Les enquêtes de Ninon et Paul : racket à la Tour Eiffel, de Chantal Cahour

La Tour infernale

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Ninon et son frère Paul sont en vacances chez leurs grands-parents. Papy et mamie décident de les emmener à Paris voir la Tour Eiffel. Quelle aventure, ça va être fantastique ! Les enfants sont très excités. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. Après un petit incident et sans trop savoir comment, Ninon et Paul vont se retrouver dans le passé, en 1889….date de la construction de la Tour. Ils vont rencontrer Gustave, un enfant qui va les entraîner dans une drôle de mésaventure. Pourquoi un tel bond en arrière ? Comment vont-ils faire pour revenir au XXIème siècle?

Les livres de la série Ninon et Paul s’adressent à des enfants de 8 à 11 ans et plus. Les intrigues sont donc simples, adaptées à de jeunes lecteurs et permettent à chaque fois de découvrir un monument du passé. Cette fois-ci, nos jeunes lecteurs vont pouvoir découvrir l’histoire de la Tour Eiffel,  mais aussi toute une époque et un mode de vie révolus. Le livre se termine par un petit quiz et une recette de cuisine de l’époque … 

Et pour découvrir d’autres titres de la série sur notre blog, c’est ici 

Harriet Tubman- la femme qui libéra 300 esclaves- de Anouk Bloch-Henry

Le chemin de la liberté

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Harriet Tubman, fille et petite-fille d’esclaves, est née vers 1825 dans le Maryland. Dès son plus jeune âge, elle est victime de mauvais traitements. Louée pour un morceau de terre, elle va s’occuper d’un bébé chez une femme qui la bat, la fouette. Pendant de longues années, elle est maltraitée par différents maîtres, subissant les pires sévices. De santé fragile, elle va s’accrocher à la foi qui va l’aider à avancer. A l’âge adulte, bien décidée à se révolter, elle s’évade. Sa tête va même être mise à prix. Malgré tout, elle va entreprendre de libérer sa famille et des centaines d’autres esclaves. Durant la guerre de sécession, elle sera même la première femme à intégrer une expédition armée pour sauver de nombreux captifs. Courageuse et brave, elle n’aura de cesse d’organiser plusieurs opérations pour libérer ces hommes, ces femmes et ces enfants emprisonnés par des esclavagistes sans pitié.

Harriet est une esclave noire qui est consciente de la possibilité de vivre libre. Alors elle va se lancer dans une lutte acharnée pour favoriser la fuite de centaines d’esclaves. Ce fut une grande militante, une battante, une femme courageuse qui a été au bout de ses convictions pour défendre une cause qu’elle estimait juste. Rappelons que l’abolition de l’esclavage a été officiellement proclamée en France et dans les Colonies le 27 avril 1848 et en 1865 aux Etats-Unis.

20 ans pour devenir … Louise Michel, de Rolande Causse et Nane Vézinet

Au nom des femmes

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Louise Michel, née en 1830, est fille d’une femme de chambre et de père inconnu. Sa mère est au service d’une famille de châtelain, les Demahis, et même si elle tait l’identité du père, tout porte à croire que le géniteur soit le fils de cette famille. Louise grandit auprès de sa mère au château de Vroncourt-la-Côte, en Champagne. Elle reçoit une bonne éducation, égaie la maison pour le bonheur du maître et de la maîtresse du château. Chacun de ses anniversaires donne lieu à une fête. Louise est élevée comme une princesse, elle est curieuse et apprend vite. Dès son plus jeune âge, elle se tourne vers les autres et s’insurge contre l’injustice. Adolescente et consciente de son confort, elle consacre déjà son argent de poche à nourrir les plus démunis. Elle ne supporte pas la méchanceté, la sottise. A la mort des Demahis, Louise et sa mère sont contraintes de partir, elles hériteront d’un petit pécule. En 1851, Louise réussit le brevet de capacité qui va lui permettre de devenir institutrice. Elle ouvre de nombreuses écoles où elle exerce ses fonctions avec une passion sans bornes. Elle fonde l’école libre selon les principes républicains. C’est elle qui crée la première école pour filles. Louise adore écrire. Ainsi, elle met sa plume au service de journaux d’opposition. Elle écrit de nombreuses œuvres engagées. Elle aide les femmes à vivre par le travail, une sorte d’émancipation. Très engagée dans une politique radicale, elle intervient lors de meetings, défend les ouvriers, les chômeurs, s’insurge contre la peine de mort. Elle devient anarchiste, est acclamée par le peuple de Paris. Elle s’installe un temps à Londres, jugeant que la France prend en otage la liberté d’expression. Ses prises de positions font l’objet de nombreuses arrestations. Elle finit par être emprisonnée. Elle en sort au bout de trois ans, grâce à Clémenceau. Elle décède d’une pneumonie en 1905. Toute sa vie, elle restera fidèle à ses convictions, livrera ses batailles jusqu’à son dernier souffle.

« Sans l’autorité d’un seul, il y aurait la lumière, il y aurait la vérité, il y aurait la justice. L’autorité d’un seul, c’est un crime. »
Louise Michel – 1830-1905 – Extrait d’une Plaidoirie – 22 Juin 1883

« La tâche des instituteurs, ces obscurs soldats de la civilisation, est de donner au peuple les moyens intellectuels de se révolter. »
Louise Michel – 1830-1905 – Mémoires – 1886

Le nom de Louise Michel est associé dans notre mémoire au combat pour les femmes et la Commune. Cet engagement va d’ailleurs causer sa déportation en Nouvelle Calédonie. Grande militante, elle a consacré sa vie à défendre l’éducation et les plus pauvres. Une station de métro parisien porte d’ailleurs son nom ainsi que de nombreuses écoles. Ce fut une femme généreuse, ouverte aux autres, cultivée qui prônait l’école pour tous. Comme Louise Michel à son époque, une autre grande dame, ancienne déportée, très engagée politiquement, défendant la cause des femmes, a marqué l’Histoire de son nom : Simone Veil qui a fait son entrée au Panthéon dimanche 1er juillet 2018. S’ajoutent à elles, Marie Curie ( une scientifique XIXème siècle), Rosa Park (lutte contre la ségrégation XXème siècle), Lucy Stone (féministe engagée XIXème siècle), et bien d’autres, qui ont marqué l’Histoire dans différents domaines, qui ont écrit l’Histoire. Par leur courage, elles ont combattu les clichés et forcent l’admiration.

Rolande Causse et Nane Vézinet ont su parfaitement montrer la forte personnalité de Louise Michel, en un texte court et accessible. L’essentiel est dit, on mesure la grandeur de son engagement.

 

Opération Lovelace de Emmanuelle Kécir-Lepetit

Un voyage spatio-temporel

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New York, hiver 2030. Nancy Watson, une adolescente de 12 ans, vit avec sa mère, directrice réseau d’un grand groupe. Son père est docteur en informatique, il a d’ailleurs conçu le système numérique de sécurité du Pentagone. Des parents divorcés, accaparés par leur profession, Nancy se sent souvent seule. Et aujourd’hui plus que les autres jours car c’est son anniversaire et elle n’a reçu aucun appel de sa mère et encore moins de son père. Alors qu’elle prenait un chocolat dans un bar avec sa meilleure amie, Jesse, toutes les lumières se sont brusquement éteintes. Par la baie vitrée, elle se rend compte que la ville est également plongée dans la pénombre. Quelques secondes avant cette coupure, Nancy a reçu un message codé de sa maman l’invitant à l’appeler en urgence, suivi d’un sms de même nature provenant de son papa. Comprenant vite que la situation est grave, l’adolescente retourne précipitamment à son domicile. Arrivée sur place, elle s’empare d’un vieux téléphone portable que son père a bricolé et qui doit être utilisé uniquement dans les situations extrêmes.  Ses parents lui apprennent alors que les systèmes informatiques occidentaux ont été endommagés par un virus. L’humanité est menacée par des pirates qui peuvent à tout moment envoyer la bombe, sans que personne ne puisse les arrêter. Il faut qu’ils partent, une mission de la plus haute importance les attend. Une cellule de crise est alors mise en place dans un chalet appartenant aux parents de Nancy. Les gens du Pentagone, des militaires y sont réunis, dans le plus grand secret. Les visages sont graves, les discussions longues et animées. Pour remédier à cette catastrophe qui paralyse le monde, il faut remonter le temps pour réparer le mal à sa source. Ainsi, il est nécessaire de se rendre à Philadelphie, en 1943, l’année où a été créé le premier ordinateur. Alors, quand monsieur Watson explique son idée de retour dans le passé, tout le monde le prend pour un fou. Mais ont-ils le choix ? Chacun y va de son commentaire, pour enfin se rallier à sa cause. L’opération Lovelace est lancée. Lovelace est un programme mis au point par le docteur Watson qui permet de voyager dans le passé et qui est équipé d’un logiciel de retour. Il a fabriqué un siège installé sur une plate forme, entourée d’une paroi vitrée reliée à un grand ordinateur. Maintenant, il s’agit de trouver le candidat idéal pour cette mission de la dernière chance. La soirée s’achève, les parents accompagnent les visiteurs à la porte. Nancy n’a pas perdu une miette des débats et, vu l’urgence de la situation, elle décide de se porter volontaire. Au détail près, personne n’est au courant de sa décision. Profitant que ses parents soient occupés, elle s’assoit dans la machine sans trop réfléchir. Au dernier moment, prise de remords, elle leur griffonne un mot. Elle se colle au siège, qui commence à tourner si rapidement que tout se mélange dans sa tête, des lumières vives surgissent de partout, des bourdonnements, un tunnel, le vide puis plus rien … Nancy perd connaissance … Mais juste avant ce chaos, elle se rend compte qu’elle n’a pas emporté le drone de retour….

Avec l’Opération Lovelace, le lecteur se laissera facilement captiver par les aventures trépidantes de Nancy dans Londres, au XIXème siècle – puique le programme s’est trompé de 100 ans ! Entre passé et futur, pas le temps de s’ennuyer ! Une véritable aventure vous attend.

Un roman sans temps mort qui sait mélanger les genres avec succès, édité par une très sérieuse maison d’édition scientifique : les éditions Le  Pommier. Si les éléments de fantastiques ou science-fiction sont faux, il n’en est pas de même de toutes les données sur les personnages historiques réels présentés dans ce livre de manière très documenté. D’ailleurs, en fin d’ouvrage, une annexe fait le point pour nous aider à démêler le vrai du faux, complété d’une biographie d’Ada Lovelace.

Un petit point d’Histoire maintenant :

Ada Lovelace, de son nom complet Augusta Aida King, comtesse de Lovelace, née Aida Byron le 10 décembre 1815 à Londres et morte le 27 novembre 1857, est une pionnière de la science informatique. Elle est principalement connue pour avoir réalisé le premier programme informatique lors de son travail sur un ancêtre de l’ordinateur : la machine analytique de Charles Babbage. En référence à sa découverte scientifique, son prénom sera donné au langage de programmation, créé dans les années 80, par le département de la défense des Etats-Unis. En mémoire à son travail et dans le but de promouvoir le travail des femmes en science, une journée Ada Lovelace a été lancée par un journaliste britanique: le Ada Lovelace day.

La collection Les Savantissimes aux éditions Le Pommier a pour but de mettre à la portée de tous la vie et l’oeuvre d’un scientifique dont les découvertes ont marqué durablement l’histoire des sciences, le tout sous la forme d’un roman plein d’aventure. C’est réussi !

L’enfant aux pistolets, de Séonnet et Pilorget, d’après le tableau de Delacroix Le 28 juillet : La Liberté guidant le peuple

Allons z’enfants

Sans-Nom est un garçon des rues qui vit en bande, dans un Paris secoué par la révolte. Le 28 juillet 1830, il se trouvera sur les barricades, guidée par une jeune femme chantant la Marseillaise pour entraîner le peuple avec elle.

Cet album raconte une histoire, celle d’un garçon témoin d’événements historiques qui le dépassent. A travers ce personnage attachant de gamin des rues, des notions d’histoire sont habilement parsemées tout au long de ce récit : la vie des enfants des rues au XIXème siècle, la chute du roi Louis XVI, la révolte de Paris appelée les Trois glorieuses en 1830, le pouvoir et la presse, etc. Les références au Gavroche de Victor Hugo et au tableau d’Eugène Delacroix La liberté guidant le peuple sont claires. L’allégorie de la Liberté est ici développée à travers le personnage d’une institutrice dont le message, en parlant de son école, est celui-ci : « Tu crois que c’est celui qui s’échappe par la fenêtre qui est libre ? Tu te trompes. Celui qui est libre, c’est celui qui sait lire, qui sait écrire et qui sait réfléchir ». Deux pages en fin d’ouvrage clôt le récit sur des notes historiques.
Très accessible, agréable à lire, cet album permet d’entrer dans une œuvre connue pour aborder l’Histoire des Arts en douceur.

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Wiggins et le perroquet muet, de Béatrice Nicodème

Elémentaire, mon cher Wiggins

Londres, fin du XIXème. Wiggins est un garçon des rues de 15 ans. Il vit dans la misère avec sa mère dans une petite chambre glaciale du quartier malfamé de Whitechapel, là où avait sévit quelques mois plus tôt Jack L’Eventreur. Pour gagner quelques sous, il vend des journaux dans la rue, mais surtout, il se voit confier des missions de surveillance par le grand détective Sherlock Holmes. Alors, lorsque Sherlock Holmes lui envoie un télégramme « Urgence au 221B » (fameuse adresse de Holmes), il ne réfléchit pas longtemps avant d’accourir. Cette fois-ci, sa mission est de retrouver un homme à la jambe de bois au marché de poissons où travaille sa mère. Celui-ci est soupçonné d’avoir assassiné une jeune danseuse de cabaret : Violet Juniper… Et s’il menait l’enquête jusqu’au bout cette fois-ci ?
Ce roman policier est court et agréable. On y fait la connaissance d’un grand personnage de la littérature anglaise : Sherlock Holmes. Ce personnage de l’écrivain Arthur Conan Doyle a effectivement fait appel à un jeune garçon des rues, Wiggins, pour l’aider dans ses enquêtes dans deux nouvelles : Une étude en rouge et Le signe des quatre. Ici, Béatrice Nicodème rend hommage à ce jeune personnage en le faisant le héros de sa série des « Wiggins ». Et je trouve cela très réussi : on s’y familiarise avec l’univers de Sherlock Holmes sans en avoir l’air: son adresse si connue du 221B Baker Street, sa logeuse, Mme Hudson, son fidèle compagnon, le Dr Watson, le Londres du XIXème siècle. C’est une très bonne entrée en matière pour découvrir ensuite, dès la classe de 4ème, les véritables récits de Doyle mettant en scène son célèbre personnage. Le récit est écrit à la première personne, ce qui fait que le lecteur se sent encore plus impliqué par les aventures de ce jeune garçon débrouillard et attachant qui ne rêve que d’une chose, succéder à Sherlock Holmes et devenir plus tard un vrai grand détective ! Et il ne ménage pas sa peine pour y arriver ! Il n’y a aucun temps mort dans ce court récit et pourtant l’histoire reste tout à fait plausible et l’écriture de Béatrice Nicodème est de qualité. Que demander de plus pour découvrir le genre du roman policier?
Je souhaitais le mettre au rallye lecture 6ème mais n’ai pas encore réussi à persuader mes collègues des autres établissements. Alors, chers élèves, si vous les lisez, dites-nous honnêtement ce que vous en pensez !
Les autres titres que possède le CDI : Wiggins et la ligne chocolat / Wiggins et les plans de l’ingénieur / Wiggins et Sherlock contre Napoléon.
Béatrice Nicodème a également écrit Le secret de la cathédrale dont vous trouverez une chronique sur le blog.
Les livre d’Arthur Conan Doyle que possède le CDI : Le chien des Baskerville / Le monde perdu / Trois aventures de Sherlock Holmes (Un Scandale en Bohême / La Ligue des rouquins / Le Ruban moucheté). Nous n’avons pas les deux nouvelles dans lesquelles apparaissent Wiggins mais ne manquerons pas de les acheter à l’occasion.