie de son ouvrier, puis sa propre maladie ne semblent pas avoir de réel impact sur ses actions et ses idées. Ce sont les jeunes, avec leur regard décentré, qui arrivent à prendre de la hauteur pour une prise de conscience et une réflexion réelle, sans révolte.

 

 

Les Koboltz, tome 2. Mission Québec, de Benoit Grelaud

Cap sur le Canada !

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Nous retrouvons avec plaisir les Koboltz, ces petits personnages plein d’énergie qui ont à cœur de sauver la planète de la pollution. Ils vivent dans des souterrains car la surface de la Terre est devenue pour eux un réel danger. Les hommes mettent à mal l’environnement et les Koboltz se donnent pour mission de lutter pour sa survie. Et pour la première fois, ce peuple va partir de France pour aller au Canada où l’extraction du pétrole est une vraie catastrophe pour la nature. Mais il n’y aura pas que ça. En effet, les Koboltz croiseront la route de trappeurs qui n’hésiteront pas à attraper les animaux mais pas pour les protéger !

Le lecteur va de nouveau être entraîné dans une aventure fantastique portée avec éclat par des personnages plein d’humour, d’idées et d’enthousiasme. Une réelle sensibilisation aux problèmes de l’environnement. On apprend d’ailleurs beaucoup de choses sur les animaux, sur les installations pétrolières. Un tome 2 très instructif et qui donne autant de plaisir que le tome précédent. Les illustrations sont superbes et donnent un réel cachet à ce volume si soigné. Au début du récit, l’auteur fait une brève présentation des Koboltz, suffisamment complète pour attaquer le tome 2 sans avoir lu le premier.

Hilaire, Hilarie et la gare de Saint-Hilaire, Hélène Montardre

Résultat de recherche d'images pour "Hilaire, Hilarie et la gare de Saint-Hilaire, Hélène Montardre résumé éditeur"Au début de l’histoire Hilaire et Hilarie se rencontrent. Ils deviennent amis. Les jeunes enfants attendent la Micheline de 18h56 tous les jours et ensemble pour voir si la femme du vieil homme reviendra après 60 ans d’absence.

A lire à partir de 9 ans.

Lou, CM2 – une p’tite dévoreuse de livres de Salé Lou Potier

Une chronique des élèves de l’école primaire voisine, l’école Salé Lou Potier. Vous avez, vous aussi, lu le livre ? Alors,  chers lecteurs de ce blog, pour les encourager, n’hésitez pas à poster un commentaire en donnant votre avis !

Présentation de l’éditeur : Hilarie, 10 ans, attend le train de 18h56, cachée dans l’herbe. Comme chaque jour, pendant les vacances, elle vient observer le vieux monsieur qui attend désespérément quelqu’un qui descendrait du train. Mais à chaque fois, il repart seul. Hilarie habite Saint-Hilaire, petit village de campagne. Elle est solitaire dans ce village écrasée sous le soleil, s’ennuie un peu et s’occupe alors à observer ce vieillard. Un jour, elle est rejointe dans l’herbe par Hilaire, un garçon qui vient d’arriver dans le village et qui s’est installé dans la gare désaffectée, terrain de jeux habituel d’Hilarie. C’est le début d’une belle amitié, le temps d’un été.

Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède, de Selma Lagerlöf

Un retour sur soi

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Nils, gardien d’oies, est un mauvais garnement. Il est dur, égoïste, il n’aime pas les humains et tyrannise les animaux de la ferme familiale. En l’absence de ses parents, il fait la connaissance d’un lutin dont il se moque. Que n’avait-il pas fait là ! Il est alors ensorcelé pour devenir petit. Le voilà puni ! Les bêtes savent où habite ce lutin mais ne révèlent pas l’endroit à Nils qui voudrait se venger. Il est donc incapable de retenir un jars qui tente de s’échapper en apercevant dans le ciel un groupe d’oies sauvages. Nils s’accroche désespérément au cou de l’animal qui le transporte à travers les airs. Ainsi commence un parcours initiatique à travers la Suède. Le lecteur va se sentir tel un oiseau qui va contempler le monde vu d’en haut. Les Trolls, les lutins, les géants vont être présents tout au long de cette histoire fantastique, merveilleuse.

Nils va apprendre à changer et à devenir meilleur, au prix d’un grand voyage instructif qui va lui faire prendre conscience de ses erreurs passées. Il est heureux car il rencontre beaucoup d’animaux tels que des ours, des alouettes, des élans dans une très belle nature.

Un beau roman d’aventure qui nous fait découvrir la Suède, ses traditions, ses légendes.

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Père Loup, de Michel Grimaud

Toi, mon ami à jamais…

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Antoine est clown dans un petit cirque. Il est chargé également de nettoyer les cages et de nourrir les animaux. Avec lui, les bêtes sont dociles parce qu’il fait preuve de beaucoup de gentillesse et d’attention. Il y en a une en particulier qui émeut Antoine. C’est Olaf le loup, un loup vieillissant que le directeur du cirque veut abattre car il le trouve inefficace, moins actif. Pour sauver son ami, Antoine décide de s’enfuir, emmenant Olaf loin des hommes, au fond des bois près des collines de Provence. Commence alors une vie de fugitifs, rendue difficile quand une traque est organisée pour les retrouver.

Père Loup est une belle histoire très touchante. Une aventure très profonde de sentiments qui nous montre combien un homme peut être dévoué à l’animal qu’il aime, allant jusqu’au sacrifice de sa propre vie. Le lecteur va partager les joies, les doutes et les émotions d’Antoine qui jusqu’au bout se battra pour préserver Olaf. Loin de la civilisation, en pleine forêt, ils vont malgré tout être heureux car ils sont ensemble et se sentent invincibles. Ils ont un abri, ils se débrouillent pour manger, c’est  l’essentiel. Antoine a toute notre sympathie et notre reconnaissance pour le dévouement dont il fait preuve. Olaf est affectueux, fidèle, attachant et a pleine confiance en son maître. Un binôme qui nous émeut. La fin de leur périple est pour autant déstabilisante par sa brutalité.