Florian Bates à la Maison Blanche

Florian Bates enquête, 2. Mystère au collège, de James Ponti

Résultat de recherche d'images pour "mystère au collège ponti"Alors qu’ils sont en sortie scolaire au Kennedy Center pour les arts et spectacles, Florian et Margaret sont témoin de la disparition mystérieuse d’un de leur camarade dans la salle, lors d’un concert de musique classique. Aucun signe visible d’enlèvement ! Les indices sont maigres,  et les mènent, à bord d’un zodiac, au pont Francis Scott Key, reliant Washington à Rosslyn en Virginie…

Mais revenons neuf jours plus tôt pour bien comprendre comment on en est arrivé là… Etre à la fois collégiens et consultants pour le FBI, ce n’est pas toujours facile pour Florian et Margaret… Mais quand ils sont infiltrés dans un collège prestigieux où est scolarisé la fille du Présient des Etats-Unis et que celle-ci semble être mise en cause dans une affaire de canulars, la mission est d’autant plus délicate pour eux… Le faux pas n’est pas permis ! Mais grâce au GRATIN (méthode utilisé par Florian pour résoudre les mystères et signifiant, tout simplement : GUIDE de RECHERCHE et d’ANALYSE de TOUT INDICE NEGLIGEABLE), les chances sont de leur côté…

Un deuxième tome toujours aussi rythmé, dans le style des romans d’espionnage où tout ne semble pas forcément crédible mais où les rebondissements ne laissent pas de temps mort. On s’attache à nos deux héros, agents secrets en herbe, mais aussi aux personnages secondaires qui sont suffisamment esquissés pour que l’on comprenne leur histoire : la fille du Président, Lucy, qui ne peut faire un pas sans être surveillée, Yin, le jeune Chinois, le prodige, envoyé loin de sa famille  pour devenir soliste de violoncelle mais qui est avant tout un enjeu politique pour son pays, et des thèmes fort coùmme l’adoption, l’amitié, etc. On en s’ennuie pas !  La couverture indique comme tranche d’âge : 9-12 ans, mais il faut savoir tout de même que le roman compte 380 p. et qu’il est donc destiné à de très bons lecteurs.

Une famille d’adoption

fils.jpg

Le fils des loups, de Alain Surget

Pélot, 10 ans, habite dans les Vosges avec ses parents. Ce matin, il n’ira pas à l’école , son père a décidé de l’emmener couper du bois en pleine forêt, malgré les réticences de sa maman. C’est l’hiver, une période particulièrement froide dans l’est de la France. Sa mère est soucieuse car une bête rôde dans les campagnes. C’est un loup, ce qui inquiète les villageois. Rejoins par des amis, le père et le fils se mettent en route et se préparent à passer une dure journée de labeur. La fin du jour arrive, il est temps de penser à rentrer. Pélot décide d’aller chercher les sacs et le matériel laissés un peu plus loin. Le jeune garçon s’enfonce dans la futaie mais plus jamais ne trouvera le chemin du retour. Egaré, il a le sentiment d’être traqué, il a peur de se trouver nez à nez avec la « Bête ». La fatigue se fait sentir, le jeune garçon a froid, a faim. Au détour d’un taillis, il est intrigué par de petits cris. Il s’approche mais très vite se trouve nez à nez avec une louve. Celle-ci va s’approcher et le renifler. Pélot n’ose pas bouger, il adopte la même posture que les petits pour se faire accepter.Très vite, la louve va le considérer comme un des siens et  va le protéger. Commence alors pour le jeune garçon une lente survie parmi les loups.

Le fils des loups est une histoire qui se passe au siècle dernier. C’est un beau récit plein d’émotions, qui met en avant les liens qui peuvent unir un être humain et un animal. On se surprend à croire que  cette histoire peut être vraie tant la magie des faits opère. Ce roman nous append beaucoup sur la vie des  loups, sur les relations qu’ils développent avec leurs petits. Cet animal a souvent fasciné les hommes. Native de Lorraine, j’ai beaucoup entendu parler des dégâts causés dans les troupeaux vosgiens. Le loup a toujours été une bête traquée car beaucoup d’élevages ont été la cible de ce prédateur. Une polémique est née entre les associations de défense des loups et les éleveurs de brebis qui déplorent la perte de leur bétail. Le loup est encore aujourd’hui une source de conflits entre les hommes de cette région.

Enregistrer

Qui suis-je ?

Les dévoreurs de livres d’Arsène : les chroniques des élèves du comité de lecture du blog

Chaîne de vie, de Roger Judenne

Chaîne de vie par JudenneLou pense être la fille biologique de son père mais va découvrir par inadvertance qu’elle est née par insémination artificielle. Elle se referme sur elle-même et rentre en conflit avec sa mère. Mais, quand sa maman lui explique les choses, elle commence à faire des recherches afin de retrouver le donneur.

J’ai bien aimé ce livre car c’est une histoire qui peut toucher le lecteur et peut amener à une réflexion positive celui qui connaît la même situation.

Manon, 3ème – 14 ans, membre des Dévoreurs de livres d’Arsène

Et l’avis de mumu58 :

Lou, adolescente de douze ans, découvre par hasard que son père n’est pas son père biologique. Elle pense dans un premier temps qu’elle a été adoptée et reproche à ses parents de ne pas lui en avoir parlé. Elle se braque, les relations sont tendues voire difficiles. Sa maman va alors lui révéler qu’elle a été inséminée avec le sperme d’un donneur anonyme. Quelle confusion pour cette adolescente ! Lou reste très sceptique et ne veut plus rien entendre. Effondrée, l’adolescente lâche prise et écoute les explications de ses parents. La situation lui paraissant plus simple, le mystère de sa naissance se dissipe peu à peu. Néanmoins, elle décide de faire des recherches sur internet pour mieux comprendre l’insémination artificielle. Elle va pouvoir alors comprendre comment elle a été conçue. Elle se rend compte qu’elle n’est pas un cas unique et qu’elle peut avoir des frères ou des sœurs car le nombre d’enfants issus du sperme d’un même donneur peut être de huit. Elle décide donc de passer une annonce à la recherche d’éventuels profils ayant le même donneur qu’elle.

L’histoire est originale, le thème abordé n’est pas courant en littérature jeunesse. Une lecture facile et compréhensible. Il est évident que pour bien se construire tout être humain a besoin de connaître ses origines et qu’il est souvent préférable de ne pas cacher aux enfants d’où ils viennent.

Un amour de cochon

Babe le cochon devenu berger, de Dick King-Smith

babe.jpg

En général, quand vous gagnez un poulet ou tout autre animal de ferme vivant, celui-ci va finir en pâté ou rôti. Je vous entends déjà réagir mais c’est vrai, il faut reconnaître que rare sont ceux qui le mettent dans leur jardin…Mais l’avenir de notre petit cochon sera autre, je dois même dire qu’il va être hors du commun.

Petit point à préciser : en Grande-Bretagne, l’élevage de moutons est très répandu et le savoir-faire des chiens de berger est très reconnu . Il y a même des concours pour récompenser les meilleurs !

Une nouvelle journée commence à la ferme de monsieur et madame Hogget. Une journée particulière toutefois pour ce couple de berger car aujourd’hui c’est la foire au village . Monsieur Hogget est intrigué par des cris puissants et peu communs qui remontent de la vallée. On dirait ceux d’un cochon ! Poussé par la curiosité, il décide d’aller voir ça de plus près. Et il a raison ! Monsieur le curé a organisé un petit jeu. Il faut deviner le poids du cochon contre 10 pences et le gagnant remportera l’animal. Monsieur Hogget se lance et … remporte le concours. Il ramène le porcelet à la ferme et il ne pense qu’à le transformer en un beau gros jambon.

A peine arrivé, Babe fait la connaissance des animaux et surtout de Ficelle le chien de berger qui va très vite le prendre sous sa coupe. Tout ce petit monde va vite adopter leur nouvel ami. Mais Babe est intrigué par le travail de Ficelle et remarque très vite la manière qu’elle a de s’occuper des moutons. C’est décidé, Ficelle va initier Babe pour le transformer en chien de berger. Une mission pas très évidente il faut le dire ! Ficelle arrivera-t-elle à ses fins et que va en penser monsieur Hogget ? Sa nouvelle utilité lui permettrait sans aucun doute d’échapper à un destin tragique.

Une histoire drôle où l’auteur donne vie à des animaux qui parlent et qui ont du caractère. King-Smith nous dépeint le côté humain des personnages. Ce récit est un conte avec une morale dont les protagonistes principaux sont des animaux. Le lecteur y tire un enseignement : rien n’est impossible. Quand on veut quelque chose, il faut se battre, croire en ses capacités et aller au-delà des préjugés. Un cochon chien de berger ! Mais c’est impensable  ! Un cochon ne peut pas devenir gardien de moutons ! Et pourquoi pas ?

Un récit qui met en avant le respect de l’autre et la tolérance. Le cochon est  très poli et donne toujours de sa personne pour réussir. La persévérance va payer et va bouleverser les idées reçues. Il n’y a pas que les chiens qui peuvent garder les moutons, preuve en est !

 Babe me fait penser aux contes de Marcel Aymé qui lui aussi donnait la parole aux animaux, aux fables de La Fontaine qui utilisaient les bêtes pour se moquer de la société. Beaucoup d’auteurs se sont  essayer à cet exercice et le résultat est plutôt très distrayant.

Une adaptation cinématographique de ce récit a été réalisée avec succès.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Adoptée par un ogre

L’ogre gentleman, de Praline Gay-Para

Afficher l'image d'origineAlors qu’elle filait  le coton avec ses soeurs, une fillette fait tomber sa quenouille chez son voisin… un ogre. En tentant de la récupérer, elle tombe et se retrouve prisonnière dans sa cour, sans aucune échappatoire possible… Et tout est tellement sale ici… « Prison pour prison, au moins, elle sentira bon » se dit-elle en sa mettant à faire le ménage… Mais quand l’ogre va rentrer, que va-t-il se passer ?

Un conte égyptien tout court où l’ogre n’est finalement peut-être pas si méchant que ça ! Car vous allez être surpris en lisant cette histoire… Que va-t-il bien arriver à cette pauvre fillette ?

Un petit regret : quelques illustrations égrainant le texte auraient été vraiment judicieux pour rendre l’histoire plus vivante.

Du même auteur au CDI, vous trouverez : Sous la peau d’un homme

Je m’appelais Milada…

Ils m’ont appelée Eva, de Joan M. Wolf

1942. Milada est une jeune fille tchèque de dix ans. Elle vit à Lidice, une petite ville située près de Prague. Son pays est occupé par les troupes hitlériennes depuis 1939. Mais une nuit de juin 1942, des coups violents sont frappés à la porte. Des soldats nazis viennent les arrêter. Tout le village se retrouve sur la place : les adolescents et les hommes sont emmenés d’un côté. Les femmes et les enfants de l’autre. Milada se retrouve dans un gymnase en compagnie de sa petite soeur, sa grand-mère et sa mère. Elle va être repérée par les nazis car elle est blonde aux yeux bleus. Elle va alors être emmenée ainsi qu’une dizaine d’autres enfants, blonds aux yeux bleus comme elle, pour intégrer un Centre et y suivre le programme « Lebensborn ». Cela consiste à germaniser des enfants non allemands pour en faire « de parfaits aryens » : leur apprendre la langue et l’idéologie nazie… et surtout, leur faire oublier jusqu’à leur langue maternelle et leur ancien prénom… Mais Milada ne veut rien oublier…

 » J’ai brusquement eu peur. A la place de mon vrai nom, il y avait un blanc, comme le trou qu’on a dans la bouche après avoir perdu une dent. Longtemps, dans le noir, j’ai cherché, cherché, essayant de retrouver comment on m’appelait avant. Avant le centre mais aucun nom ne m’est venu. »
C’est un récit bouleversant qui est livré ici. Et pourtant, tout en pudeur. Les horreurs de la guerre et surtout du nazisme sont dévoilés mais de telle sorte que ce livre reste accessible aux adolescents à partir de la 3ème. Ecrit comme un témoignage à la première personne d’une jeune adolescente, ce roman est tiré de faits historiques réels et explique très bien l’horreur de l’idéologie nazie : les camps de concentration, l’extermination de populations entières et surtout, ici, un sujet moins connu des plus jeunes : le programme « Lebensborn » qui avait pour but de développer la race aryenne. Est également montré comment la femme était considérée dans la société nazie : une simple reproductrice (en témoigne le passage du livre où les enfants se vantent des médailles qu’ont reçues leur mère : « la médaille des mères », en bronze pour celles qui ont trois enfants, en argent pour quatre enfants, en or pour plus de six).
Les camps de concentration et l’extermination de masse sont également évoqués par l’odeur qui plane constamment dans la ville et la vue des prisonniers décharnés derrière les barbelés. La population locale pouvait-elle réellement ignorer ce qu’il se passait ?
A la fin du livre, une note de l’auteur va bien expliquer, en quelques courtes pages -qu’il faut absolument lire-, les événements terribles qui se sont déroulés dans la petite ville de Lidice : suite à l’assassinat par les résistants tchèques du bras droit d’Hilter en Tchécoslovaquie, Hitler va décider de représailles terribles en rayant de la carte la petite ville de Lidice : les habitants furent tous arrêtés, les hommes et adolescents fusillés, les femmes déportés dans des camps, les enfants asphyxiés au gaz. Seuls une dizaine d’enfants furent sélectionnés pour participer au programme Lebensborn (qui signifie en allemand « source de vie ») et envoyé dans le Centre de Puchkau en Pologne.
Ce livre, malgré un sujet difficile, est de lecture assez facile grâce à une écriture simple, une histoire pleine de rebondissements, une héroïne attachante. Cette lecture est intéressante, à l’heure où l’on vient de célébrer les 70 ans de la libération du camp d’Auschwitz. De plus, sans être didactique, le fond historique est bien documenté. Mais, pour public averti seulement car le thème traité est très dur.